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 Dysphorie [Intrigue Interne]

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Calvin
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Message(#) Sujet: Dysphorie [Intrigue Interne] Jeu 13 Avr - 15:49




Dysphorie


" L'humanité doit s'adapter à la Nature et revendiquer son trône d'antan. " Ces quelques mots, rendus célèbres lors de son tout premier discours en tant que Gouverneur, composaient la plaidoirie motivante de Dredge Clayton.

Tous les ans, sans compter le bal de fin d'année, Clayton tenait à faire acte de présence auprès des jeunes conscrits. Étudiants ou nouveaux citoyens garantis par leur Entrée, ces hommes et femmes symbolisaient le renouveau de Tadryon. Chaque génération aura une influence sur les plans de la Promise, elles façonneront le futur de l'humanité ; aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Depuis son entrée dans l'Armée, Clayton avait ce talent pour motiver les troupes. Il avait toute cette place au Palais et sa venue était autant gorgée de prestance que celle d'un noble. Ce jour-là, l'Académie n'aura jamais été autant bondée de soldats sous exosquelettes.

Le Gouverneur s'était installé dans l'un des nombreux amphithéâtres de l'Académie. Quelques élus ont eu la chance de pouvoir y être physiquement présent pour écouter les mots de leur chef à tous, les – très nombreux – autres conscrits étaient cantonné dans d'autres amphis, voire sur un écran à disposition dans des salles, des couloirs. Il était difficile de se tailler une petite place pour entendre et voir l'hologramme, mais en cherchant bien dans les recoins insoupçonnés de l'établissement, il demeurait possible de trouver une solution au problème. La persévérance était une qualité que Dredge Clayton appréciait tout particulièrement trouver chez un citoyen.

" Tous autant que vous êtes, vous n'avez peut-être pas encore le titre de "citoyen", mais vous n'en restez pas moins des Tadryens. Vos parents l'étaient tout autant ou nous vous avons accueilli entre nos Murs ; le potentiel réside en vous, qu'importe votre passé. En ce sens, votre avenir est tout tracé. Vous serez citoyens et vous ferez vivre cette ville, vous offrirez à l'humanité l'espoir dont elle a besoin depuis des siècles. Il pointa de son doigt ganté une personne au hasard dans les gradins. Vous, mademoiselle, vous êtes le renouveau de l'humanité. Il dirigea son doigt dans une autre direction. Vous aussi, jeune homme. Il balaya sa main sur l'ensemble d'entre eux. Vous tous, vous portez les convictions d'une humanité nouvelle ! La déclaration fit du bruit durant quelques instants, mais le célèbre Gouverneur n'en avait pas fini avec eux ; après tout, le but de sa venue et de ce discours n'était pas de les caresser dans le sens du poil, seulement de les diriger. Étant donné l'étendue de votre euphorie, j'en conclue que vous ne risquez pas de nous décevoir. Cependant, on ne fait pas un homme, ni une femme avec de beaux mots. Ce ne sont pas vos promesses qui m'intéressent, mais vos actes. Il leva le doigt sur l'écran derrière lui, qui afficha cinq symboles on ne peut plus reconnaissables : les Organisations de Tadryon. Vous les connaissez déjà, je ne vais pas m'amuser à vous les présenter à nouveau. Mais je tiens à soulever un point important : l'Armée, la Compagnie, le Solstice, la Corporation et la Guilde, ils sont les piliers de notre cité. Et pour maintenir ces piliers, il nous faut votre force. Une pause légère. Aujourd'hui, je vous offre la possibilité de confirmer votre voie. Aujourd'hui, vous avez la chance de pouvoir côtoyer quelques représentants de nos piliers. A ses côtés se tenaient Brewin Kartle, Jane Mothtine et Hayeon Illgarmel, respectivement de la Compagnie, de l'Armée et de la Corporation de la Plèbe ; Rheda Pieness des Récupérateurs et Nerek Monto du Solstice Écarlate n'étaient pas présents. Parlez-leur, découvrez le monde qu'ils peuvent vous offrir, et celui que vous pouvez leur offrir. Ce n'est qu'ensemble, unis, que Tadryon avancera par-delà les terres ! Tadryon vaincra ! " Un tonnerre d'applaudissements et les écrans cessèrent de diffuser quoi que ce soit. La parole revenait aux conscrits.

¤ - ¤ - ¤

Quelques petites tapes sur l'appareil de récup', et la télévision cessa enfin ses grésillements insupportables depuis que le son avait saturé suite au discours du Gouverneur. L'écran restait allumé mais il ne communiquait, malheureusement, plus que les images.

" Bon ! Rheda se releva, un grand sourire aux lèvres, quelque peu fière d'avoir pu retransmettre le discours de Clayton jusqu'ici, le QG de la Guilde. J'espère que ça vous a plu. Il s'adresse surtout aux Tadryens mais n'oubliez pas que vous avez aussi le potentiel de participer à la cause commune. Un jour peut-être, nous pourrons travailler ensemble. D'où notre présence ici. Nerek Monto était droit comme un piquet, les mains jointes dans le dos ; il ne pipait mot mais faisait des signes de tête à ses fidèles plus loin. J'ai réussi à convaincre quelques membres de nos organisations à venir jusqu'ici, alors n'hésitez pas à leur poser des questions, à apprendre ce que la vie entre nos Murs vous réserve ! " Les effectifs de chaque organisation étaient, bien évidemment, moindres en ces murs, mais la patronne de la Guilde était ravie qu'il y avait assez de monde pour contenter les quelques réfugiés curieux. C'était une chance, pour tous, de trier dans le tas.



Déroulement


Bienvenue, Tadryens ♫

Je vous présente la première Intrigue Interne de Tadryon ! Étant donné que nous sommes actuellement tous niveaux I, je me suis dit qu'il serait sympa de concentrer les premiers battements de la faction sur ses piliers : les Organisations. Si vous ne savez toujours pas ce que c'est, je vous invite fortement à vous renseigner ICI ; puisque ce sera le point central de votre niveau II notamment. Accessoirement, si les noms mentionnés dans le post ne vous parlent pas, la liste de ces PNJs se trouvent ICI.

La première partie concerne les Conscrits de Tadryon, puisque l'action se déroule à l'Académie.
La deuxième partie concerne les Conscrits de Varosha (les réfugiés), cette fois l'action se passe au QG des Récupérateurs.

Du coup, ce que je vous demande durant cette intrigue c'est de faire assister votre personnage au discours du Gouverneur (ou pas ♫), et ensuite d'aller vous présenter et discuter avec les membres de l'organisation de votre choix. Ils sont juste là en guise de renseignements, leur but n'est pas de vous recruter sur le champ mais de garder votre nom en tête. Cette rencontre permettra à votre personnage de se familiariser avec les organisations et, peut-être, de confirmer le choix de carrière qu'il s'était fait auparavant. C'est un peu comme une journée "porte ouverte" si vous voulez.
Même si le but de cette Intrigue est de vous centrer sur une Organisation en particulier, je vous invite à vous rapprocher de plusieurs d'entre elles, mais ceci n'est pas obligatoire.

Vos actions et propos auront des conséquences, en effet cette intrigue vous permet de commencer à bâtir la réputation de votre personnage. Puisque vous êtes conscrits, cela restera, certes, minimes, mais il se peut que cela vous serve plus tard lors de votre ascension. D'où le petit conseil plus haut.

Quelques petites règles : Vous ne pouvez pas discuter avec, ni jouer, les cinq chefs des organisations mentionnés dans le post, ni le Gouverneur, durant cette Intrigue. Ils seront occupés à discuter entre eux, mais vous pouvez les apercevoir. Donc, votre personnage ne discutera qu'avec d'autres PNJs des organisations.

Voilà tout ce que vous avez à savoir pour le développement de l'Intrigue, bon jeu ♪ 


Gains et Nombre de Mots

Vous obtenez automatiquement 1 point d'attribut et, selon le nombre de mots, un gain du catalogue (ICI). Ainsi, si vous faites 1500 mots, vous choisirez un gain pour 1500 mots. Vous devez préciser le(s) gain(s) de votre choix à la fin de votre post.

Vous ne devez poster qu'une seule fois et sous ce post-ci (donc 1500 mots ou plus en un seul post). Vous ne devez donc pas interagir entre deux PJs, c'est un RP solo.

Dead Line : 13/06/2017
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster ICI ou à me contacter par MP.




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Akira Hammond
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Message(#) Sujet: Re: Dysphorie [Intrigue Interne] Dim 16 Avr - 19:06

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❝ Un nouvel ordre mondial jaillira des savants de notre cité, l'humanité survivra.  ❞DysphorieLa politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités.

- Citation de l'ancien monde, auteur inconnu.

Il est parfois nécessaire qu'un rappel de l'autorité en place soit effectué, d'autant plus quand vous vous trouvez dans une république "monarchique" non constitutionnelle. L'avenir, c'est la jeunesse. Une fable rodée et acceptée depuis des années avec une morale tout autre pour une portion de la classe civile. Le pouvoir sur le futur est assuré par l'éducation des plus faibles d'esprits, des anarchistes, des divergents, mais surtout des enfants.

Akira était, autant par obligation que par patriotisme, entre les murs d'un des quelques amphithéâtres de l'académie. Mais par malchance, elle n'aura qu'un hologramme a contemplé, du moins, tenté de contempler au vu de sa faible taille. Cette image n'était autre que le dirigeant de Tadryon, le gouverneur. Elle avait pour lui un mélange de respect et de... Jalousie. C'était à la fois un honneur, une charge, mais aussi un avantage de l'être, et parfois, vos rêves de grandeurs vous font convoiter des positions que vous n'atteindrez certainement jamais. Mais tout le monde a besoin d'un but dans la vie, non ? Générale des armées sonne bien.

Au moins, et elle le reconnaissait, ce qui était rare pour elle, le gouverneur avait un certain charisme. Comme tout le monde dans la salle présente, elle salua la prestation en applaudissant, forte et fière des croyances, pleine de rêves de gloire, aveuglée par l'idée que la nature est l'ennemi à détruire.

