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 Une excursion difficile [Nastralya]

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Sigfrëli
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Message(#) Sujet: Une excursion difficile [Nastralya] Ven 10 Mar - 0:16

Inventaire Sigfrëli:
 
Inventaire Carlis:
 


Une comptine entêtante rongeait la Fille d’Ohibaan.

« Hanaamu, Hanaamu,
Si nous sortons dans l’bois,
Tu nous mangeras tout cru ! »

Un an qu’elle l’attendait déjà. Jour pour jour. Deux expéditions avaient été menées dans le cadre de sa recherche et avaient été jusque-là infructueuses. Alors qu’on essayait de la persuader qu’il avait disparu et ce, pour de bon, la jeune promise refusait d’y croire. La seule preuve qui avait conduit certains varsäls à penser cela était l’absence d’indice. « La nature avale tout. » avait-on dit à Sigfrëli. Les Dracoras emportent leur proie dans leur tanière et il est impossible de s’en approcher sans ameuter la troupe. Des zoologistes qui n’étaient pas convaincus par la disparition sans trace d’Omin avaient émis l’hypothèse qu’un groupe d’Impurs était passé dans la forêt d’Hanaamu. Cette idée était encore plus douloureuse que la première ; une forteresse est plus difficile d’accès qu’une forêt chargée en prédateurs. Enfin, la dernière piste était l’hanaamu lui-même, l’animal légendaire. Cette idée rendait les moins courageux lâches et les plus téméraires réticents. D’aucun se refusait à rejoindre une expédition ‘perdue et mortelle’ car d’emblée ils étaient persuadés de l’échec. Sigfrëli avait dû lutter des mois pour qu’on l’autorise à créer une troisième expédition, la dernière.

« Tu as la force en toi, Sigfrëli. »avait dit son père. « Mais la nature reprend de droit ce qu’il lui appartient, si Omin est mort, nous nous devons de respecter le cycle. » Si Omin était perdu dans une nature hostile depuis un an, elle devait se rendre à l’évidence ; elle ne le retrouverait jamais. Lui seul, alors, était capable de se tracer un chemin par-delà les champs de bleutées. « Je suis allé demander de l’aide à nos voisins, je ne pourrais pas venir ma chère fille. »

« Merci de nous avoir rejoint dans cette expédition. Fille de Mäggrit et de Bapti, je vous en suis très reconnaissante. Votre courage et votre volonté m’honorent. » La seule présence de sa famille pouvait se compter dans l’avant-dernière sœur, une fille aux longs cheveux châtains et aux peintures rouges vives. Carlis était venue prêter main forte. Sigfrëli sourit et se mit à adresser une prière à la nature oralement, l’espoir grand.

—————◇◆—————

Le territoire de la forêt d’Hanaamu était immense, l’expédition devait commencer par la première couronne ; celle des bleutées. La dernière fois où Omin avait été aperçu vivant. Sigfrëli observa chaque arbre. Elle s’attendait clairement à quelque chose. Elle s’imaginait des choses. Omin réapparaissant derrière un arbre, Omin sautant sur la mousse d’une branche. Les yeux relevés, elle manqua d’écraser la queue d’une petite créature qui passait par là. Ce fut Carlis qui l’en empêcha. Ytole, un fils d’Ohibaan et ami d’Omin, avait accepté de l'aider. C’était un bon pisteur. L’équipe était peu nombreuse mais précieuse. Soudain, un des membres fit signe à Sigfrëli, Carlis et Ytole de s’abaisser. Ils n’avaient rien entendu mais visiblement, ils n’étaient pas seuls dans cette gigantesque flore. Des Impurs marchaient à travers un chemin qu’ils peinaient à tracer. Le sol s’illuminait à chacun de leur pas et ils ne semblaient pas s’en soucier. Les doigts de l’apprentie serrèrent la lance qu’elle portait dans le dos. Quelque chose d’irascible bouillonnait en elle. Et si les Tadryens avaient enlevé Omin ? Sans s’en rendre compte, elle s’était approchée dangereusement du bord. Carlis l’attira brusquement contre elle pour éviter qu’elle ne tombe. Toutefois, elle ne put éviter la perte des choums carrés ; sucreries emballées dans des feuilles, une nourriture permettant au corps d’être rapidement sustenté pour une moyenne durée.
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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Mar 14 Mar - 14:27


Inventaire:
 

Malgré l’enseignement que l’on nous donne, et même si nous ne connaissons que celui-ci, il y aura toujours une part de nous qui remettra  sans cesse en doute cette vérité qu’on nous inculque. Nous possédons toujours le libre arbitre de ne pas y croire, de ne pas oublier, même si on nous murmure chaque jour qu’il est mieux au creux de l’Équilibre. La mort est un enseignement difficile à comprendre, difficile à accepter, mais il est préférable de parfois balayer de la main nos sentiments et nos peines, de continuer d’avancer.  Il y a ceux qui en sont témoins, ceux qui en sont coupables et ceux qui ne connaissent pas encore la perte d’un être cher. Il y a ceux qui mourront pour l’Insoumise, ceux qui fuiront les combats et les responsabilités pour ne pas affronter la mort, puis ceux qui vivront celle-ci comme si leur âme se déchirait en une fraction de seconde. Qu’importe où vous vous situez,  vous y serez toujours confronté. Il est alors préférable de la faire sienne, comme un cadeau du ciel, comme un don de la Nature. Nous sommes nés pour nous battre, nés pour mourir, et nous recommencerons le cycle jusqu’à ce que la mort ne nous effraie plus.    

