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 Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana

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Adam
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Message(#) Sujet: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Sam 4 Mar - 1:23

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Cimeterre | Couteau à Cran

Un rayon caresse sa peau. Une nitescence délicate dans le paysage idyllique de cette faune luxuriante. Un œil s’ouvre sur le monde, pestant contre le manque de sommeil et l’inconfort de sa précaire condition. Le corps s’éveille, endolori par les vicissitudes de cette mauvaise nuit. Non loin, deux hères échangent à voix basses, alimentant un foyer aux flammes ondoyantes. Le simulacre se lève, scrutant les alentours nimbés d’un voile coloré, bien trop fantasque pour le duper. Un congénère lève ses mires vers lui, malmenant un morceau de viande séchée, qu’il tente vainement de faire chauffer. « Mal dormi ? » Grognement sourd. L’adonis ne souhaitait pas parler, pas encore. La léthargie de son sommeil embuait sa vision et, malgré le gargantuesque et pharamineux décor qui lui faisait face, il ne parvenait à contenir sa rage. Tout noble qu’il était, son nom se retrouvait bafoué par les velléités de son géniteur, l’obligeant à converser et à se mêler à cette plèbe qu’il réprouvait tant. Caressant distraitement le soyeux tissu de son haut, il s’éloigna du mince cortège pour se dégourdir. Tout avait été si rapide.


Le hanap s’amouracha de ses lippes, diffusant le spiritueux au sein de son être, lui tirant une exhalation soupirante et bienvenue. La fragrance de centaines de quidams se diffusait autour de lui, chatouillant son odorat, en osmose avec l’âcre senteur de l’alcool. L’aubade des clients, criant et chantant, l’assourdissait. Il avait choisi de demeurer seul, refusant la compagnie des opportuns ayant souhaité le rejoindre. L’éphèbe ressassait ses pensées, les réminiscences de ses souvenirs récents. Par fragment, il revoyait le faciès désapprobateur de son procréateur, ses traits rongés par la déception et le mépris. Nouvelle gorgée. « Tu vas rester ici encore longtemps ? » Il reconnaissait cette tessiture, ces notes cristallines et chatoyantes. Ses prunelles s’élevèrent jusqu’au visage de porcelaine de son aînée. Sa longue chevelure flavescente était nouée en une longue queue-de-cheval, ses traits magnifiés par ses grands yeux inquisiteurs. « Aussi longtemps que je le pourrais. » A son tour, elle soupira, puis elle prit place auprès de lui. Son arôme effaça tous les autres, sa présence écartait tous ces badins avinés, leur supplantant la candeur de son apparition. « J’ai un message pour toi. » ; « Si c’est une mauvaise nouvelle, tu peux la garder. Je vais plutôt… » ; « Trouver une fille naïve pour rediriger bêtement ta colère ? Pitié. Au lieu de te morfondre, prouve-lui ce que tu vaux. Montre-lui qu’il a tort de te traiter ainsi, comme un paria. » Les lèvres du simulacre se dessinèrent subrepticement en un sourire. « Cet idiot est incapable de voir quoique ce soit. Alors lui faire reconnaître la valeur d’une personne… » Silence. « Mais soit, j’accomplirais sa besogne, si ça peut lui faire fermer sa… » Elle le toisa avec tant de hargne, que les notes de sa stance moururent au sein des clameurs de la foule. La muse posa sa missive sur le bois de la crédence, puis se retira, en prenant soin de déposer ses lippes carmines sur la joue de l’homme. Caressant le vélin, Adam scruta la calligraphie élégante de son paternel, avant de déchirer brutalement l’épître. Ce dément voulait de toute évidence sa mort. Ce plaisir ne serait pas le sien. Pas encore.


