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 Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn

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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Lun 14 Aoû - 16:42

Heldwige Dvärn

   
Jeux d'Esprit

   
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- Hel’ ! Hel’, s’il te plait, emmènes moi avec toi !

Tu t’immobilisas, puis te tournas à demi pour regarder derrière toi, un peu sur ta droite, vers l’origine de ces interpellations. Seäter accourait vers toi, ses bras tendus pour te rattraper. Tu posas ta lance sur le sol tout en t’accroupissant et écartas les bras pour laisser la petite fille d’Ohibaan s’effondrer contre toi. Ta main se glissa au travers de ses mèches rousses alors que tu l’enlaçais.

- Allez, je m’ennuie ici !

Tu esquissas un sourire attendri. Ta cadette était l’une des rares à te les tirer si facilement. Tu glissas ton nez contre le sien quelques précieuses secondes avant de déposer tes lèvres sur son front.

- Nan Sëater. Je vais trop loin pour t’emmener.
- Mais .. Je suis grande maintenant .. !
- Pas assez

Elle tira une moue boudeuse en comprenant à ton regard que tu ne changerais pas d’avis. Tu savais que ta soeur avait apprit à être aussi obstinée que toi. Elle n’abandonnerait pas si facilement. Aussi, plutôt que de lui offrir un non catégorique qu’elle aurait davantage envie de défier, tu préféras la pousser à changer d’avis. Tu te reculas un peu pour la lacher et la regarda droit dans les yeux, très sérieuse cette fois ci. Tu la jaugeas ainsi pendant plusieurs secondes, sans un mot, semblant réfléchir comme si tu pesais le pour et le contre.

- Mh .. D’accord. Mais si je ne reviens pas ce soir, et toi non plus … Tu imagines comment maman va s’énerver ?

La gamine se raidit et grimaça.

- Et si elle apprends que, en plus de ton retard … tu es sorties de la forêt ? Tu auras les fesses toutes rouges, tu ne pourras plus t’asseoir pendant trois jours. Tu la regardas, désolée. Puis tu secouas la tête comme si ça n’importait peu. Mais soit, comme tu veux, allons y.

Tu l’attrapas soudainement par la taille et la soulevas de terre en prenant soin de récupérer ton arme posée dans les feuilles en même temps. Tu te dirigeas d’un pas énergiques vers la passerelle. La rouquine secoua violemment la tête et posa ses paumes sur tes épaules. Elle poussa de toutes ses forces dessus pour s’échapper de ton étreinte.

- Non, pas comme la dernière fois .. ! Reposes moi, je ne veux plus y aller !

Tu t’immobilisas et lui glissas un regard surprit.

- Ah oui ? Tu te dégonfles ?

L’enfant se rembrunit. Elle retroussa le nez, croisa les bras sur sa poitrine, le menton dressé bien haut, fière.

- Bien sûr que non. Mais maman a dit qu’elle avait besoin de moi aujourd’hui. Je dois l’aider.

Tu ne parvins pas à retenir un sourire sincère et amusé. La cadette des Dvärn allait donner du fil à retordre à ses parents. Tu devrais surveiller qu’elle ne prenne pas trop de grands airs, et lui inculquer les bonnes manières, sinon quoi elle deviendrait une vraie petite peste. Mais pas aujourd’hui, d’autres créatures au caractère complexe requéraient ton attention.
Tu embrassas sa joue et la reposas à terre.

- Evidemment. Dépêches toi de la rejoindre alors.





Tu étais partie seule cette fois. Autour de ton cou, tu avais fixé une cape en peau de garge, chaude. Elle te serait utile là où tu allais, mais pour l’instant, la température, quoi que à peine fraîche, n’était pas suffisamment basse pour que tu en aies une réelle utilité.
Tu avais pris ton habituelle sacoche. Celle reçue des années plus tôt, à peine assez grande pour y déposer quelques rations et un carnet. Tu n’avais rien besoin de plus. Dans ta main droite demeurait ta lance trois crocs, et sur ta cuisse, une lame courbée que tu avais passé un long moment à aiguiser.
Tu marchais d’un pas souple et rapide. Tu connaissais la forêt d’Hanaamu, tu savais où tu étais, quels étaient les dangers qui t’entouraient, comment les éviter, comme tu savais où tu allais. Le mont Harân.

Tu avais longtemps songé à cette énigme que la tatoueuse t’avais laissé en partant. Un triangle, et un crochet. Une partie avait été facile à deviner, mais la seconde .. Tu peinais encore à lui trouver un sens. Le triangle pouvait désigner plusieurs choses. Une grotte, ce à quoi tu avais d’abord pensé, mais tu avais vite finit par songer à la montagne enneigée que tu apercevait souvent entre les feuilles de la sylve. Mais le crochet … Tu avais bien pensé à un grappin, pour pouvoir atteindre le sommet, mais cela te paraissait peu vraisemblable. Ou .. une arme recourbée. Cette fois, il n’y avait pas beaucoup de rapports avec les sommets du mont. Tu avais continué de réfléchir. Une corniche abrupte ? Une plante particulière ? Tu avais toujours eu du mal avec la flore et laissait de bon gré les travaux d’herboristerie à ton frère. Un fleur avec de telles pétales, ou épines, pouvait bien exister dans les hauteurs gelées non ? Et puis … La bleutée était à l’origine à la recherche d’une fleur, pourquoi ne pas faire un lien ?
Cet indice était resté vague. Mais tu avais eu une occasion de te rendre sur la montagne escarpée pour tes études, tu espérais en profiter pour revoir la singulière inconnue.





Tu te tenais immobile, à distance raisonnable. Accroupie dans la neige, un genoux appuyé sur le sol et l’autre relevé, tu observais silencieusement la faune qui s’était regroupée au milieu des Dalus et des Sitnus. Deux jolies plantes aux feuilles magentas, que des reflets blancs faisaient scintiller comme si elles avaient gelées. Un petit groupe d’Hitams, comportant cinq membres, était occupé à se sustenter sans se douter de ta présence. Du moins, si celle ci avait été remarquée, sans que tu ne suscites la moindre méfiance.
Tu faisais attention à respirer doucement. Tu ne voulais pas effrayer ces créatures que tu connaissais encore mal.
Sans les quitter du regard, tu recherchas à tâton le carnet que tu avais posé sur un petit rocher juste à côté de toi. Tes doigts rencontrèrent la rugosité de la pierre, mais aucune reliure de cuir. Tu fronças les sourcils, baissas les yeux pour trouver à quel endroit tu avais posé ton bien. Mais impossible de le trouver.
Ton expression se fit plus sévère. Tu en vint à fouiller ta sacoche, qui s’avéra tout aussi vide de tes notes. Toujours accroupie dans l’espoir de ne pas surprendre les herbivores, tu te tournas silencieusement pour poser sur ton environnement un regard scrutateur.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mer 16 Aoû - 16:30

♦ Jeux d'esprit ♦


Spoiler:
 

" La prochaine fois que tu repars ne m'oublie pas hein ? " Ceci étaient les mots de Nathaniel la dernière fois que Carmen était rentrée d'une de ses petites excursions. Il commençait à la voir rentrer avec beaucoup trop de bleus et contusions, sans parler des découvertes intéressantes qu'elle semblait faire. Il était la personne la plus proche de Carmen et pourtant Nath' n'avait aucune idée de ce que Carmen faisait en dehors de son atelier et des chambres du plaisir. Elle passait du temps à discuter avec lui cependant, vivant ces épisodes par procuration. Cette fois encore Carmen partirait sans lui, elle n'avait nul besoin d'un chaperon, pensa t elle.

De toutes manières, elle ne comptait pas aller bien loin, les monts étaient certes dangereux mais elle s'accommodait de l'environnement. De temps à autres elle restaient cachées, et d'autres fois elle restait avec les groupes les moins hostiles et suivait les lents déplacements de ces créatures. Cela lui donnait une couverture relative, les créatures hostiles attaquaient rarement les groupes. Tant qu'elle n'effrayait pas les troupes, il toléraient sa présence. Carmen passait souvent par ce flanc de montagne, c'était le passage le plus sûr qu'elle connaissait mais aussi celui qui menait au village de fortune des pèlerins. Carmen avait prit l'habitude, lors de ses vacations dans le mont, de faire halte vers eux. Ils étaient plutôt hospitaliers et ne posaient pas trop de questions, une qualité rare. Avec eux le fait d'être bleue ou non importait peu, du moment que vous échangiez vos possession lors de commerce, et que vous vous reposiez calmement lorsque vous n'en faisiez pas, tout irait bien. Notre amie bleue échangeait avec eux des informations, un meilleur passage par ci, une bête égarée à chasser pour le souper par là et l'affaire était conclue.

L'un des pèlerins avait affirmé avoir vu une étrange jeune femme en contrebas. La description qu'en faisait l'indigène rappela quelque chose à la couleuvre bleue, quelque chose d'extrêmement familier. Un sourire s'était dessiné sur son visage encapuchonné alors qu'elle reconnaissait dans la description des vêtements et des cheveux une récente connaissance. Elle demanda donc l'endroit où ils l'avaient aperçu pour la dernière fois avant d'en prendre la direction.

Carmen se déplaçait silencieusement dans les flancs de montagnes neigeux, le problème était tout de même qu'elle était une tâche noire dans l'immensité blanche. Elle pensait être repérée avant tout autre chose mais à sa grande surprise Carmen avait entraperçu plus haut l'objet de sa poursuite. Immédiatement elle s'était cachée, se jetant sur la moindre paroi qui lui servirait de couverture. Après quelques instants, son souffle diminua, elle tourna légèrement la tête hors de sa couverture rocailleuse et s'aperçut que sa cible était toujours au même endroit. Elle distingua avec plus d'attention que la fille d'Ohibaan était affairée à observer autre chose, quoi qu'il en soit Carmen eut une idée dangereuse mais trop tentante pour ne pas être exécutée.
Ni une ni deux, elle se déplaça de manière filoute vers la fille d'Ohibaan. Tous les pas de Carmen s'enfonçaient dans la neige lentement mais sûrement, elle ne voulait pas faire un bruit, fort heureusement les vents faisaient assez de bruit pour couvrir ces petits bruits, une parole en revanche briserait certainement l'ensemble.

Carmen n'était maintenant qu'à quelques pas de sa cible, ses mouvements se faisaient encore plus agiles, imitant ceux de l'animal dont nous tenons son surnom. Les hitams semblaient affairés un peu plus loin, le petit groupe n'avait que faire des intruses, à vrai dire ils ne semblaient pas avoir remarqué la présence de l'une d'elles. L'excitation rendait Carmen nerveuse, c'était son moment préféré, la seconde suspendue juste avant de mettre à exécution son méfait. La fille d'Ohibaan se trouvait à quelques dizaines de centimètres d'elle, ses cheveux reposaient le long de son dos lui même arqué en direction du troupeau d'Hitams. Carmen notait que la jeune femme était en plein éveil, aussi elle choisi de retenir sa respiration, ses mouvements se faisant constants mais lents. Elle tendait sa main droite vers le carnet, ses yeux oranges rivés sur la tête de la sylvaine. D'un air malicieux mais toutefois stressé, elle continuait inexorablement sa lancée. Le plus dur serait, une fois la main sur le carnet de la dame, de le soulever sans faire de bruit ou sans alerter dans une vision périphérique la charmante enfant d'Ohibaan. Un vent fort souffla un instant que Carmen finit par chérir. Elle en profita pour relâcher sa respiration et se saisir du petit livre, puis elle se baissa afin de se cacher sous le rocher où était agenouillée l'intruse. Carmen en profita pour ranger son acquisition à côté de son propre carnet. La sacoche était un peu lourde mais rien de bien notable. N'ayant toujours pas été remarquée, la jeune spectre voulu pousser le vice un peu plus loin. Généralement, on s'arrange pour tout prendre en un coup, les êtres humains sont dotés d'une sorte de sixième sens, si vous portez trop longtemps le regard sur eux ils finissent par le sentir. Ce même genre de moment où l'on relève les yeux vers un endroit ne sachant trop pourquoi pour finir en duel de regard avec de parfaits inconnus. Bien sûr il y avait une explication bien plus rationnelle, mais ce n'est pas ce qui aidera la voleuse dans ce contexte.
Sa curiosité autant que sa gourmandise la perdra, avec un brin d'excitation supplémentaire, Carmen tendit ses deux mains vers la sacoche qui pendait sur la cuisse de la fille d'Ohibaan.

Ses mouvements se firent fluides mais extrêmement lents là aussi. elle s'était d'abord saisie de son pourtour afin de garder la même pression constante que la sacoche exerçait sur la cuisse. Le plus dur lui demanderait le plus de dextérité. D'un doigt elle releva ce qui aidait à fermer l'ensemble, puis elle s'aida de trois autres pour glisser sa main en toute discrétion. Carmen entra en contact avec le contenu de la sacoche, certaines choses lui semblaient peu anodines mais l'heure n'était pas à la fine bouche. Elle prit entre ses doigts ce qu'elle touchait et serrait fermement ses phalanges dessus. Il faudrait garder cette tension jusqu'à extirpation complète du sac. Carmen avait finit par trembler légèrement de la main, signe qu'il fallait écourter l'action.
Pourquoi Carmen n'avait elle pas plutôt profité de cette action pour se saisir des armes de sa cible me direz vous ? Tout simplement parce qu'il faudrait les glisser hors de ce qui leur servaient d'attache et que les sensations ainsi procurées l'auraient trahie. Carmen ne prenait que ce qui était accessible, et encore, aujourd'hui elle jouait avec le feu.

Lorsque son larcin fut achevé Carmen se rendit compte que la majeure partie de ses acquisitions étaient des provisions. Il y avait même un fruit qu'elle ne connaissait pas. Remettant ses observations à plus tard elle choisi de se retirer dans le silence qu'elle avait utilisé pour se rapprocher. La fuite était la plus drôle, mais aussi la plus dangereuse. Bien sûr, la couleuvre ne faisait que jouer, elle voulait contempler la réaction que causerait son méfait aussi elle n'avait eut le temps que de se cacher derrière un rocher voisin. L'un des hitams releva sa tête, il avait entraperçu l'ombre noire de Carmen parmi la neige. Ne détectant aucune menace, il la rabaissa et retourna à ses affaires. De son côté Carmen s'était figée derrière son abri de fortune. D'un oeil averti elle continua d'observer la fille d'Ohibaan. De l'autre elle feuilleta le contenu du carnet qu'elle avait au préalable ressorti. Pour la grande partie, Carmen n'en comprenait pas le sens, certaines notes semblaient claires mais d'autres signes venaient crypter toutes informations. * Fascinant *
Le carnet bleu de la couleuvre avait certains codes, mais ils lui étaient propres, tandis que d'autres étaient parfaitement lisibles et représentaient des visages ou des objets qu'elle avait décrit. Rien de très personnel, un cahier d'observations tout au plus. Dans celui de la sylvaine en revanche, un langage mystérieux prenait place, visiblement il s'agissait de signes d'Ohibaan. Certaines légendes ou dessins prenaient place mais Carmen n'eut pas le temps d'en découvrir bien plus. Sur le côté de l'action s'était formée. La jeune femme découvrit avec un agacement joliment dessiné sur son visage qu'elle avait été victime d'un odieux larcin. Carmen referma doucement sa trouvaille entre ses mains en le rangeant subtilement dans son sac d'où elle l'avait retiré, aux côtés de son carnet bleu.

