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 Endurcissement

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Caïn
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Message(#) Sujet: Endurcissement Mer 19 Juil - 22:02

Inventaire
Un poignard de côté ♦️ Un stylet de manche

- Et mes Frères aussi alors ?
- Tes Frères et tes Sœurs oui.
- Et pourquoi ils ne deviendraient pas vieux comme vous ?
- Parce qu’ils ne l’ont pas choisi.
- Il suffirait de le choisir alors ! Hein M’sieur Lison ?
- Oui, il suffirait de le choisir.
- Je veux pas devenir comme la dame qui s’occupe de nous apprendre la couture, elle arrive plus à tenir une aiguille, elle est incapable de marcher seule et elle oublie qui on est parce qu’elle nous voit pas.
- Alors, il faudra servir Spectre assez bien pour qu’il prenne ta vie avant.

L’enfant sourit. Il n’avait pas compris ce que Lison tentait de lui expliquer. Il n’avait peut-être pas encore à le comprendre. C’était un enfant qui s’appelait Jean-Baptiste. Membre de la Caste des Couturiers, sûrement en train d’apprendre la couture avec Athalie, une femme grabataire qui n’avait plus que de talent pour l’attente. Jean-Baptiste se leva, Lison me salua d’un signe de tête et repartir à sa journée qui semblait fort occupée.

Je replongeai mes yeux dans l’ouvrage que je consultais et qui expliquait un pan de l’histoire tadryenne que je n’arrivais pas à mémoriser. Ma faculté de concentration était aujourd’hui trop ténue pour faire quoi que ce soit. Je pris mon ouvrage et me levai du banc de pierres qui donnait sur le cercle de ses sœurs et me mis en route. J’avais besoin de me dégourdir les muscles. De me sentir revivre. De me ressentir vivre. Vivant. Aussi vivant et organique que l’était Spectre. Si un bras est trop longtemps abandonné, il se gangrène, il ne fallait pas que je tombe là-dedans. Je m’étirais en marchant et arrivais sur le terrain d’entraînement.

J’entendis au loin le son cristallin de la lame aiguisée fendant l’air pour arriver précisément où elle souhaitait arriver. Mon sourire s’élargit autant que mes yeux en voyant la danse de la mort dans laquelle était en train de se lancer corps et lame Sarah. Elle semblait manier trois lames en même temps, à hauteur différentes et toutes tournaient avec plus de grâce que la majorité des habitants des Chambres. La cadence de ses pas donnait un rythme martial à sa danse qui restait une valse. Premier temps appuyé, atterissage, deuxième temps envolé, répit, troisième temps sauté, jambe d’appui. Et la danse continuait inlassablement sans que je n’arrive à en décrocher mon âme, fascinée. Mon sourire s’était transformé en stupeur et ma mâchoire gisait en bas de mon menton. Le rythme s’intensifia et s’arrêta net, accompagné d’un sourire satisfait de ma Sœur. Je repris mes esprits et frappais mes mains en un bruit sonore.

- Ma Sœur, je vous savais exceptionnelle, mais je ne vous savais pas divine. C’était un honneur de vous regarder danser.
- Je ne dansais pas, je m’entraînais.

Je n’avais vu notre maîtresse d’arme qu’une seule fois auparavant et elle avait eu ce genre de réponse, aussi ne m’en formalisais-je pas.


- Me feriez vous l’honneur d’échanger une passe avec moi ?


Je ris.


- Prenez vos armes, Frère.


Je baissais la tête avec déférence et fis venir mon poignard dans ma main droite. Mon stylet encore caché et le combat commença. Et le combat se termina. La première lame était posée entre mes deux yeux, la deuxième sur ma pomme d’Adam et la troisième au milieu de mon sternum, chatouillant mon plexus. Elle m’avait mis au sol, me semblait-il avec le manche de la faux, ce qui lui avait demandé autant d’effort que Tadryon en avait besoin pour être incompétent.  

Elle retira sa faux.

- Merci ma Sœur, on se reverra lorsque d’autres passes auront voyagées entre mes mains.

Elle partit sans un mot et je restai assis sur le sol à contempler son instrument destructeur.