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C'est alors que la salle fut vidée, Akira attendant la sortie de la majorité pour sortir bien plus paisiblement dans les couloirs aux murs d'acier de l'académie. Que faire ? Elle connaissait déjà l'avenir qui lui était réservé. La fin des études était proche. Seule la poursuite d'une pseudo-popularité serait une motivation suffisante pour la retenir. C'était implicitement le bût de cette journée de rencontre prévue par l'administration, dans tous les cas. Elle se pris donc a l'exercice, et débutât son parcours dans les coursives de cet havre de science ou se côtoyais les jeunes crédules et les vétérans de la vie. Rencontrer de futurs frères et sœurs d'arme était sa priorité, surtout quand vous savez qu'en tant que tireuse d'élite, vous aurez un partenaire en tout temps.

C'est pendant qu'elle observait de loin les galons de quelques militaires du corps des ingénieurs de combats qu'une rencontre fortuite eue lieu. Mélania, la fonctionnaire, qui n'était certes qu'une connaissance, mais un visage amical tout de même, était présente. Akira pris partit de la saluer : « Bonjour, Lawford. »

« Salut, ma petite choupinette. Comment trouve-tu cette petite organisation, hm ? Elle a pris du temps à être mise en place, avec les collègues. » Fit elle en guise de réponse, levant le nez du pad numérique ou son nez était fourré. Elle était toujours aussi énergétique, et charmante par la même occasion. S'en était presque remarquable, mais après tout, elle n'avait pas un mode de vie très commun. N'y les mêmes obligations.

« Très bien, je cherche les infiltrateurs. Ou les tireurs d'élites, s'ils existent a l'intérieur. » Questionna elle simplement.

« Ils sont quinze métre plus loin. Puis-je accompagner nôtre jeune apprentie dans son voyage ? Je n'ai rien a faire ! » Exprima-t-elle d'un air attristé. Un air qui était, bien entendu, faux, et dans l'unique but d'accompagner pendant un instant notre amie dans ses recherches. Il faut dire que Mélania adore la compagnie, et surtout celle qui peut lui apporter des "avantages".

| - - - - - - - |

Les couloirs aux voûtes de polymères et aux néons bleus soutenaient la structure ou évoluaient maintenant les deux connaissances à la recherche de réponses, de profits et de gloire. Le sol grouillait des camarades qui déjà se pressaient pour être tout autant scientifique, qu'ingénieur ou stratège. Les plus jeunes avaient des étoiles pleins les yeux, pendant que les anciens étudiants, comme Akira, connaissaient déjà le goût du sang et des larmes. Vous n'êtes personne, tant que vous n'êtes pas sortis, là, dehors. C'est à cet endroit que votre éducation prend un sens. Il faut reconstruire l'humanité.

Une voix retira Akira d'une réfléxion profonde avec elle même : « Tu as l'air songeuse, que t'arrive-t-il ? Tu stresses, tu déprimes, ou... Tu prends conscience que tu vas bientôt devenir une adulte ? »

« Je crois que je me rends compte que... Hey, il va être temps pour moi de ne plus être traitée comme une enfant. J'ai vu des choses dehors, en dehors des murs, je veux dire, qui ne sont pas... Belles. C'est a nous de construire le monde, de détruire *Hoibaan* dehors. Et j'ai un peu peur, oui. »

« C'est normal, quand j’étais jeune et folle, moi aussi j'ai fait des choix. Mais maintenant, c'est a toi. Tout ira bien ma petite. » Rassurait elle de son plus beau sourire possible. La discutions continua pendant un temps, avant de finalement finir par l'arrivée a destination par les deux amies.

| - - - - - - - |

« Puis vous aider ? » Questionna un jeune chef d'équipe de l'armée. Il était plutôt svelte, avec une musculature pourtant convenable. Un officier en bonne et dû forme, si ce n’es la cicatrice qui lui valus sans doute le poste. Il était assis sur une simple chaise derrière une table des plus classiques.

« Oui, je suis Akira Hammond. Je me disais qu'après mon année académique, j'aimerais rejoindre les infiltrateurs. »

« Mélania Lawford-Oswald, très cher. » Fit-elle en se présentant, presque par imposition. Elle cherchait à être la plus chic possible, tout en restant un poil provocative, en bonne séductrice qu'elle était. Les jeunes gens sont... Très attirants, pour elle.

« Enchanté, chef d'équipe Gringer. Donc, rejoindre les infiltrateurs. J'imagine que vous êtes une bonne gymnaste, ou une excellente tireuse, pour espérer en faire l'intégration. » Sonda l'homme, tout en étant légèrement perturbé de l'attitude de la fonctionnaire qui accompagne Akira. Décidément, elle n'en rate pas une celle-là.

« D'après mes professeurs, oui. Je suis plutôt une initiée au tir longue distance, les fusils de précision, si vous voulez. » Expliqua-t-elle calmement, finalement plus bête qu'autre chose a expliquer des mots aussi basique.

« Je comprend bien. Vous avez déjà remplis un dossier de candidature, ou vous en désirez un ? » Répondit le militaire en bon procédurier du recrutement.

« J'en ai déjà envoyer un... Avec les recommandations de plusieurs des professeurs. Par contre, je n'ai pas eu de nouvelles depuis. » Il était vrai que cela faisait presque un mois sans nouvelles. Les sélections et l'entrée étaient rudes, mais elle avait foi dans ses compétences, même si le stress la minait de temps en temps, comme toute adolescente soucieuse de son avenir.

« Oh, hey bien, je vais peut-être pouvoir vous aider. Je vais noter votre nom et votre identifiant citoyen, et si votre dossier est avancé, je vous enverrai un message sur votre ordinateur personnel. » L'homme retirait son PAD numérique pour y noter les informations qui seront prochainement transmises.

« Akira Hammond, AH4589, et mon intelligence artificielle assistante s'appelle Astraée. » Énuméra elle donc.

« Donc ma petite va devenir grande ? Tu vois, il n'y avais pas besoin de stresser comme une vierge, hm ? » Commenta Mélania avant de pouffer de rire, dans un but d'assistance a Akira, qui ne savais quoi dire. Elle avais trop tendance a être droite et stricte.

« Ils attendent surement la fin de votre année académique, voyez-vous ? Mais je suis certain que vous y arriverez, si votre dossier est aussi bon que vous le laissez paraitre. Ce sera tout ? » Termina l'individu, toujours assis derrière la table.

« Oui. Merci a vous, et bonne journée. »

| - - - - - - - |

Les deux compagnonnes de route sortirent sur le parvis de l'académie. L'air, bien que chaud, passais entre les bâtiments en une brise agréable. Maintenant qu'elle avait de l'avancement sur ses objectifs, seul un sentiment de presque accomplissement envahissais Akira. Presque, car il était toujours possible d'être refusée. Hammond fut de nouveau tirée de ses songes par la voix de Mélania qui posais en même temps ses mains sur les épaules de son élève, en bonne psychologue.

« Akira, si tu le désires, je ferai ce qu'il faut pour obtenir des informations au palais. Mais dans tous les cas, sache que tu es une jeune frimousse très chouette, et je suis certaine que tu y parviendras. Bien des gens avant toi, et bien pire, dois-je dire, obtinrent leurs postes. »

« Je, je vais essayer. » Fit-elle avant d'enlacer Mélania, d'une manière totalement platonique, bien entendu.

C'est une demi-heure plus tard que les deux complices se séparèrent. L'une rentrant au palais pour quelques formalités administratives, l'autre pour retourner chez elle. Akira annoncera la nouvelle à ses parents, ou elle recevra les félicitations d'usage. Il était temps pour elle de prendre un nouveau départ. Ils savaient que dans peu de temps, elle volera d'elle-même. Elle aura un appartement, un travail, voir un partenaire si elle le désire. Une vie parfaite au service de ce qu'elle croyait, et qu'elle croira toujours, être le renouveau de l'humanité, chez elle, son foyer.

“Les prouesses réalisées par des individus exceptionnels, grâce à leur art et à leur intelligence, tôt ou tard la technologie les rend possibles à tout le monde.” - Ahmadou Kourouma

1616 mots environs.

+1 en perception et 200 de caillasse s'il te plait :3

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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Dysphorie [Intrigue Interne] Jeu 11 Mai - 1:35

Le fracas des applaudissements s'atténuait progressivement, les ombres se rapprochaient pour englober l'ensemble de son environnement. Les murs de l'Académie, les invités, les écrans bleutés, il n'en restait que des échos, il ne restait que lui dans son intégralité, livré à lui-même. "L'humanité doit s'adapter à la Nature", cette phrase pouvait être interprété de milles et une façons. En quoi était-elle représentative d'une humanité nouvelle, unie ? Les humains n'ont jamais été aussi décousus depuis qu'ils se sont parqués derrière ces remparts, et ce fut cette dissension qui avait mené à leur perte autrefois. Du moins, en partie… Calvin ne croyait guère en une paix solide, mais il était sûr qu'une hostilité à l'égard des autres peuples ne ferait que mener Tadryon à sa perte. Un projet dominé par son propre plan de domination, la bête noire qui se mord aveuglément la queue.