Ainsi la course du temps reprenait ses droits, ramenant l’adonis à l’instant présent, où lorgnant les lointaines steppes à l’horizon, il songeait à sa mission. Une étrange créature fit alors son apparition. Le duvet parsemé de tâches aux nuances brunes, l’appendice long et velu, la bête approcha en poussant une litanie stridente. Malgré la frêle apparence de l’étrangeté, Adam ne se sentait pas assez frivole pour se risquer à l’approcher. Reculant lentement pour ne pas provoquer l’animal, le simulacre butta contre un rocher et se sentit partir en arrière. La cupide chimère se précipita sur un objet tombé de sa poche et prit la fuite en compagnie de son larcin. Se morigénant, en déversant un flot d’obscénités des plus triviales, Adam s’élança à la suite de l’aigrefin, laissant derrière-lui ses congénères ahuris. Elle se dessina alors devant lui, la dense forêt ombragée, dont la cime des arbres semblait défier la voûte céleste. Voyant le fallacieux s’y engouffrer, il n’hésita qu’un instant. Le monde se para alors de couleurs nouvelles. Obombré par la flore abondante qui semblait s’illuminer sous chacun de ses pas. D’ineffables teintes cobalt paraient les fleurs et les plantes alentour, offrant aux mires de l’émerveillé, la vision indicible et imperfectible de cette beauté végétale. Lui qui se targuait de s’émouvoir devant une toile de maître, se plaçait en spectateur d’une œuvre bien vivante qui ondoyait sous ses yeux. Puis, il se souvint de l’objet de sa présence, recouvrant ses esprits après cette éphémère ataraxie. Adam le vit au loin et reprit sa folle poursuite, ignorant les dangers qui le guettaient au sein des bosquets. Ce monde était trop beau pour lui porter préjudice. Naïf est l’homme qui se croit intouchable. Car dans les bois, l’hostilité est inénarrable.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Sam 4 Mar - 19:10

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Il existe des craintes qui nous encombrent sans qu’elles aient pour origine un traumatisme. Elles sont le nœud d’une psychose collective qui ne se brisera jamais vraiment. Les inconnus, les autres civilisations, quelles qu’elles soient, seront toujours une source d’inquiétude pour la tribu. Qu’arriverait-il si l’une d’elles surpassait le peuple des fils d’Ohibaan ? Tadryon n’est ainsi pas la seule source d’appréhension, toutes sont un engrenage qui en entraîne un autre, et nous sommes forcés de devenir meilleur aujourd’hui que nous ne l’étions hier.

Les rayons avaient du mal à percer la cime des arbres, mais les Carlis qui s’étaient implantées sur les plus hautes branches étaient dès lors toutes ouvertes. Les habitants étaient déjà tous en mouvement, certains revenants d’une chasse qui avait failli couter la vie à l’un de nos Varshäs. Les plus grandes de la maison étaient parties dès que le soleil s’était montré et mes petites sœurs étaient sous la garde de Käni, ma tante. Depuis la mort d’Argör, elle ne m’adressait que peu la parole. Elle savait sans doute que j’y étais pour quelque chose, pour autant, je ne laissais rien paraitre. Elle connaissait la vraie nature de cet homme, j’en étais persuadé, mais jamais elle ne m’avait protégé de lui. Je m’étais toujours posé la question : qu’avait-elle à gagner à ne rien faire ? À ne rien dire ? Mais la réponse était toujours apparue floue.

« Nana ! » Cria soudainement Mihanä en tirant sur la queue de mon Mumu. Celui-ci faisait des petits cris stridents qui signifiaient qu’il se sentait en danger, le visage déconfit, serrant de ses petites pattes le carnet volé. Je saisis rapidement les poignets de Mihanä pour qu’elle lâche prise, cette situation n’augurait rien de bon si ses plaintes étaient entendues par le reste de sa communauté. Käni accourut dans la pièce, me foudroyant d’un regard. « Récupère les affaires de ta sœur ! » M’ordonna-t-elle sans plus de formalité. Je soufflais en décrispant mes doigts. « Tu sais très bien que ce n’est pas aussi simple… » « Tu sais où se trouve leur nid, tu y as emmené ton oncle ! Va chercher ce carnet ! » Mihanä tira sur ma tunique, le regard éploré. « C’est pas grave si Nana a pris mon carnet, j’en ferai un autre. » Elle colla sa joue sur mon ventre en me serrant de toutes ses forces. « Te fais pas manger. » Je m’accroupis près d’elle en la prenant dans mes bras. « Ne t’en fais pas, Mihanä. Je n’ai aucune raison d’être attaqué. » Je posais ma main sur le haut de son crâne en souriant. « Puis je connais Nana, elle ne me laissera pas me faire dévorer. » Elle fit la moue, mais me laissa partir sur ce mensonge.

