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 -mission- Avoir un grain [pv Heldwige]

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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Mar 1 Aoû - 5:31

♦ Avoir un grain ♦


Inventaire de mission:
 



Le plus difficile ayant été écarté, Carmen commença enfin à apercevoir la couronne bleutée de la forêt d'Hanaamu. La spectre azurée avait parcouru un bon versant du mont pour pouvoir se rapprocher le plus possible de l'endroit qu'elle recherchait. Que ferait une spectre membre de la caste des tatoueurs en frontière de cette forêt nous dira t on. Et bien comme toute histoire complexe l'élément déclencheur est fort simple. La jeune tatoueuse en herbe cherchait une fleur particulière. Une fleur que l'on ne trouvait qu'au bord de l'eau du lac de la forêt d'Hanaamu. Fort heureusement ce lac était assez proche du mont Harân pour tenter de s'en approcher sans trop de tracas. C'était sans compter l'ignorance de Carmen des dangers de cette forêt. Elle avait bien sûr entendu parler de sa faune, vaguement, ainsi que de ses rumeurs faisant de cette magnifique contrée un terrain hostile et carnassier, mais ce n'est pas ce qui décourageait notre jeune amie, malheureusement bien au contraire. Carmen n'est pas suicidaire, mais certainement téméraire.

Encore deux heures de marches et elle pourrait s'affairer à chercher les bleutées à collerette. Il s'agissait de fleurs très similaires aux bleutées parcourant la couronne bleutée de cette forêt, à ceci près qu'elle avait des feuilles remplies de sèves bleue aux propriétés étonnantes. En effet les bleutées classiques ont la beauté et le désavantage de s'illuminer d'un joli bleu électrique lorsque vous les touchez. La sève, ou du moins le liquide, que l'on pouvait prélever des bleutées à collerette pouvait servir de peinture luisante au soleil, contrairement à leurs soeur qui s'illuminent la nuit. Carmen avait pour projet de la tester en tant qu'encre de tatouage à part entière, bien que pour l'instant il fallait la tester et voir combien de temps cette lueur pouvait tenir, entre autres choses. Le sujet est vaste et nous ne nous y attarderons pas plus que nécessaire, en revanche tout un chapitre sur les hypothèses d'utilisations, des croquis préalables ainsi qu'une méthodologie quant à son étude est prévu entre les pages dix-huit et vingt-six de son carnet, pour l'heure. Carmen connaissait donc ses fleurs de réputation mais n'avait jamais eut l'immense honneur de les voir de ses propres yeux. Ce n'est pas faute pourtant d'avoir été comparée à de telles fleurs par le passé grâce ou à cause de sa couleur de peau. Surtout lors d'un certain événement comme on peut s'en douter.

Les premiers pas au sein de la forêt émerveilla Carmen. L'ambiance changea drastiquement mais ses yeux jaunes étaient rivés au sol, elle regardait chacun de ses pas dans une très grande distraction qui l'enfonça de plus en plus dans la forêt. Elle veilla à ne pas quitter le bord du ruisseau  qui la conduirait vers ledit « lac intérieur ». Une sorte de faux silence pesait dans la densité florale pour être brisé par quelques cris d'animaux sauvages, tantôt étrange tantôt alarmant. Si bien que notre amie commença à faire de plus lents pas. Elle releva les yeux afin d'être subjuguée par les branches entrelacées des arbres. L'endroit était tout aussi fascinant qu'effrayant, mais la jeune spectre ne tarissait pas de curiosité pour ce qui l'entourait. Elle finit néanmoins par se convaincre de reprendre sa concentration car une sorte de râle l'avait bien plus inquiétée que la normale. Il était lointain, mais illuminer son passage n'aidait pas à satisfaire ses prédispositions pour la discrétion. Elle ne faisait pas beaucoup de bruit car elle était habituée à se déplacer silencieusement, étant particulièrement sans défense contre tout danger extra-humain. L'être humain était toujours plus facile à maîtriser que la nature, et il est sans conteste que cette dernière a fait ses preuves en matière de domination.

* Des fois, j'ai envie de me pendre... *

N'allez pas croire que Carmen ait de réelles tendances suicidaires, il s'agit simplement d'un sarcasme auto infligé lorsque ses yeux rencontrèrent au loin une silhouette humaine. S'il y avait bien une chose que l'azurée ne s'attendait pas à voir c'était un être humain, aussi rapidement, dans cette forêt alors qu'elle espérait précisément avoir un temps de paix dans ses recherches. Le monde pouvait parfois être cruel. La silhouette était de dos et Carmen ne se fit pas prier pour prendre refuge derrière une arbre. Ses pas rapides laissant sept petites traînées bleues s'estomper qui finirent par s'échouer aux racines d'un arbre. Elle glissa une main atour de l'écorce de ce dernier afin de pencher sa tête encapuchonnée vers sa cible. Qui était ce ? Elle y voyait plus clair à présent et il semblait s'agir d'un vieil homme chétif. Il gardait jalousement en ses mains  un précieux secret. Visiblement paranoïaque, l'homme se méfiait de tout les bruits qu'ils pouvaient entendre. Il ne tarda pas à se retourner en direction de l'arbre de Carmen ce qui la fit vivement se retourner pour se cacher de justesse de son regard perçant. Notre belle amie bleue n'eut pas le temps de finir de se retourner pour se rendre compte qu'elle était observée par une autre silhouette, elle beaucoup plus alerte. Carmen n'eut pas le temps d'empêcher un hoquet de surprise et porta sa main vers le pan de sa demie cape. C'était un réflexe inutile, car se cacher n'était plus utile. Quand bien même elle se cacherait dans les feuillages en recouvrant son corps de cette cape, il était trop tard pour au moins l'un des intrus. A moins que ce ne soit elle, l'intruse.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Mer 2 Aoû - 12:55

Heldwige Dvärn

   
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Tu glissas un regard vers le morceau de viande que tu préparais. Il fallait d’abord retirer les parties inutiles. Tu passas la lame entre le muscle et le nerf, la glissas le long de la fibre blanche jusqu’à la séparer entièrement de la chair. Puis tu t’’attelas à retirer l’excédent de graisse, que tu plaças à part, avant de venir couper la pièce en lamelle. Il était nécessaire de faire ça proprement, de ne rien gâcher. La vie était trop importante pour être négligée, si bien que le moindre animal chassé était correctement dépecer pour fournir le peuple des fils d’Ohibaan en de nombreuses matières premières réutilisées. Les fourrures et peaux permettaient l’obtention de vêtements chauds mais aussi protecteurs, à renforcer les abris ainsi qu’à améliorer vos armes, la graisse assurait la maîtrise du feu, les os à créer des masques, des casques ou des lances, la viande à se nourrir, de même que certains organes. L’excédent pouvait être utilisé pour faire des bouillons et aider à la cuisson d’autres plats, les rendant parfois succulents. Tout était utile, il ne fallait rien perdre.

Une autre femme vint chercher ce que tu venais de préparer, te relevant par la même de tes fonctions. Dans ton dos, une voix s’éleva.

- Hel’ ? Tu es prête ?

Tu te tournas vers l’homme qui avait parlé. Ton frère aîné avait la voix grave d’un guerrier mais la douceur d’un Pecus. Comme tous, il avait appris le maniement des armes, excellant dans l’utilisation de lances en tout genre, pourtant il avait préféré la voie de Nasumiran à celle de Värsha. Il faisait désormais parti des Ianäshas, capable de s’éloigner du hameau protecteur ainsi que des arbres familiers pour découvrir le monde et sa flore inconnue. Aujourd’hui, il t’avais proposé de l’accompagner. Vous ne deviez pas aller très loin, demeurant dans un périmètre que tu connaissais, à la recherche de diverses plantes médicinales. De la sève d’Orani, des pistils de Broma ou encore des feuilles de Sëater, qui commençaient à manquer.

- Je viens de finir. Je vais chercher mes affaires et j’arrive.

Tu te lavas les mains du sang de l’animal qui les avaient maculées puis sortis de l’abri pour rejoindre ta hutte. Ta sacoche était prête, ainsi que tes armes. Tu glissas ton croc courbé dans le support de ta cuisse puis noua la besace autour de ta taille, la laissant pendre sur ta hanche droite, puis rejoignis ton aîné.

La trajet n’était pas très long. Vous aviez choisi de suivre le cours d’eau jusqu’à atteindre le lac. Là bas, vous escomptiez trouver des Sëater, favorisées par le sol humide.



- Tiens, on en a ici. Commençons.

Tu te baissas alors pour attraper l’une de ces plantes, avant de la glisser délicatement dans ta sacoche, puis fis quelques pas et recommenças. Il y en avait moins que tu ne l’aurais cru, et tu devais t’éloigner pour atteindre les prochaines pétales rouges que tu apercevais. Bientôt, tu te retrouvas mêlée aux arbres, et quelques pas encore te firent découvrir, non pas une fleur, mais une humaine. Celle ci venait à peine de se tourner, plaquée à l’écorce d’un tronc large derrière lequel elle semblait se dissimuler. Tu t’immobilisas, les sourcils quelques peu froncés alors que tu sentais la méfiance pointer le bout de son nez. Elle écarquilla les yeux, tira à elle le tissu protecteur de sa cape. L’inconnue ne s’attendait visiblement à croiser le regard de quelqu’un dans son dos, et cherchais même encore à l’éviter. Tu trouvais son comportement suspect, sans savoir quoi en penser de plus.
Tu la détaillas un moment, cherchant dans son aspect plutôt que dans son comportement une explication à ce qui-vive.
Elle avait la peau curieusement bleutée. Tu n’avais jamais vu ça nulle part, aurait même douté que cela puisse exister. A moins que ce ne soit que des peintures, une poudre qu’elle farderait sur son épiderme pour se distinguer des autres ?  Cela resterait un mystère.
Elle n’avait pas d’armure, aucune arme dans les mains. Sa capuche masquait en partie son visage, toutefois tu doutais y trouver les traits d’une connaissance.
D’où venait elle ? Tu étais certaine qu’elle n’était pas de Tadryon. Tu avais déjà croisé certains des membres de cette immense ville et elle ne leur ressemblait pas. La simple hypothèse que sa pigmentation soit naturelle la rendait tout à fait repoussante aux yeux de ces monstres terrifiés par la différence, et au cas où ce n’était que de la pourdre aux yeux .. Elle aurait essayé de te tuer, au moins de montrer sa haine, non pas de se cacher.

Tu restas immobile, même si ta main s’était naturellement refermée sur ta lame. Ton visage était fermé, n’exprimant ni peur ni crainte, une simple menace froide.

- Qui es-tu ?

Tu la quittas soudainement des yeux, glissant tes iris bleues à la droite de l’inconnue. Un bruit avait attiré ton attention. Tu croisas alors le regard effrayé et confus d’un vieillard plus loin, qui, semblait-il, venait de se tourner vers toi. Encore à demi de côté, tu voyais ses mains refermées sur un bien que tu ne pouvais voir. Il détourna les yeux, baissas la tête sur ses mains, avant de la relever précipitamment dans ta direction. Il semblait perdu, hésitant un instant plus tôt. Désormais, une lueur aussi folle que déterminée luisait au fond de ses pupilles. Tu savais qu’il viendrait t’accoster avant même qu’il ne fit le moindre pas, et ça ne manqua pas. Immobile, tu n’avais pas voulu quitter la jeune femme, alors il t’avais rejointe.

- Mademoiselle …

Il remarqua la bleutée, passa de l’une à l’autre brusquement.

- Mesdemoiselles .. Je .. Aidez moi .. !

Ses yeux se posèrent sur ses mains qui semblait hésiter à ouvrir. Son regard alternait entre les trois points que formaient vos deux personnages et ses paumes jointes. Il sembla se faire violence pour les ouvrir, puis dès lors que se fut fait, changea de comportement. Devint plus virulent, comme si la vision de son précieux avait redonner force à ses peurs, lui rappelant comment y échapper.

- La forêt va mourir, les plantes se déssèchent .. Il faut planter la graine .. Il faut la planter !!

Il laissa découvrir son précieux. Une petite graine pas plus grande qu’une baie, rouge aux reflets verts. Les yeux du vieil homme trahissaient désormais l’angoisse et la peur, la folie et la paranoïa. Il s’avança précipitamment, par petits pas, vers la bleutée. Il saisit sa main avec hâte, y abandonna le fruit d’on ne savait quelle plante, lui faisant refermer les doigts dessus pour s’assurer qu’elle la garde.

- S’il vous plait … Plantez là, il faut sauver mes amis les arbres !! Ils vont tous mourir si vous ne le faites pas, tous détruits .. !!


