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 Mésestime naturelle et symbole lumineux [ft. Läl]

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Caïn
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Message(#) Sujet: Mésestime naturelle et symbole lumineux [ft. Läl] Ven 3 Mar - 14:44

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Jamais je ne m’étais aventuré jusque là. Dans les faits, je commençais seulement à sortir de l’alcôve et peut-être n’était-ce pas plus mal. On ne voyait pas l’autre bout du Génésis qui m’observait avec dédain. Peut-être se trouvaient d’autres civilisations, peut-être non, dans tous les cas, un jour ce serait à Spectre d’aller voir plus loin afin d’appuyer encore sa domination, la domination insoumise de la sournoiserie.

Encore une fois je me sentais tiraillé, un des géants semblait m’attirer plus que de raison ; c’aurait pu être à cause de ce regard taillé et gravé, mais je soupçonnais plus certainement le point de lumière qui brillait à ses pieds. C’était le seul de tous ses confrères de roches qui présentait une particularité qui était…fascinante.

Bien décidé à pousser un peu plus loin le mystère de ce scintillement, je remontai mes pantalons bruns légèrement attaqué par la bruine acide qui avait accueillie ma sortie de l’alcôve et m’avançait dans les eaux peu profondes. Quelques Vermeloh tournèrent autour de mes pieds, mais ne semblèrent pas s’y intéresser plus que de raisons. Du moins c'est ce que je crus jusqu'à ce que je sente deux d'entre eux s'accorcher à mes bottes qui étaient apparemment moins résistantes que prévues. Je sortis mon poignard de son étui contre ma cuisse et réussit à en embrocher un qui fit se dégager une mare rouge dans les eaux du Génésis. L'autre resta accroché au même pied et je sentis que mon sang se mêlai à celui du Vermeloh blessé. Je tentai d'accélérer ma course et me décidai à plonger la main dans l'eau pour tenter de blesser le deuxième qui ne voulait pas me lâcher. Je fis sortir mon stylet lorsque je l'effleurai et réussit à le faire saigner lui aussi, mais ne put en tuer aucun des deux. En arrivant vers le géant les deux poissons m'avaient laissés tranquilles et semblaient s'être éloignés pour rejoindre un reste de banc à quelques géants de moi. Mon pied saignait encore, j'enlevai ma botte, déchirai une de mes manches puis serrai la bande de tissu ainsi créée autour de mon pied afin d'arrêter le saignement, je n'avais pas assez d'énergie pour me permettre de perdre du sang. Après cela, je pus enfin m'arrêter observer le monde d’un œil tout autre. M`

En me retournant, face à moi, s’élevaient les fières cîmes du Mont Hâran, je ne l’avais jamais vu ainsi. C’était chez moi. L’Alcôve comme on m’avait habitué à l’appeler. Je ne me rendais pas encore compte de ce que serait ma vie dans quelques années, peut-être devrais-je la quitter pendant longtemps, très bientôt. Ce premier voyage avait à la fois quelque chose de nostalgique et d’extrêmement stimulant, mais bientôt je savais que ce serait le retour qui serait nostalgique et stimulant. Pourtant la motivation ne faiblissait pas, la paix valait des sacrifices innombrables, même le mien pour Spectre.

Cette première mission m’avait été donnée par Marie, de la Chambre des Plaisirs où je vivais depuis quelques années. Il fallait que je sois stimulé, que je rêve pour continuer de faire rêver, je devais pouvoir être celui qui revenait de l’océan, celui qui avait vécu, qui allait intéresser si je devais être intéressant, qui allait avoir de la conversation autre que celle de l’Alcôve. Bientôt sûrement, je pourrai obtenir mon premier laissez-passer pour aller faire ce pour quoi j’étais né. Déterminisme ? Peut-être. Non. Je n’avais pas la réponse. Déterminisme modéré peut-être. Aussi paradoxal cela soit-il, j’avais le choix, le choix de la manière dont je servirai, mais le choix. Voilà où résidait la douce liberté dont je ressentait les embruns en ce moment-même.

Mon regard se tourna vers l’océan un instant et surtout vers le géant qui me surplombait. Il semblait grand de loin, il était immense de près. A la hauteur de mes genoux brillait, gravé contre la pierre un symbole bleu. Sa puissance semblait s’être faite plus forte en me rapprochant, simple phénomène optique.

