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 Plaisir de Chambre [Solo/+18]

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Caïn
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Message(#) Sujet: Plaisir de Chambre [Solo/+18] Dim 5 Mar - 23:44

Inventaire de mission:
 


Note HRP : Ce RP commence deux ans avant les évènements narrés dans l'histoire de ma fiche et se termine juste avant ma fiche de personnage.



Lison sourit. Depuis tant d’années que je l’écoutais parler assis au Cercle de Pierres, je le voyais rarement sourire aussi franchement, il me dévisagea longuement ; nous n’étions plus que les deux dans le cercle.

- La première fois que je t’ai vu t’asseoir ici tu avais huit ans, Caïn.
- …
- Tu te rappelles de la première chose que tu m’as dite ?

- Non.
- Quand je servirai le Phantasme, je viendrai enseigner au Cercle.

- Pourtant ce n’est pas possible.
- Tu sers déjà le Phantasme.
- Tu m’as très bien compris, Lison.
- Oui, c’est difficilement faisable, surtout si tu te destines à l’espionnage.

Il sourit encore, nous nous regardâmes avec la tendresse qu’un père a pour son fils qu’il a vu grandir et il me prit dans ses bras.

- Qu’est-ce que tu veux que je t’apprenne d’autre ?

Je savais pertinemment ce qu’il allait me dire. Je m’étais assez assis dans le cercle ces douze dernières années pour faire quelque chose d’autres. En principe, les jeuns gens partaient le faire d’eux-mêmes, mais moi je n’avais qu’écouté ; je n’étais rôdé ni à la séduction, ni au mirage, ni aux armes. Déjà il y a quelques années, comme pour m’encourager, le précepteur m’avait donné un fourreau de lame vide qu’il m’avait dit de nouer autour de ma cuisse. Pour m’habituer, m’avait-il dit avec un sourire complice. Je ne savais pas encore ce que ça voulait dire, mais maintenant que j’allais m’entraîner pour remplir cet étui, je commençais à m’en rendre compte.

- Nous allons nous éloigner tu le sais ?
- Je crois.

Evidemment que je le croyais. Il avait dû en voir des dizaines qui, comme moi, ne voulaient pas quitter l’Alcôve trop tôt, parce qu’ils avaient une peur enfouie, celle de ne pas pouvoir servir Spectre correctement, il les avait tous encouragé, il leur avait prodigué peut-être les mêmes conseils que moi et il avait dû faire mouche à chaque fois. Cette fois n’allait pas encore être l’exception.

- Tu as déjà fait l’amour, Caïn ?
- Non.

Avant qu’il ne reprît le fil de la conversation, je me rendis compte que c’était ce que j’avais envie de découvrir. A vingt ans, c’était ce qu’il me fallait pour me donner la confiance nécessaire. Ça ne m’avait jamais intéressé autrement que pour ses intérêts avant, mais je voulais comprendre exactement comment on faisait pour que quelqu’un soit tout à nous, le tout en prenant et en donnant du plaisir. Je l’empêchai donc de continuer :

- Bravo. Un sourire. Vous avez encore tapé juste. Evidemment que c’est ce qui me manque afin d’être prêt à aller affronter le monde et servir Spectre.

Mon regard se porta sur le vide l’espace de quelques secondes puis revinrent à lui. Il souriait encore. Je me retournai et pris la résolution de ne plus revenir le voir tant que je n’aurai pas avancé, que je ne serai pas prêt.

- Quand je reviendrai te voir, le fourreau que tu m’as donné sera plein.

Je lui tournai le dos et partis.

♦ ♦ ♦ ♦

Une fois arrivé au milieu de l’agitation du Hall des Artisans, je ne pris pas le temps de retourner chez moi. J’avais envie d’être formé, mon esprit saturait, mon intelligence corporelle criait de désir. Mon corps voulait enregistrer des sensations, des cals sur les mains et des frissons sur l’échine.