J’empruntai les plus grandes branches pour ne pas avoir de problèmes au sol, emmenant avec moi Strïna, car nous sortions finalement rarement seul dans la forêt. Notre survie en dépendait. « Kanï s’occupe mal de toi. » Pestiféra-t-elle en sautant sur une branche. « Je n’ai plus besoin qu’on s’occupe de moi, Strïna. » « On a tous besoin de quelqu’un qui s’occupe de nous. C’est sur quoi se base notre peuple, même si tu ne le comprends qu’à moitié. » Je soufflais en posant ma main sur l’écorce. « Je sais. » fis-je simplement. Elle me dépassa, posant sa paume sur mon épaule. « Dans ce cas-là, tu pourras me sortir ça quand tu seras une Shirasä » Elle continua son avancé. « Et encore ! Ohibaan veille sur nous et nous veillons sur lui. Ce serait, je suppose, encore faux. » « Ferma-là. » Sortis-je en la suivant de près, le sourire aux lèvres. Soudainement, nous nous plaquâmes simultanément contre le tronc. Nous entendîmes des bruissements de feuilles et de petits cris stridents de Mumus. Deux nous dépassèrent,  jetant un bref regard vers nous, puis un homme les précéda. « C’est quoi ça ? » Je me penchai légèrement. « Pas un Tadryen en tout cas. » « C’est pas un Ohianys non plus… »  La curiosité nous piqua toutes deux et nos prunelles se croisèrent d’un regard entendu.

Sautant de branche en branche, nous nous lançâmes à sa poursuite. Strïna le dépassa et lâcha un fumigène d’Ernolis. Un nuage s’éleva dans les airs, mais la course de l’homme devrait faire en sorte qu’il ne stagne pas à l’intérieur, ainsi, il se retrouverait seulement engourdie et non paralysé d’un membre. Descendant du gigantesque arbre, je me postai derrière, lance à la main. « Tu n’es pas de Tadryon. De quels clans es-tu ? » Strïna s’avança à son tour, le regard rivé sur ses armes. « Du métal… s’il n’est pas avec Tadryon, mais il n’est pas non plus de notre côté. » Je fis un pas vers sa droite, croisant le regard de la jeune femme. « Il n’a pas d’arme à feu non plus. » « Il n’est donc pas un Arkilen… ni un Louvetaux vu son âge… » « Les enfants des eaux ne s’aventurent pas dans les terres. » La question restait alors en suspens, toutes les deux réfléchissant à quels clans il avait prêté allégeance. « Qu’est-ce que ce Mumu t’as pris ? »  Je serrai un peu plus ma lance. Cela pouvait très bien être une arme pouvant identifier l’intrus.
 

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Adam
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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Sam 11 Mar - 19:13


Un nuage opaque s’évada d’une mystérieuse sphère qui heurta le sol. Le monde devint obscur, empreint d’une fumée âcre qui lui fit presser le pas. Ses membres refusèrent l’assaut pernicieux de cette fragrance insidieuse qui se répandait peu à peu en lui. D’une légère pointe de fatigue, la sensation indicible, qui s’éprenait de lui, se métamorphosa en un engourdissement général, stoppant son échappée effrénée. Une chape de brume dansa devant ses mires éberluées, tandis qu’il tentait de reprendre le fil de son esprit désabusé. « Qu’est-ce que… » Un bruit sourd derrière lui l’obligea à se retourner, deux silhouettes élancées se dessinèrent sur le fond du brouillard qui se dissipait. Les hères avaient une allure analogue à celle des amazones qu’il avait jadis croisées, leurs vêtements faits de peaux et de cuirs travaillés. Une aura sauvage se dégageait de ce duo dissemblable, qui le menaçait d’une hampe affutée, l’air farouche et patibulaire. Leurs stances résonnèrent alors, lui laissant le temps de cogiter à une échappatoire, à un salut pour se défaire de cette délicate situation. Son cimeterre le trahissait. Il ne venait pas d’ici.

« Je suppose que c’est le moment où je dépose mon arme au sol, pour vous montrer que je ne vous veux aucun mal ? » Une commissure se haussa subrepticement, son apparente décontraction masquant ses craintes et ses doutes. Mais il était entraîné pour ce genre de choses. « Je ne fais pas partie d’un clan, je suis un nomade. » Lentement, afin de ne pas conduire à une malencontreuse méprise, il détacha le fourreau de sa lame et le déposa à terre, en signe de reddition. « Je suis marchand, j’erre un peu partout en récoltant quelques matériaux, que je revends à ceux que je croise. » Doucement, l’adonis pointa son bien d’une phalange hésitante. « Ceci est mon seul rempart contre l’hostilité du monde. Ma seule arme de défense. J’espère pouvoir la reprendre, une fois ce malentendu éclairci. » Ayant vécu tout ce temps au sein d’une noble lignée, Adam savait user du verbe avec parcimonie, malgré la torpeur qui ceignait son être en cet instant. Inspirant longuement en tentant de faire passer sa pesante léthargie, le simulacre toisa la muse aux filins châtain, détaillant son apparence encore juvénile avec discrétion. Ses prunelles céruléennes voguèrent sur sa comparse, dont le paraître semblait tout aussi indomptable que celui de sa congénère. « Il m’a volé ma bourse de pierres. Toute ma recette, tout ce dont j’ai besoin pour m’offrir un minimum de confort en ces terres, ainsi que la liste de mes clients. » Exhalant un soupir convenu et mesuré, l’éphèbe adressa un signe de tête vers la créature et son larcin. « Vous pourriez lui récupérer ? Si je peux me passer des pierres, la liste m’est très chère. » Il parvenait à mesurer ses propos, dissimulant la teneur du précieux butin que cet aigrefin détenait. Même si elles s’accaparaient le réceptacle, elles ne pourraient discerner les informations contenues sur le vélin qui se trouvait en son sein. Les picotements semblaient s’estomper peu à peu, lui permettant de se mouvoir plus aisément et le rendant bien plus lucide qu’auparavant. Ces deux indicibles demoiselles ne pouvaient être des Amazones, elles ne s’éloignaient jamais autant d’Eden, mais étaient toutes désignées pour être des filles d’Ohibaan. Cette donnée modifiait tout. Le spectre ne pouvait risquer un affrontement, pas face à des quidams aux attributs décuplés par les mutations de leur génome.

