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 Réeducation - Solo

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Yubel
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Message(#) Sujet: Réeducation - Solo Ven 3 Mar - 19:43

Spoiler:
 

Pathétique...

Tu subissais encore cette formation destinée à te mettre à niveau. Tu avais à la bonne tes tuteurs, ils voyaient en toi une jeune fille modèle capable d'assimiler beaucoup de chose en peu de temps. Ils mettaient cela sur le compte d'un talent pouvant enfin s'épanouir après toute une vie à passer à renifler la crasse d’autrui. A tes yeux, ils n'étaient que des pourceaux pathétiques dont tu trancherais bien la couenne pour te repaître.

Mais non... Tu devais jouer avec les règles du jeu, ton propre jeu que tu avais décidé de mettre en place afin de survivre. Un jeu à ta hauteur que tu te devais de respecter pour ne pas dévier du dit chemin voulu. Alors tu souriais, tu leurs comptais mille et un bobards. Le genre de phrase que chaque tuteur rêve de recevoir de la part d'un de ses apprenties.

Un long discours sur à quel point ils ont changé ta vie, qu'ils sont doués dans ce qu'ils font... En terme d'hypocrisie, ton imagination n'était pas bornée par aucune limite morale. Tant que le monde tournait autour de tes mensonges, tu pouvais librement t'exposer en dehors des dangers. L'imprévu était une variable que tu tendais à faire disparaitre de chacune de tes équations de vie. Pour rien au monde tu n'irais te dépatouiller pour quelque chose si tu avais en pu emprunter une autre alternative proposant la tranquillité.

Et à chaque émotion de plaisir que tu faisais surgir chez tes interlocuteurs. Tu ne pouvais t'empêcher d'afficher un sourire carnassier mentalement. Jouer avec des animaux pouvaient s'avéraient être amusant de bien des manières...

Mais au moins, tu devais l'avouer. L'Académie bien que contraignante te servait à plein de chose. Au moins tu n'étais pas laissée à l'abandon, dans les bras de ton simple latent. On te formait à être un prédateur encore plus efficace qu'auparavant. Que ce soit d'un plan physique ou d'un plan moral, tu le savais, les mois que tu avais passé à assimiler t'avais rendu bien plus forte.

Cela n'était peut être pas encore probant sur tout les plans, mais il fallait laissé parler le talent plutôt que l'acharnement. Et trop d'effort d'un coup aurait eu le démérite de t'épuiser inutilement. Et tu détestais être épuisée...

Néanmoins, aujourd'hui était un jour différent des autres. En effet, bien qu'en ce moment la leçon portait sur les différentes créatures difformes peuplant le monde au delà des frontières de la cité, on t'avait convoqué personnellement après les cours pour te demander quelque chose visiblement.

Tu n'avais pourtant commis aucune faute, tu étais même l'élève modèle selon tout les critères exigées. Être bien vue dès le départ t'assurais un avenir paisible pourtant, c'était ainsi que marchait ce monde ! Tu pensais l'avoir compris pourtant ! Mais tu te fourvoyais sur une chose. Afficher une excellence palpable ne valait pas mieux qu’afficher la pire des médiocrités.  

Et cette leçon de vie bien particulière allait t'être inculquée ce jour-ci. Une erreur que tu ferais en sorte de plus commettre par la suite. Sous peine de devoir faire des choses que tu n'avais pas envie de faire, sous peine de déroger aux propres règles du jeu dictant ton existence.

Tendue...

Finalement, tu te retrouvais en tête face à un de tes tuteurs que tu n'avais pas revu depuis quelques temps déjà. Tu affichais une mine neutre et respectueuse afin de ne pas t'accorder dans un ton qu'il n'aimerait pas. Ton avenir était dirigé par le genre d'appréciation que les types dans son genre pouvait faire de toi. Jamais tu ne retournerais à l'extérieur, et cela, tu en étais certaines...

Alors tu avais attendu ce moment avec une certaine anxiété tout en gardant ton calme. Tu avais imaginé bon nombre de scénario, du plus simple au plus complexe pour éviter à avoir être prise au dépourvu. Tu pestais intérieurement, toi qui rejetais l'imprévu comme la mort tu te retrouvais à devoir le dompter docilement.

- Vous m'avez demandé Monsieur ?


Tu avais pris les devants, laisser un silence gênant était du temps gagné pour toi. Mais savoir engager une conversation pouvait être un synonyme de confiance en soit sans pour autant être débordante. Un bon point qui pouvait s'avérait être fiché sur ton dossier avec un peu de chance.

- Yu... Tu es une apprentie avec plein de mérite tu sais ? Tu es arrivée ici il y a pas mal de temps déjà alors que tu n'avais pas grand chose à rapporter de ton passé. La récupératrice qui t'a ramené ici nous avait envoyé comme quoi tu étais très curieuse et intelligente. Elle ne nous avait pas menti, et elle est certainement fière d'avoir cru en toi.


Toujours bloquée dans une position d'écoute. Tu regardais pourtant de haut cette crevure qui détaillée ta vie. Il avait beau tenir un discours semblable à des éloges, son rappel à ta vie passée était une manière de te faire comprendre que tu restais d'origine des plus basses. Dans ce monde, chacun pouvait monter dans les plus hautes sphères s'il démontrait son utilité. Mais cela ne voulait pas dire que le nouveau venu était exempt de l'arrogance des plus anciens qui eux s'étaient démarqués avant lui.

Tu le savais, tôt ou tard, tu prendrais ta revanche sur cet affront que tu ne pouvais que feindre d'ignorer pour le moment. Dans tout les cas, tu ne voyais pas où il voulait en venir. Tu avais déjà rayé toutes situations où celui-ci te faisait des reproches, mais cela ne signifiait pas forcément quelque chose de bon. Tu le savais, la vie savait être une chienne parfois...

Il prit alors une pause de nouveau te laissant dans une situation déplaisante. Se moquait-il de toi ? Cela ne faisait aucun doute, tu pouvais déjà voir son sourire moqueur alors qu'il se retournait vers la baie-vitrée de la pièce. Tu ne disais aucun mot, cela n'était pas encore à toi de parler...

Finalement, il retourna vers son bureau et sorti un unique dossier de celui-ci pour le poser au dessus. Te regardant, il s'approcha de toi avant de te dire :

- J'ai quelque chose à faire. Je t'en prie, consulte ce dossier et tu me diras ce que tu en penses à ton retour.


