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 Les anomalies de l'ADN | PV Nana

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Calvin
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Message(#) Sujet: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Sam 4 Mar - 23:26

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" On y va. " Le ton rauque du vieux loup de mer perça la bulle dans laquelle Calvin s'était enfermé depuis tout à l'heure, le temps que ses "collègues" terminent les préparations. C'était donc l'heure, l'heure de retourner dehors.

Les voix mêlées de sa mère et Elsys vrillèrent son crâne lors de l'ouverture des portes, ses pensées se nouèrent dans les discours qu'elles lui avaient servi il y a quelques jours. La première lui suppliant de faire demi-tour, tandis que la seconde cherchait à comprendre un homme qu'elle ne reconnaissait même plus. Elles avaient relativement mal pris sa décision, après tout l'extérieur ne lui avait rien apporté de bon. Pourtant, même si le bambin rêveur qu'il était autrefois était décédé, l'homme qui était revenu d'entre les morts ne pouvait lutter contre cette envie d'y retourner. Des réponses, c'était tout ce que Calvin souhaitait obtenir. La beauté masquée du monde, la gloire et les richesses, tout cela ne l'intéressait pas – ou plus ? – tout ce qu'il souhaitait, c'était qu'on comble ce vide désagréable dans sa mémoire.

Le soleil tapa fort sur la visière de son casque. Son exosquelette était opérationnel, en conditions optimales, exactement comme sa dernière sortie. Mais cette fois, il voyait, et se remémorait enfin sans une once de déjà-vu, la désolation de ce monde. De ses propres yeux, il était témoin de la misère, du regard supplicié de quelques réfugiés craintifs. Lancee et Thrang, les hommes qu'il accompagnait, avaient le chic d'être de bons boucliers pour lui : des Récupérateurs en chair et en os. Ces chasseurs de trésor étaient les meilleurs amis des miséreux, ils les tenaient en haute estime ; et de ce fait, Calvin n'avait pas besoin de pointer son arme en leur direction. Depuis qu'il a quitté l'enfer il y a deux ans, la sécurité était une notion qu'il ne négligeait plus.

" Dis-lui au revoir, gamin. La main métallique de Thrang le stoppa net.
- Quoi ? L'incompréhension de la situation, additionnée à la force du récupérateur, fit soudainement agiter son taux de stress.
- La Promise, regarde-la. Calvin fixa les imposants murs de la Ville Azurée, cet immense obstacle qui lui filait occasionnellement un torticolis, tenait à présent dans le creux de sa main. Quand tu la quittes, n'oublie jamais de lui promettre de revenir. Sinon, tu le regretteras. " Calvin resta pantois devant tant de poésie mais finit tout de même par hocher doucement la tête. Oui, au revoir Tadryon, ton loyal citoyen reviendra, vivant.

Si le jeune homme s'aventurait au-delà du nid douillet pour les raisons qui lui étaient propres, le motif officiel de cette excursion était une simple collecte des Récupérateurs, par-delà le terrible No Man's Land. Au beau milieu de tout ça, Calvin était à part, il ne faisait qu'offrir ses talents de médic à ce duo expérimenté, un simple soutien qu'ils pourraient sûrement se passer. Ils connaissaient l'itinéraire le plus sûr, les dangers à éviter, toutes les précautions nécessaires au bon déroulement de la mission. Ils inspiraient la confiance, mais le pessimisme du Tadryen revenait toujours à la charge pour faire se dépérir le moindre espoir ; il avait peur et seule son armure cachait cette crainte aux yeux de ce monde cruel.

Les heures et les journées défilèrent devant lui, les tombeaux de nombreuses victimes aussi, sous ses pieds. Les Récupérateurs connaissaient bien leur affaire, puisqu'ils parvinrent à le mener à bon port sans aucun conflit. En soi, Calvin était plutôt soulagé de ne pas avoir à gaspiller ne serait-ce qu'une cartouche de son chargeur sur les créatures qu'ils observaient de loin, mais l'idée de se retrouver confronter à nouveau à ses démons le tiraillait. Et si le coup n'atteignait pas sa cible ? Et s'il n'avait pas le réflexe de viser ? Et si son arme s'enraillait au mauvais moment ? Toutes ces perspectives le rendaient d'autant plus nerveux, et ce n'était pas la sérénité de ses compagnons, ni leur pénétration sur le territoire verdoyant, qui allaient le calmer. Il était tout autant fébrile, l'excitation et le doute le mettaient dans un état quasi-second. Il sentait toucher au but, comme si toute sa vie allait être bousculée au moment même où il posait le pied dans la forêt d'Hanaamu.

" Kimi, as-tu pu récupérer les archives de cet endroit ? L'interface intégrée mit un petit moment à répondre, la voix digitale de cette intelligence artificielle le berçait à la manière d'une sérénade inopinée.
- Négatif, les données récoltées demeurent corrompues. " Lança l'exosquelette, une énième fois. Revenir sur place n'aiderait donc pas son interface à retrouver les données qu'elle avait perdue il y a deux ans.

Un brin de déception voila son visage, seul l'entrain des deux compatriotes le fit continuer d'avancer. Les doigts repliés sur son Wendigo, Calvin avança en position offensive, en retrait par rapport aux Récupérateurs qui semblaient plus décontractés. Seuls leurs pas et les jointures grisantes de leur exosquelette brisaient le silence singulier de ce territoire, qu'il trouvait par ailleurs… beau. L'envergure de la flore dépassait son imagination mais il ne pouvait rester indifférent aux luminescences qui les accompagnaient. Dire que c'était ce genre de décor qui avait été témoin d'une atrocité indescriptible. A chaque fois qu'il dépassait un tronc, il avait peur de se retrouver confronter à un fantôme au visage reconnaissable.

" Stop. Un bruit, dont la source ne provenait pas d'eux. Les battements de cœur s'intensifiaient, tout comme le froissement des fourrées avoisinantes.
- C'est proche. " Il se retint de déglutir lorsqu'il fut le seul à avoir discerner une silhouette sur leur gauche. C'était le moment : le commencement et la fin.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Mer 8 Mar - 17:51

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Le village était aux abois depuis que plusieurs cadavres avaient été découverts aux abords de la couronne Insecta. Déchirés, çà et là, par plusieurs rangées de dents acérées. Piétinés, comme si leur corps n’était rien de moins qu’une brindille ou qu’un brin d’herbe. Déplacés sur plusieurs mètres, où des traînées de sang montraient le lieu du carnage. Un combat qui ne semblait avoir duré qu’un instant, mais d’une rare violence. On crut d’abord aux Tadryens, à une nouvelle arme de fer qu’ils auraient inventé, mais une dent animale de la taille d’un poing fut retrouvée au travers d’un Ohianys et les Briseurs de Monde furent vite écartés. Les Ohianys furent conviés à participer au conseil le jour même, nos deux peuples étant confrontés au problème de cette bête et de sa soif de sang. Au sein de la pièce commune, des feux bleus faisaient danser les ombres qui se mouvaient sur les murs. La petite pluie ne permettait pas un grand rassemblement autour des entrées du lieu, beaucoup décidèrent donc de rester chez eux et d’en entendre des brides dès le lendemain. Noolisan et Inelle Shay étaient tous deux assis près d’Ohibaan. Tous les représentants des Voies étaient là, tandis que les plus hauts hiérarchiquement se tenaient autour d’eux, en arc de cercle. Dehors, quelques petits attroupements s’étaient collés aux entrées, protégés de l’eau acide par des toiles en peau de Garges.  « Laissez-moi passer ! » lançais-je en jouant de mes coudes. Je me mis ainsi sur la pointe des pieds pour entrevoir le chef de ses Dévoreurs de Visages. « Une bête aussi imposante ne devrait pas passer inaperçue. » Lança Noolisan en posant son regard sur le maître des lieux. Ohibaan se frottait la barbe en arborant une attitude pensive. Leurs mots arrivaient difficilement à mes oreilles, mais rester ici à ne rien faire revenait à voir mourir cette bête sans n’avoir pu rien faire. Je sortis du cercle de curieux pour revenir à la maison. Je claquai la porte et courus dans les escaliers, devant les regards inquisiteurs de mes plus petites sœurs. Rübina monta, accompagné de Mihanä. « Qu’est-ce que tu t’apprêtes à faire, Nana ? »  Je m’empressai de mettre des affaires dans un sac, accrochant mes bombes à ma ceinture. Lorsque sa voix retentit, je mis ma couverture sur ma besace. « Moi ? Rien… » « Tu pars où ? » Lança Mihanä de son air innocent. Je soufflais en sortant mes affaires et en passant devant elles, descendant les escaliers. « Je règle une affaire. » « Tu vas aller chercher cette bête pour l’étudier ! » Fit Stïja en me barrant le passage. « Je peux venir ? » « Non. » je passais sous son bras. « Écoutez, j’ai passé mon Envole, je sors si j’en ai envie. Je connais les risques, je sais aussi comment m’en sortir… à peu près. Maintenant, laissez-moi et évitez les bêtises. » Je levai les yeux vers le plafond. « Après c’est moi que Käni va gronder. » Je passai la porte. « T’en fais pas on te couvrira ! » Lança Strïja en balançant sa main comme un au revoir. « Surement pas ! » Rübina me pointa du doigt. « Tu peux être sûr que Käni sera au cou… » Je claquais la porte sur cette dernière parole.

La forêt était encore humide de cette dernière pluie, mais maintenant la chaleur semblait écraser ma poitrine à chaque élancé. Je m’arrêtais plusieurs fois afin de découper quelques choums çà et là, puis remplir ma besace afin de pouvoir rester dans les lieux le temps désiré. Nana était toujours derrière moi, pensant surement pouvoir me chiper quelques trouvailles. « Tu n’auras rien, sale voleuse. » lui murmurais-je en lui caressant la tête. Elle leva alors le museau, bougeant frénétiquement son petit nez pointu. Elle poussa un crie et se mis à sauter de branche en branche. Je la suivis de près, mais m’arrêtai net lorsque des voix masculines me parvinrent. Mon dos était collé au tronc, tandis que de loin, je pouvais apercevoir des Tadryens. Mes sourcils se froncèrent et je vis Nana descendre de l’arbre pour s’aventurer dans les fourrés. Les Hommes s’arrêtèrent, prêt à tirer, mais Nana était déterminée pour prendre ce qu’elle avait senti et même le danger ne saurait arrêter un instinct aussi fort. Elle sortit des arbustes, malgré quelques tirs, pour grimper sur l’une des armures et chaparder une petite arme accrochée à une des hanches d’un Tadryen. Elle fut très vite attrapée par le cou, mais ses petites pattes serraient déjà le fruit de son méfait. « C’est un Mumu, abats-le avant qu’il n’ameute tous ses semblables. » Accidentellement, et dans la confusion, Nana tira un laser bleu qui déchira les feuilles voisines. Elle tomba à terre et s’enfuit sans demander son reste. « Saleté ! » cracha l’autre en ramassant ce qui lui appartenait.