Je poussai la porte d’un bâtiment sur deux étages dans un coin un peu reculé du hall. C’était une Chambre de Plaisir devant laquelle je passais parfois en allant au Cercle lorsque je décidais de me balader pour m’aérer l’esprit. Jamais je n’avais eu la curiosité de pousser la porte, ce que je fis.

Il faisait chaud à l’intérieur, il y avait une petite table inoccupée à l’entrée sur laquelle trônait une lanterne qui brillait, quelques pierres bleues et des feuilles éparses. Le hall n’était pas très grand, je me surpris à voir quelque chose d’aussi peu fastueux et pourtant je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Deux couloirs s’offraient à moi, ainsi qu’une porte. Le premier couloir, face à moi semblait déboucher sur un puit de lumière et du bruit se faisait entendre au bout, le second, à ma droite, se prolongeait sur le bâtiment qui était plus large que long et semblait donner sur plusieurs portes et sur plusieurs pièces. La porte, entrouverte, menait à des escaliers qui montaient et qui descendaient. Hors de ma zone de confort, j’étais perdu. Je fis les cent pas dans le hall pendant cinq minutes sans vraiment savoir ce que j’attendais. Malgré son apparente petitesse, il était tout de même large de plus de cinq mètres et la lumière chaude lui donnait un aspect plus grand et plus étiré qu’il ne semblait. Au moment où je me décidais à me diriger vers le bruit, un jeune homme blond sortit de la porte qui donnait sur les escaliers et me sourit sans s’arrêta. Il stoppa son chemin un peu plus loin et revint sur ses pas.


- Je t’ai jamais vu ici ! Tu vas bien ?


Encore une fois, mon visage afficha une face béate, je ne savais comment me comporter face à cet homme qui représentait un monde nouveau et la clé pour en déverrouiller la serrure.  

- Ça va ?

Je sortis de mes rêveries.

- Oui pardon. Ça va, merci. C’est la première fois que je viens, je voulais être…


Il ria doucement, avec tendresse, et me tendit la main pour faire passer la gêne qui montait en moi.


- Pierre, enchanté.

- Caïn.

Nos mains s’effleurèrent et se prirent franchement. Une fois cette poignée de main faite, je me sentais soudain plus détendu, il émanait de cet homme quelque chose de calme, comme s’il savait ce qu’il fallait faire.

- Tu veux être formé aux plaisirs et aux dons du plaisir je suppose ?

- C’est ça.
- Tu n’as pas à en rougir, Caïn. On te l’a sûrement dit, mais c’est plus que vrai, chez Spectre, tu dois bien comprendre que le sexe est quelque chose d’agréable et d’accepté. J’ai entendu dire que ce n’était pas le cas partout, mais je n’y crois pas, c’est trop bien pour ça ! Mais c’est surtout nécessaire, il te sera aussi utile que ta lame ou ta langue.

Il rit aux éclats.

- Pardon, je ne voulais pas faire de jeux de mots. Mais tu as compris ce que je voulais dire.


Soudain, une prise de conscience. Il avait parfaitement raison. Je n’avais pas eu peur du sexe jusque là, ni de tout ce que cela impliquait, j’avais bien compris que ce n’était pas un problème et je ne m’imaginais même pas une société où cela pouvait en être un, comme il venait de me le dire. Ce qui me faisait peur, c’était que commencer à m’initier impliquait de devenir un membre de Spectre, un adulte, qui allait affronter le monde armé de son corps et de ce qu’il savait pour avancer. Or, je n’avais plus qu’une envie, essayer et réussir !


- Tu me fais visiter ?

