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 Incontrôlable [ft. Adam] ♫

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Phèdre
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Message(#) Sujet: Incontrôlable [ft. Adam] ♫ Dim 28 Mai - 23:48

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Ayant passé la matinée à vaquer à ses occupations habituelles, la jeune femme s’en allait prendre un repas bien mérité lorsque son instructrice l’avait rappelée. Lui intimant de porter un message à l’un de ses collègues dont le nom avait suffi à faire tressaillir son élève, Kéziah arborait cet air légèrement soucieux qui dissuadait toute protestation mieux que la plus effrayante menace. Un sourire sur les lèvres, Phèdre l’avait quittée, tenant le précieux sésame au creux des doigts. Il lui fallait se rendre au Hall des Artisans sans tarder. L’indicible murmure de la curiosité se penchait à son oreille, et si la probabilité que quelqu’un la remarque était faible, son regard intrigué dérivait sur le papier à intervalles réguliers. À travers les ruelles, elle se laissait bercer par le rythme lent de son pas qui voguait sur les pavés à la recherche d’un chemin. L’esprit emporté au loin par une brume imaginaire, elle se plaisait à dessiner les contours du visage de l’homme qu’elle s’apprêtait à rencontrer et à inventer la souplesse de ses lèvres pour en deviner les mots. Cela lui procurait un étrange frisson, d’impatience et d’appréhension mêlées. Au sein de l’Alcôve, peu de médecins jouissaient d’une réputation semblable à celle du destinataire, et toute apprentie qu’elle était, la brune éprouvait envers lui cet élan du coeur qui fascine et redoute, et que l’on ressent seulement à l’approche de véritables maîtres. Sinueuse, elle se coulait entre ses congénères, ne sachant s’il fallait se réjouir ou s’inquiéter de sa mission.

Les premières clameurs du Hall fracassaient les murs. Un torrent de préoccupations se déversait derrière les prunelles égarées de la jeune femme qui ne prêtait pas la moindre attention aux autres. Pour revenir à temps auprès de Kéziah, il lui faudrait sans doute retarder sa visite à l’une des vieilles amies de sa mère ou ignorer la faim dont les pulsations ne tarderaient pas à s’éveiller. En pleine réflexion sur un programme qu’elle ne parvenait pas à établir et distraite par les bruits alentour, elle ne remarqua pas l’individu qui lui faisait signe. Quelques instants plus tard, une main puissante se posa sur son épaule, dérobant à la sienne le parchemin qui s’écrasa contre la pierre. « Phèdre, tu tombes à merveille. » Réprimant un soupir, elle se baissa pour récupérer ce qui ne lui appartenait pas. « Cyrus, toujours là où on ne t’attend pas. » Haussant les épaules avec indifférence, il ne s’encombra pas des politesses usuelles, visiblement pressé. « Une de mes connaissances a manifestement décidé de nous fausser compagnie pour découvrir le monde d’un peu trop près. J’irais bien le chercher moi-même, mais j’ai des obligations. » Ce furent cette fois les sourcils de son interlocutrice qui se hissèrent anormalement. « Et à quoi occupes-tu tes heures, en dehors des bavardages ? » Sitôt que ses pas la menaient au Hall des Artisans, elle le trouvait en pleine conversation avec un parfait inconnu. Jamais sa langue de beau parleur n’arrêtait de gesticuler, et elle se demandait parfois s’il était capable de silence.

Néanmoins, Phèdre ne pouvait accepter sa requête. Les demandes de son instructrice passaient avant tout le reste, et son ami ne paraissait pas démesurément occupé. Un signe négatif de la tête plus tard, elle prit la parole d’une voix ferme. De telles rencontres avaient rarement lieu. « Je dois porter cette lettre à Barak Esthev. Ordre de Kéziah. » « Je peux m’en charger. Transporter de la paperasse n’a rien d’amusant, et puis, à force de tourner en rond ici, tu vas finir par ne plus tourner du tout. » La jeune femme n’ignorait rien des plaisirs auxquels se livraient Kéziah et Cyrus sitôt qu’elle avait le dos tourné. Feindre l’ignorance l’amusait, et elle n’aurait pas hésité à décliner sa proposition si la vie d’un de leurs semblables n’avait pas été en jeu. « Très bien. Où faut-il aller ? » L’autre baissa la voix, comme si le simple nom en évoquait toute la terreur. « No Man’s Land. » La gorge de Phèdre se serra. L’exubérance de son camarade ne masquait pas les dangers du monde. Une peur ancestrale tapissait le fond de son coeur, et, semblable à une bête effrayée, elle passait le plus clair de son temps lovée au terrier. Après une description sommaire de l’individu qu’elle devait ramener à la cité, où elle eut par ailleurs le bonheur d’apprendre qu’un congénère l’attendait à l’entrée de la Place Forte pour se lancer sur les traces du disparu, Phèdre prit congé de Cyrus sous une pluie de recommandations. Oubliant la promesse d’un repas, elle se dirigea vers le lieu du rendez-vous en toute hâte, sachant qu'arriver en retard donnait toujours une impression déplorable. Les joues légèrement rosies par la course, elle atterrit aux côtés d’une silhouette et passa une main dans ses cheveux d’un air gêné, souriante. « Bonjour ! Excuse-moi pour le retard, on vient juste de me prévenir et... » Son visage se ferma brutalement, attiré par quelque chose qui ne lui plaisait pas le moins du monde. Comment avait-elle pu ne pas le remarquer avant ? « Enfin, il ne servirait à rien de perdre davantage de temps. Mettons-nous en route avant que ce cher disparu ne fasse une mauvaise rencontre. » Cyrus l’avait envoyée en mission avec un homme qu’elle ne connaissait pas. À son retour, il s’en mordrait les doigts.
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Adam
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Message(#) Sujet: Re: Incontrôlable [ft. Adam] ♫ Lun 26 Juin - 0:30