Reportant son attention sur l’apparente benjamine, Adam fit un très léger pas, presque imperceptible. « Que faisons-nous ? Vous m’aidez à reprendre ma bourse, je quitte les lieux et nous faisons comme si rien de tout ça ne s’était passé ? Ou vous me plantez votre épieu dans le ventre en sachant que je ne suis qu’un vagabond qui ne vous cherche nullement querelle ? » Une nervosité latente agitait ses sens, il n’aimait pas ce qui se tramait en ces lieux. A la merci des deux muses, il était en faible posture, ne pouvant se dégager de leur emprise. Sa vie tremblait à la pointe de la hampe de la plus jeune, lui laissant entrevoir un sombre futur. Il avait abattu ses cartes, délivré ses atouts pour s’extirper de ce mauvais pas. Mais l’hostilité du monde ne se dissimulait pas que dans sa faune et sa flore. Les êtres de ces terres étaient tout autant d’épines que celles des roses d’Elysium.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Mer 15 Mar - 14:31


Il y avait quelque chose d’étrange, d’énigmatique, qui flottait autour de l’homme. Des questions en suspens qui ne sortirent pas d’entre mes lèvres, tant ce voile d’un semblant de vérité était entrelacé à un mensonge à peine perceptible. Je fronçais des sourcils, comme pour remettre en doute ses paroles, mais cela semblait si vrai que j’en oubliais le but de ses interrogations. « Ce n’est pas aussi simple », lâchais-je d’un ton glacial. Nana arriva du haut d’une branche, sautant à terre, attiré par le scintillement du métal. Je me rapprochai de l’homme pour poser mon pied sur le fourreau de l’arme. « Vous, les étrangers, vous piétinez nos terres à en faire pourrir l’herbe. Chaque fois que vous y posez ne serait-ce que votre ombre, quelqu’un rejoint l’Équilibre. » Nana se saisit de l’objet, mais ne parvint pas à le déplacer, couinant d’incompréhension. « Vous êtes comme ces Archaïns*,  vous proliférez tellement qu’il faudrait aller en tuer quelques un trois fois par an. » Nana abandonna bien vite l’arme pour s’accaparer une de mes bombes. Lorsqu’elle la fit rouler pour la déplacer, celle-ci éclata, le courant parcourant tous ses membres à les raidir et ébouriffant tous ses poils. Une seconde passa avant qu’elle ne coure dans mes bras, me donnant au passage un coup de jus qui me fit faire un mouvement de recul, touchant superficiellement l’épaule de l’homme du bout de ma lance. « Nasträlya. » Lança Strïna en regardant la cime des arbres. « Il va bientôt pleuvoir. » Elle saisit rapidement l’étranger par l’épaule, le poussant en avant. Je ramassais l’arme et me mis à trottiner derrière eux. « L’abri est trop loin… » Lançais-je en accélérant l’allure. Je saisis l’homme par le bras, le tirant légèrement avant de le dépasser. « Suis-nous. » L’abri était maintenant à quelques mètres, tandis qu’une légère pluie s’abattit sur la forêt. Elle picotait la peau, moins douloureuse que si une pluie plus importante était tombée, mais il fallait toujours protéger ses yeux de l’eau acide, quelle qu’en soit l’intensité.  Nous passâmes quelques minutes sous celle-ci avant d’utiliser les encoches faites dans un arbre pour grimper et d’entrer dans l’abri fait de peau de Garges, totalement imperméable.