Accoudée à la fenêtre, j’épiais les habitants qui se mouvaient dans une masse infernale. « Le seul moyen qu’elle accepte sa disparition serait qu’elle tombe sur son corps pour constater d’elle-même et ce n’est pas possible… Cette excursion ne mènera à rien, encore une fois. » Les paroles de la femme attirèrent mon regard. « C’est sa dernière, cette fois-ci. Elle est prête, j’en suis certain. » « Ce sera toujours la dernière. » Elle donna un coup de coude à l’homme et se mêla à la foule. Sigfrëli était connu pour son don naturel envers le corps. Si nous avions le moindre problème, elle était l’une de celle que la population allait voir. Je la connaissais de visu, je n’étais jamais allé vers elle pour mes nombreuses maladies à répétition, m’étant penché vers un autre médecin, un ami proche de ma famille de sang. Aujourd’hui se tenait une troisième excursion pour essayer, au moins, de trouver des indices sur l’homme avec qui elle s’était unie.  Je soufflais en me levant, mettant mes bombes sur ma ceinture et saisissant ma lance.

Le groupe était déjà parti lorsque je posais pied-à-terre, mais quelques questions aux fils.filles d’Ohibaan me firent entendre qu’ils commenceront à la première couronne de la forêt. Je les rejoignis lorsque Carlis attrapa violemment Sigfrëli en arrière. Je me m’agenouillais à mon tour, me rapprochant du bord pour constater que les sucreries de Choum avaient fait scintiller les fleurs. Je me plaquais donc à un arbre, caché des Tadryens qui avaient déjà pointé leurs armes sur l’endroit. Je ne savais pas vraiment ce que nous cherchions, à prendre des risques inutilement, mais Ohibaan disait souvent qu’il ne fallait pas regarder que vis-à-vis de soi, que si quelque chose d’insignifiant pour nous était important pour un autre, alors c’était réfléchi de s’y pencher, d’aider. Saisissant une petite branche morte, je la jetai au loin, faisant scintiller les fleurs au contact du sol. En formation, les Tadryens bougèrent de quelques mètres. « Sigfrëli. » Murmurais-je en pointant du doigt quelques Dracora qui se mouvaient dans les herbes hautes, dos aux Tadryens. Je sautai la branche pour les rejoindre. « Nous devrions nous déplacer avant que l’un d’eux ne nous voie. » Leur armure était telle que je ne savais pas si les Dracora auraient raison d’eux. Cependant, les lasers fuseraient et s’ils nous voyaient, nous serons bien incapables  d’éviter leur tir meurtrier. Les Dracoras ne se firent pas prier lorsqu’ils furent à un mètre de leur proie, sautant aussi haut qu’ils le pouvaient, s’accrochant au casque de leurs griffes acéré. Rapidement, l’endroit fut l’acéré et des éclairs bleus illuminèrent l’endroit. « Sortons d’ici. » Soufflais-je en sautant une branche. Lorsque nous serons dans une relative sécurité, je lui demanderai alors ce qu’elle cherche à trouver, à quoi nous devons faire attention, mais surtout de répéter les indices qui avaient déjà était trouvé il y a de cela presque une année. Je les avais déjà entendus parler de cette disparition sans cadavre, surement source que des Tadryens étaient passés par là… cependant, je trouvais cela particulièrement étrange que les Tadryens puissent l’avoir enlevé, je les reconnaissais plus dans un corps parsemé de trous, laissés là, vide de son sang, que d’enlever l’un de ceux qu’ils considéraient comme une menace.  

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Sigfrëli
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Lun 17 Avr - 22:46