Elle se réfugia dans mes bras, collant son museau au creux de mon cou. Elle poussait des petits cris plaintifs, mais la concentration des Mumus était bien trop éloignée pour que quiconque puisse l’entendre. Posant mon regard sur celui qui semblait être à la traine, une idée me vint.

Je suivrai les Impurs foulant nos terres. Qu’importait ce qui les amenait réellement, je devais trouver la bête avant mon peuple et le meilleur moyen était ces Hommes de Métal. Ils étaient peut-être sur leur garde, mais leur indiscrétion ferait bientôt venir les animaux les plus curieux ou même quelques prédateurs. La bête pouvait à tout moment se montrer pour quelques obscures raisons… Je pourrai étudier le monstre et voir si sa rage est le résultat d’une crainte ou si sa modification rend son agressivité instable. Je pourrai ensuite prévenir Aren qui s’opposera surement à sa mort et tentera d’en faire une arme pour le clan.

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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Dim 12 Mar - 22:13

L'égaré eut à peine le temps de déglutir que l'objet de son inquiétude émergeait déjà de sa cachette. Dans la confusion, il préféra observer juste un petit instant ce à quoi ils étaient confrontés ; il n'en retint qu'une longue queue touffue virevolter entre les vives lumières bleutées. Le son strident des lasers le fit appuyer instinctivement sur la gâchette, mais il ne tira qu'un misérable coup qui alla se loger beaucoup plus loin que la bestiole visée. Ce n'est qu'au moment où Lancee fit preuve d'une poigne de fer que Calvin put se recentrer et corriger sa visée pour la focaliser sur l'animal. Un Mumu, il en avait entendu parlé à l'Académie – et ce ne devait pas être la première fois qu'il en rencontre un, selon toute vraisemblance. L'ingéniosité de la créature l'étonna autant que son apparente innocence, l'humiliation spectaculaire que les Récupérateurs venaient de subir le rendit d'autant plus confus. L'espace d'un bref instant, il se perdit dans un flou gargantuesque, ses repères piétiner sous le poids de ses faiblesses. Si la bête qui les avait attaqués fut plus imposante, plus dangereuse, il serait mort sans avoir eu le loisir de lâcher son tir misérable. La pression amenuisait ses réflexes et cela l'exaspéra autant que ses camarades d'infortune.

" Ce n'est peut-être pas une si mauvaise chose, hein Lancee ? Calvin releva la tête sur cette improbable interrogation. Étaient-ils… contents d'eux ?
- Certes, peut-être bien. Pourquoi ce sourire complice ? Thrang sonnait à peine l'heure de reprendre la marche que le jeunot de la bande sortit de ses gonds.
- Hé. Les deux loups de mer le fixèrent d'un air inquisiteur sous leur casque. Qu'est-ce que vous racontez ? Il n'était pas idiot, c'était comme s'ils avaient fait exprès de tendre la perche.
- Ferme-la et bouge.
- Je ne bougerai pas, et la fermerai encore moins, tant que vous n'aurez pas expliqué ce que vous préparez.
- Dis-lui. L'injonction sembla ne pas lui plaire.
- Quoi ?! Mais on ne l'a jamais fait pour les autres…
- Dis-lui, vite.
- Les autres ? Quelque chose clochait bel et bien, et le décor environnant ne lui donnait pas envie de s'embourber davantage dans un guet-apens.
- On n'est pas vraiment là pour de la récup', mais pour une chasse. Calvin, un chasseur ? Impensable. La Compagnie nous a engagé pour récupérer des échantillons sur la carcasse d'une bestiole apparemment anormale.
- Il va falloir la trouver et l'abattre. "

L'amnésique digéra à peine ce qu'on venait de lui avouer que l'un d'eux le bouscula assez brutalement pour le faire avancer. Le canon du Wendigo redressé en avant, ils s'enfonçaient davantage entre ces défenses naturelles, résistantes aux puissants de Tadryon, mais guère plus contre un tout petit commando. Pour ces proies-là, c'étaient la faune locale qui s'en chargeait.

Le bleu laissa son corps entreprendre toutes les actions nécessaires durant la marche, tandis que son esprit était en ébullition. Trahi et attiré dans un piège de moins en moins évident à déjouer, Calvin maudit sa naïveté pour avoir cru que les charognards de Varosha étaient tous des héros. Quelques-uns l'avaient peut-être sauvé des griffes de cette forêt, mais ils demeuraient des hommes, la plupart pourri par le côté sombre de leur humanité. Il avait toujours assumé ce rôle de soutien, en retrait mais essentiel à la survie de l'unité, puisqu'il était celui qui barrait la route entre leur âme et les portes de la mort. Néanmoins, devait-il réellement gâcher ses fournitures médicales pour eux, sous prétexte qu'ils étaient Tadryens ? Il risquait après tout de mourir pour eux aujourd'hui. Le travail d'équipe lui semblait moins aisé à supporter depuis le déclin de sa vie. Les voix de ses fantômes revinrent hanter la brume de son monde onirique, la flore des alentours se noircissaient davantage au fil de leurs pas, il s'arrêta net.

" Oh, je dois te traîner par la peau des fesses ? Il balança son bras métallique dans le vent. On n'aurait pas dû lui dire !
- Je commence à me demander pourquoi je devrais suivre une bande de cachottiers, incapables de mettre la sécurité sur leurs propres armes. Thrang releva la visière de son casque, la mine ravagée par l'exaspération.
- Tu bouges, médic. " Ce dernier fronça les sourcils, mais finit tout de même par obtempérer ; il aurait plus de chance de survivre avec eux que seul.

Malgré lui, Calvin se retrouvait au beau milieu d'une chasse qui n'était pas la sienne. Puisqu'apparemment il n'était pas le premier à se faire manipuler par ces cupides sans scrupule, il accomplirait tout ce qui était en son pouvoir pour renverser la tendance. Les "autres" devaient être morts, ou avaient fui, il ne rejoindrait aucun des deux camps. Une lueur de clairvoyance lui traversa l'esprit, à laquelle Calvin répondit par un changement d'arme, préférant opter pour le revolver plutôt que le fusil d'assaut ; si un autre farceur à poils lui chipait son arme de poing, il serait sans défense. Il ne manquerait plus que sa tête saute sous l'impulsion d'un Mumu ayant la gâchette facile. Sans piper mot, le brun demeura plus que jamais vigilant envers son environnement, prêt à saisir la moindre opportunité pour que cette chasse se termine en sa faveur, et seulement la sienne.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Jeu 16 Mar - 18:48


« Quelle belle bande de crétins » Son murmure avait résonné si proche de mes tympans que j’avais sursauté à l’instant, envoyant valser Nana sur une autre branche. Stïja prit soudain une voix plus grave. « Pourquoi je suivrais quelqu’un qui ne sait même pas mettre une sécurité sur son arme ! » Elle balança ses bras en l’air en levant les yeux au ciel, avant de se coller à l’arbre, intrigué. « Attends… ils ont une sécurité sur leur arme ? » Elle pencha la tête vers moi en souriant. « C’est encore plus stupide non ? » Je la retournai en la saisissant par l’épaule. « Qu’est-ce que tu fou là ? » Elle fit la moue. « Je suis venu m’amuser moi aussi. Je ne vois pas pourquoi je devrais rester avec la vieille tandis que tu courses une bête féroce ! » « Ce n’est pas un jeu Stïja ! » Elle jeta un coup d’œil derrière le tronc. « On devrait peut être arrêté de débattre sur qui a le droit de faire ci ou ça. » Elle pointa de son index l’endroit maintenant vide. « On est en train de les perdre. »

Quelques sauts de branches suffirent à retrouver le groupe, mais le problème Stïja subsistait toujours et elle semblait avoir moult idées afin de casser tous mes plans.  « On pourrait les séparer… ce serait plus drôle de les voir paniquer. » « On ne les sépare pas ! » Je serrais mes doigts sur l’écorce un bref instant, avant de lâcher. « On va faire mieux que ça. » Je sentis Stïja pétiller près de moi, rayonnant de tout son être. Les prédateurs avaient cela de pratique qu’ils étaient farouchement attirés par l’odeur du sang. Le but était donc d’en imprégner toute la forêt s’il le fallait, pour que la bête que nous voulions se montre. Cependant, le parfum l’agiterait au point de ne pas pouvoir la maîtriser, il fallait donc par la suite attendre que l’excitation redescende. Attendre que le monstre ait sans doute massacré toute l’équipe. « Il nous faut un Varaza. Un mâle dominant qui aurait assez de force pour faire plier les armures. » Elle me saisit par le bras. « J’en ai croisé un gros en venant. Viens ! »

Il existe des histoires beaucoup moins grotesques où les habitants de cette planète meurent de manière silencieuse et totalement imprévue. En ramassant des choums, en cueillant des fleurs… nous jouaillons avec la mort comme des enfants avec des osselets. Mais que faire d’autre lorsque celle-ci ne vous atteint pas, pis quand celle-ci est agréablement bien perçue ? Devenir un tout, sans besoin ni manque, qui n’en rêverait pas ? « Allez viens ! » Nous sautions de branche en branche, jetant des bouts de bois sur sa tête lorsqu’il abandonnait la poursuite.  Le Varaza grognait d’avoir été réveillé en pleine après-midi, mais fort heureusement, les rayons du soleil ne perçaient pas la cime des arbres et n’agressait pas ses yeux. « Il va devenir fou s’ils utilisent leurs rayons bleus. » Elle en riait déjà. « Ce n’est pas un jeu Stïja… les faire s’entre-tuer n’est pas notre but premier. » Elle sourit. « C’est la Nature qui décidera, au final. »  

Lorsque nous entendîmes les corps de métal fouler la terre humide, le Varaza dévia du chemin, se mettant en position de chasse. Intrigué, il s’aplatit dans les herbes hautes, tandis que les grognements avaient été entendus par l’équipe. Nous étions collés l’une l’autre contre un large tronc, mais rien ne bougerait s’ils restaient l’un face à l’autre. Je fis un geste de main à Stïja, à l’abri des regards, avant de bouger distinctement mes lèvres. « Il faut les contourner. » je fis un autre geste de la main. « Faire diversion. » Sans plus attendre, nous nous enfonçâmes dans la forêt, toujours à l’abri des troncs pour nous déplacer.  Il ne fallut que quelques minutes pour que nous nous retrouvions dans leur dos. « Ils se sont trop rapprochés du Varaza ! Il faut les détourner à tout prix ! » Stïja se leva alors de tout son haut, posant ses deux mains autour de sa bouche. « HEEEEEY ! » se mit-elle à crier tandis que je restais pétrifié sur place. « OOH LES… » Elle se tourna vers moi. « Comment on dit déjà ?... Ah oui ! » Elle se retourna vers eux. « LES BOÎTES DE CONSERVE ! » Elle agitait à peine les bras que quelques tires fusèrent sans autres formes de cérémonies. Je la saisis donc par les épaules pour la mettre à l’abri, tandis que l’écorce proche de nous éclater sous l’impact des rayons. Nos muscles se raidissaient à chaque tir, l’adrénaline parcourant déjà mes veines à vive allure. Soudainement, ils s’arrêtèrent et nous nous risquions à un bref coup d’œil. Deux Varazas étaient à présent sur les lieux, sans doute le deuxième fut attiré par les rayons lumineux. « Il faut sortir d’ici avant d’être piégé. » Stïja ne se fit pas prier et nous les contournions tandis que chacun se battait pour survivre.
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Lun 3 Avr - 0:45