Celui-ci alors se dirigea vers la porte te laissant dans un silence confus. Tu plissais les yeux alors que ton regard était inévitablement dirigé vers la chose synonyme de tout tes maux.

Dubitative...

Le dossier vint finalement entre tes mains après que tu pris la décision de t'en charger. Déroger à un ordre direct de ce qui pouvait s'apparenter à un supérieur hiérarchique n'était pas la manière la plus efficace pour se faire garder entre ces murs. Tu ne voulais pas mais tu n'avais pas vraiment le choix pour le moment. Encore ce même dilemme que t'opposait se rapport de force déséquilibré au plus haut point.

L'ouvrant alors, une liste de document portant sur le même individu fut donné à ton regard. Un jeune d'environ ton âge qui prônait des résultats moyen pour ne pas dire médiocre. Un futur déchet qui allait certainement prendre une précieuse place à Tadryon au dépit d'un autre. Pour toi, tu t'en foutais, seule toi comptait et maintenant que tu y étais, tu te foutais bien des réfugiés, de cette communauté dont tu faisais parti il n'y a pas si longtemps que cela. Ils pouvaient tous mourir la bouche ouverte que cela ne déclencherait chez toi pas une once de culpabilité ou de pitié.

Le soucis avec ce genre de personne, c'était qu'il était la raison de ton entrée tardive dans la cité. C'était à cause de eux que tu avais du jouer selon les règles d'un jeu que tu n'avais pas choisi. Tu maudissais les incapables bien plus que tu ne haïssais les porcs dans le même genre que tes tuteurs.

Plus tu lisais, plus tu te demandais néanmoins pourquoi on te fournissait ce genre de dossier autrement que pour te révolter de tant de médiocrité. Cherchait-on à te tester ? Tu en doutais, cela n'était pas un genre d'évolution très répandue au sein de l'académie qui prônait davantage les connaissances d'une personne que sa personnalité exiguë.

L'individu en question se prénommait Jack Myon. Drôle de nom, mais à la vue de celui que tu portais, que t'avais affublé tes géniteurs morts, tu ne pouvais pas non plus lui jeter la première pierre. Même toi tu possédais une limite à la méchanceté gratuite quand celle-ci n'était pas forcément des plus légitimes auprès de celui-ci qui la donne.

Néanmoins, ce nom te disait quelque chose. Tu pouvais te souvenir d'un évènement plus ou moins récent. D'un apprenti ayant craqué et décidé d’arrêter toutes ces conneries selon ses dires. Finalement ce dossier qui t'avait été donné portait sur une personne les plus idiotes que tu avais pu connaitre dans ton existence. Bien plus que tes parents, ce qui était un exploit assez rare pour le noter à tes yeux.

Il n'avait jamais vu l'extérieur et pourtant le prônait comme un idéal à atteindre. Dépourvu de règle, de loi, une liberté qu'il voulait cueillir alors qu'il était en pleine fougue d'une jeunesse visiblement décadente. Il ne savait rien de ce qu'il y avait à l'extérieur mais à tes yeux, tu te foutais bien de ce genre de revendication. Qu'on l'y amène afin qu'il puisse comprendre l'étendu de son erreur. Tu pouvais même te languir à l'idée de ses supplices pour revenir à Tadryon. Et là, il comprendrait tout l'étendu de sa connerie.

Tu pensais que l'on allait te demander son avis sur cette personne. Et subtilement, tout avis aurait été tout fait. Tu voulais le laisser pourrir à l'extérieur, ce genre d'individu n'avait pas lieu d'être au sein de la cité. La seule compétence qu'il semblait possédait était sa capacité de mécanicien qui pouvait en faire un bon élément quant à l'industrie de la cité. Mais il ne valait pas mieux que ça, et il avait certainement du le comprendre que son destin s'il restait au sein de Tadryon avait été scellé dès son entrée à l'Académie.

Alors que tu reposais son dossier à sa place, tu dû encore attendre une dizaine de minute pour entendre de nouveau un signe de vie provenant de l'extérieur. Cet enfoiré avait prit son temps pour te faire impatienter. Mais tu étais plus résistante que cela pour céder à ce genre de provocation de bas étage. Alors tu restais en situation stationnaire attendant que tout se décante par son arrivé.

Finalement, cette torture mentale semblable à une éternité s’arrêta subitement lorsque la porte se rouvrit avec le même fracas que lorsque tu l'avais fais... Posant de nouveau ses fesses sur son siège, il dénota du regard que le dossier n'était plus exactement à sa position initiale, indiquant que tu l'avais bien consulté.

- Alors que penses tu de lui ?

Tu n'étais pas idiote, mais tu crevais de dire qu'il ne méritait pas sa place au sein de Tadryon. Tout ce temps que tu avais perdu à attendre la présence de ton tuteur t'avais permis de comprendre une chose très simple. Cette même chose qui te paraissait désormais évidente.

- Il m'a l'air d'être un individu perdu, embrouillé par les émotions contraires qu'engendrent bien souvent l'adolescence. Il possède un talent des plus remarquables en mécanique. Nous devons l'aider, lui faire comprendre que Tadryon vaut bien mieux que tout ce qu'il pourrait imaginer dehors. L'erreur est humaine et cela prouve qu'il n'a rien à faire dehors.

Un peu de racisme et de patriotisme bien placé. Tu montrais aussi une certaine capacité à faire preuve d'une grande compassion. Bref, tu t'étais mis dans ta poche ton tuteur dès lors qu'il afficha une émotion de surprise avant de laisser place à un grand sourire de satisfaction. Encore un bon point pour toi.

- J'apprécie fortement ton point de vue et ta capacité d'analyse alors que toi aussi tu es pourtant dans cette même phase d'adolescence. Dans tout les cas, je m'arrête de te faire tourner du pot. Il y a très peu de temps, ses parents ont signalé sa disparition aux autorités et ainsi à l'Académie. Tadryon est sure même pour un enfant égaré néanmoins à la vue de ses derniers dires, il projette certainement de quitter la cité. Nous ne pouvons pas le laisser faire tu l'as bien compris. Que cela soit pour lui ou pour la réputation de Tadryon. Je t'ai choisi car de toute la promo tu es celle avec le plus d'appréciation de la part des tuteurs, comme si tu les avais charmé. Et en t'entendant parler, je peux les comprendre. Tu as connu la misère des refuges, tu es la mieux placée pour régler ce soucis. Rend service à la ville qui t'a recueilli dans ses bras et ramène le nous. Je te fais confiance.