Les bleutées ressemblaient à des étoiles terrestres. Elles indiquaient le passage des créatures aux yeux du monde ; appelant les prédateurs les plus affamés à se regrouper dans les coins dépourvus de fleurs. Carlis passa une main sur l’épaule tremblante de Sigfrëli, qui manqua de tomber plus tôt. Chacune retourna la tête quand elles entendirent une voix familière qui n’était pourtant pas partie avec eux : Nasträlya, au grand soulagement des compagnons qui constituaient le petit groupe. Les deux sœurs regardèrent dans la même direction, quand la Fille d’Ohibaan indiqua l’emplacement des Dracoras qui se mouvaient silencieusement sur le sol, non loin d’eux. Ytole leur fit un signe. « Oui, nous y allons. » chuchota Sigfrëli, qui emboîta le pas d’Ytole, de Carlis et de Nasträlya. Elle n’était pas la dernière, bien sûr, trois autres filles et fils d’Ohibaan les suivaient également. Les Impurs furent surpris par les animaux aux crocs acérés et des projectiles de couleur indéfini cramèrent les endroits sur lesquels ils frappaient. Carlis échappa de peu à l’un d’eux en se réfugiant derrière le corps d’un arbre. N’étant pas la plus à l’aise dans les branches, Sigfrëli ne devait sa bonne fortune qu’aux anges qui l’entouraient. Elle manqua une branche et se heurta la poitrine contre la mousse. Ytole l’aida à rapidement se relever et ils continuèrent jusqu’à l’endroit présumé de la disparition : le cœur de l’affaire qui avait congelé l’esprit de Sigfrëli jusqu’à maintenant.
Avant qu’ils ne descendent, la jeune femme aux longues boucles épaisses répondit à Nasträlya, les yeux brillants « Les varsäls n’ont rien trouvé, sauf le lieu où il dormait. Aucun vêtement, rien. Comme s’il s’était volatilisé sur le dos d’un Varaza ou par magie. (Sigfrëli regarda ses genoux, grattant un poil qu’elle tira et jeta.) On cherche un signe, n’importe lequel, de son passage et de sa vie. Si une bête l’avait attaquée, ou si on l’avait enlevé, il aurait dû perdre quelque chose. » Désespérée n’était pas Sigfrëli, au contraire, ses mots sonnaient l’espoir. Elle avait dans la ferme intention de retrouver une trace, une seule, même si les autres expéditions avaient échoué. L’éventualité qu’il soit parti de lui-même était aussi envisagé par certains, mais pas par Sigfrëli. De là où elles étaient, elles devaient d’abord dégager des feuillages pour apercevoir l’endroit où l’homme avait disparu : un lit jaune recouvrait à présent l’endroit. Avec précaution, elle descendit de l’arbre, suivi par sa sœur jusque sur une racine qui s’élevait du sol. Le lieu qui devait mesurer dix mètres carré n’était pas recouvert de bleutées. Seulement voilà, une grande tige d’un jaune soleil trônait en son centre dont on devinait déjà la fleur : une orani doublée de petites sœurs bourgeons à ses pieds. La peau de garges qui recouvrait jusqu’à présent la fille d’Ohibaan fut relevée jusqu’à son nez, pour empêcher un quelconque pollen de rentrer. Ils ne pouvaient évidemment pas rester ici longtemps, même si le vent n’atteignait pas la zone. Sigfrëli, accroupie sur la racine, scrutait l’endroit où son promis avait disparu. Elle s’avança sur la racine. On pouvait déjà deviner les raisons de ce choix : protégé sur un flan par des arbres, sur un autre par des rochers, la seule ouverture pour des créatures féroces restait une minuscule entrée où seul un humain pouvait se glisser. Il avait dû camper ici, il restait de son passage un creux dans le sol, désormais recouvert par des tiges récentes. Il n’avait allumé aucun feu, c’était évidemment. 
Pourtant, c’était la dernière fois et c’était l’unique place. Personne ne se risquait à marcher sur les bourgeons. « Rien… » Le tour était rapidement fait. Il n’y avait : rien. Carlis pressa l’épaule de sa sœur, découragée par la vision. Quand soudain, un des membres du groupe pointa la fleur « A sa racine ! » s’exclama-t-il à mi-voix. Seuls des yeux accoutumés à la forêt et à la façon dont poussent les plantes auraient pu le voir. Il y avait, en effet, une drôle de forme, dont la surface ne rappelait ni la pierre, ni la flore. C’était un objet en cuir. « Oh nom d'un Shemtri… » L’objet était à peine visible : l’année passée avait suffi pour entièrement le cacher. Tout ceci semblait cohérent : la première expédition n’était pas partie à la suite de l’alerte donnée quelques semaines après la disparition du zoologiste, puisqu’un orage avait éclaté. Ytole se risqua à descendre de la racine. Il s’aventura, pieds à tâtons, entre les bourgeons et s’abaissa doucement au pied de l’orani. L’objet était piégé dans les racines entremêlées de la fleur. « Il faut que quelqu’un tienne la fleur. » souffla Ytole, concentré dans ses mouvements. 