Mon ton était devenu plus franc, comme le sourire que j’affichais, il posa le sac qu’il tenait sur la table de l’entrée, griffonna un mot sur un bout de papier, le mit sur le sac et m’invita à le devancer dans le couloir qui me faisait face en entrant. Il commença par me montrer ce qu’ils appelaient le Grand Salon, plusieurs personnes, que j’avais déjà croisées ou non, discutaient, riaient, buvaient, dans un coin une femme et un homme s’étaient lancés dans un tour de chant exceptionnel. Il avait une voix cristalline et elle avait une voix grave qui leur donnait un ensemble rempli d’harmonie. Il me montra du doigt plusieurs éléments :


- Comme je te l’ai dit, voilà le Grand Salon, ici c’est public, salle de réception, les gens s’amusent, découvrent, font découvrir, c’est le début du début, la phase de séduction et de découverte, celle qui est la plus intéressante peut-être…

Il me fit un clin d’œil, me prit par la main et traversa le salon en prenant le temps de saluer au moins la moitié des personnes présentes qui me saluèrent par ricochet. Après le moment des mondanités. Derrière le salon se trouvait un petit couloir et une porte qui donnait sur des escaliers descendants.

- Peut-être qu’on ne va pas aller là en fait, je ne veux pas te faire peur tout de suite.

- Je suis inexpérimenté, pas timoré.

Les deux phrases avaient été lancées sur un ton bon enfant et il m’emmena le long des escaliers. Ces derniers débouchaient sur une salle plus sombre et qui donnait sur des couloirs souterrains faiblement éclairés, contre les murs, des lanières étaient fixées à hauteur de cheville et plus haut que la tête, il y avait également des objets que je n’avais jamais vu, avant que je puisse imaginer leur utilité, Pierre me dit :

- Je t’avais prévenu, mais du détail pour l’instant. Chacun fait ce qu’il aime et les grands de ce monde doivent être satisfaits, quoi qu’ils veulent.

C’était parfaitement logique, comme tout ce bâtiment. On remonta les escaliers rapidement et prîmes une autre porte qui nous emmena le long du bâtiment. On fit rapidement le tour, le temps que je découvre les chambres, leurs styles et leurs aménagements, puis nous arrivâmes à nouveau à l’entrée. Il ne m’avait pas lâché la main depuis que nous étions passé au Grand Salon. Il sourit et me dit à l’oreille :


- Je peux te montrer autre chose ?

Je n’attendais plus que ça et mon corps aussi. Mon regard suffit à lui faire comprendre que je le suivais. Nous montâmes les escaliers et arrivâmes dans un couloir plus richement décoré que celui du rez-de-chaussée.

- Ici…c’est ma chambre.

Il ouvrit la porte, referma derrière moi et avec une délicatesse magnifique, il posa ses lèvres contre les miennes.


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Message(#) Sujet: Re: Plaisir de Chambre [Solo/+18] Dim 5 Mar - 23:51

Spoiler:
 
♦ ♦ ♦ ♦

- Tu as bien dormi ?
- Oui, merci.

Mon corps frémissait encore, il avait été comblé, je venais de passer d’un monde d’intellection à un monde de sensation, celui qui s’offre à nous sans qu’on puisse le contrôler. La douceur du tissu contre ma peau nue me provoquait des frissons qui était balancés par la chaleur du corps de Pierre, encore lové contre moi.

- Tu fais ça depuis combien de temps ?
- Ça quoi ? Le sexe ?
- Te former ici.
- Deux ans environ, je vais bientôt arrêter, je vais m’engager dans le corps d’espionnage.

Les embruns de la nostalgie me fouettèrent le visage, je savais que cela arriverait, nous restions Spectre, mais je n’avais pas envie de le quitter. C’était plus que de la découverte de sensations, c’était la première fois peut-être que tout se passait si bien avec un autre membre de la faction, l’alcôve semblait s’ouvrir sur le monde.

- T’inquiète pas, c’est pas pour tout de suite et moi aussi j’ai envie qu’on continue à se voir, déjà, tu vas beaucoup plus traîner par ici si tu décides de te former aux plaisirs et moi non plus, ça m’est pas arrivé souvent de voir quelqu’un et de m’entendre bien avec aussi directement.
- Comment tu sais ça ?