J’ouvris presque instantanément l’un des volets pour jeter au loin l’arme de l’étranger. « Nous ne pouvons pas prendre le risque que tu nous blesses pendant que nous progresserons vers leur nid. » Je caressai le menton de mon Mumu. « N’est-ce pas Nana ? »  Strïna souffla en s’adossant sur l’un des murs. « La pluie n’est pas prête à s’arrêter. » « Je ne compte pas rester enfermé avec un étranger qui porte du métal sur lui. » Strïna posa son regard sur l’homme. « Nana, regarde-le. » Mes pupilles scrutèrent le marchand. « Il n’est pas prêt à se balader dans la forêt sous la pluie ! On dirait un Varaza mouillé ! » « Je m’en contre fiche ! Qu’il se liquéfie en prenant des litres d’eau acide sur le coin de la tronche ! » Je me rapprochai de lui. « tu veux ta liste n’est-ce pas ?  Nous allions justement vers leur nid avant que nous te trouvions. Ou tu viens avec nous, ou tu meurt ici et maintenant au sein de la forêt ! » Je m’éloignai en m’asseyant sur la table en bois. « Tu ne sais même pas te prémunir d’un Mumu. Comment veux-tu t’en sortir ? »  Un silence s’installa, avant que je ne pose la question. « Tu marchandes avec les Tadryens ? » Mon regard le perça de part en part. « Même si c’est le cas, nous ne te tuerons pas. C’est la Nature qui décidera de ta vie, comme elle décide de la nôtre et de toutes celles qui parsèment ses terres. » « Nous ne tuons que si tu te risques à devenir violent. Il te suffit de rester à carreau au final. » Je sautai sur le sol, ouvrant un coffre d’où quelques vêtements en peau attendaient. Je saisis l’un d’eux, mesurant à vue d’œil sa taille. « Tiens. » Fis-je en balançant l’amas de tissus, jetant par la suite une capuche et une paire de gants. « Nous passerons par les arbres. Il te faudra faire attention à la sève. »

Les sombres nuages continuaient à déverser leur pluie acide, rendant l’abri bruyant à chaque bourrasque de vent.  Je détestais les étrangers, de par leur cupidité, leur mépris du vivant. Je n’avais jamais donné une chance à quiconque, bien trop têtu pour m’y intéresser de plus près. Pourtant, je commençais à peine à me demander si, quelque part,  l’Indomptable ne cherchait pas à me faire me questionner sur ces autres. Je sortis brièvement la  plaque de métal, passant mon pouce sur les numéros, avant de la ranger sous mon armure et de me focaliser sur l’homme.
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*Ressemble à un moustique qu'il faut chasser trois fois par an



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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Jeu 25 Mai - 14:54


Il s’était laissé entraîner, tandis que les cumulus déversaient leurs pleurs erratiques sur le monde. Sans mot dire, sans briser l’échange des deux muses, il avait conservé son mutisme de circonstance, jusqu’à leur arrivée au refuge. La morsure de l’acide se faisait plus virulente, à mesure qu’ils demeuraient dans son sillage et le toit qui s’offrit à eux, fut des plus salutaires. La plus jeune de l’hétéroclite duo jeta, sans autre forme de procès, sa seule échappatoire, brisant ses songes de liberté. « Si vous pensez que je vais vous la rapporter comme une bête apprivoisée, vous vous trompez. » S’il était prompt à une boutade de façade, ses mâchoires se serrèrent imperceptiblement sous son ire naissante. Cette créature élancée et sauvage avait la hargne des plus féroces prédateurs, ses palabres claquants comme le fouet d’un dément épris de violence. Avec dédain, elle lança à ses pieds les atours miteux qu’elle avait débusqués, l’enjoignant à les revêtir, au prétexte qu’il n’était pas assez protégé. Esquissant une moue sardonique, ses lippes s’entrouvrirent, pour lâcher la diatribe qui les brûlait si ardemment. « Non, je ne marchande pas avec les Tadryens. Oui, je vais me changer devant toi. » Ses prunelles céruléennes trouvèrent celles de la farouche oratrice, avant qu’il n’achève sa stance. « Ça te plaira plus qu’à moi. » Ses phalanges passèrent sur les boutons de son haut, faisant glisser le tissu pour dévoiler son torse à la vue des deux spectatrices. Le vêtement faisait bien son office, masquant aux regards, une peau couverte de multiples encrages aux couleurs chatoyantes.

