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 [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes)

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Schaad DebuMerah
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Message(#) Sujet: [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes) Lun 24 Avr 2017 - 16:18



Le jour d’avant …

Heureusement que j’avais regardé par la fenêtre avant d’entrer chez Wendya, ma grand-mère d’adoption

Je découvrais alors mon visage qui se reflétait sur la vitre et les traces de fusain qui le barbouillaient généreusement, le coin de la bouche en particulier quand j’avais mâchouillé la branche avec laquelle j’avais réalisé mon message au petit matin (si vous voulez savoir tout allez lire là !).

Petit coup d’œil à mes mains au passage, c’était pas mieux, j’avais besoin d’un bon rafraichissement et surtout de faire disparaître ces preuves accablantes qui me désigneraient en cas d’investigation postérieures.

Par chance Wendya me tournait le dos, occupée à surveiller le petit feu qui nous servait de chauffage autant que de cuisinière, et tout en lui lançant un Bonjour ! Je me débarbouille et je suis là ! Je filais donc rapidement vers la pièce des commodités.

Je dus m’y reprendre à trois fois, pour enfin faire disparaître toute trace de charbon de bois, crachant allègrement alors que je me lavais la bouche et frottais ma langue noire. Finalement, le reflet renvoyé par la glace me convenant, je revins vers la pièce de vie où je me confectionnais un solide petit déjeuner avec ce que proposait le garde-manger pour ensuite m’attabler et dévorer comme un ogre. Wendya ne posa pas de question, depuis le temps, elle avait l’habitude de mes sorties nocturnes et de mes absences plus ou moins longues et elle savait que me « cuisiner » dès mon retour ne m’engagerait pas plus rapidement à lui raconter mes expéditions. Tranquillement, elle vaquait à ses occupations, préparant les miennes par la même occasion car je me chargeais de tout ce que son grand âge et ses membres amoindris par les ans lui interdisaient de faire maintenant.

J’avais presque fini quand Nana, diminutif de Nanahuta, fit irruption par la porte pleine de sa joie de vivre et de son énergie habituelle. Ma petite rouquine de cousine me vouait un attachement particulièrement envahissant depuis le moment où elle avait su que nous avions des liens de parenté. Avant cela, elle me suivait discrètement, n’osant déranger l’ours mal léché que j’étais mais se rapprochant de jour en jour comme elle l’aurait fait un Garge rétif.

Et cela avait marché, non seulement sa présence et sa volubilité ne me dérangeaient plus, mais de plus, je me surprenais quelques fois à la chercher quand elle n’était pas dans les environs immédiats. Allez comprendre !?!
Nana, qui avait déjà déjeuné chez elle, se servit un jus de fruit pressé du matin après avoir salué et étreint ma grand-mère comme si cela avait été la sienne. Ces deux là s’aimaient bien et chacune profitait des expériences et des histoires de l’autre, Nana faisant pour elle le récapitulatif des potins d’aujourd’hui alors que Wendya lui contait les souvenirs d’hier et d’avant hier. La petite fille, qui ne tarderait pas à devenir une jeune fille vu les deux bosses qui commençaient à se former au niveau de son buste, vint s’asseoir face à moi avec un air boudeur sur le visage, quelque chose la chagrinait et j’eu le malheur de lui demander ce que c’était …

Je t’ai cherché toute la soirée hier pour aller écouter les histoires du soir, mais comme je ne t’ai pas trouvé, j’ai été obligé de rentrer plus tôt avec les bébés !… Où tu étais ?


J’ai été consulter les cartes pour être sur de bien les avoir en tête … J’avais besoin de silence et de solitude … je grognais, ce qui était la vérité puisque l’Envol approchant, je voulais être prêt et mémoriser mon trajet et cette partie du pays jusqu’au Désert Pourpre afin de m’y retrouver au cas où je me perdrais …

Les cartes n’étaient pas détaillées, juste ce qu’il fallait pour qu’on s’y retrouve, mais pas assez pour que si elles tombaient entre les mains d’un étranger, il ne puisse y trouver des informations qui nous mettraient en danger. En fait, l’astuce, c’était la superposition et les leçons qu’on nous inculquait oralement et ces plans, mais ceci est une autre histoire placée sous le sceau du secret.

Mon explication sembla lui convenir et elle se dérida d’un coup puis commença son papotage en me racontant en détail cette soirée que j’avais manqué et dont elle avait passé une partie avec Khéna, une fille de mon âge ou presque qui me tournait autour depuis un petit moment comme un Relve choisissant sa proie dans le troupeau avant de se jeter dessus.

Mais celle là, je ne l’aurais sur le dos qu’à partir du milieu de la matinée quand le groupe de jeunes auquel j’appartenais irait vaquer aux travaux d’intérêt communautaire qu’elle avait intégré il y a peu.
Je finissais d’un trait mon bol de lait tiède tout en écoutant Nana donc, quand il y eut du remue-ménage dehors et des pas lourds et décidés dont le bruit sur la passerelle se rapprochait rapidement.

Un Varsäl apparut sur le seuil, à peine plus âgé que moi de quelques années mais ayant déjà plusieurs tatouages supplémentaires sur le corps. Sans doute était-il près de choisir sa voie et vue sa carrure, il serait sans doute Varshä comme Rekza que j’avais rencontré quelques jours auparavant.
Le gars me fixa immédiatement et vint droit à moi sans hésitation :
Suis-moi, Rilver veut te voir …

/Gloups !/

Vous ne m’avez sans doute jamais vu pâlir, c’était la bonne occasion. Heureusement que j’avais terminé ma boisson car sinon, je me serais étouffé avec … Par contre, Nana elle avait un sourire qui lui fendait presque le bas de la figure en deux … Elle savait quelque chose ?

Moi, j’étais en train de me liquéfier sur pieds et je réprimais les tremblements de mes mains en les serrant sur mon bol pas encore posé sur la table. Je me levais pourtant, mes jambes me semblant aussi flageolantes que si les étaient démunies d’os et je faisais mine d’aller déposer mon bol dans la bassine à vaisselle, mais Nana me prit de vitesse :

Va-s’y !je m’en occupe ! Qu’elle me lance et je m’exécute comme un automate, embrayant le pas de l’autre comme un condamné à l’exil.
Wendya avait sur le visage un sourire entendu mais dans les yeux une lueur étrange faite de fierté autant que de tristesse. J’aurais donné une main pour savoir ce qu’elle pensait alors …

Dehors, ils sont deux à m’attendre qui viennent fermer la marche derrière moi dont la tête est soumise à une tornade de suppositions qui me donnent l’envie de sauter en bas et de me sauver aussi vite et aussi loin que je peux …
Mais pas le temps de réfléchir, le gars devant file comme si une averse menaçait et les deux derrière me pressent d’accélérer … Hey ! je suis pas pressé moi ! Surtout qu’il y a des risques que ça soit ma petite visite du matin et mon message qui me valent d’être amené à Rilver encadré par ceux là !

