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 Pour la collectivité | Solo

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Crescend Crimson
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Message(#) Sujet: Pour la collectivité | Solo Jeu 15 Juin - 13:55




Pour la collectivité
(Suite de Trésors de guerre)



Inventaire de Crescend
| Armes: P-2 Nixe
Inventaire de Novella
| Armes: P-2 Nixe | P-7 Helhest

« Nous t’attendons devant nos petites trouvailles, Nikita, concluais-je dans un sourire ravi.

- Je vous envoie une équipe sur-le-champ, comme promis. Surveillez bien ces caisses : elles nous seront précieuses pour les jours à venir avec ce maudit conflit. Et restez prudents surtout! »

Un grésillement se fit entendre durant quelques secondes avant que la communication coupe définitivement. L’homme au béret recula de quelques pas avant de s’affaler sur le siège de la pièce, s’étirant à la manière d’un chat, l’air content et satisfait. J’ai bien fait de les mettre sur le coup! Ils nous ont dégoté un beau butin! S’extasia-t-il avant de pousser le siège avec ses jambes afin de rejoindre son bureau. Il devait trouver quelques Récupérateurs qui n’avaient pas encore été déployés. Pour ce faire, il contacta l’une de ses consœurs pour avoir accès aux noms et aux informations concernant le peu de Récupérateurs encore disponibles dans l’établissement ou qui vagabondaient au sein de la Ville Azurée. La main d’œuvre se faisait rare ces derniers temps, les révoltes et les rassemblements des réfugiés aux pieds du Mur volant, à chaque jour, des bras qui étaient forts utiles autre part. Enfin, merci à la jolie Angélica – qui, au passage, lui avait ri au nez devant ses nouvelles tentatives de séduction –, il était parvenu à mettre la main sur la liste qu’il cherchait. Rapidement, il avisa quelques noms qu’il connaissait déjà et les contacta immédiatement : il savait qu’avec ces gars, il n’aurait aucun problème quant à la récupération du matériel trouvé par son protégé. Deux derniers membres ne seraient pas de trop… Songea-t-il avant de poser son doigt sur un nom dont la sonorité lui était fortement agréable à l’oreille. L’homme au béret eut un sourire puis, finit par la contacter par le biais de son outil de communication privilégiée. Pendant quelques secondes, il eut une tonalité avant qu’elle décroche.

« Bonjour! Vous êtes bien Harley Quiry, n’est-ce pas? Parfait! Je me présente, Nikita Âke. J’aimerais vous rencontrer au quartier général de la Guilde pour vous assigner une mission de récupération. Rendez-vous dans le hall du QG dans une trentaine de minutes pour les informations supplémentaires. Cela vous convient-il? »

Il attendit sa confirmation ou son déclin avant de poursuivre :

« Bien! Je vous attendrais au hall, vous et le reste de l’équipe. À plus! »

Puis, il raccrocha. Il ne restait plus qu’à contacter le dernier membre du groupe…

Trente-cinq minutes plus tard, Nikita apparut brusquement dans le hall où s’était rassemblé les cinq têtes avec qui il avait communiqué. Son inséparable béret de travers, il émit un petit rire nerveux lorsqu’il croisa le regard de ses compagnons.

« Ha ha ha! Désolé! J’ai croisé la petite Barbara en chemin et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller lui parler! »

En retour, Nikita reçu quelques regards amusés des plus décontractés et des regards plus durs des sérieux, mais qu’il s’agisse des uns ou bien des autres, cela ne sembla pas l’atteindre plus que cela.

« Puisque tout le monde est là, commençons. Il y a une demi-heure, j’ai reçu l’appel de l’une de mes connaissances qui m’informait qu’il venait de découvrir plusieurs caisses d’armement, de provisions et de pièces détachées à Varosha. Lui et sa partenaire auraient besoin d’un coup de main pour transporter leurs trouvailles jusqu’ici : il parait que c’est un beau butin! » Ricana-t-il avant de sortir une tablette de l’une des poches de son manteau.

Pendant quelques secondes, on n’entendit que le bruit de ses phalanges qui pianotaient sur l’écran tactile jusqu’à ce qu’une légère sonorité résonne depuis l’appareil.