Les yeux de la fille d'Ohibaan arrivèrent jusqu'à elle et Carmen se baissa très précipitamment. Trop. Elle venait d'être découverte, la frisson qui la parcouru la tétanisa pendant un instant, mais sur son visage on découvrait une autre expression. Elle n'était pas effrayée, bien qu'elle le devrait peut être, mais au contraire ravie. Certes il lui fallait un plan dans l'instant, mais elle ne pu s'empêcher d'émettre un tout petit rire de satisfaction, elle avait réussit à se soustraite à la vigilance de sa cible pendant un long moment. Maintenant qu'elle était découverte toute la situation lui paru comme un jeu curieux auquel elle avait prit du plaisir, elle reconnaissait sa défaite mais n'était pas mauvaise perdante. Cependant, ce que Carmen ne semblait pas réaliser c'était la situation précaire dans laquelle elle se trouvait, car la réaction de sa charmante compagnie n'allait certainement pas être aussi amusée.

Carmen se releva, il n'était plus la peine de se cacher dans ses conditions. Le troupeau d'Hitam s'anima, l'un d'eux eut un sursaut et deux autres des membres du troupeau reculèrent par réflexes. Cependant, comme aucun de ce qu'ils pensaient être de potentiels prédateurs n'avaient effectué d'action hostile envers eux, ils ne bougèrent pas plus. Leurs petites têtes cornues étaient en revanche alertes et pointées vers leur direction. Seul un hitam ne semblait pas trop se préoccuper de l'instant et continuer à renifler le sol.

La jeune spectre était prête à bondir en arrière si nécessaire, mais elle sous-estimait certainement la force dans les jambes de sa victime qui pourrait bondir sur elle en un instant, quoiqu'il en soit, Carmen avait le bénéfice du doute et les possessions de la jeune femme en otage. La couleuvre bleue avait porté sa main contre la sacoche qui renfermait son larcin, le sourire aux lèvres elle envoya un regard insolent et adressa à la fille d'Ohibaan quelques salutations :

" L'endroit te plaît ? "


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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Sam 19 Aoû - 12:19

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Tu ne pris pas le temps de débarasser tes doigts nus de la poudreuse. Pas plus que tu ne pris la moindre seconde pour enlever la neige sur tes genoux. Ton attention était certes retenues par divers éléments, mais certainement par une telle futilité. D’un oeil attentif, tu cherchais autour de toi, dans un périmètre assez restreint le carnet qui avait disparu tandis que d’un autre plus distrait, tu surveillais les herbivores et t’assurais de ne pas faire trop de bruit pour ne pas les effrayer. Tes yeux s’aggripèrent à la moindre tache de couleur qui dénaturait le blanc de ce mont enneigé. Les rocs sur lesquels poussaient des plantes aux couleurs chaudes, les cornes brunes des Hitams, ta sacoche en cuir. Mais aucune trace du petit cahier.
L’avais tu oublié dans ta hutte, posé encore sur la fourrure qui couvrait ta couche alors même que tu avais choisi cet endroit pour ne surtout pas l’oublier ? Ta cadette, aussi taquine qu’agile, te l’aurait-elle dérobé lorsque tu l’avais prise dans tes bras pour te contraindre à la retrouver ? L’avais tu fais tombé lors de l’ascension du mont ? Non. Tu étais certaine de l’avoir extirpé de ta besace en t’installant dans la neige pour observer le petit troupeau. Peut-être que, à l’instar des Mumu dans la forêt d’Ohibaan, l’une de ces créature aurait prit un malin plaisir à te le voler ? Ou s’était-il dit que quelques feuilles manuscrites pouvaient s’avérer un mets aussi étrange que goûteux ?
Ton attention se reporta sur les créatures paisibles. Tu les comptas rapidement, vérifiant qu’aucune n’avait disparu avec ton bien, tout en jetant un coup d’oeil à leur gueule. Chacune mastiquait sans te porter la moindre attention, laissant le plus souvent quelques feuilles rosées dépasser d’entre leur lippes. Une nouvelle piste infructueuse. Tu te retournas à nouveau, cherchant cette fois un indice autour de toi. Il ne te fallut pas longtemps pour remarquer la neige tassée derrière toi, la série de petit pas profonds qui filait droit vers un rocher derrière lequel une silhouette se dissimula prestement. La déduction que tu tiras de ces quelques preuves ne te plû guère. Tu fronças les sourcils, irrité par ce larcin dont tu venais d’être la victime, et incapable de comprendre ce qui avait pu motiver pareil vol. Ton carnet n’était qu’un recueil d’observation. Des silhouettes animales dessinées encore malhabilement sur une page, parfois sous différents angles pour laisser apercevoir des griffes acérées, une courbe particulière où de petites aiguilles, et ce, toujours accompagnées de quelques annotations. Des comportements que tu avais pu remarquer chez certaines créatures, des préférences, des peurs, des stratégies d’attaque, un mode alimentaire ou de reproduction. Certaines phrases étaient barrées, corrigées juste au dessus, ou des détails avaient été parfois rajoutés avec une autre encre, plus tard, d’une écriture plus étroite mais plus maîtrisée. Il en allait de même pour toutes les esquisses. Nombreuses avaient été corrigées dès lors que tu fus capable de tracer des traits plus justes, donnant à tes dessins un aspect à la fois brouillon mais précis. Il en paraissait d’autant plus vieux qu’il avait été abîmé par le temps. La pluie, le vent, des gestes maladroits ou même des tâches de sang, les pages en avaient vues de toutes les couleurs, de même que la reliure de cuir. En dix ans de temps, tu avais eu bien des occasions de le détériorer.
Ce petit cahier n’avait aucune valeur. Un ramassis de feuilles sales griffonnées de notes que tu avais pu prélever toi même. Il était presque illisible pour nombre d’étrangers, n’avait presque aucune valeur pour les fils d’Ohibaan qui avaient déjà connaissance de toutes ces informations, et était à peine plus important pour toi. Tu avais enregistré dans ton esprit tous les détails qui auraient pu concerner la faune et dans l’hypothèse où ce support disparaissait, tu pourrais sans problème te les remémorer. Cependant … Il était le résultat de nombreuses années d’un travail solitaire. Un recueil de toutes tes découvertes sur le terrain, de toutes tes erreurs, de tous tes succès. Une preuve manuscrite de ton expérience acquise au fil du temps, de ton évolution sans aucun soutien. Ce n’était pas un cahier de cours, des notes prises face à l’oration d’un des Zoomiran de retour d’une expédition, un savoir reçu par un autre. Uniquement ce que toi, tu avais tiré d’heures silencieuses passées à écouter la faune.
Ce carnet n’était rien de plus qu’un vague souvenir de l’adolescente curieuse mais encore naïve que tu avais pu être à tes débuts, les réminiscences d’une jeune femme toujours aussi solitaire mais encore éternellement déterminée à en apprendre toujours plus.
C’était dommage de le perdre, mais tu pourrais faire sans.

Finalement, ce qui t’agaçait le plus, c’était que quelqu’un se soit permis de se jouer de toi. Ce genre de crime était prohibé dans le hameau, mais sans que cela ne soit vraiment officiel. Un respect d’autrui inhérent, que quelques gamins se permettaient parfois de détourner dans le seul but de taquiner. Tous savaient pourtant que tu n’aimais pas ce genre de jeu. Tu peinais donc à croire que le malfrat soit l’un des fils d’Ohibaan. Aucun ne t’aurais suivi ici juste pour s’amuser, et Denethor n’aurait pas fait une telle entrée. Tu penchais davantage pour l’un des mômes du village alpin que tu avais traversé un peu plus tôt.
Tes doigts se resserèrent sur le manche de ta lance. Le pillard allait comprendre son erreur.

Tu ne te redressas pas. Accroupie, tu glissas du roc sur lequel tu t’étais installée puis fit quelques pas dans la neige en t’appuyant sur trois de tes membres. De cette façon, tu t’assurais de rester encore assez discrète pour ne pas effrayer le troupeau d’hitams, état d’alerte justifié par un mouvement qu’ils auraient perçu comme potentiellement dangereux et qui aurait pu avertir l’intrus. Le faire fuir n’était pas dans tes objectifs. Un Mälana en chasse n’avait rien à gagner à se lancer dans une course poursuite derrière sa proie s’il pouvait l’approcher silencieusement et la surprendre. Reproduisant le comportement du fauve, tu t’avançais à patte de velours dans la poudreuse. Tes muscles étaient tendus pour s’assurer de ne faire aucun bruit. Tu ne prêtais aucune attention au froid qui engourdissait tes doigts.. Tu t’efforçais de respirer très lentement, de focaliser ton attention sur ta cible sans te couper de ton environnement. Lors d’une partie de chasse, n’importe quoi pouvait se mettre en travers de ta chemin, mais il ne fallait jamais se laisser surprendre.

Tu parvins à rejoindre le refuge du voleur sans trahir tes attentions. Tu te relevas lentement, dénouant petit à petit ta colonne courbée et raidie. Ce n’est qu’une fois entièrement redressée que tu pus apercevoir le malfrat. Celui ci avait choisi cet instant pour se pencher et tenter de t’apercevoir. Peut-être pensait-il se délecter de tes réaction face à ce larcin qui dont tu venais d’être la victime, tirant une joie perverse de ce doute, de cette inquiétude puis de cette colère qui avaient successivement tirés tes traits. A moins qu’il ne cherchait uniquement à te surveiller pour déterminer quand est-ce qu’il pourrait s’enfuir avec tes affaires. Dans un cas comme dans l’autre, tu lui avais coupé l’herbe sous le pied.
En le voyant apparaître soudainement dans ton champs de vision, et à quelques centimètres de toi, tu eus pour premier réflexe de pencher ta lance. A peine. Juste de façon à appuyer la pointe centrale sur sa gorge, juste sous sa mâchoire. Ainsi, tu le contraints même à relever la tête.

Une peau bleue. Des iris dorée. Des mèches obsidiennes aux reflets cobalt dissimulées sous une large capuche noire. Un sourire insolent étirant ses lippes. Ce profil t’étais familier. Tu restas immobile, dans la simple idée de la laisser dans une posture délicate encore quelques instant. Le moindre de ses mouvement entaillerait certainement son épiderme. A nouveau, l’idée de marquer sa peau ne te déplut pas, même si tu ne provoquas pas l’écorchure.
Tu savais que la tatoueuse était à l’origine de la disparition de ton carnet. Son simple geste, sa main protectrice sur sa sacoche, en était une preuve flagrante. Tu étais étonnée qu’elle t’aies trouvé avant toi, cependant, tu n’étais pas si surprise de découvrir qu’elle avait eu l’idée de cette sournoiserie. Elle semblait d’ailleurs en être plutôt fière, et toujours aussi effrontée, elle n’en fit même pas allusion.

- Magnifique. Mais je crois qu’avec quelques teintes écarlates … Tu appuyas légérement sur ton arme. Il n’en serait que plus beau.

Tu délaissas l’humour pour reprendre une expression sevère.

- Tu as quelque chose qui m’appartient je crois.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Dim 20 Aoû - 3:27

♦ ► ♦




Une lance faite d'os était venue se loger sur la gorge de Carmen, ses yeux étaient redescendus vers la main qui tenait l'outil de sa possible douleur. La situation ne se prêtait pas vraiment à l'insolence mais c'était tout simplement plus fort que la jeune spectre. Son sourire narquois lui valu cependant une pression supplémentaire sur la carotide qui empêcha Carmen de tenter le diable via une quelconque manifestation vocale. Il fallait reconnaître que la fille d'Ohibaan savait se fondre dans le décor, que cela soit sur le mont ou dans la forêt. Carmen n'avait pas nécessairement de bons yeux, elle savait reconnaître les plus fines expressions sur le visage des gens, mais on pouvait lui cacher bien des détails avec le détournement d'attention suffisante. En revanche son oreille était excellente, et ce qu'elle entendit au moment de sa défaite tactique furent des pas très soigneusement nimbés dans la neige, du grand art. Seulement la vue ne lui avait pas transmit la position de son ancienne cible, seule l'ouïe la prévînt trop tard de l'inévitable.
Ironie du sort, la voleuse vit son haut fait bien vite lavé par son orgueil. Elle n'aurait pas du rester pour se satisfaire de son méfait, elle le savait, mais comprenez bien que c'est toujours cette même curiosité mal placée qui la perdra une fois encore. Note à tout futurs larcins s'il lui en ait donné l'occasion, ne pas rester sur les lieux du crime, surtout quand le vol était parfait.

Carmen se garda bien de se féliciter pour l'instant, elle n'était pas sortie d'affaire et eut la sage impression qu'il n'était plus de bon ton de garder les biens de sa ravissante geôlière. Une piqûre lancinante au niveau de la gorge lui rappela d'ailleurs que le temps pressait à ce sujet. La sylvaine avait profité de se rappel pour suggérer de tâcher les écailles de sa proie avec le sang qui lui coulerait le long de la gorge si elle n’obéissait pas. Autrement dit, Carmen était figée sur place jusqu'à ce que la fille des forêts en décide autrement. Son sourire s'effaça progressivement, mais une marque en coin persistait à lui donner un léger rictus de défiance que la spectre tentait tant bien que mal de réduire.

Un léger trait de sadisme avait établit sa demeure dans les paroles de l'inconnue, une qualité plaisante qu'il sera judicieux de ne pas relever. Toutefois une pensée trouva un instant parmi les nombreuses questions qui se bousculaient dans l'esprit de Carmen ; * c'est une proposition ? *. Précisément le même genre d'insolence qui donnait milles excuses à Néréïde pour châtier derechef notre vile créature, bien entendu l'attitude hostile de la sylvaine ne se prêtait clairement pas à ce genre de jeu, ce qui acheva toute poursuite, même imaginaire, de telles rêveries. Carmen du se résoudre à répondre par le geste à la question néanmoins rhétorique de son interlocutrice.