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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Mer 2 Aoû - 17:49

♦ ► ♦





Carmen resta aussi immobile que la personne qui se tenait devant elle. Toutes deux en profitèrent pour s'analyser en un moment qui paru presque flottant. La silhouette s'avéra être une femme d'assez grande stature, visiblement habituée à un tel environnement. Sa condition physique indiquait une certaine maîtrise du corps et il ne valait mieux pas qu'un affrontement s'en suive. Carmen aurait certainement perdu son regard sur les charmants atours de l'invité surprise mais la situation lui intimait une approche moins susceptible de finir en blessure cuisant, ce, dans le meilleur des cas. La nouvel arrivante présentait manifestement des signes d'appartenances aux fils d'Ohibaan ce qui rassura la jeune spectre. En effet, bien que ces derniers aient la réputation d'être redoutable, surtout sur leur terrain de prédilection, ils n'étaient pas non plus prompts aux joyeusetés guerrières contrairement à leur voisins Tadryens. Un avantage considérable aux vues de la situation précaire dans laquelle se trouvait notre jeune amie. La fille d'Ohibaan posa une main sur le pommeau de son arme, son regard se fit plus perçant voire même autoritaire. Les tatouages que l'on pouvait voir venaient souligner l'expression de son visage de manière fort savante. Le défaut professionnel faillit faire perdre son attention à Carmen mais la question de la nouvelle venue la rappela à l'ordre.

Son regard s'était tourné vers l'angle mort de Carmen ce qui alerta sensiblement cette dernière. La spectre bleue se releva le dos contre l'arbre, ses jambes poussant contre le sol qui s'illumina vaguement de bleu avant de s'éteindre. Le vieil homme s'avança alors sur son flanc gauche en direction de la fille d'Ohibaan visiblement très soucié. Son discours n'avait quasiment aucun sens et son attitude était exacerbée. Il semblait que ses nouvelles rencontres ne l'aidait pas à se calmer, bien au contraire. Carmen avait commencé à essayer de se défausser à la situation mais elle se ravisa lorsque l'attention du paranoïaque se reporta vers elle. Non seulement la main toujours serrée sur l'arme de la charmante femme au regard aiguisé n'allait pas faciliter sa fuite discrète, mais en plus le terrain n'allait pas lui accorder cette faveur. Comme d'habitude, puisque la fuite ne marchait pas ou n'était pas une option, Carmen se rabattu sur le plan B beaucoup trop souvent utile.
L'homme ouvrit sa paume légèrement laissant apparaître une sorte de baie rouge aux reflets verdâtres. A peine avait il partagé la vision de son artefact aux deux jeunes femmes qu'il referma sa main dessus tout en exposant sa demande, non sans sa maintenant habituelle inquiétude.

Aux yeux de Carmen tout son discours était un pur non sens. Il suffisait pour cela de lever le nez vers la forêt pour s'apercevoir qu'elle allait très bien. Qui plus est, il est bien fermement ancré dans la culture spectrale que la nature avait reprit ses droits depuis fort longtemps. Elle s'était même arrogé des droits supplémentaires faisant d'elle la première puissance de ce monde, elle partageait l'une de ses caractéristiques avec spectre : présente partout, niée à la lumière du savoir, légendaire dans l'ombre. Si l'ancien temps n'avait pas autant été oublié, on pourrait même dire que les Tadryens faisaient dans l'obscurantisme malgré leurs lumineuses technologies.

Les paroles qui ressemblaient dangereusement à des cris força Carmen à agir. Elle fit un pas sauté en direction du vieillard et se saisit de son bras libre, le tournant dans son dos. Sa tête maintenant à présent à côté de la sienne elle en profita pour passer sa main sur la bouche de se dernier afin de le faire taire. Ce dernier protesta avec véhémence, mais l'avantage de cette prise est qu'il ne faut pas beaucoup de force pour la maintenir puisque la douleur s'ajoute à toutes tentatives de fuite. Elle s'en souvenait particulièrement bien dans les cercles d'entraînements, c'est la même douleur qui vous dit au creux de l'oreille : « C'est bête un corps hein ? ».

- Taisez vous. Vos cris vont nous attirer des ennuis ! »

Carmen resta calme malgré l'adrénaline qui parcourait maintenant son corps. Son exclamation était semblable à un chuchotement fort et agacé. Ce même chuchotement semblable à une mère voulant ordonner à un frère de faire moins de bruit pour le sommeil de son benjamin. Elle économisait ses gestes en faisant en sorte de ne forcer sur le bras de son otage que s'il tentait de le dérober. Idée que celui-ci finit bien vite par abandonner. Le cœur du vieil homme battait à tout rompre et il tentait à travers la main de Carmen de crier à l'aide mais une simple pression de l'index sur son tendon le fit taire. Ses yeux étaient au bord des larmes mais le comportement de Carmen lui indiqua qu'elle ne serait pas plus violente que nécessaire. On remarquera que la violence déjà utilisée par la jeune spectre n'était d'ailleurs pas forcément nécessaire. La précipitation l'avait fait agir, ainsi qu'une idée temporaire derrière la tête. Son regard se porta sur la fille d'Ohibaan, elle était sur le qui vive mais Carmen avait profité de la surprise créée par le vieil homme pour s'emparer de son bras ainsi que d'une partie de la situation. Elle testait la jeune femme tout en s'assurant de la docilité de l'ermite. Ses yeux jeunes se levèrent sur le visage tatoué de la sylvaine, affichant un sourire sur le coin de ses lèvres. Elle s'adressait d'une voix suave à l'attention de son prisonnier, mais son expression était adressée à la personne qui leur faisait face.

- Calmez vous, je vais vous relâcher. Promettez moi simplement de vous calmer. Nous allons vous aider. »

Bien que Carmen comptait effectivement desserrer son emprise sur lui, elle avait ajouté l'idée d'une aide potentielle dans la seule optique de manipuler le comportement de l'intrus vers le calme. S'il n'écoutait pas la raison il écouterait sa peur, un ascenseur émotif bien géré permet des merveilles. Si l'on donne peur à un sujet, tout élément rassurant est mieux accueillit que s'il avait été donné de prime abord. La jeune spectre donna donc cohérence à ses propos en enlevant progressivement ses contraintes sur son sujet à présent relativement calmé. Sa main gauche glissa lentement le long du poignet du vieil homme qui finit par s'en libérer et la main sur sa bouche fut la dernière à partir alors qu'il s'extirpa vivement de l'emprise de Carmen. Du moins c'est ce qu'il pensait, car l'emprise était maintenant psychologique. Carmen avait fait face à la fille d'Ohibaan pour favoriser la suggestion selon laquelle cette dernière serait la sauveuse par défaut de l'homme apeuré. Dans le même temps, cela permettait à la jeune spectre de garder un œil sur la sylvaine. Le test allait être complet lorsque Carmen aura prit connaissance de la réaction de l'invité sylvaine.
Cette tentative était à double tranchant, Carmen pouvait très bien se retrouver à deux contre un et créer un conflit. Tout dépendrait de la crédibilité de ses actes. Elle avait fait preuve de violence mais aussi de maîtrise, ce qui à défaut d'être considéré comme un danger peut aussi s'entendre comme une volonté de ne pas en arriver à la violence. La discussion était possible.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Mer 2 Aoû - 21:29

Heldwige Dvärn

   
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Tu avais regardé le vieillard sans avoir la moindre réaction. Ton corps s’était tendu à l’idée qu’il puisse t’accoster, mais n’avait plus exécuté le moindre geste une fois qu’il eu fait le premier pas. Lui non plus, tu n’avais pas la moindre idée d’où il sortait, de quel peuple il appartenait, mais son état d’alerte faisait vibrer en toi la corde sensible des fils d’Ohibaan. Non pas que tu aimais tant que cela perdre ton temps à essayer de consoler un paranoïaque dans son délire psychotique, mais ton éducation était telle que tu avais désormais ancré en toi la nécessité de venir en aide à ton prochain. Ne serait-ce que lui prêter un peu de ton temps, ne pas l’ignorer, même si tu n’étais pas capable de le satisfaire pleinement. Tu n’aimais pas toujours ça, mais tu t’en sentais parfois obligée. A cet instant, c’était le cas. D’autant plus que tu ne savais pas encore ce dont était capable l’étrangère, et tu préférais la garder à l’oeil.
Incapable de t’éloigner, fuir un potentiel nid à problèmes, tu l’écoutas déblatérer pendant un moment sur la nature en péril et l’importance de sa minuscule graine, qui au pire, donnerait un triste brin d’herbe, et au mieux, ne ferait pousser qu’un malheureux arbre incapable de produire le moindre fruit avant plusieurs années. Son discours t’agaças bien vite, et tu sentis au fond de toi naître l’angoisse qu’ils ne vous laissa pas en paix tant que vous n’auriez rien fait pour le satisfaire. Trop polie pour lui dire de fermer sa gueule, tu te contentas de le laisser porter son attention sur la bleutée, voyant là la parfaite opportunité pour filer en douce.

Tu n’en eu pas l’occasion. La jeune femme réagit d’une façon que jamais tu n’aurais pu prévoir dans ces conditions. Vive, elle saisit le vieil homme par le bras en l’immobilisant dans son dos, lui tirant une grimace de douleur. Une main à plat contre ses lèvres, elle lui intima d’un murmure sévère de faire moins de bruit, par crainte d’attirer à eux les foudres d’une quelconque créature.
Tu avais d’abord arqué un sourcil, à la fois curieuse et étonnée face à son geste, avant de pencher légèrement la tête. Tu la détaillais, longuement. Sa capuche large laissait apparaître sur son front quelques mèches rebelles noires. Celles-ci contrastaient autant avec sa peau particulière qu’avec ses iris dorées. Un petit nez droit, des lèvres délicatement ourlées. Tu étais d’autant plus curieuse, maintenant que ce visage unique s’avérait aller de paire avec un caractère bien trempé. La demoiselle semblait savoir se défendre, même si tu aurais été intéréssée de voir ce que tu valais face à elle, que l’on parle d’un combat physique ou d’une confrontation intellectuelle. Le regard qu’elle t’adraissait, et que tu soutenais sans sourciller, avait un je-ne-sais-quoi de provocateur. Cela était d’autant plus mis en avant par le sourire en coin qui étira ses lippes lorsqu’elle parla. Tu réprimas la lueur de défi qui aurait pu briller dans tes yeux, peut-être une milliseconde trop tard, croisant simplement les bras sur ta poitrine. Tu avais fini par délaisser ton arme, attentive à la scène qui se jouait devant toi. La jeune femme était douée, il fallait le reconnaître, et elle manipulait le vieux fou comme l’on jouait avec une marionnette. Cette aisance t’impressionna. Tu n’aurais pas été capable d’en faire autant, même si tu l’avais voulu. Tu te doutais qu’un tel acte demandait un peu d’entrainement, et des bases que tu aurais pu avoir simplement en prenant le temps d’observer le comportement humain. Mais tu évitais le contact, le fuyais dès que tu en avais l’occasion et préférais de loin concentrer cette étude sur les bêtes.
Pourtant, elle ne te manipulerai pas de la même manière, et tu mis fin à son petit jeu avant que l’homme ne prenne trop espoir. C’était à toi de la tester.


- Mh .. L’affaire semble donc résolue. Toi qui semble si encline à l’aider pourra donc t’en occuper seule.

Tes lèvres esquissèrent un demi sourire. Dans l’ombre, il était certain qu’il paraissait à demi provocateur, mais l’on n’aurait pu dire s’il s’agissait d’amusement ou de méchanceté qui brillait dans ton regard. Tu glissas tes pupilles sur les siennes, te confrontant directement à elle, comme si à travers ses yeux, tu pouvais atteindre directement son âme, et percevoir sa réaction avant même qu’elle ne dise un mot. Et puis cela s’estompa, aussi vite que cela avait commencé. Tu soutins cet échange à peine une seconde, avant de te retourner et de t’éloigner, la délaissant alors même qu’elle semblait sur le point de réagir, comme si finalement, la réponse que tu cherchais t’importais peu.

Nombre de mots : 777

   
   
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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Jeu 3 Aoû - 0:51

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Spoiler:
 




Il y a deux choses que Carmen adore par dessus tout : le calme et jouer. Que cela soit au dépends des autres l'indiffère la plupart du temps. Elle ne cherche pas à nuire mais ne se le reproche pas si tel en est le cas. La situation, qui était au départ critique, commençait à devenir assez intéressante. La réaction de la Sylvaine avait eut le chic pour piquer la curiosité de Carmen. Celle la même qui met notre amie dans des situations parfois bien épineuses, mais passons il s'agit là d'autres faits que ceux se produisant actuellement. Carmen cru reconnaître l'espace d'un instant un caractère bien singulier caché au sein de l'apparente froideur qu'offrait la fille d'Ohibaan. Ce ne fut pas pour lui déplaire, bien que cette suggestion s'effaça aussi vite qu'elle était apparue laissant une barrière de bras s'installer à la place. Elle n'était plus en position agressive et semblait assez confiante pour lâcher prise sur son arme. C'était au moins un problème de réglé. Bien sûr Carmen se contentera de ne pas trop tenter le diable, bien qu'elle ait cette fâcheuse habitude.

Alors que le vieil homme commença un pas vers la jeune femme tout en s'assurant d'avoir toujours sa graine toujours en main, il fut interrompu par les mots tranchants de cette dernière. On pouvait sentir une pointe de défi envers Carmen. Elle avait vu clair dans son jeu et savait pertinemment que la jeune spectre ne comptait pas aider le malheureux. La fille d'Ohibaan profita donc de cette situation pour piéger Carmen dans son propre tour. Ce qui arracha un pli entre les sourcils de la jeune azurée qui eut toutes les microsecondes au monde pour se délecter de la blessure d'orgueil que l'on venait de lui infliger. Bien sûr, il en faudrait bien plus pour la soumettre.
A ces mots le vieil homme se ressaisit, il lança un regard en arrière vers Carmen toujours dubitatif quant à cette curieuse bête là.    