Ils avancèrent dans les profondeurs de la forêt, à tâtons, plus loin qu'il ne l'aurait escompté. Jusqu'où Calvin était allé la dernière fois ? Le fait de marcher sur un sentier normalement déjà traversé, sans en avoir ne serait-ce qu'un bref souvenir, le dérangerait, plus que les mouvements rigides de sa carapace de métal. Il se sentait davantage à l'aise avec le revolver que le fusil, moins lourd et plus malléable. Face à des ennemis rapides, les coups atteindront mieux leur cible ; pour les plus imposants, il comptait bien user des Récupérateurs en guise de couverture. Après tout, il n'était que le soutien, le pilier qui les maintenait en vie. Ce rôle lui allait tellement comme un gant. Et ce n'était pas plus mal : puisqu'à mesure qu'ils avançaient, ses "collègues" semblaient plus tendus, comme si quelque chose clochait soudainement. Avaient-ils remarqué un détail ? Le brun balança son regard un peu partout, au même rythme que le canon de son arme, bien parallèle par rapport à son champ de vision. Maintenant qu'il tendait l'oreille, il lui semblait qu'il y avait moins de bruits autour d'eux, comme si la faune s'était tue. Mais n'était-ce pas parce qu'ils se rapprochaient de la tanière du fameux monstre ? Calvin avait pensé à cette fameuse créature au moment même où celle-ci râlait à leur insu.

" Qu'est-ce qu— ? S'exclama-t-il avant que le déluge de tirs lasers le fasse taire. Là-bas, il avait vu une crinière châtaigne s'engouffrer derrière la végétation. Une fille ? Il n'avait pas rêvé, que ce soit le bref aperçu du visage ou même la voix. Mais arrêtez de tirer ! Ils le firent, mais plus par preuve de prudence pour leurs réserves de cartouche.
- C'était une mutante. On s'est trompé de route ?
- J'crois pas… "

Une mutante. Le dénominatif lui hérissa le poil. Ils n'étaient pas censés croiser ces fameux Évolués, ce n'était censé qu'être une chasse au trésor à la base. Cette mission part en vrille. Il n'était pas trop tard pour fuir… Enfin, si, c'était totalement le cas : depuis le boucan qu'avait causé ses extraordinaires acolytes, une créature s'était rapprochée d'eux. Un bruit sur sa droite le corrigea : elles étaient deux. Il se souvenait des images à l'Académie, lors des cours où on leur montrait un magnifique diaporama des pires abominations qu'on pouvait croiser sur Terre. Mais le nom lui échappa complètement. Il entendit Thrang jurer à voix basse, et Calvin en fit écho dans sa propre tête. Malgré lui, il se surprit à sourire nerveusement sous son casque.

" C'est ça que vous chassiez ? Quelque part, il voulait savoir avant de potentiellement passer l'arme à gauche.
- Non… " Et la vérité le déçut.

D'un coup d'un seul, le Varaza d'en face lui sauta dessus tandis que l'autre s'attira les foudres des Récupérateurs. Malgré la corpulence de ces créatures, Calvin ne fit pas le poids niveau force, de même pour son exosquelette qui bascula à la renverse sous le choc. Le brun tenta de tirer avant que son dos ne rencontre le sol, mais il n'eut point le loisir de viser, la luminescence bleutée n'ayant servi qu'à aveugler temporairement le Varaza. Ce dernier, même plongé dans la plainte, ne lâcha pas sa proie, l'empêchant de s'échapper ou même de viser à nouveau. La créature avait de la poigne et s'en servit pour immobiliser le jeune homme au sol, avant de s'attaquer à son casque. Suffisamment solide – il faut dire qu'il était confronté au Varaza le moins costaud du lot – la protection empêchait son porteur de souffrir d'une morsure fatale. Malgré tout, la taillade se répétait encore et encore, une partie de la visière avait déjà cédé… jusqu'à qu'un ultrason lui parvienne aux oreilles entre les salves laser.

L'emprise du Varaza se ramollit soudainement et permit à Calvin de s'extirper loin d'ici. Il traîna, essoufflé, jusqu'à pouvoir se lever et pointer son arme sur la créature. Elle se tordait de douleurs sur place, le Tadryen se rappela leur point faible évoqué lors de ces fameux cours ennuyeux : les ultrasons. Les Récupérateurs devaient en user, mais le combat avait dû les éloigner au point de ne pas pouvoir lui permettre de les localiser visuellement. La proximité avec la créature, même assaillie, ne lui plut pas. Il recula jusqu'à être quelque peu camouflé par les fourrées, mais son attention fut finalement reportée par une autre source plaintive. Là, à ses pieds, l'Évoluée de tout à l'heure, touchée à la jambe, manifestement par un tir laser. Sous son casque, il croisa le regard de la jeune fille. Il bloqua, littéralement, sur cette réflexion : la mutante paraissait si… humaine.

Les ultrasons venaient de cesser. Cette absence l'alerta aussitôt, Calvin fut suffisamment rapide pour voir le danger du Varaza lui retomber dessus. La créature bondit et l'évidence lui vint en tête : si elle retombe au sol, elle embrochera la mutante avec ses griffes arrière, ou lui assénera un puissant choc sous son poids. C'était la fille, ou Calvin. Instinctivement, son corps répondit par la force et il se jeta en avant de manière à faire rempart entre la mutante et le Varaza, et vida son chargeur sur ce dernier. Les cinq coups restants permirent de faire temporairement prendre la retraite la créature, pas mal amochée par les tirs à bout portant. N'ayant point l'envie de se frotter à nouveau à cette mutation de la Nature, il se pencha sur l'Évoluée et la transporta sur son épaule.

" Bouge pas, ta plaie va empirer. " Lui intima-t-il, davantage pour ne pas épuiser ses maigres forces.

Le transport ne se fit guère longtemps, juste le temps de mettre de la distance entre lui et le champ-de-bataille. Il déposa l'Évoluée contre un tronc et prit immédiatement ses distances, le revolver pointer sur elle, au cas où. Il fit mûrir quelques idées intérieurement. Sa respiration demeurait forte sous son casque plutôt cabossé, cet affrontement l'avait bien bousculé. Il avait pris soin de ne pas se rapprocher des Récupérateurs qui devaient encore en découdre avec la faune locale. Finalement, Calvin baissa légèrement son arme, il porta, sans geste agressif, sa main libre sur sa trousse de soins. Il la jeta à équidistance entre elle et lui.

" Je veux te soigner. Déclara-t-il le plus sérieusement possible, bien que ce n'était pas son unique intention à son égard. Mais pour cela, elle ne lui sera utile qu'une fois retapée. Tu le fais ou je le fais, à toi de voir. "

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Mer 19 Avr - 17:12


« Reste à terre ! » Intimais-je à Strïja, appuyant maladroitement sur sa plaie. Ses plaintes étaient étouffées par les tirs de lasers et les grognements de Varazas. Elle serrait sa cuisse, ses phalanges raidies par la douleur. « Fais quelques chose Nasträlya… » Lâcha-t-elle en serrant des mâchoires. « Je sais pas faire, je sais pas faire ! » Répétais-je inlassablement comme un pardon quasi silencieux. Lorsque les fourrés craquèrent sous les pas d’un homme, je portais ma main ensanglantée sur l’une de mes bombes, prête à riposter. Son regard croisa le nôtre et rapidement son corps fit barrière à l’attaque du Varaza. Il la prit sur son épaule dans la précipitation et le regard  de Stïja  croisa le mien. « Nasträlya… » Sa voix était emplie de crainte et d’incompréhension.  « Il faut s’éloigner du combat et des siens. » Dis-je simplement en saisissant ma lance. Les barrières entre son peuple et le mien était une nouvelle fois faites, les Hommes de Métal étaient des plaies pour notre monde, ils devaient disparaitre, mais parfois, il arrivait que le doute assaille l’un de nous, ou d’eux, qu’une faille en fasse un personnage neutre. Lorsque l’homme pointa son arme vers ma sœur, je me postai en travers de son viseur, levant à mon tour ma lance. Dès ses premières paroles, nous nous regardâmes avec appréhension, Stäja, les sourcils froncés par l’absurdité de la situation. Je posais mes prunelles sur son arme puis souris. « Baisse complétement ton arme avant de proposer des choses suspectes. » « Tu ne le laisse pas me toucher Nasträlya ! Tu n’as pas intérêt ! » « On n’a pas le choix ! » Finis-je par crier en me tournant violement vers elle. « Tu n’avais pas à me suivre ! Tu n’aurais jamais dû venir ! Maintenant tu es là et tu es blessée ! Nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter ! » « Tu as toujours été comme ça ! A les percevoir comme une faible menace, alors qu’ils tirent sans distinctions sous prétexte que nous sommes différents ! » « Justement ! » Fis-je. « Nous ne le sommes pas tant que ça ! Ce n’est pas à nous de choisir, c’est à la Nature de le faire et elle a choisis, aujourd’hui, de t’apporter son aide en le laissant vivre, en le laissant nous trouver ! » « Vraiment ? Et est-ce que la Nature t’as dicté d’en laisser un vivant alors que nos amies gisaient à tes pieds ? Est-ce qu’elle t’a demandé de protéger un de nos ennemis ? » « Ferme là, Strïja ! Ça n’a jamais été à nous de choisir qui vit et qui meurt ! » Mon regard était emplie de culpabilité et de peur. « Je l’ai pas dit, je l’ai pas répété… » Finit-elle par cracher, toujours les phalanges serrant sa cuisse. « Ohibaan aurait trouvé cela juste, mais beaucoup t’en aurait voulu de ne pas lui avoir enfoncé une lame au travers de la gorge. » Un silence s’abattit, un dangereux silence. La Zoologiste que j’étais pressentait le danger, sans en trouver la source. Je relevais ma lance tout en me tournant, mais il était trop tard, déjà le restes des Tadryens pointaient leurs armes sur nous. Je jetai un coup d’œil à Strïja. Si j’engageai le combat ou prévoyait de fuir, elle ne pouvait suivre. Je basculai la tête en guise de résignation, avant de laisser tomber ma lance dans l’herbe et de détacher ma ceinture où se trouvait mes bombes. « Soigne-la ! » Criais-je en direction du Tadryen. « Soigne-la ! Soigne-la ! » finis-je par répéter en m’avançant vers lui, le poussant de toute mes forces. « Ce serrait inutiles. » lâcha un des leurs en me saisissant par la taille et me tirant en arrière. « Ne la laissez pas là ! » je griffais le métal qui me ceinturait, me débattant telle une furie. Mon regard se posa sur le Tadryen ayant eu le désir de la soigner. « Ne la laisse pas là, pas comme ça. Met la dans un arbre ! Ne la laisse pas à terre ! » Il fallait absolument la protéger des prédateurs le temps qu’on la trouve. « Laissons la, elle crèvera quel qu’en soit la manière. Quant à toi... » Il saisit fermement ma nuque et je portais instinctivement mes mains pour me débarrasser de la douleur, en vain. Ses doigts de fer étaient enfoncé dans ma chair et rien n’auraient pu les y enlever.  « Tu vas nous guider dans cette foutue forêt et nous prémunir de ses dangers ! » « Va crever… » Murmurai-je en serrant des mâchoires. « Vous les mutants n’avaient pas peur de mourir n’est-ce pas ? » Il tira près de la tête de Strïja, faisant éclater l’écorce. Je me précipitai sur le canon de l’arme, mais il me saisit rapidement par les cheveux pour m‘en éloigner. « Qu’en est-il de ceux auquel vous tenez ? » « Espèce de… » « Ferme-la. Si tu nous aide, je ne la tue pas tout de suite. » Mes doigts serraient sa main afin de la ramener vers ma tête, essayant de faire cesser la douleur. « Vous cherchez quoi ? » « Nasträlya ! » cria Strïja. « Ferme la toi ! » Son regard se reposa sur moi. « Une bestiole qui aurait muté. Un peu comme vous. » Un rire gras sortie d’entre ses lèvres, son regard se portant autours de lui pour chercher l’approbation de ses collègues. Son canon était collé à mon ventre, une menace qu’il laissait plané sur moi. « Tu en aurai pas croisé une, par hasard ? » Un court silence  se fit. « Il suffit d’attendre. » Lâchais-je. « Le bruit de la bataille et le sang versé la fera venir. » Il sourit en croisant le regard d’un des Tadryens. « Ça signifie que si je te fais crier, nous aurons encore plus de chance de la faire venir ? » Je souris. « Ce serait bien mal nous connaître. Je mourrai bien avant que vous ayez décidé de me torturer. » « C’est vrai… » Dit-il avant de me trainer vers ma sœur. « Dans ce cas-là, faisons en sorte qu’elle te sente. » Il posa la main sur la plaie de Strïja, maintenu par l’un des Tadryens, tandis qu’il étalait son sang sur mon visage et mes vêtements. « Ça va aller Strïja. » Murmurais-je en la regardant une dernière fois. Les larmes coulaient déjà sur ses joues, tandis qu’à chaque fois qu’il passait sa main sur sa plaie, des cries plaintifs sortaient d’entre ses lèvres.