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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Sam 20 Mai - 12:31


La disparition d’un Divergeant était assez courante au sein du Hameau, cependant, il restait toujours quelque chose de celui-ci… des membres, des os, n’importe quoi afin de procédé au lien du défunt, mais pas avec celui-ci. Son corps introuvable, son Shemtri sera inlassablement prié afin qu’il soit guidé au lieu des Shemtri et que le lien avec sa compagne se fasse. « Il y aurait dû rester quelque chose. » Répétais-je, comme pour signifier que parfois, il en est autrement.  Je commençais à soulever les grandes fougères et à écarter les herbes hautes, cherchant patiemment sans réellement y croire, quand une voix perça le silence qui venait de s’installer. J’accourus vers cette fleur au pollen toxique, plaçant instinctivement ma main devant mon nez. Un objet était bel et bien coincé entre les racines de la fleur, mais impossible de dire à cet instant si celui-ci appartenait bien au disparu. Je descendis à mon tour afin d’aider à la manœuvre, mais rapidement, mon manque de muscle me fit lâcher la plante plus vite que prévu. Un nuage de pollen commença à descendre vers la tige, puis les racines. Ytole me regarda, la main sur le nez et la bouche. Nous remontâmes sans plus attendre avant de nous secouer et de prendre une grande inspiration. « Il faut absolument pouvoir manipuler la fleur sans que le pollen puisse nous atteindre. » Je pris alors ma gourde et monta à une branche, suivis de Ytole  qui coupa une grande liane d’un des arbres. Tandis que nous étions au bout, il attacha la corde végétale autour de la branche, la laissant pendre près de la fleur. Je descendis donc, le goulot de la gourde entre les dents.  Lorsque mes pieds touchèrent presque les pétales, j’enroulai mon pied autour de la corde et enleva le bouchon de la gourde, versant l’eau sur toute la surface de l’étamine contenant le pollen. Le pollen n’allait maintenant plus faire de nuage. Je remontai tandis qu’Ytole commençait déjà à couper les racines gênantes. Je pouvais maintenant pencher la plante sans crainte qu’elle ne nous tue tous. La fleur était à moitié coupée et les racines endommagée à plusieurs endroits. « Espérons qu’elle survive » lança Ydole, la gourde en main. « Si ce n’est pas le cas, c’est que la Nature l’a décidé ainsi. » Je me saisis de l’objet, me rapprochant de Sigfrëli. « Comment peux-tu savoir qu’elle appartient bien à ton élu ? »  Je la tournais dans tous les sens. « A-t ‘elle un signe distinctif ? » Je lui donnais l’objet. « Dans tous les cas, ça ne nous dit pas où il a pu aller. » Ytole se pencha une nouvelle fois vers les racines. « Peut-être bien que si. » Il en sortit un collier dont la cordelette était coupée. Une corde y était pendue, comme le signe d’une victoire sur une bête. « À quel animal appartient-il ? » fis-je en le faisant tourner entre mes doigts. « À un Helroes. Une bête du No Man’s Land. Mais les Fils d’Ohibaan ne s’aventurent pas là-bas, il n’y a que la mort et la désolation. » « Donc je suppose que ça ne lui appartient pas ? » fis-je en regardant Sigfrëli. « Alors c’est là que nous allons ! » « Il nous est interdit d’y aller, Nasträlya. Il nous faudrait une dérogation pour nous y aventurer. » « Il est préférable de ne pas y aller, car trop proche du territoire ennemi, mais nous n’aurons aucune punition… de plus, quelqu’un compte-t-il répéter ce que nous nous apprêtons à faire ? »  Je regardais autour de moi. « Moi non et c’est la seule manière de savoir où est passé Omin, de savoir ce qu’il lui ait arrivé. Plus nous attendrons, plus nous perdrons sa trace. » « C’est stupide… si nous mourons là-bas, personne ne retrouvera notre corps et nos Shemtri pourraient errer sans retrouver son chemin. » « Alors, espérons qu’ils prieront assez fort pour que ça n’arrive pas. »

Zoologiste que j’étais, je n’étais pas prête à me laisser piétiner par un autre de mon espèce. Je me retournais vers Sigfrëli. « Que faisons-nous alors ? » Ytole croisa ses bras sur sa poitrine et je fis de même. Je paraissais impertinente, mais voyager à travers d’autre territoire était plus que captivant et n’importent qu’elles mises en garde n’étaient pas suffisantes pour m’empêcher de désobéir aux ordres.
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Sigfrëli
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Mar 27 Juin - 18:09