Mes craintes se confirment quand nous prenons la direction de l’arbre d’Ohibaan sans changement de cap de dernière minute, enfilant les passerelles et les échelles comme si  nous avions une horde de Mälana  aux fesses, ils m’amènent à celui à qui j’ai délivré mon avertissement légitime ou à une assemblée des plus hauts responsables de la communauté peut être ?

Le sentiment que je vais subir le même sort que mon père autrefois se fait de plus en plus insistant dans mon esprit.

Au dernier moment, arrivés sur les dernières plateformes entourant l’arbre géant qui abritait le cœur de la communauté, plutôt que de nous rendre à la Place du Pendiller et de la traverser pour monter ensuite vers la demeure d’Ohibaan, ils bifurquent directement à la garnison. Nous croisons quelques personnes, hommes et femmes, qui en reviennent, discutant parfois des missions qui leurs ont été confiées ou tout simplement du temps qu’il fait, et déjà les recrues s’entraînent sur le parvis, ahanant furieusement sous l’effort ou poussant des cris de guerre …

J’ai la bouche sèche, et le sang me manque aux extrémités et je suis dans un état second certain que je vais passer un mauvais moment prochainement…
Mes gardes du corps nous font faire le tour de l’esplanade et me laissent soudain aux soins d’un autre, bien plus vieux, avant de disparaître en rigolant et en se jetant des défis de rapidité à qui arriverait au champ d’entrainement le premier.
Je suis là, à l’entrée d’une salle commune, quelque peu déconcerté alors que le vétéran m’intime d’attendre du geste en passant la tête pour m’annoncer. Il ne se passe qu’une fraction de seconde avant de m’inviter simplement à entrer se plaçant ensuite après mon passage dans l’encadrement pour en surveiller l’extérieur me rendant impossible maintenant toute fuite par là.

Quand j’entrais, je ne découvrais que quelques personnes occupées à des tâches totalement communes si ce n’est Rilver en personne penché sur des documents et des cartes avec Tunila debout près de lui qui lisait elle-même dans un livre relié de cuir de Garge tanné, l’air soucieuse.

Sur un coin, sous une pile de feuilles, je voyais dépasser un bout de tissus que je reconnaissais immédiatement, le message que j’avais écrit le matin même. Sans que j’y puisse rien, je sentis mon visage s’empourprer, trahissant mon désarroi.
Rilver leva les yeux vers moi et me sourit, ce qui fit disparaître des rides soucieuses et en apparaître d’autres, éclairant son visage comme le soleil fait fuir la noirceur d’une nuit de tempête. Tunila recula d’un pas mais continua à lire son bouquin, un stylet en guise de guide avec lequel elle traçait parfois un signe ou écrivait quelques mots en marge.

Salut, Schaad  DebuMerah, je suis heureux de te voir … Je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer alors j’irais droit au but, tu sais pourquoi tu es devant moi au moins ?

Je n’avais jamais senti ma glotte monter et descendre le long de ma gorge autant qu’à ce moment là …
Heu … Oui … Non … Je ne sais pas …  Du moins je faisais mine de ne pas savoir sans le quitter des yeux, m’attendant à ce qu’il fasse un signe pour qu’on se saisisse de moi, que la garde qui assurait sa sécurité ne sorte de quelque cachette ou de la pièce d’à côté et ne m’entoure. Mais rien de tel ne se passait, aucun autre guerrier que le vétéran qui m’avait fait entrer n’était en vue...

Je connaissais Rilver de réputation, mais vu l’affaire qui se trouvait entre nous, je savais aussi qu’il pouvait cacher son jeu et mettre en confiance quelqu’un avant de lui extirper des aveux. Sa main droite se posa sur la pile de documents en dessous de laquelle se trouvait la raison de mon inquiétude alors qu’il dardait son regard sur moi, toujours ce sourire énigmatique aux lèvres qui me semblait étrangement dangereux.

Je baissais les yeux finalement, autant pour cacher mon émoi que pour balayer la salle en catimini. Les autres personnes présentes vaquaient à leurs occupations, le vieux guerrier à la porte parlait à quelqu’un qui attendait dehors sur un ton sévère. Rilver trifouilla un peu ses papiers éparpillés alors que Tunila levait une seconde les yeux de sa lecture puis s’y replongeait, imperturbable. La fenêtre était grande ouverte et j’envisageais de m’y précipiter pour m’enfuir, même si cela impliquait sans doute une chute de plusieurs dizaines de mètres et risquait de m’être fatal.

Je t’ai convoqué pour une affaire cruciale dont tu es le principal élément …  Il se mit à fouiller dans la pile, retournant quelques feuillets tout en rapprochant du fameux message que j’avais déposé chez lui tantôt, mais enfin, bien avant d’y arriver, il trouva ce qu’il recherchait : Ah voici …

C’était une simple feuille sur laquelle étaient inscrites quelques lignes d’une écriture grossière puis d’autres provenant d’autres mains plus habiles. Un autre document rejoignit le premier qu’il étala devant lui et consulta quelques instants. Je n’arrivais pas à lire à l’envers ce qui y était noté.

Tu n’es pas parmi nous depuis aussi longtemps que d’autres et tu t’es bien adapté à notre mode de vie depuis, beaucoup parlent de toi en des termes élogieux … Cependant … Il se mit à tapoter de l’index le second document qu’il avait sorti de la pile, assez ancien vu la couleur de la feuille.

D’après ce rapport, tu t’es battu avec Öcto Narnuksen la deuxième année …

Sa façon de me fixer de son regard quasi métallique et le visage fermé me fit fondre littéralement intérieurement et mes jambes me semblaient flageoler en dehors de tout contrôle.

Mais ceci a été réglé en son temps, par contre … Sais tu ce que c’est ? C’est une dénonciation qui t’accuse d’avoir cueilli une Bleutées  … Son sourire avait disparu comme le sang avait quitté mon visage.

Un mouvement inconscient me faisait porter la main à la hauteur de mon cœur où était glissée sous ma tunique la précieuse fleur, bien enveloppée dans un écrin de feuille pour la préserver. Ce geste ne lui échappa pas et je sentis son regard perçant se fixer sur moi. Son sourcil se leva mais tout à coup un éclair rieur éclaira l’œil en dessous.

Ne t’inquiètes pas, d’autres personnes ont assisté à cela et t’ont disculpé de cette prétendue faute … Je ne te demanderais pas pourquoi tu l’as gardée … De toute façon, c’est tout autre chose qui m’a fait t’appeler ce matin.

Il reposa le document sur une autre pile, le tapotant comme satisfait de cette conclusion, puis, contre toute attente, il fit le tour de la table qui lui servait de bureau pour venir se planter devant moi et poser ses immenses mains sur mes épaules, pesant un peu sur le geste pour sans doute voir si je tenais bien fermement sur mes quilles.

Être aussi proche de lui était encore plus impressionnant. Il avait un air très sérieux, presque solennel.