Te faire confiance... La barbe... Tu n'en voulais pas de sa confiance. Ce genre de cadeau empoisonné qui t'obligeait à avoir un avenir proche des plus douloureux. Et cela n'allait pas manquer puisque tu étais désormais contrainte d'apporter ton aide à une brebis égarée. Il fallait s'en douter, en sortant ce genre de parole de ta bouche, tu t'étais implicitement engagée à t'en charger toi même. C'était un accord mutuel qui s'était fait à travers les infinis subtilités du langage. Cela ne t'avais donc pas surpris que l'on te demande cela. Au moins, c'était une autre manière de faire tes preuves bien que tu savais que l'on t'utilisait bien plus que allait te vanter. Un moyen de redorer le blason ternit par les rumeurs. Les bruits par la suite ramperont à travers les rues, qu'un élève modèle aura su faire retourner dans le droit chemin un pauvre enfant égaré. Et bien sur, si cet élève ne devra son mérité qu'à l'Académie. Un mécanisme insidieux de propagande que tu avais compris dès ton arrivé ici. Enfin... Tu ne pouvais de toute manière pas refuser ce genre d'offre.

Tu hochas alors la tête avant de t'exprimer dans un ton formel :

- Je serais ravie de pouvoir servir ainsi Tadryon et lui rendre une partie de la faveur immense qu'elle m'a accordé autrefois. Permettez moi désormais de prendre mes dispositions pour régler cette histoire le plus rapidement possible.

Bien... Il fallait toujours faire croire aux autres que tu étais la plus réceptive du message qu'il voulait que tu comprennes. Te souriant alors, charmé par tant de prestance et de maturité, il te permit de t'en aller. Tes poings serrés, tu avais bien fait attention que personne ne te voit grincer des dents. Ta tranquillité avait été encore bafouée de la pire des manières puisque tu ne l'avais pas décidé...

Dans tout les cas, tu avais retenu l'adresse de ses parents. Puisque tu ne savais pas où il pouvait se terrer, il fallait que tu débutes par ce que tu avais en ta possession. Cela était de très maigres informations, mais même les autorités n'en possédaient pas plus que toi. Et bien entendu, cela aurait très mal vu que celles-ci te doublent puisque tu étais désormais chargée de cette affaire en parallèle des autorités compétentes. Décevoir ton supérieur aurait été un évènement des plus tragiques pour ce dossier que tu avais tant voulu rendre parfait. Tu ne voulais pas donner à ce porc l'espoir de pouvoir te rabaisser encore plus qu'il ne te l'avais déjà fait. Ton égocentrisme était le seul moteur dans cette affaire, mais il était bien assez suffisant pour régler son compte à un puceau immature.

De ce que tu avais compris. Les parents habités dans les quartiers ouest, là où nichait la plupart des résidences. Avec un peu de chance, tu allais trouver des indices là bas. Tu détestais devoir t'improviser ce que tu n'étais pas. Et tu n'étais clairement pas un enquêteur pour devoir comprendre ce genre de jeu de piste. Mais bon, ton expérience que tu avais acquis à l'extérieur pouvait s'avérer être utile pour une fois. A plusieurs occasions, l'on t'avait chargé de retrouver telle ou telle personne en échange d'un peu de pain, d'un peu d'eau pour abreuver ta gorge sèche.

L'extérieur était un enfer ardent, ceux qui n'étaient pas préparés pouvaient facilement s'y perdre dans cette immensité. Et le malheur des autres faisaient bien souvent ton bonheur. Bien qu'à l'époque, la notion de bonheur t'était toute relative.

Enfin bref, tu l'avais devoir traversé toute la cité pour aller toquer chez les parents du bougre en question. Tu allais encore devoir jouer de la comédie pour bien te faire voir et leur faire cracher tout ce qu'ils pouvaient te donner. Des parents incapable de gérer leur gosse, étonnement, cela te rappelait deux personnes que tu détestais...

L'imbécilité frappait à tout âge, et la vie t'avait encore donné une occasion d'affirmer ce propos.

Tu haïssais le fait de devoir utiliser les transports en commun pour te déplacer. Mais il était évident que tes petites jambes ne pouvaient te mener rapidement à un endroit aussi éloigné de ton point initial. Alors tu allais devoir supporter la puanteur pestilentielle des demeurés peuplant cette ville. Le pire d'entre tous cela, c'était qu'ils étaient pour la plupart des citoyens et avaient donc une condition bien plus agréable que la tienne. Au moins eux n'étaient pas obligés de devoir faire ce genre de travail de bas étage pour avoir des bons points dans son dossier. Si tu pouvais, dans toute ton éloquence, tu ne manquerais pas de lâcher un mollard bien répugnant aux visages de ses laideurs.

Tu étais d'ailleurs jeune, trop jeune. Il n'était pas rare de voir une personne de ton âge accompagné de ses parents. Heureusement pour toi que tu avais su t’accoutumer à la vie citadine plutôt rapidement. Car dans les premiers temps, tu étais victime à des jugements dédaigneux intempestifs. Tu venais de l'extérieur après tout, et on ne se débarrasse pas de son passé aussi facilement que l'on gâche son avenir.  

Tu avais alors encore du temps devant toi pour tenter d'initialiser une tentative de plan d'approche. Comment allais-tu résoudre cette affaire de la manière la plus simple et expéditive possible. Pour toi, il n'y avait aucune solution évidente, tu ne savais pas où il se trouvait. D'autant plus que tu ne connaissais pas chaque recoin de ce nouveau monde malgré les plusieurs mois que tu avais eu pour l'arpenter.

Dans tout les cas, dans un endroit aussi militarisé et gouverné par la surveillance. Cela réduisait la zone de recherche de beaucoup d'autant plus qu'il n'avait pas pu s'y prendre sans provision ou préparatif tiers. S'il avait du s'isoler dans un coin reculé de la ville, sans aucun doute que si tu trouvais la zone spécifique, plusieurs témoins pouvaient te donner la réponse à la position de ta cible si tentait que tu leur donnais les bonne indications.