Les vagues s’accentuaient et m’obligeaient à me concentrer pour rester en équilibre, mais je m’accroupis tout de même pour pouvoir observer ce symbole de plus près. Il ressemblait à certaines lettres de notre alphabet, mais ne s’apparentait à aucune exactement. En observant encore je me rendis compte que même si je lui avais attribué une forme, ce n'étaient que des pierres bleues incrustées qui reflétaient la lumière de manière extrêmement pures. Jamais je ne m'étais rendu compte de la beauté de ces pierres bleues et en général, je fus frappé que jamais je ne m'étais rendu compte de la beauté en dehors de l'Alcôve.

Le temps passa, je m’absorbai dans ces pierres. Peut-être restais-je accroupi une minute, peut-être une heure.


Merci Adam pour le kit !
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Läl
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Message(#) Sujet: Re: Mésestime naturelle et symbole lumineux [ft. Läl] Dim 5 Mar - 15:03

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L’océan. Je ne sais pas vraiment ce qu’il me prend de m’y rendre sans armes, sans armures et sans rien d’autres. Ne t’en fais pas, tu ne seras pas seule, un de tes frères est déjà sur place, qu’on m’a dit. Parfait. Mais on ne m’a pas dit où ni comment le trouver. Je me couvre quand même. Même si la bruine a cessé, je ne tiens pas à être brûlée si jamais elle retombe. Chemise longue, veston et pantalon de cuir marron, bottes en caoutchouc noir épais, tout en vérifiant que la veste ait une capuche. Je prends mes précautions, même si pour Geod, je sors à poil pour une mission, selon lui. Mais je m’en moque. Avant de partir, Geod se tourne vers moi et me temps une besace et un sac à dos.

- De quoi boire et manger dans la bandoulière, couvertures et quelques bandages et de quoi stérilisé pour ne pas que ça s’infecte dans le sac à dos… Au cas où tu te blesses. Tu as bien révisé tes cartes, pour trouver un abri rapidement ?

Il a peur qu’il pleuve. Et il n’est pas le seul. Je lui souris malgré tout.

- Oui, ne t’en fais pas. Je vais m’en sortir.

Il me sourit et me tend de quoi me nourrir en chemin. Je quitte l’Alcôve avec enthousiasme. Je sais que j’ai facilement une bonne journée de marches. Il faudrait quand même que je trouve un endroit où dormir quelques heures. Je mords avec appétit dans la tarte que mon frère m’a faite. Je vais m’en sortir, je suis une battante, je le sais. En espérant que celui que je dois rejoindre m’attende. Et qu’il ne soit pas trop avancer non plus. Ni parti en bateau. Tant de possibilités. Mais j’avais foi. Je ne baisserai pas les bras.

J’ai dormi quatre heures pendant la nuit. Le minimum pour que je sois en forme pendant la journée, et que je tienne. Geod avait mis ça dans mon entraînement, donc j’avais l’habitude. Grand maximum six heures. Les jours de mission, ou important. Sinon, je pouvais dormir plus longtemps, bien sûr. Mais dans des moments comme ça, non. Et puis, je suis sans doute bien trop excitée pour dormir plus. Je reprends rapidement la marche après avoir rapidement manger un petit pain et replié mes affaires. J’ai encore au moins deux bonnes heures de route. La bruine est là, j’attends qu’elle soit moins présente, en rêvassant dans la petite grotte inhabitée que j’avais trouvé. Et le soleil est levé lorsque je reprends la route.

J’arrive au bord de l’Océan Genesis au milieu de la matinée. L’air est frais, pas pur, mais agréable. Je regarde avec fascination les pierres qui s’élèvent sur le sable. Tout cela est magnifique. J’ai envie de courir pieds nus sur le sable et me jeter dans l’eau. Mais je sais que ce n’est pas une bonne idée. Clairement pas. Déjà l’eau est acide et non potable. Je boirai sans doute la tasse, donc nop… Et le pire, c’est que je ne sais pas tellement ce qui peut m’attendre, là-dedans, pour m’attraper et me dévorer toute crue, donc, définitivement non.

Je m’avance doucement vers l’eau puis dans l’eau, en faisant bien attention à où je mets les pieds, essayant de ne pas m’approcher des créatures que je sais ne pas être franchement sympathique. Un mouvement attire mon attention, dans l’eau, un peu devant moi. Un petit poisson, d’à peine une vingtaine de centimètres, blanc laiteux et orangé zig-zag et tourne sur lui-même. Il est vraiment trop beau. Je ne m’approche pas, ni ne le touche, cependant.