Nous l’abandonnions ainsi, sans que je ne puisse voir ce qu’ils avaient fait d’elle. Cependant, aucun tir n’avait retentis, ce qui était déjà un bon point. Ils montèrent le camps plus loin, m’attachant les bras écarté à deux arbres distinctif. Je servais d’appât, tandis que j’entendais les cris des Mumus dans les branches des arbres. Pour le moment, rien n’indiquait que l’endroit été dangereux, mais lorsque la nuit tomberait, les dangers viendraient à nous sans que nous les voyons arriver. Je me tenais droite, provocant du regard les Tadryens maintenant installés. L’un s’approcha en voyant un objet métallique se balader autours de mon cou. Il le saisit, les yeux froncés. « C’est quoi ça ? L’un de tes trophées pour avoir tué l’un des nôtres ? »  Il ne finit même pas sa phrase que je lui crachais sur la visière, me prenant en retours un revers de main qui m’ouvrit la joue. Il s’empara de la plaque. « Rend moi ça ! » criais-je en tirant sur mes bras et en balançant mes pieds sur l’individu, qui simplement rit en s’éloignant.
 

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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Mer 19 Avr - 22:03

Il n'était pas en position de force dans cette situation, loin de là même. Calvin surveillait beaucoup plus les alentours que les deux filles, qui auraient tout le loisir de renverser la balance si tel était leur caprice. Néanmoins, le Tadryen avait fait en sorte de maintenir les cartes en main. La blessée avait besoin de soin immédiat et il avait déjà livré son paquetage, et par extension trahi ses connaissances. Enfin, il devait admettre que c'était surtout la dissension qui avait joué en sa faveur : elles semblaient en total désaccord sur ce qu'il se passait, ainsi que des questions plus existentielles. Calvin devait avouer ne pas avoir tout suivi ; si seulement il avait su qu'on parlait indirectement de lui ! Bref, il était quelque peu ravi que cette Nasträlya tente de raisonner sa  
patiente, mais il ne fallait absolument pas traîner.


" Hé… " Fit-il bien trop tard, puisque le craquement des fourrées dévoilait la présence de ses prétendus alliés. Non, non, non… Il avait tant de questions à leur poser, il était peut-être sur une piste !

Depuis le début de l'aventure, il n'avait jamais vu Lancee aussi impliqué. Comme s'il savait exactement comment gérer la situation en cas de contact avec des Fils d'Ohibaan. C'était bien sa veine ! Elle avait beau le supplier, il avait beau croiser son regard empli de culpabilité, c'était trop tard. Ils ne le laisseront jamais faire, et ce n'était pas ses intentions de leur dévoiler ses plans. Cependant, Calvin s'activa aussitôt lorsqu'un tir laser frôla la tête de la blessée. Ses réflexes de premier secours refirent surface et il s'approcha d'elle pour stopper l'hémorragie avec ses mains, le temps que Lancee termine les négociations. Puis l'idée de ce tortionnaire le rebuta. A chaque fois qu'il passait sa main sur la blessure de la jeune, il se retint de saisir son poignet pour l'arrêter. Calvin se sentait impuissant, paralysé par les événements qui lui échappaient totalement. Ça va aller. Se répéta-t-il en écho aux mots de leur prisonnière. Lancee s'éloignait déjà avec elle tandis que Thrang semblait attendre qu'il les rejoigne.

" C'est inhumain. Dit-il en serrant des dents et en se relevant, faisant face à cet individu dont il aurait préféré voir le Varaza se repaître. Êtes-vous vraiment des Récupérateurs ?
- Et toi, es-tu vraiment Tadryen ?
Il éluda aussitôt la question.
- Elles sont victimes de vos dommages collatéraux. C'est à moi de réparer vos insanités. " Le Récupérateur râla en tout pour tout et préféra ne pas continuer cette joute verbale qui le saoulait déjà.

Le champ libre, Calvin s'agenouilla de nouveau sur la blessée. Il devait faire vite, ils ne lui laisseront pas assez de temps pour la remettre totalement sur pied. Il appliqua ainsi les soins les plus primaires possibles, mais au moins elle ne mourra pas à cause du laser. Il n'écouta guère les plaintes de sa patiente, si tant est qu'elle en avait. Il devait se concentrer, aller le plus vite possible mais surtout le plus efficacement possible. Cette fille, et l'autre fille aussi, elles étaient peut-être les premiers indices dont il avait besoin pour éclaircir les événements d'il y a deux ans.

" J'ai traité au mieux ta plaie. Strïja, c'est ça ? Il enroula les bandages autour de sa jambe. Ils ne me laisseront pas faire davantage, tu dois rentrer chez toi. Les indications de Nasträlya lui revinrent en tête. Il regarda au-dessus d'eux, les nombreuses branches pour escalader ces arbres gigantesques. Dois-je te hisser en haut ? Tu peux t'abriter ? Si sa jambe le lui permettait, elle pourrait se faufiler d'arbre en arbre jusqu'à chez elle, ou se cacher le temps qu'on la retrouve ou que sa jambe aille mieux. Dans tous les cas, il devait partir maintenant. L'autre fille… Dit-il tout bas. Je vais… essayer. " Des promesses en l'air seraient inappropriées dans un tel endroit.

Lorsqu'il regagna le camp des Récupérateurs, il constata – outre le fait qu'ils ne semblaient pas s'être posé de question sur ce qu'il était arrivé à la blessée – qu'ils mettaient tout en œuvre pour placer le meilleur appât. Une fois de plus, la méthode le dégoûta, la livrer ainsi, attachée, à la merci de n'importe quelle créature. Calvin voulait bien admettre que les Évolués étaient différents d'eux, mais ils restaient des êtres humains, non ? Ils s'étaient toujours douté que Tadryon appliquait une propagande forcée pour leur faire rentrer dans le crâne que les Mutants étaient des monstres au même titre que les Ptédolacs, les Llonpas et n'importe quel animal. Mais pourquoi le mot "humain" avait-il raisonné lorsqu'il les avait vu, là, en pleine détresse ? Au final, le voile tombait facilement, quand on se souvenait que les Fils d'Ohibaan étaient à l'origine des Tadryens.

D'habitude, dans ce genre de situation, la fumette se faisait plus pressante, mais il n'osait relâcher la pression tant que cette mission ne sera pas terminée. Un simple abattage et c'était terminé. Mais Calvin avait tout de même besoin de se poser, de réfléchir : comment faire en sorte que leur prisonnière s'en sorte indemne ? Il ne savait rien de cette créature – ni eux, apparemment – mais peut-être qu'elle en savait plus ? Son regard s'abattit sur elle au loin, toujours aussi inquisitrice. Thrang s'était soudainement rapproché pour lui arracher un pendentif. Au vu de sa réaction, elle y tenait beaucoup, à cette espèce de plaque. D'ailleurs, quand le Récupérateur revint vers eux, il lui semblait les identifier comme des plaques d'identité militaire.


" Lovelace… Lut Thrang. Un frisson parcourut l'échine du concerné. Il se leva aussitôt et lui arracha le pendentif des mains. Hé, c'est quoi ton problème ?!
- Laisse-le, Thrang. "
Au moins l'autre avait compris, ou du moins retenu son nom.

Le nom et prénom de son père étaient effectivement gravé sur le métal. Il n'arrivait pas à y croire, c'étaient les plaques qu'il avait égarées ! Mais alors… Il les avait bel et bien perdus lors de sa première sortie ? Et cette fille les avait en sa possession depuis ? C'était une chance inouïe, elle avait sûrement des indices sur la disparition de ses amis, sur cette sortie en général. Pour peu qu'il ne les eût pas juste perdu en chemin entre-temps… Non, il devait se forcer à y croire. Cette Fille d'Ohibaan était comme lui, elle avait une certaine ouverture d'esprit vis-à-vis de cette guerre, il ne risquait pas d'y en avoir deux comme elle. Ainsi, Calvin se rapprocha doucement de la jeune fille ensanglantée, guettant les alentours que rien ni personne ne vienne les déranger. A peine eut-il pris position qu'elle lui cracha au visage. Quel caractère.

" Bon, ça me fera une autre raison de l'enlever. " Relativisa-t-il en portant ses mains à son casque pour le retirer, il était dans un sale état, il allait devoir le rafistoler au mieux pour les prochains combats.