Sa main droite plongea dans le sac contenant son récent butin, les épaules de Carmen s'étaient lâchées, comme par résignation bien que sa tête et ses yeux soient forcés de maintenir l'expression inquisitrice de la fille d'Ohibaan. L'amie bleutée n'avait seulement ressorti le carnet usé de sa créancière, pour l'heure elle ne pouvait pas bouger suffisamment aisément pour rendre la totalité des possessions à sa juste propriétaire. Les sourcils froncés de la fille d'Ohibaan avaient ceci de fascinant qu'ils renforçaient les lignes sévère de son visage, eux même suppléés par les tatouages faciaux. Les vêtements d'un ton froid n'aidaient pas à le rendre plus chaleureux tant ils résonnaient avec sa longue chevelure d'argent. Une vision certes bienvenue pour Carmen bien qu'annonciatrice de faits beaucoup moins réjouissants.
L'envie était grande au sein de Carmen d'allonger sa peine en ne rendant qu'un par un les biens de la fille d'Ohibaan, néanmoins l'idée d'user sa patience ne fut pas retenue car la raison lui rappela la dangereuse proximité d'un objet tranchant sur sa gorge. La couleuvre opta donc pour un geste plus doux, sa main droite tendait le carnet, mais sa main gauche s'était levée avec l'index levé vers le haut comme pour émettre une suggestion. Il vint ensuite s'apposer avec douceur contre la lame pour y donner une très légère pression laissant sous entendre une demande de retrait. La jeune femme n'était pas vraiment en position de discuter aussi cette demande fut la seule chose que Carmen se permit de faire. Elle souligna néanmoins sa demande par une parole affublée d'un ton léger :

- Malgré mon insolence, je n'ai pas oublié ma dette. Mais j'imagine que ça ne suffira pas à excuser mes manières ?"

Un léger raclement de gorge avait trahit ses propos avant qu'elle ne les exprime. Carmen agissait et parlait comme si rien ne l'effrayait, ou du moins comme si tout était de maigre importance. Ce n'est pas parce que votre philosophie concernant la vie fait de cette dernière un cas mineur que vous n'y tenez pas malgré tout. En effet, elle n'était vraiment pas sûre que ce doigt posé sur la lame en os ainsi que sa gorge ne se coupent dans un geste réprobateur de la ravissante sylvaine.
Carmen comptait sur le peu de menace qu'elle représentait, mais même cela peu user de la patience de ses hôtes.
Afin de changer de sujet, la couleuvre tenta de rappeler leur dernière rencontre et sa promesse de tatouage. Elle n'avait cependant pas insisté sur le fait que la proposition tenait également toujours pour son accompagnateur lors de cet évènement. Soyons honnête, bien que ce dernier lui rappelait toujours la serviabilité et le savoir, son attention prenait une plus grande importance lorsqu'elle venait se porter sur la fille d'Ohibaan, n'en déplaise à son comparse.


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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Lun 21 Aoû - 13:54

Heldwige Dvärn

   
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Tu ne la quittais pas des yeux. Ton regard soutenait le sien, défiant ses iris délicatement dorées d'exécuter le moindre mouvement regrettable. Mais malgré tes avertissements, elle ne cessait de te provoquer. Tu la voyais, incapable de réprimer tout à fait son sourire insolent, pas même de baisser les yeux face à ton autorité. Créature fière et farouche, elle reconnaissait ta puissance sans chercher à la contester, mais elle ne s’y soumettait pas pour autant. Elle jouait avec toi, simplement, titillant ta patience au même titre que ton insatiable curiosité. Elle s’était amusée à te dérober ton matériel de travail sous ton nez, et elle prenait désormais plaisir à l’agiter sous tes yeux par le biais d’un simple silence narquois. L’arme que tu t’entêtais à pointer sur sa carotide ne semblait l’avoir effrayé que le temps d’une seconde. Une période si courte que tu crûs même l’avoir tiré de ton imagination. Tu ne lui faisais pas peur, et elle aimait te le faire remarquer.
Dominait-elle la situation dans ce cas ?
Cette interrogation se fraya un chemin dans ton esprit, mais tu l’étouffas très vite. Tu restais en position de force, et d’un regard intransigeant, d’une nouvelle pression sur sa gorge presque amethyste, tu fis céder la couleuvre à tes désirs. Sa main se faufila jusque sa sacoche bien protégée et elle en tira ton précieux ouvrage.
Avant de te défier, à nouveau.
Elle plia son bras, l’avant bras à la verticale, son index levé. Ses gestes étaient mesurément lents, volontairement provocants malgré une soumission feinte. Un doigt vint se poser sur la pointe de ta lance, quémandant un peu d’espace. Tu le lui offris une fois seulement avoir nourri l’os aiguisé de ton arme par quelques gouttes écarlates, volées délibérément à leur propriétaire tant par plaisir que par menace. Tu fis mine de ne pas t’en soucier, mais ce fut à ton tour de te délecter de cet infime sursaut qui traversa la tatoueuse.

- Certainement pas. Et au contraire, je crains que celle-ci ne s’alourdisse de méfait en méfait.

Tu n’avais pas oublié sa proposition.Tu avais même longuement songé à cette suggestion, même si celle ci était toujours accompagnée d’un étrange sentiment de désillusion. Rien ne te garantissait de retomber sur cet oiseau rare, pas plus qu’aucune preuve ne t’avait été apportée t’indiquant que la créature n’était pas une incroyable menteuse. Tu savais l’animal rusé, peut-être celui ci n’aurait-il eu aucun scrupule à revêtir le miroitant plumage du beau parleur. Aussi attendais-tu encore d’avoir l’assurance d’un ramage sincère pour y croire véritablement. Cela dit, ce n’était pas pour autant que tu n’avais pas déjà réfléchis à l’esquisse que l’on graverait sur ton épiderme. Tu imaginais avec plaisir de nouveaux traits translucide sur ton visage, ou peut-être courir de ton ventre à ta poitrine. A moins que tu choisisse, en opposition aux premiers qui coulaient le long de ton flanc droit, de nouvelles tâches sur la gauche. Deux faces, trois si l’on y regardait de plus près, d’une même femme qui s’avérait finalement bien plus complexe.

Un mouvement de l’intruse te tira de tes pensées. Sa main s’était à nouveau dissimulée dans les pans de son sac, et avant que tu n’aies pu réagir, songer qu’elle puisse en tirer une arme, elle sortit de familières rations de nourriture. Tes sourcils se froncèrent de nouveau - a croire qu’ils ne savaient faire que cela -, plus surpris qu’énervés cette fois ci. Carmen avait marqué un point. Car même si tu avais été persuadée de la devancer en devinant qu’elle était à l’origine du larcin, il s’avérait qu’elle en possédait bien plus que tu le croyais. Tu ne pouvais qu’admirer ses talents. Silencieuse, discrète, habile de ses doigts. Tu ne doutais pas qu’elle puisse savoir les manier de bien d’autres façons étonnantes, et ce en plus de son talent pour le dessin. Tu préférais ne pas y songer. Tu effacas cette pensée indécente, dissimula parfaitement ton “agréable” étonnement et reprit toutes tes affaires, encore un peu ébahie face à cette constatation inhabituelle : elle t’avais bernée, et elle était bien la première à y être parvenue.
Peut-être était ce involontaire. Peut-être non. Mais tu ne pouvais lui refuser d’impressionnantes facultées, autres que celle d’être capable de te tenir tête sans que tu ne désires lui trancher la gorge.
Carmen ne cessait d’alimenter en toi un feu de plus en plus brûlant de curiosité. Mais ça non plus, tu ne le trahirais pas. Le lui signifier la ferait gagner, et tu n’étais pas prête à abandonner les armes à ses pieds.

Tu restas silencieuse, semblant même encore contrariée. Et plutôt que de lui faire part de ton intérêt, choisit plutôt de l’ignorer. Tu relevas entièrement ta lance et la quittas des yeux le temps de remettre à leurs justes places les biens que le malfaitrice t’avait dérobés, comme si tu étais certaine que cette femme ne représentait plus aucun danger pour toi. Non pas que tu la sous-estimes, mais tu choisissais ainsi de ne lui donner aucun crédit.
Lorsque ta main referma la sangle de ta sacoche, tu n’avais toujours pas relevé la tête. Tu lui avais simplement jeté un coup d’oeil furtif, pour t’assurer que tu avais toujours son attention.

- Cela dit, je doute que tu puisses t’en acquitter tout de suite.

Tu relevas le menton, dardant un regard sévère sur la criminelle, puis après une seconde, fit demi tour. Ton étude de la faune du mont Hâran s’était vue furieusement retardée par cette entrevue, et le troupeau n’allait pas rester là toute la journée. Tu avais du travail et espérait l’accomplir avant la tombée de la nuit.
Par chance, les hitams qui broutaient les rares plantes survivantes au froid ne s’étaient pas éloignés. Vous n’aviez pas crié suffisamment fort pour cela. Profitant de cette chance, tu pris garde à ne faire aucun bruit pour rejoindre ta position initiale dans la neige.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mar 22 Aoû - 4:38

♦ ► ♦




Une vive douleur avait sorti Carmen de l'instant en suspend dans lequel elle s'était retrouvé. Cet instant ne tenait qu'au bon vouloir de la sylvaine qui finit par prendre une décision en faveur, ou presque, des demandes de la spectre. Le sursaut qu'avait provoqué la surprise de cette désagréable sensation se dissipa pour laisser place à une douleur ténue. Cette sensation s'installa sur la durée, cette même impression d'avoir des piqûres le long d'une ligne finement découpée d'où coulait maintenant un fluide rouge. La coupure était particulièrement fine laissant présager un entretien parfait de la lame d'os. Un filet de sang était venu étreindre l'index de Carmen, cette dernière avait perdu son sourire dans la surprise laissant à la place une expression presque contrariée. Un hoquet étouffé de surprise s'était arrêté dans sa gorge, ne laissant entendre que l'inspiration se couper juste après la douleur. Elle savait le risque qu'elle courrait ici, à trop s'approcher du feu on se brûle, le châtiment était pour l'instant supportable.
La couleuvre nota dans un coin de son esprit que la limite pouvait se trouver ici. Du moins, celle ci n'était qu'un avertissement : les prochaines tentatives seraient considérées comme clairement provocatrices. Carmen n'était pas en mesure de contester, en revanche elle avait la réponse à ses questions ; la fille d'Ohibaan avait décidé de ne pas lui faire de mal mais elle devrait faire attention à ne pas l'y pousser.

L'instinct de préservation de la spectre la retenait mais c'était toujours cette curiosité qui la poussait vers le danger. Car après tout, ce n'était pas encore "dangereux" n'est-ce pas ? Sa langue tenta malgré tout de la dissuader de penser que d'autres risques pouvaient être prit avant d'être considérés comme critiques, le goût du sang rappelle votre fragilité. Malgré la surprenante résistance dont Carmen pouvait faire preuve, éviter les coups restait la meilleure solution. Elle aimait le goût du sang parce qu'il avait le même goût que celui du risque, chassez le naturel ... Après avoir passé de la salive sur la coupure, Carmen l'enfouit dans un de ses pans de pantalon, avec le temps cela se coagulerait, il faudrait juste laver la coupure de temps en temps jusqu'à ce que le corps fasse son œuvre. Ses yeux s'étaient relevés vers l'étrangère avec un attrait tout particulier, toute son attention était portée sur cette nouvelle qualité que l'on pouvait déceler au fond du regard de l'intéressée, semblable à celui des juges.

L'avertissement de la sylvaine était clair. Carmen était tenue de ne plus lui jouer de tours ou s'en suivrait un châtiment encore indéfini mais certainement désagréable. La lance s'était relevée, libérant totalement Carmen de la contrainte qui la maintenait comme sur un fil, ses épaules s'étaient alors détendues. Mais si le larcin avait été pardonné, allait elle vraiment en rester là ?
Sans discuter davantage, Carmen finit de rendre la totalité des possession de la jeune femme, il fallait éviter de la contrarier pour l'instant. La couleuvre avait baissé le menton n'osant regarder dans les yeux trop longtemps son prédateur, elle garda en revanche l'expression dubitative qu'avait affiché la sylvaine lorsqu'elle déballa le reste. Il semble qu'elle n'avait pas remarqué l'étendue de son méfait. Cette fois ci Carmen avait réussit à garder son sourire, la petite douleur encore présente sur le bout de son index lui rappelant le coût de son effronterie. Intérieurement en revanche deux penchants allaient dans des directions opposées. D'une part, elle venait de se rendre compte elle même qu'elle aurait pu garder une partie de son butin, bien qu'il n'aurait pas été avisé de le faire quand bien même car la spectre comptait bien rester en sa compagnie un peu plus longtemps. D'autre part, elle était ravie de voir qu'elle avait réussit à surprendre sa goêlière, elle n'était donc pas infaillible sous ces traits ineffables. Une idée particulièrement intéressante si vous voulez son avis.

Un silence relatif avait prit place durant lequel Carmen s'était affairée à la restitution surveillée. Restant de marbre, la surveillante avait prit pour décision de prendre congé, rappelant à Carmen cette attitude nonchalante qu'elle avait pu admirer lors de leur première rencontre. A présent sûre que la couleuvre restait suspendue à ses lèvres et son jugement, la jeune femme entreprit de ranger ce que la suppliciée lui avait rendu. Une assurance qui tenait de la provocation, malheureusement Carmen n'était pas en mesure de lui répondre, et la sylvaine le savait parfaitement.

* Tiens donc, et on me reproche mon outrecuidance ? *

L'intérêt que Carmen portait à l'égard de la fille d'Ohibaan avait changé d'état, la curiosité avait laissé place à une forme d'appétit. Elle lui plaisait, une compagnie comme celle ci avait tout d'aussi agréable que dangereux.
La jeune femme avait soulevé un détail technique intéressant, en effet, Carmen n'avait pas sur elle les outils nécessaires pour racheter sa dette. Cela étant, elle comptait bien s'en acquitter si on lui en donnait le droit, après tout la sylvaine n'avait pas formulé d'accord clair jusqu'à présent. Toutefois Carmen n'avait pas oublié non plus qu'elle ne lui avait jamais répondu non.

Le regard qui marqua le départ de la fille d'Ohibaan semblait d'ailleurs presque un reproche. Carmen réfléchissait alors qu'elle voyait s'en aller la chevelure argentée qui lui faisait maintenant face. Après avoir fait un tour ou deux afin d’échafauder un plan cette fois ci plus clair et simple que de vagues signaux au moment de partir la couleuvre se faufila auprès de la sylvaine. Risquant l'imprudence, la jeune spectre se tenait à distance raisonnable tout en essayant de suivre les pas affirmés de son interlocutrice.