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Cimeterre | Couteau à Cran

La muse était apparue comme un songe, sa tresse défiant la gravité sous sa démarche féline. De ses prunelles ineffables, elle croisa le regard de son némésis et, d’un éclat brutal, elle chassa l’esquisse de son sourire. Après quelques notes à la tessiture enjouée, sa stance mourut avant de s’achever. Son faciès passant de l’ataraxie à la stupeur, en un souffle, avant qu’elle ne reprenne sa tirade d’un ton plus voilé. Elle semblait sortir de l’adolescence, avec ses courbes menues et ses lèvres pleines, ses traits encore purs aux lignes ciselées et la lueur inénarrable de ses parmes prunelles. Le noble haussa une arcade, sceptique, en jaugeant cette indicible réaction. « Ma présence te déplait tant que ça ? » Il n’avait pas pour habitude de susciter l’aigreur, chez les hères qui façonnaient ses rencontres, et un déluge de questions brûlait ses lippes charnues. « Je suis Adam. Bonjour. Mademoiselle est-elle donc si pressée ? » Son timbre avait perdu toute chaleur, tandis qu’il désignait le long couloir qui les mènerait au dehors. Malgré son apparence délicate, la muse s’annonçait aussi farouche et indomptable qu’une bête sauvage.


Il arpentait les rues du Hall des Artisans, l’esprit encore embrumé par la soirée de la veille et de sa fortuite rencontre. La clameur de cette plèbe éparse l’écœurait et sa hâte de retrouver sa mansarde se faisait de plus en plus grande. Ses phalanges serraient encore le vélin de la missive que l’on venait de lui apporter. Une calligraphie primaire aux lettres erratiques, qu’il peinait à appréhender, s’étendait sur le parchemin. Une sordide histoire de disparition, de la nécessité de retrouver un quidam égaré, dont le contenu ne l’avait nullement passionné. Loin d’être apprêté, le simulacre poussa le battant de son alcôve, savourant son exutoire et le retour à la sérénité d’un mutisme salvateur. Une ombre commença à se mouvoir dans un coin de la pièce, une silhouette qui se dessinait dans les ténèbres, avant l’apparition du félidé. Le pelage immaculé et les iris azurés, la créature avança jusqu’à son maître, en grognant sporadiquement. Venant quérir les doigts du noble, le theluji leo émit un ronronnement bruyant lorsqu’il sentit les mains de son possesseur parcourir son échine. « Je vais devoir t’abandonner Amellal. Visiblement, les traîne-misère requièrent mon attention. » Abandonnant l’affection de son obligé, Adam se débarrassa de ses atours usés par la nuit, pour laver son corps des frasques de l’aube, avant de revêtir des apparats pour ses pérégrinations à venir.

Le poids de sa lame, contre son épaule, le rassurait. Le message précisé qu’il serait accompagné d’un autre hère de l’alcôve, mais ne mentionnait ni son sexe, ni ses compétences. A défaut de se reposer sur les hypothétiques qualités de ce futur comparse, le proscrit miserait sur ses propres talents. Les allées de l’alcôve étaient bien moins fréquentées lorsque l’on s’éloignait de l’agitation des commerces. Sans encombre, Adam rejoignit la Place Forte et prit place sur un promontoire, où il patienta jusqu’à l’arrivée de l’impolie créature.


Il avait cessé de parler, tandis qu’ils passaient la grande porte gardée. Le froid mordit sa peau dans une sensation vivifiante. Derrière-lui, le noble entendait les pas de la muse dans la neige épaisse. Le manteau blanc du mont ralentirait leur progression, mais les terres de la Ville Azurée n’étaient pas si éloignées. Adam resserra le tissu qu’il avait placé contre ses lippes et lorgna l’anonyme avec un soupçon de mépris. Entre deux mistrals, il lâcha quelques palabres acerbes. « Et quel est votre nom, charmante demoiselle ? » Sans réellement attendre de réponse, il poursuivit sa descente avec une aisance presque nonchalante. Depuis quelques mois, il avait pris l’habitude de se rendre au dehors, pour parcourir le monde et se frotter à l’hostilité de cet univers décharné. « Je n’ai eu que l’information concernant notre objectif, mais aucune description physique de l’individu. J’espère que tu en sais plus que moi. » Il avait tenté d’instiller quelques accents débonnaires dans sa locution, peinant à masquer son antipathie à l’égard de la jeune femme. Malgré tout, il se voyait contraint de cheminer en sa compagnie. Le noble était de ces êtres rancuniers et peu affables, de ces vexés de la première heure qui exécraient faire le moindre effort pour apaiser les tensions. Un élitiste à la fierté inaltérable, que des années de caprices et d’opulence avaient façonné.

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