Tel le citoyen modèle qu'on souhaitait voir en lui, le mortifié fit battre la paume de ses mains l'une contre l'autre, dans un rythme équivalent au reste de la plèbe. Sa présence dans cet amphithéâtre était autant dû à ses efforts de respecter les bons codes de conduites qu'à l'irrésistible déclaration de cœur de son chef de clinique : "Les blouses blanches, vous sortez, c'est le discours de notre Gouverneur !". Il avait toujours sa blouse blanche d'ailleurs, frappée du fier emblème de Tadryon ; même si de mauvaises langues assumeront qu'il ne méritait – encore – de porter les couleurs de la patrie. S'ils savaient…


" Même pas une lueur dans les yeux ? Une main ferme se posa sur son épaule, la force appliquée était suffisante, bien qu'ordinairement faible, pour faire pivoter le pauvre Calvin en direction de son accompagnateur : le fameux chef de clinique. Tu es sûr que tu n'es pas réellement mort, là-bas ? Les autres aides-soignants le dardèrent, la pression monta d'un cran ; mais les souvenirs des éclats du soleil extérieurs le firent aussitôt reprendre ses moyens, tel un second souffle d'air frais.
- Je ne crois pas. Vous pouvez parler aux morts ? Il retira sa main.
- Non. La blonde du service ricana avec son inséparable collègue, la fausse blonde du service. A ce propos, on n'en a pas encore vraiment discuté, mais tu te souviens de ce que tu m'avais dit lors de ton retour ? Il parlait sûrement de la seconde sortie de Calvin, qui avait été bien longue maintenant qu'il y repensait. Devant le mutisme hésitant de son élève, le chef reprit aussitôt la main. Exactement : rien du tout. Instinctivement, le conscrit pencha légèrement la tête sur le côté. Certains content ton retour théâtral, ils disent que, lorsqu'ils ont rouvert les portes, ton exosquelette était si endommagé et tâché de sang qu'on doutait que tu sois vivant à l'intérieur, et tu portais ton fusil à une main, nonchalamment. C'est vrai, il se souvenait de son retour ; vu qu'il était aux côtés d'Elsys, ils pensaient qu'ils formaient un duo de l'Armée, seule Martha Lovelace avait désamorcé le charme en offrant un gros câlin à son armure.
- Ma mère a toujours eu le sens de la poésie, elle n'est pas fleuriste pour rien.
- Quand bien même… Lovelace, veux-tu toujours être soldat ? Autrefois, il avait émis le souhait de brandir les armes en compagnie de ses amis, à présent il n'était plus sûr de poursuivre un rêve patriotique seul. Mais les circonstances actuelles avaient grandement changé la donne. Il hocha la tête, quelque peu incertain de la nuance qui flottait dans ses pensées. Alors va en parler à l'Armée et dégage vite de ma clinique, compris, conscrit ? "

L'espace d'un instant, le jeune Tadryen eut l'impression de subir le choc d'un renvoi en bonne et due forme, mais vint alors à l'évidence qu'il n'était pas tout à fait calibré sur la même longueur d'onde que son supérieur. Il avait son humour particulier, bourru, et Calvin n'aimait guère que les rapports de force soient mis en jeu. Il le fixa s'éclipser en compagnie de ses collègues. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il ne s'était jamais senti aussi faible par rapport à eux : il était le seul conscrit de cette fichue clinique. Il devait rectifier le tir.

Les jeunes académiciens se bousculaient telle une cohue de fans lors d'un concert de Manis Ahua. Il fut sage de la part de Calvin de rester passif quelques minutes, le temps que les charges se stabilisent et qu'il puisse errer sans causer de casse. Sans grande surprise, les émissaires de l'Armée étaient les plus quémandés. Que ce soit pour une candidature ou simplement avoir un simple autographe, tous ces héros en uniforme faisaient la fierté de la patrie. Dire que le brouhaha serait beaucoup plus assourdissant si des Capes Écarlates étaient présentes, voire des Nobles. Mais qu'auraient-ils bien à faire des petites gens ? Il glissa quelques regards discrets à ces soutanes rouges. Le Solstice Écarlate… S'ils savaient, ils me colleraient aussitôt l'étiquette d'hérésie. Calvin ne préféra pas se renseigner auprès des fidèles du Sanctuaire ; à vrai dire, sa position quant à la religion fut toujours assez floue. Il n'était pas athée, mais il n'arrivait pas encore à tourner son esprit vers la Foi Écarlate.

Lentement mais sûrement, il se rapprochait des soldats qui pourront le renseigner sur sa fameuse place parmi les escouades. Le citoyen à en devenir put mûrir l'idée de rejoindre une autre organisation, après tout il n'était pas si mal en tant que clinicien, peut-être même qu'il arrivera à décrocher un poste de médecin à part entière. Au sein même de la Compagnie, ce serait une opportunité inespérée. Mais ses fantômes le rattachaient toujours autant à l'extérieur des Murs, il ne pouvait pas se contenter d'un travail cloîtré à Tadryon. Il devait sortir, voyager…


" Hmm ? Il nota enfin le silence pesant qui traînait entre lui et des soldats qui s'étaient rapproché ; fichtre, il passait vraiment trop de temps avec son subconscient !
- Euh, pardon. Je… C'étaient des soldats infiltrateurs, aussi sveltes que lui. C'était avec eux qu'il aurait rêvé travailler. "Aurait" ? Il y a deux ans, je voulais rejoindre l'Armée avec mes amis. La phrase était confuse, et en partie fausse, mais cela n'empêcha pas l'un des deux représentants de mener la discussion.
- Dis-moi ton nom, je traîne souvent dans les dossiers des candidats, peut-être que j'ai vu le tien !
- Calvin Lovelace.
Chrono en main, le soldat avait mis trois secondes à réfléchir dans le vent.
- Hmm, non, ça ne me dit rien. Tu as mis à jour ta candidature ? Le conscrit resta stoïque quelques instants, les yeux dans les yeux.
- Et Carter Zodpox ? Comme nom, candidat, ça vous dit quelque chose ?
- Euh… non plus ?
Les nerfs étaient à vif, l'adrénaline s'intensifiait.
- Shad Tac ? Tenesha Neva ? Cammy Wrathra ? Chaque nom était un coup de couteau supplémentaire dans ses plaies, il devait arrêter. Maintenant. Une légère migraine assaillit sa tête, il se sentait stupide. Oubliez, je ne veux pas être soldat. Je veux voyager.
- On voyage en tant que soldat, surtout chez les Infiltrateurs. Le terme technique est plutôt "patrouille", mais on voit du pays, si on survit assez longtemps.
- Ta blouse… Tu ne serais pas dans le corps médical ? On a toujours besoin de soigneur, tu pourras nous être très utile dans l'Armée !
Il devait lui-même le reconnaître : ils étaient suffisamment persuasifs pour que le charme s'opère et que le doute s'empare de lui.
- Je vais y réfléchir… " Il écouta à peine la prise de son nom pour d'éventuelles nouvelles et fit demi-tour.

L'Armée était une très mauvaise idée. Autrefois, Calvin n'aurait pas hésité une seule seconde à rejoindre le champ-de-bataille pour apporter son soutien jusqu'aux premières lignes. Mais les circonstances étaient différentes, sa vision du monde avait changé depuis qu'il eut enfin le courage de poser un pied dehors et d'en revenir sans aucune trace d'amnésie. Non pas qu'il pensait que l'Armée n'avait pas sa place en Tadryon, mais c'était surtout lui qui devait trouver un meilleur compromis pour appliquer ses objectifs sans qu'on lui en tienne rigueur. Il ne devait sûrement pas être le premier troublé à être tiraillé par son futur. Comment garder la chaîne au genou sans qu'elle ne devienne trop courte ? Son itinéraire hasardeux le mena vers des Récupérateurs. Enfin, pas n'importe quel Récupérateur : c'étaient ceux qui l'avaient sauvé de cette sortie d'il y a deux ans. Leur visage s'éclaircit aussitôt à son approche, à croire qu'il les avait marqués.

" Le survivant ! Son collègue lui donna un coup de coude.
- Idiot, je t'ai dit de ne pas l'appeler comme ça. Calvin s'en souvint : selon eux, il risquait de mal le prendre d'être l'unique rescapé d'une balade, mais il n'était pas exaspéré à ce point. Au contraire, cela lui donnait un charisme qu'il n'avait pas. Comment vas-tu, Calvin ? Ça fait un bail qu'on ne s'est pas vu.
- Tu as l'air d'avoir bonne mine, dis-donc ! Tu as trouvé ton bonheur parmi les fameux piliers de Tadryon ?
Le conscrit rendit leur sourire.
- Oui, j'ai trouvé mon bonheur. C'était tout simplement parfait, pourquoi n'y avait-il pas songé plus tôt ? Est-ce que le trouble lui avait tant embrumé les idées ? Ils avaient ramassé un cadavre il y a deux ans, mais aujourd'hui il était enfin revenu parmi les vivants. Vous venez de me récupérer. "

1584 mots
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Doyle Lunar
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Message(#) Sujet: Re: Dysphorie [Intrigue Interne] Jeu 25 Mai - 14:35

Cela faisait quelques mois maintenant que Doyle et Lucie ne s'étaient pas aventurés bien loin de la ville. Leurs principales missions en tant que conscrits avaient été d'opérer en tant que médiateurs pour les Récupérateurs, profitant de leur statut quasi étranger pour faciliter le contact avec la population immigrée. Cette tâche, rébarbative, avait offert un temps de repos aux deux voyageurs, dont le retour sur la route n'allait probablement pas tarder : leurs moyens de subsistance commençaient à manquer, et Doyle, encore peu à l'aise avec la concentration aussi importante de population, pressait la jeune femme de reprendre la route.

Cette dernière, toutefois, semblait profiter de chaque minute passée dans la civilisation, se liant aisément avec quiconque croisait leur route et favorisant des rencontres que le vagabond seul n'aurait entamé. Des rencontres parfois en nombre, comme ce rassemblement auquel Lucie tenait absolument à participer, hâtant son partenaire de rejoindre le QG des Récupérateurs. « Bouge-toi, Doyle, j'entends une voix derrière la foule, je crois que ça a commencé, le pressa t-elle. Je savais qu'on aurait dû venir plus tôt, ma parole, c'est blindé de monde... Pardon, excusez-moi, on passe ! »

Quelques coups d'épaule astucieux portés par la vindicative demoiselle permirent au duo de se frayer un chemin parmi les conscrits, tandis que se retransmettait au travers d'un appareil télévisé le discours monarchique du Gouverneur. Doyle avait cru tout d'abord que ce dernier serait présent en personne au QG, et il se sentit bien naïf d'avoir pensé qu'un tel homme se serait mélangé à la populace que les non-citoyens représentaient. Fixant les images vaguement synchronisées avec l'audio qui défilaient sur le téléviseur, il jugea pour la première fois de cet inaccessible individu qui dirigeait la ville, fronçant les sourcils en s'attardant sur ses mains. Le poing souvent serré, le Gouverneur Dredge démontrait en effet dans la tonalité et la gestuelle un caractère propre aux militaires : un quelque chose de vindicatif, de froid, comme si la ville avait toute entière pu se contenir dans sa main, et qu'il en assurait la prise. Le vagabond avait déjà pu observer ce genre de mimiques chez certains chefs de pillards, et les souvenirs qui en resurgissaient n'étaient pas les plus doux. « Il est classe, non ? lança Lucie entre deux tirades, le sortant de ses pensées.
— Classe ? Donne-moi ta définition.
— Impeccable, assuré, et avec un oeil cybernétique, ça te va comme définition ?
— C'est surtout un militaire,
la tempéra t-il. On en a déjà croisé d'autres, souviens t...
— C'est Rheda ! Regarde, juste là ! »