Maintenant qu'il voyait mieux sans la visière, Calvin put plonger son regard azuré sur l'Évoluée. Malgré le manteau de sang, il put constater quelques tatouages sur son visage. Ces traits renforçaient ceux de son visage, d'une battante en bas-âge. Ses pupilles sombres détonnaient totalement avec la clarté de sa chevelure, légèrement assaillie par la flore locale. Elle avait beau être humaine, tout dans son image lui faisait transparaître une certaine sauvagerie. Elle était plus proche de la nature que n'importe quel citoyen ou réfugié. Une Évoluée, dans sa définition la plus moderne. Mais Calvin ne la craignait pas pour autant, il était simplement anxieux, avide d'en découvrir plus.

" Je m'appelle Calvin. Il exhiba la plaque d'immatriculation face à elle. Le fils d'Aristackh Lovelace. Un bref silence, il était tellement pressé. Cette attente avait duré deux ans ! Où as-tu eu cette plaque ? Pourquoi y tiens-tu tant ? Nouveau silence, nouvelle réflexion. Qui es-tu ? Il tentait en vain de se souvenir, le néant portait bien son nom. Pourtant, cette fille, il ressentait quelque chose, comme si elle était capable de refermer la plaie qu'il se trimbale depuis son amnésie. Il soupira légèrement et détourna le regard, il en oubliait de dire l'essentiel pour qu'elle se livre à lui. J'ai soigné Strïja et l'ai mise en sécurité, elle s'en sortira. " Il jeta un bref regard en arrière, les Récupérateurs ne se préoccupaient pas d'eux pour l'instant. Ils étaient livrés à eux-mêmes.

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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Jeu 20 Avr - 0:30


Mon regard c’était un peu plus durcit à l’approche du Tadryen. Il n’eut même pas à sortir quoi que ce soit que déjà je lui crachais dessus. « Rendez-moi mon pendentif ! » criais-je en balançant mes jambes sur l’armure de métal. Je n’eus également rien à dire, que déjà mon visage trahissait mon étonnement. Un silence se fit entre chacune de ses questions. Il demandait des réponses, mais celles-ci se trouvaient dans la Foi. Une Foi qu’il ne partageait pas. Je finis par rire nerveusement, plongeant par la suite mon regard dans le sien. Froid, implacable. « Si la Nature n’a pas voulu de toi, c’est que quelque part, tu as encore des choses à accomplir. Fait les bons choix. » Tels étaient les mots prononcés à notre dernière rencontre.  Je reculais mon visage qui s’était approché, menaçant. « C’est sur toi que je l’ai récupéré. » Mes expressions se firent plus moqueuses. « Sur ton pauvre corps ensanglanté, tandis que tes camarades étaient soigneusement emportés et déchiquetés par l’Hanaamu. » Je laissais un silence pesant, tout sourire. « Je ne sais pas pourquoi l’Equilibre t’as épargné cette nuit-là, ni pourquoi j’ai couché mon corps sur le tiens lorsque la bête a fait son apparition, mais je regrette juste de ne pas avoir le pouvoir de vie ou de mort sur vous. » Je donnais un violent coup sur mes liens. « Vous ne méritez pas de fouler nos terres, vous ne méritez pas de respirer notre air. Vous méritez juste de crever face contre terre, vous demandant ce que vous avez fait de juste dans votre vie et constater simplement que toutes vos actions ont mené à la guerre et à la destruction. » Je tirai sur mes liens afin de me rapprocher de lui, les bras tirés en arrière. « Tu as sauvé ma sœur, je t’ai sauvé la vie. Dois-je te remercier d’avoir fait ce qui était juste ? Dois-je également m’attendre à une marque de reconnaissance de ta part ? Dans mon peuple, cette marque est très sérieuse. » Je serrai des mâchoires. « Je ne tiens pas te l’offrir, Tadryen. » La colère montait doucement, la déception aussi. « Je tiens à ce médaillon. Rend le moi. » J’attendis peut être une brève seconde, avant de me débattre furieusement. « Il est le symbole de ma Foi ! Tu ne peux pas me le prendre ! Je me fou qu’il est appartenu à ton paternel ! » Mon regard devint à la fois vitreux et dangereux. « Tu étais censé être différent ! Nous représentions un espoir pour nos peuples, pour la Paix ! » Je redonnais un violent coup sur mes liens, mes poignets rouges vifs. « Quand j’ai protégé ton corps du mien, j’étais prête à mourir pour sauver un des enfants de l’Equilibre ! Je pensais que notre survis avait un sens ! Mais tu n’es rien du tout ! » Je jetai un coup d’œil vers les autres Tadryens. « Tout juste bon à obéir ! » Je donnais un coup de pieds dans ses jambes métalliques. « J’ai rêvé de ce moment depuis mes quatorze ans et je constate que je me suis bien plantée sur ton compte ! Tu es un Tadryen ! Tu crains ton propre environnement, tu obéis à des préceptes qui n’ont aucun sens et tu pointes ton arme sur tout ce qui t’es différent ! » Je tirais sur mes liens. « Tu ouvriras les yeux un jour. J’espère juste pour toi qui ne seras pas trop tard. » Je pesais mes mots pour la suite de ma phrase. « Rend moi ce médaillon. Le jour où tu te rendras compte de tes erreurs, de vos erreurs, je serais là à t’attendre afin que le monde tourne et prenne une tournure radicalement différente. » C’était la Foi qui parlait à travers moi. Cet homme n’avait pas été là par hasard, nous n’avions pas survécu par chance, et l’histoire que j’avais imaginée jusqu’alors faisait qu’il n’était pas l’image de l’homme que j’avais construite au fil des années.  Je soufflais, me repostant normalement afin de ne pas appuyer une nouvelle fois sur les brûlures de mes poignets. « Si tu as réellement sauvé ma sœur, elle doit déjà être en train de rentrer au village afin d’alerter les Värshas de la situation. Tu ferais mieux de t’en aller, je ne pourrai pas te sauver une seconde fois. »

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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Jeu 20 Avr - 3:02

Ses paupières clignèrent de manière vivace lorsque Calvin capta l'étonnement de la jeune fille. Était-il si laid que cela ? Enfin bon, il respirait de plus en plus difficilement sous ce casque, autant s'en débarrasser… et respirer l'air de l'Enfer. L'Enfer dont il avait fait le portrait ces deux dernières années. Il était léger, parfumé, et transportant un grain de danger lorsque nous sommes conscients de notre fragilité. Contrairement à lui, cette fille n'était pas fragile, elle était forte et ses mots le prouvaient. D'ailleurs, ses tout premiers mots lui vrillèrent le crâne, comme si elle avait ouvert une porte sur un pan insoupçonné de son subconscient. Et la migraine s'aggrava d'autant plus au fil des révélations.

Pour la première fois de sa vie, le regard de Calvin était littéralement figé sur son interlocutrice. Il ne pouvait fuir devant la réalité, ses yeux trahissaient cette balançoire d'émotions sur laquelle il était scotché : stupeur, déception, incompréhension, deuil. Tout se mêlait, se mélangeait dans la bourrasque à mesure qu'il se balançait. Et bientôt, son ciel devenait si gris que l'eau semblerait n'être constitué que de métal. La proximité et les gestes violents lui auraient, depuis longtemps, fait prendre ses distances. Pourtant, Calvin restait bel et bien là, comme prisonnier du cocon de son armure. Cette Fille d'Ohibaan le fascinait, elle le fascinait autant que le folklore dont il s'était lui-même concocté pour s'en abreuver lors des nuits trop froides. Les rêves d'un monde vaste gorgé de liberté, où l'onirisme se mélange avec le réel. D'un autre côté, cette Fille d'Ohibaan l'effrayait, elle l'effrayait autant que ces longues matinées où les Tadryens lui martelaient le cerveau pour lui faire enregistrer toutes les abominations inimaginables dont regorge le monde qui nourrit ses fantasmes. Elle avait beau être humaine en apparence, elle restait une Évoluée et le prouvait simplement par son comportement déviant. Alors Calvin savait enfin que la frontière entre leurs deux mondes étaient beaucoup trop épaisses. Il en avait la confirmation juste sous les yeux ; Tadryon tenait un discours réaliste. Et en ce sens, il se sentait trahi par ses propres convictions. Mais pourquoi je doute encore ? Il passa sa main sur son visage, soupirant longuement, après avoir encaissé tout le baratin de l'Évoluée. Elle était tout ce dont il avait pu espérer : différente.


" C'est impossible… Souffla-t-il entre ses doigts. C'est impossible ! S'enragea-t-il en s'approchant plus près d'elle, se retenant de porter ses mains à ses épaules. Derrière, Lancee retint Thrang d'intervenir, supposant que le garçon avait besoin d'extérioriser ses pulsions face à la réalité. Mes amis ne peuvent pas être tous morts ! Si moi j'ai survécu, alors eux… Il baissa les yeux, en pleine réflexion, avant de la darder de nouveau. Tu n'aurais pas dû me protéger, tu aurais dû les sauver. Il se fit quelque peu les cent pas devant elle. Je suis mort avec eux depuis ce jour-là, j'ai perdu la mémoire, je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé depuis que j'ai franchi les Portes. Juste… les rayons du soleil, puis rien. Il se replaça face à elle. Ça ne peut pas se finir ainsi, il y a forcément eu des survivants ! Malgré le témoignage, aucun souvenir ne s'était débloqué. Elle disait la vérité, cela se ressentait ; et quand bien même, Calvin se raccrocherait à n'importe quoi, y compris un mensonge, pour se hisser davantage hors de l'Enfer. Écoute… Je ne te comprends pas. Nous sommes… trop différents. En l'occurrence, il ne comprenait guère ce qu'elle attendait de lui spécifiquement. Mais la majeure partie de ta véhémence est tournée vers Tadryon, alors si tu as une dent contre ma patrie, tu n'as qu'à aller gueuler sur les Murs, je ne suis pas ton intermédiaire. Il secoua la tête, cela ne servait à rien de débattre aujourd'hui sur leur peuple respectif. Puis… c'était stupide mais il ne voulait pas qu'elle s'irrite davantage les poignets, tout simplement. Je ne te demande pas de me remercier, et je ne te demande pas en tant que Tadryen vis-à-vis de sa prisonnière de m'aider, mais tu es la seule à avoir connu mon ancien moi. Il se tut quelques secondes, hésitant à le confesser mais céda tout de même. Je voulais voyager, explorer, découvrir de nouveaux mondes, de nouvelles cultures. Il braqua son regard dans le sien. Entre autres, ton peuple. Légère pause, avant de se rapprocher, face à elle. Je vais poursuivre ce projet et confirmer le sort de mes camarades, j'ai besoin de toi. Tu n'auras pas à me sauver, c'est moi qui te maintiendrai en vie cette fois. Il leva le pendentif et l'enfila autour du cou de la demoiselle. Tu peux le garder, je n'y tiens pas particulièrement. " Son degré d'attachement vis-à-vis de cette plaque était à l'image de son père : inexistante.

Son premier échange avec une Fille d'Ohibaan venait se dérouler, il y a tout juste quelques secondes. Et c'était fantastique, plus qu'il ne l'aurait escompté. Est-ce que tous les Évolués étaient comme elles ou avait-elle, elle aussi, des opinions uniques ?