Dans tout les cas, tu répugnais toujours autant le fait de devoir réfléchir quelque chose qui n’influait pas directement avec tes envies du moment. Le pire d'entre tout cela c'était que ta réussite ne dépendait pas entièrement de tes capacités à faire cela rapidement. Il y avait tant d'élément externe à toi qui pouvait tout faire foirer bien trop vite. Et ton boulot allait d'être de te protéger de ce genre d'imprévu, de te blinder face aux assauts d'un éventuel échec.

Pendant que tu te plongeais dans une réflexion intense, tu avais ce tic horrible de venir te ronger l'ongle de ton pouce droit. Bien que tu avais su le réprimander depuis quelques années, parfois, il refaisait surface comme la cerise sur un gâteau déjà bien trop garni. Dans quel merdier tu t'étais encore engagée sans le vouloir...

Un homme vint se positionner près de toi comme s'il avait eu la désastreuse intention de te sortir de tes pensées alors qu'il restait encore une infinité de place possible. Pourquoi tu devais te coltiner ce genre de type ? Tu ne lui prêtas pas attention mais tu rêvais de lui coller ton poing dans les gencives pour lui faire comprendre à quel point on ne déconne pas avec toi. Enfin... Au moins, ton absence de réaction engendrait l’absence de ses réactions en simple réponse.

Etait-il déviant ? Tu entendais par là ce genre de personne possédant une sexualité malsaine tournée probablement vers les personnes de ton âge plutôt que du leur. C'était un vieux d'une quarantaine d'année. Et étonnement tu gardais un sang froid olympien, à la rigueur tu en vins même à totalement l'ignorer. A l'extérieur, ce genre de personne était légion, à force d'être rongée par la misère, il en vint un temps où une case disparait dans l'esprit de ses gens. Tout comme ta naïveté avait disparu, eux se jetaient dans une voie qui irait leur interdire toute rédemption par la suite. Qu'elle soit donné des hommes ou des cieux.

Néanmoins, tu t'étonnais de devoir retrouver ces individus au sein même de la cité. Comme quoi, l'homme n'avait pas besoin d'être livré à la misère pour montrer le pire de soi. Dans tout les cas, ton arrêt était le suivant et tu n'allais pas devoir coltiner sa présence encore longtemps. Tu n'avais de toute manière rien à craindre. Dans un monde où chacun était militaire, être un criminel n'était pas une bonne carrière à suivre. Il ne pouvait que te regarder, s'imaginer des choses dans son esprit pervers mais rien de plus. Et tu savais parfaitement garder ton calme quand le danger n'avait alors plus lieu d'être.

Finalement, les portes du transport empruntés s'ouvrirent à toi et tu pus descendre de cette asile de fou. La maison des géniteurs du gosse n'était pas loin. Mais avant, tu allais en profiter pour explorer le quartier. Tu n'avais pas l'idée de te trouver dans cette zone, il fallait que tu marques tes repères. S'il avait fuit de chez lui, il avait sans nul doute utilisé la voie la plus simple à la vue de ses capacités mentales limitées. Avec un peu de chance, tu allais déjà pouvoir filtrer plusieurs possibilités.

Et à mesure que tu arpentais les ruelles de ces lieux, tu faisais face à ce conformisme presque admirable que prônait la cité. Il n'y avait pas une seule résidence différente de l'autre. Elles étaient toutes similaires les unes entre elles, de toute manière Tadryon n'avait pas le luxe de ce perdre dans une architecture dont le seule but aurait été d'être jolie. Il fallait prôner davantage l'efficacité à moindre coût. Encore une fois, tout transpirait la sueur de cet état militarisé dans lequel tu avais trouvé refuge. Enfin... Pas comme si cela te gênait particulièrement. Toi, tu n'étais là que pour quadriller la zone après tout, et tu ne comptais pas finir le restant de tes jours dans ce genre d'endroit miteux.

Après une bonne heure de marche des plus épuisantes, tu avais pu te faire une idée des lieux et des habitants qui s'y trouvaient. La plupart était dépourvu d'ambition de ce que tu avais pu en déduire. Ils voulaient simplement vivre dans la plus grande des modesties et avoir peut être par la suite, la chance de fonder un semblant de famille avec un partenaire.

En gros, des êtres tous plus pitoyables les uns que les autres. Tu ne pouvais pas comprendre cette volonté de rester dans une simplicité contraignantes. Il fallait vraiment ne possédait aucune estime de soi pour vouloir ce genre d'avenir. Enfin... Tu te doutais bien que s'ils avaient la capacité d'être meilleur qu'ils ne l'étaient, alors ils l'auraient sans aucun doute fait. Mais là était toute la cruauté d'un homme devenu bétail, quand bien même il avait les capacités de sortir du troupeau, jamais de toute sa vie il ne s'en serait rendu compte.

Et le plus drôle, c'était qu'une fois atteint un âge de vieillesse, le peu d'expérience qu'il avait amassé leur servirait de bourreau car leur faisant comprendre qu'ils auraient pu avoir une vie mille fois mieux que celle qu'il avait eu. Tu ne pouvais que te gausser à cette idée, car toi n'étais pas assez ignare ou aveugle pour que dans l'avenir, tu te retrouves dans cette même situation. Toi tu étais unique, et bien supérieur à n'importe quel être de ce monde. Et tu comptais faire valoir ce droit d'opulence qui t'étais automatiquement dû de par la perfection de ton être.

Mais en attendant, tu devais gérer un gosse de ton âge... Désespérant...

Une fois dans le bâtiment, tu allas toquer à la porte de ces fameux parents impuissants face à leur enfant. Eux aussi ils étaient pathétiques en quelque sorte. Et en plus ils étaient accablés par cette fatalité, tu allais devoir leur tirer les vers du nez et cela demandait encore plus d'effort. Avant même que l'on ne t'ouvre, tu soupirais déjà, bordel... Il te tardait de quitter ce monde de bouseux pour t'élever à la tranquillité et aux jouissances de l'âme. Et par là tu entendais le luxe et l'opulence. L'unique chose qui te manquait pour t'épanouir.

Tu ne cherchais pas les responsabilités. Celles-ci voulaient dire indirectement devoir faire des choses que tu ne voulais pas. Être mise sous une pression extérieur. Devoir régler sa vie pour les autres bien avant de la régler pour toi. En bref, ce n'était pas la came d'une personne voulant avant tout se soulager du poids de l'existence.

