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 De mille feux ~ SOLO Cordelia

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Cordelia
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Message(#) Sujet: De mille feux ~ SOLO Cordelia Ven 3 Mar - 15:09

Spoiler:
 

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Ta journée est enfin terminée. Elle a été assez longue et ton humeur maussade du jour n'a rien arrangé. Mal dormi, levée du pied gauche. Bref, le combo parfait pour une journée aussi grise qu'un nuage d'orage. Heureusement, personne n'est venu te souffler dans les bronches, sinon il aurait été fort à parier que tu les aurais envoyé bouler. Disons que dans les moments où tes nerfs te lâchent, tu es plutôt du genre à éloigner les personnes qui sont autour avant qu'elles ne se prennent un contrecoup de ton feu. Un mal pour un bien dirons-nous.

Toujours est-il que tu es sur le retour. Tu as pris le Transitaire, bondé à cette heure-ci. Collée contre la paroi, tu n'es vraiment pas à l'aise et la seule chose qui te reste à l'esprit est l'idée d'une sortie prochaine, même s'il te reste encore plusieurs dizaines de minutes. Tu essaies de te concentrer sur l'extérieur en ignorant la foule autour de toi. Tu aimes les gens, mais le confinement te met profondément mal à l'aise, d'autant plus que ta grande taille n'est guère pratique dans ces moments-là. Tu regardes le paysage de la ville qui défile sous tes yeux et, l'espace d'un instant, tu te perds dans la contemplation de cet endroit que tu aimes tant. Ton cœur se met à brûler de la fierté d'être Tadryenne et un sourire étire tes lèvres. C'est un exercice que tu fais régulièrement : calmer ta peur ou ton angoisse par l'amour de ta ville.

Soudain, une odeur de fumée parvient à tes narines. Tu te tournes instantanément vers la foule : les autres passagers commencent aussi à remarquer l'odeur, en échangeant des regards anxieux. Mais le Transitaire continue son trajet et la tension se dissipe légèrement. Un cri retentit alors à une extrémité du wagon. Le cri d'une petite fille qui glace le sang de tous. C'est la voix d'un homme qui lui répond.

« Au feu ! »

Aussi vive qu'un poison, la panique se répand dans la rame. Dans ta poitrine, ton cœur se met à battre à tout rompre. Ton regard cherche alors la manette d'arrêt d'urgence, mais une autre jeune femme a eu le même réflexe. Les passagers entendent les freins crisser sur les rails alors que le Transitaire se stoppe brutalement. Plusieurs personnes tombent à terre et toi-même tu manques de perdre l'équilibre, parvenant juste à attraper une des barres métalliques. Le wagon est donc arrêté sur les voies et la fumée commence à se répandre dans l'habitacle. Il vous faut sortir. Une voix retentit alors dans le compartiment.

« Ici le service de maintenance ! Il y a un grave problème électrique, toutes les issues sont bloquées. Les secours ont été prévenus, alors gardez votre calme. »

Les secours n'arriveront pas à temps. Il y a déjà trop de fumée. Alors qu'un mouvement de foule partant de l'origine du feu presse les passagers vers l'autre extrémité, tu te retournes vers la vitre sur laquelle tu étais appuyée. Environ un mètre en contrebas, une plate-forme. Oui, cela fera l'affaire.

« Poussez-vous ! »

Tes voisins te regardent, les yeux ronds et paniqués, alors que tu sors ton Satyre de son fourreau le long de ta cuisse. L'énergie bleue circule dans l'arme et, d'un coup brusque et puissant, tu frappes la vitre de toute tes forces. L'arme rebondit, provoquant les cris des passagers.

« Allez-y ! Encore ! »

Les cris fusent et ton sang ne fait qu'un tour dans tes veines. Tu soulèves ton arme à nouveau, en faisant attention de ne blesser personne et tu l'abats une seconde fois sur la vitre. La lame rebondit encore, mais un impact de taille moyenne s'est dessiné. Les cris d'espoir et de peur mêlés te pousse à recommencer une fois encore. Pour Tadryon ! Le troisième coup, accompagné d'un râle de ta part, crée une ouverture dans la vitre. Ton Satyre émet un crépitement et s'éteint, déchargé. Tu le ranges et tu sors ton Nixe que tu pointes aussi vite que possible sur les bords du trou ainsi créé. La fumée te pique les yeux alors tu as du mal à viser, mais les encouragements de la foule te porte. Et tu tires, encore et encore, jusqu'à ce que ta cartouche soit vide. Tu te baisses alors pour voir le résultat. Une ouverture permettant de laisser passer les personnes unes par une.

« C'est ouvert ! »

Le cri retentit et tu es instantanément poussée contre la vitre.Tu parviens à te glisser tant bien que mal par l'ouverture et tu tombes sur la plate-forme. Tu n'accordes même pas une seule seconde à la douleur qui pulse dans ton épaule et tu te retournes vers le Transitaire.