- Et si j'avais effectivement un moyen de remédier à ce problème ? Après un court instant Carmen reprit afin d'expliquer pleinement sa pensée. Mettons que je négocie une halte au village que tu as vu tout à l'heure, disons dans six jours, et que j'apporte le matériel nécessaire ; voudrais tu me donner cette chance ?

La jeune spectre faisait un double jeu transparent, il était certain que la malice dont faisait preuve la sylvaine était un indice suffisant pour laisser penser qu'elle verrait clair dans le jeu de Carmen. Mais cela ne l'empêchait pas de le lui jouer, Carmen démontrait sa volonté sincère de marquer la peau de la magnifique dryade tout en tentant de la convaincre.

Pour ce faire, la couleuvre avait du se trahir sur deux points : la manière dont elle avait retrouvé la jeune femme et la façon dont elle avait questionné les habitants à son sujet étaient sous entendus. Elle avait également osé tutoyer la jeune femme, ayant prit cette aisance pour deux choses également. Tout d'abord pour tenter de changer de rapport, favoriser la neutralité à la place de l'hostilité, puis pour donner l'impression d'une légèreté qui la rendra certes plus vulnérable mais aussi atteignable. Par effet de mimétisme, Carmen espérait que son interlocutrice se fasse plus accessible. Elle doutait cependant que cette tentative soit concluante, mais ne pas essayer serait tout aussi infructueux.

Si la sylvaine lui disait clairement non à propos de ce tatouage alors Carmen ne le reproposera plus. Il est inutile et fort peu aimable d'insister sur un sujet aussi personnel, si la dryade lui refusait une telle proposition il serait clair pour la couleuvre que son sifflement vrilleraient ses tympans, la rendant désagréable voire excédante. Il lui fallait une réponse simple tenant dans un cas comme dans l'autre en trois lettres.
Carmen espérait ardemment que la fille d'Ohibaan accepte, cela lui donnerait une raison de continuer à côtoyer une personne aussi intéressante. Elle ne pouvait également se cacher un plaisir anticipé à l'idée de graver la peau d'une aussi charmante jeune femme.

Carmen comptait profiter de ce jour ci pour dessiner et tenter d'arriver à un accord sur le tatouage si la dryade venait à se décider en faveur de ses espérances. Elle s'était donné six jours sur l'instant, ce qui était très court pour travailler sur un projet encore indécis, Carmen en serait venue à se maudire si le suspens qui planait quant à la réponse de sa compagnie n'était pas assez prenant. Il fallait aimer les risques et le défi pour vivre la vie qu'elle menait, heureusement c'était le cas pour la spectre bleue.



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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mer 23 Aoû - 19:15

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Tes dernières paroles pouvaient avoir plusieurs significations, tu t’en étais rendue compte en marchant. De cette constatation, tu pouvais tout aussi bien relever le manque de matériel de la jeune tatoueuse que ton refus de lui concéder cette opportunité dans l’immédiat. Cette fuite pouvait d’ailleurs tout autant apparaître comme un moyen de repousser l’instant où tu lui dirais définitivement “non” qu’une façon de mettre définitivement fin à cet échange. Là n’était pas ton souhait, du moins pas véritablement. Certes, tourner le dos à la demoiselle et l’ignorer n’était pas un parfait moyen de lui signifier que tu désirais poursuivre cette entrevue étrangement commencée, mais tu ne pouvais décidément pas lui proposer à brûle-pourpoint de partager un repas dans le village alpin avec toi. C’aurait été à la fois trop simple et terriblement ennuyant. Carmen avait le don d’attiser ta curiosité, tu ne pouvais te permettre de ne pas lui rendre la pareille. Et puis tu appréciais ce jeu qui s’était lancé à votre rencontre, fait de coups bas et de provocations mutuelles. Rares étaient les sylvains à se lancer dans pareil divertissement avec toi. Dès lors que tu décidais que tu ne désirais pas parler, ou même cotoyer un être, on te laissait tranquille. Ceux qui insistaient se faisaient remettre à leur place d’une façon trop abrupte pour qu’ils y reviennent à deux fois. Et ceux que tu supportais se voyaient hésitants et timides, incapables de savoir exactement quel comportement adopter avec toi sans risquer de se faire rejeter. Leur compagnie t’ennuyais, et loin de t’être indispensable, tu t’en passais maintenant avec plaisir.
La voleuse était différente des autres, et tu aimais ça. Tu aurais bien sûr eu plusieurs hypothèses pour l’expliquer, mais tu te refusais de laisser pencher cette balance vers l’une ou l’autre des explication qui te traversait l’esprit. Tu aimais avancer à tâtons, aveugle dans ce brouillard qui entourait la tatoueuse bleutée, découvrant seulement petit à petit les courbes de son corps et les aléas de son tempéramment. Chercher en elle ce qui t’attirait te paraissait comme une tricherie déplorable. Tu n’étais pas certaine que cette partie lancée voilà deux semaines trouverait un vainqueur et c’était mieux ainsi, autant ne rien gâcher en se voulant trop précipité. Par chance, la jeune femme n’était pas plus décidée à abandonner la partie que toi, et c’est avec un certain plaisir que tu l’entendis marcher dans tes pas, puis reprendre la parole, alors même que tu avais craint, l’espace d’un instant, qu’elle n’en reste à ses derniers mots et ne fasse demi tour.

Tu la laissas te suivre sans émettre le moindre commentaire, et lorsqu’elle reprit la parole, tu étais déjà assise sur le roc enneigé, à ta place initiale. Tu gardais ce visage indéchiffrable que tu avais l’habitude d’arborer pour ne trahir aucun sentiment. Celui là même était souvent parfait pour laisser planer une sombre émotion, la dernière que tu avais pu exprimer. Garder des traits neutres, presques un peu durs sans non plus trahir la colère ou l’amertume permettait une sorte d’effet miroir qui renvoyait à ton interlocuteur vos dernières paroles. Si celles ci avaient exprimé un reproche, ton silence couplé à ce faciès de marbre ne cesseraient de lui rappeler ses erreurs. Il en allait de même pour l’ire ou la peur. En général, ne rien laisser transparaître après un tel échange t’assurait un silence qui pouvait durer de longues minutes, si ce n’était la fuite de l’inopportun. Cette fois ci, ce n’était qu’une habitude prise, possiblement une façon de tester la détermination de la tatoueuse à te cotoyer. Et ça n’avait pas manqué. Ses quelques mots formulés, la succession de ces deux questions et sa proposition qu’elle cherchait davantage à concrétiser étaient tant de preuve qu’elle tenaient à rembourser cette dette autant qu’à te revoir. De même, Carmen venait de trahir que ce désir n’avait pas été alimenté par vos soudaines retrouvailles, mais un projet qui lui tenait à coeur. Tu aurais pu en avoir un rictus aussi flatté que satisfait, mais là encore, tu réprimas toutes tes émotions.

Il te fallu plusieurs secondes de réflexion avant de répondre. Tant de secondes qui auraient pu passer pour agacées, trahissant alors un manque d’enthousiasme face à l’idée soulevée par la bleutée. A cette nouvelle pensée, tu pris conscience de la portée de votre nouveau jeu. Masques et paroles étaient souvent trompeurs, et chercher une signification au moindre geste pour adapter ton propre comportement s’avérait un effort mental peu habituel, qui pourtant te tirait l’excitation du défi. Revenant au sujet initial, tu te mis à réfléchir à ce tatouage qui te faisait terriblement envie maintenant que tu avais l’assurance que l’oiseau bleu te le graverai d’une de ses plumes. Tu étais d’accord, c’était certain. Même s’il y avait de nombreux détails à revoir.
Entre temps, tu avais ressorti ton carnet pour commencer à noter tes observations sur le troupeau du mont Hâran. C’est seulement en tournant les pages que tu jettas un coup d’oeil à la demoiselle.

- Je n’y serais que dans quatre jours. Sinon, ce ne sera pas avant plusieurs semaines. A toi de voir.

Balivernes. Tu pouvais bien y aller quand bon te semblait, et tu n’aurais eu aucun problème à revenir d’ici une semaine. Mais l’idée de la mettre au défi te plaisait. Tu n’avais d’ailleurs pas fini. Tu laissas un nouvel instant s’écouler pendant lequel ton esprit réflechissait, puis tu refermas l’ouvrage que tu venais à peine de prendre. Tu relevas la tête pour la regarder de face, plongeant tes yeux cobalt dans les deux pépites d’ori qui brillaient dans les siens pour appuyer les propos qui allaient suivre.

- Que voudrais tu me faire ? Où ?

Questions inhabituelles. Ton ton était neutre, on aurait même pu douter que ta phrase fut une interrogation. Pourtant, ton regard trahissait l’importance que tu donnais à cette demande. Tu attendais d’elle qu’elle te surprenne.




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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Ven 25 Aoû - 4:48

♦ ► ♦




Les petits pas de la spectre s'étaient arrêtés lorsque la dryade avait décidé de revenir à son point de départ. Carmen vit le carnet qu'elle avait précédemment volé retourner dans les mains de sa propriétaire, un battement de cils plus tard ses yeux étaient de nouveau rivés sur la fille d'Hanaamu. La spectre azurée ne regrettait pas une seule seconde lui avoir rendu ses biens vu la situation qui se profilait, cette entrevue allait s'avérer plus récréative que prévue. La jeune femme jouait un jeu de patience, il était maintenant clair aux yeux dorés de Carmen qu'on lui jouait un tour de patience. Sa curieuse proie savait se faire désirer, au point d'inverser les rôles et de mettre la spectre en équilibre sur le fil du doute. La façon dont elle feignait prendre des notes sur son carnet, la manière dont elle le refermait aussitôt, et surtout ce regard perçant … Chacuns de ses gestes trahissaient une constance rare, une volonté inaltérable voire presque destructrice, heureusement Carmen se rappelait qu'elle avait affaire à un membre d'Ohibaan, plutôt connus pour leur tendance à l'harmonie et non le chaos. Un rapprochement d'autant plus amusant que la couleuvre était une fidèle de cet autre penchant bien étrange. Qui mieux que le chaos pour garder l'équilibre ? Les paradoxes ne cesseront pas de hanter le monde, surtout celui des humains.

Carmen savait que se jouait devant elle une scène dont l'issue dépendrait de ses réactions, mise à l'épreuve sans aucune gêne. Peut être l'avait elle cherché, peut être celle qui lui tenait dorénavant compagnie avait un certain plaisir à la mettre en difficulté ; certainement un peu des deux.
Le jeu de la fille d'Ohibaan n'avait pas différé d'auparavant à la différence seule qu'il était ici volontaire. L'expression stoïque qui servait de bouclier autant que de menace prenait ici le rôle de l'arme, une idée tout à fait intéressante qui, aux yeux de Carmen, relevait d'une audace séduisante.

La dryade mit au défi la tatoueuse de procéder en quatre jour à l'élaboration du fameux projet. A ces mots Carmen eut l'effet d'un coup de sang qu'un rictus avait dévoilé sur le coin de ses lèvres. Le sourire ne vint pas tout de suite, il y eut d'abord un froncement de sourcils des plus singuliers lors de la découverte d'une telle demande. Cela n'allait pas être simple mais à ce stade Carmen n'allait certainement pas reculer, elle conserva néanmoins dans un sourire naissant la confirmation d'une chose ; la dryade avait accepté sa proposition.
Carmen avait porté son regard vers le vide, commençant plusieurs simulations et idées dans un coin de sa tête. Ordre et plaisir se mêlant à une tentative encore abstraite d'organiser ce qu'elle devrait faire dans les jours à venir pour se préparer à tout. Il fallait qu'elle profite de ce jour pour étudier au mieux les désirs de sa future toile tout autant qu'en déterminer la faisabilité. La tâche allait être facilitée car, de ce qu'elle avait vu dans ce, carnet la fille d'Ohibaan savait percevoir et esquisser l'objet de ses attentions. Carmen commençait à se demander quels autres tatouages le corps de cette femme pouvait cacher, il faudrait les lier ou faire un rappel sans détruire le travail de la personne qui l'avait précédé à la tâche. Une foule de questionnements qui fut interrompue par un regard envoûtant.

La couleuvre avait finit par s'habituer à la distance que gardait l'étrangère avec ses pairs, mais son dernier geste transgressait de loin cette règle. Les yeux dorés de la couleuvre étaient fixés sur ceux bleus de la fille d'Ohibaan, comme pris au piège. Malgré toute l'anticipation dont Carmen était capable, elle n'avait pas vu venir ceci. Elle s'attendait bien sûr à un regard défiant comme celui ci, mais son intensité fut une surprise. Peut être avait elle finit par se brûler, trop proche du feu la couleuvre restait immobile n'osant ni sortir du foyer ni s'en approcher. Heureusement cela ne dura qu'un instant, les propos de la dryade l'avaient ramené à la réalité, son esprit malin l'aidant à se sortir de ce faux pas.
Un sourire presque machiavélique s'était emparé du visage de Carmen, contaminant jusqu'à ses arcades qui s'étaient soulevées sous la suggestion d'une idée sensiblement engageante. Sa réponse s'ouvrit dans un rire succin, un ton à la limite de la provocation voire téméraire :

- Mon imagination galope ...

Par mécanisme de défense ou bien par provocation, Carmen n'avait pu retenir cette réplique. Elle espérait d'ailleurs qu'elle soit suffisamment suggestive pour installer le doute ne serait ce que l'espace d'un instant afin de voir la micro expression que cela pouvait provoquer chez la dryade. Notre couleuvre avait bien du mal à rétracter ses crochets mais elle y parvint, se rappelant que le tatouage n'allait pas se faire tout seul et que le foyer pouvait encore cracher des flammes à son tour.

- A vrai dire, j'allais te demander tes conditions. Si en revanche je suis libre, davantage de stries monochromes pourraient renforcer tes flancs, bien qu'il serait dommage de ne pas en laisser profiter tes jambes.

Carmen s'étaient ré-assise sur le rocher, prenant ses aises tout en sortant son propre carnet et de quoi griffonner, son regard s'était enfin détaché de celui de la dryade. Carmen reprit en agrémentant ses dires de quelques traits sur une page blanche, son sourire trahissant le désir d'appuyer son regard sur les courbes de la jeune femme :

- Des préférences ?

