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 Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne

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Adam
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Message(#) Sujet: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Ven 15 Sep - 1:08




Le Déclin de l'Ombre


Etreint par les bras diaphanes et glacés de la mort, il laissa son regard voguer sur les aspérités du plafond. Sans amertume, il se laissait porter par son cœur faiblissant, par ses battements laconiques et les souvenirs immémoriaux de son passé désormais révolu. Las de cette attente, ses lippes tracèrent une esquisse carmine sur son faciès rendu blafard par l’abandon de son âme. Les mots se flétrirent, tandis qu’il tentait vainement de faire résonner le grain de sa voix, ne laissant que quelques borborygmes apoplectiques vibrer dans les méandres de l’air. Elle se tenait au-dessus de lui, rejetant une courte mèche flavescente, derrière le lobe de son oreille, un sourire de douce satisfaction imprimé sur ses lèvres pleines. Sa vue se troublait, à mesure que son existence, trop lâche pour lui demeurer, le quitter en faisant faiblir son souffle désormais erratique. La mort était douce, presque apaisante. Une délivrance salutaire. Une dernière étreinte funéraire.

Elle traça les contours anguleux de son visage, d’une phalange gracieuse, qui agressa finalement la plaie béante de son flanc, en lui provoquant un haut-le-cœur virulent. Il exhalait ses dernières réserves, sentant la fin de son univers, le point final de son déclin. Aaron afficha son dernier rictus, indolent, embrassant la mort comme une compagne de l’instant. Le destin macabre d’une ombre happée par un soleil trop puissant.

« Cet imbécile a tout compromis. » Les notes cristallines résonnèrent contre les parois et les hères qui entouraient la muse s’animèrent enfin. Mandatée par la Voix, l’Ombre avait avorté la tentative d’infiltration des fils de parjures au sein du Centre de Commandement. Il l’avait payé de sa vie mais, à présent, les imposantes portes du lieu demeureraient closes. L’exuvie de feû Aaron Chani fut malmenée par quelques quidams irrités, jusqu’à ce que la demoiselle se relève pour leur faire face. « Brûlez tout. Qu’ils payent pour nous avoir interrompus. Ils ont refusé notre discrétion, nous les ferons hurler pour leur affront. » Des esquisses de sourire se peignirent sur les lippes de revanchistes, étreints par une farouche volonté d’en découdre avec les bourreaux qui les avaient jadis tant rejetés. Certains agrippèrent des torches, d’autres tirèrent leurs lames afin de punir les noctambules pour le reste de l’alcôve.

Et le monde se para de flammes. Un brasier qui léchait le plafond de la grotte, au rythme des cris étouffés des victimes du grand incendie. Les quelques fuyards hébétés rencontrèrent les avides et sournois desseins des parias, qui tracèrent des sillons mortels dans leur chair, les parant d’un cinabre funèbre. Elle observait son œuvre, comme un peintre contemple sa plus belle toile, un sardonique sourire aux lèvres et frémissant de contentement. Leur échec n’était que partiel et signait le début de quelque chose de plus grand. « Partons. Ils ne vont pas tarder à arriver et nous ne sommes pas assez nombreux pour nous confronter à tous les rejetons de Spectre. » Après un dernier regard aux demeures qui flambaient, elle se détourna, essuyant l’acier de son arme sur la dépouille d’un jouvenceau à peine en âge de marcher. « Nous reviendrons plus tard. Que trois personnes restent, afin d’attiser le feu et d’empêcher les gens de fuir. Pour les autres… Suivez-moi. » Telle une chape de brume, elle disparut avec son cortège, ne laissant que les braises de son nouveau monde derrière elle et les hurlements terrorisés d’une population entrain de sombrer.


Déroulement

Bonjour à tous et bienvenue dans la suite de la première intrigue interne ♪

Suite à vos comptes rendus de la dernière fois, la Voix a pris des dispositions afin de protéger le Centre de Commandement. Malheureusement, cela a entraîné la mort d'Aaron Chani - qui était l'Ombre en charge de l'intervention - qui a cependant pu contenir l'attaque. Néanmoins, les fils d'Iscariotes, un peu aigris de cette situation, ont décidé de s'en prendre directement à l'alcôve et se sont rendus dans le quartier résidentiel en faisant brûler une partie des demeures, qui sont constituées de bois. Le groupe a fui, même si trois ou quatre membres sont restés sur place.