Ton tour est arrivé, Fils d’Ohibaan, Demain sera ton jour d’Envol mon garçon … Qui sera une formalité peut être vu ce qu’on m’a rapporté de toi et de ta vie d’avant. Son regard glissa un instant vers mon front et le tatouage qu’y s’y trouvait, Les patrouilles ont de bons yeux tu sais, depuis bien des années déjà … Demain, c’est un adolescent qui va partir, et quand tu reviendras, ce sera un homme que nous accueillerons, je l’espère …

Il enleva ses mains et se replaça derrière la table, tirant une feuille d’une autre pile en haut de laquelle était inscrite mon nom. Une liste semblait-il avec quelques recommandations d’usage.

Tiens, tu te présenteras en milieu d’après-midi au magasin de fourniture où Freygar vérifiera ton paquetage et te donnera ce qu’il te manquerait. Tu as des questions ?

J’avais fait un pas en avant pour prendre la feuille qu’il me tendait et en entendant ce nom, mes doigts se crispèrent sur le document involontairement alors que lui-même ne le lâchait pas. Freygar Narnuksen, le père d’Öcto, celui là même que j’avais dénoncé … J’arrivais avec un effort monstrueux à me détendre et à lui sourire.

Non,.., Si ! Je peux aller où je veux ? Il n’y a pas de limites d’endroits interdits ?

Son éclat de rire brisa la glace qui m’emprisonnait le cœur alors qu’il laissait la feuille venir à moi. Tunila avait fermé son livre et souriait elle aussi tout en fronçant les sourcils, intriguée :

Tu peux aller où tu veux, sans aucun doute, aussi loin que pourront te conduire et te ramener tes jambes en sept jours et sept nuits, mais j’éviterai quelques secteurs dangereux si j’étais toi. Demande à ceux qui connaissent le région de t’indiquer lesquels, être trop téméraire n’amène rien de bon pour la santé, Schaad, nous voulons voir revenir des adultes, pas partir des futurs cadavres … Allez vas, tu n’auras pas de trop de cette journée pour te préparer …

Il me signifiait ainsi mon congé et je les saluais respectueusement d’un mouvement de tête à chacun avant de gagner l’extérieur et de tomber face à face avec … Öcto ! Suivi de trois de ses sbires qui étaient d’âge avec nous …

Alors le Proscrit ! Prêt à te faire dévorer ?! J’ai failli attendre alors que tu pleurnichais sur l’épaule de Rilver !

J’allais lui répondre vertement sous les rires gras de ses comparses, mais le vétéran le tira sans ménagement et le fit entrer à son tour, coupant court d’un regard glacé l’hilarité des autres devant lesquels je passais sans autre anicroches pour trouver derrière quelqu’un d’autre que je connaissais, Khéna, attendant aussi son tour …

Toi aussi ? Demandais-je un peu gauche en m’arrêtant, tenant la feuille entre nous …

Oui, je suis en âge comme toi, nous reviendrons adultes le même jour … Elle avait rougi et battu des paupières avec dans les yeux cette lueur qui ne me disait rien qui vaille et passa sa langue sur ses lèvres alors que je sentais émaner d’elle une drôle de sensation à la fois chaude et attirante.

Mais l’un des trois précédant candidats l’avait entendue et lança haut et fort :
S’il revient un jour, la forêt va le bouffer tout cru ! Tu as choisi le mauvais gars Khéna !

Mais un raclement de gorge et un regard fulgurant fit taire l’importun ainsi que les deux autres qui se gaussaient déjà de sa boutade.
Je lui posais la main sur l’avant-bras et lui murmurais tout bas quelques mots pour la rassurer avant de quasiment m’enfuir des lieux tout en parcourant les lignes du document.

C’était une liste de matériel de base, succincte, dont on me fournirait ce que je ne pouvais posséder et quelques recommandations d’usage, consulter les cartes par exemple … Il y avait aussi des interdictions bien sûr, comme de me réfugier chez un habitant en attendant que ça se passe sachant qu’un adulte confirmé serait à mes trousses et validerait mon périple tout en se tenant prêt à intervenir en cas de danger majeur ou de tricherie possible …

Pour moi, ce dernier aspect était plus qu’embêtant même si j’en étais averti depuis longtemps. J’allais devoir le semer rapidement pour réaliser mon petit voyage et je ne voulais pas le mettre en danger en le conduisant malgré moi là où je devais aller …

J’avais anticipé cette occasion depuis un bon moment déjà, à vrai dire, c’était initialement pour fuir le Village que j’avais préparé mon matériel, mais vu les restrictions imposées par le protocole, je filais jusqu’à ma cache et en sortais mes affaires pour les trier.

Au final, mis à part ma cape habituelle à défaut de celle que m’avait confectionné ma mère et qui avait disparu le jour où ils m’avaient trouvé sans savoir s’ils l’avaient laissé sur place ou tout simplement recyclée, une gourde pouvant contenir assez d’eau pour étancher ma soif plusieurs jours en me restreignant, un harpon sommaire constitué d’un manche en bois terminé par un os pointu consciencieusement poli et aiguisé, une longue corde terminée par trois cordons plus fins accrochés à des pierres percées en leur milieu et un sac contenant quelques fioles de premier secours, je n’avais pas grand-chose.

Quand je me présentais devant le père d’Öcto, il ne trouva à redire que sur ma gourde qu’il me confisqua car pour lui elle avait une contenance trop importante. Il m’en confia une autre plus petite qui ne pouvait me fournir de quoi me désaltérer qu’une journée tout au plus et était percée, mais cela, je ne le découvrais que trop tard le lendemain alors que j’avais déjà été livré à moi-même.

Il me donna aussi un petit paquet enveloppé dans des feuilles fraîches, l’équivalent d’une ration journalière de patrouilleur, après, il faudra que je trouve de quoi me nourrir sur place.

Je dormais peu cette nuit là, m’étant isolé la journée après un bref passage chez Wendya pour la mettre au courant et écouter quelques recommandations de dernière minute. Je n’aimais pas cela, comme si elle me disait « adieux » et que nous ne nous reverrions plus jamais, c’est pour cela que j’abrégeais ce moment difficile et me rendait tout en haut des arbres pour ne pas avoir à rencontrer qui que ce soit et surtout pas Nana ou Khéna ni encore moins Öcto et ses compères. J’aurais préféré me confronter à Hanaamu plutôt qu’eux tous pour différentes raisons aussi diamétralement opposées que mes sentiments envers eux.

PREMIER JOUR

Au matin, je me mis en marche dès l’aube, passant par le contrôle obligé pour vérifier si je n’emportais bien que ce que j’avais droit. Ma sacoche battant sur le côté et ma corde enroulée sur mon épaule, les pierres battant mon dos à chaque pas, j’allais bon train pour mettre le maximum d’espace entre moi et la civilisation dès le début.

Immédiatement après être arrivé à la limite des dernières passerelles, plutôt que de descendre et de marcher sur la terre ferme, je montais au plus haut possible, jusqu’à la limite des branches pouvant supporter mon poids.

J’enlevais alors ma corde de mon épaule, la déroulais entièrement après avoir lié le bout à mon poignet et faisais tournoyer les pierres au-dessus de ma tête en visant une grosse branche dans l’arbre d’en face, comme je savais si bien le faire par le passé.