Le choix des stries étaient le plus adaptable, du moins pour ce qu'avait observé Carmen. Elle n'avait pas vu la totalité des tatouages qui recouvraient le corps de la fille d'Ohibaan et ne doutait pas qu'elle réservait d'autres surprises. Ces traits étaient un symbole de force lorsque placés sur les avants bras mais pouvaient aussi suggérer un grade supérieur selon le nombre de répétition sur vos côtes. On donnait ce genre de tatouage surtout aux membre du groupe d'intervention, la qualité du savoir faire du combattant faisant foi de son maître, ajoutant donc à ces stries le signe ou style favoris de ce dernier. Il était donc facile de reconnaître qui avait formé qui et jusqu'à quel niveau on admettait ses aptitudes. En revanche, de tels traits sur les jambes pouvaient être un signe d'agilité autant que de charme, dépendamment de leur inclinaisons. Si elles allaient vers le haut, la vitesse était favorisée sur les mollets, indiquant que son ou sa propriétaire était d'une certaine efficacité au sein de son groupe, qu'elle soit martiale ou sociale. Si elles allaient vers le bas, et selon la forme et les nuances que l'on pouvait y ajouter, elles représentaient la psychologie de son porteur, la manière dont le regard est amené à suivre les lignes indiquera la meilleure conduite à adopter. Un signe très apprécié chez les personne au tempérament dominant.
Des propositions en somme classiques, défaut profesionnel oblige, mais largement adaptable. En revanche très révélatrices quant aux intentions de la tatoueuse pour qui connaît les codes de spectre. Ce qui, dans le cas présent, n'est donc pas à prendre en compte et couvrira une autre provocation à l'égard de la fille d'Ohibaan, ici plus subtile que les précédentes.

La couleuvre avait bien du mal à cacher son enthousiasme, autant par le jeu qui se développait au présent et celui qui lui demanderait quatre jours de préparation, cela faisait si peu qu'ils en deviendraient d'autant plus complets. La tatoueuse espérait secrètement que les demandes de la dryade dépassent la faisabilité d'une journée, cela lui donnerait une occasion de plus pour profiter de sa compagnie et d'en apprendre davantage à son sujet. Tout dépendrait de son seuil de douleur, Carmen jubilait d'avance à l'idée de le découvrir. Il était si rare d'avoir le champ libre dans ce domaine chez les spectres que l'expérience ici était toute aussi nouvelle qu'intéressante. Le plus fascinant pour la jeune spectre est qu'elle était en train de créer un lien avec les fils d'Ohibaan malgré elle. Une idée qui germait au fur et à mesure car cela créait l'alibi parfait pour s'infiltrer auprès d'eux tout en justifiant l'usage de ses aptitudes en dehors de l'alcôve.


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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Sam 26 Aoû - 9:40

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Tu étais parvenue à obtenir ce que tu voulais, et tu n’en étais pas peu fière. De ce premier défi, tu avais extorqué surprise et détermination à la bleutée. Tu avais ainsi observé avec plaisir ses sourcils s’arquer délicatement dans une étonnement non feint, puis ses lippes s’étirer avec un mélange de malice et de témérité. Elle relevait le défi, évidemment. Puis de la seconde demande, tu lui soutiras un rire espiègle, riche d’un sous entendu presque correctement dissimulé. Tu l’aperçus pourtant à travers son regard doré, dans lequel venait de briller une lueur aussi provocante que intéressée, par un haussement de sourcil rappelant un agréable étonnement mêlé à une curiosité justifiée. Tu ne pouvais lui reprocher ce genre d’égarement. Tu n’avais pas prononcé ces quelques mots dans le but de la troubler, ta question concernant uniquement le tatouage à l’origine, mais dès lors que tu l’eus prononcé, tu avais senti le caractère suggestif de l’interrogation. Tu ne te repris pas, le sous entendu n’étais pas pour te déplaire et voir qu’elle y avait répondu te confortait dans ta malice. Mais bien sûr, tu n’y fis ensuite aucune illusion. Cela dit, son engouement t’avais déridé, et tu avais perdu de ta raideur, involontairement d’ailleurs. Tu avais retenu de justesse un sourire amusé face à son éclat de rire communicatif, même si tu savais que tes yeux, peut-être aussi tes pommettes, t’avaient trahies. Ton sérieux te rattrapa dès lors qu’elle reprit la parole, émettant alors ses premières idées.

Celles-ci auraient pu convenir. Des stries, simples lignes au travers de ton corps, pourquoi pas. Mais tu trouvais ça trop mince. Deux simples bandes ceignant ton avant bras, ou une autour de ta cuisse abîmée. Intéressant, mais quittes à ce que ce soit l’étrangère qui te marque, tu préférais une pièce plus élaborée. Tu ne savais pas ce que la jeune femme valait, mais tu espérais qu’elle sache faire plus qu’une ligne. Tu secouas alors la tête à la négative, tirant une moue légèrement déçue, avant de renforcer ton regard pour l’encourager à chercher mieux.

- Je suis certaine que tu as d’autres idées.

Toi même continuais d’y réfléchir. A vrai dire, il te manquait encore plusieurs détails. Déjà, tu posais d’autres questions pour toi même, avoir une meilleure idée de ce qui pourrait te convenir.

- Quelle encre comptes-tu utiliser cette fois ? Serais-je ton premier cobaye ou préfères-tu un coloris plus.. classique ?

Ton choix s’en verrait alors drastiquement modifié. S’il s’agissait d’une teinte noire, visible de tous, tu hésiterais entre poursuivre la première grosse oeuvre qui glissait de ton épaule à ta fesse ou en créer une autre, du côté opposé. Si l’encre était fluorescente, peut-être sur ton visage, pour compléter les simples cercles qui ornaient ton front, ou en opposition au premier, du cou à la hanche. Des symboles, des références à la nature, la faune qui t’étais si chère. Un entrelacs complexe de feuilles, de plumes, de flèches et d’écailles. Ou ..

Tu l’avais ton idée. Ou peut-être une, parmi d’autres à venir, mais celle ci te plaisait bien. Il s’agirait alors de plusieurs motifs, à divers endroits de ton corps. Un travail qui demanderait un certain nombre jours, mais qui pourrait s’avérer plus qu’intéressant. Il était ambitieux, méritait un temps de réflexion. Et puis tu ne savais pas encore ce dont était capable la tatoueuse.
Tu changeas de stratégie, et plutôt qu’attendre qu’elle propose une seconde idée - que tu écouterais, tu désirais toujours qu’elle te surprenne - tu la questionnas sur ses talents. Tu fronças alors légèrement les sourcils, comme prise d’un doute.

- Enfin … En partant sur le principe que tu ne m’ais pas menti.

La tête légèrement penché, un sourcil arqué, tu semblais à la fois suspicieuse et provocante. L’un s'exprimait par tes muscles faciaux, le second par ton regard.

- Finalement, je ne sais pas de quoi tu es capable. Je ne veux pas risquer que cela se retourne contre moi. J’aurai besoin de quelques preuves je pense.

Qu’allait-elle te proposer ? Allait-elle offrir à tes yeux cobalt le secret de quelques unes des pages de son carnet bleu ? Ou laisser tomber sa cape et la chemise qu’elle avait en dessous pour réveler une large pièce gravée sur son cou et sa poitrine ? Il aurait été difficile pour elle de graver sa peau à travers un miroir, du moins l’imaginais-tu, mais si elle en avait été capable, tu n’en aurais pas été moins surprise. A moins qu’elle ne choisisse de sortir une feuille et un crayon pour tracer l’esquisse d’un hitam devant toi. Dans sa mesquinerie, tu ne douterais pas qu’elle puisse préférer t’emprunter ton propre carnet pour faire ses preuves.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Dim 27 Aoû - 0:50

♦ ► ♦




La dame avait fait mine de ne pas relever son impudence, Carmen en profita donc pour garder un semblant de sérieux. Elle notait néanmoins que cette insolence ci n'avait pas été punie, cette idée ne pu que ravir la couleuvre bien qu'elle s'empêcha d'aller plus avant. Le problème quand on a l'habitude d'être une nuisance c'est qu'on a du mal à savoir réagir lorsqu'on est apprécié. La jeune spectre s'était donc affairé à se concentrer sur le projet qui lui incombait dorénavant. La fille d'Ohibaan semblait plus détendue, du moins plus ouverte à la discussion qu'elle ne l'avait jamais été depuis lors rencontre, une évolution qui s'avérait bénéfique. Une réponse négative s'échoua sur la nuque de la dryade, Carmen ne fut pas surprise car elle n'avait proposé que quelque chose de mineur avant de connaître ses goûts. Il était bien des choses que la spectre voulait faire, mais un corps seul n'aurait jamais eut de place pour accueillir toutes ses idées, raison pour laquelle elle restait réservée sur le sujet en l'attente des désirs de sa future toile.  

Cette dernière prit donc les devants de la conversation, Carmen l'écouta avec patience. La spectre notait chaque détails dans la voix et les paroles de son interlocutrice, son regard se faisait presque intrusif, analysant chaque détail de la peau et des courbes de la dryade. Il lui était donné le temps d'étudier avec calme et contemplation ses spécificités, Carmen redécouvrait l'inconnue à chaque glissement du regard. * Exquise *. Elle avait changé d'attitude, comme elle le faisait à chaque fois qu'elle devait rester dans le monde réel alors que ses idées tournaient à toute allure, des centaines d'images défilant, se modifiant au gré des suggestions. La spectre pensait à tous les motifs et dessins qu'il était possible de graver sur cette peau, essayant dans le même temps d'identifier les goûts de la fille d'Ohibaan en étudiant plus avant les tatouages visibles. Carmen s'était aperçue que l'intéressée n'avait pas oublié ses projets concernant l'encre, une idée qui emplit la couleuvre d'autant de satisfaction que d'amertume. Ses prototypes avaient été infructueux, et elle ne voulait pas gâcher plus de ressource en essayant davantage. Il lui faudrait demander l'aide d'un comparse plus avancé concernant la préparation d'un tel mélange, ceci étant dit elle ne voulait pas non plus que l'on s'arroge son idée, sa fierté mal placée l'empêchait de demander de l'aide. Elle serait bien forcée par demander le concours de quelqu'un de plus compétent en la matière si elle voulait vraiment cette couleur. La voilà repartie pour être redevable à quelqu'un, cela lui était si désagréable, mais elle ne pouvait nier que le jeu en valait la chandelle.

Des doutes commençaient à s'installer dans l'esprit de la dryade, Carmen ne s'en vexa pas, la réaction était tout à fait justifiée et naturelle. Elle répondit néanmoins par un sourire amusé lorsqu'elle comprit que sa charmante compagnie essayait de piquer sa fierté, elle n'en fut pas offensée, appréciant même l'effort que la dryade mettait en œuvre pour tenter de la déstabiliser.

- C'est une demande raisonnable pour un ''cobaye''. dit elle en référence aux paroles précédemment énoncée par la fille d'Ohibaan. Je n'oserais pas mentir à quelqu'un qui sait faire la différence entre un verbe et une lance d'os."

Une jolie manière de complimenter la fille d'Ohibaan sur ses aptitudes verbales autant que martiales, avec néanmoins une pointe caractéristique d'insolence dont on ne saurait priver Carmen. Il faut dire que la couleuvre avait rencontré bien des imbéciles qui pensaient que leur arme valait une phrase et ne se servaient que de leur mot pour menacer, extrêmement barbant. La couleuvre leva une de ses mains dans un geste délicat afin de se saisir de son carnet bleu. Une petite douleur s'empara de son index lui rappelant que la coagulation bien que quasiment terminée était encore fragile. En ouvrant son carnet, Carmen porta son index à s langue afin d'humidifier une nouvelle fois la coupure. Une fois cela fait, elle tourna un bon nombre de pages survolant les portraits de ses différentes rencontre et les notes qu'elle avait fait à leur sujet. Elle avait cette fâcheuse manie de consigner quelques une de ses observations dans ce carnet, chacun avait droit à son portrait et à son agglomérat de mots qualificatifs qui volaient en tout sens autour de l'esquisse. Lorsque Carmen avait survolé la page concernant Léonid elle leva son sourcil gauche d'un air déconfit, il n'avait pas été si désagréable que cela mais elle ne souhaitait pas se mesurer à lui de nouveau. Elle avait après tout risqué une capture fortuite cette nuit là, et une cuisante douleur sur les côtes depuis lors disparue. Elle avait eut mal à chaque respiration pendant quatre jours avant que la contusion commence à disparaître. Autour de la tête de l'intéressé figuraient des mots comme ''a un humour caché sous sa fatigante droiture'', ou encore ''sérieux'' et ''pragmatique''. Nathaniel, certains apprentis de sa caste voire quelques frères et sœurs spectres au cercle des pierres avait eut le droit à leur rapide esquisses. On pouvait noter que certains avaient eut la chance d'avoir un peu plus de reliefs, de détails. Il n'y avait rien de compromettant pour spectre, juste des visages et les impressions de Carmen quant à ces personnalités. La dryade ne faisait pas exception, Carmen avait tenté de survoler plus rapidement sa page afin de ne pas se trahir.

On pouvait trouver aux côtés de son portrait quelques notes intéressantes. Sa tête était dessinée de dos laissant apparaître un profil hautain et des yeux particulièrement glacés. Carmen n'en n'avait pas tracé ses pupilles, elle avait trouvé que les yeux ainsi vides dégageaient une présence qui lui allait à ravir, entre force tranquille férocité indicible. Reconnaissable par les tatouages faciaux et les cheveux argentés, Carmen n'avait pas eut l'occasion de la voir de si près et en face d'elle et on le sentait bien lors de ce premier dessin.  Quelques tirets en pagaille agrémentaient l'esquisse, parmi eux; ''Maligne'', ''réservée'', ''glaciale'', ''observatrice'', ''A un penchant (inavoué ?) pour le sadisme'', ''avenante'', ''fille d'Ohibaan''. Elle aura certainement des choses à rajouter après cette entrevue. La page suivante concernait la personne qui l'accompagnait lors de leur première rencontre. L'homme manquait de détails mais on le reconnaissait par sa cicatrice, des mots ne tarissant pas d'éloge quant à son savoir autour de lui. Les pages étaient en désordre, entre ses notes, ses portraits, analyses et dessins en tout genre, seule Carmen pouvait en connaître le sens de lecture qui lui était propre. Durant ses manipulations la couleuvre siffla son mécontentement quant à ses essais :

- Les couleurs du tatouage dépendront de tes goûts mais je dois t'avouer que je suis face à un échec quant à la couleur que je voulais obtenir avec cette plante. L'encre n'est pas uniforme et ne reste pas plus de trois jours sur le cuir avant de s'effacer, quand elle veut bien se lier. "

Carmen fronça les sourcils ;
- Je ne te cache pas que l'expérience est particulièrement frustrante. Je finirais par trouver une solution, tu peux la compter mais elle n'est pas à prévoir pour l'instant."