Ode à la nature et à l’ancien temps, son bras gauche dévoilait la face élégante d’un cerf, dont les bois venaient chatouiller sa clavicule. Un entrelacs de fleurs parcourait sa carnation, rejoignant la gueule ouverte et majestueuse d’un theluji leo, au pelage immaculé et aux mires bleutées. La bête, qui trônait sur son avant-bras, avait des relents de loup fantasmagorique au regard mordoré. En de sporadiques endroits sur son être, Adam se voyait affublé de quelques mots stylisés et d’une étrange rose, qui recouvrait la cicatrice d’un passé oublié. Ses doigts virevoltèrent sur le reste de ses apparats, les ôtant pour le laisser dénudé aux yeux de ses désirables bourreaux. Il finit par leur voiler la vue de son corps, en arborant finalement les rêches vêtements qu’elles lui avaient transmis. « Vos trucs protègent très certainement ma petite personne, mais ils sont effroyablement irritants à porter. » Sentant sa chance de duper ses alliciantes geôlières, il poursuivit ses allégations. « Si l’on retrouve ma liste, je pourrais vous proposer quelques tissus plus agréables, à l’occasion. Enfin, si je survis à votre parcours sylvestre. » Cette position de faiblesse ne lui convenait pas. Ce sentiment de soumission le rendait presque irascible et il rassemblait toute sa sérénité pour ne pas se laisser emporter par ses appétences meurtrières. Avisant les arbres, en lorgnant leurs luxuriants rameaux, il se félicita de sa relative agilité, en songeant à tous les scenarii qui risquaient de se produire. « Je n’ai rien contre cette escapade, mais ce ne serait pas plus judicieux d’attendre que la pluie se calme avant de jouer aux équilibristes ? Je ne doute pas de votre dextérité, mais la mienne est plus terre à terre. Je passe ma vie sur la terre ferme, pas dans les arbres. Alors voguer sur des troncs humides et dégoulinants de sève… Je sens poindre une légère hésitation. » Et en réponse à ses tourments, la voûte céleste se déchira en une trainée aveuglante. Le monde offrait sa face la plus sombre. La plus hostile. L’existence semblait bien précaire sous les coups assourdissants du râle de la foudre. L’alcôve les protégeait de l’hécatombe, de ces phénomènes éphémères qui balayaient l’univers. L’éphèbe regrettait amèrement de s’être engouffré à l’orée de ce bois. Si l’avenir avait semblé s’obscurcir lors de sa rencontre avec les deux muses, désormais il paraissait funeste.

« J’espère que vous savez anticiper les lieux où tombe la foudre, autrement, cette sortie devient de plus en plus suicidaire, mesdemoiselles. » Le poids familier de sa lame lui manquait, malgré son inutilité en cet instant, elle demeurait une compagnie plus rassurante que ces chimères oniriques qui semblaient se mouvoir avec une agilité presque animale. Loin d’avoir des dons pour percevoir son environnement, l’adonis semblait tel un amblyope au sein d’un océan déchaîné. Sans repère. Juste l’incertitude de sa survie et deux indicibles compagnes aux appétences singulières.

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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Mar 13 Juin - 17:44


« Devant nous. » Réitérais-je en  jetant les derniers vêtements devant lui. « Ça nous plaira plus qu’à toi. » finis par lancer Strïna, s’essayant à demi sur la table en bois. La fille d’Ohibaan était bien loin de se douter des dessins qui parsemaient le corps de l’individu, ne lâchant pas du regard le félin sur son avant-bras avant de relever ses prunelles vers moi. « C’est un Regère Léo ? » demandais-je soudainement en saisissant son poignet, étirant de mes pouces sa peau. « Pourquoi il est aussi clair ? » Strïna resta un instant interdit avant de saisir calmement son arc, prête à riposter au moindre mouvement brusque de l’homme. Je remontais mes doigts sur un étrange spécimen à bois. « Et ça ? Je n’en ai jamais vu. » Nana vint sur mon épaule, posant ses petites mains sur mes cheveux attachés, poussant des petits cries d’alertes.  Strïna était déjà à la fenêtre, rabaissant délicatement le volet en prenant le soin d’en fermer le loquet. Je la rejoignis sans attendre. « En fuyant la pluie, on a dépassé un territoire Mälana. » J’éteignis les flammes bleues sans plus attendre, toisant une dernière fois l’homme afin qu’il se taise. Srïna saisit son arc d’une main et posa son poing sur le torse du marchand, l’intimant à reculer. Je saisis à mon tour ma lance, afin de nous regrouper au centre de la pièce, chacun de dos. Quelques minutes passèrent où seuls les éclairs au loin éclairaient la pièce. « La foudre ne touche jamais la forêt. » Chuchotais-je. « La Nature a fait en sorte qu’elle soit attirée loin de nous. » « Tu monteras donc aux arbres, que tu le veuilles ou non, c’est le chemin le plus sûr pour nous tous. » Le vent commençait dorénavant à souffler, la pluie s’abattant sans relâche. Des minutes passèrent où personne ne prenait la parole, simplement absorbée par le torrent de dehors et par les craquements des branches. « La faune qui parsème ta peau… » Commençais-je, sentant déjà Strïna pincer des lèvres dans l’obscurité. « Elle n’existe pas ici. Elle est au-delà de la Ville Azurée, n’est-ce pas ? »