La triplette s’envola, et rata sa cible alors que je poussais un juron de déception. J’avais perdu la main et je remerciais la Mère de ne pas être en danger mortel …
Je ramenais à moi la corde et recommençais l’opération. Il me fallut quatre tentatives pour qu’enfin j’arrive à entourer la branche. Après m’être assuré que la prise était sure, je m’élançais, décrivant un grand arc de cercle suspendu à mon cordage qui m’amena directement contre le tronc où je me cognais durement. Jamais cela n’aurait été possible avant !

L’épaule endolorie, je remontais le long du filin à la force du poignet, ce qui me fit prendre conscience que j’avais perdu de la force ou au mieux, pris du poids, handicap qui serait vite supprimé d’ici quelques jours sans nourriture à volonté …

Je dénouais mon grappin et filais de l’autre côté, non sans avoir jeté un coup d’œil derrière moi pour voir si on me suivait. Je ne découvrais âme qui vive, mais cela ne voulait rien dire …

Toute la matinée fut ponctuée par des lancés, plus ou moins précis et fructueux, des balancements et des remontées, quelques pauses méritées et des changements infimes de direction pour pointer au mieux vers le Nord-Ouest, vers le lieu où on m’avait trouvé il y a quelques années.

Vers la fin de la matinée, j’arrivais enfin à la limite de la Couronne des Bleutées et de la Couronne Insecta et m’octroyais un repos plus long …
(3755 mots)
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Schaad DebuMerah
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Message(#) Sujet: Re: [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes) Mar 11 Juil 2017 - 9:21


Ne croyez pas qu’on soit inactif quand on reste ainsi perché sur une branche aux limites de deux couronnes. Pendant que mes muscles appréciaient un peu de repos, mes yeux parcouraient le monde qui s’étalait sous moi, autour de moi et au-dessus de moi.

De mon garde-corps, aucunes traces, pas l’ombre d’une mèche de cheveux, rien. Il devait être très bon ou m’avait perdu, à moins qu’il ne fasse que suivre ma piste qui devait se refroidir maintenant. Pourtant, je ne le découvrais pas … A l’aide de lacets de cuir et de mes dents pour remplacer la main concernée, je liais mes manches amples autour de mes avant-bras et de mes gants montants afin de me préserver d’une intrusion par ces endroits là. C’est ma mère qui m’avait appris cela et la vieille Wendy qui m’en avait rappelé l’astuce il y a quelques années alors que je partais chercher quelques spécimens pour elle.

Finalement, je me laissais glisser jusqu’en bas de l’arbre où j’étais réfugié et avançais dans la futaie, ma pseudo-lance me servant de bâton et d’extension pour écarter la végétation dense. En moins de vingt mètres, je changeais de monde, passant du domaine bien éclairé des bleutées à celui sombre et encombré de miasmes et de toiles de la couronne Insecta.

Les nerfs à fleur de peau, l’œil aux aguets tant vers le sol que vers le ciel et les troncs, j’avançais lentement, avec circonspection. Je faisais parfois dix mètres pour en parcourir deux, évitant des écheveaux de toiles et des monticules de cette matière grise qui collait aux vêtements, aux bottes comme à mon manteau. Ma tête était sans cesse en mouvement, gênée par cette capuche pourtant nécessaire pour m’éviter une éventuelle agression ou qu’un paquet de glue ne vienne s’emmêler dans mes cheveux.

Je cherchais quelque chose de bien précis que je devais trouver avant la tombée de la nuit, un nid d’Ernolis pour en prélever le mucus des larves qui me préserverait de bien des maux. Mais qui dit nid dit parents, même si cet esprit de famille n’existe qu’au moment de la ponte. Je cherchais les indices d’un tel trésor, une configuration spéciale des fils et des plantes ainsi que du nez l’odeur particulière des occupantes. Mes épaulières en bois, tenant plus du joug que de l’armure, limitaient mes mouvements, m’encombraient, mais je les supportais car elles étaient nécessaires et même vitales.

Qu’un seul adulte me tomba dessus sans elle, et s’en était fait de moi à plus ou moins longue échéance. Peut être arriverais je à me traîner jusqu’au Village, mais de toute façon, mon sort en serait scellé. Avec cette protection couvrant mon cou et mes épaules, j’avais une chance de les voir se planter dedans et de m’en débarrasser d’un revers de manche, à moins de tomber sur un individu très gros qui arriverait à traverser les planches et le cuir de ma cape … La volonté de la déesse sera ce qu’elle sera …

Je marchais depuis presque une heure dans ce bourbier mi végétal, mi animal, quand mon nez fut chatouillé par le remugle tant espéré. En quelques pas j’étais à pieds d’œuvre et je remplissais l’un des bocaux de la précieuse morve avant de m’enduire ensuite tout ce que je pouvais, ma cape, mes bottes et pantalons et même le visage et la pointe de mon harpon.

Mon forfait accompli, je fais tournoyer mon grappin à trois têtes et lance en l’air vers une branche robuste bien au-dessus des dernières vomissures d’hernolis et je plie le jarret pour m’apprêter à quitter les lieux au plus vite. Mais un mouvement aperçu juste à la limite obstruée par ma capuche interrompt mon élan dans l’œuf. Un adulte de belle taille, presque trois fois la mienne, en fait, j’étais en face très certainement de la propriétaire de ce nid … heureusement que je m’étais enduit immédiatement de la gélatine qui entourait ses larves sinon s’en aurait été fait de moi !

Pourtant, je n’en étais pas sauvé pour autant … Au moindre mouvement trop brutal, je risquais de déclencher son attaque et mon trépas sans pouvoir éviter quoi que ce soit vu sa proximité. Je retenais mon souffle au maximum, assurant ma prise sur mon filin alors que l’énorme tête de la créature se rapprochait encore et qu’un reniflement, ou plutôt un sifflement s’échappait de ce qui lui servait de bouche … Elle me sentait …

C’est dans ces moments là que le temps semble s’éterniser, s’étirer plus que de besoin … Mon cœur battait la chamade et mes poumons commençaient à me brûler à force de retenir ma respiration.
Quand enfin elle se détourna de moi et après une brève inspection de son nid disparut dans la futaie fantomatique, j’expulse enfin l’air que je retenais en faisant le moins de bruit possible et me hisse finalement vers des lieux plus cléments. Après quelques instants où je récupérais un peu, je reprenais ma progression dans les arbres en essayant de ne pas penser à ce qui aurait pu advenir si je n’avais fait le nécessaire là en bas …

PREMIERE NUIT

Dormir hors des frontières du village n’avait rien d’exceptionnel pour moi. Suivant la technique apprise par ma mère depuis mon plus jeune âge, je montais le plus haut possible dans l’arbre, choisissais une portion peu pratique d’accès du fait de sa pauvreté en ramifications et me liais au tronc par la taille avec ma corde, des boucles sommaires réalisées à chaque bout me faisant office d’étriers alors que j’étais à califourchon sur la branche qui me servait de support.
Ainsi sécurisé, je pouvais dormir en position assise, presque invisible dans ma tenue anti-pluie.