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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Jeu 20 Avr - 10:43


« La majeur partie de ma véhémence est tourné vers toi. » Mes paroles claquèrent dans l’air, tandis que j’avais observé ses plaintes et ses jérémiades. « Tu ne peux comprendre ce que ta survis signifie pour moi, ce qu’elle signifie pour la Foi. Nous sommes au bord d’une guerre sans précédent, certains veulent à tout prix détruire tout ce qui vous représente, mais la Nature ne t’as pas prise cette nuit-là, la mort nous a tourné autours, j’ai sentis son souffle sur ma peau, mais l’Hanaamu n’en a rien fais. » Je plissais des yeux, essayant de me remémorer la scène. «  Ça signifie que vous ne devez pas tous mourir, qu’il y a encore une chance de Paix entre nos peuples, il suffit simplement de vous raisonner. » Je plongeais mon regard dans le sien. « Tu te dois d’être différent. De ne pas te laisser berner par les propagandes et les mensonges de ta faction. Tu as déjà un avis différent, tu as soigné ma sœur, tu me parles comme un Homme, tu doutes sur les actions de tes confrères… nous ne sommes différent que par nos modes de penser et parce que nous avons certains dons qui nous permettent de mieux nous adapter, mais en réalité… nous sommes tous de la même souche. » Le désir de voir changer l’homme en cette image irréelle et fantasmatique, était présent. Comme un appel à l’aide venant de l’intérieur… le fait même qu’il ne soit pas ici pour porter la Paix, pour se battre pour celle-ci, ébranlait ma Foi en l’Equilibre. « Je ne sais pas ce qui s’est passé pour tes autres amis. » commençais-je en regardant les arbres alentours, tentant de ne pas croiser son regard. « Vous étiez déjà amoché lorsqu’ils nous ont attrapé. Tu étais dans un sale état, je ne savais pas comment te soigner, mais l’un d’eux m’y a forcé. Je souhaitais juste gagner du temps pour avoir le temps d’attraper l’une de vos armes et rejoindre le cercle de vie. » Je portais mon regard sur lui. « Tu n’es pas le seul à avoir perdu du monde cette nuit. Arrête de te plaindre et deviens plus fort, tu verras d’autres de tes amis tomber au combat si les hostilités ne cesse pas. » Intérieurement, je savais que sa perte de mémoire était dû à mon incompétence en terme de médecine ou d’herboristerie, mais je le gardais pour moi. « Si l’Hanaamu est venu finir le travail, il devait aussi être là où tout a commencé. C’est un bon chasseur, un mythe vivant dans cette forêt. Il vient et il choisit de tuer ou de laisser la vie à ses proies. On ne sait pas grand-chose sur lui, mais les marques que tu avais sur ton corps étaient les siennes. Je ne sais pas ce que vous avez fait pour mériter son courroux, pour qu’il vous pourchasse dans la forêt et pour qu’il choisisse de te laisser qu’un avertissement, mais c’est un signe qu’on ne peut ignorer. Tu devrais être fier d’avoir était épargner et ne pas pleurer tes frères. Ils sont aujourd’hui dans un monde qui ne les fera plus jamais souffrir, là où tout est un et où nul besoin ne se fait ressentir. » Je me rapprochais de lui. « Si ma sœur était morte aujourd’hui, je ne l’aurais nullement pleuré, j’aurai remercié l’Equilibre de l’avoir prise avec elle et je l’aurai sentis près de moi jusqu’à ce que la mort nous réunisse vraiment. » Je me reculais. « Il est normal que je me sois battu pour sa survie et j’aurai tué pour la faire vivre, parce que c’est ce que nous devons faire. Mais lorsque la mort nous prend, c’est un cadeau qui nous est offert. Nous n’aurons plus à nous battre, à souffrir… et ce qui survivent en regardant la mort en face… cela ont encore des choses à accomplir ici. » Ma voix était devenu plus basse, tel un murmure qui se voulait persuasif. « Nous avons encore des choses à accomplir ici. » Je soufflais, le sang maintenant séché tiraillant ma peau. « Soit fort, Tadryen. Tu tueras de nombreux innocents dans cette bataille, des gens qui penseront comme moi et qui tomberont sous tes lasers. Ce sera une trahison pour beaucoup d’entre nous, tomber sous les coups d’un Tadryen, alors qu’ils ont crus à la Paix. Ils l’avaient du moins espéré. » Je penchais la tête sur le côté. « Mais ça n’a pas d’importance, au final.  Certains se battront toujours pour la Paix, même si vous attisé la haine dans nos rang, il y aura toujours quelqu’un pour arrêter cette hémorragie de colère vaine.  »

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Precision: beaucoup de Fils d'Ohibaan pensent à peut près comme elle, mais de manière moins virulente. La question qui se pose majoritairement, c'est: devons nous tuer des innocents afin d'éliminer la menace Tadryens. Mais nous verrons ça dans la prochaine intrigue de la faction ;)



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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Jeu 20 Avr - 15:17

" Ça n'aurait pas dû se passer comme ça. " Pestiféra-t-il en se dirigeant vers l'un des arbres retenant l'appât.

Il colla son dos contre le tronc et se laissa doucement glisser jusqu'à s'assoir là. Calvin tentait de se ressasser la scène en boucle : tout était bel et bien partie à vau-l'eau selon les dires de l'Évoluée, mais le médic n'aurait pas imaginé qu'ils se seraient mis à faire des prisonniers, et des exécutions. Il était l'homme en danger, celui qu'il fallait sauver à tout prix étant donné son rôle pivot dans le groupe ; le médecin lui-même blessé, quelle ironie. Et Nasträlya et les siens étaient là au plus mauvais moment. Enfin, pas pour lui : ils étaient les deux seuls à s'en être tiré, tandis que le sort des Tadryens étaient incertain et celui des Évolués fixé. Plus il y pensait, plus cet événement n'avait aucun sens : une créature mythique qui l'épargne au même titre qu'une fille de la Nature ? Ce n'était plus de la chance à ce niveau-là.

" Cesse de me prendre pour une sorte d'élu, c'est irritant. Garde ta "Foi" pour toi. Et plus que tout… Il la fixa, son regard était plus sombre qu'à l'accoutumée. Respecte mes morts, Évoluée. Il le braqua ensuite sur les Récupérateurs au loin. Nous n'avons manifestement pas la même vision de la mort ; ne mêle pas tes pertes aux miennes et j'en ferai de même. Enfin, elle n'avait confirmé aucune mort de son côté mais il s'était déjà fait, depuis bien longtemps, à l'idée qu'il devait y avoir eu des pertes. La question qui le taraudait malgré tout était de savoir qui précisément. Kimi, établis la connexion avec leurs exosquelettes. Un clavier bleuté se forma face à lui, surmonté d'un écran contenant son message tapoté : "Je m'occupe de la surveiller jusqu'à l'arrivée de votre proie."
- Est-ce bien sage de rester en compagnie de cette Évoluée ? Demanda la voix synthétique de l'IA.
- Non. " Répondit-il simplement en envoyant le message.

Étant donné le silence du duo d'acharnés, il en conclut qu'ils consentaient à sa requête. De toute manière, ils n'avaient pas le choix : il était celui qui pouvait les faire tomber si l'esprit d'équipe se tarissait, autant en ce territoire hostile que dans les bras de la Promise. Le vent ne soufflait guère alors que les astres commençaient tout juste à mettre fin au crépuscule. Calvin extirpa sa cigarette électronique d'un compartiment de son armure et démarra l'empoisonnement. La fumée se dissipait face à lui, telle la buée qui cloisonnait ses souvenirs corrompus.

" Tu affirmes donc qu'il y a des partisans de la Paix dans vos rangs ? Dommage que ce ne soit pas eux qui aient eu voix au chapitre lors de la révolte de 2682. Il lui offrit un bref regard inquisiteur. Ni lors de votre déclaration de guerre aux Portes. Il tira une nouvelle latte, la situation s'était toujours montrée diablement compliquée mais elle l'était d'autant plus lorsque le camp adverse cherche à parlementer. Je ne suis pas différent des autres Tadryens. Tout comme ton peuple, il n'y a pas de consensus. Le lavage de cerveau ne fonctionne pas totalement sur tout le monde, après tout. Il leva ses yeux au ciel. Il y a ceux qui adhèrent au projet Tadryon, qui sont convaincus que la domination est l'unique option pour préserver les dernières graines de l'humanité. Et il y a ceux qui doutent de ce projet, qui pensent qu'il serait préférable de le réformer et de le tourner vers des horizons moins radicaux. Mais tous s'accordent sur un point : ce projet est nécessaire. Il l'observa, aussi humaine que lui. Il est notre seul rempart pour notre espèce. Évidemment que nous sommes tous de la même souche, vous étiez des Tadryens à la base. Mais contrairement à vous, nous ne pouvons pas vivre à l'extérieur des Murs. Ils étaient comme des moineaux enfermés dans une cage : ils n'apprendront jamais à voler si les barreaux sont trop étroits. Il détourna à nouveau son regard. Vous avez réussi à vous adapter malgré votre expulsion, ça aurait pu s'arrêter là. Vous n'auriez pas dû revenir, et nous n'aurions pas dû répondre par la force. Il fuma davantage, ils ne pouvaient rien faire à leur échelle pour l'instant ; en débattre était énormément intéressant, et fascinant dans un sens, mais était-ce réellement utile ? Cette sortie d'il y a deux ans, j'espérais qu'elle forge mon opinion, qu'elle m'apporte des réponses. Au final, je n'ai qu'une amnésie. Il se retourna en sa direction. Et une fillette utopiste. Il lui souffla dessus, comme pour lui renvoyer le crachat de tantôt. Je ferai avec. " Il aurait préféré se coltiner quelqu'un de moins turbulent pour ses desseins, mais il devrait déjà être reconnaissait d'avoir été épargné par une chimère.