- Vous n'allez tout de même pas me laisser avec cette folle ?!

L'intéressée eut un rire coupé suivit d'une réponse bien sentie :

- Regardez qui parle ...

La jeune femme aux cheveux d'argent leur tourna le dos et commençait déjà à partir. C'était peut être l'occasion rêvée pour se défausser mais avec un tel problème dans les pattes cela n'allait pas être facile. D'autant plus que la fille d'Ohibaan était une garantie de ne pas se perdre ou avoir un avantage quant aux dangers de cette forêt. Maintenant qu'elle se trouvait là, il était difficile à Carmen de nier l'utilité d'une telle compagnie. Elle ne put s'empêcher de se moquer du pauvre homme qui espérait vainement attirer l'attention de la dame en appelant sa compassion de cette manière. S'il était quelque chose de certain c'est qu'il fallait un argument autrement plus convaincant. En effet Carmen avait visé juste en menaçant temporairement le vieil homme car elle avait bien vu un sursaut d'inquiétude se transformer en rictus lorsque la femme aux yeux de givre s'aperçut que Carmen ne comptait faire aucun mal. L'idée de faire cette fois réellement du mal à l'inconnu parcourut les synapses de la spectre mais elle se ravisa car cela serait tirer sur la corde un peu trop loin. Et elle pourrait se retrouver définitivement maîtrisée, l'homme n'allait pas se laisser faire et il était à présent sur le qui-vive, et ne parlons même pas de notre amie armée et visiblement mieux entraînée que Carmen sur la question.

L'idée de se retrouver avec l'homme que Carmen avait hâtivement jugé comme simplet l'ennuyait. Surtout lorsqu'il semble y avoir une personne beaucoup plus amusante dans les parages. Mais il était certain qu'elle n'allait pas la forcer à rester si tel était son désir. Il serait d'autant plus mal avisé de contrarier une telle personne. C'est pourquoi Carmen ne tenta pas davantage de la retenir, bien qu'elle gardait un œil sur la direction qu'elle prenait. Avec un peu de chance elle pourrait la suivre, car c'était bien son intention. Il y avait quelque chose qui avait fasciné Carmen chez cette femme, il s'agissait des tatouages que l'on pouvait entrapercevoir sur les parties du corps qui n'étaient pas recouverte de l'armure parsemé de fourrure de sa propriétaire. Ils étaient parfaitement bien dessinés et donnait un air faussement sauvage à l'ensemble, alors qu'ils étaient beaucoup plus sophistiqués qu'il n'y paraissait. La jeune tatoueuse s'imaginait graver dans cette chair de nouveaux arabesques avec l'ancre bleutée qu'elle comptait s'offrir aujourd'hui. L'image qu'elle avait alors sembla ravir ses ambitions en matière de tatouage, mais l'heure n'était pas à la rêverie. Il fallait s'occuper du gêneur et rapidement si possible.

- Et si je la mange votre graine vous me laisserez tranquille ?

L'homme eut pour réflexe de remonter sa main contre son cœur, le poing fermement cintré autour de son précieux colis :

- Mais vous n'y pensez pas ! D'où venez vous pour être aussi peu sensible à la santé de mes amies ? Vous vous approchez de cette graine et je vous ferais couler dans le lac !

- Voyons il s'agissait d'une plaisanterie … Je vais vous dire, vous m'aidez à trouver des bleutée à collerette et je plante votre foutue graine. Où voulez vous la planter d'ailleurs ? Pourquoi pas ici ?

A ces mots l'homme eut un instant de réflexion. La compagnie de Carmen ne l'enchantait guerre plus et réciproquement. Il avait bien comprit qu'elle tentait de se débarrasser de lui, mais elle avait au moins accepté de l'aider. C'était un mal pour un bien et peut être allait il s'en contenter. De son côté Carmen fouilla dans sa petite sacoche en toile pour y extirper son carnet rempli de croquis en tout genre et de ses notes. En attendant la réponse de son interlocuteur elle feuilleta ses pages à la recherches du dessin de ladite plante qu'elle avait prit soin de réaliser trait par trait après avoir longuement questionné un membre de spectre. Carmen n'avait eut de cesse de questionner précisément cette personne sur ladite plante, elle avait suffisamment agacé son interlocuteur pour réussir à avoir une image la plus précise possible de cette plante. Bien sûr, entre ce à quoi ressemblait cette plante et ce qu'en disait cette personne puis le dernier filtre de ce que Carmen en comprenait et dessinait il y allait avoir un certain écart. De l'aide serait donc la bienvenue. Son regard se leva un instant tentant de retrouver la fille d'Ohibaan après ces quelques moments d'inattention.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Jeu 3 Aoû - 10:43

Heldwige Dvärn

   
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Tu ne t’étais pas retournée, insensibles aux plaintes du vieil homme. Tu n’avais réagit ni à ses lamentations effrayées, ni à ses exclamations horrifiées, poursuivant ta route sans un seul regard en arrière. Pourtant, malgré la distance, des éclats de voix continuaient de parvenir à ton oreille affûtée, te rendant encore spectatrice de cet échange pendant de nombreuses secondes.
La bleutée semblait dans une mauvaise posture. Tu l’y avais mise toi même, et cela laissait sur tes papille le doux goût de la victoire. Tu avais remporté la première manche, et espérais désormais que ton adversaire aurait l’audace d’en redemander une seconde, une fois qu’elle se serait échappée de l’emprise de l’homme bien sûr. Cela dit, l’étrangère ne se laissait pas abattre malgré sa situation devenue délicate, et sa répartie en était d’autant plus bien sentie. Sa première proposition adressée au paranoïaque couplée au ton terriblement sérieux employé te tira même un sourire amusé tant l’idée paraissait incongrue, et tu imaginais la scène avec plaisance. La graine retournerait à la terre, mais certainement pas dans l’état escompté.
L’homme avait réagit lui aussi, mais le rire n’était pas de mise. Tu devinas son hoquet de stupeur mais ne l’entendit pas, au contraire de ses gémissements révoltés. Il aurait certainement mieux fait d’abandonner l’idée de requérir l’aide de la bleutée et la planter lui même, au moins aurait-il eu une chance qu’elle ne finisse pas dans l’estomac d’une femme semblait il irrespectueuse.
La suite te parvint par bribes. Seul le ton employé par la femme encapuchonnée te donna une idée de ses objectifs. Elle parlait avec précipitation, comme si elle cherchait à tout prix à mettre fin à cette histoire. Tu aurais même juré qu’elle puisse être capable de prendre des mains le précieu grain du vieillard, gratter un peu le sol, l’y jeter avant de remettre prestement un peu de terre au dessus, histoire de faire ça proprement. Tu l’imaginais alors se relever, aussi fière qu’arongante, se frotter les mains pour se nettoyer autant de la poussière que de cette affaire, et après une réplique aussi concise que la tienne, prendre ses dispositions et faire demi tour.
Pourtant, si jamais ce fut le cas, tu n’en sût rien. La distance était telle que maintenant, plus aucun son ne te parvenait. Tu avais déjà quitté le champ de vision du curieux couple et ne tarderait pas à atteindre le lac vers lequel ton frère poursuivait sa cueillette.


- Tu as trouvé ce qu’il fallait ?

Tu te souvint soudainement de la raison de ton départ. Les Sëater. Tu n’avais rien récolté de plus que dix minutes plus tôt, alors à ses côtés. Tu secouas légèrement la tête.

- Nan. J’ai croisé deux personnes .. Assez curieuses d’ailleurs.

Tes lippes s’étirèrent dans un sourire amusé. Il était rare que discuter avec quelqu’un te rende si joyeuse. La bleûtée avait attisé ta curiosité en te mettant au défi, et cette initiative te plaisait.

- Elles m’ont un peu détournées de mon objectif. Je m’y remets.

Alors tu t’éloignas en direction des prochaines pétales écarlates, sans même songer à l’idée de rejoindre le duo. S’aurait été mettre fin à ton effet, et puis tu étais trop fière pour cela.




Le vieillard quant à lui, était en pleine réflexion. Tiraillé entre sa méfiance envers la jeune femme et son inquiétude pour ses amies chlorophiliennes, il ne savait que choisir. Confier l’embryon aux mains ingrates de celle qui avait voulu en faire son repas, ou manquer une occasion de mettre en terre ce futur plant et provoquer la chute de la Nature ? Plus il y réfléchissait, plus il s’agitait, comme si au fond de lui, deux voix s’opposaient, provoquant tantôt de l’animosité et un fervent refus de confier son bien à cette femme violente, tantot la culpabilité de ne pas avoir confiance en elle et manquer cette occasion de sauver la planète.
Les dernières paroles de la bleutée le firent encore douter, mais permirent à la balance de pencher légérement. Elle aussi, avait besoin de quelque chose. Donnant donnant. Elle n’avait donc rien à y perdre à l’aider, au contraire. Il hocha finalement la tête et tendit ses deux mains dans sa direction pour lui laisser la progénitude d’on ne savait qu’elle arbre.

- Plantez là ici, oui. C’est bien !

Mais pouvait il l’aider ? Il avait jeté à peine un coup d’oeil au croquis, démontrant soit qu’il l’avait reconnu au premier coup d’oeil, soit qu’il ignorait complètement les attentes de la demoiselle.
En vérité, il s’agissait plutôt de précipitation. Il était anxieux, le futur de la graine lui paraissait plus important que n’importe quoi. L’étrangère lui aurait montré le dessin d’une Vermireine, plante solaire poussant exclusivement à Varosha, qu’il lui aurait montré la route de la même manière. Pourtant, saurait il réellement où trouver la fleur à collerette ? Rien n’était moins sûr. Dans sa folie, il était aisé de s’attendre à ce qu’il lui propose la moindre plante dans l’espoir que cela convienne, davantage pour rembourser sa dette que pour véritablement rendre service.


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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Jeu 3 Aoû - 22:26

♦ ► ♦





La fille d'Ohibaan avait disparu dans la nature, les plantes depuis un long moment éteintes derrière elle. Carmen se doutait bien qu'elle ne reviendrait pas. Peut être même n'allait elle pas la revoir tout court. * Quel gâchis. * pensa-t-elle. Fort heureusement Carmen avait la journée devant elle avant de renoncer à la retrouver. L'affaire qui l'occupait actuellement était assez exigeante en matière d'attention pour qu'elle remette à plus tard ses recherches.

L'ermite hésita grandement avant de se résoudre. Après tout cela ne pouvait pas être si terrible, du moins c'est ce qu'il pensa n'ayant aucune idée des malices de Carmen. Son visage s'illumina à l'idée de voir cette graine rejoindre la sainte terre, aussi il lui pointa du doigt un endroit qui sembla le satisfaire sur l'instant. La spectre aux nuances cobalt avait saisit avec soin la précieuse graine que lui tendait son ex-victime. La texture de cette dernière n'avait aucune sorte de rapport avec l'impression qu'elle en donnait auparavant. Ses doigts bleus contrastaient avec le rouge de cette maudite graine, tout avait l'air lisse aux premiers abord mais la fameuse graine avait un touché comparable à celui d'une peau d'orange. Carmen n'avait pas le nez fin mais il en ressortait une odeur de sapin mouillé, ce qui fit douter de la valeur de cette graine aux yeux de la jeune femme. C'est surtout cette étrange lueur verte qui pouvait laisser les observateurs pantois. On ne pouvait la voir que sur les bords, peu importe comment vous la retourniez, le cœur était rouge vif et les bords se dorait d'un vert princier. Fort malheureusement pour Carmen les bases de l'herboristerie lui étaient inconnues. Cette graine était en effet étonnamment rare mais aussi utilisée dans la fabrication de laxatif. Elle n'avait plus l'intention de la manger mais l'autre caractéristique de cette graine est qu'elle irrite au toucher. Les mains du vieil homme à présent plus accessibles au regard témoignait de quelques rougeurs et il se les grattait de temps à autres. Ceci ne manquait d'ailleurs pas d'ajouter à l'air inquiet et obsédé de l'énergumène.
L'effet n'était pas encore arrivé et Carmen garda donc la graine dans sa main. Elle se dirigea vers l'emplacement que lui pointait l'ermite et, lorsqu'elle se baissa pour creuser de ses mains un petit trou confortable le commanditaire s'exclama :

- Non ! Attendez, finalement je voudrais la planter là bas.

L'homme pointa l'un des arbres, et plus particulièrement une branche qui faisait un nœud pour terminer en une descente digne d'un saule pleureur. Carmen haussa un sourcil, peu sûre de comprendre.

- Que je résume, vous voulez que je plante cette graine … Dans un arbre ?

- Oui ! Heuuu non !

- Vous savez que ma patience a des limites, tout comme votre rotule. Dit-elle d'un air détaché.

- Ne vous affolez pas … Je cherche le meilleur emplacement, je cherche depuis deux couronnes. Il faut absolument que cette graine donne naissance !

