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 ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi]

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Calvin
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Message(#) Sujet: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Mar 1 Aoû - 22:36




Recrudescence


« Vous pensez bien souvent à tort que le plus dur est de survivre aux Hommes. Vous spéculez souvent sur sa force, sur son penchant pour la guerre et le chaos, mais vous oubliez bien souvent que l’Homme n’est qu’un infime morceau d’une création bien plus grande. Je vous ai moi-même mis en garde, mais vous ne m'avez compris que lorsque votre population criait famine, qu’elle peinait à simplement respirer ou qu’elle engendrait des monstres qui ne vous ressemblaient plus. Vous avez cru à votre suprématie et vous vous êtes éteints à cause de cette ignorance, du moins, parce que vous pensiez que l’intelligence humaine suffirait à pallier à tous ces manquements. Tout comme aujourd’hui, vous n’avez pas pris au sérieux mes mises en garde. »

La pluie ne cessait de tomber, s’écrasant violement sur le sol avant de transformer la terre en boue ou de ruisseler dans les rigoles naturelles s’étant formées. Les éclairs se mirent à tomber sur le No Man’s Land, épargnant le centre de la forêt mais percutant les alentours. Les Mumus crièrent à en perdre la voix, passant au-dessus des combats sans faire attention aux lasers qui écorchaient les troncs, suivis des hurlements de Varazas. Ohibaan et Clayton savaient que le moment était venu de fuir. Non pas l’Homme, mais la Nature même. Les animaux s’étaient déjà dispersés, ignorant eux aussi les combats. Rilver passa alors le cercle de protection d’Ohibaan. « Il faut que vous partiez. » Il attrapa les bras de ses Guerriers, leur transmettant les ordres avant de s’époumoner : « FUYEZ ! » De l'autre côté du front, le Gouverneur fit passer le mot via ses nombreux hommes, par leurs puissantes voix en dépit de leurs communications qui avaient tout simplement lâché : « REPLI ! » Il était cependant trop tard pour tenter de sauver qui que ce soit des vagues qui, déjà, percutèrent les côtes et s’immiscèrent dans la forêt tel un torrent.

« Si vous pensiez que l’Homme était le pire des prédateurs, pliez-vous dorénavant à moi, celle qui vous a faite et qui vous détruira aussi. Suppliez-moi de vous épargner, d’épargner vos enfants, vos parents, vos voisins… personne n’échappera à ma colère. Personne ne sortira indemne de cette confrontation. Ami, ennemi, rien n’aura plus d’importance que de sauver vos vies ou de la mettre en jeu pour en sauver une autre. Vous aurez beau saigner, crier, pleurer… plus rien n’arrêtera ce qui a été commencé. »

Les bêtes marines firent leur apparition en attrapant les corps tentant vainement de survivre au flot. Leurs os craquèrent sous leur puissante mâchoire et une mare de sang fut emportée au loin. Certains se firent emporter par les troncs les plus petits de la forêt, arrachés par l’eau, parfois assommer avant de sombrer au fond. Les animaux n’ayant pas fui, se retrouvèrent à agripper les Hommes à leur portée, les noyant avant d’eux même sombrer.

Valvosa y voyait là un avertissement plus qu’une volonté de défaire l’humanité une seconde fois. Les Fils d’Ohibaan avaient manqué à leur devoir, ils avaient détourné le regard de cette terre, de cette flore et de tout ce que la Créatrice aurait voulu qu’ils préservent, pour se tourner vers leurs ennemis et leur vouer une haine sans nom, menant à la guerre. Elle avait échoué dans son devoir de prêtresse, échouer à garder les Fils d’Ohibaan dans le droit chemin. Ses doigts serraient férocement l’écorce de l’arbre, mais elle savait ce qui lui restait de faire. Elle mit au départ un pied, puis plongea dans ce torrent qui l’emporta déjà au loin. Elle sentit les petits prédateurs commencer par les parties les plus tendres, puis elle prit sa respiration avant de disparaître sous l’eau boueuse.

Keva jurait tout bas, de branche en branche là-haut, spectatrice de l'effondrement de leur civilisation naissante. Sa frêle carrure lui octroyait un équilibre quelque peu bancal qui compensait les secousses, les assauts du raider qui les cernait depuis leur venue : l'eau. Les faibles impulsions de son jet pack lui faisaient comprendre que la fin l'arracherait de son perchoir si elle n'obéissait pas à l'ordre sous-jacent de leur supérieur à tous, de leurs divines inspirations, l'ordre de survivre. Trop lentement, elle s'extirpait de ce chaos pour pouvoir rentrer à la maison, espérer qu'elle franchira les Portes pour pouvoir apporter la bonne nouvelle en compagnie du maximum de leurs effectifs : ils étaient vivants. Ce rêve semblait si loin lorsqu'elle prit conscience qu'ils s'acharnaient sur une entité démesurément intolérante vis-à-vis de leur espèce.

« Craignez-moi, aimez-moi, car je suis et resterai Prédatrice et Bienfaitrice. »



Déroulement

Bienvenue dans cette ultime partie de l'Évent 2017 ♫

Pas grand chose à préciser de plus, le texte suffit à lui-même : vous êtes tous dans la galère totale. L'action se passe actuellement dans la forêt pour tout le monde, vous êtes victimes du courroux de la Nature. Tout ce que vous avez à faire, c'est survivre, aider vos alliés si possible et en profiter pour faire tomber vos ennemis si l'occasion se présente.

Pour les Tadryens : Le groupe du No Man's Land aura rejoint le centre de commandement dans la Forêt depuis peu, donc vous êtes réunis avec le front. C'est à peu près la même chose pour le groupe de Nilchen qui aura bien pris en étau leurs ennemis. Dans tous les cas, les inondations sont inévitables pour vous, et l'ordre de repli est lancé.

Pour les Fils : Le deuxième groupe, vous êtes à la frontière de la couronne Insecta    Donc vous essuyez les inondations, puisque la forêt est à moitié entouré par la mer. L'Hanaamu ne s'est pas pointé, en revanche, la Salish est emporté par les flots. Vous pouvez rejoindre le groupe central avec les Tadryens et le première groupe des Fils, il y a pas de soucie  
Les Fils d'Ohibaan, vous pouvez aussi sauver des Tadryens! Ce sont aussi des enfants de la Nature, mais faites attention qu'ils ne tentent pas de vous tuer dès qu'ils seront sortie d'affaire    

Les règles HRP sont les mêmes que pour la partie précédente : ICI
Je vous rappelle que cette partie d'Évent est soumise à la règle des Blessures de Guerre.

Bonne chance ♪


Participants

Sigfrëli
Gamaliel
Anaya
Donovan
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Nasträlya
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Gains

♦️ 250 pierres bleues si vous postez minimum une fois ♦️
D'autres gains vous seront alloués à la fin du RP selon la pertinence de vos posts et votre implication.




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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Mer 2 Aoû - 12:57

Inventaire:
 


Il n’existe nul endroit où se réfugier de la violence d’un orage, d’un torrent, d’une colère si sourde qu’elle gronde jusqu’aux confins de la forêt, faisant fuir au passage tous ses habitants. La Nature faisait tonner ses éclairs, détruisant la terre quand elle s’y abattait ; la pluie noyait les insectes qui peiner à prendre leur envole pour fuir le chaos ; la forêt tout entière hurlait son désarroi, sa douleur, mais rien n’y faisait, rien ne s’arrêtait. La souffrance de ma plaie n’avait plus d’importance, mon regard se perdait dans la panique de la faune, ce mouvement désorganisé qui les faisait entrer dans les terres à toute vitesse. Aren avait déjà hurlé de se replier dans les arbres dès que les Varaza s’étaient mis à hurler à la mort. Nous avions perdu, tous. Qui que nous soyons, Tadryen, Fils d’Ohibaan, peuples divers, perdu face à la Créatrice. Ma main attrapa machinalement la tunique de Sigfrëli, mes phalanges serrant le cuir à s’en briser les os. Il était cependant trop tard pour espérer réchapper à quoi que ce soit, l’eau frappa les troncs en face de nous et je me blottis contre la Médecin. Les larmes ruisselaient déjà sur mes joues, emportant avec elle le peu d’adultes que j’avais réussi à acquérir. Le torrent nous frappa de plein fouet, mes os semblant craquer sous la puissance de l’impact. Mes doigts lâchèrent petit à petit la femme pour se perdre dans cette marre de boue infernal, roulant avec les courants, mon corps prenant les restes d’arbres et de cailloux emportés par la violence des flots. Je remontais naturellement vers la surface, mais je sentis des mains me maintenir sous l’eau, avant de remonter et de replonger. « Lâche-moi ! »  J’avais beau crier, me débattre, hurler, l’homme, dont la jambe était à moitié manquante, refusait de se laisser emporter. Paniquée, je tapais dans cette jambe pour que la souffrance le fasse lâcher, avant d’agripper un tronc flottant et de reprendre ma respiration. Mon thorax était écorché par l’écorce, endolorie par les coups. Mes poumons me brûlaient et j’avais l’impression que même hors de l’eau, quelque chose me tirer vers le fond, comme si la mort m’y attendait, comme si jamais je n’allais survivre. L’eau se mit alors à scintiller et je poussai une dernière fois sur mes bras pour sortir toute chair de l’eau. La première vague était passée  et les flots, quoique rapides, étaient dorénavant bien moins violents. Les prédateurs rôdaient et j’entendais au loin les hurlements des proies qui se débattaient pour leur vie. Le bruit du torrent était également assourdissant, accompagné par le son des animaux en détresse. Tremblante, pleurant tout en cherchant en moi une once de courage, je me levais sur le tronc, cherchant à attraper le moindre branchage qui pourrait faciliter ma monté vers les cimes. Ma plaie était dorénavant un peu plus ouvert, ruisselant sur l’écorce et attirant quelques prédateurs qui n’attendaient qu’une chose : que je tombe. Certains étaient à l’abri dans les arbres, aidant les plus proches à sortir de l’eau. Une tignasse rousse fit alors son apparition, portant dans ses bras un enfant à la chair lacéré, mais encore en vie. « ZËNA ! » J’hurlai le nom de ma sœur à en perdre la voix. « ZËNA ! » Penché en avant, ma main plaquée sur mon épaule ensanglantée, je la vis à peine se retourner, avant de courir sur les branches, essayant de me rejoindre. « Il faut que tu grimpes ! » Cria-t-elle, la colère et la peur au ventre. « Je ne peux pas ! J’ai trop mal ! » « Tu dois le faire, Nasträlya ! » Les sanglots faisaient tremblaient tout mon corps, tuméfié, engourdi, coupé par endroit. Mes forces m’avaient depuis longtemps lâchées et je n’arrivais simplement pas à me dire que nous allions nous en sortir. Où était Mihanä à cet instant ? Criait-elle mon nom afin que je vienne la sauver de ses eaux sombres ?  Je devais le faire, allait retrouver cette perle d’innocence et oublier ma douleur ou du moins, faire avec. Mon tronc ne faisait que percutait les autres arbres, manquant à plusieurs reprises de tomber, je m’agrippai à l’un d'eux, poussant sur mes jambes et mes bras, une dernière fois, encore un peu, voulant lâchait prise à plusieurs instants, mais tout en criant continuais mon ascension. En bas, les prédateurs tournaient en rond, attendant que j’abandonne. Cela n’arriva pas. Je sentis la main de Zëna m’attraper par-dessous les bras, me tirant vers elle. Elle tomba à la renverse, moi dans ses bras et je sentis sa main frotter mon dos afin de me calmer. « Il faut que tu te relèves, il faut aider les autres… trouver nos sœurs, maman, papa, aidez nos amis et nos voisins… il faut que tu te ressaisisses… » Je me relevai péniblement et elle posa ses paumes sur mes épaules. «Oublie tes blessures, sauve ceux que tu peux. » Elle m’embrassa sur le front avant de me dépasser et de continuer à aider ceux encore dans l’eau. Je savais maintenant ce qui me restait à faire. Je déchirai mon haut et bandai ma plaie qui était emplie de boue, je fis abstraction de la douleur et séchai mes larmes.

