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 Les limites de notre monde | PV Nana [-18]

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Calvin
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Message(#) Sujet: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Dim 18 Juin - 19:21

" Ne me suis pas. " Elsys fit la sourde oreille.
 
Les terres désolées et mornes du No Man's Land étaient devenues leur lieu de prédilection pour traîner ensemble. A l'époque, à Tadryon, Calvin emmenait toujours Elsys à ce fameux bar où ils s'étaient rencontrés pour la première. Les amis des amis qui se côtoient le temps d'un verre, le temps d'une soirée. Tout avait démarré par le biais de Denisse, s'il se souvenait correctement. Il était tellement saoul de ses rêves et de ses espérances qu'il n'avait vu filer le temps sous ses yeux. Il se rappelait seulement de la voix chantante d'Elsys, de son regard noisette, pétillant de quelques étincelles une fois son cocktail terminé, de son épaule couverte par son pull, collée à la sienne car ils étaient trop nombreux pour cette pauvre table ; et enfin, son sourire final lorsqu'il fut temps de quitter les lieux et de la promesse de réitérer l'expérience. Aujourd'hui, il avait encore tout cela à portée de main, mais il lui était interdit de caresser à nouveau son âme. Puisqu'il était, selon les dires de la demoiselle, jamais revenue de sa première expédition. Si tu arrives à retrouver Calvin dans ces fourrées, fais-moi signe.
 
Comme promis, le Tadryen avait repris la direction de la forêt d'Hanaamu, quelques jours plus tard, sous son aval seul. Cependant, étant donné ses obligations à la clinique – il était d'ailleurs de plus en plus demandé à l'hôpital de l'Académie également, depuis sa dernière sortie – il ne pouvait se permettre de se faufiler jusqu'aux Portes. Rien ne lui interdisait théoriquement, il était libre de ses mouvements, mais en pratique ce serait mal vu. Calvin ne souhaitait plus, de même, accepter de jouer les nourrices pour les Récupérateurs ; si ces derniers avaient besoin de lui, ils n'avaient qu'à le recruter définitivement. Non, cette fois ce qui l'avait motivé à reprendre les armes et renfiler l'armure, c'était un signal.
 
¤ - ¤ - ¤
 
" Nous ne pouvons rien affirmer quant à son état actuel, mais après enquête il s'avère que ce signal soit bel et bien émis par l'exosquelette de Monsieur Roon. Le teint de Calvin était blême depuis l'annonce. Deux ans plus tard, on retrouvait l'un de ses camarades, Donovan Roon. Par contre, le signal a été localisé plus loin que le No Man's Land, probablement à la lisière de la forêt. Étant donné la distance, comme tu le sais, nos communications n'ont pu s'étendre aussi loin, le message audio est par conséquent indéchiffrable. Il a toutefois été identifié comme étant un SOS. Un appel à l'aide, sur les lieux du crime. Deux ans plus tard, ce n'était pas une coïncidence… c'était la providence. Il y a peu d'espoir, mais vu que cela te tenait à cœur je préférais que tu l'apprennes par nous. D'autres se chargeront de prévenir le père de Donovan. Les yeux azurins du conscrit s'attardaient sur la paperasse étalée sur le bureau, certains rapports ayant un lien avec cette affaire, d'autres non. Tu peux tenter avec l'avant-poste Elpis, mais ce n'est pas garanti que la fréquence y soit optimale. Il décroisa les chevilles et se leva de sa chaise.
- Dans tous les cas, je vais aller voir. La Récupératrice sourit en retour.
- Évidemment. Besoin de renfort ? " Non.
 
¤ - ¤ - ¤
 
" Donc, nous avançons à l'aveuglette dans la fameuse forêt qui t'a rendu amnésique. Se rapprocher du signal n'a rien donné, on sait juste que l'exosquelette de Don' est là, quelque part. Calvin continuait d'avancer malgré tout, cette fois c'était son oreille qui était sourde. Elle le tira par l'épaule, l'obligeant à se retourner vers elle. C'est du suicide, Calvin. Rentrons.
- Ce qui est du suicide, c'est de m'avoir suivi.
- Si ce n'est pas du suicide pour toi, ça n'en reste pas moins une perte de temps. On ne capte rien ici, comment vas-tu te débrouiller ? Le jeune éphèbe tiqua.
- Une perte de temps ? Elsys laissa un petit temps de flottement.
- Il est mort, tu le sais. Elle lâcha son épaule. C'est ça que tu veux, retrouver des cadavres ? Laisse la dernière image que tu as d'eux intacte.
- Exactement : s'il le faut, je retrouverai des cadavres, des morceaux, voire même juste un bout de chemise, tant que je peux ramener quoi que ce soit à la maison. Si on a pu ramener ma carcasse, alors ils méritent tout autant ce traitement de faveur. "
 
Elsys ne portait pas le même amour que lui pour ses camarades ; et de manière générale, c'était la même chose avec le reste de la plèbe. Aux yeux de la jeune femme, Tadryon était une arène où la mêlée était constante, on pouvait bêtement y mourir en demeurant négligeant. Naître à Tadryon ou réaliser son Entrée n'était pas une victoire, ce n'était que le commencement d'une nouvelle bataille, certes moins tumultueuse. Mais Calvin, lui, ne voulait pas s'engager dans ce combat-ci. Il observa les alentours, sa compagne continuant son déluge moralisateur jusqu'à épuisement. Cet endroit lui était drôlement familier, il profita d'un moment d'inattention de sa part pour vérifier rapidement sur son tableau de bord. Eh merde.
 
" On bouge.
- Je viens juste de te dire qu'on devait faire une pause… Calvin s'éloignait déjà, le plus rapidement de cet arbre-ci en particulier, empruntant le chemin de la rivière. Par tous les Héros… " Grommela-t-elle, son fusil dans les main.



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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Ven 21 Juil - 1:29

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Rien n’avait changé depuis que nous nous étions croisés. Rien n’avait progressé, rien ne semblait vouloir bouger, immobile dans cette même routine qui berçait toute la forêt. L’arbre était toujours identique à la veille et, j’avais beau soulever tous les jours cette branche censée protéger la cache, rien n’y était jamais déposé. Il me l’avait en quelque sorte promis, il avait tenu tête à Lansä, mais jamais je ne le vis revenir. J’avais beau croire, ma Foi ne semblait pas assez forte pour le faire venir une énième fois vers moi. Il avait fallu deux ans afin de revoir l’homme qui avait été épargné par l’Hanaamu, deux années de plus n’éreinteraient pas mes convictions. Il y aurait toujours quelque chose à ranimé et mon esprit aurait toujours matière à construire une histoire autour de lui, autour de nous.

Le médaillon pendait entre mes doigts, assise tel un rapace attendant sa proie, je le faisais tourner, la plaque de métal frappant volontairement ma main lorsque la chaîne finissait d’enrouler mon index. Le vent jouait dans les branchages, faisant tomber le reste de pluie qui s’était amassé dans le creux des feuilles. « Il ne viendra pas. Encore une fois. » Lansä s’accroupit près de moi. « Pourquoi tant d’acharnement ? » Je ne répondis pas, focalisé sur le sol, continuant de balancer ma chaîne. « Il ne t’a rien promis, Nasträlya, et tu ne lui dois rien. » Je remis la plaque en métal autour de mon cou. « Ce n’est pas une question de promesse, c’est une question de destin. » « Je me doute bien que tu t’es créé de belles histoires autour de vous deux et de ce soi-disant destin qui vous lie, mais tu es censé être adulte aujourd’hui, tu es censé comprendre que ce… ce truc que tu ressens, c’est le fantasme d’une enfant de quatorze ans ! » J’enlevais mon lacet de cuir pour libérer mes cheveux, passant ma main dans ceux-ci, ignorant le ton de Lansä qui s’élever lentement. « Si l’Hanaamu nous a épargné tous les deux, ça ne veut dire qu’une chose. » Il leva les yeux au ciel, priant intérieurement la Nature de bien vouloir me rendre la raison. « Il m’est destiné. Il est à moi et nos vies sont liées. » « Il sera sûrement ravi de l’entendre. » Ironisa-t-il. Avant même que je ne puisse lui répondre, des voix s’élevèrent. « C’est sa voix. C’est celle de Calvin. » Murmurais-je. Il sourit en entendant l’autre. « Tu penses qu’elle croit aussi que son destin est lié à lui ? » « Ferme là ! » Je me déplaçais silencieusement de branche en branche, suivant de près le duo. « Arrête de me suivre, crétin. » Il ignora tout bonnement ma remarque et continua son chemin derrière moi.