A ces mots Carmen se massa les yeux du pouce et de l'index. Non seulement elle commençait vivement à perdre patience mais en plus le temps perdu s'amoncelait à vue d'horloge interne. La jeune spectre nota toutefois un détail étrange, cet homme avait traversé plusieurs couronnes de la forêt et n'était ni armé ni en bon état physique. Il y avait quelque chose de louche depuis le début avec cet homme, mais les faits étranges s'accumulaient de minutes en minutes. Dans le feu de l'action elle garda cette impression pour plus tard. Elle examinerait de quoi il en retourne, si elle pouvait se débarrasser de ce gêneur ce serait pour le mieux. Les mystères la fascine mais l'ennui peut avoir un certain poids argumentaire.

- Bon. Soit. Après un temps alors qu'elle réfléchissait à une méthode aussi efficace que rapide, Montrez moi le chemin vers le lac et nous y planterons votre offrande, il y aura tout ce dont elle a besoin. De mon côté c'est la meilleure piste que j'ai pour ce que je cherche. Vous en avez une meilleure ?

Le vieil homme un peu perdu acquiesça, le soucis prenait place sur son visage mais la réponse sembla le satisfaire. Il n'avait pas osé le dire mais il n'avait aucune espèce d'idée pour retrouver ce que Carmen cherchait. L'homme guida Carmen durant une bonne quinzaine de minute à travers la flore. La jeune spectre était étonnée avec quelle aisance il s'y déplaçait, arrivant même à ne faire s'illuminer les plante que sur l'endroit où ses pieds se posaient. Carmen, quant à elle, avait une petite traînée bleue qui la suivait partout. Plus il avançait plus l'homme se montrait précieux avec la jeune femme. En effet, il s'était mit en tête que la couleur de la peau de Carmen était due à son appartenance au monde des plantes. Plusieurs indices lui avaient laissé croire qu'elle était une sorte de réincarnation ignorante de dame nature et plus particulièrement de ces fameuse bleutée que Carmen voulait tant retrouver. Voyons c'était évident ! Carmen était entièrement bleue, aussi douce que violente, elle avait voulu manger une graine toxique et cherchait seule au cœur de la couronne bleue un moyen de retrouver le lac d'où elle était née. Tout devenait clair aux yeux du pauvre homme. Il s'était donné pour mission de la ramener chez elle.

De son côté, l'azurée commençait à trouver le temps long, elle se rassura en se disant qu'ils empruntaient à peu près la même direction que la fille d'Ohibaan. Mais un autre détail vînt s'ajouter à l'agacement. La main qui gardait la graine l'irritait et la tenir revenait à frotter une plume sur un endroit sensible, une sainte torture. D'un grognement elle se plaignait de la sensation, ce qui fut compris par son guide pour l'impatience de son auguste invitée, il pressa donc le pas en la rassurant sur le peu de temps qui leur restait à parcourir. Ses yeux jaunes scrutaient l'endroit à la recherche du lac. L'eau lui épargnerait ce problème.
Dès lors qu'ils atteignirent la rive du lac elle y plongea la main et la graine. A cette vue le vieil homme eut un hoquet de surprise. Venait elle de bénir la graine ? Sans plus tarder, Carmen ressorti sa main et ordonna à son invité de commencer à creuser un autel pour sa progéniture :

- Creusez donc qu'on en finisse !

Ni une, ni deux, l'homme s'exécuta dans l'instant. De ces mains il avait formé un trou des plus circulaire, il tenait à ce que la chose soit bien faite.
Carmen ressorti la main de l'eau et jeta la graine dans son nouveau siège pour retourner la main dans l'eau. Cela apaisait réellement l'irritation et elle ne comptait pas ressortir son bras avant disparition complète du symptôme. Le vieil homme recouvrit la graine de la terre qu'il avait fraîchement retourné et resta agenouillé devant le petit tas avec admiration. Sa mission était accomplie, quelle délivrance ! Sur son visage s'illuminait un sourire et des yeux pétillants d'admiration, il adressa à l'intention de Carmen un soupir de gratitude :

- Merci, c'est très généreux de votre part.

Carmen ne lui répondit qu'en roulant des yeux au ciel, le tout agrémenté d'un soupir d'exaspération. Il était louche, mais surtout énervant. Son regard se reporta sur sa main et elle eut la surprise de voir dans un lointain reflet du lac deux silhouettes de l'autre côté du plan d'eau sur la rive droite. L'une lui était maintenant familière, l'autre en revanche ne lui disait rien. Un sourire apparu à son tour sur son visage, elle avait retrouvé cette étrange personne. Ignorant si elle avait été aperçue encore, Carmen décida de les observer dans le calme. La main toujours plongée dans l'eau apaisante.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Ven 4 Aoû - 12:18

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Tu t’étais éloignée à nouveau. Les Sëaters ne poussaient pas en grappe, mais en plants disséminés dans une zone donnée, si bien qu’il fallait toujours faire plusieurs pas avant d’atteindre la fleur suivante.  Celle ci n’était pas très haute, à peine quelques centimètres. De loin, il semblait n’y avoir qu’un coeur rougeoyant posé à même le sol, et pour peu qu’autour se développe une faune plus avare en espace, celle ci pouvait vite passer inaperçu. Ton oeil s’était lentement habitué. Autour de toi, de multiples variétés se développaient, les racines plongées dans la terre rendue humide par la proximité du lac et les pétales grandes ouvertes sous la caresse du soleil. Tu n’étais pas herboriste, mais ton frère t’avais appris à ne plus confondre les Sëater avec ses voisines, si bien qu’après un peu d’entraînement, tu les repérais assez vite. Qu’il était beau, le cerveau humain. D’un coup d’oeil, il analysait puis sélectionnait les informations qui l’intéressaient sans hésiter à ignorer toutes les autres. D’une vision d’abord panoramique s’effaçaient tous les arbres, le lac, les scintillements cobalt des Bleûtées et les reflets violets des Bömas. Disparaissaient les quelques oiseaux, puis toute autre faune présente. Les points rouges restant étaient sélectionnés selon leur hauteur, et quiconque atteignait plus de dix centimètres était immédiatement refusé. Pour celles restantes, tu les vérifais individuellement.
Tu avais pris soin de prendre des gants pour les cueillir. La tige était toxique, contaminant le sang au moindre contact. Même si ta peau ne paraissait pas lésée, personne n’était à l’abri d’une micro-coupure.

Tu glissas une nouvelle plante dans sa sacoche. Celle ci commençais à être bien remplie, signe que tu avais atteint la quantité souhaitée. Il était inutile d’en arracher davantage à la terre. Elle était en danger semblait il. Si le vieillard te voyait, il aurait certainement eu une attaque. Tu détruisais ses précieuses amies, quelle fille des bois irrespectueuse et ingrate tu faisais, incapable d’entretenir la Nature, juste bonne à la piétiner. Toi qui avait d’abord été amusée par ta pensée - celle que le fou s’en retourne à la terre en te voyant - fut très vite refroidie par la tournure qu’elle prit.
Non. Tu n’étais pas ainsi. Tu faisais attention à elle, ne te servant que du strict nécessaire pour survivre, sans rien gaspiller. Tu étais attentive à ses besoins, t’occupais même d’elle. Elle vous aidait à survivre et vous la défendiez. Une véritable symbiose. Tu ne la détruisais pas. Tu n’étais pas comme eux, tu n’étais pas une tadryenne.

Tu te relevas, te retourna pour chercher des yeux ton frère aîné. Celui ci était resté plus près de l’eau, occupé auprès d’une autre flore qui t’était inconnue. Tu t’approchas, annonças de ce fait que tu avais finis.

- Moi bientôt.

Tes yeux s’attardèrent sur lui un moment. Agenouillé près de l’eau, il s’attelait à récupérer la sève d’une longue tige tirant un peu sur le brun. Patientant à ses côtés, tu finis par relever la tête et glisser ton regard sur la rive opposée.
A tour tour, tu découvris une silhouette familière, à demi dissimulée sous une capuche. Tu devinas une tête légèrement levée, comme si elle était tournée vers toi. Depuis combien de temps l’inconnue t’observait-elle ? Avait elle déjà réussit à se libérer du paranoïaque ? Non. Il se tenait à quelques mètres d’elle, les genoux à même le sol, semblant la proie d’une fascination singulière devant un objet que tu n’apercevais pas. Certainement sa graine qu’elle avait du planter. C’était elle, qui s’était avérée la sauveuse finalement. Tant mieux, tu t’en étais bien sortie.
Denethör finit par lui aussi, lever la tête. Te voyant ailleurs, il suivit ton regard.

- Tes nouveaux amis ?

Tu esquissas un sourire mauvais.

- Tu sais bien que non.

- Qui sont-ils ?

- Aucune idée.

Tes pupilles se détournèrent de la femme pour se reporter sur le brun.

- On y va ?




Le vieillard était ravi. Il regardait avec autant d’amour que de crainte le petit cercle de terre retournée, comme un père prendrait son fils dans ses bras la première fois. Avec toute l’affection du monde, mais avec la peur intarissable qu’à tout instant, quelque chose détruise ce minuscule fruit. Ainsi, comme le jeune parent craindrait de faire tomber le nouveau né, lui avait peur de l’écraser.
Puis il eu une idée, s’agita à nouveau. Il se redressa, farfouilla la tête autour de lui pour en dénicher de précieuses ressources. Des brindilles, toutes petites, en tas. Il les enfonca ensuite dans le sol meuble, créant autour du berceau un bouclier de bois pour que personne ne songe à écraser ce qui s’y cachait. Fière de lui, il releva la tête vers la bleutée, les yeux pleins d’étoiles et le sourire aux lèvres. Cette fois ci, il parlait comme un enfant.

- Dites … Vous pensez que vous pourriez venir vous en occuper avec moi ? .. Lui donner à boire, couper ses feuilles quand il en a de trop, empêcher les mauvaises herbes de lui prendre toute sa terre, de le faire suffoquer ..; Le défendre contre les oiseaux, ou les Mumu… ? Hein ?

Il n’attendit pas de réponse, comme persuadé qu’elle dirait oui, et se releva soudainement.

- Venez, on va chercher votre amie !

Et à nouveau, il se retourna avant que la jeune spectre ne réagisse. Ses pas étaient plus rapides, terriblement légers. Il s’éloigna de l’endroit où il avait enterré son enfant et se mit à chercher précipitamment une fleur bleue, qui pourrait la satisfaire. Il s’éloignait, remontait le cours d’eau sans jamais s’en éloigner. C’était un repère qu’il ne voulait perdre pour trouver son enfant.

- C’est celle là ? Ou .. Celle là ?

Il désigna une bleûtée, puis une autre, en tous points semblable. Puis finalement, une dernière, aux pétales plus fines. Il s’apprêta à la saisir quand une lame se posa violemment sur le dos de sa main, de la même manière que l’on punirait un enfant avec un baton.
Il leva deux yeux aussi blessés que surpris sur son agresseur, ramenant sa main vers son coeur pour la protéger. L’homme était grand, bien bâti. Des mèches brunes tombaient devant ses yeux verts. Sa joue droite était barrée d’une longue cicatrice, glissant de son arcade à sa mâchoire, en ligne droite. Il avait les sourcils froncés dans une expression sévère.

- Voulez vous attraper la mort ? Ne touchez pas à cette plante avec vos doigts sales, elle réagit à la chaleur et risquerait de libérer une toxine. Bats les pattes.

Ton frère redressa son arme, fit face à l’étrange couple devant lui. Toi, tu t’étais installée plus en hauteur, assise sur la large branche d’un arbre, silencieuse et discrète. La scène qui se déroulait au sol attisait ta curiosité, mais tu préférais garder tes distances.

- Que faites vous ici ?



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Ven 4 Aoû - 22:16

♦ ► ♦





Le regard insistant de Carmen commençait à peser sur les épaules de ses sujets, si bien qu'elle fut découverte à son tour. La jeune spectre ne flancha pas, elle continuait simplement d'observer l'échange qui s'entretenait entre les deux enfants d'Ohibaan. Ils avaient l'air détendus bien que l'ancienne inconnue ne semblait pas satisfaite de ces colleurs. En parlant de nuisance persistante, le vieil homme était sortit de sa transe contemplative et avait reporté son attention sur Carmen, au grand dam de celle ci.

L'ermite proféra des propositions qui, aux oreilles de Carmen, frôlaient l'indécence. Si le sujet de toutes ces demandes n'avait pas été la graine, bien qu'une analogie soit toujours possible ici, on aurait pu jurer qu'il s'agissait d'une demande en mariage couplé d'un programme prénatal. La jeune spectre eut un écœurement semblable à celui qui survient après une forte nausée. Elle n'eut pas le temps de réprimer ses pensées pour lui permettre une réponse digne de ce nom que le vieil homme était déjà reparti dans ses occupations. Il considérait tout ce qui n'était pas hostile comme allié, ce fait seul suffisait en ces temps difficile à le qualifier de fou.