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Anaya Luzissa
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Ven 4 Aoû - 12:00

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Je combattais depuis des heures dans cette forêt sans fin, sans lumière et sans vie. J'avais l'impression que le temps passait au ralenti pendant cette guerre, j'avais l'impression que le temps voulait nous faire comprendre que verser du sang ainsi n'étaient pas la meilleure des solutions pour arrêter les différents que nous avions entre nous. Le temps n'était pas notre alliée dans cette guerre contre les destructeurs de métal ni la Nature maintenant. La Nature s'était rebellée pour nous donner un avertissement sur ce que nous faisons actuellement. La pluie s'était déversée, créant des glissements de terre, et même des débordement des rivières et des fleuves. Nous étions submergée partout les cotés et aucun moyen de nous échapper pour le coup. Nous étions coincés par les eaux, impossible de fuir. Je pensais que ma vie allait finir aujourd'hui, que je ne pourrais plus jamais revoir les gens de mon village, que je ne pourrais plus revoir ma famille et mes amis. Je grimaçais car ce n'était pas ce que j'avais prévu pour l'avenir...

J'étais au centre de la foret et je continuais de me battre car certaines destructeurs de métal s'en fichaient complètement de l'eau et des vagues qui percutaient les arbres et leur camarade. Contrairement à eux, je ne m'en fichais pas du tout. Je voulais sauver des vies, je voulais que mes amis du village soient toujours présents lorsque la guerre sera terminée une fois pour toute. J'abattais le dernier ennemi avant de me repli comme prévenu pour trouver des personnes en danger de mort. Je rangeais mon arc dans mon dos, et je commençais à marcher dans l'eau boueuse. Je ne pouvais pas marcher ou courir comme je le voulais, cela m’empêchait de me battre et d'aider d'autres personnes. Je devais survivre par tous les moyens possibles. Puis, je remarquais d'un membre de ma tribu qui était en difficulté. Il était près à un tronc d'arbre pour éviter de se faire repérer par un ennemi. Il n'avait pas l'air bien pour le coup, il était vraiment blanc ou à moins que ce soit les éclairs qui lui rendent un teint si blanc.

J'allais l'aider, car je ne pouvais pas le laisser tout seul ainsi. Les autres membre de la tribu étaient vraiment dispersée un peu partout dans la forêt. Je savais qu'il y avait un autre groupe de fils d'Ohibaan non loin de nous. Mais qu'est qu'ils avaient survécu à tout cela ? Une crise de panique m'envahit rapidement, est ce que tout le monde allait bien, était en sécurité et à l'abri des vagues ? Je tremblais fortement et je me sentais perdue dans cette forêt infini. Mais je me ressaisis rapidement lorsque cette personne hurlait qu'elle avait besoin d'aide. Je m'avançais vers cet homme, pour l'aider à se décrocher de l'arbre pour que je l’emmène dans un endroit plus sec et avec les autres membres de notre village.

L'homme en question était vraiment blessé à la jambe, son sang coulait énormément et j'avais l'impression qu'il allait perdre l'usage de sa jambe après la guerre . Je le mis sur mon dos, l'eau montait de plus en plus. Les éclairs frappaient les arbres, qui se mirent en feu. La Nature se décharnait de plus en plus, je commençais réellement en avoir peur d'elle. Une fois sur mon dos, je décidais de rejoindre le grand groupe d'Ohibaan dans la forêt. L'homme sur mon dos était vraiment paniqué, de savoir ce qu'il allait se passer ensuite et surtout de sa jambe. Il ne la sentait vraiment plus. Il paniquait et commençait bouger sur mon dos, il disait qu'il pouvait marcher tout seul et qu'il était un homme. Il voulut descendre de mon dos, mais je savais très bien qu'il ne pourrait pas aller très loin avec cette jambe.

Dans ses mouvements, il me cogna à la tempe et ce coup me sonna immédiatement. Je le lâchais aussitôt en prenant ma tête peu de temps après. L'homme de ma tribu était complètement en panique et je ne pouvais pas l'aider, car ma tête tournait encore et encore, jusqu'à que je tombe dans l'eau boueuse. Ma tête me faisait mal, je ne me sentais pas bien. Le pire était que j'avais percuté un rocher au niveau de mon épaule en tombant et je souffrais le martyre. Impossible de me relever ! Mon corps ne bougeait plus, j'étais incapable de reprendre le contrôle. Les ténèbres s'emparèrent de moi aussitôt, mes yeux se fermèrent et je tombais dans le noir complet.

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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Sam 5 Aoû - 18:42

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Depuis le foudroiement strident, tout s'était déroulé à une vitesse ahurissante. La douleur qui rongeait sa jambe lui fit perdre succinctement le contrôle de ses sens. La peur lui enserra le cœur, celle-ci même qui lui faisait redouter qu'un Tadryen, un camarade, se retourne contre lui pour des raisons totalement légitimes. Mais ce ne fut pas le cas de son bourreau, c'était lui le traitre, pas Calvin. Dans un sens, il était rassuré que la fourberie était passée dans l'autre camp, mais les retombées furent d'autant plus violentes lorsqu'il prit conscience qu'il y avait une ribambelle d'infiltrés dans leurs rangs. Néanmoins, son ennemi principal sur l'instant, c'était la douleur ; et cela, son allié troublé ne pouvait rien y faire.

Après les avoir longuement frappés depuis les cieux, l'eau avait décidé de se soulever pour les noyer définitivement. Comme s'ils étaient les tâches d'un vêtement immaculé qu'on jetait à la machine à laver. Fort heureusement, celle-ci n'était pas acidifié au point de leur arracher l'épiderme ; fort malheureusement, elle était beaucoup plus violente que sa comparse céleste. Les inondations étaient si puissantes que bon nombre de Tadryens se faisaient emporter par le poids de leur armure, qu'ils étaient loin de maîtriser. L'ordre de repli était lancé mais ils étaient beaucoup plus nombreux à juste vouloir prendre la tangente, qu'importe s'ils ne rentraient pas à Tadryon : ils voulaient être partout sauf ici. Un moment, un Fils d'Ohibaan s'agrippa à sa jambe en guise d'unique prise à portée, mais le métal mouillé l'empêcha d'adhérer bien longtemps, Calvin ne l'avait senti que comme un effleurement. Contrairement à sa blessure qui, elle, lui accaparait toute son attention. Il avait déjà administré sa dose de gel médical, mais ce n'était pas suffisant : il fallait qu'il consume sa dernière dose pour se remettre complètement. Mais comment pouvait-il être si égoïste au beau milieu de ce chaos ?


" L-… cou-… Imp-… " Le courroux de la Nature faisait ainsi taire les meilleurs alliés des Tadryens, leur technologie.

Histoire d'en rajouter une couche, Calvin avait perdu son fusil dans la bataille, et il ne lui restait quelques maigres poignées de munitions pour son revolver. Il pourrait très bien prendre l'arme de cet homme, là, qui venait de finir d'agoniser sous ses yeux impuissants. Se servir de ces cadavres, ici, qui flottaient, entassés ainsi les uns sur les autres, un magnifique râteau de fortune. Mais le conscrit ne souhaitait pas perdre son humanité en péril. Il voulait vivre, il voulait aller à contre-courant de cette ennemie qui les cernait de toutes parts. Il ne voulait pas s'en prendre à ce Fils d'Ohibaan qui lui passait devant, plus agile que lui mais tout aussi paniqué. Il ne voulait pas que sa patrie le mène à sa perte.

" Désolé, Kimi… On se revoit à Tadryon. " Il enclencha l'éjection d'urgence, l'armure le libéra de son emprise et se fit emporter par les flots, plus légère sans l'emprise de son porteur. Cet amas métallique était perdu à jamais mais l'intelligence artificielle renaîtrait lorsqu'il franchira de nouveau les Portes.

Calvin escalada ce tronc qu'il avait repéré grâce à l'intuition des Évolués, celui-ci était doté de plusieurs branches, relativement solides, mais pas suffisamment pour permettre aux exosquelettes de s'y aventurer ; et de toute façon, il ne serait jamais parvenu à remonter avec le poids de Kimi sur ses épaules. Habillé uniquement de sa combinaison, Calvin était devenu une cible facile pour n'importe quel Fils d'Ohibaan ainsi que n'importe quel traître de Tadryon. Il devait monter, s'éloigner de l'eau, laisser reposer sa jambe et réfléchir rapidement à une issue.

Au-dessus de sa tête, un timbre de voix en particulier. C'était inespéré de réentendre sa détresse, qu'elle soit là, encore là. Tous ses camarades mourraient autour d'eux, mais elle, elle était vivante. Calvin se plaqua contre le bois souillé, son corps engourdi, son regard peinait à bien distinguer les dégâts qu'elle avait subi. Un bref sourire le prit, soulagé de constater que sa prudence lui avait épargné bien des regrets. Il balaya son regard autour d'eux, c'était tellement le bordel que personne ne songerait à lever le regard sur ce Tadryen qui administrerait des soins à une Fille d'Ohibaan. Mais là-haut, avec les autres grimpeurs, ce serait différent. Tant pis. Il agrippa la branche supérieure et poussa sur sa jambe valide pour se hisser, de toutes ses maigres forces. A son niveau, il hésita un instant à l'appeler. Seulement un instant.