La porte te séparant de ses parents s'ouvrit alors, laissant place à un âge dont les yeux étaient portés par des cernes monstres. Il avait la quarantaine environ et tu pouvais voir à sa pilosité facial qu'il n'avait même pas pris la peine de s'entretenir. Il était dans un plus grand piteux état que tu ne pouvais l'imaginer. De toute manière, ce n'était pas comme si tu étais capable de comprendre quelque chose à la détresse de perdre un être cher.

Mais à son regard déplorant, tu pouvais voir qu'il avait comprit toute l'ampleur de la citation. Et qu'à chaque seconde qui passait, cela l'éloignait de plus en plus de son fils qu'il devait certainement aimer. Bien que là encore, tu modérais tes propos. Pour toi, l'amour parental n'existait pas, pas plus que celui d'un enfant pour ses parents. Après tout, ce gosse était prêt à partir sans se soucier de sa famille. Cela en disait long sur ses capacités à aimer ses géniteurs. Enfin, tu n'étais pas là pour juger de ce genre de chose, tu ne voyais l'amour que comme un venin de l'esprit, le paralysant et l’empêchant d'agir de manière rationnelle.

Tu avais en sorte de te piquer avec le remède correspondant à ce poison insidieux.

- Qui êtes-vous ? Que nous voulez-vous ?


Son était sur l'offensif, pas étonnant qu'il se sentait agresser pour un rien. Il fallait que tu joues de finesse pour endolorir son esprit bestial. S'il se refermait trop tôt à la discussion tu n'allais rien pouvoir lui glaner, et ce n'était évidement pas une option.

- Je m’appelle Yubel. Je suis une camarade de votre fils Jack. Je sais ce qui s'est passée et j'aimerais le retrouver pour lui faire comprendre que ce qu'il fait n'est pas le bon choix... J'apprécie beaucoup votre fils vous savez, je suis jeune mais je ne peux pas rester là à attendre que l'irréparable se produise. Je veux aider du mieux que je peux et je suis certaine que mes paroles pourraient le rassurer. je veux juste essayer...


Qu'est-ce que tu étais douée pour jouer la comédie. Tu avais empêtré ce père dans ta toile de vice et il était désormais tout à toi. Son regard avait changé, et quand bien même il avait agit avec prudence, il semblait s'être totalement ouvert à toi. Bien qu'encore hésitant à pleinement t'ouvrir sa porte pour que tu puisses y entrer et discuter tu entendis une voix féminine derrière le corps immense du père qui devait bien dépasser le mètre quatre-vingt. Ce qui était en comparaison au tien une différence colossale.

- Laisse là entrer chéri, c'est une amie de notre fils et elle veut nous aider ça ne fait aucun doute.


Quelle crédulité... Enfin cela ne faisait qu'appuyer tes talents orales. Tu avais bien saisi qu'il fallait jouer sur leurs instincts de parent avant toute chose. Et quand bien même tu n'avais jamais rencontré physiquement leur fils, tu avais suffisamment lu son dossier pour répondre à n'importe quel interrogatoire à son sujet. Tu pouvais t'inventer une vie dans la seconde si cela était nécessaire à la bonne réalisation de tes plans. Là était une partie de l'étendu de ton talent propre à un charisme développé.

Dans tout les cas le père fit céder facilement toute sa résignation et t'invita à entrer en se décalant du passage. Il était vraiment immense... Un peu comme n'importe qui lorsque tu te retrouvais à coté. Même pour une fille de ton âge tu étais petite... Des années à mourir de faim t'avaient laissé bien des marques. Au moins cela pouvait accentuer ton jeu lorsque tu devais te faire passer pour un être fragile. Provoquer la pitié chez les autres étaient aussi une arme des plus efficaces après tout.

Tu adressas un signe de salut à la mère avant que celle-ci ne te dirige vers le canapé. Il était confortable, tu pouvais espérer bien mieux pour ton fessier mais pour le moment, tu pouvais largement savourer le moindre confort qu'il pouvait t'apporter. La mère s'adressa alors à toi, comme si elle avait retrouvé chez toi, une présence rassurante qui était celle de devoir s'occuper d'un enfant.

- Je peux t'offrir à boire ? J'ai quelques boissons si tu veux.


Elle était marrante elle. Tu n'avais pas pour habitude d'accepter ce genre de chose de la part d'un inconnu. A l'extérieur, si tu ne vérifiais pas tout ce que tu ingurgitais de la part d'autrui, tu pouvais te retrouver à être plongée dans un long sommeil. Les choses toxiques là bas ne manquaient pas, et si on pouvait abuser d'un corps sans défense et le dépouiller de tout ses biens, cela n'était pas à refuser.

Mais ici, tu pouvais accepter. Cela ne pouvait que bien te faire voir et puis la chance d'être intoxiquée par elle était des plus dérisoires. Tu pouvais te laisser aller à cette part d'aléa bien que tu ne comptais certainement pas sympathiser en vérité avec eux. Pour toi, ils n'étaient toujours que du bétail affolé. Enfin... Tout le monde l'était plus ou moins à tes yeux...

- Je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse madame. Vous m'avez déjà accueillit chez vous, cela me suffit à me redonner espoir. Mais si vous y tenez tant, alors je prendrais bien un thé je voue prie.


Tu avais des gouts de luxe après tout, si tu pouvais en profiter pour savourer un bon breuvage, il serait n'être qu'une hérésie de t'en priver. La mère se retourna alors vers le père dans une expression de gratitude immense. La détresse d'avoir perdue son fils ne pouvait que se laisser disparaitre à l'idée d'avoir une jeune fille si belle chez elle à chouchouter. Puis tu arrivais à bien la caresser dans le sens du poil la madame. Elle te mangeait déjà dans la main comme la crevure qu'elle était. Tu avais réussi ton coup à moitié, maintenant encore fallait-il séduire l'autre parti déjà bien moins excitée que la mère.

- Tu as vu chéri comme elle est mignonne ? Je ne savais pas que notre fils avait ce genre de camarade avec lui. Lui qui est pourtant toujours si seul.


Tu adressas un sourire empli d'une fausse sincérité des plus convaincants. Puis finalement, tu en vint à attendre que ton thé soit servit. Et le temps que cela avait prit, tu avais pu constater le décor des plus chaotiques des lieux. Personnaliser son logis n'était pas forcément la meilleur chose à faire, pour beaucoup cela n'était que superflu ou pire une distraction empêchant l'efficacité. Mais eux avaient voulu avoir un décor chaleureux pour leur famille.