« Je vous ai envoyé les coordonnées de leur emplacement : vous devriez le voir apparaître sur votre interface. »

Puis, il rangea sa tablette, croisant ses bras derrière sa nuque tout en esquissant un grand sourire : peu importe la situation, Nikita avait toujours cette apparence détendue et décontractée qui donnait l’impression que tout allait bien, même en cas de crise. Si ça avait tendance à en rassurer certains, ça avait également le don d’agacer les plus stricts et rigides.

« Des questions? » Demanda-t-il en souriant.

Quand il se fut assuré que tout le monde était fin prêt, il leur donna l’autorisation de traverser le Mur pour rejoindre la Ville fantôme qui s’étendait de l’autre côté…

☢️

Un grésillement se fit entendre contre mon oreille avant que la communication coupe définitivement, les bruits et les sons de Varosha enveloppant de nouveau l’intérieur de mon casque. Bienheureux et galvanisé par l’enthousiasme que causait la découverte de toutes ces merveilles, je m’avançais jusqu’à ma partenaire qui s’était installée sur la racine que les deux enfants avaient pris comme appui pour s’élancer dans le cadre de la fenêtre et s’enfuir. À mon approche, elle baissa la tête et retira son casque, sa fameuse crinière pâle tombant sur une partie de son visage, son regard se braquant instantanément sur la visière de son casque.

« Bon, nous avons un peu de temps devant nous avant que l’équipe envoyée par Nikita nous rejoigne, m’exclamais-je en m’affalant sur la racine en expirant un soupir de soulagement. Ils ne devraient plus tarder! »

La jeune fille ne répondit pas, droite comme une barre. Novella était nerveuse, cela se voyait dans la manière dont elle jouait avec les bords arrondis de son casque. Elle tendait l’oreille, restait à l’affût du moindre bruit, du moindre son qu’elle jugerait suspect… Et elle avait toutes les raisons de l’être : nous nous trouvions sur le terrain des désespérés et des rebelles : nous nous trouvions à des lieux de la Promise, perdus au cœur de cette énorme ville fantôme. La défense offerte par le Mur et les Portes de Tadryon ne nous protégeaient plus. Désormais, il fallait nous protéger, nous, mais également surveiller ces précieuses caisses afin qu’elles ne tombent pas entre les mains d’indésirables.

Lentement, je portais mon regard en direction des fameux coffres qui gisaient à nos pieds, remuant chaque recoin de mon cerveau afin de comprendre pourquoi, mais surtout qui, avait bien pu laisser une telle cargaison à l’abandon. Il y avait tout à l’intérieur, pardi! Des armes, des potions de soin, des pièces détachées et du matériel de toute sorte prêt à être utilisé… Connaissant les mœurs et la misère de ce coin, difficile d’imaginer que quelqu’un ait voulu se détacher de ces biens : je connaissais des gens et en avaient vu qui auraient tué pour mettre la main sur un trésor plus petit encore, ou rien que pour une miche de pain déjà entamée, alors imaginez-vous la réaction de n’importe quel Varoc devant un tel butin : il se serait transformé en bête prête à tout pour défendre ses propriétés contre la menace et l’adversité. Qui laisserait dans un endroit pareil une aussi grande quantité de ressources et de provisions, d’abord? N’avais-je de cesse de me poser. Et, inévitablement, mon visage finit par pivoter en direction de la fenêtre par laquelle le duo de gamins avait filé, leurs rires d’enfant ayant disparus au même moment que le son de leur course. Doucement, une idée s’insinua dans mon esprit, mais plus elle se concrétisait et plus j’en venais à douter, moi-même, de cette hypothèse. Non… Ici, les enfants sont comme les adultes : ils auraient tout emportés sans rien laisser derrière eux. Mais ces enfants-là, ceux que nous avions croisés lorsque nous avions débouché dans cette allée, auraient très bien pu voler le contenu de ces caisses… Alors pourquoi ne l’avaient-ils pas fait?