Une fois la démangeaison passée Carmen se leva de tout son long et piégea une dernière fois sa main dans les plis de sa cape afin de procéder à l'essuyage et la vérification finale du moindre résidu de l'effet indésirable. Satisfaite de sa disparition elle suivit son guide de fortune à une distance cette fois ci raisonnable. Elle avait prit soin d'éviter l'étrange autel en tiges et brindilles qu'avait érigé le fidèle zélé avant de lui emboîter le pas. Son regard se reporta sur les deux individus qui avaient pour leur part rejoint un déplacement plus rapide, et agile. Les feuillages et autres entrelacements de branches rendit tout examen impossible. Elle ne pouvait pas plus dire par quels moyens ils s'étaient faufilés dans les hauts chemins, que de les suivre des yeux une fois cela fait. Néanmoins elle supposa trois issues possibles ; une fuite pure et simple, non pas qu'elle et son acolyte forcé soient une réelle menace. Un repositionnement stratégique, peut être pour procéder à un interrogatoire. Ou bien un imprévu qui forcera Carmen à en chercher la cause.

Les événements rendaient la deuxième option probable mais pas exclusive. Aussi les yeux de Carmen se tournaient de temps à autres vers le ciel. Sa distraction l'empêcha de porter une plus grande attention sur les faits et gestes du vieil homme, elle comprit donc bien plus tard qu'habituellement les intentions de son congénère. Il était en train de chercher la fameuse plante afin de la remercier mais il ne semblait pas être accoutumé à la flore des lieux. Carmen finit par être surprise, car le vieil homme avait finalement trouvé un fabuleux exemplaire de ses recherches. Alors qu'il s'apprêtait à saisir son futur bien une lame était venue tapoter la main de son sbire de fortune. Un homme approchant la trentaine s'était interposé et déclara la plante comme venimeuse.

* C'est bien ma veine ... *

Une cicatrice arborait sa joue dans tout son long, les cheveux raisonnablement taillés avec un corps travaillé par l'effort. Il avait l'air d'ailleurs plus alerte et mieux équipé que sa partenaire. Une partenaire qui se cachait d'ailleurs toujours dans les parages. Carmen avança prudemment vers les deux représentants de la gent masculine tout en restant alerte. Elle cherchait à déterminer la position de la fille d'Ohibaan. Pour ce faire elle du néanmoins se forcer à ne pas lever les yeux au ciel, elle avait suffisamment éveillé les soupçons pour l'instant. La seule manière d'avoir un avantage de rapidité était ici encore à double tranchant. Elle ne pouvait chercher à anticiper du regard où et quand cette intrigante personne aurait décidé de redescendre, Carmen allait devoir se fier principalement à ses capacités proprioceptives. Elle concentra son attention sur ses sensations intérieures et extérieures, ressentant chaque parti de son corps comme nouvelle. Cette impression même d'habiter son corps plutôt que de l'incarner.
Avançant de pas cependant légers elle s'arrêta à une honnête distance pour ne pas avoir à crier ses paroles :

- Ha ! Par les songes vous auriez du le laisser. Je suis curieuse d'en apprendre davantage sur la question si vous le permettez ; la chaleur corporelle suffit ? Y a t il un moyen efficace et sans risques d'extraire son essence ?

Le vieil homme lança un regard noir à son hôte. Malgré le fait qu'elle lui était désagréable il ne pouvait pas dire ne pas l'apprécier non plus. Il était resté neutre suite à certaine méfiances mais souhaitait sincèrement en faire son alliée. L'ermite se dit simplement que mère nature n'était pas compréhensive avec sa triste condition. Il aurait à ce propos désiré l'en tenir informé mais n'osa pas intervenir dans leur conversation alors que sa main avait faillit lui coûter une fin prématurée. Sa main avait été au préalable reculée, ses genoux le levèrent pour ensuite lancer un regard mêlé de honte et de gratitude envers le fils d'Ohibaan.
La jeune spectre n'avait prit aucun soin dans son interpellation et fit mine de se corriger pour favoriser l'échange qui allait peut être suivre. Ainsi que de couper court à la réaction, légitime mais automatique, qu'une telle introduction aurait pu engendrer :

- Mon nom est Carmen, oui je suis bleue, non je ne suis pas malade, oui cette espèce de fleur m'intéresse, non pas pour de mauvaises raisons.

Elle avait dit sa phrase d'une traite, machinalement, presque ennuyée de devoir toujours gagner du temps pour s'éviter l'ennui que ses capacités d'analyses et d'anticipation lui offraient souvent. Le pire dans tout cela était le pourcentage ridiculement faible de gens capable d'enregistrer « autant » d'informations en une phrase mais surtout de passer outre et supprimer leurs questions puisque les réponses avaient déjà été données. La plupart du temps, Carmen avait pour réponse un temps d'incompréhension, voire même un hoquet d'étonnement, suivit d'une des questions précédemment répondues retravaillée. Car même si l'interlocuteur arrivait à se rendre compte que ses questions avaient été anticipées, il avait souvent besoin d'en reformuler au moins une pour se la réapproprier et l'assimiler. C'était généralement cela et/ou la classique fuite visant à installer un rapport de domination en la défaveur de Carmen par des génériques ; « je ne m'adressais pas à vous » ou encore ; « pour qui vous prenez vous ? ». Mais la jeune spectre testait systématiquement, dans l'espoir qu'elle soit tombée sur une personne capable de comprendre une telle démarche. Que cela soit tenu pour dit, ce genre de personne n'est pas rare, mais les codes sociaux font que peut s'essaient à les transgresser et l'on préférera se conformer plutôt que de risquer l'étrangeté.



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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Sam 5 Aoû - 12:10

Heldwige Dvärn

   
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Ta position était terriblement bien choisie. Haut perchée, en partie dissimulée par les feuillages, tu avais un parfait aperçu sur la scène qui se jouait en contrebas, sans pour autant défavoriser ton ouïe qui entendant sans problème tout ce que ton frère et la bleutée échangeaient. Tu ne te cachais pas : quiconque oserait lever la tête risquait de t’apercevoir parmi les branches, mais cela t’importait peu. La présence de ton frère et la simple menace qu’il représentait étaient à elles seules suffisantes pour maintenir sur lui tous les regards, et quand bien même l’un des deux étrangers te repéreraient, tu n’en gardais pas moins un certain avantage. Tout en satisfaisant ta curiosité, tu étais en bonne position pour surveiller les moindres faits et gestes de la jeune femme et intervenir en cas de besoin. Un simple saut te permettrait de lui faire face en à peine quelques secondes. Sortir ton arme, la glisser sous sa gorge ne te prendrait pas davantage de temps. Comment réagirait elle ? S’immobiliserait-elle, ou préférerait-elle se révolter ? Tu n’étais pas certaine de la réponse. Elle était intelligence, c’était une qualité que tu ne pouvais lui refuser. Comprendre qu’elle puisse être en position de faiblesse ne la pousserait certainement pas à se retourner contre ton poignard, aussi imaginais-tu une autre confrontation, qu’il serait naïf de considérer comme plus pacifique que la violence. Les mots avaient une force considérable lorsque l’on savait les manier, et dès lors que notre assaillant se voyait pourvu des mêmes armes, le combat devenait sensiblement plus intéressant.
Peut-être céderais-tu à la tentation finalement. Simplement pour avoir le plaisir de voir ce dont elle pouvait être capable.

Cela dit, pour le moment, tu préférais rester discrète. Laissant les feuilles te chatouiller la joue, tu gardais ton attention portée sur ton aîné et l’inconnue sans faire le moindre geste. Celle ci avait une façon de parler qui t’étais inhabituelle, jurant d’une manière qui t’étais inconnue tout en prenant un langage plus soutenu. Le ton même s’avérait plus doux, presque mielleux. Voulait-elle s’attirer les bonnes grâces de Denethör, ou voulait elle davantage éviter de le froisser ? Tu penchas légèrement la tête, perplexe. On était bien loin des menaces proférées une vingtaine de minutes plus tôt à l’attention du vieux fou, loin des vulgarités obscènes habituelles mais de simples propositions, qui s’avéraient finalement d’horribles insultes pour cet amoureux de la flore.
Tes interrogations ne s’arrêtèrent pas là. Plutôt que de répondre aux questions que tu te posais, l’inconnue aux iris dorées en soulevaient des nouvelles, ignorant sans la moindre décence celle posé par le fils d’Ohibaan. Ceci aurait pu te tirer un grognement de mécontentement, tu n’aimais d’ordinaire pas que l’on fasse l’idiot avec toi. Mais tu étais trop intriguée pour t’en émouvoir.
L’impolie fini enfin par se présenter. Carmen. Aucun nom, aucune appartenance. Tu n’en savais pas beaucoup plus qu’à votre rencontre finalement. Qui était-elle ? Toujours aucune réponse satisfaisante. Qu’elle soit bleue ou verte, tu t’en fichais bien, la nuance de son épiderme, même si elle faisait sa particularité, ne la définissait pas. Cela dit, elle avait fait le jour sur l’un des premiers doutes qui avait traversé ton esprit en la voyant : l’origine de sa couleur de peau, qui semblait-il, était naturelle. En savoir plus n’aurait pourtant pas été un luxe non plus. Comment cela s’expliquait-il ? Etait elle une évoluée, dans son genre ? Ou .. Etait-ce une réaction allergique face à une substance ? Les conséquences de l’absorption de la sève d’une plante bleue ? Toujours difficile de se faire une idée. Puis enfin, son intérêt envers cette fleur. Une déduction que tu avais déjà eu plus tôt, inutile qu’elle se répète. Et pourtant, elle avait l’air ennuyée en disant cela. Comme une présentation qu’elle avait du apprendre par coeur pour la répeter à quiconque lui portait un peu d’attention. Pour le coup, c’était vexant. A croire que vous étiez comme tous les autres, des inconnus curieux dont les regards inquisiteurs frolaient l’indécence, n’attendant qu’une petite explication sur cette étrangeté, qui vous satisferait amplement, avant de continuer votre route, satisfait d’avoir attiré l’attention de l’être extraordinaire sur la petite chose que vous étiez, rien qu’un instant. Tu fronças les sourcils, un peu déçue d’être mise dans le lot de cette manière.Ton frère fit de même, mais d’impatience. Visiblement, qu’elle réponde à des interrogations muettes ne l’intéressait pas. C’était dommage, elle avait marqué quelques points en portant attention à cette plante et en cherchant à en apprendre davantage auprès de l’herboriste.

- Pourquoi celle-ci ? Visiblement, vous ne la connaissez ni l’un ni l’autre. Il me semble curieux que vous vous y intéressiez sans rien connaître d’elle.

Denethör était méfiant. Le vieillard ne prononçait plus un mot. Tu écartas la branche qui caressait ta joue, attendant la réponse de Carmen. Tu n’en saurais pas davantag tant que tu n’aurais pas toi même posé tes questions, visiblement l’aîné des Dvärn n’avait pas les mêmes priorités que toi.


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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Sam 5 Aoû - 16:11

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Ayant obtenu ce qu'elle voulait de son interlocuteur Carmen s'avança d'un pas. La garde du jeune homme ne s'était pas baissée, voire même le contraire mais il ne s'agit plus d'une approche passive. Elle comptait sur le fait qu'elle ne représentait aucun danger aux yeux  des fils d'Ohibaan pour se permettre une plus grande aisance physique et orale. Le vieil homme restait muet, de son point de vue la situation était quasi critique. Immobile il regardait les mouvements de chacun peu sûr de ce qu'il devait faire. Ses mains étaient suspendus dans les airs, témoignant de la volonté d'intervenir mais ne sachant pas comment, un geste à mi chemin d'une fin inconnue. La jeune spectre était ravie de ne pas tomber sur une personne qui gardait le bon sens en ligne de mire. Visiblement, malgré la relative méfiance qu'il lui accordait, il était confiant en ses moyens et avait une autre perception de la situation.

Carmen avait noté qu'elle et l'ermite étaient passés d'inconnus à intrus et, dans les quelques secondes qui suivraient, d'intrus à gêneurs. Il leur serait inévitable de donner une impression négative, Carmen tenta donc de rester à un statut quo. Et si par malchance cela devait arriver, elle trouverait un moyen de tourner la situation à son avantage, du moins le pensait elle. On ne saurait dire si elle surestimait ses capacités ou si elle sous-estimait celles des autres. Il y a forcément du vrai dans l'un comme dans l'autre, le doute qu'elle inspirait suffisait à garder un certain équilibre entre ces deux mauvaises approches.
Afin de détendre l'atmosphère Carmen dirigea sa main vers son sac dans un flegme latent. Elle se doutait bien qu'on examinait chacun de ses gestes aussi fit elle semblant de ne pas en avoir conscience. Ce qui était ironique, puisqu'elle ne trompait personne sur son jeu et à vrai dire, elle y comptait bien. La rapidité du geste avait été calculée pour être suffisamment rapide pour ne pas perdre en tension et suffisamment longtemps pour ne pas éveiller une trop grande méfiance, elle ne cachait rien. Elle avait sorti de son petit sac l'un de ses deux œufs durs et entreprit d'effeuiller sa coque tout en répondant honnêtement à la question qu'on lui avait posé :

- Bonne question. C'est en fait la même curiosité qui m'amène la chercher. J'ai pour habitude de me servir de mon ignorance comme d'un moteur pour la recherche.

Carmen eut un petit sourire envers son interlocuteur, mais il aurait été insolent d'en rester là, aussi elle réprima sa malice et adopta un air un peu plus sérieux. Comme pour marquer le fait qu'elle arrêtait de jouer avec lui, inspirant ainsi relâche mais aussi réduction du danger. Elle savait qu'elle ne tromperait pas aisément ses invités, aussi elle montra patte blanche.

