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 Mémento d'un rouquin

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Schaad DebuMerah
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Message(#) Sujet: Mémento d'un rouquin Jeu 27 Avr - 23:58

Brouillon ébauche et secret aera
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Schaad DebuMerah
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Message(#) Sujet: [SOLO] ENVOL – APRES-MIDI INTROSPECTIF Mar 2 Mai - 16:20




Aujourd’hui, j’ai 17 ans et demain commence mon Envol, rituel de passage obligé afin d’être considéré comme un adulte par l’ensemble de la communauté à laquelle j’appartiens depuis maintenant presque six années.

Tout est prêt de mon côté, on a vérifié mon paquetage et je passe mes dernières heures ici isolé des autres tout en haut d’un arbre, parmi les animaux qui sont censés nous protéger et nous défendre des incursions ennemies.

Je suis donc allongé de tout mon long sur une branche, la tête posée sur mes bras et les jambes nouées autour, gouttant au vent léger qui souffle là-haut en permanence. Je surveille les cieux où voyagent des nuages chargés de pluies corrosives en permanence pour en cas de besoin redescendre me mettre à l’abris s’ils venaient à se montrer trop menaçants et redescendre vers cette vie sylvestre qui déroulait ses activités sous moi, observateur immobile et invisible.

Demain je les quitterai pour suivre mon périple et atteindre les buts que je me suis fixé depuis un bon moment déjà.
Cela fait Six années que je suis là, au début avec cette sensation d’emprisonnement qui m’avait fait les fuir pendant quelques temps puis revenir ensuite par je ne comprenais quel attachement, quel lien qui s’étaient noués entre eux et moi.

Jusqu’à mes dix ans bien passés, ma mère m’avait écarté d’eux par défiance, par rancœur aussi, cela m’avait été profitable dans un sens mais préjudiciable dans un autre. Mes seules relations sociales étaient les nôtre, un petit cercle restreint à mon père au début par épisodes, ma mère, moi et le monde sauvage, qu’il soit du Désert ou des Forêts.

Lorsqu’elle fut morte, c’est avec sa dépouille que je prolongeais cette harmonie chancelante, mais peu à peu, mon esprit avait sombré, je l’ai compris par la suite, et ma « capture », mon « sauvetage » par la patrouille de la Première Couronne avait été pour moi une chance que le petit sauvageon que j’étais devenu avait mis quelques temps à percevoir.

Je fus recueilli par mon oncle et sa famille, chose tout à fait courante et normale dans ce peuple qui est devenu le mien, mais il fut vite dépassé par cette bête sauvage que j’étais alors et s’avoua vaincu, incapable d’entrer en contact avec cet enfant-animal que j’étais et à l’apprivoiser. Le contentieux qui nous séparait, même s’il était fictif, il était bien réel pour moi, ne pouvait être effacé par ses soins, surtout qu'il clamait déjà à qui l’écoutais que j'étais à l'image de mon père, un Zoologistes .

C’est pourquoi on me confia aux bons soins de la vieille Wendya, une femme pleine de sagesse et de patience avec cette expérience et ce bon sens qui lui avait fait élever sept enfants provenant de son propre ventre. Forte de cette vie bien remplie et seule à cette époque dans son habitation perchée dans un arbre du pourtour du Village, elle se proposa de faire mon éducation, de me civiliser.

Son habitation était peu éloignée du Grand Arbre d’Ohibaan et assez grande pour nous deux, adossée au tronc d’un énorme arbre et noyée sous la végétation qu’elle laissait envahir tout.

Elle était pourvue d’une pièce principale où la cuisine côtoyait directement une grandes table flanquée de bancs où au moins dix personnes auraient pris place sans problème.
Y donnant directement, il y avait une petite chambre d’un côté, la sienne, à droite en entrant par l’unique porte d’accès. A gauche une pièce où se laver et abritant les commodités, et directement accolé, un réduit où elle entreposait les réserves de nourriture et de produits en tous genres.
Je dormais dans la pièce centrale, dans un hamac pendu à une grosse branche qui soutenait le toit, de simples peaux de Garges tendues sur un treillis en forme d’arc.
Tout le monde y était le bienvenue et bien accueilli, il y avait toujours quelque chose à boire, à manger ou à écouter dans la maison de Wendya et Nanahuta, Khéna et bien d'autres hantaient ces lieux régulièrement, mais ma grand-mère adoptive n’en était pas la seule raison, je dois l’avouer.

Depuis le premier jour, elle m’avait offert tout cela, le gîte et le couvert, l’amour et le savoir, une oreille attentive et un avis éclairé, tout cela avec la seule contrepartie de l’aider dans les tâches journalières, en faisant des corvées pour son compte ou pour la communauté.
Rien de très difficile et de trop rébarbatif, la juste contribution à mon hébergement et à ses leçon de vie apprises pour elle dans la sueur, les larmes et les rires d’une famille maintenant disparue ou ayant ses propres lignes à inscrire dans leurs livres de vies.

Wendya était pour moi une mère, un professeur, une confidente, une grande sœur, tout cela à la fois.
Elle supporta sans faiblir ni rugir mes deux premières années ici, envoyant des aînés me chercher quand je fuguais et m’accueillant ensuite en toute simplicité, sans autres états d’âme que de me rendre à nouveau propre et bien nourri.
Wendya est un peu la petite Ohibaan du microcosme que nous formons, elle la sagesse incarnée et moi le sauvageon rétif.

Pourtant, je ne passe pas ma dernière nuit chez elle, je lui ai fait mes adieux en milieu d’après-midi, mes adieux d’enfant, et elle m’a souhaité « Bonne piste et Mère propice » en m’invitant à ne pas être en retard dans sept jours pour le repas du soir, comme un souhait de bonne chance et un espoir que quoiqu’il arrive, j’avais ici un toit et quelqu’un pour qui je comptais. Cet espoir et cette assurance d’avoir un logis au retour, quelqu’un qui vous attend, est un moteur puissant pour un cœur défaillant, elle le savait et moi aussi. C’est pourquoi, lui baiser le front tout à l’heure ne fut pas un geste définitif pour moi, juste l’expression de mon amour filial et du respect que j’avais pour elle …


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