Elle avait l'art et la manière de changer de sujet. Ils n'avaient pu encore qu'entrapercevoir la Rheda lors de leur entrée à Varosha, et voilà que la patronne des Récupérateurs se tenait devant eux, du moins à quelques dizaines de mètres plus loin dans l'assemblée. « Oui, c'est Rheda, convint-il.
— Si tu savais la moitié des choses qu'on m'a raconté à son sujet... C'est une fille de noble, elle était à l'Armée, et pourtant elle a quand même tenu à passer chez les Récupérateurs. C'est quand même curieux de tourner le dos à tout ça pour faire de l'assistance sociale et ramasser les ordures, non ? »
Doyle fronça les sourcils à cette remarque, plissant le nez. « Je te rappelle que c'est ce que j'ai fait majoritairement avant de venir ici.
— Oh, vraiment ? C'est drôle, j'avais oublié. »


Le trait lui passa par dessus. L'intéressait davantage les propos de la patronne, qui, reprenant l'essentiel du discours du Gouverneur, proposait à chacun d'échanger avec les représentants des organisations. Un certain nombre de citoyens et gradés semblaient en effet attendre le long des murs, entamant d'échanger avec quelques curieux, des écussons laissant deviner ici et là les appartenances des médiateurs. Instinctivement, c'est à nouveau vers Rheda que le regard de Doyle se tourna, mais il ne put que constater que la jeune femme était déjà occupée à discuter avec d'autres membres de son groupe. Remarquant la pointe de déception sur le visage de son partenaire, Lucie esquissa un sourire en coin : « Oh, mon pauvre, tu es déçu ? Tu espérais vraiment parler avec des Récupérateurs ?
— Il n'est jamais trop tard »
, l'interrompit une voix derrière eux.

Doyle et Lucie se retournèrent d'un même mouvement, découvrant un homme au type asiatique qui leur faisait face, un air affable sur le visage, et d'épais vêtements qui semblaient éminemment adaptés pour les voyages les plus longs. L'afro' allait répondre lorsque c'est le Récupérateur qui reprit : « Je suis Win, citoyen et Récupérateur. Rheda est occupée comme vous le voyez, mais je peux peut-être répondre à vos questions ?
— Eh bien, commença maladroitement Doyle, je ne sais pas si j'ai vraiment des questions. On vous a croisé en débarquant à Varosha, et vous semblez faire l'essentiel du boulot de cette ville : l'approvisionnement. C'est quelque chose auquel je suis habitué.
— Vous fournissiez un autre groupe, avant de venir ici ? questionna Win.
— Oui, on peut dire ça.
— Qu'est-ce qui vous a fait venir ici ?
— Les choses ne se sont pas très bien passées pour nous. »

Laconique, le vagabond préféra changer rapidement de sujet, reprenant la parole : « Et vous ? Qu'est-ce qui vous a incité à rejoindre les Récupérateurs, et pas l'Armée, par exemple ?
— J'aime mon indépendance, l'Armée est soumise à une discipline stricte qui ne me convient pas. Je préfère aussi voyager et échanger avec les autochtones pour le bienfait de tous, plutôt que de ne sortir que pour apporter la mort. J'admire le travail de mes collègues. Mais ce n'est pas mon boulot. »


C'était une bonne raison, aux yeux de Doyle du moins, qui échangea un regard avec une Lucie peu intéressée par le sujet, mais néanmoins attentive. Un bref silence s'était installé quand Win étira un sourire amène : « Venez donc avec nous un de ces jours, je vous présenterai à une équipe. Il n'y a pas besoin d'être citoyen pour rejoindre les Récupérateurs, ça pourrait vous donner une excellente occasion de faire vos premiers pas en ville. C'est un métier un peu ingrat, mais qui en a d'autant plus de mérite. Un homme a besoin de mériter sa pitance.
— Merci, je vais y réfléchir. On a plutôt l'habitude de travailler en duo, vous comprenez. Je ne sais pas si j'ai envie de rejoindre une équipe aussi vite.
— Je comprends, vous êtes un solitaire. Rien ne vous force à intégrer immédiatement une organisation, mais si vous regardez autour de vous, vous verrez que c'est la solidarité qui a permis de relever la civilisation telle qu'elle se présente aujourd'hui. Le nombre vous effraie peut-être encore, mais vous vous y habituerez. On ne croise pas beaucoup de voix différentes au dehors, de visages qui ne soient pas familiers ; la ville est déroutante en cela. Mais c'est un bienfait qui vous manquera, comme de faire usage de ses cordes vocales après un long temps de silence. »

La sentence laissa curieusement Doyle interdit, clignant des yeux avant d'échanger un nouveau regard avec Lucie, qui haussa les sourcils : « Oh, pas mal. Gardez-la, celle-là. Excellente réplique.
— Je vous remercie. Je la réserve pour les recrues les plus indécises, c'est mon arme secrète, plaisanta t-il avec cette même sympathie retenue qui lui était coutumière. Je vous laisse échanger avec d'autres représentants, on m'appelle par là. À une prochaine, peut-être. »

Un bref échange de saluts clôtura la discussion, laissant les deux conscrits se regarder communément avant de considérer la salle. « C'est vraiment ton truc alors, les Récupérateurs ?
— Je ne sais pas,
se contenta de répondre Doyle. C'est trop tôt pour le dire, je n'ai pas encore confiance dans les gens de cette ville. Il y a les officiers de l'Armée là-bas, ça t'intéresse d'aller voir ?
— Ouais, enfin quelque chose d'intéressant. »


Ils se rapprochèrent lentement d'un petit groupe de militaires en conciliabule, chacun exhibant une exo-armure améliorée de différents modules offensifs et défensifs, de même que de quelques drones qui flânaient au dessus des têtes de certains. Il ne fallut pas bien longtemps pour que Lucie entame la discussion, questionnant les militaires sur leurs manoeuvres passées et les combats qu'ils avaient pu mener. Deux d'entre eux se vantaient d'être des vétérans ayant combattu à l'extérieur dans tout types de missions. Un autre, jeune, avait pour unique fait d'arme d'avoir défendu la ville contre une invasion de créatures, mais se targuait d'en avoir éliminé deux à lui tout seul. Le dernier, un homme grisonnant, expliqua ne jamais combattre, mais faire office d'éclaireur et de signaler les positions adverses pour son unité, grâce au camouflage optique intégré dans son armure. « Et votre exo-squelette devient invisible ? Je ne pensais pas que les modules pouvaient être aussi développés... C'est vraiment ça qui différencie un bon soldat ? demanda Lucie.
— Ça, et le sang froid. L'expérience aide beaucoup, parce que les choses se passent très vite en extérieur, et qu'on ne connait encore rien de ce qui s'y cache. Mais plus le corps est entrainé à réagir face à l'inconnue, mieux les choses se passent. L'important, c'est la tête et le corps.
— Et la Foi. »

La tirade n'avait été émise ni par Lucie, ni par Doyle, ni par le soldat. Tournant leur tête dans une même direction, tous purent découvrir une femme en exo-armure et au manteau écarlate rutilant, une épée énergétique rengainée dans son dos. Curieusement, les militaires n'osèrent pas la contredire, une hésitation qui intrigua Lucie : « La Foi ? En votre épée laser, peut-être.
— En cela aussi,
convint avec amusement la femme au manteau. Mais croire est ce qui tire l'Humanité au-dessus des débris dans lesquels elle a vécu jusqu'alors.
— Pardonnez-moi, mais de ce qu'on m'a dit, c'est surtout la puissance de feu de Tadryon qui l'a maintenue telle qu'elle existe à ce jour. Et moi-même, j'ai survécu jusqu'aujourd'hui sans croire en rien, si vous me permettez.
— En rien ?
la mesura la femme rouge. Vous ne pensez pas que l'Humanité doive se relever ?
— Si, bien sûr,...
commença Lucie.
— Vous ne pensez pas que le temps du Chaos est révolu, et qu'une opportunité formidable se présente à nous sous la forme de Tadryon ?
— Oui, bien évidemment, mais...
— Alors vous croyez. En bien plus de choses que vous ne le pensez, peut-être. Mais c'est bien la Foi qui fait de Tadryon le joyaux d'azur qu'elle est aujourd'hui. L'Armée, certes, oui, y a contribué. Les Récupérateurs l'ont nourrie. La Corporation l'a fait fourmiller. Mais c'est la foi qu'un lendemain existe et qu'un jour meilleur se profile, qui a motivé cette formidable action.


« Je vois à votre visage que ce sont des mots qui vous parle. Peut-être ne vous-êtes vous pas encore posée les bonnes questions, mon rôle sera donc simplement de vous montrer la direction. Sondez, jeune fille, dans vos espérances en l'Homme. Dans cet apocalypse qui a renversé le monde tel qu'il fut jadis, et qu'une rédemption est possible. Que nous pourrions tout changer, tout, et qu'un futur bien différent de ce que vous avez pu apercevoir à l'extérieur existe bel et bien dans ces murs. Votre vie d'avant vous a t-elle semblé fade ? Elle l'était. Songez à ce qui vous a inspiré à venir, et ce que vous ressentez lorsque vous voyez autant de personnes réunies ici. A cette formidable ascension que notre régime méritocratique permet à tous ceux de bonne volonté ; une ascension qui vous est d'ailleurs entièrement accessible.

« Ce sont ces valeurs que le Solstice Écarlate se targue de préserver, et, très humblement, de vous faire partager. Et si les choses sont encore trop tôt pour vous, je ne doute pas qu'une jeune fille pleine de potentielle saura faire la part du vrai et du faux lorsque viendra le moment de ses choix, et se tournera vers les bonnes personnes. »

L'incroyable envolée venait de se terminer ainsi, et c'est presque aussitôt que la religieuse porta son attention ailleurs, son oeuvre achevée. Quelque chose dans l'étonnement de Lucie rembrunit Doyle, chez qui l'effet du discours n'avait pas eu la totalité de l'effet escompté : cette femme parlait bien, trop bien pour être réellement de confiance. Mais aux au-revoir qu'ils échangèrent alors avec les militaires, reprenant leurs activités, l'afro' fut étonné de trouver sa jeune protégée bien muette, elle qui était pourtant d'habitude si loquace.