Attirer son attention devenait un peu plus compliqué maintenant qu’il se baladait avec cette femme. Tu m’avais promis, répétais-je, la colère montant d’un cran. Je descendis d’un arbre, les suivant maintenant à la trace, un peu plus à l’avant du duo. « Tu chasses, Nasträlya. » Je saisis ma lance, écoutant le moindre bruit de l’environnement, humant l’air et le regard rivé sur l’endroit où devait se trouver les deux Tadryens. Lansä me saisit par l’épaule. « Arrête ça, tout de suite. » Murmura-t-il. Je m’en défis d’un geste brusque et m’avança parmi les herbes hautes. Ils étaient maintenant tout proche et avant même qu’elle n’eut le temps de réagir, elle prit un coup de lance dans le casque. Dans la surprise, je plantais le bout de la lame dans la fente de la visière et la d’éclipsa, fin prête à l’embrocher. C’était sans compter Lansä qui intervint en donnant simplement un coup de poing à la femme, l’éjectant par la suite d’un coup de pied dans le ventre, s’interposant entre elle et moi. Son arme laser était tombée dans l’altercation et Lansä avait saisi l’autre en la poussant, la jetant maintenant à terre et bandant son arc en ma direction. Une seconde s’écoula avant que je ne pointe le bout de ma lance vers Calvin. « Tu avais dit que tu viendrais de ton propre chef, mais tu as fui notre arbre. Pourquoi ? » La femme bougeait à peine, sonnée par le coup qu’elle s’était pris dans le nez, tentant vainement de tenir sa tête droite, ne comprenant surement pas grand-chose à ce que nous disions. Je me rapprochais du Tadryen, abaissant mon arme. « Tu ne m’as pas dit que tu viendrais accompagner d’une Destructrice. » J’étais maintenant à un mètre. « Disparaissons avant qu’elle ne reprenne ses esprits… » Lansä avait baissé son arc, serrant des mâchoires. Un coup d’œil suffisait à lui faire comprendre que j’étais dorénavant une adulte, qu’il ne lui était pas permis de me protéger si je ne désirais pas qu’il le fasse. Il s’éloigna à contrecœur, mais dans un dernier regard, il menaça silencieusement l’homme qui venait de lui prendre celle avec qui il avait tout partagé.  
   

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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Dim 6 Aoû - 0:12

Il n'avait fallu qu'un bruissement pour qu'il sache qu'il était déjà trop tard. La lame avait filé à une vitesse ahurissante, ses muscles s'étaient contractés d'un coup d'un seul ; non pas pour lui, mais pour elle. La furie avait déjà rejoint sa proie pour en finir. Le viseur de son arme de poing était calé sur la boîte crânienne de Nasträlya et son doigt prêt à presser la détente. Mais… Ce fut ce "Mais" qui l'avait immobilisé. Calvin ne put nullement y réfléchir davantage tant les événements se précipitaient : il ne s'était pas attendu à ce qu'elle soit également accompagnée. Cette fois, lorsque ce fut ce fameux Lansä qui prit l'initiative du combat, le Tadryen ne se figea pas à cause d'un "Mais" et tira. Un unique laser qui alla effleurer la chevelure dansante du guerrier et s'écraser sur la sève d'un arbre blessé. L'instant d'après, la lame de l'Évoluée menaçait sa propre gorge.

L'accalmie ne fut que de courte durée mais les Héros savaient comment Calvin était d'autant plus détendu.
" J'ai fui pour éviter ça. Sa réponse s'accompagna d'un regard dur sur le Värsha et la Tadryenne. Son revolver fut abaissé, doucement, lorsqu'il en fut de même pour Nasträlya, qu'elle revêtait – petit à petit – la curiosité face à laquelle il était fasciné la première fois. Elle m'a suivi contre mon gré. Il leva les yeux vers Lansä. Mais si tu as également quelqu'un d'autre pour ton arbre, je n'ai qu'à rentrer à Tadryon. " Le sarcasme était volontaire et il se surprenait de l'être autant avec elle qu'avec n'importe quel camarade qu'il considérait proches, là-bas.

Ils arrivaient enfin à la suite qu'il redoutait énormément. Calvin ne fit guère attention à la retraite du guerrier, trop préoccupé à savoir comment il allait pouvoir gérer tout ce tas de problèmes. Il ne pouvait pas laisser Elsys ici ; elle ne mourrait pas ici, mais elle s'attirerait davantage d'ennuis si elle essayait de le rejoindre. Tant qu'il n'aura pas réussi à la convaincre de rebrousser chemin, Elsys sera en danger de mort. Il avait déjà provoqué trop de morts autour de lui, surtout dans cette fichue forêt. Calvin dépassa Nasträlya et se positionna entre les deux jeunes femmes. " Va te cacher, elle ne doit pas nous voir ensemble. Et face à un éventuel refus, il leva succinctement le canon de son arme vers l'abdomen : Va-t'en.
- C… Calvin ?
Il rengaina aussitôt et s'accroupit sur son ex pour l'aider à se relever. Debout, il examina rapidement les dégâts à la tête.
- Tu m'entends, Elsys ? Elle hocha doucement de la tête, il fit balancer horizontalement son index devant elle pour tester sa concentration : elle semblait tirée d'affaire. Mais plus pour longtemps. Ils sont partis. Tu l'as dit toi-même que c'était du suicide, alors pourquoi me suis-tu ? A cet instant, Elsys aurait voulu que son casque puisse l'enfermer sous un cocon protecteur, mais son regard fuyant n'échappât point à l'homme qui avait partagé sa vie autrefois.
- Tu sais très bien pourquoi. La carapace intérieure du médic flancha, cependant il gardait encore ses esprits intacts.
- C'est mon combat. Une soldate se bat pour sa patrie, un médecin se bat pour ses patients. Il recula d'un pas. C'est mon patient qui est dans cette forêt, pas ta patrie.
- Tu fais partie de ma patrie.
Il grinça des dents et elle semblait l'avoir bien capté.
- Je ne suis plus un enfant. N'inverse pas les rôles. " La pique fut un brin trop brutale, mais Calvin connaissait cette femme que trop bien. Après avoir pris sur elle-même et lui avoir fait promettre qu'il devait faire attention, elle s'éclipsa. Le conscrit la suivit longuement du regard, comme pour s'assurer qu'il ne la perdrait pas, là, maintenant. Néanmoins, c'était d'Elsys dont il était question : elle était inatteignable lorsqu'elle était seule.