Vous allez devoir aider la population à combattre les flammes, ainsi qu'à chasser / tuer les parias qui sont restés sur place. Votre implication marquera les esprits et on se souviendra de vous. Vous ne pouvez, par contre, pas poursuivre le reste des parjures. Dîtes-vous bien que c'est la panique actuellement. Les gens dormaient, certains sont morts brûlés vifs en étant dans leur lit, d'autres sont gravement blessés, c'est une hécatombe. Beaucoup de Spectres sont revenus récemment du grand cataclysme et ne sont pas aptes à venir aider, ce qui explique le temps que prennent les secours à arriver.

Cet événement sera nommé, dans le futur, la Révolte des Descendants et signera le début d'une trame évoquant la première scission au sein même de l'alcôve. Il est fort probable qu'un rp commun voit le jour et qu'une troisième intrigue prenne place après celle-ci.


Gains

Vous obtenez 1 point d'attribut où vous le souhaitez et, selon le nombre de mots, un gain du catalogue - ICI . Ainsi, si vous faites 1 500 mots, vous pourrez obtenir un gain supplémentaire.

Vous ne devez poster qu'une fois. Vous ne pouvez donc pas interagir avec une joueur tiers. Vous faites, ici, évoluer votre faction dans un écrit personnel, qui vous fera gagner plus de points qu'une mission ordinaire.

Vous devez poster à la suite de ce message.

Dead Line: 15/11/2017.
Pour toute difficultés, n'hésitez pas à exposer vos questions dans ce sujet: ICI ou à me contacter par mp.


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Jezebel Aberline
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Lun 25 Sep - 16:06

Jezebel
Inconnu
Intrigue
Le déclin de l'Ombre

Inventaire
♦️ Armes : Couteau à Cran


Depuis son retour à l'alcôve, suite aux deux dernières missions, Jezebel est pensive. Hana lui avait offert la possibilité d'essai les deux différentes factions, l'intervention ou l'espionnage et malgré tout, elle ne réussissait pas à se décider. Jezebel laissait un soupir s'échapper de ses lèvres pâles pendant que sa promenade la guidait nonchalamment dans le quartier résidentiel. À cette heure-ci de la nuit, presque tous dormaient et elle ignorait ce qui se passait dans le centre de commandement. Si elle en avait simplement eu ut vend, elle aurait immédiatement tourné les talons pour aller chercher les secours. La blonde laisse son regard vagabond sur les maisons de bois comme ses pensées qui s'envolent dans les abysses de son indécision. Les mains dans les poches, elle levait finalement les yeux vers le haut plafond de la grotte. Tout en continuant de marcher en ligne droite, elle réfléchissait mollement au futur qui commençait à se présenter devant elle. Malheureusement, ce qui la passionnait pour le moment était de retrouver Aemy la fille d'Ohibaan qui l'avait sauvé. Plusieurs pensées s'enflammèrent immédiatement, que faisait-elle ? Ou était-elle rendue? Elle se doutait qu'avec le cataclysme qui s'était produit qu'elle avait dû changer de place. Allait-elle bien ? Une nouvelle fois, Jezebel soupirai avant de laisser un grognement de mécontentement s'échapper de sa gorge.

Pendant qu'elle observait nonchalamment la voûte céleste de pierre, elle réalise la présence de fumée. Ses sourcils blonds se rejoignirent et son nez se retroussa quelque peu. Elle glissait le bleu électrique sur le chemin brumeux et ceci la conduisit à un chemin de flamme qui dévorait les toits de certaines maisons. Pendant une fraction de seconde, son corps se figeait et son cerveau assimilait l'étrange spectacle de la lumière écarlate qui dévorait tout sur son passage. Puis comme si une onde de choc la traversait, elle retirait les mains de ses poches avant de s'élancer dans cette direction. Le silence était encore présent, signe que personne n'avait encore réalisé l'horreur de la situation, tout dormait paisiblement depuis le cataclysme. Étrangement, pas une seule fois, l'idée de crier pour avertir les gens ne lui traversa pas l'esprit, trop occupée à penser à comment le feu s'était déclaré. Le bruit de son pas de cours et de sa respiration est la seule chose qui brise le silence de la nuit. Le battement de son cœur frappe durement à ses tempes pendant que le rythme sanguin et l'adrénaline accélèrent.

Mais bien rapidement, elle est arrêtée par des flammes et enfin un cri brise le silence de la grotte. À cet instant précis, elle a l'impression de renaitre, que l'angoisse qui la retenait prisonnière abandonne sa prise et elle laisse échapper son premier appel au secours. Elle trouve sa voix étrangement plus aiguë que l'habitude, mais elle continue d'appeler la personne qui a laissé échapper un cri, puis un étrange gargouillis laisse place au crie. Malgré la chaleur des flammes, le crépitement du bois qui est dévoré, elle entend un poids lourd tomber au sol. À ce moment, sa voix meurt dans sa gorge et elle comprend que quelque chose ne va pas. Par la suite, plusieurs cris s'élevèrent. Ils venaient des maisons, des rues et une certaine agitation prenait enfin place dans le quartier et pourtant Jezebel était nerveuse. Ce n'était pas une nervosité à cause des flammes, mais plutôt d'un autre danger, elle se sentait guettée.