Ils déplacèrent la fleur avec une infinie précaution, Nasträlya et Ytole usant d’astuces ingénieuses pour éviter l’effet sporadique d’une orani secouée. Sigfrëli resta à quelques mètres de leur entreprise, secondée par Carlis qui les observait faire. Trois autres étaient postés dans les arbres, surveillant les alentours, bien que le petit groupe fût protégé par la flore du lieu. Ils décoincèrent l’objet pris sous les racines et la zoologiste la tendit à Sigfrëli. « La gourde est si vieille… » Elle tourna l’objet et le reversa, il n’y avait plus une goutte d’eau. Elle montra à Nasträlya les gravures, après avoir vérifiée elle-même quelques encoches. « Omin a l’habitude de compter ses jours hors du Hameau sur les objets… Il dit… Il disait que c’était une façon pour lui de mesurer sa force. » Elle rangea l’objet dans son havresac, preuve que leur recherche ne serait pas infructueuse, jusqu’à ce qu’Ytole désigne un objet loin d’être anodin pour un zoologiste. « C’est la dernière expédition, Ytole. Je ne suis pas idiote, c’est l’unique chance que j’ai d’espérer retrouver son Shetra… Et si tu penses que notre mort sera vaine si la nature le veut, je te demande sérieusement : pourquoi as-tu décidé de nous venir en aide, pour retrouver ton ami, si tu es persuadé que son Shetra s’est déjà dissipée et que son Shemtri se balade sur les terres qui ne l’ont pas vu naître ? » - « Sigfrëli, je prie déjà son Shemtri, c’est pour toi que je le fais. Ce n’est pas une gourde ni un pendentif qui le ramèneront à la vie, sa mort a sans doute déjà nourri la flore. Que la Nature veille sur lui à présent. » La fille de Mäggrit le regarda droit dans les yeux et choisit de l’ignorer, s’adressant à Nästralya puis aux quatre personnes. « Je suis assez forte pour continuer, car il est vivant. Que vous le vouliez, ou non. Omin a un Shetra de roc. Nous longerons l’étendue du No Man’s Land.  Ytole, fais ce que tu veux de ta vie et laisse mon espérance tranquille. » La force qui soulevait son moral manqua de s’affaisser mais elle tint bon. Elle grimpa sur l’arbre où étaient postés les quatre autres fils et filles d’Ohibaan. Sa petite sœur, Carlis, la rejoignit immédiatement. Elle regarda une dernière fois en bas, où Ytole était positionné. « Si la Nature le veut bien, nous le retrouverons. » Le fils d’Ohibaan regarda Nästralya et rangea le collier dans une poche inférieure.

Ils étaient arrivés à la limite de la dernière couronne. C’était la première fois que Sigfrëli était aussi proche d’un territoire tadryen sans en avoir l’autorisation. Certes, ce n’était pas Tadryon, mais elle ressentait déjà toute cette énergie métallique transcender l’espace. Il y avait quelque chose de dangereux, d’imprévisible, à franchir le pas et de poser un pied dans la plaine désertique. Quelques arbres encore faisaient office de gardiens de la forêt et luttaient très certainement contre les bourrasques des lieux tant ils étaient pliés, rabougris. Sigfrëli suivait Ytole qui pistait les traces d’un fantôme. Deux autres, Carmen et Lucy, regardaient les alentours à la recherche d’un signe distinctif. Carlis se pencha au-dessus de l’épaule de sa sœur et lui souffla quelque chose. L’aînée des Granpa fronça les sourcils, les yeux au loin. « J’ai l’impression de faire le chemin en sens inverse. Où trouve-t-on des nids d’Helroës ? » - « Ce ne sont pas des nids mais des tanières. » Ytole sortit le pendentif et le donna à Sigfrëli. « C’est une défense. Ce n’est ni un oiseau, ni un reptile. Nous le trouvons un peu plus loin, dans les terres damnées. » Sigfrëli regarda Nästralya, puis Carlis et les trois autres fils d’Ohibaan qui étaient revenus. « Maintenant que nous y sommes, nous continuons.  » - « Nous aurons juste assez d’eau pour revenir si nous nous y aventurons et la Nature seule sait quelles épreuves elle nous réserve encore. » Elle sortit du sac une outre d’eau et palpa le cuir. Elle était encore pleine. La fille d’Ohibaan en but une rasade sans en perdre une goutte et la fit passer. Elle en profita pour vérifier les quelques bandages et les lotions désinfectantes qu’elle avait puis elle prit sa lance. « Indique-nous le chemin, Ytole.  J’ai besoin de voir jusqu’où il est allé cette journée-là… » Le soleil était couvert par quelques nuages. Sigfrëli regarda sa sœur et Nästralya, très convaincue par leur réussite.



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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Ven 4 Aoû - 15:26