Immobile près du rebord de la rivière, le conscrit croisait les bras sur le poitrail métallique de l'exosquelette. Il redoutait le jour qu'un Tadryen – d'autant plus quelqu'un qu'il connaissait – découvre la vérité sur ses allers dans la forêt. Aujourd'hui, il était bel et bien venu pour sauver ce que Donovan avait laissé derrière lui, mais il ne pouvait nier qu'il profitait de cette occasion pour revoir Nasträlya. Ce qu'il n'avait néanmoins pas prévu, mis à part la présence fortuite de la soldate, c'était la virulence de la Fille d'Ohibaan. Sa Foi était-elle si animée dans ses veines ? Peut-être que c'était, indirectement, le revers pour l'avoir battue au sujet de l'échantillon de l'anomalie d'il y a quelques jours. Il la fixa le rejoindre, se rapprocher de lui. Il étouffait sous ce casque.

" Pour être franc, je ne suis pas revenu uniquement pour toi. On a reçu un SOS… Il s'arrêta, souhaitant rectifier : il doutait qu'elle connaisse une telle terminologie, étant originaire d'un peuple moins porté sur leur technologie. Un signal de détresse. L'appel émanait de l'exosquelette d'un de mes amis disparus. Sans doute mort mais j'aimerais rapporter ce qu'il a laissé. Il soupira tout bas, ses épaules quelque peu endoloris par tout ce foutoir. Tu étais là toi aussi. J'apprécierais que tu m'accompagnes. " Après avoir indiqué la direction et la distance approximative, le conscrit entama son retour vers sa tombe. Peut-être que cette fois-ci aussi, l'Hanaamu les épargnera.



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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Lun 7 Aoû - 17:06


« C’est toi ce quelqu’un d’autre pour mon arbre. » Soufflais-je la mâchoire serrée avant de disparaître un peu plus loin, épiant les moindres faits et gestes de l’homme. Je croisais les bras sur ma poitrine, l’épaule contre l’écorce d’un Arael, pestant silencieusement contre Calvin. Elsys tel était le nom de cette femme qui ne semblait pas vouloir le lâcher. Tel était le nom de celle qui était dorénavant sur ma liste de mise à l’épreuve. Pour le moment, personne n’y avait réchappé, mais peut être que la Nature en déciderait autrement pour elle. La boîte en métal se leva maladroitement pour reprendre ses esprits et partir, nous laissant enfin seuls. Je la regardais s’éloigner, consciente que si j’avais eu le temps et que Calvin n’avait pas les yeux posés sur moi, j’aurai fait en sorte qu’elle croise quelques Mälanas afin de tester sa place dans ce monde. « Je comprends que tu es eu besoin d’une excuse pour sortir de ta Ville de Plomb. » Mes mots étaient emplis de mépris, une simple bouderie d’enfant qui aurait voulu être le centre de toutes les attentions. Cependant, ce n’était pas le cas. Le Soldat était bien présent parce qu’il cherchait ce qui lui avait été pris : ses souvenirs.

Le soleil était haut dans le ciel, illuminant les lieux dont les branchages étaient moins pourvus de feuilles. C’était assez rare de constater un ciel sans nuages et totalement dégagé, peut être une canicule à venir, la température étant en constante augmentation depuis ce matin. « Tu ne te rappelles vraiment rien ? » Lançais-je en levant une grande feuille du passage. Je le regardais du coin de l’œil, du moins, je regardais cet être enrobé dans son armure de métal. « Vous êtes obligé de tout le temps la porter ? Ce n’est pas handicapant comme tenu ? » Mes cheveux se balader librement entre mes omoplates, délivrées de mon lacet de cuir. « Si vous avez autant de technologie qu’on le raconte, pourquoi vous vous baladez avec un costume aussi peu pratique ? En fait… » Je tapotai son épaule de mon index. « Vous avez conçu une armure pour encaisser les coups… Vous ne vous êtes jamais dit que c’était peut-être mieux de savoir les éviter ? » La confrontation de nos deux cultures était à la fois exaltante et totalement ouverte à la curiosité mal placée, voire la provocation. Je ne le laissais même pas le temps de répondre, en réalité, je ne faisais que questionner en traitant volontairement son peuple de poltron. « Ceux qui viennent de Tadryon nous ont expliqué que vos armures vous parlaient… Ce n’est pas un peu malsain ? Je veux dire… faire vivre, en quelque sorte, des morceaux de métal à votre image, c’est… bizarre non ? » Je me rapprochais de lui, chuchotant presque. « On nous a aussi dit que certains d’entre vous ont des désirs un peu déplacés envers les métaux… est-ce que c’est vrai ? » Je m’éloignai, regardant la cime des arbres. « Tu sais, il serait préférable de ne pas se déplacer sur terre. » Je reposais le regard sur lui. « Je ne voudrai pas te presser à enlever cette enveloppe de métal, mais il serait préférable que tu le fasses plutôt rapidement, avant qu’on ne croise quelques prédateurs. Je ne suis pas franchement faite pour essuyer les coups. » Je lui souris, une lueur de provocation dans les yeux. Le choc des cultures était au final assez violent, et j’attendais qu’il continue dans cette lignée en pointant du doigt certaines rumeurs certifiant que nous nous acoquinions avec la faune. « Nous ne risquons pas de croiser des Varazas, sauf si nous marchons dessus par mégarde, bien sûr. » Je regardais ailleurs avant de me reportais sur lui, coupable d’avoir expérimenté cette malheureuse rencontre. « Mais les Adaishs auront moins tendance à nous tomber dessus, moins de Püslis et nous ne croiserons pas de Salishs… enfin, du moins nous lui serions assez invisibles. » Je laissais une seconde avant de rajouter : « Et les Mälanas sont plus agiles sur terre. Nous allons d’ailleurs entrer dans une de ces zones qui nous est déconseillé d’arpenter, donc… ou tu montes ou nous devrons la contourner. » Nous pourrons toujours rencontrer des Mälanas, cependant, nous serions sur un terrain moins maîtrisé par ceux-ci.    


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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Mer 9 Aoû - 22:11

" Non. " Rien du tout, un vide aussi épars qu'il était dérangeant. Avec cette bille dans le crâne, il se surprenait lui-même de ne pas être constamment sur les nerfs. Nasträlya était fidèle à elle-même depuis leur première rencontre – du moins, leur deuxième rencontre de son point de vue – un moulinet à paroles enfantines. Calvin était retourné dans sa propre enfance à ses côtés : partager, échanger avec une personne qui n'avait pas vécu entre les Murs, qui connaissait un bout de ce monde fantasmé depuis si longtemps, quelqu'un qui était même totalement étranger aux us et coutumes du peuple qui se targuait d'être le renouveau de l'humanité. Il l'était, sans aucun doute, mais Calvin voyait également une humaine en cette jeune femme. Une fille qui l'avait sauvé, qui l'avait choisi pour d'obscures raisons. Le conscrit ne pouvait affirmer la comprendre en partie, car tout était encore flou à son sujet, mais cet échange-là, même à sens unique, était un pas de plus vers la proximité.