Alors que la pénombre s'installait doucement, Calvin ne put détacher son regard du corps de Nasträlya. Son bras, en l'occurrence, qui scintillait de plus en plus intensément. Les symboles que ce tatouage représentait lui étaient indéchiffrables, d'autant plus entachés par le sang, mais il ne restait pas indifférent devant ce phénomène. Il se souvint de ses propres pensées d'auparavant, de son envie de trouver de la beauté dans ce monde dévasté.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Sam 13 Mai - 18:26


Un léger vent sinisa au travers de la forêt, faisant flancher les herbes hautes. « Peut-être que la propagande ne fonctionne pas sur certains, mais elles semblent plutôt bien marcher sur toi. » Quelques mèches de cheveux, échappant à mon ruban de cuir, se plaquaient sur mon visage au rythme du vent. « On croirait que ton monde est apparu lorsque Tadryon est né. »  Je laissais un court silence afin de rassembler mes idées, plissant légèrement des sourcils. « Aurais-tu préféré que mon peuple se taise lorsqu’il s’est retrouvé à être pointé du doigt ? À être insulté dans les rues de ta belle ville ? Contraint de mendier jusqu’à être tout bonnement expulsé, juste parce que leur gène était divergent ? Nous n’avons jamais commencé cette guerre… vous ont-ils attaqué quand ils ont découvert leur différence ? Vous avez débuté le conflit d’aujourd’hui en nous reniant. » Je tirai sur mes liens afin de me rapprocher de lui. « Vous marchiez sur nos terres avant même que nous nous déclarions la guerre. » Je reculais. « Quant à être tous Tadryens, nous étions des Hommes avant de l’être. Nous sommes tous des Hommes, même ces peuples dispersés aux quatre coins du monde que vous massacrerez par crainte. » Je souris, mon regard dans le sien. « Beaucoup de peuples vivent sans mur sans être divergents. Vous vous complaisez dans la crainte à en devenir lâche. Nous avons appris à connaître cette faune et cette flore, nous en sommes sorties plus fort, tandis que vous vous cachiez comme des enfants et que vous sursautiez au moindre tintement de pluie sur votre dôme. Nous aurions pu construire une civilisation plus harmonieuse, moins austère et qui ne connait aucune peur, car nous aurions été préparés à tout… mais vous nous avez rejetés et refusé cette paix. Aujourd’hui, nous en payons tous le prix. Vous avez brisé nos liens de sang, vous avez pris nos amis et nos espoirs, ne vous étonnez pas d’obtenir une guerre en guise de représailles, et surtout, ne nous accusez pas de celle-ci, car vous en êtes les investigateurs ! »      

La nuit fit peu à peu son apparition, tandis que je détournais la tête quand il souffla sa gerbe de fumée sur mon visage. Néanmoins, son regard changea à l’apparition de mes tatouages, colorant de bleue ma peau pâle. Je souris en le foudroyant du regard. « Les tatouages ont une grande signification au sein de notre peuple. Je t’aurai bien vu avec un Mumu pour ton premier, ils sont stupides et naïfs. Capable de rester immobile alors que le danger est juste derrière eux. Occupé à ramasser ce qui brille… ou à regarder tout ce qui brille. » Ma peau continuait de se teinter de bleue au fur et à mesure que la nuit s’abattait sur les lieux. Mon regard dévia vers Lansä, à l’abri des regards des deux autres, mais visibles par mon geôlier. Il le tenait en joug de son arc, prêt à décocher. Je jetai un coup d’œil aux alentours, mais rien ne signalait la présence d’autre Värshas, cependant, il y avait non loin certains dévoreurs de visages. « Nous avons aussi une bête à abattre. » Fis-je simplement en plongeant mon regard dans le sien. « Tu ne dois en aucun cas être fait prisonnier, tu m’entends ? Parce que dans tous les cas, tu seras dévoré par les Ohianys. » Je continuais à regarder un peu partout autour de nous. « Nous procédons à certains échanges afin de maintenir un peu plus la paix entre nos deux peuples. Mais tu ne voudrais pas non plus te retrouver entre les mains des Syramèdes. » Sans doute ne comprenait-il pas tout, mais cela n’avait aucune importance. « Tu n’avais pas l’air très au fait de ta mission, de ce que j’ai pu entendre au cours de l’après-midi, donc tu ne dois pas savoir ce que tentent de tuer tes associés… Il a tué beaucoup de dévoreurs et de nos frères et sœurs, ça ne m’étonnerait pas qu’il ait tué d’autres membres d’autres tribus également. C’est une bête qui ne ressemble à aucune autre, comme à chaque fois où cela arrive, énorme et destructrice. Magnifique. » Pour une Zoologiste, toutes faunes l’étaient, mais les plus féroces l’étaient encore plus.  Un rugissement fit se déplacer un groupe de Mumus qui passa au-dessus de nos têtes. Les deux Hommes de métal se levèrent en cœur, saisissant leurs armes en regardant autour d’eux. « Tadryen, si tu mets ton casque et prends ton arme, n’attaque pas mon peuple. Dans l’immédiat, ce n’est pas celui qui te fera le plus de mal. » Je tirai sur mes liens qui se défirent, les cordes touchant presque le sol, plus de la moitié coupée nette. « Et pense à fuir dès que tu en auras l’occasion. N’attends pas que la bête s’effondre sur le sol ou c’est toi qui finiras chassé. » Les tirs de lasers commencèrent déjà à fuser sur le monstre qui cabra afin d’écraser l’une de ses pâtes proches d’un Homme de métal. Les Dévoreurs de visages et les Varshä s’abattirent communément sur la bête et Lansä me jeta mon arme, essayant de ne pas remarquer la proximité déconcertante qu’il y avait entre le Tadryen et moi.

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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Ven 19 Mai - 17:57

Un léger rire dédaigneux se manifesta instinctivement. " Que sais-tu de la vie à Tadryon ? Vu ton âge, tu n'as même pas dû en entrevoir ne serait-ce que la façade. Ce ne sont pas tes mots qui me feront changer d'avis sur la nécessité du projet Tadryon, mais ce monde. Il leva le regard sur les alentours. Et seulement ce monde. Il avait tant encore à explorer, tant de danger à faire face et à surmonter pour avancer ; fuir ne sera qu'une option qui le fera revenir au bercail plus sage, plus fort. Pour ta gouverne, je suis né à Tadryon ; alors oui, mon monde est apparu quand la cité est née. Il braqua son regard sur elle. Jusqu'à aujourd'hui. Un silence court tandis que le vent redoublait quelque peu d'intensité. L'Ancien Temps, les ruines post-cataclysmiques, ce ne sont pas des événements qu'on se complairait à se remémorer. C'est vers l'avenir qu'on va se tourner. Son front se plissa succinctement. Et pour cela, nous voulions marcher sur les traces de notre décadence. "

Après quoi, ils recommencèrent à accuser l'autre, une discussion qui était inévitable. Désagréable vue de l'extérieur, mais c'était bien ce que recherchait Calvin lors d'un premier contact, surtout à la base ennemie : à force de se cracher dessus, les deux camps finiraient forcément par trouver un terrain d'entente. En clair, il adorait leurs jérémiades respectives, même si cela ne se voyait vraiment pas.

" Ai-je dit le contraire ? Reprit-il lorsqu'elle termina d'ajouter son grain de sel sur le conflit d'antan. Nous vivions ensemble avant que vos différences commencent à attiser la crainte, puis la haine. Mais le conflit avait débuté bien avant : pas lors de votre révolte, pas durant nos premières remontrances, mais depuis votre naissance. L'évolution de l'humanité était un fait indéniable, et s'il y avait eu des différences auparavant, il devait forcément avoir eu des dissonances entre les peuples. Il plaqua l'arrière de son crâne contre le tronc, mûrissant les idées entre deux taffes. A part vous autres, cite-moi un peuple qui ait été massacré par les miens, hormis les assassins, les violeurs, les bandits, et les monstres ? La crainte n'est engendrée que par la déviance des Hommes. Et vous aviez prouvé la vôtre à deux reprises. Il pencha légèrement la tête sur le côté. Avec toi, ça fera trois. Il sourit à ce croche-patte trop personnel, bien que le sujet ne se prêtait pas à l'humour. Vous avez une vie ingrate, une vie qui n'est pas humaine. Avant que vous ne soyez exilés, vous viviez en sécurité entre nos Murs. Je ne souhaite pas voir mes descendants subir, à leur tour, la loi du plus fort. Ses sourcils se froncèrent néanmoins lors de ses accusations bancales. C'est faux, vous êtes les instigateurs de cette guerre. Vous auriez dû partir, loin d'ici, au lieu de rester terrés dans la forêt voisine, à attendre la première occasion pour faire couler davantage de sang. " Il tira à nouveau sur sa cigarette.

En soi, ces joutes étaient quelque peu fatigantes et la nuit tombait déjà, avec elle arriverait bientôt les premiers ennuis. Calvin décida d'économiser ses forces, pour garder la mutante sous le coude. La luminescence de ses tatouages fut une distraction non négligeable, d'autant plus pour ses brèves explications sur le pourquoi de ses marques. Il ne contra pas ses moqueries, elle ne pensait pas si bien dire en vérité. Malgré tout, s'il était attiré par tout ce qui brillait, c'était bien parce qu'il n'était habitué qu'à voir de la lumière au sein de la Promise.

La chute débuta lorsque son regard suivit celui de l'Évoluée pour croiser celui de l'archer embusqué. Même avec son casque, Calvin aurait craint que la flèche se loge dans les articulations. Il ne cessa d'observer le Fils d'Ohibaan, titanisé par la possibilité d'être cerné de projectiles de toutes parts, jusqu'à qu'elle le ramène dans l'échange, consciente de la situation actuelle. Puis le rugissement annonça le début des hostilités. Magnifique, hein ? Calvin se leva à son tour pour laisser tomber la fumette, dégainant son cher Wendigo, ainsi que l'une des bombes qu'il avait ramassé discrètement dans les affaires de leur prisonnière. S'il mourrait ici, tant pis ; au moins, il rejoindra ses frères d'arme. Néanmoins, il ne comptait pas laisser la mort l'emporter avant d'avoir éclairci les mystères qui le tiraillaient.

" Repli ! Entonna Lancee, se réfugiant derrière la barricade de fortune qu'ils avaient installé. Calvin se retourna par réflexe vers la mutante.
- Évoluée. Son devoir lui dictait de la prendre otage tant qu'elle était à portée, mais la raison lui faisait entrevoir le champ-de-bataille qui naissait autour d'eux. Il plaqua la bombe sur le buste de la propriétaire, pour la lui rendre. Ne te fais pas tirer dessus non plus : je n'ai plus rien dans ma trousse de secours. " Il la repoussa davantage pour qu'elle rejoigne les rangs ennemis.

Durant la course, il renfila son casque et braqua son fusil sur la bête. Immense, indéniablement menaçante, cette anomalie de la Nature n'avait rien en commun avec les archives de leurs zoologistes. C'est ce qui aggravait davantage l'hostilité à son égard : la différence de taille. Calvin se posta aux côtés des Récupérateurs et analysa le combat. Les guerriers d'Ohibaan se jetaient sur la bestiole tel un essaim, mais le Tadryen crut différencier dans la foulée un autre groupuscule, l'air plus sauvage que leurs comparses. Il se remémora brièvement les dires de l'Évoluée, sans pour autant se tracasser trop longtemps avec cette histoire.

" On peut se servir de leurs forces pour abattre la bête ! Proposa-t-il avant que le premier coup de laser ne soit tiré.
- Le petit a raison ! Thrang se releva, le fusil bien en main. Même si je ne vais pas me gêner pour en trucider quelques-uns au passage !
- Je vous rappelle qu'on a juste besoin d'un échantillon ! Lancee pianota sur l'interface de son exosquelette. Après, on se casse ! "

Lorsque le Récupérateur lança l'ordre, deux drones attaquants embusqués firent leur apparition et permirent de distraire la bête grâce à leur manœuvre. Thrang déploya à son tour son drone protecteur pour créer un champ de force autour d'eux. Puisque Calvin se sentit davantage en sécurité, il suivit le reste du groupe pour tirer à l'infini sur la monstruosité. Les sauvages se débrouillaient pour éviter les attaques de la bête, surtout concentrée sur les robots qui maintenaient leur attaque sur elle. Dans la foulée, Thrang réserva quelques cartouches aux peuples de la forêt, il avait déjà fini par en abattre deux. En contrepartie, l'un des guerriers bondit sur l'un des drones attaquants pour le désactiver. Le Récupérateur répondit à la provocation et finit par se jeter en dehors du dôme protecteur pour avoir une meilleure ligne de mire sur leurs alliés temporaires, aucune préoccupé par la bête qui commençait à vouloir faire un carnage sur les Hommes plutôt que les drones.