Lentement, elle observait autour d'elle, glissant son regard bleu autour d'elle a la recherche de cette sensation dérangeante. Puis enfin, ses yeux croisent l'ombre vorace d'une silhouette masculine. Ils s'observent un instant avant que l'homme sorte de sa cachette et s'avance vers elle. Les flammes s'étirent doucement à son passage, comme attirer par le tissu de ses vêtements. La lumière générée par l'incendie est suffisante pour lui dévoiler son adversaire, parce que oui c'était bien le terme et l'effet que lui faisait l'homme. Il avait une carrure impressionnante sans pour autant être considéré comme large. Au travers les vêtements serrés, qui vendaient son origine, elle pouvait voir un corps sculpté et entretenu par des travaux physiques. Ces traits étaient coupés au couteau et avaient beaucoup de charme, dans d'autres circonstances, elle aurait certainement dansé avec lui dans la chambre au plaisir, mais l'heure n'était pas au plaisir charnel.

Le regard foncer de l'homme se posait enfin sur elle, la détaillait à son tour de la tête aux pieds. Jezebel frissonne de la tête aux pieds devant un tel regard, elle se sent si petite et insignifiante, complètement écrasée par son désir de faire couler le sang. Nonchalamment, il glisse une main dans sa chevelure mi- courte, replaçant quelques mèches rebelles qui marquaient son front. Son regard était vorace et l'envie de la percer pour lui retirer la vie était lisible. Elle savait qu'il serait un adversaire difficile, surement la plus dure qu'elle n'aurait jamais combattu. Elle allait devoir combattre pour sa survie et la fuite n'était pas une option. Une jeune femme immergeait au même instant d'une maison en flamme, tenant son fils agonisant entre ses bras. Ils étaient tous les deux brûlés, mais ceci n'empêchait pas l'homme de l'attraper au passage et de venir la transpercer de son sabre. La lame légèrement courbée vient pénétrer son dos, fendant l'un de ses poumons pour venir se loger dans le petit corps de l'enfant et pas une seule fois l'homme ne la quittait pas des yeux. Une onde de colère traversait le corps entier de la blonde devant un spectacle aussi gratuit. Sans plus d'attention, l'homme rejetait les deux corps inertes au sol.

L'homme donne un coup sur son sabre, rejetant le sang au loin pendant qu'elle pose la main sur son couteau a cran qui dormait paisiblement au creux de ses reins. ‘' Tiens, tiens, tiens, mais qu'est-ce que j'ai attrapé dans mon filet ? ‘' Murmure la voix grave et mielleuse de l'homme. De sa posture et de son arme, Jezebel comprend rapidement qu'il avait de l'expérience et qu'elle était désavantagée, mais elle n'allait certainement pas se laisser faire. ‘' Oh, je vois que le petit lapin veux se défendre. ‘' Déclare-t-il en laissant ses épaules être secouées par un rire. ‘' Il serait plus facile que tu te laissais faire, je te promets de ne pas te faire souffrir. ‘' Continue-t-il doucement. ‘' Ça va, je vais passer mon tour… ‘' Murmure-t-elle doucement. L'homme esquive un sourire et fait un pas vers elle pendant qu'elle tire doucement son couteau de son fourreau. Au même moment, une marrée de corps humain s'élance dans la rue, arrivant de tous les côtés pour fuirent les flammes. Certains sont brûlés, d'autre en pleure, elle voit même un corps en flamme passer entre eux avant qu'il tombe au sol un peu plus loin, inerte. Les cris des résidents s'étiraient de plus en plus dans les rues, frappant durement contre la paroi rocheuse de la caverne et pourtant ni l'un et ni l'autre ne bougeait. Il s'observait tel deux prédateurs.