Il me fit un clin d’œil.

- Je lis en toi, Caïn, tu ne sais pas cacher tes pensées, elles se lisent là.

Il toucha le pli que faisait mon front lorsque je m’inquiétais de choses concernant l’avenir et me prit dans ses bras avant de se lever en dégageant les couvertures.

- Tu commences ta formation aujourd’hui, tu peux dormir ici si tu veux ou dans un autre chambre, faudra juste me dire laquelle, pas qu’on la propose aux Frères et aux Sœurs qui viennent prendre du bon temps ici. Au programme, anatomie, séduction, charisme, normes sociales, mondanité, sexe, mais aussi camouflage de ton arme, maniement du stylet ou du poignard et tout ce qui peut t’intéresser et augmenter ta culture, le sexe, c’est avant tout une débauche de culture chez les puissants, tu verras.

Il me sourit et partit, je rangeai notre chambre et m’en allai pour les deux années les plus marquantes de ma vie.

♦ ♦ ♦ ♦

- Tu crois sincèrement que mettre une main sur la cuisse du Gouverneur de Tadryon sans rien lui dire d’autre que ça va te permettre de le déshabiller ?


Je ris aux éclats. Marie avait le mérite d’être franche, évidemment que ça ne marcherait pas.

- Viens, on va faire une pause, ça te changera les idées.

Elle nous fit passer dans une pièce plus discrète et confortable et nous discutâmes plusieurs dizaines de minutes, de son travail, des missions dont elle avait le droit de me parler et qu’elle avait effectuées ainsi que de ma potentielle future vie. Cela faisait six mois maintenant que j’étais là, je m’étais formé, avec bonheur à la conversation mondaine dans les règles de l’art, même si je peinais encore à ne pas confondre les règles des différentes peuplades.

- Ça se passe bien avec Pierre ?
- Oui, très bien ! J’ai assez vite saisi la différence entre ce que j’apprends et ce que je fais avec Pierre et heureusement. Je me demande juste quand sera sa première mission.
- Demain.

La sentence était tombée de manière plus claire que prévue.

- Tu ne peux plus le revoir d’ailleurs, il a déjà reçu ses ordres et a commencé son Mirage, le voir reviendrait à griller une partie de sa couverture, tu sais bien qu’on n’a pas le droit.

Je tentai d’articuler une phrase, un mot, une réaction, mais j’était tétanisé. Les six mois qui s’étaient construits entre rires et tendresses étaient sur le point de disparaître. Marie venait, peut-être sans s’en rendre compte, de tirer le roi de cœur du château, celui sur lequel s’étaient posées toutes les autres cartes.

- Il est où ?
- Dans la chambre d’à côté.

Alors qu’elle me le fit remarquer, je tendis l’oreille plus attentivement et entendis le bruit de ma vie et de la chambre qui se vidaient. Les habits nécessaires qui se rangent, des toussotements qu’il faisait lorsqu’il se préparait à cacher quelque chose, puis plus rien. Marie m’avait laissé sans que je ne m’en rende compte. Sur la table de la pièce aux rideaux rouges dans laquelle on était, elle avait écrit sur un papier :

« Tu peux aller le voir, mais tu sais ce que cela implique. »


Oui, je le savais. Pour la première, j’avais trouvé mon individualité et elle se trouvait sur le point de partir, mais je savais ce qu’il fallait faire. Je serrai le papier dans mes mains, puis sortis d’un pas décidé de la chambre. Je fis rapidement les quelques pas qui me séparaient de lui et arrivai devant sa porte, là je ne frappai pas, je ne sonnai pas et je ne m’annonçai pas. Je laissai passer le mot que j’avais écrit en tremblant sous la porte.

Je repartis sans un bruit. Le soir, je pleurai toute la nuit et le lendemain, je me réveillai aux aurores pour aller courir dans le Hall des Marchands encore vite.

Marie m’accueillit à la Chambre avec un sourire entendu et me tendit un poignard émoussé par le manche.