Malgré les nombreux rappels à l'ordre de Lancee, l'autre Récupérateur se laissa noyer par sa soif de sang. Les lèvres de Calvin se pincèrent : leur composition actuelle les rendait vulnérables. La bête était dotée d'une armure naturelle diablement résistante, difficile de trouver un point faible. Par contre, elle rugissait très souvent ; Calvin prit alors l'initiative de lui tirer directement dans la bouche, là où aucune carapace ne le protégera de la brûlure. Il se cala sur la lunette du fusil d'assaut, retint sa respiration, attendit le bon moment et finit par appuyer sur la gâchette. Le laser transperça de part en part la langue et se logea quelque part au fond de la gueule. L'anomalie souffrait, l'occasion rêvée pour faire de gros dégâts.

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Sam 20 Mai - 14:01


Elle était magnifique. Puissante et immense, seule à évoluer donc unique. Je restai un instant braqué sur celle-ci, tandis que tous s’acharnaient sur la plus belle des créatures encore jamais vues. « C’est un tel gâchis. » Lançais-je à moi-même, les lèvres pincées. Je fis tourner la bombe dans mes mains, regardant maintenant le champ de bataille. Si Lansä et le reste des troupes s’organisaient pour abattre l’animal, je vis l’un des Tadryens sortir de sa protection afin de tirer sur les miens. Sans attendre, je crevai la carapace de la bombe et la lança au pied de Tadryen. En éclatant, elle envoya une décharge qui provoqua un dysfonctionnement dans son armure, suivie de son arme. Un court moment, il resta immobile à pianoter frénétiquement sur son exosquelette en vain et il ne put que regarder Lansä enfoncer sa lame dans l’articulation de son genou et faire sauter l’armature de sa cuisse, avant que je ne vienne y enfoncer ma lance.  Il tomba à terre, les mains sur l’hémorragie. Lansä était déjà partie que je tapais haineusement dans l’arme du Tadryen, me penchant pour retirer sa deuxième arme au passage. Sachant sa fin, il me saisit par le cou et m’envoya à terre. Son sang se rependait sur moi, mais il se fichait bien de mourir aujourd’hui, la haine qu’il ressentait était trop forte. Instinctivement, je saisis ses poignets, puis lorsque je dépassai ce réflexe, je donnai un coup dans sa cuisse blessé. L’homme s’avachit sur moi en tenant celle-ci, jusqu’à ce que Lansä le poussa violemment de son pied. Il tomba sur le côté en essayant de reprendre sa prise, mais j’avais déjà reculé et était hors d’atteinte. Lansä refrappa sa cuisse et se saisit de sa seconde arme pour la jeter au loin, lorsque la bête rugit de plus belle, blessée à la bouche. Son regard se dirigea vers le Tadryen qui venait tout juste de tirer sur le palais du monstre. « Il faut le faire tomber. » Dis Lansä en se tournant vers moi. « Compris. » Fis-je en reprenant mon arme.

Je me tournais à mon tour vers Calvin qui s’était retranché derrière un bouclier. Le temps avait changé les Hommes, il en avait fait des ennemis… jamais je n’apprendrais qu’il en fut toujours ainsi et qu’il y eu toujours ces différences jugées et rejetées, mais je savais en revanche que la Nature choisissait ses guerriers et que, peut-être, nous en avions à Tadryon malgré les dissemblances. Nous nous jetâmes entre les pattes de la créature, tentant d’endommager ses tendons, afin qu’elle ploie sous son propre poids, mais la manœuvre était excessivement longue et laborieuse. La peau était entaillée, mais, il semblait, qu’elle possédé plusieurs couches de peau, de plus en plus dure à percer. Entre les tirs de laser et les drones, le champ de bataille était de plus en plus difficile à prendre et la bête se hissait continuellement sur ses pattes arrière afin de fermer sa gueule dans le vide, essayant d’attraper les objets volants. Je pestai silencieusement, courant maintenant vers le bouclier. Entrant dans celui-ci, je me saisis des bombes que l’on m’avait confisquées, avant d’en lancer une sur Lance et de me poster un bref instant près de Calvin. « Il faut viser les pattes. Lansä veut le faire chuter pour lui balancer toutes les bombes dans la gueule, notamment celle d’Ernolis. La substance se collera et durcira, l’empêchant de respirer. » J’attachai ma ceinture. « N’oublie pas ce que j’ai dit. » Finis-je par lancer en sortant du champ de protection, tandis que l’autre Tadryen reprenait le contrôle de son exosquelette.

Les Dévoreurs de Visages lancèrent une liane lestée par une pierre, au-dessus de la tête de la bête. Ils tirèrent alors en cœurs sur celle-ci qui abaissa doucement sa tête avant de la relever violemment, envoyant au loin les quelques Hommes. Les Varshas s’abattaient à tour de rôle sur chacune des pattes, tandis que je faisais de même, plus essoufflé que les guerriers. Petit à petit, la bête laissait entrevoir sa fatigue et son sang se rependait dans les hautes herbes de la forêt. Son souffle s’était accéléré et je pouvais sentir la panique la saisir. La Bête était prête à céder et c’était un énorme gâchis que de la laisser mourir.

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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les anomalies de l'ADN | PV Nana Mer 24 Mai - 17:20

" Thrang, par tous les Héros ! " Jura Lancee, de plus en plus déconcerté par tous les événements qui défilaient sous leurs yeux, entre les drones, les guerriers, la bête, et la folie meurtrière de son collègue.

Une fois son tir bien placé dans la gueule du monstre, Calvin abaissa sa ligne de mire sur le Récupérateur suicidaire. Il constata pour la première fois les effets de leurs armes, une explosion électrique surgissait aux pieds de la victime pour le laisser sans défense ; cela se ressentait avec leur propre bouclier qui s'affaiblissait. Calvin visa les deux Évolués, le doigt tremblant sur la gâchette. Thrang était un meurtrier dangereux, il avait pour ainsi dire bien cherché les difficultés qu'il rencontrait actuellement, mais Calvin ne pouvait pas rester impassible face à cette scène… Tout comme elle, face à l'abattage pure et simple de ses camarades. Il pesta intérieurement et braqua à nouveau son fusil sur l'anomalie. L'intrusion dans leur cocon protecteur l'alerta, il se détendit aussitôt lorsqu'il vit le visage de l'Évoluée. Habile et minutieuse, elle dressa à nouveau un moment d'intimité entre eux. Il hocha de la tête et la tourna vers Lancee lorsque celui-ci reprit le contrôle.

" Qu'est-ce que tu fous, tu aurais dû garder ses bombes ! Calvin exhiba l'une d'entre elle, qu'il avait gardé sous le coude ; et surtout, maintenant, il connaissait son fonctionnement.
- Couvrez-moi, je vais ramener Thrang. Le soldat rengaina son fusil pour se rabattre sur le revolver.
- Mais il est…
- Les pattes, Lancee, les pattes ! "
Hurla-t-il en courant dans le cœur de l'action.

Il n'abandonnerait personne, pas même les mourants aux mains de ce peuple trop différent du sien. Il y avait peut-être un espoir avec cette jeune fille, mais les autres demeuraient une menace pour les citoyens de l'Azurée, lui y compris. A distance raisonnable, Calvin vida son chargeur sur l'une des pattes de la créature, il concentra ses six tirs en un point bien précis pour tailler une faiblesse exploitable dans son armure naturelle. Les guerriers de la forêt ne tardèrent pas à s'acharner sur cette blessure, lui laissant le champ libre pour quelques instants. Calvin rechargea son arme puis s'accroupit sur l'exosquelette de Thrang, conscient qu'il n'arrivera jamais à soulever cette carcasse. Alors il entreprit de forcer le déploiement de l'armure pour libérer le corps du Récupérateur. Libre, il souleva Thrang et le prit tant bien que mal à bras-le-corps. De sa main armée, il visa l'autre patte arrière et tira quelques coups, pas assez que la première fois. Son regard croisa celui du prénommé Lansä, dont la proximité s'avérait trop menaçante. Calvin le prit en joue, hésita une maigre seconde, et tira. Sur la lance, souillée par le sang du Tadryen, la rendant inutilisable. Sans plus attendre, il s'empara ensuite de la fameuse bombe bleutée et enfonça son pouce dans la carapace, elle céda si aisément mais devint rapidement instable. En passant juste à côté de l'exosquelette de Thrang, il jeta le projectile dans l'armure et s'éloigna le plus rapidement possible : avec les propriétés de la substance, couplés à l'exosquelette amoché, la décharge risquait d'être plus violente ; et ce fut le cas, suffisamment spectaculaire pour déstabiliser d'autant plus la bête.

Malheureusement, l'armure ayant rendue l'âme, le drone chargé de maintenir leur bouclier s'éteignit aussitôt, les rendant vulnérables pour la suite. Calvin déposa Thrang derrière la barricade et jeta un regard entendu à Lancee, qui continua de soutenir les attaques des Fils d'Ohibaan sur les membres de leur ennemi commun. Le médic prit rapidement son pouls : il était aux portes de la mort, et il n'avait ni le temps ni le matériel nécessaire pour le sauver. Néanmoins, il remarqua que le blessé tenait fermement un fragment durci et ensanglanté dans sa main, semblable à la carapace de l'anomalie. Calvin ne comprit pas comment, et encore moins quand il avait pu s'en emparer, mais ce devait faire partie des nombreux talents des Récupérateurs. Lorsque Lancee remarqua à son tour l'échantillon, il le prit de force et obligea le conscrit à le prendre à son tour.


" Rentre, maintenant. Il fit à nouveau pleuvoir les lasers sur la bestiole, avec son arme et son drone.
- Ma mission est de vous protéger !
- Tu ne l'as pas sauvé. Et s'il meurt ici, alors je le suivrai.
Il lui offrit un bref regard. Cela ne te concerne pas, gamin. "

L'indécision de Calvin l'empêcha de soulever ne serait-ce que le petit doigt. Ses pupilles azurées fixèrent la bestiole, gigantesque et terrifiante. Il n'y a à peine quelques secondes, il s'était trouvé tout proche d'elle, et la peur qui était censée l'assaillir à ce moment-là avait été supplantée par l'adrénaline de son devoir. Il ne voulait pas partir, même pas obligation, les Récupérateurs étaient encore sur place, et l'Évoluée aussi, dont il chercha en vain le visage. Finalement, Lancee l'attrapa par l'épaule et le poussa, son corps réagit de suite et il courra vers la sortie, le regret enserrant son cœur.
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