Il s'approcha, boiteux, faisait abstraction de tout ce que ce fichu monde voulait leur faire subir. Il saisit doucement son épaule et la poussa contre son autre main, baignée du dernier gel médical dont il disposait. " Je te l'avais dit, que je te maintiendrai en vie. Une fois les soins appliqués, il porta sa main baignée dans le sang et la boue pour lécher les flocules de gel qui restaient ; ces minuscules résidus ne guériront pas ses plaies mais la souffrance s'en ira pour quelques secondes. Une seconde n'était pas rien en ce moment même. Je n'ai que peu de temps pour... sauver ce qui peut l'être. " Ses yeux, si proches, ne fuyaient point les traits de la jeune femme, sans pour autant oublier qu'ils deviendraient bientôt des anomalies s'ils étaient trahis avant la fin de cette décadence.


883 mots


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Caïn
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Sam 5 Aoû - 21:24


Inventaire
Un poignard de côté ♦ Un stylet de manche




Je n’arrivai pas à décrocher ce sourire de ma face. Mes yeux pétillaient, mon cœur battait le rythme de la mort sans cesser d’accélérer et je ne pouvais qu’admirer la force de la Nature qui reprenait ses droits. La pluie tambourinait de plus en plus pour nous rappeler que ce n’était que le début et face à moi, une immense cataracte aqueuse qui me toisait de plus en plus. Le temps était comme ralenti. Le sang de la Nature montait de mètres en mètres et je voyais la mort rejoindre la vie. Les deux avaient cessé leurs querelles infantiles de répartition des âmes et s’étaient réunies l’espace d’un instant infime d’infinie beauté pour faire passer leur message. Car nos querelles étaient absolument vaines. Terriblement importantes et vaines. Nécessaire pour qu’elles ne le soient plus et vaines. Or la Nature ne souffrait pas de vanité, elle ne la peignait ni ne l’observait.

La vague m’emporta.

J’eus tout juste le temps de m’extirper de mon abomination de métal que portaient les chiens et de tenter de survivre. Je ne savais plus si je souriais ou pas. Transcendance. Transcendance. Transcendance. Je luttai pour la vie face à elle-même, je ne voyais pas la mort alors que j’étais en elle, parce que j’étais en elle. Je n’étais rien. Non pas parce que je n’étais qu’un Simulacre, mais parce que je n’avais pas d’action sur le Monde, la seule action que je pouvais avoir était sur le nôtre, notre macro-univers égocentré et rempli de guerre. Or je traitais avec des forces exemplaires. J’avais la sensation de parler au Phantasme du grand monde, celui qui décidait. J’arrivais par moment à sortir la tête de l’eau pour respirer et c’était mon seul objectif.

A plusieurs reprises ma main accrocha une branche puis la tendre violence dans laquelle je baignais m’empêcha de la garder en main. Ma main saignait offrant à la mort avec laquelle nous nous battions une partie du liquide de sa sœur vie.

Je réussis à grand peine à m’accrocher à un des troncs qui passait dans ce chaos et entendis les phrases que l’on veut entendre dans ces situations. Une femme disait à une autre d’oublier et de sauver. Et elle le fit. Elle banda une plaie et commença à aider les autres combattants de la mort. En arrivant à son niveau et en arrivant à escalader l’endroit où elle se tenait je lui souris aussi franchement que rarement je ne l’eus fait.


- Et observe la beauté de la survie. De sa lutte.

Peut-être avais-je dit cette phrae pour moi au final, mais c’était à cette femme à la chevelure de feu que je l’avais adressée. Elle ne savait pas qui j’étais, je ne savais pas qui elle était. C’était une des seules personnes dans le monde connu qui venait de voir une partie aussi éclairée de mon être. Avec Lison j’étais plus travailleur, avec mes Sœurs et mes Frères j’avais forcément en tête la mission à suivre, mais devant cette femme je n’étais rien d’autre que Caïn ; avec ses rêves, ses ambitions et surtout sa sensibilité au beau. Étrange concept. A ce qu’il trouvait beau. A ce qui venait compléter son processus de l’expérience du beau. De l’expérience esthétique, au chainon manquant.

Alors, aider quand même. Pas par concept, par rassemblement. Car la race était organique. L’être humain, aussi évolué soit-il, était sensiblement organique. Il respirait en même temps et mourrait face à la mort en ce moment. Face à quoi d’autre mourrait-il ?
Aussi ensanglantées soient mes mains, je cherchais à les joindre à celles qui criaient au secours et en aidant celle que je côtoyais.

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Merci Adam pour le kit !
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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Dim 6 Aoû - 15:25


Exosquelette : Disparu dans l'eau
Améliorations d'Exosquelette : Aucune amélioration
Arme : Disparue dans l'eau
Objets : Aucun

Recrudescence





La brune leva les yeux vers le ciel. Les larges feuilles de la canopée n’étaient plus suffisantes pour contenir l’averse devenue violente. La pluie redoublait soudainement d’intensité, déferlant sur le sol, les troncs ou les armatures de chaque Tadryen avec fracas. Le sol était devenu boueux, le ciel presque noir tant les nuages gorgés d’hydrogène s’accumulaient. Le temps d’une seconde, un éclat illuminait les cieux suivit d’un bruit assourdissant. Teagan sentait son coeur battre la chamade. L’émerveillement avait laissé la place à l’angoisse. Ces conditions s’avéraient difficiles pour son camp, et son exosquelette, qui peinait déjà à fonctionner depuis le début de cette expédition voyait son niveau d’alerte au maximum. Dans ses oreilles résonnaient l’alarme émise par l’I.A qui la secondait, la rendant sourde à toutes les autres voix, avant de grésiller violemment. L’interface lâchait, dérangée par la pluie qui s'infiltrait dans l’armure, ne laissant plus qu’une enveloppe sans âme qui recouvrait le corps de la Varoc. Une seconde peau qui n’avait plus comme unique utilité que celle de protéger l’épiderme nu de la jeune femme de l’acidité de l’eau.
Puis un grondement. Ses pieds, qui déjà, pataugeaient dans la boue, furent bien vite immergés alors que le niveau de l’eau augmentait. Mais la vague qui arrivait promettait de noyer bien plus que ses orteils. Alertée par les animaux, mais aussi par chacun des hommes à ses côtés, la conscrite chercha à tout prix à s’éloigner, rejoindre les hauteurs salvatrices, poussée par un pressentiment terrifiant. Elle n’avait pas compris ce qu’il allait arriver, mais la panique des ses concitoyens comme de ses ennemis était suffisante pour insuffler en elle une angoisse puissante, alimentée par la terreur de ceux qui l’entouraient, par cette menace inconnue qui approchait.

Le flot la percuta avant qu’elle ne puisse se hisser sur un arbre. Autour d’elle, tout s’estompa. Les troncs disparurent, les Tadryens, les Mutants, les plantes. Tout s’effaça de sa vue. La guerre prenait soudainement fin pour elle, combattre un évolué n’avait plus raison d’être, la jeune femme avait brusquement revu ses priorités. Son environnement avait drastiquement changé. Désorientée, perdue au mieux des flots, elle cherchait précipitamment un repère. Mais la terre s’était mêlée au ciel, les vivants aux morts. Tous étaient happés par la vague, sans distinction. Autour d’elle,il n’y avait plus que l’eau, sale, boueuse, parfois tâchée de sang dilué, les obstacles qu’elle percutait violemment et des formes indistinctes attirées vers le fond.
Emportée par cette force, submergée par la colère de la Nature, Teagan battit des bras, des jambes pour sortir la tête de l’eau. Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Son souffle lui manquait. Son armure protectrice s’était soudainement transformée en une lourde masse qui l’attirait vers le fond, un cercueil dans lequel elle était enfermée et dans lequel elle se noyait. Son casque la gênait, elle ne respirait plus, mais la puissance de la vague l’empêchait de coordonner ses gestes pour s’en libérer. Elle cru un instant apercevoir le feuillage malmené par le vent au dessus de sa tête mais elle replonga dans l’eau avant d’avoir pu s’en réjouir.

Teagan n’arrivait pas à songer à sa fin proche. L’unique pensée qui traversait son esprit terrorisé était celle de trouver un moyen pour alimenter ses muscles, ses organes, son cœur et son cerveau en oxygène. Maintenir la tête hors de l’eau, retirer son heaume et inspirer aussi profondément qu’elle le pouvait. Parvenir à s’échapper de l’étreinte puissante de la mer en colère. Rester en vie.
Son salut s’incarna en une épaisse branche, à demi arrachée du tronc à laquelle elle était reliée encore quelques minutes plus tôt. La vague l’y écrasa douloureusement, comprimant ses côtes à travers le bouclier défectueux. Le choc ainsi que la souffrance la firent pousser un gémissement qu’elle n’entendit même pas. Ses bras affaiblis par son combat contre les flots s’aggripèrent avec l’énergie du désespoir à la bouée qu’elle avait trouvé, luttant contre le courant qui cherchait à la faire lâcher. Son casque avait dû gicler alors qu’elle était encore dans l’eau, libérant ses lèvres et son nez. Elle respirait brusquement, cherchant à assimiler le plus possible de ce gaz vital pour ses cellules. L’eau parfois remplacait l’air, lui tirant une toux soudaine qui tirait sur sa cage thoracique bléssée. La moindre secousse était une souffrance, mais la force lui manquait pour se hisser sur l’écorce.

La Varoc était incapable de s’extirper du torrent d’eau, mais elle refusait de lâcher prise, même quand on lui forçait la main. Quelques chose s’accrocha à sa taille avant de la libérer, dérapant sur le métal mouillé qui ceignait l’ensemble de son corps. Puis une autre autour de son mollet. La prise était puissante, mais gênée par l’armature, elle glissa jusqu'à sa cheville où elle s’immobilisa, tirant la tadryenne vers le fond. Son coeur manqua un nouveau battement, terrifié à l’idée de sombrer une seconde fois dans les flots. Elle se débattit, donna un coup de pied à la chose qui s’accrochait, bien vivante et certainement pas humaine. Teagan n’aurait pas cru que sa peur puisse atteindre un palier supérieur, mais si. La menace qu’un monstre marin ai pu la prendre pour cible la terrifiait, de même que la branche, qui commençait à lui échapper. Son ventre et sa gorge devenait douloureux tant ils étaient noués, l’air continuait de lui manquer. De toute ses forces, elle tira sur ses bras dans une tentative pour se relever.