Un coup d’œil empli d’arrogance fit comprendre à Ytole que j’avais, cette fois, gagné cette manche. Quelques temps s’écoulèrent avant que nous tombions sur le No Man’s Land, marchant inlassablement à la recherche de quelque chose qui semblait d’un autre temps, d’une autre époque. Les minutes passèrent et nous courions après cet homme qui n’avait quasiment laissé aucun indice et dont les miettes semées devaient aujourd’hui être recouvertes de végétations. La dernière expédition, celle de la dernière chance avant de tourner une page, semblait être peine perdue, même pour ne trouver qu’un cadavre sans sa chair. Tandis que je soufflais, désespéré de la tournure des événements, je m’éloignais du groupe, m’approchant d’une roche moins envahie par les sombres cristaux. « C’est vraiment innu… » Mon pied sembla soudainement s’effondrer dans le sol et un craquement de bois se fit entendre, bloquant au niveau de ma cuisse. « Bordel de… » Je levais les bras. « Aide-moi, s’il te plaît. » Lyny me regarda, semblant rire de cette mauvaise posture, avant de me tirer et de me sortir de ce trou. Nous enlevâmes alors la terre des planches de bois clouées de l’intérieur, bouchant une entrée faite d’un tuyau en métal rouillé. Une odeur nauséabonde en ressortait, celle qui embaume un endroit lorsque la mort s’y trouve. Lyny avait plaqué son visage contre, pestant qu’on n’y voyait fichtrement rien. Je me levais alors et tapais de mes talons sur le bois abîmé, le brisant afin que la lumière puisse rentrer. Des formes se dessinèrent, mais pas assez pour les identifier. « Qu’est-ce que c’est ? » Je plaçais à mon tour mon visage afin de voir de plus près de quoi il en retournait. « Un abri peut-être… » « C’est trop grand pour un abri… » « Je descends. » Je me laissais glisser sur le rebord, me griffant çà et là par la végétation qui avait proliféré, avant d’atteindre le sol. Mes pieds atterrirent sur quelque chose de moue qui s’étala autour de ceux-ci. Je portai instinctivement mon bras vers mon nez, l’odeur était ici insupportable. « Je n’y vois quasiment rien ! » Criais-je, avant d’entendre Lyny glisser suivie d’autres. Pratiquement tous marchèrent sur ce cadavre décomposé que j’avais piétiné tantôt. Soudainement, la lumière jaillit du plafond, blanche et parfois brisée, laissant des zones moins éclairées que d’autres. Steev venait d’enclencher les lumières.  « Nous avons l’électricité à Tadryon. » Il s’avança dans la pièce d’où d’autres cadavres nous attendaient, pratiquement ôté de leur chair. « Je ne sais pas si ceux-ci venaient de Tadryon, mais ils avaient l’électricité… je me demande bien ce qui les a décimés… » Steev était un nouveau parmi notre groupe, sa petite sœur étant une Évoluée, il avait dû prendre la fuite avec elle. « Tu nous seras surement très utile. » Lâchais-je en m’avançant, évitant une nouvelle fois de piétiner les cadavres. Les murs étaient rouillés, parsemés de petits tuyaux, parfois cassé et déversant quelques gouttes d’eau. Je jetai un coup d’œil vers Sigfrëli. « S’il est ici, a-t-il un signe distinctif qui pourrait nous aider à le trouver ? » « Ce sera surement nécessaire oui… » La voix de Steev retentit un peu plus loin. Il tenait entre ses doigts un papier. « Il y a une liste et son prénom, ainsi que son nom, y est inscrit. » Il se rapprocha de Sigfrëli. « Tiens. » Il tourna ensuite le visage vers l’un des cubes en plastique. « Je vais essayer de redémarrer un des ordinateurs. » « Un quoi ? » « Un ordinateur. On peut peut-être découvrir ce qui se tramait ici. Ils l’ont peut-être écrit ou filmé. » « Filmé ? » Il souffla, désespéré, avant de s’avancer vers l’un des bureaux. « Essayez de trouver des… » Il s’arrêta net, avant de rajouter. « Des boîtes très fines renfermant des trucs ronds avec un trou au milieu. » « Encore un truc de Tadryen ? » « Tout à fait. » Il me sourit avant de se pencher sur la machine. Je me tournai vers Sigfrëli, prête à parcourir la plateforme souterraine. Chacun était parti de son côté, trifouillant un peu partout. Lyny et Carlis étaient en revanche restés près de nous. « On y va ? »  

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Sigfrëli
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Mar 20 Fév - 12:29

Les compagnons avancèrent. Sigfrëli ruminait silencieusement quelques prières adressées à la faune et à la flore, qu’Elles soient clémentes et laissent au petit groupe un moyen de trouver le Disparu.  La jeune guérisseuse n’était pas bête au point d’ignorer les risques de cette entreprise, elle les connaissait même plutôt bien. Qu’elle ne le retrouve jamais faisait parti intégrante de la quête, selon son Père Mäggrit. Tous ses proches n’avaient eu de cesse de lui répéter le maigre potentiel de la réussite, réussite qui se solverait sans doute avec la découverte d’un corps décharné dans un coin de la gigantesque forêt. Et peut-être qu’à ce moment-là, elle pleurerait la mort d’un inconnu qu’elle prendrait pour son Promis, Omin.  Tous seraient soulagés dans un sens, la quête serait bouclée et elle se ferait peut-être définitivement à l’idée. Beaucoup, dont son père, attendaient qu’elle reprenne ses activités qui la destinaient à un avenir bien différent, qu’elle avait mis de côté dans la recherche de son grand amour. Une pensée subsistait et planait au-dessus de toutes : il était vivant. Elle en était persuadée. Quelque chose, un murmure le lui soufflait. Elle en avait fait part à sa mère, qui l’avait écoutée. Omin était précautionneux. Il aurait pu faire un excellent guérisseur s’il ne s’était pas destiné à l’apprentissage chez les zoologistes. Et il était également attentif. Il pouvait se montrer imprévisible mais durant leurs brèves entrevues amoureuses, il avait fait comprendre à Sigfrëli qu’il pensait longtemps les choses avant de les appliquer. Être imprévisible était plus un constat chez les autres membres qui ne se doutaient pas des actions dudit garçon. S’il avait été attaqué par une bête durant sa chasse, sa planque près de l’endroit où ils avaient retrouvé la gourde et du collier n’aurait pas été à ce point vidé. Quelqu’un l’avait fait car du passage d’Omin sur ces terres il n’en restait rien. Quelqu’un avait trouvé l’endroit et l’avait dérobé, le mettant sans doute dans le mal.