Le soucis étant qu’apparemment, les deux possédaient des gouts bien différents ce qui donnaient cet aspect chaotique au lieu. L'une aimait telle chose tandis que l'autre préférait autre chose. Et le mélange n'était pas des plus élégants. Pas étonnant que le fils avait voulu fuir cette baraque hantée par le mauvais gout.

Toi aussi si tu restais trop longtemps dans ces lieux tu allais développer une irrépressible volonté de foutre le camp. Mais pour le temps, tu devais habituer ton regard à tant de mocheté. Même la vie à l'extérieur n'était pas aussi déplaisante au regard. Et tu savais de quoi tu parlais après tout. Ces gens étaient une hérésie pour l'humanité. Et l'idée de sauver leur progéniture t'était encore plus répugnante.

Finalement le thé te fut servit et à la première bouchée. Tu pus sentir cette liqueur bouillant te remplir le gosier. Au moins, elle faisait bien le thé la bougresse. Cela ne devait qu'être une de ses rares qualités. A s'en demander comment son mari avait pu l'épouser. Décidément, l'amour t'étais une créature bien étrange que tu n'avais jamais su comment l'analyser.

- Pour reprendre... J'ai été témoin du craquage de Jack, cela faisait longtemps qu'il paraissait être mal à l'aise à l'idée de venir suivre les leçons de l'Académie. J'ai tenté de lui dire que ce n'était pas si mal, et qu'il allait par la suite pouvoir faire ce qui le plaisait réellement. Je pensais l'avoir convaincu... Quand j'y repense... C'est entièrement de ma faute, je m'en veux de ne pas avoir été suffisamment convaincante pour lui. Et maintenant voilà où il en est à cause de moi... Je...

Tu marquas un moment de pause, ta mine triste accentuée toutes tes paroles et même le père semblait les gober sans aucune résistance. Tu les gavais telles des oies des mots qu'ils avaient envie d'entendre pour mieux les déguster par la suite. Tu adorais faire ce genre de chose, manipuler autrui et sentir cette sensation de puissance pulsait à travers toutes les fibres de ton être...

- Enfin... Passons... Je suis là pour réparer mon erreur. Jack m'avait dit où il habitait, et donc je me suis dis qu'en venant ici, je pourrais en apprendre plus sur l'endroit où il aurait pu s'abriter. Je sais que les autorités sont déjà sur le coup mais je tiens à aider de mon coté. Je ne suis peut être pas très forte pour le maniement de tire ou pour me défendre, mais je sais réfléchir. Et je veux me servir de ces capacités pour réparer mon erreur !


Une culpabilité hypocrite, un visage pittoresque, et voilà le tour était joué. De la pure comédie. Tu aurais pu jouer n'importe quel rôle qu'il aurait pu te sied à merveille. Tu t'adorais, tu aimais ce talent chez toi, tu aimais tout ce qui t’incombait !  

Séduite voir même subjugué, la mère s'adressa à toi avec le consentement à travers un regard du père.

- Malheureusement Yubel, nous ne savons pas où pourrait se cacher notre fils. Penses-tu, si on le savait nous serions allait le chercher directement. Néanmoins, je pense que l'on peut te laisser allait chercher dans sa chambre, en ce moment tu sembles le connaitre bien plus que nous. Si tu peux trouver un indice, quelque chose d’intéressant qui te permette de retrouver Jack alors je t'en prie ne te gène pas. Par contre, tu dois le savoir mais il est un peu bordélique mais bon... Je suis persuadée qu'il n'aura pas de mal à accepter le fait que tu sois rentrée dans sa chambre. Après tout, tu es son amie proche si j'ai bien compris votre relation. Et ne t'en fais pas Yubel, saches que cela n'est pas de ta faute, tu as tout fait de ton coté pour lui redonner un sourire alors que nous nous ne sommes contentés d'ignorer sa détresse. Rassures toi, ce n'est pas de ta faute Yubel !

Bien-sur que cela n'était pas de ta faute ! Il manquerait plus que cela après tout ! Au moins, ta sincérité apparente leur avait fait gober tout ton mensonge. Et l'accès à sa chambre te fut indiquée. Tu n'aimais pas l'idée de devoir trainer tes pieds dans un lieu aussi répugnant que la chambre d'un garçon aussi idiot que Jack. Mais bon, il fallait que tu trouves quelque chose, ne serait-ce qu'un indice te permettant de réduire davantage la zone de recherche de ce petit. Tu devais être plus malin que les autorités en charge qui quadrillait surement déjà toute la zone avec leur effectif imposant.

Pénétrant dans le dit lieu, il y avait cette odeur nauséabonde qui transpirait. Cette même odeur d'une chambre peu entretenue. Sincèrement, mais si tu l'avais voulu, jamais tu n'aurais pu sympathiser avec un tel porc. Commençant alors du bout de doigt à inspecter quelques paperasses qui trainaient sur son bureau, tu te doutais bien qu'il n'aurait pas laissé une idée de sa cachette à la portée de ses parents de la sorte.

Il devait avoir une cache personnelle. Son lit n'était d'ailleurs pas à ras du sol, ce qui était suffisamment rare pour le signaler. Plissant les yeux, tu en vins à soulever ces draps pour regarder ce qui s'y situait en dessous. Il était jeune, il avait certainement du penser à ce genre d'endroit pour cacher ses plus intimes secrets. Toi même tu t'étais posée plusieurs fois la question sur comment tu irais cacher des choses que tu ne voulais n'être connue que de toi. Alors tu étais plutôt douée sur le sujet et d'ailleurs la réussite ne manqua pas puisque tout au fond de celui-ci, tu pus trainer des doigts un petit carnet faisant office de journal.

Vraiment ? Plus tu le feuilletais, plus tu comprenais que celui-ci était assez dérangé pour marquer chacun de ses états dames sur un bout de papier. Mais quel abruti ferait-ça ? En tout cas, tu avais là la clé de ta réussite. Vers les dernières pages, il y avait plusieurs trucs griffonnés. Certainement pour qu'on ne puisse pas les lires si on venait à trouver le carnet en question.