628 mots


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Fran Superbia
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Message(#) Sujet: Re: Endurcissement Jeu 7 Sep - 20:40

Inventaire:
 

La grâce. La grâce à l'état pur, voilà ce qu'elle est. Son nom lui va terriblement bien, presque autant que les lames qu'elle manie. Le fil de l'épée semble se courber sous ses ordres, danser au gré de sa propriétaire. Si seulement Fran savait «danser» aussi bien... Cela fait déjà six fois, ce matin, qu'elle se retrouve à contretemps. Et à chaque fois, le fil scintillant de la faux lui fait une mortelle et délicieuse minerve. Oui, délicieuse! Toute personne ne reconnaissant pas la valeur et la beauté de cette danse macabre n'a aucun droit de tenir une épée! Pas même au péril de sa misérable vie!
Sérah Enoch, tel est son nom. Comme s'il fallait un autre indice sur sa qualité d'ange... De la mort, certes, mais ange quand même! France se débat dans un dédale de lames. Soudain, la faux arrive. Elle ne peut pas l'éviter, il faut la dévier. Un pas sur le côté, et la rouquine passe son épée entre son petit cou et la faux, la dévie pour éviter une mort hypothétique. France n'a pas le temps de penser à une nouvelle attaque qu'elle sent déjà une pression sur son cœur. Une épée courte, droite, sans garde. Juste de quoi tuer quelqu'un une fois sa garde brisée. La simulacre ne peut pas arrêter de sourire. Elle voit son souffle se dissiper dans l'air devant ses yeux, et la pointe de l'épée rappelle sa présence à chacune de ses rapides et avides inspirations. Elle n'a aucune chance. Elle n'en a jamais eu. Cette femme... Elle sourit, elle aussi. Un sourire froid, satisfait, de celui qui a fini de jouer avec une enfant têtue et lui a fait admettre sa défaite. Et même l'orgueil de la fille Superbia ne réussit pas à la sortir de cette extase qui envahit son corps, son cœur, son esprit, ses pensées...

«-Je m'arrête là ma sœur, j'ai assez abusé de ta patience.
-A ta guise.»

L'étreinte mortelle de l'épée se retire, et France a l'impression que la lame emporte son âme, comme empalée sur le métal. Une fascination étrange secoue ses entrailles, et la fatigue s'en mêle, comme à son habitude. La rousse va s'asseoir un peu plus loin, pour entamer le déjeuner qu'elle s'était préparée. Oui, la simulacre compte passer la journée à s'entraîner. Elle n'a que trop peu de compétences au combat à son goût. L'épée droite est une arme parfaite pour apprendre, mais elle doit répéter, développer son propre style de combat, pour ensuite choisir une arme qui s'y prêtera d'avantage. Et ensuite, elle pourra battre la maîtresse d'armes. Elle la mettra à terre, vulnérable, abandonnée, à sa merci. Une lueur déplacée apparaît dans les yeux de la rouquine, alors qu'elle s'imagine dominer Sérah Enoch, lui enlever sa liberté, sa force, sa prestance, la réduire, en somme, à l'état d'animal, pauvre chose égarée entre ses mains cruelles... Le sait-elle? Sûrement pas. Une attirance irrésistible, presque compulsive, pour Sérah bout au fond de Fran. Cette jeune rouquine, qui ne respecte -et n'admire que la force à l'état pur, la capacité de faire plier les êtres vivants, humanoïdes ou pas, est obsédée par l'habileté et le talent de la maîtresse d'armes. Elle la battra, fût-ce sur son lit de mort, France triomphera de cette femme. Il le faut.

Sa détermination -et ses fantasmes inavoués- établie, Frannie jette son dévolu sur le pain accompagné de viande séchée qu'elle garde depuis plusieurs jours déjà. Il lui faudra toutes ses forces pour reprendre l'entraînement après le déjeuner. En attendant, la belle observe, analyse. Ou plutôt, elle s'émerveille devant la maîtrise de sa sœur, qui semble enchaîner les bottes, feintes et pivots sans le moindre effort. Pourtant, le mannequin d'entraînement souffre suffisamment pour deviner la force qui est mise derrière chaque coup. Puis, vient un applaudissement. Sonore, lent et qui attire l'attention presque plus qu'il ne salue la grâce du Séraphin.
Des cheveux roux, qui depuis longtemps s'expriment librement, sans l'espoir d'être vraiment coiffés. Des yeux énigmatiques, un regard doré plein de mystère. Les prunelles du jeune homme semblent arborer le même sourire ambigu que ses lèvres fines. Même son corps est au diapason de son visage longiforme. L'individu souhaite se mesurer à Sérah. Puisqu'il a déjà eu une arme dans les mains et qu'il fait partie du Spectre, il doit savoir à quel point il va se faire rétamer, non?