La mention des Varazas lui provoqua un singulier frisson, bien que court. Ce n'était guère dans ses envies de recroiser la route de ces monstruosités tout droits sortis du folklore des mamans Tadryennes ; d'autant plus que contrairement aux autres monstres de derrière le placard, les Varazas étaient bien réels. A moins qu'il n'eût pas encore découvert toute la vérité ? Quoi qu'il en soit, Calvin parvint à suivre l'Évoluée dans le listing des mauvaises et probables rencontres. L'Académie avait le mérite de les avoir prévenus des dangers, de leur coller une étiquette. Les Salishs seraient au même titre que les Varazas : une nuisance dans sa quête de souvenirs.
" Il va falloir de nouveau user de ta lance si tu veux me faire enlever mon armure. Cette provocation avait le mérite d'être teintée à la fois d'un sarcasme amusé à l'égard de sa naïveté et d'un reproche dégoulinant de mépris suite à son attaque sur son ex. Certains exosquelettes peuvent planer plusieurs secondes dans les airs, d'autres sont façonnés à même le corps pour l'alléger. Il s'approcha, pour la suivre dans l'ascension. Je suis trop fauché pour m'offrir ce genre de gadgets, mais détrompes-toi sur un point : nos armures sont faites pour se déplacer dans ces arbres. " Avec un bon entraînement et les modules adéquats, la forêt d'Hanaamu pouvait se transformer en terrain de randonnée, pour peu que la faune ne se manifestait pas. Calvin avait d'ailleurs le mérite d'avoir suffisamment rôder son joujou pour s'habituer à l'exercice, il était loin de ne faire qu'un avec mais d'autres Tadryens en étaient encore au stade de se fatiguer rapidement rien qu'à la marche.

Dans son éternel rôle en retrait, le pilier de soutien suivait la guide de fortune parmi les hauteurs feuillues. Forcément, Calvin devait maintes fois contourner au risque de marcher sur une branche un brin trop fragile pour un soldat armé jusqu'aux dents, mais les arbres de cette forêt avaient le mérite de réellement dresser des accès solides pour qui avait l'œil aguerri. " On nomme ces exosquelettes des "Armures à Interface Intégrée", elles nous assistent plus qu'elles ne nous contraignent. Il tenait à reprendre le flambeau du face à face de leurs cultures, l'occasion était trop belle pour la laisser filer. Elles encaissent bien, spécialement lorsque tu es dans l'incapacité d'esquiver. Ça devrait vous être utile face à nos lasers. D'autant plus que certains Tadryens avaient développé une étrange affinité avec le laser, comme si celui-ci ne les affectait pas plus qu'une brûlure mineure. Leur parler n'est pas plus bizarre que de fréquenter des monstres. Il laissa planer une pause, empêtré dans les rumeurs qui filaient sur les Mutants de l'extérieur. Mon armure, en tout cas, ne risque pas de te répondre. Elle ne t'aime pas. Et Calvin l'avait volontairement mise en sourdine pour qu'elle ne se permette pas des commentaires désobligeants ; ces derniers, il les gardait en réserve pour lui. Et pour les désirs, il n'y a pas que les métaux pour pimenter le plaisir chez nous. Il souriait sous son casque, éluder la question et en rajouter une couche, c'était tout bonnement un régal. Du coup, vous le faites avec ces créatures, vous ? Ne me précises pas lesquelles. " Même pour la science, il n'était pas encore préparé.

Masqué derrière l'opacité, le regard céruléen du médecin ne pouvait s'empêcher de s'étaler sur les courbes de la sauvageonne. Il peinait encore à croire que les Évolués étaient si humains, qu'il pouvait communiquer et surtout voyager avec ; et le comble du comble, qu'il associe l'adjectif "femme" à Nasträlya. Il y avait des hommes et des femmes de l'autre côté du front, avec tout ce que cela impliquait. " Ces tatouages ont une signification particulière pour toi, ou pour ton peuple ? Il se souvint surtout des translucides, mais il ne faisait pas encore sombre et l'armure en couvrait une bonne partie. A défaut du laser, vous êtes étrangement efficaces avec vos lames… Mais vous n'avez pas un arsenal moins archaïque ? Beaucoup de tribus à part usaient encore des artefacts de l'Ancien Temps, et d'autres s'étaient débrouillés pour développer des outils meurtriers, tels que les explosifs pour leurs bien aimés voisins les Varocs. Je me demandais si c'était suffisant pour vous défendre, comme contre celui qui porte le nom de votre forêt. Sur un ton un peu plus froid : Tu disais que c'était lui qui m'avait tout arraché. " Et un dicton très prisé des postes armés affirmait qu'un criminel revenait toujours sur les lieux de son méfait.



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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Jeu 10 Aoû - 12:29


« Vous avez donc besoin d’être assisté ? » Renchéris-je, le regard brillant. « Je pourrai très bien t’assister si tu l’enlevais. Ça ne me dérangerait pas. » Je souris, toujours provocante. « Les seules créatures que nous redoutons sont faites de métal, et ce sont de loin les pires. Il arrive cependant que certains se prennent d’affection pour elles, alors oui, il nous arrive de faire avec, surtout que certains Tadryens se retrouvent forcés de venir chez nous pour sauver la vie de leur famille. » Je souris de plus belle, me retournant vers lui. « Mais vous êtes des créatures très intéressantes. » Je me remis en marche, sautant la branche pour atterrir à celle plus basse. « Mes tatouages ? » répétais-je. Je m’arrêtais pour regarder autour de moi, m’avançant ensuite pour me mettre dos à un tronc, bien plus à l’ombre que le reste des branchages. L’encre lumineuse fit alors son apparition. « Si ton peuple nous traite de sauvages, c’est peut-être pour plusieurs raisons, et elles sont sans doute marquées sur ma peau. » Je posais ma lance et ma besace avant de desserrer les liens qui tenaient cette carapace de cuir sur mon abdomen. « Il existe plusieurs types de tatouages, les encres noires et les encres lumineuses. Certains disent que l’encre de Bleutées symbolise les pupilles des prédateurs qui brillent dès que la nuit tombe, d’autres pensent que c’est un moyen de nous marquer pour que nous ne puissions les chasser dès que l’obscurité vient. Il symbolise une certaine sauvagerie… souvent utilisée sur ceux qui se rapprochent trop de la faune. » La carapace s’écrasa sur la large branche.  « On nous appelle : les Zoologistes. » Je défie le lacet de cuir qui enserrait le haut de ma poitrine, l’ôtant et libérant mon bras afin de faire briller ma peau, rabattant ma tignasse sur mon épaule sans marques. « Le visage symbolise l’esprit, les bras la volonté et la force. » Je me retournai, levant mes cheveux au-dessus de ma tête. « Le dos, tout ce que nous ignorons, mais aussi le monde des énergies froides que nous appelons : les Shemtri. » Je me remis face à lui, dos au tronc. Un silence se fit et je me rappelais les paroles de Lansä. « Tous les Fils d’Ohibaan ne sont pas marqués à l’encre bleue. Les Zoologistes sont plus impulsifs, il est vrai, mais je ne te ferai aucun mal. » Je me mordis la joue, fuyant son regard avant de revenir à lui. « Il n’y a pas de territoire Mälana devant nous, j’ai menti, mais il y a tout de même quelque chose. » Je me rapprochais, enjambant mes affaires qui restèrent sur la branche. « Il y a un grand arbre où se trouve un creux. Ce n’est pas celui près de la rivière, il est un peu plus étendu. Si tu acceptes, cela pourrait être notre arbre. » Je croisais mes bras sur ma poitrine, soufflant. J’aurai aimé prendre ce que je voulais, ne pas attendre, ne pas en parler, mais les paroles de Lansä résonnaient encore en moi. Je me retourner pour m’agenouiller près de ma besace, sortant une petite poche en cuir. Je me rapprochais un peu plus de l’homme. « Dans notre peuple, le corps n’est pas qu’une façade que l’on peut détruire, marqué ou qui nous permet d’être dans le monde physique… c’est aussi un moyen de communication. Il permet de partager les émotions ou les sentiments qui ne sont pas exprimables par les mots, ou encore de signifier à l’autre que nous désirons aller plus loin dans la relation. » Mon regard brillait tel un Mälana prêt à bondir. Il était difficile pour tout Zoologiste de parler d’un désir et non pas de le prendre immédiatement. Je montrai la poche de peau. « On appelle ça : un décuple sens.  Vous le connaissez surement de par les combats, puisque nous l’utilisons afin que la moindre bousculade vous soit douloureuse, mais à plus faible dose, elle est utilisée afin que nos sensations soient plus fortes. » Je resserrai la poche sur mon ventre. « Je sais que cela peut semblait un peu brusque pour un Tadryen. Mais dans mon cas, cela fait deux ans que j’attends que tu reviennes ici et que je m’imagine notre rencontre. C’est surement contre nature pour toi, peut être contre mon peuple, un peu, mais… » J’étendis mes bras vers lui, le décuple sens loger dans mes paumes. « J’aimerai que notre relation évolue. »  