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Gamaliel Sodélé
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Lun 7 Aoû - 22:52

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Arme ↂ E-3 Wendigo

Gamaliel suait à grosse gouttes. La chaleur était-elle la cause de tout ceci ? Le stress peut-être ? Ou la douleur de sa blessure qui se faisait de plus en plus forte ? Il clignait des yeux frénétiquement et se mit attendre que la personne à qui appartenait les pas qu'il avait entendu vienne à lui, à lui à son arme laser. Néanmoins, un bruit attira son attention sur la gauche, un bruit sourd et inquiétant. Gamaliel n’eut pas le temps de s’en inquiéter plus que ça, car soudainement , il crut voir un scintillement droit devant lui. Il bougea la tête et sentit la lance se planter à quelques centimètres de son visage. Un hurlement guerrier se fit entendre droit devant lui, un Fils de l’Ohibaan. Une rage extrême se lisait dans ses yeux, il voulait faire couler le sang de ceux qui était du côté de la technologie. Après avoir lancé sa lance, il se ruait vers lui avec une hache. Gamaliel attendit que l’affreux personnage soit le plus proche possible pour pouvoir l'aligner avec son arme laser. Soudainement … Un bruit sourd suivi d’un cri … Non un hurlement de bête fonça dans leur direction et les dépassa. Gamaliel et le Fils regardèrent la bête passé avec une pointe d’incrédulité. Puis un tremblement de terre se fit ressentir par tous, un troupeau de la bête qui venait de passer , fonçait vers eux. L’agresseur de Gamaliel jeta un regard vers son adversaire et fuya en direction d’un arbre, pour l’escalader.

Le Spectre se leva le plus rapidement possible, assaillant de faire abstraction de la douleur et se dirigea dans la même direction que l’autre. Il tenta de suivre le guerrier dans l’arbre, mais le poids de son armure l’incapacité grandement. Beaucoup trop même. Il se souvient dans l’urgence, qu’il avait lu que les exosquelette possédait tous un système d’urgence. Dans des geste rapides, guidés par l’envie de vivre, il dévérouillia son casque et actionna le fameux mécanisme. Dans un concert de fumé couvert par la pluie tonitruante, l’armure tomba au sol. Gamaliel se retourna et vit qu’il avait encore une minutes avant que le torrent de bêtes ne lui tombent dessus.

- Eh merde !

Il prit son Wendigo et le glissa dans son pantalon, sur le côté et il suivit le Fils de l’Ohibaan dans les arbres. L’ascension fut horrible et douloureuse, il pouvait s’estimer chanceux d’être gaucher, sa blessure étant à l’épaule droite. Cependant, la douleur l'empêcha d’escalader avec une vitesse correcte. Le guerrier de la nature, se déplacer avec une rapidité incroyable. Ce dernier remarqua que Gamaliel le suivait dans les arbres. Le deux s'arrêtèrent en voyant ce qui y avait derrière eux. Ce fut d’abord le Fils qui stoppa son ascension et regarda en arrière, comme si il avait vu une chose beaucoup trop incroyable pour que cela soit vrai. Gamaliel suivit son regard et comprit son adversaire : Un gigantesque raz-des-marrée déferlait sur eux et vers le champ de bataille que le jeune simulacre avait quitté quelqu’un temps plus tôt. L’homme qu’il lui avait lancé la lance reprit sa course et quitta l’arbre pour prendre un autre grâce à une longue branche sinueuse. Loin de vouloir lâcher l’affaire, il quitta sa contemplation de la force de la nature qui fonçait sur eux et suivit son chemin aérien, entre les arbres.

Fort heureusement, il arriva à progresser dans les arbres et remonta vers le champ de bataille où il avait faillit mourir plus tôt par le tir de sniper. Gamaliel se permit de jeter un regard vers le bas et vit que l’eau avait investi le sol. L’agile adversaire qu’il poursuivait avait disparu. Mais en regardant depuis les hauteurs, il vit qu’il n'était pas le seul. Il remarqua un duo singulier. Un homme et une femme semblaient être difficulté. De loin, il vit l’homme appliqué quelque chose sur la femme. Peut-être du gel médical avec un peu de chance. La forte pluie avait rendu l’avancement compliqué, les branches, même si elles étaient larges et praticables, étaient glissantes. Il s’accroupit et avança avec prudence. En bas, il vit des combattants, Tadryens comme Fils, hommes commes femmes se faire emporter par les flots. Il sortit son Wendigo et continua son chemin de branches.

- Hey ! Lança-t-il au duo singulier. Vous n’aurait pas des soins à dis … Mais ? Cette une …

Que faisait-il avec ? L’homme venait-il de Spectre comme lui ? Pourquoi soignait-il une ennemie ? Car il ne portait clairement pas les parures de Fils. Ah, il ne pouvait pas prendre le risque.

- Bon je m’en fou. Ecoute, j’ai été blessé par un traite, par pitié, que tu sois l’un d’eux ou pas, aide moi et je t’aiderai en retour.


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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Mar 8 Aoû - 16:35


Le temps était toujours aussi peu clément, les éléments s’abattant sans relâche sur la forêt. Les Tadryens auraient, pour cette fois, eu raison de se cacher sous leur dôme, mais les Destructeurs avaient raté l’occasion de jouer les craintifs. Nous avions mis la Nature dans une sombre colère, peut être en étions nous aussi responsable, peut être protégeait-elle simplement ses intérêts. Mon regard était sombre, mes muscles totalement meurtris, tout comme le reste de mon corps. Je sentais ma peau gonflée, le visage tuméfié par les branches que j'avais violemment prises en roulant dans les courants. Sa venue me fit sourire, tout comme ses mots et ses gestes, mais ils perdirent rapidement tous leurs sens lorsque les cris continuèrent de percer notre cercle d’intimité que nous avions mis en place. Je regardais un bref instant le gel qui me soulageait brièvement, avant de replonger mon regard dans le sien. Mes mains saisirent sa nuque pour ensuite y faire glisser mes bras, ma joue dorénavant sur son épaule. C’était stupide, voire dangereux, mais qui ferait attention à nous dans un chaos aussi démesuré. De mes maigres forces, je serrai Calvin qui ne comprendrait surement qu’à peine mon comportement. « Un jour, tu ne pourras plus ignorer les signes, ni toi, ni ton peuple. » Une phrase à double tranchant, puisque dans ces quelques mots, je mentionnais nos rencontres fortuites et surtout, le fait que la Nature choisisse sans cesse de nous épargner avant de nous réunir, mais également de son peuple qui se ligue contre l’Équilibre, se trompant de chemin. Je desserrai mon étreinte, prête à partir, jusqu’à ce qu’un second Tadryen fasse son apparition, le début d’un problème plus que banal, puisque le Bleu nous avait pris sur le fait. Je restai dos à l’inconnu, proche de Calvin. Murmurante, bougeant à peine les lèvres. « Je peux faire en sorte que la Nature s’en occupe, s’il peut poser problème. » La branche était si haute, le courant si proche de nous. Une simple bousculade pourrait suffire.

Un hurlement me fit légèrement me retourner, jusqu’à ce qu’un second me fit sortir du cercle intime et m’avancer plus en avant sur la branche. La voix stridente de Mihanä appelait maman pour la sortir de cette ramure flottante qui s’agitait dans les courants. Je descendis alors pour être à hauteur de ses bras lorsqu’elle passerait sous une des immenses branches. « Lève tes bras ! » Ses mains s’étirèrent instinctivement vers moi à ma vue. Elle continuait de pleurer, terrorisée par les poissons scintillant près d’elle. Je la saisis par les poignets pour la remonter, la serrant dans mes bras pour la rassurer, le gel s’étalant contre son cou. Une main fit alors son apparition, un corps, encore en vie, essayant d’attraper des branchages jusqu’à en saisir un, pliant dangereusement, prêt à céder. Je déposais ma sœur sur le côté, me dirigeant vers le survivant. « Viens m’aider ! » Je saisis le poignet de cette Tadryenne, tirant de toutes mes forces pour la sortir de l’eau.  La tête émergea, mais le reste du corps semblait solidement attaché au fin fond des flots. « Enlève ton armure ! » criais-je, m’asseyant maintenant afin de tirer sur mes jambes et tenter de la bloquer au niveau des épaules. « C’est une Tadryenne ! La sauve pas ! » Criait Mihanä. « La sauve pas ! Elle va vouloir nous tuer ! » « Ferme là ! » Hurlais-je à boue de force et de nerf. « Ce n’est pas ce que l’on t’enseigne ! » Ma mâchoire était serrait à m’en briser les dents. « Enlève ton armure ! » redis-je en sa direction. Mihanä resta un instant interdit avant de s’agenouiller près de la femme. « Comment on fait pour l’enlever ? » Elle posa ses mains sur le métal, cherchant un mécanisme afin de lui ôter. Mes mains glissaient lentement sur l’armure, j’étais prête à lâcher prise. « Je vais le lâcher. » Lançais-je avec sérieux. « Je vais te lâcher et tu vas enlever ton armure. Je te récupérerai plus loin. Si tu la gardes, tu vas te noyer. Si tu l’enlèves, peut-être tu te feras attaquer par les animaux marins qui ne se font pas emporter par les courants, mais tu auras une chance de survivre. »  Je soufflais une dernière fois, continuant de la maintenir hors de l’eau. « Je te lâche ! » Je desserrai mon emprise avant de courir sur la branche voisine, prête à la récupérer. Je m’agenouillais pour mettre mes bras dans l’eau, visible et attrapable par la Tadryenne.
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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Ven 11 Aoû - 22:06

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Une fois arrivé dans la forêt, Zacharias n’avait pas été déçu de pouvoir déposer son confrère tadryen parmi le camp d’opération et prendre un peu de repos. La journée avait été exigeante et la fuite de la Clivia n’avait pas été de tout repos également. Au moins, toute sa petite équipe avait réussi à se tirer des ennuis et gagner la sécurité relative du centre d’opération. Tout en se dégourdissant un peu et en remettant ses idées en ordre, le Varoc cherchait son ami de qui il avait été séparé quand Vallarin avait choisi d’aller s’occuper des blessés au lieu de le rejoindre pour chasser les Veilleurs. Refusant de se laisser aller à l’inquiétude, Zacharias attendait son arrivée ou sa rencontre fortuite avec celui-ci. Quelques nouvelles leur parvenaient du front et certaines confirmaient des impressions que les gens avaient eues sur la ligne de ravitaillement : des traitres avaient pris place dans les rangs tadryens pour saboter leur opération. L’ancien réfugié ne savait pas s’il avait envie d’en rire ou d’en pleurer. La déchéance humaine n’avait donc aucune limite. En plus que les Fils d’Ohibaan et les Tadryens se menaient une guerre ouverte, des opérations d’infiltration et de sabotage se menait également. Est-ce que ces traitres étaient des Tadryens qui avaient tourné le dos à leur frère ou des Fils d’Ohibaan ayant réussi à s’intégrer parmi eux? Difficile à dire et aucune de ses deux possibilités ne semblaient faire de sens quand on y pensait.