Maintenant, oui. Et il n'a l'air aucunement surpris... C'est qu'il doit la connaître, au moins de nom.
Le voilà maintenant assis sur son séant, au beau milieu du terrain d'entraînement... Quel bon bourrin refuserait une telle invitation. Aucune idée. Mais pas France Agathe Superbia, en tout cas! La rousse saute sur ses deux jambes, ramasse deux épées d'entraînement en bois et en lance une au rouquin.

«-Un peu d'entraînement? Je n'ai ni la grâce ni la maîtrise de sœur Enoch, mais on devrait pouvoir s'amuser!»

C'est une proposition d'une combattante à un autre. Pas besoin de noms, ou même de gentilles courbettes guindées. On est ici pour faire parler les armes, et celles qui laissent des bleus, pas un parfum léger et des draps froissés.

910 mots environ
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Caïn
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Message(#) Sujet: Re: Endurcissement Dim 1 Oct - 23:14

Un peu gauchement, ma main saisit sans s'en rendre compte l'arme en bois que l'on venait de me lancer. Elle manquait terriblement de sensibilité et de grâce, mais elle était à l'image de celle qui venait de me l'envoyer. Une jeune femme qui semblait un peu plus jeune que moi à la chevelure cousine. Elle avait cette manière de se déplacer qui, même si elle ne voulait pas se l'avouer, était la même que la mienne. Sa démarche était relativement peu ancrée dans le sol, mais elle était prête à parer à tout rebondissements. Elle devait être un peu plus petite que moi, jugeais-je encore assis après ma sublime défaite, mais ne devait pas être à sous-estimer, car beaucoup de Spectres me dépassaient encore en talent. Peut-être avait-elle envie de m'humilier. Si c'était le cas, elle trouverait en moi le partenaire parfait. Même si l'humiliation n'est jamais agréable - sauf dans certains lieux prévus à cet effet - peu de gens arrivaient à scinder la défaite de l'humiliation. Et pourtant, le vainqueur ressort parfois bien plus penaud que le perdant, car dans un combat se joue tout un jeu de passe et de contrecoups qui atteignent l'honneur avant d'atteindre le physique. Je n'arrivais pas à distinguer dans ses yeux si elle faisait preuve d'une grande subtilité et d'un jeu social à toute épreuve ou d'une simplicité crasse habitée par la simple envie de se défouler. La lueur du regard était la même. Elle était simple et retenue, simple parce que la victoire était assurée en cas d'humiliation et le plaisir garanti en cas de volonté de se défouler. Retenue, car un prédateur devait se cacher légèrement de sa proie ou pour garder toute l'énergie pour le combat.

Je jouais avec mon arme d'entraînement pour estimer son poids et son équilibre. Elle pouvait laisser de légères contusions, mais rien de grave. Je notai dans un coin de ma tête qu'une telle arme devait facilement être transformable en engin de torture sadiquement amusant par sa simplicité. D'un geste ni grâcieux, ni infâme je me relevai en prenant appui sur l'arme en bois et sur un de mes genou et adressai un demi-sourire qui me fit légèrement plisser les yeux à ma Soeur.


- Je suis sûr que vous avez d'autres talents.


En écoutant ma phrase je me fis sourire en pensant qu'elle aurait pu être le premier pas d'une incitation au désir. Je ne crois pas que ça l'était. Vile réminiscence de ma nature sensiblement espiègle.


- Alors amusons-nous...


Je fléchis mes jambes, levai mon arme dans un geste relativement détendu et m'assurai d'un léger mouvement que mes autres lames étaient toujours en place. Personne n'avait spécifié que nous n'avions droit qu'à cette arme-là et si cela avait été le cas, l'important aurait été la victoire. Un bon Spectre doit être prêt à surpasser les lois du monde pour que Spectre le contrôle. Quant au bon Spectre qui se croit apte à surpasser les lois du Phantasme...tant pis pour lui.