Lentement, mais surement, le sol se mit à trembler sous les pas de cours des résidents et l'inévitable se produisit. Une marrée humaine fonçait sur eux pour fuir la faim dévorante des flammes. Jezebel prenait une grande respiration, commençant à contracter son corps pour ce qui allait venir. Elle savait ce qu'il allait faire, son but était surement très simple et c'était de faire le max de dégâts, mais elle n'allait certainement pas laisser faire ceci sans rien dire ou faire. Un sourire carnassier s'étirait sur ses lèvres charnues pendant qu'il frappait l'air pour la deuxième fois avec son sabre. ‘' Tu ne vas quand même pas les protégés ? Tu crois en être capable ? ‘' Elle ne répondait rien, essayant d'étudier la situation. Sous peu, il y aurait trop de gens dans cette ruelle et elle doutait qu'il la suive. Au loin, elle voyait la marrer humaine arrivée et tirait enfin son couteau a cran. Une lueur amusée éclaire le regard affamé de l'homme, pendant qu'il la dévisagea. ‘' Tu ne comptes quand même pas te défendre avec ce cure-dent ? Vas-tu vraiment défendre ces gens ? La plupart d'entre eux ne sauront même pas ce que tu as fait pour eux ? Tu vas mourir vainement pour des gens qui ne te connaissent pas. ‘' Jezebel à un haussement d'épaules avant de répliquer : ‘' Et alors ? Tu ne serais pas jaloux un peu ? Ne me dit pas que tu aurais aimé que quelqu'un se batte pour toi ? ‘' Elle remarquait immédiatement le visage de l'homme se crisper puis une lueur malsaine passer sur son visage. ‘' Pourquoi défendre ceux qui ne le feront même pas pour toi ? ‘' Crache-t-il amèrement.

Il devait y avoir une histoire plus profonde, plus marquant que maintenant qui avait poussé l'homme à trahir les siens, mais Jezebel n'avait pas le temps de s'apitoyer sur le sort et les choix de l'homme. Il était vrai que la hiérarchie des spectres était cruelles, mais dans le monde où ils vivaient maintenant, ils ne pouvaient faire autrement, c'était survivre ou mourir. C'est à cet instant que l'homme tournait légèrement la tête sur le côté, la marrée humaine serait sur eux dans moins d'une minute. Elle le voyait déjà ajuster sa position pour réceptionner les passants tout en la gardant à l'œil. Pourtant, ce geste offrait une opportunité à la blonde qu'elle ne manquait pas. Elle s'étirait brusquement pour venir frapper avec sa botte une roche qui se trouvait non loin d'elle. Elle se savait une assez bonne visseuse et la roche partie comme une flèche vers le visage de l'homme. Cependant, elle ne s'arrêtait pas là et élance son corps vers lui pour attaquer en premier. L'homme arrêtait assez facilement le volatile d'un coup de lame, mais déjà elle était sur lui avec une expression indéchiffrable. Pendant un instant, l'homme était déstabilisé par le manque total d'émotion ou même qu'expression de son adversaire est en oubli presque la foule qui les avale. Ils se font rapidement bousculer, mais Jezebel –préparée par l'assaut de la foule- glisse entre les âmes vivantes en continuant d'attaquer l'homme pour le déconcentrer des résidents. Il fallut toute la concentration à l'homme pour simplement se garder sur pied et contrer les attaques de la blonde qui l'attaquait. À une seule reprise il réussit à agripper quelqu'un pour le blesser, mais ce geste lui coutait une belle entaille au niveau de la main droite et de la joue gauche.

Pourtant, l'homme était étrangement mis mal à l'aise par le regard vide de toute expression de Jezebel et même si certains passants furent – malheureusement- blessés aux passages par le sabre qui virevoltait autour du couple de combattants. À la fin, quand la marrée humaine avait réussi à passer il ne restait plus que ses deux danseurs. Les lames brillaient sous la lueur des flammes, la sueur de l'effort perlait sur leur peau se mélangeant avec le sang qui avait coulé. Jez' éprenait une grande respiration, essayant de calmer le rythme de son cœur et le rythme de sa respiration. L'homme lui jette un regard mauvais et l'expression de son visage s'est refermée. ‘' Tu vas regretter ça… ‘' Jezebel savait qu'à partir de maintenant la danse serait plus difficile et qu'il lui faudrait des efforts considérables pour simplement survivre à ces attaques. Ses pieds glissent sur le sol et elle prend une position plus défensive. Elle ne sait pas ce qu'il 'attend. Sans plus de cérémonie, l'homme fait un pas, puis un deuxième et se jette enfin sur elle. Le bruit des lames éclate dans l'air, l'entre-choc de l'acier résonne amèrement dans l'air brulant de la caverne. La blonde bloquait du mieux qu'elle le pouvait, encaissant les coups de l'homme. L'acier tenaille parfois sa peau et ses vêtements et pourtant, malgré les blessures de la gamine, son air facial ne montrait pas grand-chose. Ce manque d'expression commençait grandement à tomber sur le système de l'homme, il désirait qu'elle crie, qu'elle le supplie pour sa vie.