… Était-ce véritablement ces enfants qui avaient amené ces caisses jusqu’ici en premier lieu? Sur le moment, Novella et moi avions tout naturellement émis cette thèse, bien trop surpris et enjoués par la richesse contenue dans ces boîtes, sans aller plus loin dans nos réflexions afin de connaître la raison qui expliquait pourquoi ces enfants se trouvaient ici, à ce moment précis. Est-ce que leur présence avait un rapport avec cette étrange – et ennuyante – missive que Nikita avait retrouvé au quartier général de la Guilde? Plongé dans mes pensées, je perçus à peine le regard que ma partenaire m’adressait, tâtant instinctivement les différents compartiments de mon armure de métal afin de trouver la lettre. Puis, je l’extirpais avant de la déplier avec toutes les misères du monde – vous devriez essayer de manipuler un aussi petit bout de papier avec des gants aussi gros que ceux de nos exosquelettes, pour voir… Je relisais l’unique phrase du parchemin souillé : « Suivez les flèches de la Ville fantôme », puis je portais mon regard vers l’endroit où nous avions bifurqué avant d’atterrir dans cette simili jungle urbaine. Un sourire, indéfinissable, s’étira sur le pan de mes lèvres. C’est impossible que ça ne puisse pas être lié! Je veux dire, la missive, les flèches et puis les enfants, ce trésor… Nous avons vraiment des alliés, quelque part ici… Me dis-je intérieurement en tournant mon visage d’un bord et de l’autre, suspectant que l’un des enfants devait encore se trouver dans les environs, quelque part, mais où…? Enfin, peut-être m’imaginais-je des choses aussi… Ou peut-être pas. Mais quoi qu’il en soit, ces caisses avaient été posées là pour nous et pour nous uniquement.

Pour Tadryon.

« Crimson… »

Je ne bougeais pas la première seconde avant de redresser la tête en direction de la jeune fille, qui avait de nouveau vissé son casque sur sa tête.

« Nous avons de la compagnie… Pas la plus sympathique cela dit… »


Post I [1 571 mots]



« Les gens se sentent seuls parce qu’ils construisent des murs au lieu de construire des ponts »
- Joseph Fort Newton -
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Crescend Crimson
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Message(#) Sujet: Re: Pour la collectivité | Solo Dim 10 Déc - 16:08




Pour la collectivité




Le Récupérateur espérait que tout se passait bien. Avec les récents événements, les révoltes des réfugiés, la colère grandissante de tout un peuple qui se voyait refuser l’entrée à Tadryon, Nikita se demandait si son protégé et son amie allaient être tranquilles jusqu’à l’arrivée des renforts; enfin, il le souhaitait plus qu’il ne le songeait. Parce qu’en lui, il sentait son cœur pomper la nervosité à chaque seconde qui passait : l’attente devenait insoutenable, mais que pouvait-il faire, à l’exception de mettre tous ces espoirs en eux? Devant un public et un auditoire, il montrait rarement à quel point il pouvait être inquiet, sachant pertinemment que les mauvaises pensées conditionnaient de mauvais soldats. Depuis qu’il était entré dans la Guilde, il s’était donné comme mission de toujours voir le positif, le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide; il ne voulait pas que l’espoir disparaisse du cœur des gens, qu’ils soient Varocs ou Tadryens. Peu importait. C’est pourquoi il continuait de garder le sourire en toute circonstance, de se parer d’un flegme insouciant, voire insolent (tout dépendant des points de vue), et qu’il se risquait même à lancer quelques vannes pour détendre l’atmosphère aux moments les moins appropriés. Tout ce qui comptait, c’était de ne pas baisser les bras et d’embrasser la bonne Providence : c’est ce qu’il croyait fervemment.

Mais au fond de lui, il ressentait tout le contraire. Il avait l’impression de mourir d’inquiétude à chaque fois qu’il voyait un collègue ou un ami traverser ces maudites Portes, de nourrir de sombres pensées en songeant au pire qui pourrait leur arriver, parce qu’à l’extérieur, malheureusement, le monde n’était pas aussi optimiste, pas aussi prospère : c’était comme de lâcher des nalves dans une fosse remplie de lupus et de llonpas. Nerveux, il finit par lâcher la tablette sur lequel il inscrivait les informations de son précédent rapport, malaxant son visage à l’aide de ses deux mains comme pour déformer ce masque de pessimisme qui avait l’intention de couvrir son faciès. Aller! Du nerf! S’encouragea-t-il. Cependant, son regard finit par se tourner vers sa fenêtre, fenêtre qui donnait sur l’extérieur, sur Varosha, la Ville fantôme. Faîtes que tout se passe bien, peu importe qui Vous êtes… Pria-t-il, espérant que son souhait soit entendu par l’oreille d’une déité, l’inquiétude s’insinuant finalement entre les lignes de son visage.