- Pour vous répondre très franchement je pratique le tatouage. Je ne sais de cette plante que la couleur de sa sève. Ses propriétés me sont encore inconnues et je comptait bien les mettre au test. Mais comme vous en connaissez apparemment bien plus sur la question, il aurait été stupide de ma part de ne pas essayer de vous demander de plus amples informations. Puis- je ?

A cette phrase Carmen finit par craquer et leva son regard d'un rapide coup d'oeil, mais n'aperçut pas la jeune femme. Peut être était elle situé plus derrière elle, ou sur son côté droit ? Elle finirait par le voir, il lui fallait simplement du temps. Le fait d'avoir parlé d'ornement corporel lui rappela la magnifique propriétaire du singulier tatouage qu'elle avait pu entrevoir auparavant, Carmen se demandait légitimement les raisons de son retrait. Elle ne connaissait pas la facture dont témoignait ses tatouages, et voulait en apprendre davantage sur ce style, simple en apparence. Il y avait un type de trait qu'elle ne pensait pas réellement maîtriser, quoi de plus frustrant ? Elle ne faisait pas de son art un si grand cas, mais Carmen n'aimait pas mal faire les choses pour laquelle on l'a employée. Une qualité qui peut vite tourner à l'obsession, entraînant donc un défaut d'excellence et des problèmes supplémentaires. Quand il s'agit de votre principale occupation, ce qui a un intérêt varie. En bonne dilettante, il n'est rien que Carmen ne veut pas apprendre. Cette soif de savoir va de pair avec une curiosité mal placée, et cette dernière commença à se demander si le sylvain n'avait pas lui aussi son lot d'ornements.
Ses yeux véhiculèrent de son œuf à l'ermite, de l'ermite au fils d'Ohibaan et de ce dernier à son œuf. La politesse générique lui rappela alors qu'il serait sage de proposer un modeste partage. Elle n'avait que deux œufs après tout, un demi œuf chacun, voilà un repas plutôt léger. Elle préférerait malgré tout les garder, un petit creux sur la route est vite arrivé. Elle était arrivé à la moitié de l'oeuf et continuer à l'écailler, les yeux de l'ermite lui indiquèrent son intérêt. Il se décida enfin à bouger et se mit frénétiquement à fouiller ses poches, il avait lui aussi une offrande. Une grappe de petits fruits ovoïdes et ratatinés sur eux même, sales fut tendue en direction de Carmen en guise d'échange. Elle refusa d'un petit mouvement de la tête mais plongea sa main droite vers son sac afin d'y chercher le second œuf.




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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Dim 6 Aoû - 18:55

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Le moindre de ses mouvements était contrôlé au millimètre prêt. La bleutée savait quand est-ce qu’elle devait tirer à elle son sac, à quel instant l’ouvrir, à quelle vitesse laisser courir ses doigts à l’intérieur, et surtout, à quelle rapidité les en sortir. Ceux là avaient attiré l’attention du mâle sylvain comme de la femelle. Le doute était permis. Oserait-elle tirer une lame ? Un fumigène ? Tu avais repris une expression plus sévère. Commetrait-elle une telle bêtise ?
Non. Bien sûr. Tu l’avais dis toi même. Dissimulé derrière cette large capuche était éveillé un esprit vif et réfléchi, spécialiste des réactions humaines. Carmen en faisait une nouvelle démonstration. Son regard glissait sur ton frère sans animosité, juste ce qu’il fait de méfiance pour ne pas se montrer trop sûre d’elle. Ses gestes étaient parfaitement calculés pour un timing irréprochable. Pourtant, au fond de l’oeil, tu devinais une assurance froide que l’expérience avait forgé. Se jouait-elle de vous, ou cherchait-elle le meilleur moyen de contrôler la situation face à deux - une, littéralement - créatures qu’elle ne connaissait pas, pour ne pas qu’elles se retournent contre elle ? Votre réputation vous précédait, mais chacun des fils était unique. Ton frère avait des approches plus douces que les tiennes quand d’autres ne laissaient aucune opportunité pour s’expliquer.

Finalement, tu aperçus ce que l’intruse avait extirpé de la toile. Un oeuf, qu’elle décoquillait désormais. Aucune menace apparente. Toutefois, elle détournait les yeux, ignorant le Dvärn comme tu l’avais déjà tant de fois fait avec quiconque osait t’importuner. Une façon de montrer ostensiblement que tu te fichais bien de l’être qui t’avais approché, ou, si celui ci insistait, dans une provocation apparente. Dans ces deux situations, la jeune femme jouait avec le feu.
De nouveau, tu glissas une oeillade à Denethor. Le garçon n’appréciait pas cette arrogance, mais il ne savait pas sur quel pied danser. Autant Carmen jouait l’insolente dans ses gestes, autant l’honnêteté dans ses paroles. Celles ci intriguaient le fils d’Ohibaan, qui comme n’importe quel membre de ce peuple, peinait à refuser son aide à celui qui la recquérait. Certes, l’intruse ne s’était pas montrée des plus courtoises, cela dit, quelque chose chez elle devait éveiller un étrange sentiment de familiarité en lui. Après tout, tu n’étais pas toujours docile, et pouvait parfois avoir un comportement capricieux. Difficile à cerner, tu sautais d’un comportement serviable à une humeur solitaire, presque sauvage. Personne ne t’approchais plus, tu fuyais même le hameau en faveur du calme de la sylve et de la proximité des bêtes. La similitude n’était pourtant pas là, mais plus à tes mauvais jours. Maussade, tu parlais d’une franchise que peu appréciaient sans sembler porter la moindre importance à l’impact que tes mots pouvaient avoir. Non pas que ton honnêteté te fasse défaut en temps normal, bien au contraire, mais tu savais le plus souvent ce qu’il fallait dire et garder sous silence, pour ne pas risquer de blesser. C’était ce même tact, qui pourtant à l’instant ne risquait pas de porter préjudice à qui que ce soit, qui semblait se présenter comme un point commun entre vous deux.

Grâce à ses paroles, tu appris que la jeune femme était une artiste, maniant les encres comme la plume. Apprentie ou maître, tu n’en savais encore rien, mais cela t’interessait. Après tout, les esquisses qui ornaient ta peau n’avaient pas encore fini leur parcours et s’arrêtaient seulement sur ta hanche. Tu songeais depuis un moment à les laisser glisser sur ta cuisse, puis ton mollet. Aller plus loin restait un mystère. Tes racines, quoi que tu saches exactement où celles ci s’implantaient, ne méritaient certainement pas d’être revendiquées.
Les mettre au test ne serait pas une très bonne idée. Le cobaye, ou vous, pourrait ne pas s’en sortir si vous commettiez la moindre erreur.

Tu délaissas brusquement le cheminement de tes pensées pour te reporter sur la discussion. Ton frère avait fini par céder à la tentation et acceptait finalement d’aider l’inconnue. Tu ne lui en voulait pas. Tu t’attendais à ce dénouement. Tu secouas légèrement la tête, ennuyée.
Denethor, trop prévisible …
Cela dit, la tournure que prenait cette histoire n’était pas pour te déplaire. Tu n’avais pas fini d’en apprendre sur l’étrange oiseau aux iris dorées qui se confrontait au Ïanasha.

- La sève de ces plantes est responsable de l’éclat que celles ci peuvent prendre lors d’un mouvement à proximité. Une réaction naturelle aux ondes qui se propagent, prenant lieu autant dans la tige que dans les feuilles ou les pétales si vous préférez. Cela dit, vous remarquerez qu’elle est plus puissante au niveau de la corolle. Comprenez donc que vous ne ferez pas grand chose avec son sang comme unique outil.

Le balafré dardait son regard sur l’ignorante. Il avait endossé un rôle que tu lui connaissais bien : professeur et passionné. C’était son domaine. La bleutée avait une sacré chance de tomber sur lui. Du moins si ses paroles n’étaient pas des inepties et que cette flore l’intéressait véritablement.

- Un parent à vous ?

D’un coup d’oeil, il désigna le vieil homme, celui là même qui n’avait pu refiler ses fruits à la bleutée. Même toi ne savais pas s’il s’agissait d’une vraie question, ou d’une pic, pour la punir de son insolence. Une façon de le lui reprocher malgré qu’il ai décidé de l’aider. Ca aurait bien été son genre. Son ton, ainsi que son expression toujours aussi sérieuse laissaient planer le doute.

- Peu importe. Venez, vous en trouverez plus ailleurs.

Le peu d’attention prêté à son interrogation confirma tes hypothèses.
L’homme s’éloigna finalement. Il tourna le dos aux deux intrus sans hésiter, trahissant la confiance qu’il mettait en lui, ou envers sa coéquipière.
Ses pas le dirigèrent à sa gauche, s’éloignant du cours d’eau que le vieillard avait pris comme repère. Celui ci d’ailleurs, hésitait à les suivre. Dame Nature, tout de bleue recouverte malgré qu’elle puisse être dissimulée sous un indigne tissu accomplirait certainement de nombreux miracles qu’il devait voir de lui même, malgré l’ingratitude et la violence dont elle pouvait faire preuve. Il ne lui reprochait rien. Après tout, elle avait béni sa graine, et lui aussi, en acceptant de céder à ses caprices. Mais n’en avait il pas déjà reçu suffisamment ? Ne devait il pas retourner auprès de sa progéniture ? L’Homme était incapable de se satisfaire de ce qu’il avait et en demandait toujours plus, il le savait bien, mais devait il s’en contenter ? Ou devait risquer d’oublier la position du berceau et à jamais, perdre cet immense cadeau qu’elle lui avait fait ? La raison, étrange étincelle de lucidité qui s’éveillait dans son esprit brumeux, le poussait à rebrousser chemin.

Tu ne faisais pas attention à lui. Ton dos se redressa, et en équilibre sur la branche, tu ne tardas pas à les suivre du ciel. La tatoueuse t’intéressait plus que le macabre prophète.
Tes pas étaient silencieux, le bruit de tes réceptions se mêlait au vent dans les feuilles. Il arriva pourtant un instant ou tu dus poser pieds à terre. Ton frère, après plusieurs minutes de marche rapide au travers de la forêt d’Hanaamu avait réussit à rejoindre une clairière, dans laquelle les fleurs recherchées étaient disséminées. Le large cercle était entouré d’arbres hauts, aux troncs si larges que deux hommes n’étaient pas capables d’en faire le tour avec leurs bras. Les branches qui les dominaient étaient si hautes et si longues que, d’un bout à l’autre, celles ci finissaient par créer une coupole de larges feuilles au dessus de votre tête, dans les tons bleus verts. L’endroit était sombre, les Garails qui maculaient l’écorce de larges plantes ligneuses donnaient une ambiance douce à l’endroit dont la lumière était tamisée, idéale pour les fleurs que la jeune femme recherchait.

- Pour les fleurs, allez y délicatement. Cueillez là avec des gants, assez épais pour éviter de trahir votre température corporelle. Le danger se trouve sur la tige, qui possède de micros épines empoisonnées qui lâchent la dite toxine en cas de danger.
Pour récolter la sève, il vous suffira d’entailler la tige. Pour les pétales, il suffit de les prélever. Les broyer devrait être suffisant. Mélanger les deux vous permettra certainement une nuance plus prononcée.


Tu avais sauté dans le dos de l’étrangère un peu plus tôt et avait continué le chemin en bout de file, sans savoir si elle te remarquerait avant que tu n’entres dans son champs de vision. Ton frère avait repris ses explications dès lors qu’il avait mis les pieds dans l’espace dégagé d’arbres.

- Oh … Merci de ne pas en prendre plus que nécessaire.


Il avait froncé les sourcils cette fois, terriblement sérieux.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Lun 7 Aoû - 16:57

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Spoiler:
 



Personne ne sembla manifester un intérêt certains pour les œufs, hormis bien sûr notre ermite, Carmen décida donc de manger le sien en silence. Un regard insistant de l'ermite lui suffit pour lui donner le second. Elle se réjouit de cet instant car cela être un moment où le vieil homme serait trop concentré à extraire l'aliment de sa coque pour oser déranger le savant dans son explication. Une explication sérieuse et extrêmement serviable. Carmen ne s'attendait pas à autant de sollicitude et fut surprise alors qu'elle portait l’œuf à ses lèvres. Il y a une chose à laquelle Carmen portait un grand respect, le professeur en herbe -pardonnez l'expression- lui en faisait la démonstration et elle ne saurait jouer les insolentes plus longtemps. Dans la précipitation elle goba son œuf qu'elle prit tout de même quelques secondes à ingurgiter, ses mains se saisirent précipitamment de son carnet bleu. Le cuir qui recouvrait ledit carnet semblait rugueux et adoptait un fin cadrage à deux centimètres des bords. Au centre, aucune écriture, seulement une gravure à peine visible d'un emblème représentant un serpent entrelacé autour d'un crâne, symbolisant la mort et la renaissance tout en rappelant la mortalité de chacun et leur existence au déclin. Pour qui sait reconnaître ces symboles cela en disait long sur l'attrait de Carmen vers la douce entité qu'est le chaos. Elle avait choisi ce carnet principalement car il avait l'air résistant et elle adorait par dessus tout les serpents, la jeune spectre rêvait en secret d'être la comparse d'un tel familier mais pour des raisons aussi pratiques qu'évidentes cela était difficilement envisageable. A moins de le laisser libre au risque de ne plus jamais le revoir, et quand bien même il faudrait qu'elle puisse en rencontrer un. Ils n'étaient pas rares dans le mont, mais allez donc tenter d'en apprivoiser un parmi la faune d'un tel endroit. Quoiqu'il en soit, elle comptait mettre ce carnet à bon usage tout de suite, Carmen buvait les paroles de l'homme avenant et se mit à prendre quelques notes afin de ne rien oublier. Elle était tombée sur une mine d'or, ni plus ni moins.