Carmen faisait face à une grande déception, elle n'aimait pas perdre. Elle réprima son agacement et releva les yeux vers la dryade lorsqu'elle arriva aux pages désirées. Penchant son carnet vers le jugement de la fille d'Ohibaan, Carmen lui présenta quelques uns de ses dessins. L'univers personnel de la jeune spectre était assez lugubre, son style de dessin était porté sur le figuratif et le symbole mais ses traits pouvaient se faire aussi bien abrupt que raffiné. Une large préférence pour les contraste noir et blancs étaient notable, de la même manière qu'elle préférait les courbes aux lignes droites. Les lignes droites étaient réservées aux pièces non représentatives, celles qui tenait plus du tatouage rituel que de la liberté personnelle. Elle s'était arrêtée sur une page représentant un crâne aux nuances de gris favorisant un relief agréable. Il s'agissait d'un crâne de Rakuen où des cornes de cerfs poussaient comme les branches d'un arbre, il était porté comme un masque sur une figure spectrale enserré par des chaînes. Deux étincelles servaient d'yeux au creux des orifices osseux. La page suivante était elle entièrement remplie d'un aplat noir, des irrégularités révélant un tableau à plusieurs étages. Le premier présentait un damier dont la réalisation jouait sur un trompe l'oeil donnant un relief à la feuille en forme de fleuret. Le deuxième transformait cet étrange fleuret en le pistil d'une fleur sauvage, la Cerhênus, une tâche ambrée diluée à l'eau constituait la seule couleur présente sur ces deux pages. Enfin, le troisième visible lorsque l'on reculait son regard, formait un visage à l'expression fascinante. Le regard était perçant et la bouche, formée en partie par les pétales, semblait entre-ouverte suggérant un râle grave et lent ou bien une respiration haletante. Carmen avait bien d'autres pages et les soumit au bon vouloir de la dryade, elle lui intima de tourner les suivantes pour satisfaire sa curiosité, la page contenant son portrait était dans les précédentes. De cette manière la jeune spectre pensait qu'elle ne tournerait que les suivantes, puisqu'elle lui en avait intimé la suggestion ; pour continuer à étudier ses dessins et gravures il fallait avancer et non reculer dans les pages. Carmen surveillait les faits et gestes de la fille d'Ohibaan, bien qu'elle ne pourrait l'empêcher de tourner les pages à sa guise. Elle ne voulait pas paraître impolie, toutefois elle se voyait mal justifier ses penchants obsessifs quant à l'étude de ses congénères humains. Elle se rassura en pensant qu'il n'était pas dans le tempérament de la dryade de fouiller dans ses affaires, contrairement à certaines. Dans tous les cas, elle espérait l'avoir suffisamment distraite pour qu'elle ne remarque pas ce détail.

Carmen se permit de retourner à ses rêveries tout en restant attentive aux rictus qui pourraient se dessiner sur le visage de la fille d'Ohibaan. Elle ne connaissait toujours pas son nom et pensa le lui demander l'espace d'un instant, mais elle préféra garder le silence, pendue au jugement de la dryade. Elle espérait sincèrement que cela lui plaise, Carmen avait rarement l'occasion de partager son univers personnel, les commandes étaient la plupart du temps spécifiques. Bien sûr chacun avait un style de tatoueur préféré et Carmen n'était pas à plaindre car appréciée d'une bonne partie de sa caste concernant son travail, néanmoins un regard extérieur était nouveau et les goûts pouvaient donc variés. La jeune spectre présentait de plus ici des dessins qu'elle gardait pour elle. Ses tests, essais et travaux pour son maître étant conservés sur différents cuirs mélangé à ceux des autres apprentis. L'étude y était différente mais pas inintéressante, il y avait notamment plus d'essais de lettrines dans ces dits cuirs que dans les pages de son carnet, cinq ou six tout au plus.

Les hitams s'étaient calmés, l'un d'eux s'était même allongé contre le pan raide d'un imposant rocher semblant directement sortir du sol. La couleuvre profitait que les yeux de la dryades soient occupés pour laisser son regard glisser le long de sa jambe gauche. Il y pendait toujours cette arme en os courbée, et les vêtements cachaient certaines parties de son corps. Cela n'empêcha pas Carmen d'imaginer lui graver un Dolken, enserrant sa cuisse en plusieurs tours, chaque écailles soulignant son apparente douceur. Elle avait entendu parlé de ces créatures via ce qu'en racontait les explorateurs spectres, graciles, magnifiques d'une grande taille et aux caractéristiques différentes selon les individus. Chacun y allait de sa version, rendant le résultat de ces descriptions des chimères tout à fait intrigantes mais jamais homogènes. Carmen s'était imaginée l'animal comme un long reptile doté de petites ailes lui même tatoué de courbes variées et chaotiques aux couleurs changeantes.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Lun 28 Aoû - 14:24

Heldwige Dvärn

   
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- Tu n’oses pas me mentir, mais tu oses me voler. Mes craintes sont donc d’autant plus justifiées.

Ce n’était pas un reproche. Si la bleutée avait véritablement voulu te dérober tes biens, elle aurait certainement préféré s’enfuir sans risquer de te jeter un dernier long coup d’oeil, tout comme elle aurait certainement choisi de ne pas te restituer toutes les affaires dont l’absence ne t’avait pas encore frappée. Le ton que tu avais prit était un peu plus décontracté, peut-être même légèrement taquin, même si cela pourrait s’avérer difficile à percevoir. Le compliment de même que sa tournure de phrase t’avaient faits plaisir. Non pas que tu aimais que l’on flatte, au contraire, mais tu appréciais de trouver en elle des qualités inédites. Carmen changeait de tous ces hommes à l’insulte facile, persuadés que l’injure la plus vulgaire serait la plus douloureuse. Son phrasé délicat et ses paroles soutenues étaient agréables à l’oreille, les suggestions discrètes qui y étaient glissées ou les menaces parfois trop peu dissimulées donnaient davantage de richesse à ses mots, et davantage de force. Tu ne pouvait attribuer cette qualité à tous, et tu comptais sur les doigts d’une main les sylvains avec qui tu avais pu avoir de tels dialogues. Car évidemment tu n’évaluais plus le nombre de fois où, comme elle l’avait si bien dit, tu avais choisis les mots à la lance face à un inopportun sans répartie, et gagnante, tu n’en tirais qu’une solitude recherchée sans aucun autre défi à relever. Être enfin confrontée à un esprit réfléchi capable de riposter était aussi soulageant qu’alléchant. L’attente avait rendu ce désir encore plus vif, te rendre compte qu’elle semblait être à la hauteur de tes attentes ajoutait à ton excitation.
Cependant, tu préférais prendre ton temps. La chasse avait appris bon nombre de valeurs importantes à la sylvaine impulsive et caractérielle que tu étais. Prendre son mal en patience et laisser faire les choses était l’une d’elle. A vouloir se précipiter sur une proie, tu risquais davantage de l’effrayer que de l’attraper. Dans la peur, elle devenait parfois imprévisible et t’échappait alors même que tout semblait être fait pour que, à ton retour au hameau, tu puisses régaler bon nombre de ventres vides et papilles impatientes. C’était la même chose avec la tatoueuse. Le moindre faux pas pourrait l’effrayer, ou la décevoir. Et rien ne te garantissait que, par la suite, tu parviennendrais à apprivoiser cet oiseau bleu. Tout comme elle maintenait sous silence ses interrogations personnelles, tu gardais tûes les tiennes. Outre son prénom et l’un de ses passes temps, tu ne savais rien d’elle. Ni son nom, ni ses origines, ni ses croyances, ni ses capacités. Lui demander ce qu’elle avait pu voir, découvrir, apprendre te brûlait les lèvres. Ta langue chatouillait ton palais, désireuse de t’aider à prononcer ces quelques syllabes qui te permettrait de la questionner sur ses origines et sa vie. Mais tu la refrénais. Chaque chose en son temps.

Apprendre qu’elle n’était pas parvenue à obtenir l’encre qu’elle souhaitait compromettait les dernières idées qui avaient pu traverser ton esprit. Il te faudrait trouver autre chose. A moins que tu n’acceptes que de tels motifs soient visible sous les rayons du soleil. Cela demandait réfléxion. Avant de t’y consacrer, tu acceptas le carnet que la voleuse te tendait, précieux livret bleu que tu rêvais de feuilleter, pour y observer quelques unes de ses esquisses.
La tatoueuse n’avait pas menti. Ses capacités dépassaient tes espérances. On était loin de tes nombreux mais maladroits croquis d’observations, de tes traits gauches et trop souvent repris, des enveloppes sans âme ou des squelettes nus que tu dessinais sur tes pages jaunies par le temps. Ton niveau s’était certes grandement amélioré, à l’instant tu étais peut-être même un peu dure avec toi, mais ceci pourrait paraître tout à fait justifié si tu utilisais les oeuvres de la bleutée comme référence.
Ses traits de crayons te fascinaient. Un tel talent était stupéfiant, une telle imagination, impressionnante. L’inconnue ne s'appuyait pas sur un modèle, du moins si c’était le cas, pas uniquement. Tu l’imaginais avec aisance visualiser dans son esprit l’objet de ses désirs pour pouvoir sans difficultés le reproduire sur le papier. Alors que toi, dans de telles situations, ne voyait qu’une silhouette encore floue dont les détails t’apparaissaient avec difficulté. Tu dessinais en t’appuyant sur un modèle pour t’assurer de ne pas commettre d’erreur de proportion ou de texture. Mais de mémoire, tu ne pouvais que laisser ton crayon tracer une forme, et chercher dans l’esquisse les défauts qui te paraissaient les plus aberrants. Prendre conscience de ton niveau et du sien fit tiquer ton égo, émerveilla ton esprit et te motiva à continuer de t’entraîner pour, un jour, parvenir à pareils résultats.

Tu tournas les pages avec plaisir. Découvrir chacune de ses oeuvres, son style et ce qu’elle exprimait te captivait. Tu avais envie d’en voir plus. Ceci n’avait rien d’indiscret. Il s’agissait non pas d’une curiosité que tu songeais mal placée mais d’un désir qu’il te fallait assouvir. C’était comme gouter à un plat succulent sans avoir le droit d’en prendre plus d’une bouchée tant que quiconque ne se serait pas servit. Le goût enivrant restait en bouche, te rendant impatiente d’en faire profiter à nouveau tes papilles. Ici, il y avait d’autres pages. Tu les imaginais toutes consacrées à ses oeuvres, aussi ne vis-tu aucun mal à revenir en arrière. Dès lors que tu eu savouré les premiers mets, tu passas à un autre, persuadée que l’on t’avait fait débuté avec l’un des meilleurs, et non pas avec l’un des moins indiscrets.
Tu n’avais émis aucun sifflement admiratif. Aucun regard ébahi, aucune exclamation impressionnée. Tu détaillais avec précision chaque dessin, t’impregnant de chacun de ses ornements, mais gardais le silence. Ton attention particulière était l’une des rares preuves que tu laissais apparente. Au fond de toi, dans tu ne savais quel organe abdominal, tu avais senti une curieuse chaleur, née par un souffle fasciné. Tu craignais que cette brûlure ne darde sur toi quelques nuances colorées, ne tire la commissure de tes lèvres ou ne plisse tes yeux. Certainement était-ce déjà le cas, mais tu ne pourrais pas t’y opposer, pas volontairement. Seule une autre expression vint marquer ton visage, remplaçant la précédente que tu n’avais pu maîtriser. Une surprise légère, qui avait immobilisé tes doigts sur une page que tu tournais. Tu avais reconnu les traits de Denethor. Ses mèches brunes ébouriffées, la barbe naissante sur sa mâchoire carrée. Il avait cette expression passionnée que tu lui connaissais lorsqu’il faisait partager son savoir, tandis qu’autour de lui, nombre de mots le qualifiaient. Tous lui correspondaient, même si certains seraient aisément remplacés dès lors qu’on le connaissait davantage. Les premières impressions d’une rapide rencontre. Tu fronças les sourcils. Le trouver ici ne te dérangeait pas. Pas trop. Mais tu ne t’attendais pas découvrir, au milieu des dessins professionnels de la tatoueuses, des esquisses et observations plus personnelles. Ceci t’en apprenais plus sur elle, et tu ne trouvais pas dépréciable ce penchant. Tu lui jetas un coup d’oeil, puis baissa les yeux sur le carnet. Tes doigts étaient retenus à la page de gauche, légèrement soulevée, dans l’idée de remonter dans l’historique de ses rencontre. Tu étais certainement la précédente. Toi ou le vieillard farfelu. Mais voulais-tu savoir ce qu’elle avait pu y écrire ? Comment elle avait pu te dessiner ?
Bien sûr. Ta curiosité avait toujours été un défaut que l’on te reprochait. Mais tu hésitais. Dans cette position, tu semblais juste détailler un peu plus longtemps Denethor. En réalité, tu réfléchissais aux conséquences d’une potentielle violation de son intimité.
Tu choisis de refermer l’ouvrage, et de lui tendre.

- J’imagine que tes commentaires à mon propos sont tout aussi élogieux ?

Un jour, certainement, tu céderais à la tentation. Si jamais tu la revoyais, si jamais elle te le tendait à nouveau, tu ouvrirais le carnet à la recherche de ton visage. Mais pour le moment, tu respectais sa vie privé, ses pensées qu’elle inscrivait dans les pages plutôt que de les confier à voix haute. Tu n’aurais pas aimé que l’on sache tout ce qui traversait ton esprit, et ce encore moins venant d’un inconnu. Tu avais choisi de laisser faire les choses, de ne pas jouer la provocation à l’excès. La froisser t’aurait fait partir sur un bien mauvais pied. Aussi, après cette rhétorique, choisis-tu de te reconcentrer sur le tatouage.

- Maintenant que je suis convaincue … Il te restes à répondre à ma question initiale. Que proposerais-tu ? A quel endroit ?


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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mar 29 Aoû - 2:10

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La fille d'Ohibaan marquait un point, Carmen n'était pas un exemple de droiture. Ou bien l'ordre hiérarchique dans lequel elle inscrit les valeurs humaines ne doit pas être en bon état. Le carnet était maintenant sous l'examen d'un regard particulièrement attentif. Chaque mouvement des globes oculaires de la sylvaine semblaient être aussi incisifs que sa parole pouvait l'être, Carmen restait sur le fil ne sachant déceler dans les micro-expressions de la jeune femme une contemplation ou une rude analyse. Il s'agissait certainement des deux mais elle ne pouvait déterminer ce qu'elle pensait à ce moment là, comme si la concentration rendait son visage placide et neutre.
Le temps passa et les pages se tournèrent, chaque essai, parfois non finit, était filtré à travers un œil visiblement connaisseur. Cela n'étonna qu'à moitié la spectre qui se rappela des quelques esquisses qu'elle avait eut le temps d'apercevoir lors de son larcin, un trait si visiblement entraîné engageait forcément de bonnes capacités d'observation.