- Suis moi

Elle me fit traverser le Hall et m’emmena dans une alcôve proche de celle où j’habitais la majeure partie du temps. La réminiscence de mon ancienne vie me fit ironiquement sourire, pourquoi devait-elle arriver aujourd’hui ?

Nous débouchâmes sur une petite caverne avec une reproduction grossière d’être humain faite en tissu lacéré au centre de la pièce. La présence unique d’un mannequin lui donnait une pureté apaisante.


- D’abord lâche toi et ne te blesse pas, je vais quand même te montrer le coup de base.

Elle prit sa propre lame d’un geste souple et me montra comment frapper fort et efficacement le mannequin en décrivant un arc de cercle vers l’extérieur avec la lame retournée tenue dans sa main droite. Elle vérifia que j’avais bien compris d’un regard et partit sans plus me regarder.

Je passai la journée suivante et une bonne partie de la nuit à faire exactement le même coup, avec élan, sans, sur place, en marchant, rapidement, longtemps. Je me rendis compte après plusieurs heures que j’avais tant serré le manche de mon arme d’entraînement que les muscles de ma paume étaient douloureux et que ma peau s’était crevassée par endroit. Une fois cela mis dans un coin de mon esprit je continuai jusqu’à m’endormir, je ne réfléchis pas pendant plus de vingt heures et ce fut incroyables. Je dormis peu et le lendemain je recommençai.

Ce manège dura cinq jours, à la fin desquels je ne tenais quasiment plus debout. Chaque matin je trouvai devant moi un bol de gruau énorme et un immense contenant d’eau. Au soir du sixième jour, le mannequin ne supportait plus aucun de mes coups, tant le tissu était déchiré et le coup de base que m’avait montré Marie était entré dans mon corps.

Le lendemain matin, je me réveillai avec Marie qui mangeait devant moi. Le tissu du mannequin était neuf et une nouvelle arme, émoussée également, mais pas tâchée par le sang de l’épuisement de mes mains était face à moi. Elle m’avait bandé les mains pendant mon sommeil.


- Tu as dormi deux jours, ça va mieux ?


Cette question me ramena à mon univers d’intellection, peut-être que ça allait mieux, je l’ignorais, j’avais cessé de penser pendant près d’une semaine et ce fut incroyable. Je me forçais à arrêter de penser, mon corps en demandait encore, il avait besoin de sensations pour combler le vide.


- Montre moi la suite, s’il-te-plaît.
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Message(#) Sujet: Re: Plaisir de Chambre [Solo/+18] Lun 6 Mar - 0:02

Les mouvements se complexifièrent assez rapidement et elle venait m’en montrer un nouveau tous les trois jours environ, nous prenions une journée pour revoir les anciens et nous avancions, j’avançais avec le même acharnement, toujours, pour que mon corps retrouve des sensations. Pendant deux mois, mon inconscient m’imposa un rythme infernal qui porta ses fruits, après ce temps, j’utilisais le poignard comme le prolongement de mon bras, malgré cela, je n’avais pas l’impression d’être complètement comblé. Il manquait quelque chose d'insolvable, la sensation de la faim qui nous tiraille après un repas ou celle de la soif qu'on n'arrive pas à étancher. Il me manquait une pièce, quelque chose pour combler mon appétit et mon acharnement contre lt issu du corps au milieu de la pièce ne suffisait apparemment pas.

- Qui est-ce que tu as lacéré tout ce temps ? Pierre ?

- Je n’ai pas réfléchi à ça.

- Je te demande de le faire.
- Je n’ai pas lacéré Pierre, tu le sais. Je n’ai pas attaqué le Spectre non plus, ni aucun Frère, ni aucune Soeur

- Alors qui ?


Je ne sus quoi répondre et elle partit. Le lendemain, même question, mutisme et départ. Et ainsi de suite, jusqu’au jour où :

- Qui est-ce que tu as lacéré tout ce temps ? Pierre ?