Toc! Toc! Toc! Surpris, il sursauta avant de se lever précipitamment et de filer droit vers sa porte, ouvrant brusquement le battant.

« O-Oui?

- Ah? Tu as oublié ton sourire dans ton placard, ce matin? » Rigola l’homme en exosquelette qui se trouvait de l’autre côté de la porte, son casque bien coincé en-dessous de son bras.

Génial, absolument génial : ça devait être Vaughan qui avait toqué. Il aurait préféré croiser le beau visage de Barbara plutôt que celui de ce primate au gros nez…

« Qu’est-ce qui se passe? » Maugréa le trentenaire en roulant des yeux.

Subitement, le rire de son collègue s’était éteint et un regard dur, sévère, voire peut-être même froid, et qui tranchait violemment à son expression initiale, venait de se déposer sur les épaules de Nikita.

« Non, en fait, tu es parfait comme ça, remarqua Vaughan d’un air grave avant de faire signe à l’homme aux yeux verts d’enfiler son exosquelette. Un feu vient d’être déclaré dans l’une des Griffes des quartiers nord de la ville: on ne sait pas encore ce qui en est la cause, mais l’incendie a pris des proportions gigantesques et en très peu de temps. On a besoin de tous les bras disponibles! »

Confus, Nikita ne bougea pas les premières secondes, mais son collègue le poussa presque vers son armure pour l’inciter à l’enfiler sur-le-champ.

« Grouille-toi! On n’a vraiment pas le temps d’être stupéfaits! »

Il… Il avait raison.

☢️

Ma respiration se fracassait sur la surface interne de mon casque : je ne la percevais peut-être pas, mais je l’entendais distinctement contre mes oreilles, malgré les tambourinements de mon cœur qui remontaient jusque dans mon crâne. Lorsque l’une des trois femmes esquissa une nouvelle enjambée dans notre direction, je tournais immédiatement la bouche de mon canon vers son visage.

« Elle vous a dit de ne pas bouger! » M’exclamais-je d’une voix forte et froide, cherchant, d’une manière ou d’une autre, à intimider les jeunes femmes devant nous.

Car, malgré les avertissements de Novella, aucune d’elles n’avaient semblé prendre ses mots au sérieux, continuant de s’approcher de notre position à la manière de félins qui traquaient leurs proies. Elles ne représentaient pas un danger immédiat, mais leur allure, la lueur dans leurs yeux n’avaient rien de bien rassurant. Surtout en constatant que la brunette du groupe poursuivait son chemin dans notre direction, sans mot dire. Son regard aurait pu transpercer nos corps de métal s’il avait pu tirer des balles : par chance, une telle capacité lui était hors de portée…

« Nous vous le répétons, mesdames : quittez le secteur. Ce n’est pas un choix, c’est un ordre. »

Je coulais un bref regard en direction de ma partenaire. Je n’étais pas certain de l’effet qu’aurait ces mots sur ces Varocs, mais je conservais le silence, ne perdant pas de vue ma cible à la silhouette fine, mais au regard affamé.

« Un ordre… Murmura la brune, alors qu’un sourire sardonique s’étirait sur ses lèvres sèches et craquelées. Avez-vous entendu, les filles?! »

Des rires se mirent à fuser autour de nous et ce, même derrière nous. Vivement, Novella avait pivoté sur elle-même, tournant son arme laser vers la rue qui s’étendait derrière nous. À quelques pas de notre position, deux autres femmes venaient d’apparaître dans son champ de vision. L’adolescente les visa aussitôt, le poing fortement serré autour de la poignée de son P-7 Helhest.

« Reculez! » Vociféra-t-elle, sauvage.

Mais elle savait tout aussi bien que moi que la situation n’était pas à notre avantage. Cinq contre deux : il n’y avait rien de moins équitable. Et malgré toute la bravoure et la méchanceté qu’elle laissait couler dans ses paroles, rien n’y faisait, je la connaissais : à l’intérieur de ce cocon métallique, elle tremblait, suait, la nervosité prenant possession de l’ensemble de son corps.