Sigfrëli s’approcha de l’endroit que tous venaient de déblayer pour dégager une petite « entrée », une sorte de trou dans le sol. Carlis descendit pour rejoindre ceux qui étaient déjà en bas. La guérisseuse en apprentissage regarda le paysage silencieux tout autour d’elle avant de se mettre elle aussi dans le trou. L’endroit portait une odeur âcre et mauvaise, un « spchouick » et un « crac » gelèrent la fille d’Ohibaan qui vit dans quoi elle venait de marcher. « Qu’est-ce que c’est ? » - « Un cadavre. » - « Non, l’endroit. » Sigfrëli avait déjà vu des morts mais n’avait pas encore marché dedans. L’expérience était déroutante. Cependant, cette découverte attira son attention. Soudain, la lumière fut. Un instant, elle crut qu’on lui brûlait les rétines tant le soleil était fort. « Oh ! » dit-elle, les yeux bandés de ses bras. Steev répondit. « La lumière. Tu ne crains rien. » Carlis avait eu la même réaction et quand Sigfrëli ouvrit les yeux, elle découvrit l’endroit. Ce n’était pas un vestige, du moins, pas avec ce cadavre en pleine décomposition au centre de la pièce. Certains s’attardèrent dans un coin où était amassé un tas de bric-à-brac dont les formes ne rappelaient rien à la guérisseuse. Elle s’en approcha, les yeux grands presqu’en larmes à cause de la lumière. « Je vais m’occuper du corps. » - « Pourquoi faire ? Ce n’est pas Omin. Omin ne portait pas de tels habits et - » - « Je sais. » le coupa-t-elle. « Tout homme mérite son repos, n’est-ce pas ? » - « Ca dépend de quel homme. » dit Lyny. « Si tu parles des boîtes de métal – désolée Steev -, leur repos ils peuvent se le faire dévorer par mère nature. Ca m’est bien égal. » Quant à Steev, il vint donner un bout de papier. Sigfrëli avait davantage l’habitude de lire des lettres manuscrites que des rapports imprimés, cependant, la lecture en était facilitée. « Impossible. » Carlis qui savait lire également s’avança et prit le papier que Sigfrëli lui donna facilement. Elle regarda un temps sa sœur. « Je savais qu’Elle t’entendrait. » Néanmoins, l’heure n’était pas aux retrouvailles, ce morceau pouvait être l’annonciateur d’un Mal encore plus grand. Ytole lut le papier à son tour. Sa mine voulait dire « J’aurais préféré qu’il meurt en forêt plutôt que dans un tel endroit. » mais il se tut et rendit le papier à Sigfrëli qui n’osa pas le plier. Elle observa son ami qui se mit à la recherche de ce que Steev avait demandé. Quant à elle, elle alla près du cadavre et chercha les nouveaux habitants du corps ; des vers. Elle ne toucha le mort qu’avec ses gants. L’odeur était supportable à condition d’avoir une baume assez forte pour le nez, ce qu’elle ne possédait pas en cet instant. Elle ne put rester longtemps à côté de l’homme en putréfaction. « Oui, il est bel et bien mort. » dit Steev sur un ton ironique. « Je n’aurais pas cherché à le sauver. » avoua-t-elle. « Pourtant, là n’est pas ton devoir ? » - « Et moi je ne l’aurais pas laissé faire » dit Ytole qui cherchait l’objet. « Ah et pourquoi cela ? » Sigfrëli perdit l’intérêt de répondre et se mit à chercher. « L’homme est mort depuis quelques semaines. Et ce n’est effectivement pas Omin. » Quand Carlis dit « C’est pas ça que tu cherches ? » à l’intention de Steev. Il s’approcha de la sœur de Sigfrëli et prit l’objet. « C’est un bon début. Il y a peut-être d’autres cédéroms. »
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Message(#) Sujet: Re: Une excursion difficile [Nastralya] Ven 1 Juin - 23:21