Enfin dormir est un bien grand mot, comme manger et boire dans ce milieu hostile, je sommeillais plutôt, mes sens toujours en alerte. Toute ma prime jeunesse, je n’avais connu que cela et ma venue dans la civilisation du Village des Fils d’Ohibaan avait à peine entaché ce côté sauvage qui ne s’était qu’à peine émoussé jusqu’à ce que je puisse à nouveau retourner dans le monde.

Là-bas dans le lointain, j’arrivais à percevoir la clarté des bleutées qui protégeaient le Village des incursions surprises, mais leurs lueurs étaient si diffuses d’ici qu’elles me semblaient venir d’un autre monde donnant un aspect irréel à la nuit noire qui masquait tout aussi bien vers l’Ouest, le Nord ou le Sud. Quoiqu’à bien y regarder, je devinais déjà le rayonnement du Désert Pourpre à l’opposé, un autre enfer, un autre univers tout aussi implacable et mystérieux.

En dessous et tout autour de moi bruissait sifflait et grognait la nuit et les créatures qui la peuplaient. L’écorce me fournissait l’essentiel de ce qui devait être connu comme ce qui se frottait au tronc de mon abris ou éventuellement s’y posait ou y grimpais. Pour pleinement entretenir ce lien avec le végétal, j’avais ôté un de mes gants et glissé ma main derrière mon dos, la paume plaquée contre l’écorce.

Ainsi, j’avais sous la peau la rumeur de ce microcosme qu’étais cet arbre dont les rumeurs se propageaient dans la sève et le long de la surface presque aussi clairement qu’une odeur dans le vent. Ce stratagème, je le devais à mon père qui lors de ses rares visites me racontait sa jeunesse et ses propres expériences dans la forêt, mais je savais n’arriver à « entendre » que très peu de choses comparé à lui, enfin à ce qu’il m’avait raconté pouvoir percevoir.

C’est grâce à cette communion qu'au milieu de la nuit je ressentis le frisson de la plante alors qu’une chose gravissait en son sein à grands renforts de griffes et de bonds, montant vers moi dans le noir, invisible et silencieuse alors que je la sentais comme si elle avait été à quelques mètres de moi plutôt qu’à quelques dizaines plus bas.

Il y avait des appels, des sortes de jappements brefs et étouffés recevant des réponses d’autres bêtes montées dans les arbres tout autour du mien. C’était une étrange conversation incompréhensible pleine d’interrogations et d'incertitudes dont je devinais que le sujet n’était autre que ma propre personne.

Doucement, je me penchais et écarquillais les yeux, cherchant à distinguer la chose qui approchait, à percer les ténèbres. Finalement, je ne parvenais à distinguer que l’éclat fugitif de plusieurs paires d’yeux reflétant la lumière des étoiles alors qu’ils étaient tournés dans ma direction. Je ne bougeais plus, respirant à peine, devinant plus que sachant qu’au moindre mouvement trop vif le prédateur en quête d’une proie déclencherait son attaque immédiatement.

Finalement, il s’arrêta alors qu’il était encore assez loin, sans doute découragé par la rareté des prises et le diamètre réduit du tronc au-dessus de lui comme je l’espérais en choisissant cette position élevée. Mener un combat en ayant l’ennemi en position si avantageuse ne convenait pas à cet animal intelligent. Les yeux se détournèrent après avoir clignoté plusieurs fois et je devinais sa forme sombre qui se coula sur une des dernières grosses branches capables de le soutenir. Il y eut un dernier éclat multiple inquiétant, un dernier cris étouffé qui me sembla presque contenir une sorte de déception, puis en quelques bonds, il redescendit et quitta ma citadelle pour sans doute chercher une proie plus accessible imité par les autres membres de la meute dont il avait lancé le rappel …

Ma veille continua jusqu’au matin sans autre incident qu’une pluie acide assez courte bien que drue à peine annoncée par une rafale de vent qui agita les frondaisons. Je fus surpris parce que les nuages arrivèrent dans mon dos et que toute mon attention était portée vers le sol. Ma main souffrit des premières gouttes qui vinrent s’écraser sur elle le temps que je la glisse de mon dos à l’abris de ma cape alors que de l’autre j’en retenais les pans qui se gonflaient sous les rafales. Tout cessa aussi rapidement que cela avait commencé et le ciel étoilé refit son apparition au-dessus de ma tête jusqu’à ce que l’aube ne pointe son nez effaçant du ciel les luminaires du firmament.

Après m’être délié et avoir rendu à ma corde son aspect naturel, je m’apprêtais à descendre de mon perchoir nocturne avec la ferme résolution de poursuivre mon voyage vers le Nord-Ouest. C’est alors que je prenais conscience de la présence d’un Varza sauvage qui me lorgnait depuis l’arbre d’en face. Il avait sans doute emménagé au matin, après ses chasses nocturnes, et s’apprêtait à passer la journée à l’ombre des feuillages. Le gros mâle me fixait, mais soit il avait assez mangé, soit le jour neuf lui blessait trop les yeux, toujours est-il qu’il ne fit aucun mouvement agressif vers moi.

Ne voulant pas tenter le diable, je descendais aussi rapidement que me le conseillait la prudence et aussi doucement que me le titillait l’arrogance, usant de gestes mesurés pour plier bagages et m’éloigner l’air de ne pas y toucher, car si l’animal devait se sentir dérangé d’aucune manière, je ne donnais pas cher de ma peau … A bien y réfléchir, c’était peut-être lui qui avait dissuadé les chasseurs de cette nuit, sans doutes une meute de Mälana, bien plus que l’odeur qui émanait de la substance dont je m’étais enduit auparavant. Mais ces spéculations ne me restèrent pas longtemps à l’esprit, la forêt et une autre préoccupation s’y substituèrent.
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Schaad DebuMerah
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Message(#) Sujet: Re: [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes) Mar 11 Juil 2017 - 15:09


DEUXIEME JOUR

C’était donc une aube née sous les bons hospices d’un ciel dégagé de tout nuage, bercée d’une brise des cimes rafraîchissante, annonçant une journée agréable et des parcours faciles dans les frondaisons.

Ma main me brûlait encore un peu à cause des quelques gouttes reçues la nuit et je fourrageais dans ma besace pour sacrifier un peu de mon eau de boisson afin d’en calmer la douleur en attendant de trouver de quoi apaiser le feu sur mon chemin et avant de prendre une légère collation pour soulager également mon estomac. Je trouvais le fond de mon sac imbibé d’eau, trempé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur sur tout le fond. Je mettais cela sur le dos de l’averse nocturne, mais en doutais cependant immédiatement car il avait été coincé entre mes cuisses toute la nuit, protégé comme moi par mon manteau-cape.

De plus, le liquide sous la pulpe de mes doigts n’était absolument pas corrosif, c’était de l’eau claire si précieuse qui imbibait la toile soit disant imperméabilisée. C’était un soulagement surtout que les vivres placées au-dessus n’avaient pas été touchées par l’humidité, mais c'était aussi une source de contrariété vis à vis de la suite de mon expédition.