« Vite ! »

Et tu tends les bras vers les premiers passagers qui descendent tant bien que mal du transport enfumé. Non loin de là, des passants se rassemblent et certains viennent soutenir les passagers intoxiqués par les fumées. Mais toi, tu n'as pas le temps de t'occuper de tout cela. Tu es concentrée à aider les gens à sortir du wagon. Pour Tadryon ! Pour ta foi ! Tes bras et tes mains sont vifs et puissants. Tu aides, tu évacues. Tu portes un enfant, tu soutiens un vieux monsieur. Le flot des rescapés ne semblent pas cesser alors que la fumée se fait plus épaisse que jamais. Tes muscles hurlent, tes articulations également. Mais tu n'écoutes pas les faiblesses de ton corps, préférant te concentrer sur le feu de ton âme. Tu tires de ce volcan interne tout ce dont tu as besoin pour continuer. Presque aucune pensée ne te dérange : seule la concentration dans ton action. Le flot s'arrête soudain. Tu ne parviens pas à voir l'intérieur du wagon alors tu te retournes en te frottant les yeux.

« Tout le monde est sorti ? »

Question assez stupide quand on y pense vu que personne ne se connaît ou presque. Une femme vient vers toi, les cheveux ébouriffés et le regarde fou.

« Ma fille, ma petite fille ! Elle est encore dedans ! Allez chercher ma fille je vous en supplie ! »

Et elle se met à pleurer aussi sec. Tu ne prends même pas une seconde pour y réfléchir. Rassemblant les forces qu'il te reste, tu te hisses à nouveau dans le Transitaire. La fumée obscurcit tout et les flammes commencent à gagner le plafond. La chaleur est suffocante, tu peux à peine respirer.

« Il y a quelqu'un ? »

Ton appel se termine en toux alors que tu entends une petite voix sur ta droite qui gémit. Tu rampes tant bien que mal jusqu'à te cogner sur un siège. Au-dessous, une petite forme humaine est recroquevillée. Tu lui attrapes le bras et tu la tires avec toi. L'enfant, à demi-inconsciente, réagit à peine. Tu commences à reculer, mais ton corps ne t'obéit presque plus. Tu bouges à peine. Il fait beaucoup trop chaud, l'air est irrespirable. Tu pourrais rester là et attendre paisiblement...

Non. Pour Tadryon. Pour cette petite fille au bout de ton bras. Pour ces héros que tu admirais étant enfant et que tu admires encore aujourd'hui. Pour cette humanité en laquelle tu crois.

Alors, tes jambes se remettent à bouger. Et tu recules, encore et encore en traînant l'enfant avec toi. Tu sens finalement une main agripper ta cheville et t'aider à reculer. Tu es attirée vers l'arrière et tu serres le bras de la petite fille de toutes tes forces.

Et enfin, l'air. Tu sens à peine le choc sur le sol. Des flashs de lumière t'indique que les secours sont là, mais déjà ton esprit part. Tu sombres dans l'inconscience.

*******

Tu es réveillée par une douleur. Une brûlure dans les poumons. Avant même d'ouvrir les yeux, tu prends une grande inspiration qui te fait tousser. Les larmes te viennent aux yeux.

« Doucement, doucement. »

Une main se pose sur ton épaule et tu ouvres les yeux. La lumière t'aveugle et tu mets quelques secondes avant de reconnaître un visage qui t'est familié. Even, ton ami prêtre. Sa bouille d'enfant et ses yeux en amandes te fixent d'un air inquiet. Il est plus vieux qu'il en a l'air et tu n'aimes pas le voir les sourcils froncés. Tu essaies de parler, mais seul un croassement inaudible sort de ta bouche. Even continue.

« Non, ne parle pas. Les fumées ont irrité ta gorge. Ça reviendra mais pas de suite. »

Tu essaies de bouger mais tu n'y parviens pas vraiment alors tu fixes ton ami en essayant de lui faire comprendre que tu veux savoir ce qui s'est passé.

« Fille... »

« La fillette ? Elle va bien. Elle a été moins intoxiquée que toi. Tout le monde va bien, hormis un passager âgé qui n'a malheureusement pas pu être sauvé à temps... »

Sa voix se brise. Une larme coule de ton œil et le goût amer de l'échec monte dans ta bouche. Tu n'as pas réussi à les sauver tous... Even se lève alors.

« Je vais prévenir un médecin que tu es éveillée. Je te laisse entre les mains de ton père. »

Ton regard encore flou se dirige vers l'autre coin de la pièce alors que le prêtre sort de la chambre. Elrik, ton père, est bel et bien là et s'avance vers toi, lentement, de sa démarche boiteuse. Son visage est aussi calme et dur que d'habitude, mais une flamme illumine ses yeux. Une flamme que tu n'as jamais vu dans son regard. Il s'assoit doucement sur ton lit, à côté de toi et te prends la main. Le temps s'étire et vous restez là, à vous regarder. Puis enfin :

« Je suis fier de toi. »
1630 mots
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