Nous savons tous plus ou moins mentir en fonction des situations. Cependant, nous préférons omettre tant que la question ne nous est pas directement posée ou l’élucider lorsque celle-ci arrive sans que nous nous y attendions.  Ainsi, quelle place donnons-nous à la vérité et parmi ces vagues de remaniement de la réalité, est-elle réellement nécessaire de briser nos convictions, nos espoirs ou nos rêves pour quelque chose de douloureux ? Je froissai le papier entre mes doigts. « Tu as trouvé quelque chose ? » lança Steev par-dessus mon épaule. Mentir, élucidé ou omettre ? « Seulement de foutus morceaux de papier inutiles. » Répondis-je en le jetant dans une flaque d’eau, simulant l’agacement. Je retraçais les murs humides de ma main, avant de la laisser se cogner sur chaque barreau d’une prison où trônaient quelques cadavres. Lyny se précipita sur la porte de métal rouillée, collant son visage contre deux barreaux et pointant du doigt un petit objet brillant. « Regarde, là ! » Sur le corps d’un homme encore en bon état dépassait un disque de plastique troué, semblable à ce que recherchait Steev. « Trouve la clef ! » « Tu veux parler de la clef de celui-là ? » contre le mur, enfermé, se tenait un homme qui maintenait fermement l’objet de convoitise. Lyny sembla déçu. « C’est stupide… pourquoi il se serait enfermé dans une cage ? » « Demande-toi plutôt comment ils sont morts… » Steev se mit à tousser, portant sa main à sa gorge. « Les moisissures m’ont toujours fait cracher mes boyaux… » Il se remit à tousser avant de se saisir du Cd-rom que lui tendait Carlis. « Voyons si cela fonctionne. » Il ouvrit une trappe comme par magie, avant de l’insérer. Un petit sablier tourna sur l’écran, avant de laisser place à une vidéo d’une vieille caméra, celle d’une pièce que nous n’avions pas en visuel. « Jour : deux Juin deux mille sept cent vingt et un. Lieu : cellule numéro six, patient numéro dix. » Si je ne le reconnus pas de prime abord, il suffit que son visage se tourne vers la caméra pour en saisir tous les traits. Tous les visages jetèrent un petit coup d’œil à Sigfrëli. « Le patient ne présente aucun symptôme de la maladie. Comme nous l’avions envisagé, il semblerait que les mutants soient immunisés contre la moisissure du Colifère. Elle ne se propage également pas par voie sanguine, salivaire ou par l’air, contrairement aux autres patients. Notre prochain objectif est de déceler d’autres mutants qui permettraient la confection d’un remède. » La caméra se coupa. Mes doigts caressèrent la moisissure du bureau, avant de  l’essuyer de mon pouce et de mon index. Steev se remit à tousser, attirant les regards. « Sigfrëli ? » lançais-je doucement. « Quel genre de maladie obligerait des Hommes à s’enfermer bénévolement dans une cage pour y mourir ? »   La question était rhétorique : surement la pire maladie qu’il soit. « Il faut trouver un autre CD-rom… » Lança le bleu, vraisemblablement secoué par la découverte. Personne ne sembla parler d’Omin et du fait qu’il soit, peut-être, vivant. Pour le moment, nous devions protéger notre peuple composé d’évolués et non évolués de l’épidémie.

Un deuxième enregistrement fut lancé. « Jour : cinq janvier deux mille sept cent dix-neuf. Lieu : cellule numéro quatre, patient numéro deux. La maladie se propage de plus en plus rapidement. Elle semble évoluer de jour en jour, allant jusqu’à contrer nos tentatives de ralentissement des symptômes. » La caméra montrait une femme agitée, semblant crier et s’arracher les cheveux, avant de courir pour essayer d’attraper quelque chose hors de sa cellule. « S’il y a quelques mois, la contamination n’était que par voie sanguine et salivaire, elle est à présent tout autour de nous. Les premiers symptômes sont une toux qui devient de plus en plus sévère, pour ensuite suivre par un saignement nasal ainsi que des yeux. L’agressivité est le dernier symptôme, mais beaucoup ne parviennent pas à ce stade du développement de la maladie. Le patient semble grandement souffrir. Il se situe entre une demande d’aide de la part d’un tiers et le désir de le détruire afin de soulager la douleur un court instant. » L’enregistrement se coupa et je me précipitai pour ramasser l’un des papiers où j’avais trouvé le prénom d’Omin dans la liste des sujets tantôt. « Jour : deux mille sept cent vingt-deux. Lieu : Base de recherche. Les bateaux nous attendent afin de quitter l’île. Pratiquement tous sont décédés et les derniers contaminés attendent que la maladie les emporte. Nous prenons avec nous le dernier sujet résistant au Colifère. Nous scellons également les issues, mais tout indique que la moisissure continuera de s’étendre. »  Steev continua de tousser, essayant tant bien que mal de nous rassurer de son état. Je regardai Sigfrëli. « Dans un complexe scientifique, nous devrions trouver une salle avec des instruments médical, n’est-ce pas ? » Je la suppliais du regard, saisissant également ma lance d’une main. « Dis-moi que tu peux trouver une solution. » J’étais prête à tuer Steev et tous les non évolués de la pièce, avant de brûler les lieux, mais avant, je voulais savoir si la médecin était prête à essayer quelque chose d’autre.  

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