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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Sam 12 Aoû - 23:34

La tournure des événements prenait un virage qu'il ne saurait s'il devait le qualifier d'étrange ou d'intéressant. En ses mots et sa gestuelle, les intentions de Nasträlya devenaient claires, peut-être même un peu trop pour être encaissé d'un coup. Calvin buvait ses paroles comme on savourait la liqueur Tadryenne, ses yeux – dont la voracité primitive était masquée sous son casque – dévorait les contours bleutés, unis avec le corps de la jeune fille. Il se surprenait à être aussi fasciné que la première fois qu'il les avait vu, mais peut-être était-ce tout simplement la nudité croissante qui lui jouait des tours. La libération du corps était un moment intense pour son peuple, loin d'être tabou mais pas moins valorisée, et appréciée. Nasträlya lui révélait cette facette que le peuple de la Ville redoutait chez les "sauvages", ses défenses instinctives se dressaient instantanément. D'autant plus qu'elle dévoilait carte sur table ses manigances, tels les caprices d'une enfant dont on barrait l'accès à ses désirs impulsifs. Calvin ne pipait mot face à tout cela, il laissait l'Évoluée tout confier ce qu'elle avait sur la conscience et sur le cœur. C'était après tout la tâche d'un médecin d'être à l'écoute, et plus encore celui d'un homme face à une femme qui se dévoilait à lui. Son regard se porta sur la sacoche qu'elle tendait, l'exaltante mixture à l'intérieur.

Un long silence s'ensuivit, autant dérangeant pour lui que certainement pour elle. Il avait tant retourné le sujet que sa tête pouvait imploser à tout moment. Il porta ses mains à son casque et le retira, le clipsa ensuite à sa hanche pour se libérer les mains. Ses prunelles azurées fixaient à tour de rôle le décuple sens et le regard résolu de la Fille d'Ohibaan. La situation ne pourrait être qualifiée de compliquée tant c'était un sévère euphémisme. Il entrouvrit la bouche, réfléchissant à deux fois à sa réponse avant de la livrer, sans que le contact visuel ne soit défaillant :
" Moi aussi, j'aimerais qu'elle évolue. " Court et concis, mais il ne pouvait mentir sur ce point : il avait beau vouloir se servir d'elle pour recouvrer ses réminiscences, nier qu'elle était l'objet de toutes ses fascinations était impossible, contre sa propre nature.

" Pour être franc, je ne m'étais pas imaginé m'aventurer sur de tels sentiers avec quelqu'un de l'extérieur. Il se tourna vers le panorama sauvage et indomptable que leur offrait les hauteurs. A Tadryon, la pudeur n'existe pas, notre sexualité y est même épanouie. Cela peut être étonnant de la part d'un peuple qui se cache derrière des remparts et des armures, mais nous n'avons aucune appréhension à nous découvrir. Nous avons confiance en nos pairs. Il retourna vers elle, l'air grave. Mais la confiance n'est pas la seule à nous animer. C'est aussi l'amour… en l'humain. Un léger cliquetis signifia le début du déploiement de l'armure, elle s'immobilisa sur place, libérant Calvin avec son unique combinaison de pilote. Il contourna l'exosquelette et se rapprocha de Nasträlya, tout près de ses mains. Le corps n'est pas tabou. Clarifia-t-il une ultime fois, il saisit d'une main celle qui tenait la mixture. On prête serment de repeupler cette planète, on confie notre sang et le sang de notre sang. Il la fixa dans les yeux, le cœur emballé sous sa poitrine. Comprends-tu où je veux en venir ? Il laissa planer quelques secondes, il ne pouvait pas repousser ses incertitudes, mais ce serait une terrible erreur de la rejeter. Tu ne dois pas être sans savoir que l'enfant d'une Évoluée et d'un non-Évolué n'a qu'une chance infime de survivre à la naissance. Et que si par miracle il pousse son premier souffle, il ne survivra pas à ce monde. Il était médecin, il connaissait forcément toutes les mutations indésirables qui atteindront le malheureux nourrisson. Ce que tu souhaites, c'est une relation sans avenir ; non pas sur le plan politique, mais sur le plan biologique. "

Le conscrit resserra un peu plus son emprise sur la main de la jeune femme. Ses yeux ne la fuyaient pas mais son esprit s'égarait vers des sorties inaccessibles. Tout était, outre soudain, si invraisemblable. " Tu disais que tu ne me causeras aucun mal ? Il releva la main de la douce, pour la porter toute proche de ses lèvres, son souffle chaud se répercutant sur le dos de celle-ci et sa bouche l'effleurant quasiment. Prouve-le-moi. Je ne peux aimer qu'une humaine alors montre-moi que la Zoologiste que tu es n'est pas différente. Si tu brises mes craintes, alors je te livrerai mon corps et m'emparerai du tien. Donne-moi envie de retourner deux ans en arrière pour rattraper le temps perdu. " Il lui était inutile de mentionner ses propres maux de cœur, il ne tenait qu'à elle de les débusquer et de les apaiser si elle se l'approprier dans son entièreté.

Calvin desserra son étreinte, tout en lui arrachant doucement le décuple sens qui s'était logé entre leurs mains. " Je garde ceci, en gage de ma bonne foi. Lui était sincère, mais il comprendrait si elle ne le croyait pas ou si elle doutait de ses véritables motifs. Le Tadryen enfouit la potion dans sa poche et retourna se loger au sein de son exosquelette. Tu me montreras cet arbre une fois qu'on aura retrouvé l'exosquelette que je cherche. " Quémanda-t-il sur un sourire avant de renfiler le casque et continuer le bout de chemin.



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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Lun 28 Aoû - 15:51