La gourde souple fournie par le père d’Öcto était percée ou du moins fuyait et en l’examinant, je trouvais une petite fissure au niveau du cuir cousu délimitant la surface plate qui permettait de la poser et de la tenir droite. Lorsque j’en avais bu une rasade la veille, j’avais eu beaucoup de mal à la déboucher car une poigne d’acier en avait vissé le bouchon hermétiquement, interdisant toute échappée de liquide et également toute entrée d’air.

Comme je n’avais pas la force de cette poigne anonyme dont je soupçonnais quand même le propriétaire, l’air avait pu trouver un chemin et du coup la dépression disparue, l’eau s’était écoulée dans mon sac peu à peu, suintant lentement, sournoisement, par la fissure.
Si j’avais gardé ma gourde à la ceinture, je m’en serais aperçu très vite, mais elle me gênait dans mes évolutions et je l’avais transféré au fond de mon sac très rapidement.

J’étais contrarié donc, mais pas vraiment inquiet. Qui connaît la forêt un tant soit peu sait où trouver de l’eau potable à profusion. Non, ce qui me posait véritablement problème était la question de savoir si cette anomalie dans mon équipement était volontaire ou fortuite. Je mâchouillais un coin de biscuit assis sur une branche basse à quelques mètres du sol tout en y pensant, observant les environs par habitude à l’affût d’une présence éventuelle.

Si je voulais avoir une réserve d’eau sur moi, surtout pour la suite de mon voyage jusqu’à ce que je retrouve éventuellement la cache où je savais trouver quelques trucs utiles dont une autre poche en bon état, je devais colmater la brèche puis la remplir à nouveau. Pour cela, je devrais perdre un peu de temps pour trouver la plante qui me fournirait la substance nécessaire et je devrais par la suite récupérer le temps perdu en prenant une route un peu plus difficile.

La chance était avec moi, j’étais déjà bien enfoncé dans les couronnes et après quelques minutes je trouvais mon bonheur. Quelques travaux manuels plus tard et pas mal de jurons eut égards à la résine qui me collait les gants, le cul de ma gourde se retrouva enduis copieusement et à nouveau théoriquement opérationnel même s’il avait perdu un peu de sa souplesse initiale. Il suffirait d’attendre quelques heures pour que mon emplâtre sèche, m’obligeant à la suspendre à nouveau à ma ceinture pour ce faire.

En attendant, je reprenais ma progression au sol, m’arrêtant régulièrement pour écouter les environs et surtout pour sélectionner une liane dans les écheveaux qui montaient ou tombaient des frondaisons à la recherche du ciel ou de la terre. Trouver la bonne candidate était une affaire d’habitude, et quand je dégageais celle qui convenait par l’espèce et le diamètre, je pratiquais rapidement une incision à quelques dizaines de centimètres du sol avec mon petit couteau puis très vite une autre aussi haut que je pouvais pour enfin m’abreuver goulûment du liquide qui s’écoulait immédiatement du premier trou.

C’était un exercice où la rapidité était de mise car si on tardait à faire le second trou, l’eau contenue dans le canal central remontait par je ne sais quel processus physique et tout était à recommencer. Certains, armés de coutelas plus puissants et moins respectueux coupaient purement et simplement le tronçon sans se soucier de la plante, mais ma mère n’approuvait pas ce genre de conduite et la façon que j’employais garantissait la survie totale du végétal qui cicatriserait rapidement, peut être même d’ici la fin de la journée.

Toujours est-il que je ne souffrais pas de la soif et que même si ma gourde avait été trafiquée intentionnellement, ce ne serait pas de cela que je mourrais … Le seul tracas en attendant la reprise de service de ma réserve était que je devais descendre régulièrement au sol pour me ravitailler et donc être à la merci des prédateurs pendant ce temps là bien plus que dans les frondaisons.

De toute façon, je devais maintenant revenir bien plus souvent à terre car les prises devenaient difficiles à trouver et je devais régulièrement rectifier mon trajet pour conserver la bonne direction. Je dus d’ailleurs utiliser plus de la moitié de mes réserves de mucus récolté la veille car la pluie de cette nuit avait lavé mon manteau-cape et mes bottes. Je lançais pendant cet enduisage une prière silencieuse à tout ce qui pouvait avoir un caractère divin pour qu’une autre pluie ne vienne à me surprendre à découvert avant que je ne quitte cette maudite Insecta.

C’est donc plus lentement et plus prudemment que je voyageais maintenant dès lors que je devais quitter la sécurité des chemins aériens, ayant toujours à l’esprit ces visiteurs nocturnes aux yeux multiples. Je ne me faisais aucune illusion, si mes pas venaient à les croiser encore, s’en était fait de moi, et s’ils n’avaient trouvé une proie après m’avoir abandonné dans mon arbre, ils me pourchasseraient sans relâche comme leur instinct le leur dictait. Si l’odeur des larves pouvait tromper les Ernolis, la vue perçante, le flair bien plus développé et l’intelligence des Mälanas n’avaient été abusés par mon déguisement olfactif. J’en avais compté au moins cinq peut être six et j’aurais toutes les peines du monde à les semer si je devenais leur gibier à défaut d’autre chose.

J’eus pour la première fois une pensée pour Khéna, elle aussi en baroude pour son Envol … J’espérais qu’elle n’ait pas mes petits soucis et que son ange gardien la surveillait mieux que le mien car en parlant de ce dernier, toujours pas l’ombre d’une plume ou d'un tatouage dans le coin … M’aurait-il perdu ? Cette éventualité m’arracha un sourire narquois qui s’effaça aussitôt l’instant d’après. A moins que …

Non, je ne pouvais pas avoir toujours à l’esprit cette impression de conspiration sinon autant quitter définitivement le Village et repartir vivre à l’écart … Seul …

Mes pensées se bousculaient alors que mes muscles et mes actions s’effectuaient par automatisme, aussi facilement et naturellement qu’un autre en marchant. Ce fut au dernier moment alors que je contournais le fût pour me remettre en position de lancer que je stoppais en découvrant soudain devant moi une zone étrangement désolée comparée à la forêt dense qui l’encerclait de toute part.

Il y avait bien des arbres, autant que partout ailleurs, mais ils étaient quelque peu délabrés, aux houppiers ravagés et pauvres en feuillage, comme si le vent et la pluie s’étaient acharnés pendant des jours dessus ou qu’une sorte de maladie les rongeait abominablement.

Leurs troncs étaient encerclés d’eaux bourbeuses et malsaines jusque bien au-dessus du collet originel, environnés de vapeurs dont les nuages plus ou moins épais dérivaient paresseusement au-dessus du marécage de cette tourbière promettant par leurs couleurs une mort suffocante à qui viendrait en respirer les effluves. En regardant vers l’Est, je devinais un léger courant signalant le déversement d’une petite rivière dans ce marais nauséabond, et à l’Ouest, un amas de branches et de terre qui obstruaient certainement la suite de son cour.