Lorsque la journée se termina et qu'ils rentrèrent dans leurs quartiers, le duo n'échangea que peu à ce sujet, trop occupé qu'ils l'étaient à préparer leur sortie à venir. Ils avaient encore tout le loisir de considérer les organisations qui se prêtaient à eux. Et Doyle ne pouvait qu'espérer que la jeune femme choisisse la carrière la plus paisible ; un espoir naïf qui lui permit toutefois de trouver le sommeil.

[2200 mots
Doyle : 1 constitution
Lucie : 5 points d'expérience ]



Doyle Lunar & Lucie Stew
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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: Dysphorie [Intrigue Interne] Sam 27 Mai - 7:00

Zacharias coupa l'hologramme qui transmettait le discours du gouverneur de son poignet. Le conscrit n'était pas un fervent des bains de foule et il avait donc choisi de rester près de l'amphithéâtre où il prévoyait faire le tour des organisations sans pour autant s'intégrer à la masse. Vallarin avait suivi le discours avec lui et les deux hommes avaient profité de cette occasion pour tester la fonction d'holoprojection de l'exosquelette. Zacharias n'avait pas encore totalement programmé son IA et n'avait fait que le minimum pour rendre l'exosquelette fonctionnel et capable des fonctions les plus basiques. Il était encore embêté par certains points de la programmation et sur ce qu'il voulait faire de son IA. Et puis, il devait l'avouer, être un ancien réfugié qui n'avait jamais eu accès à un tel niveau de technologie rendait le tout plus compliqué à programmer malgré toute l'aide qu'on leur fournissait. Bon, certains diront que Zacharias avait aussi des difficultés à prendre sur son égo pour demander l'aide à chaque fois que c'était nécessaire et que ça le retardait... mais avec son ancienne vie, il avait appris à ne pas laisser paraître ses faiblesses de manière trop flagrante.

— Tu as une idée d’où tu veux aller?
— J'aimerais bien aller faire un tour à la Corporation, je pourrai sûrement y croiser des connaissances de mon temps de citoyen. Puis après, on va passer par l'Armée assurément et on pourrait jeter un coup d'œil au Solstice non?
— Le Solstice? Tu connais ma position à leur sujet.
— Bordel Zach, je parle pas de leur lécher les bottes et de devenir leur gentil dévoué. Je te parle de prendre de l'info et se faire une tête sur leur fonctionnement. Je t'épargne les têtes pensantes de la Compagnie et la Guilde!
— J'aime bien la Guilde, c'était sympa travailler avec eux. J'aurais aimé me joindre à eux, mais c'était pas une vie pour moi.
— Bon, alors on ira à la Guilde après le Solstice pour te récompenser de ton sacrifice personnel insoutenable.


Zacharias sourit et roula des yeux. Vallarin était un des rares à lui tirer plus d'une phrase lors d'une conversation et il adorait toujours faire cet effort de dialogue avec lui. Attendant que la foule soit moins dense, ils entrèrent dans l'auditorium et se mirent en quête de la Corporation. Vallarin avait été un des citoyens représentés par la Corporation précédemment. D'ailleurs, l'ancien réfugié qu'était Zacharias ne comprenait pas comment on pouvait accepter un système qui déclassait après un certain temps et obligeait de retourner faire ses classes et recommencer son cheminement de carrière. Il n'allait pas protester et s'outrer plus que nécessaire puisqu'il n'en était pas victime et que visiblement Vallarin appréciait énormément cette deuxième chance, mais il se dit qu'il ne comprendrait jamais. À tout le moins, cela permettait d'avoir des gens matures et avec de l'expérience de vue dans des domaines où des plus jeunes auraient peut-être été un moins bon élément de départ. Enfin, temps que chacun était à sa place, c'était l'essentiel. Mieux valait rester soldat toute sa vie que devenir un mauvais officier selon Zacharias.


***


Une fois rendu dans la section de la Corporation, Vallarin prit rapidement ses marques. Zacharias, lui, se contenta de le suivre et de le laisser interagir avec les autres, observant et analysant à son habitude. L'ancien citoyen affecté à la construction et la maintenance de la cité avait eu deux parents également membres de la Corporation et c'était un environnement qui lui était plus que familier. C'était des emplois très respectables et tout aussi nécessaires que l'Armée ou les récupérateurs... peut-être que le Solstice, mais Zacharias n'en avait pas une grande opinion. Il gardait ce détail pour lui par contre, car il savait que se montrer opposé au Solstice lui vaudrait un aller simple pour les camps de réfugiés et le retour à son ancienne vie de misère. D'ailleurs, il y avait une bien jolie demoiselle qui répondait aux questions des jeunes académiciens concernant leur organisation. Enfin, belle... Zacharias n'était jamais attiré par un corps; pour lui un corps ou un autre c'était du pareil au même, à moins d'extrême du genre squelette ambulant ou obésité morbide. Non, c'était la posture, l'aura, la personnalité perceptible de la demoiselle qui attirait son regard. Enfin, demoiselle, elle avait son âge probablement. Par contre, considérant qu'il n'avait pas son casque sur la tête, Zacharias fit bien attention à ne pas trop attarder son regard pour éviter un malaise. Mais, le destin décida autrement et une fois libérée, la demoiselle vint à sa rencontre.


« C'est toi l'ami de Vallarin. » Zacharias tourna la tête vers son ami qui parlait avec un ancien collègue à quelques mètres. « Je t'ai vu arrivé avec lui et je doute que vous fassiez les différentes organisations ensemble si vous étiez en mauvais terme. » Elle n'était pas bête, ça, il devait bien l'avouer. Et il n'avait pas d’échappatoire visiblement. Et garder le silence ne le sauverait certainement pas. « Vallarin est un type bien. » Il remit son regard dans celui de la femme et instantanément sont cerveau entra en mode analyse et décryptage des informations. Elle semblait certainement avoir une âme encore épargnée par les horreurs et la noirceur de l'humanité moderne. Bien qu'il n'aimait pas le fait d'avoir à interagir avec une autre personne, elle lui laissait au moins assez de confiance pour ne pas être en mode de défense face à elle. Il se demandait bien qui elle était par rapport à Vallarin par contre. Question que ses yeux trahirent comme toujours. « Je suis la fille d'une amie à sa mère. On s'est bien connu plus jeune, moi et Vallarin, et on se côtoie encore un peu encore quand monsieur réussit à avoir du temps! »

Vallarin arriva sur la fin de la phrase et se permit un rire franc et sincère. « Allez, Beth, arrête de me faire passer pour un mauvais ami, Zach apprend tout juste à me connaitre! » Les deux tadryens éclatèrent de rire, pendant que l'ancien réfugié restait murer dans son silence habituel. Il se demanda l'espace d'un instant la dernière fois qu'il avait pu profiter autant d'un simple moment de la vie. Il pensa à sa sœur et à son neveu et il se dit que malgré le manque de clémence du quotidien de son ancienne vie, il avait eu amplement de quoi être heureux. Mais, ce n'est pas le découragement que cela lui inspira, non, c'était la volonté de faire le nécessaire. Faire le nécessaire pour sa sœur, sa famille, les réfugiés. Faire le nécessaire pour que ce genre de vie prenne fin. « Tu voyages dans quel coin du monde Zach? » La voix de Vallarin le tira brusquement de ses pensées. L'allusion de Vallarin sembla laisser étonner la fameuse 'Beth'. La notion de 'voyagé' devait être étrange pour la tadryenne en effet. « Je viens des camps. » Beth le regarda un moment comme surprise de voir une personne aussi bien portante. « On a besoin de tous et c'est dommage que nous ne puissions accueillir plus dans la ville. Si Vallarin a fait de toi son ami, alors c'est que tu vas apporter beaucoup de bien à Tadryon. Bienvenu Zach. » L'intéressé hocha doucement la tête en guise de retour de salutation et laissa Vallarin conclure avec son amie pour quitter avec lui la zone de la Corporation. « Elle est libre tu sais Zach? » L'ancien réfugié roula des yeux et prit les devants du duo.


***


La deuxième destination des deux hommes fut les représentants de l'Armée. Les deux caressaient le rêve de s'engager dans l'Armée et c'était donc tout désigné de s'y rendre pour eux. Bien que l'aspirant médecin de combat aurait pu rejoindre les mastodontes sans problème avec sa carrure, il désirait suivre son ami amateur d'arts martiaux qui, lui, allait rejoindre la branche de l'infiltration sans contredit. Depuis que leur amitié était née à l'Académie, les deux amis ne se séparaient pratiquement pas, alors il allait falloir plus que l'Armée pour y parvenir et ils allaient faire le nécessaire pour être tous les deux dans l'infiltration. Et puis, il fallait bien des médecins dans cette branche aussi. Cette fois, ce fut Zacharias qui prit les devants, visiblement comme un poisson dans l'eau dans cette ambiance militarisé qui faisait rêver tous les citoyens désireux de connaître l'extérieur du mur.


— Conscrit Zacharias Deost, monsieur. Mon collègue et moi désirons rejoindre l'Armée à la fin de notre année à l'Académie et nous aimerions prendre les informations nécessaires à l'acheminement de notre dossier.
— Repos conscrit, on est pas en exercice
, plaisanta le soldat devant l'attitude professionnelle du conscrit.
— J'en suis conscient, monsieur, mais si on veut que le quotidien militaire soit naturel, il ne faut pas attendre aux exercices pour s'y conformer.
— Ce n'est pas faux. Avec une telle motivation, ça jouera en votre faveur. Je peux vous remettre les demandes de recrutement à remplir et vous aurez une liste de tout ce qui doit accompagner votre dossier. Remettez le tout à un recruteur de l'Armée quand votre dossier sera assemblé et l'Armée analysera votre candidature. Effectivement, il y a un délai, alors remettez votre dossier même si vous n'avez pas complété l'Académie. Ainsi, il sera possible d'accepter votre demande avant votre graduation et ça vous évitera une attente problématique.
— Je peux avoir celui de l'infiltration, monsieur?
— Sans problème. Et les mastodontes pour vous conscrit?
— L'infiltration aussi monsieur. Je vise le poste de médecin de combat et mon collègue va avoir besoin d'être rafistolé de temps à autre, alors je vais le suivre.
— C'est l'esprit, dans l'Armée on veille les uns sur les autres.
— Toujours! Et je veillerai à ce que mon collègue apprenne à se détendre et s'amuser un peu d'ici notre graduation!
— Je confirme, ce sera nécessaire.