Je ramassais silencieusement mon haut, relaçant mon armure en écoutant Calvin sans dire un mot. J’étais rongé par la colère, certes, mais aussi surprise par l’aveuglement des excuses qu’il me crachait. Je souris avec maladresse quand il m’expliqua les chances infimes de notre union, la promesse emplie d’égocentrisme à laquelle il croyait, ce peuple "humain" à qui il confiait sa vie. « Tu as raison. » Finis-je par lancer en rattachant ma lance dans mon dos. Je posais enfin le regard sur lui lorsque ses dernières paroles furent finies. « C’est assez étonnant de voir un peuple incapable de regarder par-delà leurs murailles, s’intéresser aux autres. Qu’il n’y ait pas de tabou, de crainte envers leurs pairs. Dis-moi Calvin, est-ce que tes pairs s’arrêtent à la frontière que vous avez vous-même tracée ? Parce que jamais je ne vous ai vu avec l’envie de vouloir nous découvrir et il semblerait que vous ayez également fini de découvrir ceux que nous ramassons sur vos séparations imaginaires. » J’avançais d’un pas, puis d’un second, le visage marqué par l’incompréhension puis la détermination. « Je n’ai pas la prétention de vouloir repeupler le monde, mais c’est par bon sens que je m’y refuserais si on voulait m’y obliger. N’as-tu rien appris de l’ancien temps ? Souhaites-tu que toute nos civilisations disparaissent une nouvelle fois, sous prétexte que des hommes et des femmes se sont promis de procréer, non pas parce qu’ils en avaient le désir, mais parce qu’ils s’étaient destinés à repeupler tout un monde ? » Je penchais légèrement la tête sur le côté, le visage empli de mépris. « S’il te plaît, ne me dis pas que mon peuple n’est pas digne de ta confiance ou de ton amour, simplement parce que la signification d’humain est biaisée par les croyances du tien. Nous aidons ceux que vous délaissez par opinion, nous leur offrons un foyer, un peuple qui serait réellement prêts à sacrifier leur vie pour eux,  et tu oses me dire que vous êtes animé par l’amour de l’humain. » Je me rapprochai un peu plus. « Tu es stupide de croire ceux qui chuchotent ces belles paroles, quand ils seraient prêts à sacrifier leurs propres jumeaux pour satisfaire leur serment. » Je savais par les anciens Tadryens venu nous rejoindre, certaines coutumes qu’étaient les leurs, dont l’enfant unique de la cité. Je souris. « Je suis cependant un avantage pour toi. »  Je posais la paume de ma main sur son visage de métal. « Je suis Zoologiste et je ne crains pas les monstres. Je dirai même que je les affectionne particulièrement. » Mon pouce caressa instinctivement le métal, ma respiration prête à condenser sur sa visière. Je souris, essayant de garder le contact visuel. « Il me semble avoir déjà brisé tes craintes, Tadryen. Te voilà ici avec moi, dans une forêt que ton peuple redoute. Pour ta civilisation, tu es un traître, pour la mienne, je suis simplement… plus humaine. » Je reculais d’un pas. « Tu sais également que nous sommes capables de vous ouvrir comme une Breldy, c’est une raison assez suffisante pour me faire confiance, crois-moi. »

Je ne pris pas la peine de l’écouter s’il voulut se défendre, je pris simplement le chemin le plus court afin de retrouver ce foutu cadavre qui semblait plus l’intéresser que n’importe quels divertissements. Il existait dans la forêt des clairières où aucun arbre ne semblait vouloir pousser, mais où les fleurs y étaient abondantes. Les herbes y étaient assez hautes pour qu’un corps ou encore un prédateur s’y trouve sans que nous le remarquions. Si les données de Calvin étaient les bonnes, son merveilleux mort devait s’y trouver. J’écartais les bras. « Te voilà arriver à destination ! » Je me retournai vers lui. « Si j’étais toi, je regarderai là où les fleurs sont les plus abondantes. Les cadavres font de merveilleux engrais. » Je lui tournais le dos afin de m’avancer sur une petite butte, regardant au loin les champs de fleurs mauves, rouge et bleues. La provocation n’était pas une bonne solution pour se rapprocher, mais la tentation était trop grande pour y résister. Je croisais les bras sur ma poitrine, soufflant tout en regrettant tout ce qui s’était passé et dit. Je ne posai pas le regard sur le Tadryen, qu’il soit en train de chercher ou pas ne m’intéressait pas, j’avais simplement pour souhait de ne pas croiser une énième fois son regard.



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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Mer 6 Sep - 17:04

Les pas lourds de l'exosquelette accompagnaient les invectives de l'Évoluée, un entremêlement dans ce barbelé qui séparait leurs mondes respectifs. Nasträlya voulait croire en une hétérogénéité moins prononcée de l'espèce humaine, mais la vision scientifique de Calvin lui faisait entrevoir ces barrières. Ses espoirs enfantins furent quasiment décimés avec son amnésie, comme si la réalité l'avait frappé d'un seul coup, suffisant pour le faire passer à un stade qu'il ne saurait qualifier d'adulte mais de réaliste, voire un excès de prudence. " Ça va être compliqué. " Laissa-t-il en tout et pour tout à ces joutes verbales aussi décevantes que la représentation qu'elle faisait de son peuple.

La clairière dont la carte désignait comme le point final de son itinéraire n'aidait pas plus le Tadryen à se détendre. Ils étaient davantage exposés au courroux d'un quelconque prédateur, voire d'un jugement de la Nature sous toutes ses formes possibles. Il se mordit l'intérieur de la joue aux dernières gouttes de venin de l'Évoluée, creusant encore un peu plus cette distance qui semblait trop grande à présent. Calvin se concentra malgré tout sur la raison principale de sa venue, farfouillant dans les herbes les plus hautes pour localiser ne serait-ce que l'éclat d'un résidu métallique. Là, des doigts rouillés se relevaient en dehors de la terre, tel une ultime supplication à une quelconque divinité. Alors qu'il creusait à la main autour de cette retrouvaille, l'esprit du médecin continuait de nier l'évidence, alors que son air demeurait grave et résolu. Le sol commençait à être trop rigide lorsqu'il atteignit la partie donnant l'accès à l'IA ; le reste de l'armure, cabossée et ébréchée à plusieurs endroits, laissait place à une masse difforme de chair envahie par les insectes. Quelques manœuvres informatiques plus tard et l'exosquelette de Calvin put nourrir celui du défunt pour diffuser ses dernières captures. Pas d'image, ni de vidéo, simplement un message brouillé par des parasites et entrecoupé par des gémissements de douleur : " Je suis f— … C'est le moment ou jamais d— … mon Dernier Message… Calvin, je suis désolé. On n'aurait pas dû écouter Carter. Tu n'aurais pa— … ces fillettes. Mais tu sais, on n'abandonne personne… … —tain, je le vois traverser les f— ... " Puis un long silence morne, précédé par une clarification de Kimi sur la corruption du reste des données. Donovan Roon a été dévoré par l'Hanaamu.

Plus lentement cette fois, le survivant renfouit le cadavre sous les multiples couches de terre. Tadryon refuserait d'envoyer une équipe ramener ce qu'il en restait, du moins pas avant longtemps. D'ici-là, il pourra au moins ramener les derniers souvenirs digitaux de Donovan a sa patrie, sa seule famille. Calvin s'éloigna de ce cercueil improvisé et simultanément de Nasträlya pour se recueillir quelques secondes, il retira son casque et souffla, la tête baissée et les idées quelque peu embrumés. Il avait déjà pleuré auparavant ses camarades, mais se confronter à la vérité était bien plus percutante. " Il m'a adressé ce message… parce qu'il n'avait pas de Dernier Message. Dit-il assez fort pour qu'elle l'entende, mais à vrai dire il ne s'adressait pas réellement à elle. C'est un automatisme à acquérir de se préparer au pire. Alors on compose ce Dernier Message avant de sortir, avant de mourir. À l'être aimé, à un ami ou un proche. Il leva les yeux au ciel, trop paisible pour être soupçonné de cruauté. Un bref rire, nerveux, lui échappa. Je n'ai pas de Dernier Message… "

Son casque remis, il s'approcha doucement de la belle. " Qui est le monstre, entre celui qui sauve ta sœur et celle qui attaque à vue mon ex ? Il apposa ses deux mains gantées sur ses frêles épaules, point besoin d'étreinte tant la poigne en elle-même suffisait pour qu'elle ne résiste pas. Tu as de la chance, Nasträlya, commença-t-il sur le même ton qu'elle tantôt, je suis un Sceptique, je ne crains pas les Évolués. Peut-être bien qu'il y en ait parmi mon entourage. La différence étant, parmi tant d'autres, qu'ils ne se badigeonnent pas d'encre de Bleutées ou qu'ils ne se jettent pas dans notre dos pour nous décortiquer comme une Anet. Il baissa un peu plus la tête. Pour quelqu'un qui se targue de faire partie du peuple salvateur, tu es drôlement impulsive et irrespectueuse envers mes pertes. Il retira ses mains, sans pour autant reculer. Je t'ai déjà dit la dernière fois de ne pas mêler ta Foi à la mienne. Sais-tu pourquoi ? Parce qu'un Tadryen et une Fille d'Ohibaan, c'est impossible. C'est tout simplement ce mot : impossible. Sauf si l'un de nous deux franchit la ligne. Tu ne pourras pas car tu ne passeras pas les Murs. Et je ne pourrais pas, car tu enflammes mes craintes. Dans le creux des mains de l'Évoluée, il replaça le décuple sens confisqué il y a peu. J'en ai fini avec ma mission, mais pas avec toi. "