Quand enfin Zacharias retrouva Vallarin, les deux amis échangèrent une accolade et trouvèrent un endroit pour attendre la suite des choses. L’attente fut toutefois beaucoup moins longue que les deux amis ne l’avaient pensé. L’arbitre le plus impartial dans ce conflit avait décidé de prendre sa place et de montrer aux hommes que leur guerre était futile. Les deux hommes avaient toujours trouvé que c’était ridicule pour les humains de se livrer combat alors qu’ils avaient déjà peine à survivre à la nature quand ils étaient unis. Pas que la nature était une ennemie, juste qu’elle était une force avec laquelle les hommes n’avaient pas réussi à trouver de manières de cohabiter viables. Quand la faune fut prise de panique, la tension monta en flèche parce que cela ne présageait rien de bon. Quand la première vague fit son apparition et que les ordres de repli fusèrent de partout, mal retransmis par les communications déréglées par la pluie, il était déjà trop tard pour pouvoir y échapper. Zacharias regarda la vague et comprit qu’il ne pourrait y échapper. Il regarda son environnement, conscient qu’il devait trouver une manière de résister au choc à venir.

Réfléchissant rapidement, Zacharias repéra deux arbres qui formait un V assez serré et y grimpa pour se coincer entre les deux troncs. Ainsi, quand la vague allait arrivée, il ne serait pas propulsé à l’autre bout et serait retenu par un tronc et quand la vague se retirerait, il ne serait pas trainé plus loin et serait retenu par l’autre tronc. Il serait immergé pendant un moment dans l’eau, mais son exosquelette étanche lui permettrait de rester un moment sous l’eau pour que le mouvement de la vague se calme et qu’il émerge. N’ayant pas de réserve d’oxygène, il serait rapidement asphyxié dans l’armure assistée, mais il ferait le nécessaire pour retourner à l’air dès que la vague ne le balloterait plus un peu partout. Tournant la tête à la recherche de son ami, il se sentit mal d’avoir délaissé ce dernier au profit de sa survie. Néanmoins, le Varoc ne put le trouver du regard avant que la vague ne s’écrase brutalement sur le camp d’opération. Eva bloqua les respirateurs de son casque et Zacharias serra les jambes autour du tronc, sentant son dos heurté brutalement le tronc derrière lui. Ne pas avoir eu l’exosquelette, le choc lui aurait sûrement fait des dommages bien plus importants. Après d’interminables secondes, la vague se retira et son casque vint s’écraser contre le tronc devant lui, l’armure l’empêchant de s’assommer bien qu’il en resta étourdi.


— Quand le courant sera au neutre, tu vas devoir quitter l’armure Zach, sinon tu ne survivras pas. L’air va te manquer rapidement et l’armure va te faire couler au fond. Tu ne pourras pas te hisser en hauteur avec elle et les branches ne tiendront pas. Pour ma part, je serai transféré dans ta nouvelle armure quand tout sera terminé.

Eva avait raison, l’armure assistée allait le noyer s’il n’en sortait pas. Gardant son calme et respirant calmement pour économiser son air, il attendit que le courant cesse de l’attirer contre les troncs. Quand enfin les forces qui s’exerçaient sur lui se calmèrent, Zacharias prit la plus grande inspiration possible et appuya sur le bouton pour déverrouiller l’armure et en sortir. De manière probablement téméraire et prenant des risques sûrement inutile pour plusieurs, il prit le temps de reprendre la carte mémoire de son IA de son armure et la garda fermement en main. Il n’allait pas laisser Eva derrière, même si elle pourrait être ‘copiée’ dans une nouvelle armure. Posant ses jambes sur les troncs, il se poussa avec force pour rejoindre la surface et nagea pour terminer de rejoindre l’air libre. En arrivant à la surface, il constata qu’une autre vague se dirigeait vers eux. De nouveau, il s’agrippa au tronc en rejoignant ses mains et ses pieds et encaissa la vague du mieux possible en retenant sa respiration. Quand il émergea de nouveau, il chercha rapidement un meilleur endroit pour survivre et parvenir à se sortir de ce bourbier.

Suivant le mouvement général de retraite et de fuite en hauteur et en zone plus ou moins épargnée par le cataclysme, il vit plus loin une personne qui arrivait avec le courant et qui avait besoin d’aide. Homme ou femme, Tadryens ou Fils d’Ohibaan, impossible à savoir. De toute façon, actuellement ce genre de futilité n’avait pas d’importance et personne n’allait vraiment ouvrir d’enquête sur le fait qu’il avait sorti un Évolué de l’eau. Rapidement, il mit la carte mémoire d’Eva dans une poche avec une fermeture pour ne pas la perdre et s’accrocha aussi solidement que possible à l’arbre où il se trouvait et tendit la main pour attraper la personne qui passait tout près. Sortant le bras de l’eau, il entoura le bras de ses pieds pour augmenter sa force et lutter pour sortir la personne de l’eau et la hisser en sécurité.


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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Ven 11 Aoû - 22:13

Vallarin Draske


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Quand Vallarin se joignit au camp d’opération établi dans la forêt d’Hannaamu, il constata l’ampleur de la déchéance que créait cette guerre. Épuisé et n’ayant pas les ressources, il ne se rendit pas auprès des blessés et s’activa à reprendre un peu de force et de contenance en sachant que d’autres épreuves allaient suivre lors de la suite de cette guerre ou du retrait des troupes. Sa joie fut encore plus grande quand il retrouva son ami Zacharias et il lui administra une forte accolade même si son ami n’aimait pas beaucoup la proximité physique. Il profita de ce moment pour se fixer un repère et s’ancrer dans le présent. Restant ensuite avec son ami, il échangea avec lui sur les derniers évènements et fut heureux d’apprendre que les deux Veilleurs qui avaient pris part au massacre de leur rang soient décédés. Il expliqua de son côté au Varoc les soins qu’il avait administrés à un enfant qui s’était retrouvé parmi les soldats et qui avait vu les crocs d’une bête de proche. Au final, ni l’un ni l’autre ne put trouver d’explications à la présence d’un enfant dans un tel chaos et ils décidèrent de ne pas creuser plus sur le sujet pour ne pas finir de perdre espoir en la race humaine.

Toutefois, le chaos précédent n’était rien quant au chaos qui arrivait. Comme tout le monde, quand le bruit et la faune se mirent à perdre toute retenue, Vallarin se releva et chercha l’origine. Origine qui lui fit froid dans le dos. La vague gigantesque promettait d’être autant sinon plus meurtrière que tout ce qui s’était abattu sur eux jusqu’à maintenant. Au final, la nature reprenait ses droits sur l’humanité et les remettait à leur place. Le médecin militaire, qui n’avait en fait aucune expérience hors de Tadryon, fut saisi de panique à la vue de déluge à venir et ne sut pas quoi faire. Il en oublia même la présence de son ami plus calme et plus apte à garder son sang-froid. Complètement démuni face à la puissance des éléments, il fut emporté violemment par le flot et secoué sans ménagement dans son armure assistée. Heureusement, Chiron bloqua les entrées d’air et l’eau ne s’infiltra pas dans son exosquelette, évitant à Vallarin de se noyer. Par contre, cela l’exposait à l’asphyxie puisque l’armure n’avait aucune réserve d’air autre que celle déjà présente dans le casque. Désorienté et perdu, se débattant pour s’en sortir malgré le sol boueux glissant, il épuisa rapidement le peu d’air qu’il avait en réserve dans le casque.

Est-ce que Chiron lui parla ou non, le colosse ne le capta pas dans sa panique. Par contre, quand l’armure s’ouvrit et que l’eau envahit son environnement, il comprit immédiatement qu’il était maintenant laissé à lui-même sans armure. Au moins, sans le poids de l’armure, ses efforts lui permirent de remonter à la surface et de prendre une grande goulée d’air. Cherchant à retrouver son souffle, il avala pratiquement autant d’eau que d’air. Tournant la tête en tous sens et cherchant désespérément une échappatoire à sa situation, on aurait cru un enfant qui tombait à l’eau pour la première fois. Ce qui n’était pas loin de la réalité puisque c’était la première fois qu’il était à l’eau. Quand des prédateurs marins se joignirent à la partie, lui enfonçant par moment la tête sous l’eau et mordant dans ses vêtements et même sans sa peau, le massif tadryen paniqua de plus belle. Incapable d’utiliser son arme pour se débarrasser des prédateurs, convaincu qu’il ne s’en sortirait pas et à bout de son sang-froid, Vallarin se mit à se débattre encore plus violemment, frappant de manière approximative pour tenter d’atteindre les animaux aquatiques le mordant. Avec de grands cris de désespoir et de rage, il sentait ses forces diminuer de plus en plus, sans pourtant parvenir à se calmer.


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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Sam 12 Aoû - 10:39


Exosquelette : Aucun Module
Améliorations d'Exosquelette : Aucune amélioration
Armes : P-2 Nixe
Objets : Aucun

Recrudescence




Teagan ne sentit pas immédiatement qu’on la surplombait. Les doigts qui aggripèrent ses poignets étaient uniquement en contact avec le métal mouillé. Ce ne fut que lorsqu’elle sentit qu’on la tirait vers le haut qu’elle parvint à bouger la tête, la relever puis la tourner légèrement sur le côté pour apercevoir, au milieu de ses mèches humides emmêlées, une femme qui lui venait en aide. Plutôt que de céder à l’incomprehension, au doute, l’espoir naquit soudainement en elle. Une flammèche brûlante qui irradiait dans sa poitrine. Minuscule, la lueur peinait à se maintenir au milieu des flots, mais elle tenait bon. Elle était porteuse d’un message qui donna à la jeune femme une nouvelle énergie. La Varoc resterait en vie.