Cela allait drastiquement accélérer ses tests et recherches en la matière, qui plus est elle était ravie de voir un être prendre un plaisir certain dans la propagation du savoir. L'homme semblait comme un poisson dans l'eau, il avait prit une attitude quasi académique pour décrire cette plante dans un ton exprimant autant l'évidence que la patience envers son élève. Il se permit cependant une petite pique dans un humour pince sans rire qui ne manqua pas de plaire à Carmen malgré le fait d'en être victime. Elle releva les yeux de son carnet de note pour lancer un pseudo regard noir semblant exprimer une incrédulité. L'homme reprit donc ses explications tandis que l'ermite qui avait depuis finit son œuf avançait gaillard vers eux, formant un petit groupe hétéroclite. En plus d'être un professeur clair et concis, il avait aussi la grande qualité d'être un guide prudent et avenant. La serviabilité de cette homme ne faisait aucun doute et était encourage par le sourire du vieil homme autant que de l'air intéressé de Carmen. Elle en sourirait presque sincèrement, à vrai dire elle était aux anges intérieurement, son comportement ne lui donnait que rarement de telles récompenses. Elle avait plutôt l'habitude de la méfiance et préférait s'y retrouver par confort. En règle générale, Carmen ne témoignait de sollicitude envers ses pairs que lorsqu'ils présentaient un quelconque intérêt pour elle ou lorsqu'ils le demandaient respectueusement. Ce qui était évidemment rare compte tenu de la méfiance qu'elle inspirait, mais il existait des personnes capable d'être respectueuses même dans la prudence. Elle adorait par dessus tout celles et ceux qui utilisaient la courtoisie comme une dague, mais ce détail fait parti d'autres us et coutumes qu'il serait mal avisé d'exprimer ici, en compagnie d'oreilles indiscrètes.    

Carmen n'oublia cependant pas leur jeune amie cachée dans les arbres. Elle savait que les yeux de la sylvaine étaient là-haut quelque part observant leur conversation, cependant la couleuvre bleue restait aussi alerte qu'elle le pouvait puisqu'elle était occupée à danser parmi les racines et les buttes en tout genre tout en prenant des notes. Ses jambes bougeaient toutes seules, elles portaient le corps de Carmen vers son objectif tandis que Carmen s'occupait de la partie haute de son corps. Au bout de quelques minutes ils atteignirent une clairière enfouie entre les arbres, certains étaient imposants d'autres se mêlaient encore aux autres. Les yeux dorés de la couleuvre s'illuminèrent lorsqu'elle vit l'objet de ses désirs en quantité largement suffisante dans cet espace. Elle pourrait prélever suffisamment de spécimen ici pour en créer soixante bons centilitres, voire plus.

Comme son professeur avait aussi le sens du détail, il la mit en garde contre les dangers d'une cueillette mal exécutée mais lui donna aussi un conseil pour obtenir une couleur vive. Elle lui devait une fière chandelle, elle qui allait passer des semaines à tenter de déterminer l'origine du poison et devoir un bon nombre de faveurs à la caste des herboristes pour les convaincre de travailler sur cette plante afin d'en neutraliser ses effets ; voilà que le fils d'Ohibaan venait de lui épargner toutes ces ennuyeuses -voire infructueuses- étapes. Malgré tout, Carmen surestimait ses capacités, elle ne connaissait que les mélanges premiers et les préparations usuelle. La plupart du temps même d'autres apprentis s'en chargeaient, elle s'était spécialisée sur le marquage de la peau. La spectre pensait déjà à l'effet qu'elle ferait en mettant au point cette nouvelle encre, bien sûr, il fallait encore la tester sur le cuir et voir si l'encre restait, mais elle pensait pouvoir y arriver. Toutes ces informations lui donnait l'impression que la tâche serait drastiquement moins ardue, et elle le serait si elle avait dors et déjà la pratique d'une telle science. Carmen pensa tester différents agents concentrateurs pour maximiser un tel effet sans nuire à la couleur autant qu'à ses propriétés. Le travail n'était pas finit mais il avait presque été allégé aux deux tiers, ce qui n'est évidemment pas négligeable. L'analyse et la conception étaient son fort, la pratique en revanche lui réserverait quelques échecs. Les pensées de Carmen s'accélérèrent et eurent la folie même de penser à une alliance, mais elle réprima son enthousiasme n'oubliant pas la situation qui se déroulait depuis une bonne heure déjà.

Après toutes ses indications, et mises en garde, Carmen dut exprimer sa gratitude, bien qu'elle ne disposait pas de gants ou d'objet tranchant pour faire ses prélèvements. Avant de venir dans la couronne, elle comptait les cueillir à la main et garder les spécimen dans sa sacoche afin d'en retirer une fois rentrée tout ce qu'elle pouvait. Quel gâchis cela aurait été, sans compter le possible empoisonnement que tout cela aurait pu occasionner :

- Ne vous en faites pas je n'en aurais besoin que de sept, si vous me le permettez bien sûr. Je crois que je vous dois autant d'excuses que de remerciements. Vous avez fait preuve d'une rare générosité et c'est hautement appréciable. Par tous les hasards, lorsque j'aurais stabilisé l'encre voudriez vous en faire l'expérience ? En guise de remerciements ...

Un sourire était apparu sur le coin de sa joue, sa tête tournée vers lui de trois quart tandis qu'elle allait retourner son regard vers la cime des arbres pour tenter d'apercevoir la jeune femme cachée depuis un moment là-haut. En vérité cela faisait quelques instants que cette dernière était descendue, Carmen se surprit à la voir derrière elle, sur la droite se trouvait l'ermite qui fit une moue vers la couleuvre lui exprimant aussi sa surprise, il ne l'avait pas entendue descendre.
Elle avait plongé derrière le petit groupe, et plus précisément non loin de Carmen, avec une telle discrétion que cela témoignait d'une infinie délicatesse dans le geste, une telle déduction ne manqua pas d'animer la folle imagination de Carmen. Les images qui lui parvinrent ne peuvent faire l'objet d'une description descente, bien que rien ne dépassait le domaine de l'érotisme.

*Ha, les inaccessibles ... *

Carmen ôta sa demi cape en dénouant les fils au niveau de sa gorge, elle comptait se servir de ce vêtement comme de gants afin de ne pas risquer l'empoisonnement. Il va sans dire qu'elle ne remettrait pas cette dernière avant de l'avoir lavée. Un tel travail n'allait pas se faire dans la jour, mais elle espérait bien les revoir pour mettre à exécution ses promesses s'ils acceptaient sa proposition.Tout en s'affairant la couleuvre des songes ajouta :

- Madame est bien sûr conviée si tel serait son désir.

La voix de Carmen se fit presque mielleuse alors qu'elle lui lança un vif sourire agrémenté d'un regard aussi acéré qu'éphémère. La cape une fois ôtée on pouvait voir que Carmen ne venait effectivement qu'avec le peu de matériel requis. La cape sur le poignet et son carnet dans la main correspondante, elle profita de sa main libre pour ouvrir aussi grand qu'elle le pouvait son sac. Quitte à ce qu'elle le remplisse entièrement avec ces sept spécimen, elle porterait le reste à la main. Après tout, le mont n'était pas si loin, bien qu'un guide vers l'extérieur ne soit pas de refus, elle avait prit soin de noter quelques repères. Pour le reste elle suivrait la petite rivière, puisqu'elle prenait l'un de ses sources dans le mont. Ses cheveux tombèrent donc dans son dos jusqu'à atteindre ses reins cachés par la chemise en toile noire ainsi qu'une ceinture résistante d'où était attaché son sac. Le tout pendait naturellement de côté mais cet attirail ainsi délesté l'asymétrie en fut plus légère. Son pantalon dans les mêmes tons et textiles était large et tombait jusqu'à ses chevilles. Ses bottes aux plusieurs boucles remontaient jusqu'à la demi du tibia mais l'une d'elle ne pouvait être qu'entrevue puisque le pantalon la recouvrait partiellement, tandis que l'autre avait emprisonné ce dernier à l'intérieur de la botte, occasionnant quelques plis autour de celle ci. Se dirigeant sans plus attendre vers l'objet de ses convoitises elle s'agenouilla sur la jambe droite, la gauche relevée afin de tenir le reste de la cape car elle avait placé un large pan sur sa main droite afin de saisir la plante en toute sécurité, prenant soin de suivre à la lettre les indications de son professeur. Elle porta une attention toute particulière à la réponse de ses hôtes.

L'ermite quant à lui commençait à se demander s'il pouvait profiter d'une telle compagnie pour demander une faveur supplémentaire. Il aurait été ravie d'aider à la cause tout en s'offrant une rare, mais agréable, compagnie. Son repère n'était pas loin de là et le sujet de son attention aurait tout le temps de lui emprunter une fiole ou deux afin de transporter son précieux liquide, ce qui la rendrait moins prompte à la médisance et donc moins encombrante. Il pourrait avoir tout le loisir de discuter avec les deux fils d'Ohibaan et grand bien lui en ferait même si l'une semblait peu encline à la discussion. Il espérait néanmoins que la proposition d'un soupé suffirait à convaincre tout le groupe de le suivre. Mais il n'eut pas le temps de faire sa proposition tout de suite, ses espoirs se tournaient vers son compère masculin en qui il semblait avoir une naturelle confiance. Il voulu s'approcher de lui afin de lui en toucher un mot mais celui ci était momentanément affairé.




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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Mar 8 Aoû - 16:08

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Tu n’avais pas cherché à te faire davantage remarquer. Tu étais restée dans l’ombre de la bleutée, attentive à chacun de ses faits et gestes, et tu profitais de ton invisibilité éphémère pour la détailler tout à loisir.
Son comportement avait changé depuis que l’herboriste avait accepté de lui venir en aide. Elle avait troqué le masque sombre de l’insolence et de la provocation contre un faciès attentif et curieux de façon tout à fait naturelle, délaissant son air malicieux pour mieux se concentrer sur les paroles du Ïanasha. Un changement de peau que Carmen semblait maîtriser à merveille, et ce n’était pas la première fois, en une heure de temps, qu’elle en faisait les preuves. Cette demoiselle était un vrai reptile : vive, inattendue, capable de muer dès lors que les conditions de son environnement le requiéraient, si bien que tu n’aurais pas été étonnée de sentir sa peau teintée plus froide que la tienne si jamais tu en venais à glisser tes doigts sur son épiderme. Tu réprimas cette idée malvenue pour te concentrer sur le carnet qu’elle tenait d’une main, réclamant toute son attention. La seconde tenait un stylo, avec lequel elle prenait des notes. Un petit livre à la couverture joliment ouvragée, sur laquelle était gravée un crâne humain autour duquel un animal s’enroulait. Dépourvu de pattes, le corps couvert d’écailles, il s’était glissé entre les dents du maccabé, ceignait une partie de la mâchoire, rentrait dans une orbite pour ressortir par l’autre jusqu’à reposer sur le sommet de sa tête. Il ouvrait une gueule menaçante, agrémentée de deux crochets aiguisés et une longue langue. Son corps longiforme entourant le front du mort de manière protectrice, à tel point que son étreinte en était venue à fendiller le squelette. Peut-être était-ce cette image, entraperçue quelques minutes plus tôt, qui t’avais poussé à pareille comparaison entre la tatoueuse et le reptile. Tu peinais à trouver un autre animal qui pourrait convenir pour la détailler désormais. L’oiseau exotique dont le plumage te fascinait s’était changé en un être aux écailles bleutées qu’il te fallait étudier avant d’essayer de l’apprivoiser.
Tu t’attendais à ce que la créature sauvage représente un véritable défi pour toi. Peut-être te faudrait-il des semaines avant de pouvoir l’approcher sans peur, peut-être des mois. Mais s’en était d’autant plus intéressant. Quelle Zoomiran ferais-tu si tu abandonnais dès lors que ta proie se cabrait et s’enfuyait ?
Ta curiosité était portée sur Carmen, sur elle seule, et sur elle à part entière. Que se cachait il derrière cette capuche trop large ? Sur cette peau curieusement bleue ? Au fond de ces yeux aux nuances dorées ? Dans ce coeur profondément caché ? Qu’était-il dissimulé dans ces pages manuscrites et dans cette tête tout aussi remplie ?
Tu avais envie de savoir. Et lui voler son carnet n’était certainement pas la solution idéale, même si celle ci te traversa l’esprit. Après tout, tout ce qui y était inscrit pouvait constituer une information utile. Et puis .. Elle était artiste, tu voulais savoir ce dont elle était capable.