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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Sam 9 Sep - 18:35


Ses paroles furent emportées par le vent, faisant échos à la culture de mon peuple. Un Dernier Message  pour un ultime discours, celui censé réconforté ceux qui restent, celui qui parfois accuse, qui blâme, qui annonce une vérité longtemps tue. Je baissai la tête sur les pétales mauves des fleurs bordant mes pieds, sur cette terre gorgée de la précédente pluie. La provocation n’obtient qu’une réponse, la violence des mots ou pis, des gestes. Le métal glacé sembla traverser mon haut pour brûler ma peau, ses mots percutant mon amour propre qui lentement s’effritait pour n’en rester rien. La mixture revint dans la paume de ma main, et même si j’esquissai un sourire, il y avait ces non-dits qui doucement prenaient de plus en plus de place. « Ce n’est pas qu’une question de Foi. » Peut-être fallait-il revenir à l’essentiel. Ne plus provoquer les corps, échauffer les esprits, essayé de taire ce qui était inévitable. « Je me suis souvent demandé pourquoi l’Hanaamu nous avait épargnés, c’est vrai. » Je sortis l’immatriculation de mon haut, mon regard ne se posant jamais sur Calvin. « J’ai aussi pris cette plaque et je l’ai gardé, c’est aussi vrai, mais toutes mes actions, même les plus brutales, vont au-delà de toutes croyances. » Mon attention se porta enfin sur son visage, enveloppé de son casque. « Tu penses vraiment que je ne crains pas ton peuple ? Je sais de quoi vous êtes capable, je connais le feu bleu de vos armes, vos armures qui font ricocher nos flèches, ces Hommes protégé par le métal et qui, eux, ne sont pas sceptique comme toi. Je connais la violence de vos gestes, de vos mots avec lesquelles vous nous qualifiez. Crois-tu vraiment que tu ne m’effraies pas quand tu entres en ces lieux armés et dans cette carapace de plomb ? Accompagné par un Tadryen qui ne sait vraisemblablement rien de ton scepticisme ? » J’ôtai le lacet de cuir qui maintenait la mixture. « Pourtant je suis là, à essayer de faire taire tout ce que tu remues en moi depuis mes quatorze ans. » Je trempais mon doigt, venant ensuite déposer le décuple sens sur mes lèvres. « Je n’ai jamais essayé de me détacher de toi, même quand je ne savais pas si tu étais encore en vie. Ça n’avait pas d’importance, parce que rien que par la pensée, je pouvais réveiller des sentiments et des émotions que je ne ressentais pas autrement. J’avais espoir que si ton Shemtri voguait quelque part, il y avait la possibilité d’un lien du défunt entre nous. » Je resserrai le lacet, rangeant la poche dans ma besace et passant la lanière au-dessus de ma tête afin de la poser dans l’herbe, suivi de ma lance. Déjà le vent faisait naître de nouvelles sensations, faisant s’envoler les papillons au sein de mon ventre. Mes mains vinrent lentement s’approcher pour saisir son casque afin de doucement l’enlever, essayant de déchiffrer chacune de ses expressions. « Le Shemtri, ce serait pour vous l’âme ou le souvenir… peut être les deux à la fois. » Je restai un instant muette, le déposant à terre sans quitter le Tadryen du regard. « Je ne me suis jamais arrêté à l’impossible, sinon je t’aurai oublié. »  Mes mains glissèrent sur sa barbe de quelques jours, avant de m’approcher à petits pas. Je fermais un bref instant les paupières, essayant de canaliser toutes les sensations que faisaient grandir le toucher, en vain. Je collais alors mon front contre le sien un court moment. Enivrée par la mixture, ma respiration devenait de plus en plus difficile, tandis que mon corps devenait de plus en plus tendu par l’attente. J’avais envie de prendre et non tout faire en délicatesse afin de lui montrer que j’étais capable de contrôler la Zoologiste qui m’animait. Je m’emparais de ses lèvres avec toute la douceur qu’il m’était donc permis de donner, jusqu’à simplement devenir plus avide.  L’une de mes mains glissa derrière sa nuque, tandis que l’autre se déplaça sur son torse en métal, les phalanges se brisant dessus, espérant simplement la voir disparaître. Plus l’attente était longue, plus l’appétit était grand. Ma joue glissa sur la sienne, mes lèvres s’aventurant dans le sillon de son cou, jusqu’à compulsivement venir mordiller sa peau. Mon corps brulait, mais il ne faisait que se confronter à un homme froid, l’armure contrastant avec cette voracité bien visible.



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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Dim 10 Sep - 17:27

Il aurait dû partir, faire demi-tour et probablement ne plus jamais revenir, en tout cas faire en sorte de ne plus recroiser. L'espace d'un instant, les préceptes de sa patrie d'origine lui vrillèrent le crâne, le charisme du Gouverneur contaminait ses pensées. Calvin savait que fuir ne serait pas le bon choix, mais il n'en restait pas moins le meilleur. Pour eux. Il ne voulait pas mourir de la main des Fils d'Ohibaan pour s'être un chouïa trop rapprocher d'une des leurs, tout en armure de la cité qui les avait chassés à mort. Il ne voulait pas perdre Nasträlya pour s'être retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Il ne voulait pas être de l'autre côté du viseur, ni du côté mortel de la lance. Le Tadryen pensait depuis bien longtemps que l'extérieur était compliqué, mais c'était autant Tadryon qui aggravait cet imbroglio. Totalement dépassé par les événements, il voyait son rôle-type lui échapper. Cela pouvait être qualifié de lâche de sa part, mais il s'en remettait entièrement à Nasträlya. Il ne répondit rien à ses déclarations, tétanisé par ce non-choix qui était lui-même un choix, et ne se dérobait à aucune de ses approches.

Calvin ressentait toute la chaleur que dégageait le corps de l'Évolué au simple contact de leurs peaux. Cette mixture était incroyablement réactive, une maigre appréhension lui monta à la gorge quant à la perspective que son tour viendra. Pourtant, ses yeux ne quittèrent pas le visage de Nasträlya, et s'abandonner au baiser de plus en plus insatiable. Il suffit de quelques secondes pour que le décuple sens fasse effet sur son propre corps. Cette crispation enserra le moindre de ses muscles et sa chaleur corporelle montait d'un cran au moindre assaut extérieur : le vent, ses propres mouvements de lutte, et le toucher de la jeune femme. Ses mains emprisonnèrent ses hanches, même enfouies sous de multiples couches protectrices elles parvenaient à capter sa tension avide. Ses morsures renforcèrent l'étreinte appliquée sur elle, et bientôt Calvin dut se rendre à l'évidence que son appétit – s'il n'était pas aussi important que celui de Nasträlya en l'état, sûrement dû à l'écart de dosage – était inassouvi. C'est au même moment où cette détresse atteint son paroxysme, dont il était le seul à pouvoir y faire quelque chose, que son armure se déploya soudainement pour démarrer le processus d'éjection d'urgence. L'exosquelette entama ainsi sa veille, en laissant un Calvin anéanti à terre, à l'arrière. La surprise doublée du choc lui avait fait si mal qu'il doutait pouvoir se relever ; cependant, l'adrénaline au bord de l'explosion, il trouva la force de se remettre sur ses pieds et de se rapprocher d'elle. Il leva le poing, voulant l'écraser contre cette Kimi qui lui jouait des tours, mais le simple fait de devoir écraser ses doigts contre la carapace lui fit entrevoir des séquelles douloureuses. Le Tadryen se recentra alors sur la Fille d'Ohibaan. " C'était… Sa respiration était difficile, il ne s'en rendait compte que maintenant, prononcer le moindre mot lui donnait l'impression de s'arracher la gorge. Pour une situation… Il déposa le plus délicatement possible sa main nue sur sa joue, ses doigts effleurant les mèches rebelles, tandis que son autre main la ramenait prudemment vers lui. D'urgence. " Sa raison ne cessa de lui rappeler de prendre son temps de respirer, mais Calvin ne pouvait attendre. Doucement, il se pencha sur elle pour s'emparer à nouveau d'elle. L'énergie créée entre eux forçait leur attraction, de plus en plus de décharges furent provoquées au moindre contact, de plus en plus violentes et agréables.