Teagan voulait croire de tout son être en cette nouvelle perspective. Mourir noyée, dévorée par des monstres marins carnassiers était terrifiant, et maintenant que l’hypothèse qu’elle puisse grimper sur cette branche lui était confirmée, elle ne pouvait imaginer qu’il en soit autrement. Pourtant, le doute était permis. Les deux inconnues peinaient à la sortir du torrent. L’armature que la brune portait lui avait promis la mort dès lors que la vague l’avait percuté. Ce poids qu’elle avait tout autour de son corps n’était plus une protection bienvenue, mais la promesse qu’elle serait toujours attirée vers le fond. Et personne n’était en position pour la lui retirer.
Malgré cela, Teagan gardait espoir, naïvement. Sa sauveuse devait avoir assez de force pour la soulever, ce alors qu’elle était mouillée et glissée sous une lourde peau de métal. Entendre l’inconnue, après plusieurs longues et vaines secondes à tenter de la tirer hors de l’eau, lui annoncer qu’elle la lâchait, ébranla l’ensemble de son être, détruisit tout ce qui venait d’être animé par la chaleur de cette douce flamme. La conscrite écarquilla des yeux horrifiés, alors que tout, dans les paroles prononcées plus tôt, auraient pu lui indiquer le dénouement des événements. Elle avait la sensation de s’être prit un coup en pleine poitrine, elle n’arrivait de nouveau plus à respirer.

- Nan … Me lâches pas !!

Teagan tenta d’aggriper les poignets de l’inconnue, mais elle glissa. Ses doigts, qui avaient lâchés la branche pour ne se tenir qu’à la créature qui lui avait promit la vie sauve, furent démunis lorsque le soutien apporté disparu. La tadryenne repartit soudainement vers le fond, emporté par le courant bien trop fort. L’air qu’elle avait dans les poumons s’échappa lors d’un cri étouffé par les vagues, qu’elle ne parvint pas à contrôler. A nouveau, son combat contre les éléments repris, et mêlé à l’eau qu’elle avalait, s’ajouta l’angoisse qu’elle n’aurait jamais deux fois la même chance. Jamais d’autres branches ne retiendront son corps, pas plus qu’un autre être ne parviendrait à lui venir en aide.
Mais Teagan n’avait plus rien à perdre. Elle se démena, tenta d’atteindre précipitemment le mécanisme dans son dos qui la libérerait de son exosquelette, et lorsque celui ci s’activa, elle n’y cru même pas ses yeux. La jeune femme n’avait plus conscience de rien, n’arrivait plus à réfléchir. Dans son esprit, seule une idée se répércutait, trouvant échos chaque nouvelle seconde qui passait loin de la surface, et ne laissant aucune place à la moindre décision. Une autre partie d’elle, plus instinctive, contrôlait ses faits et gestes dans le seul but de la faire survivre, sans demander l’avis de sa raison défaillante. Aussi, une fois libérée de sa prison de métal, Teagan se mit à battre des jambes pour rejoindre la surface sans vraiment y penser, déterminée à atteindre un but que son cerveau croyait impossible à atteindre. Elle n’avait jamais eu l’occasion d’apprendre à nager, son corps se débattait pour suivre une direction maladroitement, celle de la surface, et il finit par y parvenir, alors que rien n’assurait qu’elle n’avait pas déjà dépassé la branche sur laquelle s’était réfugiée sa sauveuse.
Mais Teagan n’avait plus rien à perdre. Alors après une nouvelle goulée d’air, elle brandit comme elle le pouvait ses bras, dans l’espoir que quelqu’un, quelque chose, retienne ses poignets nus, tandis qu’elle essayait plus que difficilement de se maintenir hors de l’eau à l’aide de ses deux membres inférieurs.

Deux mains vinrent la retenir, soudainement. Celles ci arrêtèrent sa folle course au travers des vagues, l'immobilisant d’abord avant de la tirer, difficilement sur l’écorce d’une autre large branche. Sa peau s’écorcha contre le bois, son corps malmené percuta douloureusement la branche sur laquelle elle s’effondra en tremblant, recrachant toute l’eau qu’elle avait pu avaler. Elle dégoulinait d’eau, de sang, de sueur et de peur mêlés. Mais elle était en vie, et elle n’arrivait pas à le croire. Ses yeux fixaient les flots, encore terrifiés par cette démonstration de la puissance de la Nature, par l’idée que sa vie ai pu définitivement quitter son corps. Elle n’arrivait à prendre conscience qu’elle avait pu s’en sortir, échapper à l’étau de la mer en colère, tout comme elle peinait à accepter que la femme qui ai promis de l’aider ai tenu parole.
Teagan n’avait pas encore reprit son souffle, pourtant elle releva la tête vers l’inconnue qui était venue à son secours pour la remercier. Son regard encore un peu brumeux croisa des yeux noisettes, encadrés par des mèches châtains. Le visage sale, marqué par un maquillage particulier, en partie effacé ou étalé par la pluie, des vêtements de peau, une allure féline. Une fille d’Ohibaan.
Teagan se raidit un instant. Non pas d’horreur, mais de surprise, et d’incomprehension. Son esprit, encore sous le choc, ne parvenait pas à réfléchir et à suivre une réflexion pour essayer de comprendre comment de tels êtres avaient pu se retrouver à la sauver. Alors elle se contenta d’hocher la tête, encore sonnée, remettant sa réflexion à plus tard

- Merci ..


Il lui fallu quelques instants pour reprendre contenance, prendre conscience du niveau de l’eau qui ne cessait de monter, des vagues qui affluaient encore.

- Il faut qu’on s’éloigne d’ici

Teagan se finit par se redresser. Il fallait rejoindre un endroit sûr. Ses yeux glissèrent sur la flore environnante, cherchant un moyen de se mettre en sécurité. Ils glissèrent sur un Tadryen à l’allure familière, qu’elle fut heureuse de découvrir en vie à à peine quelques branches d’elle. Calvin, quoi que lui aussi en piteux état, semblait s’en être sorti sans trop de séquelles. Mais lui aussi, devait s’éloigner des flots.





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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Sam 12 Aoû - 20:59

Heldwige Dvärn


 
   
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Tu avais vu arriver la vague de loin. Mais tu n’avais pas été la première à prévenir ton peuple. L’un des Namencläs qui vous accompagnait, alors plus en avant en éclaireur, avait alerté le groupe soudainement, d’un cri lourd d’une menace bien trop proche. C’était lui qui avait attiré ton attention vers l’avant des troupes, même si la fuite de tous les oiseaux dans la direction opposée fut un facteur tout aussi décisif.  En équilibre sur une branche haute, ta lance dans une main et la seconde aggripée à une liane, tu surplombais ton peuple devenu nomade depuis plusieurs heures désormais, et était en bonne position pour voir loin devant toi. C’est ainsi que tu aperçu le torrent qui s’approchait à une vitesse phénoménale de votre position. Cette vision t’arracha un frisson horrifié. La Nature se révoltait, et pour vos punir de vos crimes, se retournait contre vous au plus mauvais moment. Tous les hommes, toutes les femmes, les enfants comme les vieillards, qui marchaient entre les troncs et les larges feuilles de certains arbustes, venaient de quitter leur foyer. Alourdis par les biens qu’ils avaient pu transporter, fatigués par la marche qui avait duré pendant des heures, tous semblaient démunis face à ce torrent en approche. Rares étaient ceux qui auraient pu se hisser avec aisance dans les hauteurs sans abandonner tout ce qu’ils traînaient depuis le Hameau des Sylves. Nombreux essayèrent, d’autres préférèrent  abandonner leur fardeau pour s’échapper.

Tu aurais pu être facilement en sécurité, toi, perchée suffisamment haut pour éviter le plus gros des flots. Mais tu ne pouvais pas rester dissimulée dans les feuilles à regarder ton peuple promit à une noyade certaine, sans rien faire pour l’aider. Dès lors que tu aperçus les premières vagues et que dans ton esprits s’esquissèrent les conséquences dramatiques de ce cataclysme, tu te laissas précipitamment glisser au sol pour apporter ton soutien aux plus affaiblis. Tu aidas une gamine aux mèches claires à rejoindre les bras protecteurs de son tuteur hissé sur une branche plus haute, puis un vieil homme à grimper. Souvent, tu jetais des oeillades vers ta droite, rapides, mais suffisantes pour te montrer à quel point le tsunami s’approchait vite. Et c’est avec horreur que tu le vis te menacer de toute sa hauteur alors que tu grimpais à ton tour en t’aidant du bras de ton frère.

La vague te percuta violemment au niveau des jambes, si fort qu’elle te déséquilibra. Le choc surprit Denethor et tu échappas un moment à sa poigne. Basculant sur le côté, tu heurtas le tronc de ta hanche, chose qui brouillat momentanément ta vue,  mais tu eus le réflexe de tendre un bras pour te rattraper à quelque chose. Une autre paire de mains, différente de celle de ton aîné, s’aggripa à ton poignet presque immédiatement pour empêcher ton corps d’être emporté par le courant. On tira sur le membre saisi, t’arrachant une plainte douloureuse, mais on parvint à te remonter sans trop de soucis.
Ce ne fut pas le cas de tout le monde. Saine et sauve dans les hauteurs de la sylve, tu voyais en contrebas d’autres fils d’Ohibaan qui n’avaient pas eu cette chance, être emportés par la vague. Cette vision d’horreur tendit l’ensemble de tes muscles. La colère de la Nature retournée contre ses enfants était injustifiée et terriblement mortelle. Combien de membres, en plus des guerriers perdus lors du combat avec Tadryon, ton peuple renverrait-il à la terre ? Combien de nouveaux arbres alliez vous replanter, combien d’arbustres, pour combien d’enfants ? Cette injustice t’écoeura, te révolta. Avant même qu’on ne te somme de rester à ta place, tu te précipitas au travers des arbres à la poursuite de tout être vivant que tu pourrais extirper de l’étreinte de la mer. Car tu savais que nombre d’êtres, parmis les Evolués emportés, se débattaient avec les flots. Tu voyais des bras surgir entre les vagues, des têtes, des visages. Leur corps étaient ballotés, certains étaient précipités d’une telle puissance contre les troncs que tu savais qu’il n’y aurait plus rien à faire. Mais d’autres parvenaient, bonne étoile ou véritable manoeuvre tu ne savais que choisir, à esquiver les plus gros obstacles, faisant perdurer leur agonie quelques minutes encore.
Tu repéras des mèches brunes surgir à plusieurs reprises des flots, et te précipitas vers une branche tombée en travers du torrent pour espérer pouvoir l’aider à sortir de l’eau.
L’effort à fournir était considérable, tu manquas de basculer en avant en t’opposant en courant, mais tu parvins, au dernier instant, à maintenir ton équilibre précaire sur l’écorce. Tirant de toute tes forces, tu aidas le garçon à se hisser à la surface.
Il était blessé à la tête et au bras, avait du avaler de l’eau à plusieurs reprises, mais il était vivant. Tu l’abandonnas aux mains des quelques fils d’Ohibaan qui t’avaient suivis dans ton initiative et te précipita en direction d’un autre.