Le cœur de Carmen avait raté un battement lorsqu'elle s'aperçut que la sylvaine faisait demi tour dans les pages de son carnet. Elle ne put l'arrêter, se figeant sur l'instant cherchant rapidement une excuse pour lui subtiliser l'objet sans paraître impolie. Rien ne venait, puisque la manière importait peu ici, l'acte serait perçu comme agressif quoi qu'il advienne et Carmen ne tenait pas à ruiner tous les efforts de pacification qui s'étaient mis en place des deux côtés.
La couleuvre nota la légère surprise qui arrêta net l'exploration de ses pages. Lançant un regard furtif sur la page où la fille d'Ohibaan s'était arrêtée, ne laissant qu'une tension dans les omoplates. Il y avait pire, elle s'était arrêtée sur la page de son partenaire, son index et son majeur touchaient de l'autre côté de cette page son propre portrait. Carmen ne pouvait cacher son stress, elle en avait contenu le sursaut et l'inspiration coupée que cela aurait pu entraîner, en revanche sa bouche s'était entrouverte tandis que ses yeux se plissèrent légèrement se balançant successivement entre les yeux de la dryade et la page. Les conséquences ne seraient pas dramatiques si elle tournait finalement cette fameuse page, mais elle perdrait à un jeu qui lui plaisait beaucoup jusque là. Non pas qu'il aurait été entaché, seulement les capacités de déductions étant fort développées chez la sylvaine, Carmen se retrouverait à découvert voire son jeu entier retourné contre elle. Comme nous le savons, elle n'aime pas perdre. Sauf bien sûr dans un autre cadre que nous ne citerons pas ici, quoique celui ci ne se fasse pas sans une certaine lutte.

La découverte de cette simple page constituait en elle même un malus suffisant pour amener la couleuvre dans une position délicate, l'autre page l'aurait mise à la merci de la fille d'Ohibaan. Cette dernière avait découvert l'un des travers de la spectre azurée, un rapide coup d'oeil fut lancé à son encontre avant de replonger sur le carnet, cela arrachant un rictus à la couleuvre. Sa bouche s'était refermée et avait donné un léger spasme sur la commissure droite de ses lèvres. Durant le court instant qui marquerait sa délivrance, Carmen réfléchissait à un moyen de rebondir sur la prochaine remarque de son interlocutrice. La spectre s'était imaginé quelques remarques cinglantes sur lesquelles il lui faudrait réagir avec un semblant de flegme afin de ne pas montrer une faiblesse déjà trop évidente. Combien de fois Nathaniel lui avait souligné qu'elle n'aimerait pas qu'on l'analyse comme elle le fait avec les autres ?
L'attente fut interrompue par un geste qui étonnait fortement Carmen. Parmi toutes les possibilités qu'elle avait imaginé, celle que lui tendait la sylvaine fut la plus inattendue. Tout simplement parce que Carmen s'était imaginée à la place de la jeune femme et qu'elle n'aurait pas agit de cette manière. Il lui était maintenant évident que le vice la tenait beaucoup plus fermement qu'il ne tenait la dryade.

Carmen avait ravalé un soupir de soulagement tout en prenant soigneusement le carnet. Alors que sa main se posa dessus, ses yeux rencontrèrent de nouveaux ceux cobalt de la fille d'Ohibaan, la pique que Carmen attendait tant était venue. * Touché *

La supposition qu'avait soulevé la dryade arracha un sourire malicieux à Carmen. Ses sourcils en revanche étaient restés quelque peut froncés, la tension se relâchant au fur et à mesure. Il faudra qu'elle pense à rajouter les mentions '' excellente duelliste '' et '' délicieuse '' sans oublier de souligner une certaine phrase tout en y enlevant le point d'interrogation. La piqûre d'orgueil parlait à sa place et elle fut réduite bien vite au silence car on devait bien reconnaître à cette charmante créature une certaine noblesse d'âme. Elle restait fair-play dans la victoire, ce qui rendait la défaite de Carmen bien plus douce.

La couleuvre azurée fut ravie d'entendre que son travail lui plaisait, le suspens avait été levé et une vibration lui parcourait maintenant l'échine, signe que toute tension disparaissait. La fille d'Ohibaan insistait et ce à juste titre. En guise de trophée Carmen lui devait une réponse honnête, tout en rangeant son carnet bleu à sa juste place la jeune spectre en retira un fusain. Elle le prit par l'index droit soutenu par son pouce et retenu par le majeur jouxtant le doigt qui donnerait la direction. Elle joindrait le geste à la parole :

- Et bien, au risque de paraître cavalière, c'est ta jambe que je voudrais travailler. Tu dois certainement mieux connaître les Dolken que moi peut être ce que j'ai en tête n'y ressemble pas mais ...

A ces mots Carmen leva sa main armée du fusain et commença à dessiner des cercles dans le vide, placés à une distance respectueuse de la jambe de la dryade. Si l'on ne savait la couleuvre concentrée sur son explication, on aurait pu croire ses gestes beaucoup plus sensuels et évocateurs. Surtout lorsqu'elle fit mine de suivre la courbe pliée de sa jambe pour mimer le tracé qui prendrait place sur sa cuisse.

- … j'en imaginais un remontant depuis ta cheville jusqu'en haut de ta cuisse. Sa tête en un crâne crachant des flammes noires, ta langue est bien trop aiguisée pour qu'on ne lui fasse pas honneur. A cet instant les yeux de Carmen se détachèrent de la jambe de la dryade pour plonger dans ses yeux alors que son fusain pointait ses lèvres, une remarque qui se voulait légère car dans ses codes les flammes noires représentaient une force de caractère. Si cela te va je pourrais remplir les écailles plus tard de l'encre dont je te parlais tout à l'heure, et bien sûr tu pourrais modifier ou ajouter tous les détails que tu jugerais nécessaires. Mais n'as tu pas toi même une idée dont tu voudrais me faire part ?

Les doigts de Carmen commençaient à frémir dans l'air ambiant. Elles étaient restés là depuis un moment et le climat n'était pas le plus favorable à l'immobilité. La spectre avait donc déplié ses jambes pour se tenir debout à côté du rocher, accoudée dorénavant à ce dernier. Sa tête restait à l'écoute de la sylvaine, elle l'avait découverte afin de ne pas paraître impolie car une mi-hauteur les séparait à présent et sa capuche aurait fait obstacle à tout contact visuel. Très peu recommandé si l'on veut montrer que l'on porte attention à ce que l'interlocuteur dit.



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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mer 30 Aoû - 10:47

Heldwige Dvärn

   
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Remonter les pages de l’ouvrage avait troublé la tatoueuse. Lorsque tu avais posé les yeux sur elle après avoir découvert le visage de Denethor sur le papier, tu avais vu un rictus mal à l’aise déformer la commissure de ses lèvres. Ses traits semblaient tendus, certainement sous l’appréhension ou l’inquiétude. Ceci t’avais conforté dans l’idée que ce côté ci du carnet était consacré à des observations bien plus personnelles qu’il n’était pas judicieux de découvrir dans l’immédiat. Tu imaginais avec aisance que le contenu de nombre de ces feuillets était semblable à celui que tu avais sous les yeux : l’esquisse d’une connaissance, d’un amant ou d’un ennemi, agrémenté d’adjectifs ou de phrasés visant à qualifier son caractère et ses penchants. Autant certains devaient s’avérer positifs, autant d’autres pourraient être véritablement odieux, tu en étais certaine. En vues du tempérament de la bleutée, tu imaginais bien qu’elle ne se soit pas fait que des amis, et il n’aurait pas été surprenant que ceux là aient pu agir de façon détestable. Avouer de telles dépréciations ou laisser percevoir un avis aussi franc que désagréable à l’oreille n’était pas chose aisée. Bon nombre se méprenaient sur ce genre de commentaires, persuadés qu’ils avaient été prononcé dans le but de blesser plutôt que de jouer la carte de l'honnêteté. Trop d’hommes les avaient formulés sans songer au véritable sens exprimé par ces mots si bien que plus personne ne songeait à interpréter ces syllabes selon leur définition, mais plutôt par le biais du degré de méchanceté qui y avait été associé avec le temps.
Peut-être Carmen craignait-elle que tu n’interprètes de cette façon tous les commentaires qui pouvaient être associé à ces visages et ainsi, te détromper sur son véritable caractère et sa vision des choses.
Tu n’insistas pas, et accueillis avec plaisir la suite de la discussion.

Sa seconde proposition était ça plus intéressante, et le clin d’oeil amusant. L’idée était bonne, et tu passas davantage de temps à y réfléchir. Celle ci s’approchait - de loin - de l’idée qui t’avais traversé l’esprit quelques instants plus tôt, mais tu craignais que l’une n’empêche l’autre. Cela dit, tu voyais autant de bons côtés que de mauvais. Le dolken pourrait certainement prolonger ton premier tatouage. Ce fluide ébène qui glissait le long de ta peau naturellement en prenant, discrètement, quelques formes particulière. Celui ci pourrait, petit à petit, former le corps écailleux de l’animal le long de ta jambe et ce sans rompre avec l’esprit du premier tatouage, inconsistant et sans forme définie.
C’était à réfléchir. Tu ne donnas pas de réponses immédiatement. Ton regard avait suivit le fusain le long de ta cuisse et s’y était immobilisé. Tu fixais désormais le cuir qui recouvrait ta peau sans vraiment le voir, cherchant à te représenter mentalement ton corps et le potentiel résultat une fois le travail de la jeune femme accompli. Ainsi, tu pus aisément te rendre compte que, sans qu’elle n’ai pu voir la première oeuvre qui courait le long de ton épiderme, il lui serait difficile d’imaginer correctement comment adapter l’animal.

- Si, j’en avais une, mais j’ai quelques hésitations concernant sa réalisation et sa faisabilité. Disons que l’idée est encore floue, il s’agirait d’un projet qui requérrait réflexion, et beaucoup de temps.

Tu avais relevé la tête avant de parler. Désormais, tu changeais à ton tour de position. Te détournant des hitams dont tu avais oublié jusqu’à l’existence, tu ramenas une jambe contre toi, pliée, pour être plus à l’aise lorsque tu te lancerais dans tes explications.

- J’imaginais de nombreuses références à la faune ou à la flore, mais .. Discrètes. Fondre certaines zones de mon corps avec des écailles, d’autres avec des plumes. Mettre en reliefs le dos de ma main pour la faire correspondre à la patte d’un Tenëo ou d’un Coutrel. Sur une tempes, la seconde paires d’yeux du Tenëo, sur un côté de ma mâchoire l’aspect rocailleux des Talmeni. A moins d’y laisser, de profil, l’aspect d’un bec, ou d’une défense. Sur l’épaule ou les côtes les motifs du pelage du Garge ou de l’Enoe ..

Tu laissas tes doigts désigner d’une ligne l’axe de ta future paire d’yeux, en décalé et légèrement sur le dessus, puis ensuite, le long de ta machoire. Prise d’une autre réflexion, tu te saisis de ton propre carnet. Tu tournas rapidement les pages jusqu’à tomber sur les esquisses des animaux souhaités, que tu lui montras un à un. Lui laissant le livre entre les mains, tu permis à tes doigts de s’enrouler avec leurs jumeaux autour de ton genou.

- Comme tu le vois mon idée est encore assez confuse, et je pourrais encore trouver bon nombre de références à l’avenir. Elle mériterait d’être retravaillée. Si je veux faire tout ça, je ne veux pas que l’ensemble soit éternellement visible, donc je préférerais une encre à effet partiel. Mais ça attendra que tu parviennes à obtenir des résultats avec la plante, ou que mon idée se soit précisée auprès des tatoueurs du hameau.

Tu la laissais feuilleter, attendant qu’elle termine pour reprendre.

- Ton idée pourrait être plaisante. Cela dit, le tatouage que j’ai déjà descend assez bas. Il pourrait être intéressant que tu parviennes à fondre le dolken à celui ci, si jamais on reste sur cette idée.

Carmen avait du, tout au plus, apercevoir l’encre sur ta nuque et ton épaule. Peut-être sur ta hanche de temps en temps, lorsque ton haut le laissait entrapercevoir, mais rien de plus. Lui montrer pourrait l’aider à se faire une idée, mais la possibilité de te dénuder dans la neige n’était pas très alléchante. Tes vêtements de peau te protégeaient en partie du froid, mais ton épiderme plus fragile n’était pas suffisant.



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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Mer 30 Aoû - 20:28

♦ ► ♦




La sylvaine semblait mettre beaucoup de réflexions dans les suggestions de Carmen, peut être avait elle trouvé quelque chose qui puisse la satisfaire. Il se passa un temps durant lequel la fille d'Ohibaan se représentait mentalement ses idées mêlées aux siennes. C'était un instant familier pour la tatoueuse, lorsque l'on considère réellement votre idée il ne faut pas déranger le processus en cours. Carmen attendit donc patiemment que la dryade prenne la parole, lorsque cela fut fait la couleuvre se contenta de jouer avec la neige sur le rocher comme pour stimuler son écoute.

Du flou et du temps ? C'est tout ce qu'avait Carmen dans leur situation, aussi elle accueillit les idées de la dryade avec un sourire doux, à la fois satisfaite de voir à l'action et sans détours la manière dont pensait cette personne. La sylvaine révélait bien plus qu'elle ne pensait certainement le faire aux yeux de la jeune spectre, ce qui ne dérangeait pas cette dernière. Alors qu'elle développait ses idées, la future tatouée repris ses aises affichant un naturel charmant, emplit de sobriété et de douceur. Ici commençait le plat de résistance, la dryade disait avoir des images floues sur ce qu'elle voudrait pour de futures pièces mais Carmen y voyait déjà des indications fort précises. Ce qui laissait présager que la sylvaine avait les idées parfaitement rangées, une organisation sous-jacente révélant pragmatisme et régularité qui n'étouffait pas cependant la spontanéité dont elle pouvait faire preuve si elle vous laissait s'approcher. Du moins c'est ce que supposait Carmen.
Une myriade d'infos lui parvenait, des idées de tatouages à différents endroits du corps, différents symboles et représentations, pour certaines les références lui étaient inconnues. Cela n'empêchait pas cependant d'imaginer les traits se dessiner dans un mouvement changeant donnant mille et une expressions aux visage fin de la dryade. Les yeux dorés de la spectre l'admiraient, essayant de boire l'imagination dont faisait preuve le sujet de leur focalisation, aidés par les gestes de la dryade soulignant certains traits. * Fascinant *.