Mais en plissant suffisamment les yeux, tu pus déchiffrer quelques lettres. Apparemment il avait trouvé un endroit idéal pour s'abriter. Là où se situait toute la machinerie qui faisait vivre la cité. Apparemment, il s'était établit près de la station de traitement de la nourriture d'une des grandes familles de commerce de la cité. Un endroit qui n'était jamais visité si ce n'était pour des simples maintenances et qui pouvait assurer pour un chapardeur un apport de nourriture suffisant le temps de fuir la cité.

D'autant plus que lorsque tu plongeas ton regard sur la carte de la ville situait sur son bureau, cela correspondait plutôt bien aux observations que tu avais pu faire. Ton sourire malsain refaisant alors surface, tu étais seule dans cette chambre et tu tenais l'ultime clé pour décoder cette traque. Et maintenant qu'elle était ancrée dans ta tête, tu remis bien au fond son journal. Hors de question d'en parler à ses parents, s'ils venaient à en informer les autorités alors ils arriveraient bien avant toi à la position.

Sortant alors de la chambre après une demie heure, tu te contentas de leur servir un discours des plus bateaux pour t'extirper de cette décoration de malheurs.

- Je n'ai rien trouvé... Apparemment je ne le connaissais pas tant que ça... Je vais quand même continuer à chercher autant que je le peux soyez en certains. Je ramènerais Jack chez lui ! Et je ne briserais pas la confiance qu'il a tantôt placé en moi, croyez moi !


Puis enfin, tu retrouvas la liberté, quelle soit olfactive ou visuelle. Débarrassée de cette décoration des enfers et de cette puanteur qui inhibait toute la chambre de ce Jack. Tu avais par ailleurs eu très peur que cette odeur s'imprègne dans tes vêtements. Tu ne voulais pas puer, pas au sein de la citadelle. Tu avais déjà passé toute une vie avec des vêtements en lambeaux, alors maintenant qu'ils étaient plus que corrects, tu ne voulais pas qu'ils puent. En rentrant, tu allais devoir les laver et probablement plus qu'une fois.

Cette mission t'auras couté bien trop chère en investissement...

Raison de plus pour l'écourter le plus rapidement possible. Désormais que tu savais où te diriger, tu n'avais qu'à arpenter le même chemin que ce gredin de Jack avait fait avant toi. Cela n'était pas plus compliqué que cela. Vu la faiblesse mentale de cet enfant, il aurait été aisé pour toi de le manipuler afin de distordre suffisamment sa vision des choses. Tu allais en faire un bon petit patriote et pour cela il allait être reconnaissant naturellement de sa propre vie envers toi.  

C'était la juste réparation pour avoir bousillé tes vêtements avec sa pestilence après tout...

Désormais que tu connaissais le quartier, tu pouvais te faire d'un pas plus pressant sans avoir peur de te perdre dans cette immensité froide. Tu craignais encore néanmoins de devoir errer dans des zones normalement interdites. Néanmoins, s'il avait su s'y cacher durant tout ce laps de temps, c'était que les autorités soit disant compétentes ne trainaient vraiment pas vers là bas.

Tu étais tantôt rassurée tantôt craintive. Cela ne valait pas le coup d'avoir un point noir sur ton dossier pour si peu. Mais si tu n'allais pas le trainer par la peau du cul jusqu'à chez lui, alors ce même point noir allait de toute manière apparaitre. Tu n'avais pas franchement le choix. Et encore une fois, tu détestais ne pas avoir le choix.

Finalement, tu arrivas dans un endroit où la densité de la population se fit de plus en plus éparse. Si bien qu'un moment, tu paraissais être la seule à longer les ruelles de moins en moins faites pour accueillir un afflux quotidien d'êtres humains. La machinerie hurlait toute sa rage de devoir travailler nuit et jour. Comme si elle était animée par une âme et que le son de la vapeur circulant à travers tout cette tuyauterie était son seul moyen de communication.

L’entrepôt de vivre n'était pas loin, celui-ci était automatiquement géré afin d'être transporté aux quatre coins de la ville relativement rapidement. Tu espérais apercevoir rapidement le dit malandrin afin d'écourter ton séjour par ici. Tu ne connaissais pas les lieux et ta faculté mentale à mémoriser ta route commençait peu à peu à toucher à sa limite. Car cet endroit n'étant pas fait pour être arpenté de tous, il prenait alors la forme d'un véritable labyrinthe compliqué à appréhender sans carte ou notation tierce.

Néanmoins, ta supplication auprès du destin fut écouté puisque des bruits se faisaient de plus en plus pressant. C'était différent du fracas du métal que tu pouvais entendre autour de toi. Ce bruit était synonyme d'une présence humain. Aucun doute, ta proie était à ta portée de tes crocs amplis de venin.

Le surprenant alors qu'il s'était positionné dans un recoin, il se retourna vers toi, tantôt surpris et apeuré.

- Qui es-tu ? Tu veux me ramener c'est ça ? C'est hors de question ! Il ne me manque plus grand chose avant de pouvoir partir d'ici. Tadryon est une cage et je ne veux pas vivre dans une cage tu comprends ça ? Je veux être libre, et la liberté ne s'en situe pas ici. Alors si je dois te passer de force, je le ferais, car je n'ai plus rien à perdre !


Il s'était emballé bien vite et semblait dicter ses paroles comme s'il les avait apprise par cœur. Il s'était convaincue lui même avec ce même genre de discours qu'il s'était rabâché en boucle. Chez toi, il ne fut même pas pris en considération. Ce n'était que des caprices formulées dans la bouche d'un type qui avait eu la chance de naitre dans un monde sur.

Là, se posait alors plusieurs choix pour toi. Tu pouvais le menacer avec ton arme afin d'y aller plus brusquement et de le faire reprendre conscience de la dureté de la vie. Ou tu pouvais aussi démonter ses arguments un à un afin de le briser mentalement et d'en faire ta petite chienne.

Étrangement, tu possédais déjà la réponse à ta propre question. Pour une fois que tu avais le choix, tu n'allais pas te priver du plus grand amusement à cause d'une moralité commune. Après tout celle-ci ne te touchait pas plus que cela, toi qui était un monstre parmi les humains. Le loup prêt à mordre tout ces moutons.