Tout s’arrêtait à cette ville de plomb, à ce mur impénétrable, à ses hommes de fer qui s’aventuraient ici. Tout s’arrêtait à nos ennemis et tout tournait autour de cette haine que nous éprouvions mutuellement. Beaucoup de Nasumirans et de Cilamurans n’étaient jamais rentrés de leur périple. Avaient-ils rencontré quelques Tadryens ? Étaient-ils tombés sur un autre peuple, un autre animal ou une autre plante qui auraient mis fin à leur jour ? Avaient-ils rencontré quelque chose de merveilleux et qui les avait convaincus de ne plus revenir ? «Qu’y a-t-il au-delà des murs ? Que se passe-t-il au-delà de Tadryon ? » Les chuchotements se perdaient dans la miteuse maisonnette, n’attendant pas réellement de réponses, puisque, quelles qu’elles soient, jamais elles ne seraient assez satisfaisantes. « Pourquoi tu ne te contentes pas de ce que nous avons ? » lança Strïna les dents serrées. « Toujours à questionner ceux que tu ne connais pas. Qui te dit que ce n’est pas un Tadryen ? Après tout, les Steppes d’Élysium sont toutes proches de leur territoire. » Un silence s’installa. « En plus, il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas voir qu’il a peur de tout ce qui nous entoure. Ceux qui vivent dans la nature, comme nous, ne craignons pas de glisser d’un arbre ou que la foudre nous tombe dessus. » Elle se tourna vers lui. « Ni même ceux qui voyagent et parcourent des territoires entiers. » Elle se rassit sur la table sans rajouter quoi que ce soit. « Et que proposes-tu, Strïna ? » Elle porta son regard vers la fenêtre aux volets fermés. « De le tester. » « Non. » Fis-je en pinçant les lèvres, catégoriques. « Tu serais la première à vouloir le faire et tu refuses pour ? » Elle s’était retournée et je fis de même en soutenant son regard. « Parce qu’il a des tatouages que tu ne reconnais pas ? Parce qu’il prétend venir de loin et avoir voyagé ? » Strïna était une de ces filles d’Ohibaan adorables, mais extrémistes. Si elle le pouvait, elle mettrait la vie de chacun en jeu afin de faire un premier tri dans la faction. « S’il meurt, ça ne nous apportera rien : aucune information, aucun avantage. » « Ne parle pas comme si tu parlais au nom de ton peuple… cette décision est purement égoïste. Je sais très bien reconnaître le regard intéressé d’un Zoologiste quand j’en vois un. » « Soit, disons que cela est personnel. Penses-tu qu’à partir de ce postulat, tu arriveras réellement à tes fins ? » « Ne me menace pas, Nasträlya. » Pendant ces chuchotements qui s’étaient transformés en une cacophonie plus élevée, elle avait saisi le bord de la table de ses phalanges, la serrant à se les briser. « Si tu tiens temps à savoir, alors il sera ton test à toi. Dès que la pluie aura cessé, dès que les cris d’alertes des Mumus se seront tus, je partirai et te laisserai seule. » « Ne pense pas être indispensable, Strïna. Tu sais très bien que nous apprécions plus la faune que la civilisation. » Je me rassis sur la table et elle fit de même, son dos contre le mien.

La pluie s’affina quelque temps plus tard, ne laissant qu’une fine l’ondée. Les cris des Mumus s’étaient arrêtés depuis longtemps déjà et Strïna claqua la porte sans plus de formalité.  « On y va » lançais-je simplement à l’homme.