Zacharias s'autorisa un mince sourire et les deux autres échangèrent une poignée de main. Zacharias saisit à son tour la main tendue ensuite et rendit une poignée de main solide et ferme à son interlocuteur. Apprendre à s'amuser? Pauvre Vallarin, il se donnait un objectif visiblement peu probable à atteindre. Enfin, un jour il pourrait peut-être prendre les choses plus légèrement. Qui sait, il rencontrerait l'amour de sa vie et trouverait un rythme de vie moins éreintant. Une femme intéressante et avec de la personnalité... un peu comme la Beth de tout à l'heure. Il n'était pas fermé à ce genre de rencontre, juste pas encore prêt à se lancer. Mais bon, qui vivra verra comme on dit. Pour le moment, rejoindre l'Armée était tout ce qui faisait partie de ses projets et il verrait une fois recruté ce qu'il voulait se réattribué comme objectif de vie. Soigneusement, il rangea les formulaires pour ne pas les égarer ou les froissés et les deux amis prirent encore un peu de temps pour explorer les diverses présentations concernant leur future carrière pour ajouter une panoplie d'élément à leurs rêves professionnels.


***


En approchant de la zone réservée au Solstice Écarlate, Zacharias prit une profonde inspiration et ferma les yeux pour se concentrer mentalement. Il devait garder son attitude et son habituel détachement de tout avec les représentants du Solstice Écarlate. Vallarin n'avait pas tort, peut-être que Zacharias était simplement mal informé ou mal renseigné à leur sujet et que d'en savoir plus allait changer son avis. Et même si son avis restait la même, il valait mieux connaitre ses 'ennemis' que de supposer à tort. Bon, le Solstice n'était pas un ennemi pour Zacharias, mais il se comprenait et savait ce qu'il voulait dire par là, c'était l'important. Pourquoi Zacharias avait cette aversion pour les représentants de l'ordre, des lois, de la foi et ses héros légendaires aux capes rouges? C'était à vrai dire nébuleux même pour lui-même. Peut-être l'aspect religieux, peut-être le fait que les capes écarlates n'étaient en rien en motif pour asseoir l'influence qu'on leur accordait, peut-être parce que dans cette ville sous loi martiale l'Armée était toute désignée pour faire le travail de maintien de l'ordre public, peut-être parce que plein de peut-être existaient. Il y avait bien quelque chose pourtant dans ce que cette organisation dégageait qui redressait les poils de Zacharias dès qu'il avait affaire à elle.


« Détends-toi Zach, on dirait que tu t'apprêtes à te couper ta propre main. »

L'intéressé se contenta encore une fois de hocher la tête en guise de réponse et reprit son attitude neutre et distante. Au moins, il savait faire ça. Par contre, il était certain que ce serait Vallarin qui se chargerait des discussions ici, sinon Zacharias allait se mettre les pieds dans les plats et l'ancien réfugié n'y tenait absolument pas. Si la vie voulait se moquer de lui, elle lui mettrait la cape écarlate sur les épaules, mais ça, Zacharias n'y comptait pas et espérait bien que ce ne serait jamais le cas. Déjà juste en étant entouré des prêtres qui se chargeaient de renseigner les visiteurs, il se sentait pris de malaise et remplit de désagréables impressions de danger à venir. Au moins, le caractère strict et sévère du conscrit rendait peu probablement qu'il ait de quelconque démêler avec les autorités et donc à craindre le Solstice. Pourtant, juste en entendant les discours empreints de religion et les dogmes de l'organisation, il frissonnait et se demandait si c'était réellement un bien ou un mal pour Tadryon. Après tout, il serait un jour un citoyen, un tadryen, et il vivrait parmi ce peuple d'adoption. Il n'en serait probablement jamais une part intégrante, parce qu'il ne pourrait jamais complètement laisser son ancienne culture derrière lui, mais il vivrait selon leur mode de vie assurément.

« De futur fidèle du Solstice? » D'un mouvement fluide et agile, Zacharias pivota sur ses pieds pour faire face au prêtre. C'était son instinct de survie. Quand il était pris par surprise, son corps réagissait par réflexes. « Non, frère. Je ne mentirai pas, je ne pense pas me joindre au Solstice à la fin de l'académie. Par contre, le Solstice fait partie de notre quotidien à Tadryon et il vaut la peine d'explorer un peu son organisation. » Zacharias appréciait réellement la capacité d'empathie et de diplomatie qu'avait Vallarin sans même le moindre effort. Il n'aurait jamais pu se sortir aussi brillamment de la situation et sérieusement, leur duo se complétait à merveille. S'il n'avait pas son ami ses côtés en mission plus tard, il ne pourrait jamais atteindre la même efficacité, c'était évident. « C'est une très sage façon de faire jeunes gens. » Jeunes gens. Zacharias ravala sa réplique. Il n'était pas un enfant et avait passé l'âge d'être pris pour un débutant. Il avait 25 ans et il avait connu suffisamment de la vie pour être un homme. « Peut-être voudrez-vous nous renseigner sur les capes écarlates et leurs fidèles dévoués, frères. » Le prêtre se fendit d'un immense sourire, visiblement ravi de l'offre. Et ainsi, pendant un bon moment, les deux amis écoutèrent et emmagasinèrent le petit cours que le prêtre leur donna sur le Solstice.

Une fois hors du secteur du Solstice Écarlate, Vallarin posa amicalement sa main sur l'épaule de son confrère.
« Alors, pas trop pénible vieux frère? » Quel jeu de mots amusant. Zacharias soupira au bord du découragement. « J'ai cru mourir. Quatre fois. C'est la dernière fois que je te crois quand tu me dis que ça va bien aller. » L'un et l'autre sourirent et ricanèrent doucement. « Tu pourrais pas arrêter de me faire confiance, tu serais tout seul avec toi-même. » Il n'avait pas tort. De toute façon, Vallarin savait que c'était de l'humour que Zacharias avait fait. Enfin, ils étaient sortis de ce bourbier et l'ancien réfugié pouvait de nouveau librement respirer, alors tout était pour le mieux. « On va toujours voir les récupérateurs? » Zacharias posa un regard outré sur Vallarin, comme s'il venait de demander une chose complètement dénuée de sens. « Certainement qu'on va les voir! C'est mon passé à moi, on est bien allé voir tes copains de la Corporation. » Vallarin sourit de toutes ses dents. « Oui, mais moi je t'ai fait rencontrer une femme d'une beauté fatale! Ils ont une Beth chez tes récupérateurs? » Zacharias secoua la tête en riant. « T'es pas possible! » Il continua de marcher en riant. « Hey! Je suis célibataire moi aussi! » Ce fut au tour de Vallarin de rire et de lui emboiter le pas.


***


L'espace alloué au récupérateur témoignait de l'esprit efficace et pratique de la Guilde et c'était impressionnant de voir tout le potentiel que pouvaient dégager ces hommes et ces femmes avec si peu. Zacharias qui les connaissait bien pour avoir travaillé avec eux pendant des années avait toujours aimé ce trait de personnalité chez tous ses membres. Il avait été terriblement tenté de les rejoindre au début lors des premières offres, mais il vivait déjà une vie de récupérateur et voulait faire autre chose. Il n'aurait pas été heureux comme agent de la Guilde et aujourd'hui il le savait très bien. Cela ne l'empêchait pas de connaitre et de vouloir saluer quelques-uns des agents en place. Un peu comme à la Corporation, les deux amis se séparèrent et Zacharias retrouva rapidement un ou deux agents qu'il connaissait. Il se renseigna au sujet du passeur qui lui avait permis son Entrée et fut heureux d'apprendre qu'il était toujours en pleine forme et régulièrement hors des murs pour mener à bien ses missions. Ce jour-là, cet homme avait changé sa vie. Peu importe que le réfugié qu'il était lui ai sauvé la vie ou non, Zacharias avait fait ce qui était moralement nécessaire de faire et le passeur aurait pu ne pas donner suite à son dossier. Il leur demanda de transmettre ses salutations et il prit un moment seul ensuite pour regarder les jeunes hommes et femmes qui venaient rempli d'espoir pour rejoindre la Guilde. Est-ce qu'il serait d'aussi grandiose passeur que celui qu'il avait connu?

C'était une tâche difficile pour des êtres si jeunes de décider de leur vie à venir. Honnêtement. Du haut de leurs 15 ans, 16 ans à la fin de leur parcours à l'Académie, il devrait prendre carrière. Aujourd'hui, maintenant âgé de 25 ans, Zacharias voyait la maturité qui manquait à ses âmes errantes dans un monde sans pardon et cruel à souhait. Et combien allaient joindre la Guilde, l'Armée ou le Solstice pour de mauvaises raisons? Combien allaient se cloîtrer dans la Compagnie en vivant malheureux toute leur vie de ne pas avoir fait quelque chose de plus excitant? Combien, honteusement, rejoindraient la Corporation alors que c'était tout à leur honneur de devenir les maillons principaux de la chaîne qui permettait à Tadryon de fonctionner. Il y a 10 ans, Zacharias n'aurait pas été capable de faire un choix éclairé comme aujourd'hui. Et pourtant, on demandait à ses jeunes épaules d'endosser un poids complètement disproportionné à leur capacité. Pourquoi? Pour le progrès et l'avancée de Tadryon. Le conscrit qu'était maintenant Zacharias comprenait la nécessité de faire ainsi et n'avait pas de solution de remplacement à proposer, mais il n'en restait pas moins que quelque chose de malsain était présent dans ce fonctionnement. En même temps, Tadryon pourrait fonctionner différemment, avec moi, et s'en sortir. Mais, en même temps, qui allait accepter de sacrifier le maigre confort qu'ils avaient pu obtenir. Il ne l'aurait pas fait avoir grandi à Tadryon et ne pas avoir connu la dure réalité de la vie.