Il lui fallu plusieurs longues minutes pour te remarquer. Mais elle ne sembla pas surprise, au contraire du vieil homme qui cherchait à comprendre comment tu avais pu te matérialiser à deux pas d’eux sans qu’il ne s’en aperçoive. Evidemment, tu ne trahirais pas ton secret. Certes, il semblait suffisamment perché pour ne pas avoir besoin que tu le pousses encore plus à songer à des explications incroyables, mais tu avais aussi besoin de maintenir une certaine part de mystère toi aussi.

La proposition émise par la jeune femme était intéressante. Il était facile de déceler dans son ton une intense sincèrité, de même qu’une reconnaissance loin d’être feinte. Au moins n’était-elle pas hypocrite, une qualité que tu ne supportais pas. Qu’elle veuille ainsi payer sa dette auprès de Denethor semblait logique, mais tu soupçonnais que la suggestion qui t’étais adressée puisse davantage relever d’un véritable désir que d’une marque de politesse. Que ce soit une envie de marquer ta peau ou de te poursuivre ce jeu qui s’était lancé à votre rencontre sans la moindre préméditation, tu n’aurais pu trancher.
Qui étais-tu pour refuser ? Jouer les inaccesibles était intéressant, mais à trop courir parmi les branches, tu risquerais de t’y perdre. Carmen ne semblait pas tout à fait adaptée à cet environnement, ce qui confirmait ton idée qu’elle puisse avoir des origines étrangères. Lesquelles ? Ca aussi, ça demeurait une question sans réponse.

Tu finis alors par opiner du chef, légèrement, semblant même hausser les épaules. Feindre un certain désintérêt risquerait de la troubler, mais exprimer un semblant de joie serait mal venu. Et puis ce n’étais pas ton genre. Tu la laissais alors seule maître de la situation, décidant de la manière dont il fallait interpréter ton geste. S’aurait été trop facile de céder tout de suite.

- Pas une de plus.

Ton frère validait la requête de la bleutée. Sans un mot de plus, tu la laissas s’éloigner, concentrant cette fois ci ton attention sur l’aîné des Dvärn. Tu avais rarement eu l’occasion de le voir confronté à des étrangers, du moins rarement alors qu’il prenait ce rôle là. D’ordinaire, il n’était que sentinelle, jamais professeur. Tu t’étonnais de le voir aussi passionné qu’avec toi, ou avec tous ceux qu’il avait pu instruire. Peut-être croyais-tu ton peuple privilégié, le seul capable de tirer à Denethor cet altruisme et cet amour des plantes.
Il ne quittait pas la tatoueuse des yeux, certainement pour la surveiller. Tu t’approchas finalement de lui, à peine quelques pas en avant.

- Tu sais que tu es trop prévisible ?

Tu avais parlé bas, juste assez fort pour qu’il t’entende. Il n’y avait rien de privé, mais tu n’aimais pas que tous t’entendent. Sans même bouger la tête, qu’il maintenait bien droite, il te coula un regard mi renfrogné, mi amusé.

- C’est parce que tu me connais trop bien.

- Bien sûr. Mais on dirait que c’est toi, qui te seras fait des amis.

La tonalité de ta voix était taquine. Mais cette vérité n’avait pas toujours été bonne à dire. Pendant longtemps, tu avais reproché à ton frère d’être si sociable alors que toi étais toujours poussée à t’éloigner des autres. Tu t’en étais voulu d’être comme tu es, incapable de comprendre ce qui te poussais à être si solitaire, et incapable d’en changer. Puis tu t’y étais faite, te complaisant dans le silence qui t’étais devenu familier. C’était devenu plus facile de repousser les hommes que de communiquer avec eux.

- Ca n’a jamais été difficile.

Tu ne répondis pas. Cette discussion avait été close des années plus tôt. Au lieu de ça, tu levas les yeux vers la canopée. La lumière qui filtrait à travers les feuilles diminuait. Le soleil ne tarderait pas à s’effacer en faveur de l’astre nocturne. Parcourir les bois de nuit pouvait être fascinant, mais tu n’avais pas envie de t’y prêter aujourd’hui, pas plus que ton frère. Il y avait encore du travail au hameau.
Tu attendis en silence que la tatoueuse ai fini de prélever ses fleurs avant de reprendre la parole.

- On va vous accompagner jusque la rivière. Pour la suite, il faudra vous débrouiller.


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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: -mission- Avoir un grain [pv Heldwige] Jeu 10 Aoû - 11:40

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Carmen avait entraperçu un semblant d'approbation dans les yeux de la fille d'Ohibaan. Sa réponse gestuelle semblait refléter une indécision et une légère surprise, Carmen laissera donc à ce qu'elle espérait être son futur sujet le choix sur la question. Ils ne manquaient pas de temps et une telle proposition exigeait de rencontrer une nouvelle fois ces deux amusantes créatures. Bien qu'il serait difficile pour Carmen de ne pas tenter de convaincre nos amis à propos de ces fameux tatouages. Pour être clair, le tatouage chez les spectre est exclusivement réservé aux rituels et aux cérémonies, mais rien ne mentionnait explicitement qu'ils étaient réservés aux spectres, surtout lorsqu'il pouvait faire l'objet d'une inflitration. Il était évident que la pratique était conçue comme un art élitiste, cela tenait de l'implicite. Carmen n'était néanmoins pas de cet avis, elle respectait le caractère quasi sacré de son art mais n'entendait pas sérieusement se retenir de le pratique, pour la simple et bonne raison qu'il fallait bien s'entraîner ailleurs que sur des peaux d'animaux à un moment donné. Elle serait de mauvaise foi si elle vous affirmait qu'elle n'avait pas eut de nombreuses occasions de tatouer sur un être en chair, en os et en volonté certaine, mais Carmen avait du mal à s'en contenter. Du moment qu'elle n'inscrivait aucune marque distinctive des spectres sur la chair d'autrui et que cela conservait l'apanage d'une pratique discrète, en quoi cela pouvait il bien nuire à sa bien aimée légende ? Et si c'était le prix à payer pour se rapprocher du clan de la forêt, cela restait très économique en plus de mêler l'utile à l'agréable. Notons toutefois que Carmen a de large préférences pour l'approche ritualiste des spectres en la matière et avait du mal à s'en défaire, on ne peut en effet se libérer d'années de formation et de philosophie d'un simple coup de tête. La réponse de l'acolyte sylvain sembla suivre celle de la jeune femme. Il n'était ni contre ni pour, seule lui importait la sauvegarde du domaine et de ses habitantes végétales. Carmen eut donc un sourire sincère et se permit de laisser ses hôtes à leurs réflexions, après tout elle ne s'attendait pas à ce que sa proposition soit acceptée d'emblée si elle le fut un jour. Cependant le doute laissait place à une réponse favorable, tandis qu'un non catégorique d'entrée de jeu coupait toutes possibilités futures, la jeune spectre n'en attendait pas moins et fut donc ravie d'obtenir une réponse presque favorable.

Carmen s'affaira tranquillement au prélèvement de ses biens tandis que le vieil homme sembla s'impatienter :

- Dîtes, vous en avez pour longtemps ?

- Et bien si vous me posez d'autres questions vous pouvez allonger mon opérations de quelques minutes oui.

Le ton qu'elle avait employé relevait plus du sarcasme que de l'impatience, ce qui renfrogna l'ermite dans son observation. Il avait obtenu ce qu'il voulait mais voilà qu'il se trouvait dans une compagnie qui feignait presque de l'ignorer. Lui qui quelques instants plus tôt aurait voulu proposer un généreux repas finit par retenir cette pensée. Qui qu'elle soit elle n'aidait franchement pas à la rendre appréciable, et grands dieux qu'il essayait de lui trouver une quelconque qualité sociale ! Le vieil ermite préférait largement ses compagnons sylvains, même si ceux ci s'étaient avérés jusqu'à lors mitigés sur sa question, au moins l'un d'eux avait une réelle sollicitude à son égard. L'ermite regardait d'ailleurs les bleutés à collerette d'un mauvais œil depuis.

Carmen sentait le regard du sylvain alors qu'elle prélevait précautionneusement sa cinquième plante, elle notait que son professeur avait une sérieuse attention quant aux respects des règles. La couleuvre bleue pensa que cet homme avait une force d'âme tout à fait honorable, bien qu'elle ne serait pas forcément la première à lui en faire part. Il y a un pas entre reconnaître la valeur d'autrui et lui accorder crédit, en effet Carmen pensait qu'une telle qualité en ce monde risquait d'être très vite gâchée. A certains égards il lui rappelait Sharon, bon de nature avec un code moral irréprochable, ou presque. Car la jeune spectre reprochait tout de même à son ancienne amie sa grande naïveté quant à la nature humaine, mais on ne pouvait en vouloir à celui ou celle qui portait « le bien » en son cœur, Carmen doutait simplement de la définition d'un tel concept. Il y avait certes de « bonnes » choses, mais certaines se révélaient toxiques pour d'autres, la neutralité avait plus de crédit à ses yeux. Quoiqu'il en soit son instructeur sylvain n'avait pas démontrer de trop grande naïveté pour l'instant, mais son savoir autant que sa manière de le prodiguer inspirait un certain respect. Alors qu'elle achevait son entreprise, Carmen entendit les voix des sylvains se parler bassement, elle ne pu entendre davantage de paroles, seuls quelques mots ressortaient et ne faisaient pas vraiment sens. Il s'agit d'une entrevue privée, Carmen perdait son attention à leur sujet afin de se munir de ses derniers spécimen, elle nota toutefois une certaine complicité entre les deux énergumènes. Cela faisait un certain temps maintenant qu'elle les voyait interagir et il était clair qu'il se connaissaient depuis longtemps, certainement des frères d'armes ou deux individus habitués des patrouilles ensembles. Carmen était évidemment bien loin du compte, mais à vrai dire elle ne s'en souciait pas outre mesure.

La jolie voix de la sylvaine brisa le relatif silence qui s'était installé et proposa de raccompagner ses invités à l'orée ou presque de la forêt. Carmen rangea les plantes dans son sac et prit à la main carnet et cape roulée, s'assurant que le poison ne soit pas en contact direct avec sa peau. Elle rentrerait à visage découvert et chemise à l'air, vu le peu de chemin qu'elle avait à parcourir avant de rejoindre les chemins rocailleux du mont elle ne risquait rien de bien méchant. L'accès qu'elle avait emprunté pour sortir du mont était gardé mais surtout difficilement accessible, elle n'hésitera pas à demander l'aide des gardes pour la hisser jusqu'au trompe l'oeil. Cette sortie était peu utilisée par les citoyens, elle servait surtout pour les excursions mais ils connaissaient la « belle bleue » puisque Carmen avait utilisé ce passage pendant des années pour se rendre dans la fameuse grotte au gaz toxique qui lui donna sa couleur de peau. Néanmoins elle n'avait pas prit le même chemin que d'habitude, puisque la forêt était dans le sens contraire.
A l'écoute des mots de la sylvaine, le vieil homme eut un sursaut, ils devraient se quitter déjà ? L'homme tenta de garder ses hôtes un peu plus longtemps et d'en faire même des invités à son tour :

- Attendez ! Je dois vous dire la vérité … Voilà j'ai fait un pari avec ma meilleure amie et je voudrais qu'elle voit que je ne lui ait pas menti. Cela vous dérangerait de partager un modeste repas avec moi avant de vous remettre en route ?

Les dires du vieil homme étaient pour le moins étranges, si l'on ne reconnaissait pas en ses gestes un air penaud affublé d'une sincérité gênée on aurait pu croire à un piège. Pourtant le vieil homme était très sérieux, sa solitude ne faisait pas plus de doute que son esprit légèrement dérangé, un doux dingue. Carmen contenu pour sa part un soupir agacé ; * Oh non pas encore … Qui est il pour être aussi borné ? *. L'idée d'un bon repas avant de partir était à considérer mais à ce tarif là elle préférait encore se retenir jusqu'à être rentrée au bercail. Carmen commençait à avoir de sérieux doutes sur l'identité d'un tel personnage. Depuis le début il semblait louche mais on lui accordait ce défaut par réputation plutôt que par raison. Cela étant elle se demandait s'il n'y avait pas une autre raison, comment a t il fait pour s'en sortir aussi longtemps ? Son amie peut être ? Et qui était il pour n'être visiblement d'aucune patrie? Les sylvains ne semblaient pas plus le connaître qu'elle. Les suspicions de Carmen n'offrit en guise de réponse qu'une moue indécise envers les deux enfants d'Ohibaan, elle n'aurait su tranchée, et puisqu'ils s'étaient proposés guides de retour elle les suivrait. Elle avait à présent une plus large confiance en des geôliers potentiels qu'en cet homme. Mais sa prudence parfois mal placée lui empêchait de bons rapports, car le vieil homme était on ne peut plus sincère malgré les doutes de Carmen.
La couleuvre garda tout de même un trait optimiste, elle aurait plus de temps pour tenter de fixer une sorte de rendez vous un autre jour plutôt que faire cette proposition en chemin. Le mouvement donne de suggestions d'inconstances et ne vous donne pas plus l'envie de vous attarder sur quelque chose. Tandis qu'une table avait le mérite d'être aussi propice à la discussion qu'au réconfort de l'estomac. Dans tous les cas, elle tenterait de proposer une retrouvaille avec ces deux là, surtout avec la jeune femme pour être tout à fait honnête.




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