Une forme humanoïde me pousse à me cacher derrière une pierre. Il est de dos, et j’espère qu’il s’agit d’un de mes frères et pas d’un Tadryon à la noix. Je prends une profonde inspiration et m’approche, doucement. Il a l’air concentré, je ne sais pas si je dois le déranger. J’ose, néanmoins. Je pose doucement ma main sur son épaule. Comment il s’appelle déjà, le type que je dois rejoindre ?

- Salut à toi, mon frère ?... On m’a envoyée rejoindre un des notres en mission.

Caïn ! Voila comment il s’appelait. Mais j’allais le laisser se présenter. Il n’avait rien d’un Tadryon, encore moins d’un Fils d’Ohibaan. J’espérais avoir vu juste. Je lui souris.

- Läl, enchantée.

[723 mots]
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Caïn
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Message(#) Sujet: Re: Mésestime naturelle et symbole lumineux [ft. Läl] Lun 6 Mar - 23:36

Je ne clignai plus des yeux depuis longtemps et les Pierres bleues s’étaient confondues à l’océan. Le Génésis me rendait mon regard qui se voulait perçant alors que je n’avais rien demandé. Je n’arrivais pas à m’en défaire, car, de mémoire, je n’avais jamais contemplé ça. L’immensité du monde faisait sembler l’Alcôve encore plus petite qu’elle ne l’était vraiment et peut-être ne me rendais-je pas bien compte.

Les pensées défilèrent dans mon esprit sans vraiment que je ne les contrôle, j’étais parti sans équipement, j’allais peut-être mourir ou du moins arrivé affamé à l’Alcôve, où était Pierre, la femme de Salomé, qu’est-ce qui faisait de la grandeur la beauté, derrière cet océan, il devait y avoir des gens qui vivaient, qui avaient eux aussi survécus, je l’espérais, je crois. Ou pas. Ce ne seraient que des peuples de plus à infiltrer, quel art noble.

Je fus stoppé net dans le flot de mes pensées par une main qui se posait sur mon épaule, peut-être qu’il ne me restait que quelques secondes pour faire le mouvement qui empêcherait la lame de l’autre main de pénétrer à l’intérieur de mon corps, précisément à l’endroit qui percerait un de mes poumons, soit entre la vertèbre et l’omoplate pour ne pas avoir d’os à traverser. Peut-être que c’était déjà trop tard. L’avantage de l’entraînement était que ces pensées ne prirent pas une seconde à défiler, ou tout juste. Je n’avais ni le temps, ni la place de dégainer mon poignard, je comprenais aussi à ce moment-là pourquoi je ne me battais pas à l’épée, trop encombrant pour marcher, impossible à cacher et inutile pour se protéger des vraies menaces. A distance d’épée, on est encore parfaitement en sécurité. Je saisis le poignet et m’apprêtai à faire sortir mon stylet en faisant volte-face, mais à peine engageais-je le geste de le faire que j’entendis une voix posée me dire qu’elle devait me rejoindre.

C’était une Sœur. On m’avait prévenu que je n’allais pas explorer seul et qu’on me rejoindrait ici pour éviter qu’on ne sorte à plusieurs par la même sortie pour aller au même endroit. Je me relevai maladroitement dans la continuité de mon geste de défense et jouai avec le styler qui était sorti avant de le ranger.

- Pardonne-moi, ma Sœur, je ne m’attendais pas à voir quelqu’un arriver, en même temps j’aurai pu être plus attentif, je m’étais laissé allé à la contemplation des pierres bleues incrustées dans le géant.

Je la pris dans mes bras dans une accolade courte pour la saluer comme j’avais l’habitude de le faire avec les gens de mon rang.


- Enchanté, Läl, je suis Caïn !

Je lui souris sincèrement, cela me faisait plaisir de passer du temps avec l’un des miens en dehors de l’Alcôve et de partager cette joie qui virait à la nostalgie que je venais de vivre. Le sourire aux lèvres, je lui désignai le bateau qui nous attendait à quelques dizaines de pas de là, proche d’un autre géant.

- J’étais tant attiré par le reflet de ces Pierres que je ne suis même pas venu vers la bonne statue, notre bateau est là-bas.


J’engageai le chemin en faisant attention à protéger ma jambe de l’eau en tentant de marcher sur les amas rocheux qui pointaient leurs échines hors de l’eau et me dirigeai vers une embarcation en bois et en métal qui devait nous permettre d’aller explorer la côte alentours.

- Tu es déjà venu ici ? demandais-je sur le ton de la conversation pendant que nous avançions.

590 mots


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