- Le Gouverneur, Ohibaan, un de ses fils, une de ses sujets, peut-être les quatre, celui qu’on m’a demandé de faire, celui qui a aidé Spectre a avancé.
- C’est…
- Ce n’est pas tout, ce n’est pas la vérité je crois. J’ai crevé le plus d’abcès possible du monde pour avoir la place de s’y immiscer et de voir le problème différemment, j’ai ouvert des brèches, j’ai détruit la guerre qu’il y avait à l’intérieur de mon corps. Je ne sais pas si ça suffit, mais j'ai percé quelque chose qu'il fallait percer.

Marie sourit.


- On va passer à des mouvements plus intéressants dans ce cas.


Pour la première fois depuis longtemps, je ne m’entraînai pas jusqu’à l’épuisement. Au bout de plusieurs heures, Marie me proposa de revenir dormir à la Chambre, mais je restais dans mon alcôve et elle revint le lendemain, le surlendemain et cela continua encore quelques semaines.

Un matin, ce fut la tête de Pierre que je vis en me réveillant. J’écarquillai les yeux et me cramponnai à lui comme s’il menaçait de repartir sur le champ.


- T’es rentré !
- Je suis pas parti.
- Comment ça ?
- Tu as bien fait de ne pas rentrer dans ma chambre il y a quelques semaines, si tu l’avais fait, tu aurais dû affronter les conséquences par rapport à Spectre, il fallait que tu comprennes l’intérêt du maniement d’une arme, l’intérêt de la confidentialité et aussi beau que cela puisse être en théorie, c’était à ton corps de le ressentir. A ton monde sensible comme tu me le décrivais lors de nos soirées passées à rire. Je ne sais pas quand je partirai, mais je sais que si je pars, ce que tu m’as écrit vaudra toujours.

Les choses se mirent en placent. Ce bruit de toussotement était celui du mensonge utile ; il m’avait fait comprendre ce qu’il fallait pour achever ma formation le mieux possible : Spectre. Spectre ne souffre pas d’émotions individuelles, nous avons le droit d’en avoir, mais elles passent après Spectre, car le but premier est d’en finir au plus tôt. Il me regarda et nous cuchotâmes de concert :

- Spectre.
- Je crois que tu as compris, j’espère que tu n’es pas fâché pour ça.
- Bien sûr que non.

Ce jour là, nous nous dépêchâmes d’aller dans ma chambre du quartier des habitations et nous fîmes l’amour comme jamais, l’amour comme ceux qui se retrouvent et qui se sépareront peut-être demain. Peut-être le mode de vie si précaire de mes Frères, Sœurs et de moi-même, était une cause de notre manière d’aborder la sexualité, il fallait toujours pouvoir s’épanouir, même si les partenaires changeaient.

♦ ♦ ♦ ♦

- Tu as déjà compris le concept d’Union, Pierre ?
- Je crois. Mais je ne suis pas sûr, comme j’ai rejoint le corps d’espionnage, dans tous les cas, je ne peux pas le faire, mais je crois que des gens veulent se garder de ce que tu as vécu pendant tes mois d’entraînement à lacérer le mannequin.

Il en parlait sur un ton léger alors que tout cela venait d’arriver, il y a quelques mois à peine. Mes combats contre le mannequin avaient continué, puis étaient devenus des combats contre Marie pour finir par des combats contre Pierre. Ils n’étaient pas très avancés dans l’échelle hiérarchique du Spectre, mais ils m’avaient transmis tout ce qu’ils pouvaient.

♦ ♦ ♦ ♦

- Cette fois je m’en vais vraiment, je pars espionner, je ne sais pas pour combien de temps j’en aurai, mais si tout se passe bien, et tout devrait bien se passer, je reviendrai.

Nous rîmes doucement.

- J’ai encore un truc à te donner.