C’est à force de courir après des hommes, vivants, parfois morts, que tu te retrouvas mêlée à tous les autres. Aux combattants de ton peuple envoyés au front mais aussi aux hommes encore en armure qui avaient survécus tant aux combats, qu’à la marée.Ceux là, tu les repéras les premiers. A vrai dire, tu leur tombas même littéralement dessus. Dans la précipitation, tu percutas un homme qui venait d’apparaître dans ton champs de vision, suffisamment fort pour que, attiré par sa position désavantageuse, il manque de retourner à la mer.
Tu le vis perdre l’équilibre sans comprendre, et toi même, surprise de te retrouver face à qui que ce soit, du te rattraper au tronc avant de tomber.
Tes yeux glissèrent sur l’homme qui se redressait, et tu croisas son regard. Un tadryen, reconnaissable à ses vêtements bien différents des tiens. Tu avais bien failli provoquer sa chute.

Tu fronças soudainement les sourcils. Cette idée n’était pas pour te déplaire.
Ton regard se raffermit soudainement. Debout sur ta branche, tu ne craignais plus de tomber, mais t’approchait plutôt vivement de ton ennemi pour le contraindre à reculer. Craignant d’être toi même en danger, tu favorisas un mouvement rapide, aidée par une lame que tu tiras de son support et pour l'enfoncer d’un geste vif dans la chair de l’homme, avant de chercher à le faire basculer dans l’eau.


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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Dim 13 Aoû - 15:22

Son corps fut tiraillé entre l'envie de se raidir sur place ou de relâcher toute la pression de l'instant, de retourner l'enlacement. Mais la raison de Calvin primait sur son instinct, ses bras demeurant ballants le long de son corps, éreintés par tout ce chaos. Il sourit faiblement aux mots de Nasträlya. A certains égards, l'impression de n'être que dans un rêve était puissante. La réalité macabre tenait néanmoins à le ramener, l'intimité n'ayant guère sa place. Il recula légèrement, son regard s'assurant que personne ne les avait remarqués. Ce n'était pas le cas, cette voix en particulier revint le hanter.

Ses doigts se resserrèrent sur son arme de poing, sans pour autant braquer celui-ci sur l'intrus. Un Tadryen, privé de son exosquelette. Calvin soupira tout bas : enfin, l'un de ses pairs l'avait pris sur le fait. Il était temps que cela arrive, n'est-ce pas ? Le conscrit n'était point sûr de s'être préparé à ce moment. Mais puisqu'il se tenait aux côtés de sa muse, il assumerait tout. Il eut une dernière pensée pour sa famille déchirée, ses faux frères d'arme, et la Ville Azurée. Cependant, contre toute attente, cette heure n'était peut-être même pas encore venue. Il releva un peu plus le regard vers le soi-disant soldat. Sa voix lui était entièrement familière, et cette blessure à l'épaule concordait étrangement avec l'altercation de tantôt. Et surtout… "Je m'en fous." C'était lui. Calvin vit rouge. Un Tadryen intègre ne prononcerait jamais ces mots. Quelle douce ironie que la traîtrise vienne à lui, toute démunie, si vulnérable. Le médecin n'écouta que d'une oreille les murmures de Nasträlya, que l'infiltré n'avait pas dû entendre. Calvin aurait bien répliqué mais son casque risquait d'amplifier la sonorité. La Nature est déjà bien trop occupée. Il la laissa s'éloigner de ce futur champ de guerre, au moins ne sera-t-elle pas un dommage collatéral ; pas cette fois, plus jamais.
" Je n'ai plus de gel… Confia-t-il en s'approchant doucement, ralenti par ses blessures. La dernière dose qu'il avait consommée lui permis de ne pas boîter, mais l'effet ne durera guère longtemps. Laisse-moi voir de plus près. Le champ de vision de son casque semblait être focalisé sur l'épaule ensanglantée du traître, mais, en sous-jacent, le regard de Calvin ne quittait pas son visage, la personnification de la perfidie. Soudain, sa jambe atteinte sembla fléchir sous son poids et l'équilibre mourant le fit chanceler sur le "Tadryen". Celui-ci faillit tomber à la renverse, mais Calvin l'agrippa par son haut tandis que son autre main se raccrochait à une branche derrière, la poigne de celle-ci étant en partie gâchée par la présence du revolver entre ses doigts. Grâce à tout ce manège, le jeune Lovelace s'assura que le traître ne tenait plus son fusil des deux mains, pure réflexe de libérer au moins une lorsqu'on était en danger. Calvin inspira profondément et ramena sa jambe valide en arrière, le geste mimant le secours qu'il apportait. Ça, c'est pour ma jambe. " Lâcha-t-il en relâchant à la fois la branche arrière et l'infiltré, son propre corps bascula vers le tronc et sa main armée se cala sur la jambe gauche du traître pour tirer à bout portant. La puissance de feu fit inévitablement tomber le traître en contrebas ; seulement là, la Nature décidera de son sort. Et ça, ce sera pour toutes les vies que tu as anéanti.

Le dos de Calvin s'écrasa contre le tronc, la respiration haletante lui fit retirer son casque pour l'accrocher à sa ceinture. Sa jambe était en proie à un mal infâme, mais au moins il avait pansé en partie l'une des plaies infectées de ce monde. L'adrénaline le fit éloigner de cet endroit, au cas où l'autoproclamé Veilleur revenait à la charge. Il prit appui sur le tronc et les branches pour se rapprocher de Nasträlya, accompagnée d'une toute jeune Fille d'Ohibaan, et de la Tadryenne qu'elle venait de tirer d'affaire. Calvin étira un sourire, soulagé, mais l'embarras de la situation le tut. Même si, au moins, Teagan n'était pas une traîtresse et venait de vivre ce que lui avait vécu maintes fois en cette forêt maudite. L'eau affluait de plus en plus ; de l'autre côté de la rive, il assista impuissant à la dévoration d'un soldat par un Pocha. Il fallait monter, et surtout déguerpir. Il s'assied sur la branche pour ne plus solliciter ses jambes et tendit sa main vers elles pour les aider à rejoindre les hauteurs.

" Où est ta famille ? Lança-t-il à Nasträlya, elle était sa priorité. On va… Il adressa un bref regard à Teagan, incertain qu'elle le suivrait, malgré le fait qu'une Fille d'Ohibaan venait de la sauver. Je vais t'aider à les rej— " Voulut-il déclarer fermement mais les effets du gel médical venaient de s'estomper, et cela se ressentait, sa main libre se portant instinctivement vers la plaie ; il allait devoir boiter à partir de maintenant. Il serra des dents, le regard en biais, il ne voulait pas abandonner, pas comme ça. Il jura tout bas.



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Phèdre
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Lun 14 Aoû - 16:43

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À certaines heures, l’occasion de remporter la confiance d’un être que l’on cherche à tromper se refuse. Soumise aux insondables caprices du destin, la rencontre de la brune et de Carlis n’eut jamais lieu. L’inquiétude quant au sort de sa prétendue congénère n’eut pas même le temps de se frayer un chemin jusqu’au coeur de la jolie menteuse. Un terrible fracas emporta le monde, effaçant l’ardeur de ses sens en éveil. Ce fut comme le déferlement brusque et sauvage d’un inexorable cataclysme. Décontenancée, elle s’accrocha à l’arbre qui lui tenait lieu de perchoir sans comprendre les tremblements qui agitaient le tronc. Intriguée par la tournure des événements, elle laissa la vague sonore perdre de sa puissance et finit par baisser les yeux vers le sol. Un capharnaüm sans nom se déroulait en contrebas. Abasourdie, elle vit un monstrueux raz-de-marée s’abattre sur les réfugiés. Le Sälish ne résista pas, sa force balayée sans pitié par la puissance de l’eau. Le corps inerte de Kalhaëm que Thälya portait courageusement glissa de ses épaules. Fauchée par l’impitoyable liquide, la jeune femme tomba à genoux et disparut à son tour sous les flots. Le reste du groupe n’en réchappa pas indemne. Certains eurent le réflexe inespéré de se hisser sur les végétaux ; les autres s’effondrèrent. Une symphonie de hurlements apeurés et d’échos déchaînés dissimula la subtile mélodie de l’exil.

Phèdre ferma les paupières. Insensible au déluge, sa chair fut saisie d’un frisson extatique. La pluie qui venait battre contre sa peau, la forêt qui s’écoulait sous les eaux, tout se fondait en une kyrielle de sonorités d’une violence exquise. Étrangère face à l’inconnu, elle laissait passer sur sa langue toute la saveur de l’orage. De légères vibrations heurtaient le bois. Une secousse plus virulente lui fit comprendre qu’il était temps de réagir. Il lui fallait venir en aide aux rescapés et s’efforcer de sauver ceux dont la force s’évanouissait. En de pareilles circonstances, même ses maigres connaissances représentaient une porte de sortie convenable. Sans perdre davantage de temps, elle avança sur le promontoire pour trouver une prise plus ou moins sûre, le chemin d’origine étant noyé sous des litres infernaux. La descente ne se fit pas sans mal. Une nouvelle vague s’écrasa contre le tronc auquel elle s’accrochait. Seules ses phalanges couvertes d’une sève gluante dont elle ne connaissait guère les effets lui évitèrent une chute trop brutale. Son dos rencontra le sol gorgé de liquide. Légèrement sonnée, elle se releva, désormais trempée jusqu’aux os. Sans même jeter un regard aux Fils, elle s’éloigna de la clairière ravagée. De longues minutes s’écoulèrent, où, luttant avec la boue qui engluait ses pas, bravant l’audacieuse substance, elle marcha à la recherche de ses camarades. Rien.