- Te fous pas de moi. Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu veux vivre à l'extérieur ? Alors vas-y, je ne t'y retiendrais pas. Mais saches que tu seras tout seul, il n'y aura plus tes parents pour venir te faire à manger et changer tes couches. Il n'y aura plus les gardes pour te protéger d'un danger éventuel. Tu sais quoi, vas y, je peux même t'y aider si tu veux. Ça fera une place en plus pour quelqu'un qui le mérite vraiment. Sale abruti que tu es. Tu es gaulé comme un phasme, tu vas te faire bouffer par ceux qui eux ne connaissent que  ça depuis leurs naissances. La plus grande opportunité que tu puisses avoir c'est qu'un gang remarque ton petit cul de femmelette afin d'en savourer tout les plaisirs si tu vois ce que je veux dire. Au moins, ils assureront ta protection pendant que tu gémiras et que tu crieras leurs noms telle une chienne. Alors vas y, je ne te retiens pas, va donc te jeter dans les crocs du loup petit oiseau. Au moins dans cette cage, tu peux vivre, tu peux exercer ta passion. Dehors, tu vas être dévoré tout cru et ce n'est pas moi que cela irait déranger


Tu avais dis cela avec une violence inouïe. Tu n'avais pas mâché tes mots mais ce genre de personne attendait généralement que l'on compatisse avec eux. Ils voulaient être écoutés dans leurs détresses et accompagnés durant plusieurs heures si ce n'était des jours. Tu n'avais pas ce temps, tu devais aller trouver le semblant de couille qu'il possédait afin de les lui frapper bien virilement. Là enfin, il pourrait comprendre la douleur qu'allait exercer la dureté de sa soi-disant décision. Il n'était même pas convaincu lui même.

Au moins, il eut la réaction espérait puisque blessé dans son orgueil il se jeta sur toi, poing armé. Heureusement pour toi, tu connaissais les rudiments grâce à l'académie du combat à main nue. Et bien que tu n'étais pas forcément douée pour cela, tu l'étais bien plus que cet impotent qui ne savait même pas tenir une posture de base.

Ce qui ne manqua pas de se payer puisque dans son élan, tu esquivas son coup et tu trainas toute sa force vers le sol afin qu'il le manque tête la première. Il affichait une mine distordue par la douleur et tu n'allais pas manquer de le narguer encore plus.

- Battu par une jeune fille. Juste que où tu vas repousser les frontières du pathétique ?


Tu prenais du plaisir à le voir souffrir à tes pieds. Après tout l'effort que tu avais dépensé pour venir jusqu'à lui afin de le convaincre. Cette récompense valait finalement bien tout cette dépense d'énergie. Tu jubilais de voir sa mine pittoresque bouffer la terre. Tu défoulais un peu tout ce que tu avais du garder pour toi jusqu'ici. Mais le plus marrant, c'était qu'il s'était mit à chialer après avoir réalisé qu'il n'avait aucun chance de vivre dehors dans son état. Que tout le confort qu'il avait reçu de Tadryon l'avait rendu trop dépendant et qu'il ne pouvait plus s'en débarrasser.

- Je... je... je... S'il te plait, je m'excuse ! Tu as raison, je ne veux pas quitter mes parents ! Tu me l'as bien fait comprendre, si je sors je vais mourir et moi je veux simplement vivre ma vie. Et je suis prêt à respecter les lois si cela me permet d'exercer dans un domaine dans lequel je suis bon. Moi je voulais seulement me sentir exister l'espace d'un instant en fuguant de la sorte. Mais maintenant je me suis empêtré dans un problème horrible. Je peux plus me ramener comme ça, je vais être sévèrement réprimandé ou même pire ! Expulsé ! Je t'en supplie aide moi ! Je ne sais pas quoi faire !


Tu aurais voulu te tordre de rire, tu l'avais si bien cerné que cela paraissait presque invraisemblable. Et comme tu l'avais voulu, maintenant que tu l'avais poussé dans un état de choc émotionnel, sa cécité avait été aussi tôt balayé pour faire place à la vérité. Et voilà qu'après l'avoir sévèrement envoyer paitre dans la fange, il te suppliait de l'aider. Il était presque à t'implorer ton pardon à toi, qui n'avait rien à voir dans cette histoire après tout. Et là était toute la puissance de ton intelligence. Tu allais ouvrir le dernier acte de la magnifique pièce de théâtre que tu avais joué pour aujourd'hui.

- C'est d'accord... Je m'excuse de t'avoir envoyé balayé de la sorte, je ne voulais pas te blesser tu sais. Ne t'inquiètes pas, j'irais parler à l'Académie, j'ai une certaine influence là bas tu sais, je suis certaine qu'ils m'écouteront comme je t'ai entendu. Je suis là pour toi maintenant, tu vas paisiblement retrouver ta vie d'avant et même mieux, tu vas être deux fois plus efficaces et tu sais pourquoi ? Car maintenant tu connais la vérité, et tu sais que tu ne peux rien espérer de mieux que ce que tu possèdes déjà. Alors fais moi plaisir, range toutes affaires et va rejoindre tes parents, je me charge de l'Académie. Oh et si tu veux vraiment me rendre service. Contente toi de te dire que je t'ai convaincu sans dire autre chose d'accord ? Je n'ai pas vraiment envie qu'on sache ce que je sais, pour l’intérêt commun. C'est tout ce que je te demande. Allez, va reprendre ta vie en main.


Bientôt, tout tes tuteurs iraient à leur tour te supplier pour savoir comme tu pouvais rendre une personne si médiocre aussi excellente alors qu'elle paraissait avoir touché le fond. Et une fois qu'ils iraient se mettre à ta botte, tu allais pouvoir t'assurer un avenir paisible. Tu avais su tirer toutes les bonnes cartes d'un jeu particulièrement pauvre.

Aussitôt, il acquiesça, te remerciant de tout son corps avant d'embarquer quelques babioles et de se diriger aussi vite vers chez lui. Il allait reprendre bientôt les leçons et ses parents seraient les plus heureux du monde. Et tout cela grâce à toi. Toi et tes méthodes prolifiques, alors que tu étais passée auprès des yeux de tous comme une personne en or. Même Jack te considérait comme son héroïne désormais. Tu ne lui avais simplement pas dis que c'était l'Académie qui t'avait envoyé le chercher. Comme ça, tu pouvais récupérer le mérite de sa rentrée dans celle-ci.

Une enquête rondement menée après tout... Mais tu avais bien trop marché, tu pouvais sentir des courbatures déjà se former au niveau de tes mollets.

Après tout, il fallait bien finir sur une petite note négative, car oui... Tu détestais marcher...


Mots : 9100


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