Il alla dans un des tiroirs de sa chambre et en sortit un tissu blanc, propre et doux qu’il me tendit.


- Ouvre-le.

Il me le déposa sur les genoux et je défaisais les pans qui cachaient le contenu du paquet. A l’intérieur, se trouvait une magnifique lame qui semblait sortir tout droit de la forge. Je la saisis dans ma main et sentis sa légèreté et son équilibre, j’arrivais à la faire tenir sur un de mes doigts, je la saisis, jouait un peu avec en arborant un sourire d’enfant.

- Je suis content qu’il te plaise, je crois que tu avais un fourreau à remplir non. Pas de jeux de mots, non plus, tu me l’avais dit un soir.

Je l’embrassai, il me prit dans ses bras. Mon corps prit le temps d’enregistrer cette sensation de chaleur puis je me levai après avoir rangé mon poignard dans l’étui qui ceignait ma cuisse.

- Bonne mission, ne fais pas attention à toi, fais attention à Spectre.


Il me sourit encore une fois et je partis, le laissant à ses préparatifs, qui cette fois n’étaient pas là pour me duper. Marie m’attendait au bout du couloir.


- Ça nous est tous arrivés, de manière différente, mais ça nous est tous arrivé.
- C’est la guerre, Marie. Lorsque Ohibaan et le Gouverneur seront des agents de Spectre, on sortira de l’Alcôve et tout ira merveilleusement bien, mais pour ça, il faut que je continue à apprendre à les contenter, on s’y met direct ?

C’est ainsi que je passai les derniers mois de ma formation dans la Chambre, je découvris ce qu’il restait à apprendre autrement que par l’expérience, le corps des femmes et des hommes n’avaient plus de secrets anatomiques, tout était à la fois si mécaniques et si différents chez chacun d’entre nous que le sexe devenait quelque chose de fascinant. Les arcanes du plaisir s’offraient maintenant à mon expérience, le plus intéressant restait à venir.

♦ ♦ ♦ ♦

Bientôt deux ans, il y a deux ans je m’étais assis sur le bord du Cercle de Pierre avec Lison et j’avais compris que je ne pouvais plus seulement rester à errer entre les autres castes et la mienne à écouter, mais que si je voulais rejoindre un des deux corps, il fallait que je me prenne en main, que mon corps enregistre. Je jetai un regard sur la paume de mes mains, mon corps avait enregistré. Sans m’en rendre compte, ma musculature s’était affinée, je n’étais pas vraiment plus fort, mais mon corps avait compris comment l’utiliser différemment, avec plus de souplesse. J

Je m’assis sur le bord du Cercle de Pierre et attendis que Lison ne termine son cours sur la géographie du continent et les emplacements des différentes factions. Les élèves étaient un peu plus jeunes que moi et lorsqu’il termina, tous se levèrent et partirent en direction du Hall. Lison plia consciencieusement sa carte et vint derrière moi. Je ne lui laissai pas prendre la parole et me levai d’un bond.


- Je t’avais dit que la prochaine fois que je viendrai, j’aurai quelque chose à te montrer.

D’un geste entraîné, bien que pas parfait je sortis mon poignard et le lançai en l’air avant de le rattraper par le manche.


- Tu as les mains cicatrisées.

- Je ne me suis pas encore remis complètement des quelques mois intensifs que j’ai dû faire. Je n’ai pas la carrure pour ce genre d’entraînement, mais ça a le mérite d’être fait, merci Lison, merci de ton aide.
- Je n’ai rien fait.

Je souris, il savait ce qu’il avait fait.

Je fis volte-face et partis du Cercle de Pierres en direction du Hall. Lorsque je rangeai mon arme, ma main toucha le papier que m’avait glissé Pierre sous la porte en partant. Je souris nostalgiquement en le dépliant et le relus.

Je le pliai soigneusement, le rangeai proche de mon arme et partis, une certaine Salomé m’attendait, nous nous étions rencontrés il y a quelques jours.  

1512 mots


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