Et soudain, la brune aperçut quelqu’un. Aux prises avec les vagues, l’individu paraissait dépossédé de toute sa puissance. Elle ne savait pas qui il était. À cette distance, impossible de voir autre chose qu’un corps en péril, même pour elle. Attristée par ce spectacle de misère, elle s’approcha de la berge improvisée. Malgré le tumulte, la jeune femme avait remarqué que le suc collait ses doigts entre eux. « Hey, toi, là-bas ! Quand tu arriveras à ma hauteur, accroche-toi au rocher ! Je t’aiderais. » S’il parvenait à agripper la pierre, elle pourrait sans doute l’attraper pour le faire revenir vers la terre. L’adhérence devrait être suffisante pour lui permettre de se maintenir en place quelques instants, à supposer que la colère des vagues n’estompe pas les effets. Fiévreuse, elle enduisit soigneusement la surface rocailleuse, se débarrassant allègrement de la substance gluante. L’exercice ne fut pas aisé. Le froid s’insinuait contre sa peau depuis ses vêtements trempés, faisant trembler chacun de ses muscles. Elle ne sentait même plus ses jambes à demie immergées. À mesure qu’elle voyait l’autre approcher, une arrogante certitude s’enroulait autour de son coeur. Chaque être dérobé à la sinistre emprise des flots noirs était une preuve de leur faiblesse farouche. La Nature savait les détruire. Jamais pourtant elle ne parviendrait à les briser. Elle était la vie ; ils l’étaient aussi.

Soulagée de voir qu’il ne restait que quelques secondes avant qu’elle ne puisse mettre l’homme en lieu sûr _ pour autant qu’on puisse parler de sécurité en une pareille occasion _, la jeune femme relâcha sa vigilance. Les conséquences de ses récents efforts se faisaient sentir d’une manière inattendue : la fatigue enveloppait son corps d’une caresse anesthésiée. Imprudente, elle avança d’un mètre ou deux pour réceptionner celui qui arrivait. Malheureusement, Phèdre ne connaissait pas les remous impétueux des courants marins. Il lui sembla que quelque chose venait  s’abattre contre elle. Sans comprendre, elle se sentit soulevée dans les airs. L’instant d’après, une bouffée d’eau glaçait la paroi fragile de ses poumons. Entraînée vers des profondeurs où sa taille ne lui permettait pas de rester à la surface, elle tenta de se débattre pour retrouver un semblant d’oxygène. D’une maladresse désespérée, ses gestes ne servaient qu’à ériger des gerbes d’eau autour d’elle. Sa danse désordonnée ne menait à rien. Croyant retrouver un appui, elle posa le pied sur un objet inconnu qui se déroba aussitôt et bascula à la renverse. Ses yeux ne voyaient rien que des formes indistinctes qui se mouvaient en un rythme saccadé. Plus téméraire que ses congénères, l’une de ces apparitions enfonça ses crocs dans l’avant-bras de la jeune femme. La vieille blessure se rouvrit sur le champ. Le sang se mêla à l’eau. De son autre main, elle dégagea sa lame pour asséner quelques coups au hasard. Son assaillant prit la fuite. Les prédateurs savaient toujours se retirer pour fondre sur leurs proies au meilleur moment. Le spasme d’un sanglot secoua son corps meurtri _ ou peut-être était-ce l’absence d’air qui posait un voile sombre sur son regard. Pourquoi diable avait-elle quitté les délices indicibles de l’Alcôve ? Ballottée en tous sens par une mer dont elle admirait la fureur, elle laissa ses prunelles s’imprégner encore de cette rage insoupçonnée et s’immobilisa. Son visage s’abîma sous les flots. Sorties du néant, Phèdre reconnut les somptueuses phalanges de sa sœur qui plongeaient vers elle. Enfin, elles allaient être réunies. Elle voulut parler. Ses lèvres ne bougèrent pas. Elle eut un pauvre sourire. Ses doigts flétris se tendirent vers cette poigne inespérée. Toi et moi, et le monde aussi. Serait-ce éternellement sa dernière pensée ? Les femmes de sa famille ne survivaient jamais longtemps. C’était vrai, en fin de compte.
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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: ♦ Recrudescence ♦ [Évent | RP Multi] Ven 18 Aoû - 4:32

Plus grand-chose ne surprenait le Varoc, la vie lui avait déjà montré que le pire était loin d'être la fin du pire. Quand on pensait avoir vu quelque chose de surprenant, il fallait comprendre qu'il y avait encore des choses bien plus déstabilisantes. Mais ce qui arrivait là, maintenant, lui donnait envie de tout simplement cesser de lutter. Même quand la nature leur montrait que le seul moyen de survivre était de s'unir, certaines personnes trop étroites d'esprit continuaient de s'emmurer dans les œillères de la violence et du sang. Peut-être que c'était Zacharias au final le problème. Peut-être que c'était tout simplement lui qui était fatigué et désabusé par la vie et l'humanité. Peut-être. Parfois, il se demandait si la nature ne faisait pas que reprendre ses droits. Après tout, un organisme vivant éliminait les bactéries et les maladies qui le dévoraient. C'était peut-être ce que la nature faisait avec eux. Cela menait habituellement à deux alternatives : le virus s'accrochait avec ténacité, mais était détruit ou le virus détruisait l'hôte et mourrait en perdant son hôte. Était-ce le sort réservé à l'humanité? C'était peut-être le cas.

Quand la femme était entrée en collision avec lui, il n'avait pas lâché le bras de la personne qu'il tentait de remonter à la surface et c'était appliqué à reprendre son équilibre autant que possible. Sa position stable qu'il avait pour maximiser sa force de traction pour sortir la personne de l'eau lui permit le tout facilement. Du coin de l'œil, il remarqua qu'il s'agissait d'une Évoluée, mais n'en fit pas de cas. Comme il ne portait aucune haine particulière aux fils et filles d'Ohibaan, il oubliait souvent que l'inverse n'était pas vrai. Même s'il était beaucoup plus varoc que tadryen. Cette erreur allait pourtant avoir une conséquence des plus notables. Visiblement incapable de mettre la haine aveugle avec laquelle on lui avait lavé le cerveau et sans aucune capacité d'analyse de la gravité de la situation, elle jugea opportun de passer à l'attaque et de prolonger cette aberrante prise d'armes qui n'avait mené les deux camps qu'à une catastrophe futile. Ce résultat, pourtant tellement visible, semblait être impossible à capter pour la majorité des deux camps et Zacharias ne savait pas ce qu'il faudrait pour que les lumières s'ouvrent dans l'esprit des gens. Avant même de voir la lame, il savait ce qui arrivait. Il devait faire un choix. Se défendre et laisser la personne partir à l'eau ou bien s'exposer et tenter de maintenir la victime pour lui donner une chance de survie.

Zacharias n'avait jamais laissé personne derrière et il ne commencerait pas aujourd'hui. Ne pouvant éviter la lame, il se plaça au moins pour ne pas recevoir la blessure dans un endroit vital. Quand la lame lacéra sa chair, il serra les dents et grogna comme un animal en cage qui se faisait marqué au fer. Fermant son esprit à la douleur qui remontait ses nerfs, il se concentra uniquement sur la personne qui commençait à sortir de l'eau. La poussée que cette Évoluée lui donnait pour le faire plonger, permettait également à l'homme qu'il avait récupéré d'être remonté. Son esprit travaillant à une vitesse folle, le Varoc jugea que le meilleur choix était d'aller à l'eau pour se retirer de portée de la lame de son adversaire. À Tadryon, on pourrait traiter sa blessure et l'infection que ces eaux lui donneraient avant son trépas. Enfin, il espérait bien. Avec rapidité, histoire de ne pas laisser le temps à son adversaire de lui bloquer sa manœuvre, il raffermit sa prise sur le bras de l'homme qu'il tirait depuis tout à l'heure et retira ses pieds de celui-ci pour repousser le bras qui l'attaquait, espérant se libérer du couteau avant de se donner un élan vers l'arrière et plonger à l'eau.

La bouche aussi pleine d'air que possible, les yeux fermés pour éviter de se récolter des saletés dedans, il bougea ses mains avec précisions pour changer sa prise sur le bras et venir se sécuriser à la branche, se glissant sous le corps de l'homme qui maintenait. Continuant de puiser dans ses réserves d'énergie uniquement présente de par son instinct de survie, il remonta l'homme qu'il aidait depuis tout à l'heure avec son corps et ses jambes, usant de ses bras pour se sécuriser après la branche. Le visage tatoué qui émergea de l'eau avec lui ne faisait nul doute sur le camp du pauvre bougre qui n'avait plus la force de se sauver lui-même. Il semblait à peine sortir de l'adolescence et Zacharias fut de nouveau outré de voir une telle jeunesse prise dans les conséquences de cette guerre sordide. Si Zacharias parvenait à lui faire reprendre un peu de sa volonté de se battre pour vivre, le jeune homme pourrait contribuer à son sauvetage et le Varoc n'aurait pas travaillé comme un dément depuis tout à l'heure pour rien.


« Ne prends pas trop de temps pour reprendre ton souffle, parce que l'eau n'attendra pas qu'on soit prêt pour abattre de nouveau. Hisse-toi avec tes bras et tente d'enrouler tes jambes à la branche pour te stabiliser. »

Avec sa blessure, le Varoc n'allait pas le remonter tout seul, c'était certain. Il allait falloir que ce jeune Évolué fasse sa partie des efforts, sinon c'était voué à l'échec. Déjà, Zacharias sentait la sueur qui ruisselait sur lui. La branche calé au creux de ses coudes, il serrait biceps et avant-bras aussi fort que possible pour se tenir en place et ses mains serraient ses manches à s'en rendre les jointures blanches. Ses jambes en place autour de la taille de l'Évolué pour le retenir et son corps travaillant tout entier pour lui tenir le visage hors de l'eau, il se dit que c'était probablement une scène qu'il aurait cru impossible jusqu'à aujourd'hui. Il ne regarda même pas la femme l'ayant attaqué et qui était probablement toujours là. Si elle décidait de continuer à l'attaquer, il ne pouvait rien y faire. Et, Zacharias n'allait en rien l'implorer de le sauver ou de l'épargner ou de prendre conscience qu'il sauvait un des siens pendant qu'elle cherchait à le tuer. Si elle passait de nouveau à l'attaque en préférant condamner l'Évolué que Zacharias s'échinait à sauver, le Varoc trouvait une autre façon de s'en sortir. Si elle le laissait en paix, il continuerait sa tâche et oublierait même leur rencontre. L'aide de celle-ci n'était pas une option qu'envisageait le Varoc, pas après la gratuité de l'attaque initiale de cette étourdie.

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