Si ce n’est ces arbres maladifs, rien ne poussait, rien ne venait percer la surface glauque agitée parfois de remous malfaisants que pouvaient faire des créatures aquatiques.

Y entrer, c’était risquer la mort les poumons rongés par les gaz acides qui y stagnaient. Contourner la zone, c’était perdre beaucoup de temps et peut-être tomber dans les pattes de bestioles pas très agréables. A l’Est, c’était le territoire des lutins chapardeurs, les Mumus, à l’Ouest encore cette Insecta et ses Ernolis ou pire encore avec cette meute en inconnue. J’évaluais la situation face à moi quelques instants.

Non, il me fallait aller tout droit car en face exactement, à moins d'une heure d’effort après la traversée, j’arrivais au premier terme de mon voyage … J’étais à la fois trop près et trop loin pour renoncer à cause d’une petite enclave de flotte boueuse…

Si je voyageais d’arbre en arbre bien au-dessus de la surface, les gaz ne pouvaient m’atteindre, restait le risque d’une chute … Mais cela ne devait pas être trop profond. En pataugeant, je pouvais remonter assez vite pour éviter l’enlisement ou la suffocation si ma prise venait à se rompre. En à peine une heure je serais de l’autre côté au lieu de peiner pendant plus d'une demi-journée. Et puis, qui ne risque rien, n’a rien, n’est-ce pas ?

Par contre, je ne connaissais rien de la faune et de la flore qui pouvait évoluer là-dedans, ni de leur réelle dangerosité …

Ce qui me décida finalement à tenter le coup en ce début d’après midi, ce fut la cavalcade lointaine et les grognements qui l’accompagnaient venant droit dans ma direction. La chasse serait-elle lancée finalement ? Je fis tournoyer mon filins lesté et l’envoyais, souriant en voyant s’enrouler les trois ramifications terminées par les pierres autour de la branche visée. Mon taux de réussite devenait proche de cent pour cent depuis ce matin … Une brève traction pour m’assurer de la prise et de la solidité du bois et me voilà m’élançant vers un autre arbre, survolant les eaux marrons dont la surface était crevée un peu partout par des bulles provenant du fond …

Ma vie ne tenait qu’à un fil et à la vitalité d’une branche une fois de plus.



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Message(#) Sujet: Re: [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes) Lun 25 Sep 2017 - 15:33


DANS LE MARAIS

Alors que j'étais suspendu dans les airs et jaillissais du feuillage épais, j'entendis distinctement un hurlement en dessous de moi ainsi qu'un grand remue-ménage. Mais j'avais mieux à faire que d'essayer de voir ce qui avait poussé ce cri furieux et ce que pouvaient être ces formes qui s'arrêtèrent au bord de l'étendue d'eau sans y mettre la patte.

Je savais que ma course se terminerait dans l'eau si je restais ainsi à attendre cramponné à mon fil et je jouais donc des bras et des mains pour remonter autant que possible le long de cette ligne de vie, tant et si bien que le peu de gagné me permit d'atterrir juste aux pieds de mon arbre cible, en équilibre sur une racine visqueuse. Mon pied glissa et creva l'eau, provoquant un léger "Plouf" dont les ondes ridèrent la surface aussi loin que je pouvais le voir. Instinctivement, j'avais retenu ma respiration car j'étais proche de la zone dangereuse où elles s'étendaient.

Le temps sembla se figer tout autour de mon arbre et le marais devenir attentif avec cette impression d'avoir des centaines d'yeux braqués sur ma petite personne qui avait troublé la solennité des lieux et le sommeil de ses habitants.
Même les feuilles de l'arbre semblaient me contempler avec un air de reproches et, comme un gosse pris en défaut alors qu'il mettait son doigt dans la confiture, je relevais promptement la jambe et escaladais le tronc aussi rapidement que si j'avais une horde à mes trousses, dérapant quelque peu à cause de ma semelle mouillée pour ne m'arrêter finalement qu'après deux bons mètres de grimpette avant d’oser regarder en-dessous.

Trois grandes ondulations générées par des formes noires convergeaient à grande vitesse vers l'endroit où j'avais été quelques secondes auparavant. Lorsqu'elles se rencontrèrent, il y eu une immense gerbe d'eau.
Ma maladresse ou ma malchance avait averti quelque chose, sans aucun doute un prédateur d'une espèce qui m'était inconnue. Les grandes formes ondulantes tournèrent en rond, se cognèrent les unes les autres puis se séparèrent pour disparaître hors de ma vue.

Je montais du coup aussi haut que possible, faisant face à l'arbre suivant tout en gardant maintenant à l'esprit cette présence peu engageante.
Heureusement pour moi, seul le premier était plus éloigné des autres enracinés encore les pieds au sec dans la nouvelle berge autant que les racines dans l'eau.

Mes sauts suivants furent bien mieux calculés et réussis que celui-là, me faisant avancer rapidement jusqu'au centre de cette pseudo clairière. Par contre, chacune de mes enjambées aériennes attiraient l'une ou l'autre de ces choses qui venait aux nouvelles en ressentant sans doute le choc de mon arrivée dont l'onde se propageait jusqu'aux racines et dans l'eau tout autour ou peut être simplement à cause des branchette brisées par la corde au passage dans ce qui lui restait comme feuillage.

Mais je ne dérangeais pas seulement des aquatiques, il y avait des habitants dans ces arbres, sachant voler ou non, ils étaient furieux en me voyant violer leur habitat mais n'étaient pas pour la plupart source d'un très grand danger.

Les minutes qui suivirent furent celles dont on se souvient peu.
Trouver une prise dans l’arbre le plus proche, viser puis lancer, tendre la corde et s’élancer, dériver dans les airs tel une balle au bout de son fil et enfin percuter avec plus ou moins d’élégance le tronc de mon objectif. Je me hissais ensuite, de récupérais ma corde avec plus ou moins d’efforts pour la dénouer et enfin remontait au maximum de la résistance des branches avant de contourner le fût et de chercher où me mènerait mon prochain saut.

J’étais parvenu au centre de la zone submergée, là où le courant proprement dit de la rivière charriait le plus de détritus avant qu’ils ne s’écartent ensuite vers les côtés. Lors de mon dernier envol, j’avais entrevu fugitivement une masse qui dérivait dans le lit, la coupole d’une Orani à première vue et dessus une forme que le tronc en m’arrivant droit dessus m’empêcha d’identifier.

Ce ne fut que lorsque je contournais le fût que je découvrais enfin ce qui chevauchait la plante qui commençait à dériver vers mon côté, et par un pur réflexe je me plaquais contre l’arbre et retournait du côté opposé à cet étrange esquif.

C’était une forme humaine, vêtue d’une armure, un Tadryien. S’il m’avait vu, il n’avait pas fait un geste en ce sens, il ne bougeait d’ailleurs pas, vautré dessus, le bras tendu vers l’avant et l’autre à moitié replié sous lui, les jambes dans des positions inverses … La plante se mit à tournoyer un peu, la tige sans doute arrachée du sol avait touché le fond et initié ce mouvement tout en continuant de percuter la rive originelle de loin en loin jusqu’à ce qu’elle reste coincé dans quelque chose d’invisible sous un des arbres qui devait avant border la rivière, sans doute des racines.