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Message(#) Sujet: Re: Le Temps d'une Ondée ♦ ft. Nana Ven 7 Juil - 1:33


« Il y avait des moyens plus subtiles pour caresser ma peau, mademoiselle. » Lâchant sa stance avec espièglerie, l’éphèbe termina de se vêtir, pour assister à la joute déroutante des deux nymphes de la forêt. Deux visions opposées se confrontaient, tandis que le noble scrutait les faciès interdits du duo hétéroclite. Leurs paroles ne trouvèrent aucun écho en lui, il ignorait tout des coutumes et des dogmes des fils de la forêt. Il ne connaissait que les poèmes des aînés et les récits chantants des songes infiltrés. Il avait eu vent de leur dévotion pour la nature, de leur appétence au respect de celle-ci et de la fraternité qui les liait. Aussi, demeura-t-il cloîtré dans son mutisme, patientant jusqu’à l’arrêt des hostilités et ne relevant pas les questions ou les brimades à son encontre. Impassible, le simulacre se laissa faire lorsqu’on lui intima l’ordre de reculer, lorsque la plus jeune s’improvisa pédagogue pour lui apprendre que la foudre ne sévissait pas en ces lieux. Adam se fondait dans la masse. Comme tout Spectre se devait de faire. Il devenait l’ombre qui attendait son instant. Son ouverture.

Lorsque les eaux s’apaisèrent, la moins farouche des deux hères s’en alla, offrant au noble de nouvelles chances de se délier de ses geôliers. Seul, en compagnie de la jeune muse, il serait plus à même de s’enfuir. Elle lui intima pourtant l’ordre de la suivre et l’ascension sylvaine débuta. Le simulacre goûta les aspérités de l’arbre, affirmant ses prises pour ne pas s’échouer en bas. Conscient de son état de faiblesse en ce milieu, il prit soin de conserver ses prunelles bien hautes, répugnant l’idée d’observer le sol de cette hauteur. « Les créatures sur mon bras, elles ne sont pas d’ici. J’ai vécu non loin des montagnes, quand j’étais bien plus jeune. » Agrippant une branche, il se faufila à travers le feuillage, pour ne pas perdre la trace de son indicible et sauvage muse. « Là-bas, les cieux sont blancs, les bêtes sont toutes immaculées, elles traversent le flanc du mont avec grâce. » Ses lippes tracèrent élégamment une expression de fallacieuse allégresse sur son faciès. « Le fauve, il s’agit d’un theluji leo, un félin rare qui n’a pas peur de l’homme. Il a perdu l’agressivité de son cousin au fil des ans. » Il manqua de glisser, à cause de la pluie qui avait humidifié les ramures du feuillu, mais se rattrapa agilement à une liane grimpante. « Au-delà du mur… Le monde est beau. Sauvage, hostile, mais empreint des veines de cette nature qui compose votre forêt. Au-delà, le danger est partout, l’océan amène ses embruns, les bêtes s’acoquinent à la flore environnante. » Adam parlait avec douceur, d’un ton détaché aux notes suaves, qu’il devait à sa noble naissance. Plaire et converser étaient deux de ses qualités majeures, qu’il mettait à présent en exergue. Ses mires céruléennes lorgnèrent le dos de l’agile jouvencelle, détaillant ses courbes avec une impudeur presque indécente. Le simulacre n’avait pas pour habitude de se priver des vues qu’on lui offrait. « Tu n’es jamais allée plus loin que l’orée de ta sylve ? Cette vérité serait d’une accablante tristesse. » Depuis combien de temps parcouraient-ils les arbres, en bondissant de branche en branche, et en priant pour ne pas se rompre le cou des suites d’une chute mortelle ? Son pied avait beau être assuré, il n’évoluait pas pour autant dans un milieu familier, sa hâte de retrouver la terre ferme n’avait d’égale que son vibrant désir de fuir.

« Ton test, en quoi consiste-t-il ? » Une idée germait en lui. L’ébauche d’un sombre dessein que ses palabres pouvaient mettre en application. « Toi et moi, seuls dans la forêt… Tu vas m’attacher à un arbre et assouvir les moindres de tes fantasmes pour que je te supplie d’en redemander ? Si c’est le cas, ôte tes loques que nous puissions conter une ode à la nature, que même tes ancêtres n’ont pu murmurer. » Le provocateur aiguisait ses palabres avec ardeur, attendant l’instant fatidique où l’ire de la muse s’abattrait sur lui. Elle était plus habile pour se mouvoir mais, à proximité, il se révélait plus fort. Dans ses songes fantasmagoriques, il l’imaginait le plaquer contre l’écorce, s’abandonnant à lui. Dans ses appétences libertaires, il la poussait dans la gueule du vide, se délivrant alors de son emprise. Un jeu dangereux se mettait en place. Une distraction qui lui conférait une malsaine ataraxie et une farouche volonté de domination.

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