Sans savoir si ses sens s'accommodaient aux effets de la mixture, Calvin sentit une pointe de bon sens s'éclairer en lui. Ou peut-être était-ce dû à ses réflexes de médecin et à sa méfiance naturelle. Dans tous les cas, si ses baisers sur les lèvres, puis le cou de la belle, gagnaient en voracité, il savait que la suite devait être construite avec minutie. Il s'éloigna très peu, et un bref instant, pour porter ses mains vers son propre haut et le retirer. Cette simple action lui avait donné la sensation d'avoir décollé son épiderme, mais au moins se sentit-il plus léger et d'autant plus impliqué dans la danse que Nasträlya souhaitait lui faire vivre. Son regard s'éperdit sur la marque de l'Hanaamu sur son torse, une honte ancrée à vie sur son être. Mais cette cicatrice symbolisait aussi le début de leur histoire. A nouveau, le jeune conscrit fit rapprocher l'Évoluée et assaillit sa chair de plusieurs attentions, de mots tus et déposés via ses lèvres. Tout ceci pour faire en sorte que Nasträlya ne soit que peu préoccupée par les doigts de Calvin qui s'entremêlaient avec les attaches de l'armure de cuir. La tâche fut ardue mais la récompense n'en demeurait pas moins aussi magnifique que la première fois où il l'avait admirée. Lorsque le haut de la sylvaine s'écrasa à côté de son propre casque, le Tadryen l'entraîna dans un semblant de pénombre pour faire glisser ses mains sur les traits de Bleutées. Mais cet éclat n'était qu'un point de départ dans l'exploration, la découverte de la Zoologiste.


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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Mar 12 Sep - 22:07





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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Sam 16 Sep - 18:34



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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18] Sam 25 Nov - 14:21


Il n’y avait plus de Créatrice, la croyance s’était éteinte à partir de l’instant où nous nous étions abandonné l’un à l’autre. Les bruissements de la forêt avaient cessaient d’exister et les souffles s’étaient entremêlé aux murmures presque inaudibles de mes plaintes. L’écorce blessait mon dos à m’en brûler la chair, laissant sur le bois de légères traînées de sang. Je plaçais mes mains sur ses épaules, accompagnant un instant le geste, avant de porter l’une de mes mains au-dessus de ma tête. Mes phalanges s’écrasèrent sur l’écorce, la paume de ma main aplatie par cette force que j’essayais de mettre afin de rajouter davantage de pression entre nos deux corps. Mes ongles vinrent naturellement s’enfoncer dans sa peau, happant ses lèvres jusqu’à légèrement les mordre. Mes paupières restèrent mi-closes, brisant le contact de nos deux fronts, ma joue glissant sur la sienne pour venir se loger dans son cou. Mes deux mains caressant dorénavant son dos.  Il n’existait sûrement aucune fin heureuse pour cette idylle, seulement la crainte perpétuelle d’une découverte de Tadryon, d’une fausse couche douloureuse ou d’une naissance condamnée. Cependant, à cet instant, l’avenir n’avait aucune importance.

L’herbe verte se laissait bercer par le vent, les insectes peinant à se déposer correctement sur les tiges. Plus le temps passait et plus le temps s’assombrissait, comme si la Créatrice elle-même était prête à se déchaîner sur nous. Quelques fleurs se fermèrent à l’arrivée imminente du déluge, tandis que les Mumus commencèrent à se rassembler par quatre ou cinq afin de se porter chaud. « Il va neiger. » Lançais-je, mon corps nu encore allongé dans l’herbe. Un vent glacial nous balaya, hérissant tous les poils de mon corps. Je me relevais pour enfiler mes vêtements, faisant tourner la bande de cuir autour de ma poitrine. « Il va neiger, Calvin. » Mon regard se posa sur l’homme, insistante, avant de relever les yeux vers les Mumus qui nous surplombaient. « Il faut trouver un abri avant de nous retrouver coincés. »  Je ramassais mon haut à manche longue, l’enfilant, avant de mettre mon armure. Je posai ensuite mon Masque d’Os avant de rabaisser ma capuche, couvrant mes mains des gants communs à la faction. Plus aucune partie de mon corps n’était visible. « Allons-y ».

Les immenses troncs défilaient sans que je ne dise un seul mot, sans que je ne porte le regard sur lui. Aussi froide que le temps qui s’embrumait petit à petit, aussi indécise que ces fleurs qui hésitaient à fermer leurs pétales. J’avais attendu depuis mes quatorze ans, mais aujourd’hui, je me demandais qu’elle avenir nous pouvions avoir tout deux. Jamais je n’avais pensé au-delà de mon propre désir, celui qui avait été assouvit ce jour, celui qui allait certainement continuer d’exister jusqu’à ce que nos liens se brisent.  Les flocons de neige firent subitement leur apparition, virevoltants pour se déposer au sol. Je levai les yeux vers la maisonnette en bois, avant de commencer à grimper l’échelle rudimentaire. À l’intérieur, je me dirigeais vers l’immense coffre, sortant des couvertures de laine chaude. Je soufflais un instant avant de me tourner vers l’homme, posant une des deux sur la table tout en m’asseyant. Je m’enroulais dans l’une d’elles, le froid commençant à me saisir. J’attendis alors un court instant avant de briser le silence : « Je me doute que tu prendras le risque de retourner à Tadryon. Ces convictions sont les tiennent, du moins en partie, je peux comprendre. » Je laissai un autre silence, cherchant mes mots. « Mais un Tadryen qui désobéit aux principes de sa faction est un Tadryen mort. Je suppose que tu y as déjà pensé, au moins un minimum. Cette relation, était-ce juste pour assouvir un fantasme d’homme de métal ou était-ce pour signifier que quelque chose est vraiment possible ? »  Je regardais ailleurs avant de reporter mon attention sur lui. « Si tel est le cas, et c’est mon souhait, il faudra se mettre d’accord sur quelques concepts. Votre peuple a une conception de la fidélité que nous ne partageons pas… cependant, je peux accepter de ne pas donner mon corps aux membres de ma tribu, comme je l’ai fait avec toi. »  Un compromis qui n’était pas sans danger, car les plus fanatiques pourraient facilement se retourner contre nous aux moindres soupçons. J’avais pourtant un plan en tête qui n’allait pas à l’encontre des croyances de mon peuple et qui pourrait être une solution viable pour notre drôle de duo.



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Message(#) Sujet: Re: Les limites de notre monde | PV Nana [-18]

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Les limites de notre monde | PV Nana [-18]
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