Je jetais un coup d’œil rapide, puis un autre, et constatais que l’ennemi ne bougeait pas d’un pouce, statufié dans cette position grotesque. De fait, je risquais un examen plus poussé en découvrant la tête entière et là, je distinguais enfin le long morceau de bois qui partait de son dos et se dressait en l’air, arrogante preuve d’une victoire sur l’ennemi d’un guerrier de mon peuple.

La lance avait cloué le Tadryen sur la plante aussi surement que la vieille Wendya le faisait de ses insectes d’une épingle sur ses planches d’observation. Le bateau improvisé tourna et je vis alors ce que cherchait à atteindre le cadavre, ou plutôt ce qu’il avait saisi dans sa main tendue avant de se faire transpercer dans son geste.

C’était un sac de peau dont le rabat ouvert laissait entrevoir quelque chose qui eut un éclat bleuté alors que les rayons du soleil vinrent frapper sa surface. Des Pierres bleues ! Ce sac, vu son aspect ventru, contenait un grand nombre de Pierres bleues si jalousement gardées par les Fils d’Ohibaan.

Comment les avait-il en sa possession ? C’était un mystère dont je n’aurais jamais la clef, mais je pris alors la résolution de récupérer ce précieux chargement, au moins, il ne tomberait pas dans des mains étrangères …

Du coup, au lieu de continuer tout droit vers l’arbre suivant, je visais celui qui me rapprocherait le plus du radeau et je m’élançais alors que l’esquif commençait à tourner de plus en plus vite et que sous cet effet giratoire, le sac commençait à bouger pour se rapprocher peu à peu du rebord et de l’eau. Alors que j’arrivais enfin au-dessus du mort, ce qui le retenait immobile céda et il reprit paresseusement sa course vers l’aval.

Pas d’autre solution que de sauter dessus, comptant sur ma corde pour remonter ensuite au plus vite, mon sauvetage effectué. Mais le tangage provoqué par mon arrivée sur ce fragile équilibre et la crispation de la main sur la sangle m’empêchèrent de réaliser rapidement mon affaire.

Dès que le sol organique devint plus calme, alors que ma corde filait lentement entre mes doigts, je m’agenouillais en la coinçant sous ma semelle et entreprenais d’ouvrir les doigts du cadavre afin qu’ils livrent leur proie. Une secousse me déséquilibra et je me retenais de justesse, ce qui me fit presque lâcher ma seule issue de salut et amena ma tête face à la visière du casque de mon ennemi mort.

Et là, de surprise, je restais interloqué et laissais filer la corde. Derrière la partie transparente il y avait un visage aux yeux ouverts dans le dernier soupir qui annonce la fin, la bouche entr’ouverte sur le dernier souffle, et ce visage, je crus un instant, à cet instant, que c’était celui de Khéna, avec sa chevelure de cuivre et ses taches de rousseur.

La stupeur passée, et mon esprit refonctionnant à nouveau, je me ravisais. Tous les Fils d’Ohibaan ont des ancêtres en Tadryon, donc de la parentèle. La jeune femme morte devait donc être une cousine lointaine de Khéna, ou du moins assez proche de sa famille ou de son clan.

De toute façon, je n’avais pas le temps d’y penser plus, mon esquif donnait de la gîte et cognait de plus en plus, se rapprochant d’un arbre dont les branches touchaient le voisin immédiat de celui qui abritait maintenant ma corde et mon grappin. J’avais peu de temps pour y monter en m’accrochant à une de ses branches basses, et donc je brisais finalement les phalanges tordues comme des serres pour en dégager le sac, le mis en bandoulière de l'autre côté du mien et bondissais in extrémiste pour me suspendre à la branche providentielle et m’y hisser.

Au moins, je n’étais plus une cible moi-même et à peu près en sécurité avec mon précieux chargement même si j’étais dans une situation un peu discutable.

Comme je le disais, ces arbres étaient proches les uns des autres, presque enchevêtrés étroitement du fait de leur croissance commune sur les berges. Mais l’orage qui s’était abattu dans cette zone et les vents qui les avaient balayés avaient volatilisé les feuillages et fragilisé bon nombre de bonnes branches qui auraient pu me porter de l’un vers l’autre.

J’avançais pourtant sur l’une d’elles, testant de la semelle sa résistance, ce qui provoqua une pluie de débris qui tombèrent dans l’eau et attirèrent les formes noires et ondulantes encore une fois. Si je voulais retrouver ma corde et avec elle mon seul moyen de sortir vivant de ce bourbier hostile, je devais sauter sans élan une distance d’à peu plus de trois pas et me raccrocher à une des branches les plus basses en face.

Ma pomme d’Adam glissa douloureusement le long de mon cou, j’avais la bouche sèche et les mains moites, tout pour plaire quoi …

Mais je n’avais pas le choix, c’était sauter et risquer le plongeon ou mourir ici de faim et de soif.
J’écartais donc mes jambes, consolidais mes appuis en me tenant d’une main à une branche plus haute, avançais jusqu’à l’extrême limite de la branche, là où elle pouvait se rompre après avoir plié au plus qu’elle le pouvait, et dans un mouvement d’arrière en avant en basculant mon poids alourdi par le sac plein de cailloux, je me jetais dans le vide, les bras tendus devant moi dans l’espoir d’attraper la branche d’en face que … Je ratais de quelques centimètres …

J’ai entendu des guerriers et d’autres raconter qu’en certaines occasions, le temps semble se suspendre ou le cerveau aller plus vite, et aujourd’hui, j’en faisais l’expérience. D’abord je maudissais l’arbre d’être si loin, je maudissais ma bêtise de ne pas avoir envoyé le sac en éclaireur au risque qu’il tombe à l’eau et que je doive l’y récupérer, je maudissais la Tadryienne et sa mort qui m’avaient presque obligés à venir le chercher sur l’eau, je maudissais ma bêtise et mes présomptions, et pour finir, je maudissais la branche suivante sur laquelle je m’écrasais, le ventre en travers d’elle, juste à la limite de défaillir tout en m’y cramponnant instinctivement, la bénissant d’avoir poussé si forte et si juste à propos.

J’étais passé de l’autre côté, pas comme je le pensais, pas comme je l’avais souhaité, mais j’y étais et avec le sac … Quand j’eus repris mon souffle, un peu vomis aussi, je remontais plus haut, encore les jambes flageolantes, passais de l’autre côté du fût et, profitant d’une passerelle plus praticable, arrivais enfin jusqu’à ma corde à laquelle je me raccrochais comme un enfant aux jupes de sa mère retrouvée.

Une pause me fut nécessaire avant de poursuivre mon voyage … Mes mains tremblaient trop après coup et une faim inexplicable me tenaillait les entrailles.
(1945 mots)
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Message(#) Sujet: Re: [SOLO ENVOL Schaad DebuMerah] Le moineau déplie ses ailes (en 8 Actes)

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