La sylvaine lui tendit le carnet que Carmen reçu avec plaisir. Il lui était donné l'occasion d'investiguer davantage sur ce butin bien vite rendu, elle ne pouvait le refuser. De plus elle pourrait voir ce dont lui parlait la jeune femme, offrant des idées plus précises quant aux références manquantes.

Carmen faisait face à un vaste bestiaire, des notes étaient prises par endroit, certains signes lui étaient toujours inconnus en revanche elle reconnaissait un dolken. Sensiblement différent de ce qu'elle avait en tête mais pas inintéressant, il faudrait qu'elles travaillent sur un dessin commun pour arriver à une entente sur ce fameux tatouage. L'idée n'était pas déplaisante, surtout lorsqu'elle suggérait plus de temps en sa compagnie et une proximité qui ne laissait pas la couleuvre indifférente. Elle effaça rapidement ses rêveries pour se concentrer sur son projet, devant elle défilait des traits parfois légers et parfois insistants. Carmen avait affaire à une chasseresse qui tentait d'abord de capturer par le dessin les créatures avant de s'en approcher. Elle tournait les pages, et au fur et à mesure que les créatures se montraient dans différentes situations et positions Carmen laissait choir sur son visage un sourire témoignant d'une joie naissante. Découvrir de nouvelles choses était un des seuls plaisirs dont Carmen ne se lassait pas. Un, parmi d'autres privilégiés mais certainement le plus important à ses yeux.
Les niveaux de gris étaient intéressant, peut être la couleuvre avait elle un intérêt restreint pour ce qui touchait au clair obscur. La dryade attendait que Carmen cesse de tourner les pages pour sortir cette dernière de la noyade.

Le son de sa voix eut l'effet d'un choc électrique qui ramena la jeune spectre à la réalité. Relevant donc sa tête dans un bref coup de menton, elle reprit attention aux paroles de la sylvaine. Certaines de ses paroles lui revenaient en tête, la mention des tatoueurs du hameau piqua sa curiosité. La spectre essayait de rassembler ses pensées, elles étaient dans une sorte de capharnaüm qu'il lui fallait maintenant trier. * J'ai bien d'autres idées plaisantes. * Elle voulait absolument se débarrasser des pensées, certes alléchantes, mais encombrantes concernant la jeune femme qui lui faisait face. Chacun de ses mots étaient le prétexte pour une partie de son esprit de les détourner en des images affriolantes, ou encore en suggestions bien trop distrayantes. Avoir l'esprit rapide peut aussi s'avérer une sainte torture et Carmen en faisait encore l'expérience aujourd'hui. Le temps qu'elle arrive à se re-focaliser sur toutes les informations concernant le tatouage ses yeux l'avaient trahie, naviguant sur les courbes de la dryade comme un bateau en dérive. Heureusement que la nuance d'un rougissement est difficile à percevoir sur ne telle peau. Avec un peu de chance, cela serait comprit comme une tentative d'imaginer les pièces auxquelles faisaient références la dame des forêts. Carmen réussit à se ressaisir et à reprendre un semblant de sérieux. * Stop ! * La couleuvre parvint donc à récapituler les demandes de l'intéressée. La pièce sur les mains était l'une des plus rapides à faire mais pas forcément la plus simple, si sa future propriétaire le désirait elle pourrait commencer par là. Il fallait aussi prévoir de la place pour le visage mais cela ne concernerait que la fameuse encre indisponible pour l'heure. Son sourcil droit se leva face à une réplique que Carmen trouvait singulière, sa vision du monde était certes décalée mais elle se considérait ici au service de la dryade, lorsque celle ci lui demanda une autorisation tacite Carmen cru à un monde à l'envers.

- Ce n'est qu'une idée, dans le monde des idées tout peut encore être changé. La décision te revient en tous les cas. Il est clair que nous devons nous mettre au travail mais je crois que l'endroit ne s'y prête pas. Ce que je te propose c'est de laisser nos amis les hitams et de trouver un endroit un peu plus chaleureux où nous pourrons dessiner à loisir jusqu'à ce que tu sois satisfaite du résultat.

A ces mots Carmen se décolla du rocher et enleva les résidus de neige sur ses vêtements, comme prête à partir, elle rendit au préalable le carnet d'études à son propriétaire, une fois encore. Elle ajouta avec une voix presque chantante :

- Et ça me permettra de voir ce dont tu me parles, j'avoue être assez curieuse de voir à quoi je devrais mêler cette pièce. Carmen eut un instant d'égarement, comme si elle le réalisait à nouveau ; Mais j'y pense, en échange de tout cela est-ce que je peux espérer connaître ton nom ?

La spectre tentait l'indiscrétion, quoique cette simple demande résonnait plus avec de la courtoisie. Carmen ne pouvait s'empêcher de penser à quel nom correspondait le visage dans son carnet.


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Teagan Ehle
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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn Lun 4 Sep - 11:06

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Carmen avait prononcé à voix haute une hypothèse qui flottait aux abords de ton esprit depuis déjà plusieurs secondes, se frayait lentement un chemin jusqu’à ton lobe frontal qui envisageait de plus en plus sérieusement cette possibilité. L’idée n’était pas désagréable, et l’entendre des lèvres de la tatoueuse sonnait mélodieusement à tes oreilles. Tu ne songeais pas à refuser, malgré un danger qui aurait pu paraître évident. Non pas que tu laissais déjà entre les mains habiles de la voleuse cette confiance que tu refusais de confier à qui que ce soit, mais tu partais sur le principe qu’en cas de souci, tu serais tout à fait apte à te défendre. La décision fut vite prise, favorisant quelques heures consacrées aux esquisses de la bleutée plutôt qu’à l’observation des hitams flâneurs. Ton travail attendrait. Tomber sur un spécimen rare ou dans une situation particulièrement inhabituelle méritait que tu t’y attardes, mais voir une demi douzaine d’herbivores brouter dans la neige était assez commun. Autant consacrer ton étude à un animal plus exotique.
Carmen semblait s’attendre à ce que tu approuves sa demande. Sa façon de se lever et de se délester de la neige qui avait pigmenté de particules blanches sa cape ébène illustrait son désir de quitter l’affleurement glacé du mont. La décision prise, celle ci t’apparaissait irrévocable, et si tu ne choisissais pas de la suivre, l’échange tant attendu prendrait fin soudainement sans que tu ne puisses rien y faire. Là n’étaient pas tes intentions. Tu opinas, étendit ta jambe pliée et te remis sur tes pieds. Ce fut une fois debout, ton regard glissant de nouveau sur son visage, que de nouvelles paroles parvinrent à tes tympans. Tes yeux s’attardèrent sur les lippes de la tatoueuse avant de remonter sur ses iris un court instant. Si l’on oubliait les nombreuses fois où tu tentais de t’imposer d’un regard, ou de faire flancher un autre, tu finissais toujours par te concentrer sur les lèvres de ton interlocuteur. Une façon ici inconsciente de montrer que tu t’étais un tant soit peu détendue et laissait un peu de leste à l’étrangère. Cette discussion te faisait paraître plus naturelle, tu en avais oublié tes expressions de méfiance habituelles, celles là même qui te permettaient de garder tes distances. Peut-être trop impliquée dans tes reflexions et ce dialogue dont tu étais, pour une fois sans haïr cela, le centre, tu en avais presque oublié ce duel d’esprit dont tu avais naturellement prit part voilà plusieurs semaines. Une façon de mettre le jeu en pause le temps de travailler sur un sujet plus sérieux, qui semblait vous tenir à coeur toutes les deux. Ceci dit, tu n’en étais pas pour autant ni tactile, ni très expressive. Mais tu ne réfléchissais plus à ce que tu voulait dégager.

La dernière question émise par la tatoueuse te permit de t’en rendre compte, et te rappela de ne pas trop l’oublier.
A maintenir le mystère, te concentrer sur elle et les secrets qui l’entouraient, tu avais oublié que tu avais été jusqu’à l’impolitesse en taisant ton nom. Tu lui devais bien ce détail, ce même si de nouveau, tu prenais un air qui tirait quelques peu sur la comédie. Tu étiras l’un de tes sourcils vers le haut, à la fois surprise de cette indiscrètion mais amusée qu’elle ai finit par céder à la tentation. Tu aurais même pu l’accompagner d’un sourire, mais tu préférais laisser cette malice discrète encore un peu.

- Heldwige.

Tu rangeas le carnet que tu avais encore entre les mains puis te penchas pour reprendre ta lance d’os.

- Je te suis. Je connais mal l’endroit et je ne suis pas certaine de pouvoir nous mener où que ce soit promettant un peu plus de chaleur.

A cette pensée, tu pris conscience du froid qui s’insinuait sous tes fourrures. La température commençait à chuter malgré que le soleil ai à peine passé son zénith. Debout, tu en prenais davantage compte, mais tu ne t’en plaignais pas. La chair de poule qui pigmentait ton épiderme était dissimulée sous tes vêtements, mais tu voyais devant ton visage ton souffle cristalliser. D’un geste habituel pour remettre l’une de tes mèches derrière ton oreille, tu sentis ta peau froide et devina avec aisance un nez un peu plus coloré. Un coup d’oeil vers la voûte céleste fut puni par un flocon acide sur ta joue. Tu en voyais encore d’autres rejoindre le sol. Il était temps de partir, tu ne pouvais plus le contester.
Tu réajustas la capuche de ta cape sur ton visage et suivit la tatoueuse sur une piste qui t’étais aussi inconnue qu’invisible. Ton pied était attentif à ne pas se prendre dans un roc dissimulé dans la neige, tandis que ton regard cherchait de potentiels obstacles à venir dont il faudrait te prémunir. Une descente ardue, une plaque de verglas dangereuse ou un précipice soudain. Tu n’étais pas habituée à avancer dans pareille région. Ton regard était davantage aiguisé aux nuances de verts et de bruns, aux branches inattendues et aux feuilles trompes l’oeil. Tu connaissais les dangers de la forêt d’Hanaamu, avait apprit à déceler les indices de nombreuses menaces. Ici, tu ne connaissais rien. Le blanc agressait tes yeux et les seules plantes roses te semblaient toutes identiques. Tu regardais souvent le ciel ou le versant du mont pour te repérer. L’idée de te perdre dans cet endroit glacial ne t’enchantait pas, mais tu ne pouvais te résoudre à demander ce service à la bleutée. Tu n’aimais pas avoir de dettes. Autant miser sur ta débrouillardise.

Il fallut une vingtaine de minutes pour que Carmen précise que vous étiez arrivées à destination. Une grotte taillée dans le roc de la montagne, semblant assez profonde mais clairement protégée de la neige. Celle ci, qui commençait à tomber avec plus de violence, avait laissé quelques grains immaculés qui tranchait avec le gris sombre de la caverne à son entrée, mais le tournant que celle-ci semblait prendre assurait une protection infaillible à la moindre tempête. Tu t’y avanças après elle. Ici, vous étiez aussi protégées du vent, même si, en t’enfonçant légèrement dans l’une des galeries, tu constats qu’il y faisait aussi plus sombre.
Une pensée te tira un sourire dans l’obscurité, mais tu choisis de ne pas la partager à la bleutée, celle ci aurait pu être trop précipitée. Tu t’occupas plutôt à chercher des yeux un moyen pour vous d’éclairer un peu l’endroit. Tu pouvais t’y repérer avec aisance, mais si la tatoueuse voulait se pencher sur son art et sur celui qui était gravé sur ta peau, il faudrait une nouvel source lumineuse.
En désespoir de cause, tu finis par utiliser le cercle de pierre et les quelques branches accumulées là par des pèlerins pris par la neige pour faire un feu. Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour que, sous ton souffle encore froid, se forme une petite flamme qui prit bien vite autour des rares brins d’herbes séchées qui y étaient accumulés. Tu te redressas en position assise, profitant de cette position pour laisser tes doigts engourdis se réchauffer un peu avant de te tourner vers la bleutée.

- Ce sera assez lumineux pour toi dessiner ?

Ton regard s’attarda sur le visage de la bleutée. Les flammes faisaient étrangement ressortir le doré de ses yeux et donnaient parfois à la peau des éclats grenats. Le galbe de sa lèvre inférieure fut soudainement mis en avant par l’une de ces nuance avant que le reflet ne disparaisse tout aussi vite. Ton esprit s’égara à l’observation de sa peau, repartant dans d’anciennes interrogations concernant sa pigmentation. Cette couleur était inhabituelle, et à moins que l’hérédité puisse justifier cette étrange mutation, tu étais curieuse de savoir ce qui pourrait l’expliquer. Tes hypothèses pouvaient s’avérer assez farfelues, ce qui renforçait le caractère mystique de l’étrange demoiselle. Ceci rappela à toi deux force opposées, ta curiosité insatiable et ton désir brulant de préserver la beauté des choses. Certaines choses valaient mieux rester secrètes, cela les rendait plus désirables. La vérité était trop souvent décevante.

Tu restas quelques instants face aux flammes pour réchauffer ta peau. Puis, après quelques minutes, fini par te redresser. Carmen ne pourrait certainement pas dessiner sans avoir idée de la base dont elle disposerait. Tu laissas tes doigts s’attarder sur l’accroche métallique sur ton épaule pour retirer ta cape de fourrure. Tu la posas sur le sol, là où tu étais assise, puis t’occupas des vêtements qui couvraient ton buste. Un top beige aux reflets rouges dont les manches t’arrivaient sur le dessus de la main, le pouce y étant prit, et dont le col était couvert de fourrure, t’arrivant au nombril. Sous celui ci, un haut en cuir plus solide qui moulait tes courbes, noué autour de ton cou. Tu te délestas des deux pour laisser ta peau entièrement nue. La gravure n’était pourtant pas complète, il te fallut également dénouer les lacets de tes bottes hautes et retirer ton pantalon. Ton poignard laissé sur le tas de vêtements un peu plus tôt, tu te présentais uniquement vêtue d’un tissu noir ceignant ton bassin pour qu’une semi inconnue puisse voir ton tatouage. Tu ne ressentais aucune gêne, la pudeur n’était pas l’une des impulsions qui te dominait. Mais le feu n’était pas encore suffisant pour te réchauffer et l’air ambiant te tira un frisson. Tu te retiens de croiser les bras pour plutôt la laisser observer l’oeuvre. Tu aurais pu te contenter d’abaisser sur ta hanche le vêtement, mais tu craignais que de cette façon, Carmen ai du mal à imaginer comment adapter le Dolken à l’encre qui pigmentait déjà ton épiderme. Tu songeas également à rabattre tes mèches sur ton épaule droite pour qu’elle puisse correctement voir l’origine du dessin, alors positionnée légèrement de profil.



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Message(#) Sujet: Re: Jeux d'Esprit | Carmen Neutram & Heldwige Dvärn

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