Mon regard se fixa sur ma nouvelle adversaire. Toujours un sourire en coin. Toujours les yeux à demi plissés. Mon centre de gravité était relativement bas pour mon assez grande taille et mes jambes cherchaient ce juste milieu entre un ancrage absolu et une légèreté subite. J'étais prêt à éviter son premier coup. Je n'attaquais pas le premier, pas par stratégie, c'était vulgaire. Je n'aime pas la vulgarité.


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Fran Superbia
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Message(#) Sujet: Re: Endurcissement Mer 4 Oct - 15:51

France sourit.«-Jouons, alors!» Le jeune homme semble ne pas refuser une bonne session d'entraînement! Un compliment maladroit plus tard, le voilà en position défensive, prêt à parer les attaques félines de la rouquine. Habile avec les mots, une voix suave qui vous emplit de doute. Voir son adversaire vérifier la présence de ses armes -ou s'adonner à un massage rituel des meilleurs endroits pour dissimuler une lame- rappelle à Frannie que le rouquin est entraîné au combat, et sûrement plus qu'elle, vu son âge apparent. Et ce visage... Quelles félonies cache ce sourire en biais, pour qui coule cette larme, dans quels cieux se perd cette énigmatique étoile? Ces questions en tête, la lueur vibrante d'une frénésie guerrière au creux de l’œil, une lame en bois au bout du bras, la simulacre s'élance allègrement vers le combat.

Tout d'abord, étudier son adversaire. Feintes d'attaques grossières, pour voir à quel point ce dernier est expérimenté dans les armes. Puis, des feintes plus fines, créer une ouverture. Prendre le grand roux à contre pied, trouver l'instant où il expose son flanc, son aisselle, sa gorge.
Armes factices aidant, France sait qu'elle n'a pas à se retenir, et ne se retient pas. Le bois ressent l'engouement de la jeune femme, en profite pour résonner de plaisir à chaque coup. Les sons secs et brefs des armes qui s'entrechoquent remplissent l'air d'un tempo irrégulier, staccato accélérant petit à petit, s'accompagnent du souffle des deux combattants, qui marquent les temps forts d'une respiration discrète, mais rapide, profonde, comme le son de soufflets de forge chantants en chœur.
Pourtant, l'homme n'a pas l'air en difficulté. Pis, il se défend tranquillement, évite, feinte, dévie. Le rouquin danse entre les bottes, les coups de taille et d'estoc de sa sœur aux cheveux analogues. Patiemment, il attend une ouverture dans les attaques félines et bondissantes de Frannie. Le petit -il est grand, et alors?- con arrogant! Mais oui, voilà la solution! Il est grand, le con!
Avec un peu de chance, il a un jeu de jambes plus lent que le mien!

France ne jouait que sur l'inclinaison et la direction de ses coups. Autant varier la hauteur, aussi! Elle ne pourrait jamais atteindre son visage de toutes façons, alors pourquoi s'entêter à viser le torse? Une épée, même en bois, dans les chevilles c'est désagréable! Cependant, la rouquine doit faire attention. La silhouette filiforme à laquelle elle s'attaque pourrait bien décider de pousser cet avantage de taille. Et ça serait bien chiant!
Allez, grand dadais, montre-moi ton côté faible! Pense France, espérant de tout cœur que son adversaire ne voie pas le sien, de côté faible. Accentuer ainsi les différences d'allonge des deux combattants s'avère très dangereux pour la rousse, si jamais l'homme lui faisant face décide de reculer d'un pas ou deux. Résultat, il faut le coller, l'acculer, chercher les croche-pattes, ancrer sa jambe entre les siennes, se poser fermement au milieu de sa garde pour ne pas risquer un coup d'estoc lancé de loin. Oui, la rouquine s'amuse comme une folle -qu'elle est, diront les mauvaises langues. Il est plus grand, il frappe plus forts, il peut frapper plus loin, mais elle peut gagner. Et elle ne compte pas s'en priver!
560 mots environ
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