« (shhhh!) Ne tremble pas… Lui soufflais-je alors dans notre système de communication, alors que j’essayais de me montrer aussi imperturbable qu’elle. Elles sentent la peur aussi bien que les bêtes…

- Je sais… »

J’eus un maigre sourire sarcastique, le cercle que formait les Varocs se serrant de plus en plus autour de nous, un sentiment de plus en plus lourd s’écrasant sur nos épaules. Novella et moi reculâmes d’un pas, nos dos se frôlant.

« Ne nous obligez pas à tirer, mesdames… Les avertissais-je.

- Comme si… » Ricana une blonde entre ses dents serrées.

Un crachat fut jeté dans notre direction, s’imprimant sur mon armure, coulant entre les lignes de celle-ci. Je n’y fis pas attention, tentant de conserver mon calme, me remémorant les consignes de l’Académie et les conseils de mon père. Je ne devais pas perdre ma concentration. Je ne devais pas répondre à leur provocation, mais l’urgence de la situation se faisait sentir, le danger s’approchant de nous, pas à pas à pas…

BANG!

Ce son faillit me tuer. D’un seul coup, je me tournais vers Novella, voyant une mince et diaphane fumée sortir de la bouche de son canon.

« Elles… Je… »

Tout son corps tremblait, claquait entre ses différents membres.

« Merde, tu… »

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase, un coup puissant m’ayant été administré au niveau de la tempe. J’expirais un râle de douleur alors que je claudiquais gauchement sur ma droite, la brunette que je visais depuis le début ayant pris avantage de mon désarroi pour me sauter dessus. Puis, elle enchaîna presque aussitôt par un coup de pied qui toucha mon poignet, me faisant lâcher mon arme, qui rebondit au sol, à quelques pas de moi. Dès lors, les attaques se mirent à déferler sur nos têtes. Les cinq femmes, aussi enragées que puissantes, se mirent à nous rouer de coups, de la tête jusqu’aux pieds. Nous étions ensevelis sous l’assaut des poings, écrasés par le fracas de leur semelle sur nos casques, car ce ne fut pas long, en effet, que nous nous retrouvâmes par terre, la tête coincée entre un talon et le sol fissuré de la ruelle. Dans mes oreilles, je n’entendais que le bruit de ma respiration qui se fracassait sur la surface interne de mon casque : je la percevais nettement ricocher contre le verre de ma visière alors qu’elle se condensait; je l’entendais distinctement malgré les tambourinements de mon cœur au fond de ma poitrine, malgré le souffle rauque de ma coéquipière dans les écouteurs de mon casque, malgré les rires de nos adversaires…

« Des ordres, hein? »

Je voulais bouger, mes bras ou mes jambes – n’importe quoi! –, mais deux femmes me maintenaient solidement au sol, m’empêchant même de bouger ne serait-ce que le petit orteil.

« (shhhh!) Novella, est-ce que tu vas bien? »

Pendant de longues secondes, qui me parurent durer une éternité, notre système de communication resta silencieux, jusqu’à ce qu’une voix basse, mais reconnaissable entre mille, résonna enfin au creux de mes oreilles :

« D-Désolé… J’ai… J’ai tout gâcher. J’ai paniqué et…

- Ce n’est pas gr–

- Eh là, les petits, si vous avez quelque chose à dire, dîtes-le nous en face! S’exclama soudainement l’une des femmes en retirant vivement mon casque et en m’adressant un sourire ignoble par-dessus mon épaule.

- En effet, nous n’aimons pas beaucoup les cachotteries… »

L’inflexion était froide et beaucoup plus dangereuse qu’elle ne l’avait jamais été depuis le début de notre altercation. Si elles s’étaient toujours montrées moqueuses et sarcastiques, tout à coup, les Varocs dévoilaient leur vrai visage…

Un mouvement, alors, attira mon attention. Entre ses doigts, je remarquais que la brunette tenait mon arme. Solidement, avec une prise beaucoup plus ferme que moi. Elle s’approchait de Novella puis, tourna lentement le canon du fusil en direction de sa tête. Aussitôt, mes yeux s’écarquillèrent, ma force se décuplant soudainement pour que je puisse me défaire des poignes qui me retenaient par terre. En vain. La brunette continuait simplement de fixer Novella, sans un mot, sans même un rire, sans même un sourire. Elle tenait simplement le fusil, prête à faire feu.

BANG!


Post II [1 731 mots]



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