Il rejoignit Vallarin après un moment.
« Je suis prêt à y aller Vallarin. » Il aurait pensé le trouver à courtiser une femme, mais visiblement non. Il découvrait comme un enfant la Guilde et était absorbé par tout ce que les agents pouvaient trouver dans le monde pour le rapporter à la ville. Quand le tadryen de souche fut contenté de ce qu'il y avait à apprendre à la Guilde, il fit signe à son ami et les deux quittèrent pour prendre la direction de la sortie de l’amphithéâtre. Est-ce que Vallarin allait changer d'idée et abandonner son projet de devenir soldat pour la Guilde? Zacharias était convaincu que non. Vallarin allait douter une journée ou deux et revenir à son projet de base ensuite. Son désir de devenir médecin de combat était trop ancré pour l'abandonner en cours de route. Dans le pire des cas, l'ancien réfugié qu'était Zacharias ne pourrait qu'admirer ce choix et l'encourager à poursuivre son bonheur. En plus que, de par sa personnalité, Vallarin deviendrait un passeur hors pair. « T'as retrouvé ton passeur? » Zacharias secoua la tête. « Dommage. J'aurais aimé voir le responsable de ta venue ici pour le remercier. »

***


De nouveau hors de l’amphithéâtre, le duo se trouva un endroit tranquille pour s'asseoir et prendre un peu de repos. Sans en avoir l'air, la journée avait grugé pas mal d'énergie. Une chance qu'il n'avait pas voulu aller voir la Compagnie, parce que Zacharias n'aurait pas eu l'énergie et la motivation suffisante rendue à cette heure pour le faire.
« C'était bien. » Vallarin répondit de la tête à l'affirmative. Cette journée avait confirmé pour le nouveau conscrit qu'il voulait rejoindre l'Armée et faire sa part pour rendre le monde meilleur et pour redonner sa place à l'humanité parmi cette nature vengeresse. Il espérait fortement qu'il aurait son colossal collègue et ami avec lui pour le faire, car jamais il ne pourrait être entre de meilleures mains. « Merci de m'avoir accompagné Vallarin. J'aurais pas supporté la foule. » Son ami éclata de rire. Zacharias savait que pour le sociable humain qu'il était, sa condition de solitaire était difficile à envisager. Pourtant, il la respectait et ne la soulevait jamais; il ne la lui reprochait jamais et semblait ne même pas s'en rendre compte. En échange, Zacharias lui racontait des histoires sur le monde extérieur et des tranches de vie, s'assurant d'être le plus fidèle à la réalité possible. « Allez, je te raconte un autre de mes aventures de réfugié et après je vais prendre la soirée tranquille. »

[3 688 mots
Gain : 1 attribut (base) + 2 attributs (gain de mission)
Distribution : +1 Force et +1 Perception pour Zacharias et +1 Perception pour Vallarin]
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Demetria
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Message(#) Sujet: Re: Dysphorie [Intrigue Interne] Jeu 1 Juin - 13:26

La voix du gouverneur emplit la salle que l'académie  cédée pour l'occasion. Il se trouve au bout de la pièce, débitant son discours -sans doute préparé et répété depuis déjà plusieurs jours- à l'assemblée silencieuse qui lui fait face. Assemblée à laquelle tu fais également partie, sans pour autant avoir l'impression d'appartenir. Tous les élèves de l'académie se tiennent droits et fiers, parfois même excités devant le représentant de leur Nation. Le porte parole de la race Humaine... Tous se sentent sans doute touchés et concernés par les paroles de l'homme qui vous fait face, toi seule semble dénoter dans la foule. Avachie sur ton siège, à ne pas avoir l'air absorbée par les mots envoûtants du gouverneur, ne pas donner l'impression d'écouter son monologue. Tu gigotes d'impatience, te moquant bien de ce qu'il peur raconter... Comme il l'a lui même si bien dit, les mots et les promesses ne comptent pas, ce ne sont que du vide si les actes ne suivent pas derrière. Et ses beaux discours ne sont, à tes yeux,, que du flan, rien d'autre qu'un moyen pour lui de redorer son image, du pipeau pour que la population continue de croire en lui et ne veuille pas soudainement changer de dirigeant... Aucune chance donc que ses mots à lui aient un quelconque impact sur toi, ils ne sont d'aucun intérêt selon toi. Les mots qui ont de l'importances seront ceux qui suivront les siens très prochainement.

Ça ne fais que quelques mois que tu es parvenue à franchir les hauts murs de la Promise, et la mentalité et mode de pensé des citoyens te laisse toujours une drôle d'impression... Tout ce blabla, cette administration inutile, tous ces moyens pour tourner autour du peau alors que l'on pourrait simplement aller dans le vif du sujet.... La mentalité locale t'échappé encore un peu, même si tu finis par t'y habituer au fur et à mesure. Néanmoins, tu n'es toujpurs pas accommodée à tout cet embarras et tout cela, ces discours, ces parlementations lassante finissent par t'impatienter. Ce n'est pas pour entendre parler ce militaire adulé comme un héro que tu es venu ici aujourd'hui, mais bien pour discuter de ton avenir, avec des gens qui, eux, sauront vraiment t'intéresser.

Tu ne peux empêcher ta jambe de tressauter nerveusement, faisant ainsi claquer ton talon contre le sol. Il te semble avoir remarqué à plusieurs reprises le regard agacé de ton voisin mais cela n'a pas suffit à te calmer, bien au contraire son comportement te donne davantage envie de continuer. En revanche, le doigt accusateur que le gouverneur pointe subitement sur toi -ou était-ce sur la fille derrière toi ? Aucune idée mais c'était dans ta direction- réussi à te faire arrêter de gigoter dans tous les sens pendant quelques secondes, prise au dépourvu, t'imaginant qu'il parvenait à entendre de la où il se trouvait le martèlement de ton pied et t'ordonnait d'arrêter sur le champ. Mais il continue son discours et pointe finalement quelqu'un d'autre, dans un autre coin de l'amphithéâtre. Tu te détends immédiatement, relâchant la respiration que la surprise t'avait bloqué. Tu reprends ensuite le bruit avec tes semelles, ce qui semble déplaire au gamin à côté de toi. Tu souris et dans une avalanche de boucles brunes, tu tournes vers lui un regard amusé, l'observant sans retenue ni discrétion. Un sourire mesquin étiré tes lèvres et tu pousses la provocation jusqu'à mâcher bruyamment ton chewing-gum à la fraise -pas délibérément bien sûr-, et à faire éclater une petite bulle de ta pâte à mâcher près de son oreille. Il prend un air offusqué mais ne réagit pas plus à ta petite provocation essayant de suivre la fin du discours de son cher gouverneur, renforçant le sourire satisfait sur tes lèvres. Tu finis par le lâcher du regard pour inspecter le vernis roses qui commence à s'écailler sur tes ongles, sans même faire semblant de t'intéresser à ce qu'il se passe sur l'estrade centrale.

Finalement, le commandant se tait et finit par vous relâcher, vous laissant enfin faire ce pour quoi vous êtes présents dans cette salle. Pour rencontrer votre avenir. C'est comme ça que tu vois l'opportunité d'aujourd'hui. Une entrevue pour assurer son futur. Alors, sortant enfin de ton ennuis, tu sautes sur tes jambes et lâche un "Eh bah, c'est pas trop tôt !" suffisamment audible pour que les personnes autour de toi puissent entendre. Tu suis tranquillement la foule qui commence à se diriger lentement vers les intervenants présents. Mais tu soupires à nouveau. Voilà qu'enfin on vous libère de vos sièges et pourtant, tous ces gosse sont d'une lenteur ! Ne sont-ils pas pressés de pouvoir avoir ces entrevues ? De discuter de ce que pourrait être leur avenir, leur futur métier ? Curieux de découvrir à quoi pourrait ressembler leur vie plus tard ? N'ont-ils aucune ambition à assouvir ? Pourtant, malgré toutes les démonstrations de ton impatience -soupirs exagérés, regards fréquents et appuyés vers ta montre, tapage de pied frénétique- rien ne les fait descendre plus vite et tu dois prendre ton mal en patience pour enfin pouvoir te frayer un chemin jusqu'en bas.

Tu sais déjà où tu devrais te rendre. Ton avenir ici est, après tout, déjà tracé. Si tu as retenus l'attention des récupérateurs, c'est avant tout grâce à tes connaissances en robotique. Ton talent pour tous ces gadgets que les gens utilisent à longueur de journée sans même réfléchir à leur fonctionnement. Alors tu devrais foncer vers le stand où sont postés les intervenants de la compagnie. C'est cette corporation que tu veux rejoindre des que tu auras terminé ton service obligatoire à l'Académie, alors il n'y a aucu'e raison pour que tu fasses un arrêt aillieurs... Et pourtant, tu ne le fais pas. Tu ne files pas comme une flèche en direction des chercheurs et autres scientifiques... Non, car se contenter de leur parler à eux, et ignorer toutes les autres personnes venues ici, ce serait rater une occasion, une opportunité qui ne se présenterai peut être plus jamais... Qui sait, peut être que quelqu'un parviendra à te faire changer d'avis, à attiser ta curiosité et te donner envie de changer de branche... Ou peut être tout simplement t'en faire apprendre plus sur ces domaines qui restent encore totalement flous pour toi... Le système de cette ville est complexe et tu ne comprends toujours pas toutes les subtilités de chaque groupe... Alors il est hors de question que tu te restreignes à parler aux représentants de la compagnie. Tu pourras toujours le faire après, et ce sera un arrêt obligatoire, mais tu préfères commencer par voir ce qu'il y a ailleurs.

Tu avances vers un stand où personne n'est encore aller. C'est un membre de la corporation de la Plèbe, mais personne ne semble intéresser par ce qu'il a à présenter. A savoir des baguettes, des petits pains et des croissants. Étonnant. Tu aurais pensé qu'il y aurais plus de volontaires pour devenir boulanger... "Si on vous sors de votre ennui en vous posant tout un tas de questions... Est ce qu'on a le droit de prendre un de ces casse croûte ?" Toi qui pensais devenir sa sauveuse en le sortant de sa solitude, ta remarque semble au contraire le mettre encore plus mal à l'aise et il bégaye pour te répondre que oui, tu pourras manger si tu lui poses des questions. Tant mieux, tu commences à avoir faim... Mais tu te retiens de te jeter dessus, ça ne serais pas très poli. À la place tu souris tranquillement et commences à poser tes questions. "Très bien alors... Selon vous, pourquoi devrions-nous rejoindre votre branche plutôt qu'une autre..." Le jeune homme inspiré profondément et commences à parler à vive allure, comme s'il avait repété plusieurs fois sa réponse : "Même si Tadryon est une force armée, elle n'a pas seulement besoin de soldats. Le coeur de la cité à besoin de beaucoup plus. D'artisans, de vendeurs, d'artistes... Ce sont eux qui font vivre la ville, qui divertissent les citoyens, qui permettent à notre belle nation de flamboyer. Sans nous, vivre ici serait triste. Je pense qu'il y a déjà bien assez de soldats ici, mais trop peu de couturiers ou de vendeurs..." Ton interlocuteur reprend son souffle et relève enfin le regard vers toi, attendant ta réaction. Tu arborés toujours un sourire rassurant et passés une main dans tes cheveux fougueux. "Bien, tu m'intéresse... Selon toi, il y a trop de gros bras et pas assez d'artistes, c'est ça ?" Il semble mal à l'aise en t'en d'antiquités reformuler ses propos. "Oui enfin... Nous avons bien évidement besoins de soldats mais... Tout le monde n'est pas toujours taillé pour le combat... Tout le monde n'y trouve pas toujours beaucoup d'intérêt non plus..." - "C'est vrai. Et dans ce cas, il faudrait choisir de vous rejoindre ? Mais si nous ne nous sentons pas non plus une âme d'artiste ?" - "Oh il n'y a pas que des artistes, loin de là ! La Plèbe regroupe bien plus que ça. Il y a toute sorte d'artisans, mais aussi des vendeurs comme je vous ai dit. Tous ces gens qui tiennent leurs petits commerce. Ils sont aussi important que les soldats et nous sommes toujours ravi d'accueillir de nouveaux membres ! Il y a de la place pour tout le monde,parce que tout le monde est toujours fais pour quelque chose." Au fur et à mesure qu'il parle, il semble se détendre, encouragé par tes hochements détendre têtes et ton sourire. Il parle moins vite et commence à capter ton regard plus longuement. "Ah oui ? Et pour quoi suis-je faite, à ton avis ?" Ta réponse le prend au dépourvu et, visiblement à cours d'idée, il répond : "Eh bien... Peut être pour la boulangerie, comme moi..." Sa réponse te fait rire. "Peut être en effet ! Et voyons-voir à quel point tu es doué !" Avant qu'il ne réagisse, tu attrapes une brioche et croques dedans à pleine dents. Tu mâches goulûment, laissant le gout s'imprégner sur ta langue. Tu fermes les yeux et soupire de plaisir. "Hmm... C'est bon... Oui, si c'est toi qui m'apprends comme faire ce délice, peut être bien que je vous rejoindrais..." Tu lui fais un clin d’œil qui lui fait monter le rouge aux joues... A moins que ce ne soit tes compliments ? Dans tous les cas, il baisse timidement les yeux et ne réponds rien. "Et où est ce que je pourrais remanger ces brioches ?" Il te donne l'adresse de sa boulangerie et tu lui dit en revoir, décidant que tu as passé suffisamment de temps ici.

Le nez en l'air, tu cherches ta prochaine cible. Mais tandis que tu regards autour de toi, une main se pose sur ton épaule. Tu te retournes et tombes nez à nez avec un visage masculin. Deux yeux bleus époustouflants, un sourire blanc et éclatant, une peau basanée comme la tienne. Une cicatrice au dessus de son œil droit attire ton attention, tandis que tu reconnais le visage du récupérateur à qui tu as sauvé la vie... L'homme grâce à qui tu as rejoint cet endroit. "Louisette ! J'étais sûr que c'était toi !" Puis il te sers dans ses bras. "J'espérais bien pouvoir te voir ici !" - "Oh... Chris... Bonjour... Moi aussi, je suis ravie de te voir !" Il te relâche finalement et tu fais un pas en arrière pour mieux l'observer. "Eh bien... Tu as meilleure mine que la dernière fois que je t'ai vu..." La fois à laquelle tu fais allusion remonte à tes premiers jours ici, où il sortait à peine de l’hôpital, et où il avait tenu à te rendre visite pour te remercier de vive voix de ce que tu avais fais pour lui. Depuis, tes cours à l'Académie et son travail en temps que récupérateur vous ont empêché de vous revoir. Cependant, tu ne t'attendais pas à le retrouver ici, c'est donc une réelle surprise pour toi, mais une bonne. Tu prends des nouvelles de sa famille, que tu as justement eut le loisir de rencontrer la dernière fois que tu l'as vu, puis il te retourne les politesses d'usage, avant que tu ne rentres dans le vif du sujet. "A ton tour de me faire ta petite pub, c'est pour ici que vous êtes ici n'est ce pas ? Pour nous motiver à rejoindre vos rangs... Alors je t'écoutes !" Le soldat se racle la gorge et, prenant un ton personnel que tu ne lui connaissais pas, s'exécute. "Rejoindre la Guilde des récupérateurs, ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère. Les notre ont besoin de plusieurs qualité... Notamment de la patience et du courage. Les gens à l'extérieur des murs peuvent parfois se montrer persistants ou même intimidants, et il ne faut pas se laisser guider par la peur qu'ils peuvent provoquer. Il faut aussi être diplomate pour parvenir à gérer des situations délicates. En bref, avoir des qualités en matière sociale. Aimer le contact direct avec les gens, savoir accepter de nouvelles populations... Mais notre travail ne se cantonne pas à sillonner les rues de Varosha pour simplement trouver de nouveaux talents... Non, c'est bien plus que cela. Être un Récupérateur, c'est également être un explorateur ! Pouvoir trouver de nouveaux territoires, les cartographier, trouver de nouveaux peuples également..." Quelqu'un dans la foule te bouscule et t'écrase le pied, te déconcentrant des paroles du récupérateur. T'emportant, tu te retournes violemment et commences à cracher un chapelet de juron sur celui qui vient de t'esquinter les pieds. C'est le rire apaisant de Chris et la main qu'il pose sur ton épaule pour te forcer à laisser partir le garçon que tu engueulais -il semblait terrorisé, le pauvre- qui te calment. "Tout doux ! Le pauvre gosse n'a pas fait exprès, j'en suis sûr. Tu vois, c'est pas exactement à ce genre de tempérament auquel je pensais en disant que les récupérateurs avaient besoin de qualités humaines et sociales... C'était plutôt le contraire... Tu sais, la patience, al douceur, la gentillesse..." Il rit devant ton air boudeur. "C'est qu'il m'a vraiment fait mal à l'orteil, ce bougre !" Chris ébouriffe tes cheveux. "Bien, tu devrais peut être continuer ta visite... Tu avais l'air de vouloir aller ailleurs, si je ne m'abuse... Mais avant de te laisser filer, je veux que tu me promettes de passer à la maison lorsque tu auras le temps... Je suis libre cette semaine, ce serait le bon moment de venir si tu arrives à te libérer un jour..." - "Très bien, je prends note. J'essayerai de passer dès que j'aurais un moment de libre." Puis, comme il te l'a conseillé, tu continues ta route.

Tous le monde a l'air bien occupé désormais. Plus de personne à aborder personnellement. Alors, à la place, tu t'approches d'un groupe de la Compagnie. Un chimiste -à en juger par ses lunettes et sa blouse de protection- este n train de réaliser une petite expérience pour amuser la galerie. Tu regardes avec intérêt la manipulation qu'il est en train de faire. En réalité, tu n'as jamais fais de chimie. Comment aurais-tu pu, à l'extérieur des murs ? Tu n'as commencé qu'à ton arrivée ici et tu dois avouer trouver cela intéressant. Pas autant que les robots, mais tout de même. Tu applaudis poliment lorsque l'expérience touche à sa fin. Puis les élèves commencent à poser tous types de questions. Quelle qualité faut-il avoir pour espérer rejoindre les laboratoires de la Compagnie, quelles aptitudes sont nécessaires, des notes à avoir, ce genre de chose. Tu écoutes distraitement, te disant que si c'est vrai pour le domaine chimique, ça doit l'être aussi en robotique. Les réponses ne t'étonnent pas et sont celles auxquelles tu t'attendais plus ou moins.

Tu contournes un peu l'espace qui est dédie à cette organisation pour trouver le coin qui t'intéresse : là où on peut créer un robot... Un stand de montage a été installé, et aussitôt qu'une chaise se libère, tu sautes dessus et commences à rassembler des pièces. Tu les assemble ensemble, tes doigts bougeant tous seuls, comme si c'était toi l'automate, comme si tu étais devenue un robot... Concentrée, tu ne fais plus attention à rien d'autre que le petit gadget que tu tiens dans tes mains, tu ne penses plus ni aux gens qui pourraient te regarder, ni même aux questions que tu devrais poser aux intervenants. Oublié, tes belles questions d'avenir. Tout ce qui compte soudainement, c'est le présent, toi et ces mécanismes. En quelques mouvement, tu viens de recréer une petite montre holographique. Rien de bien extravagant, plutôt rudimentaire et peut être même décevant lorsque l'on connaissait tes capacités en la matière. Une fois finis, tu reposes la montre sur la table et libère la chaise que tu occupais. Tout le monde semble toujours occupé. Mais tu n'as pas de réelle question à leur poser. Tu sais que tu veux intégrer cette organisation là. Pas une autre. Ce simple contact avec quelques outils semblent déjà t'avoir convaincu. Alors, au lieu de rester plantée là, tu t'en vas visiter une nouvelle corporation.
3016 mots
2 points d'Agilité et 1 point de constitution.
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