Il pousse un grognement de frustration et la frappe une nouvelle fois, elle bloque encore l'attaque, mais cette fois-ci de justesse. Elle sentait ses forces diminuées et elle ignore encore combien de temps elle pourra tenir. Sa respiration est davantage saccadée et la douleur des plaids commence à l'avoir à l'usure. Il revient à l'attaque, plaquant son poids contre son corps en la forçant à reculer. ‘' La petite souris et plus résistante qu'elle en a l'air… ‘' Elle-même voit que l'homme commence à se fatiguer et cette simple idée lui tire un sourire en coin. Ce simple geste semble attiser une lueur colérique dans les yeux de l'homme et ses actions deviennent quelque peu hiératiques. Jezebel profite de son manque de patience pour frapper à son tour, se faufilant sous sa garde pour frapper encore et encore. Elle décidait de laisser tomber la parade pour l'esquive et pendant qu'elle dansait telle une abeille autour de sa cible, elle ne réalisait pas la présence d'une réfugiée. La femme s'était tapie dans l'ombre d'une ruelle tout depuis le début. Elle avait été repoussée de la marrer vivante, mais il aurait pu avoir pire, comme être piétinée vivante.

Elle avait été présente depuis le tout début, elle n'avait rien manqué du combat, des paroles et de l'étrange danse macabre. La demoiselle était paralysée par la peur tout en étant fascinée par la scène. Les mains posées sur sa bouche pour l'empêcher de laisser échapper le moindre son, son regard observait la danse pendant que ses oreilles écoutaient les mots lancer sournoisement. Elle voyait bien que la blonde avait des difficultés à toucher l'homme, mais avec l'impatience qu'il faisait maintenant preuve, elle semblait avoir une faible chance. Sans le réaliser, l'instinct de la femme la poussait à ramasser une roche au sol. Elle se relevait doucement tout en observant l'homme. Jezebel et son ennemi ignoraient la présence de cette intruse qui pourrait autant nuire qu'à aider leurs causes. Le choc de l'acier résonnait dans l'air brulant de la grotte, la respiration de chacun accélérait toujours un peu plus, mais la gamine était visiblement plus épuisée que l'homme. La sueur perlait à son front, pendant que sa chevelure flottait en bataille autour de sa tête. Il était tout de même étrange de voir une poupée combattre aussi férocement. Jezebel bloquait encore et encore les coups de l'homme et à chaque coup, elle perdait un peu plus de sa posture et de sa force. C'est à ce moment que la femme décidait d'agir en ramassant tout son petit courage. Elle levait la main qui tenait fermement la pierre et visait l'homme. Le premier projectile ne touchait pas sa cible, mais eut pour effet d'attirer l'attention des deux combattants. Jezebel laissait échapper une faible grimace avant de frapper rapidement l'homme.

Ce dernier bloquait l'attaque avant de rapporter son attention sur elle. Sur son visage tantôt trahi par la rage, maintenant se dessinait un sourire mauvais. Jez comprenait immédiatement ce qu'il voulait faire et une lueur paniquée traverse son regard un instant. Dans une dernière tentative de la narguer, il s'élance vers cette étrangère. Immédiatement sur ses talons, Jezebel élance le bras pour attraper ses vêtements. La femme avait tout juste le temps de se pencher pour attraper une seconde pierre et de la lancer en direction de l'homme avant de se mettre à reculer sous la panique. La pierre venait toucher sa cible en plein visage, ce qui le ralentit un instant et permis à la blonde de le rejoindre. Au moment où il reprenait sa course, une lueur encore mauvaise dans son regard, les doigts de la gamine agrippaient fermement le tissu sombre et en utilisant son corps et son poids dans un pivot de contrepoids, elle échangeait leur place. L'homme ne fut pas complètement déstabilisé par ladite manœuvre et profite de cette ouverture pour frapper et pendant que la morsure de la lame pénétrait le corps, il y eut un moment de flottement dans l'air, comme si tout était figé. Derrière eux, l'étrangère laissait échapper un petit cri de surprise et de peur. Pendant ces quelques secondes où le silence semblait reprendre son droit, la femme et l'homme se dévisageaient. Puis vient le son particulier d'un liquide épais qui tombe au sol. Le visage de la blonde n'affiche encore aucune expression, pendant que celui de l'homme se décompose doucement. La main libre de l'homme bouge faiblement pour essayer de s'agripper à elle, pendant qu'elle effectue une ouverture à l'horizontale avant de retirer la lame du couteau. Au même moment, il se recule, abandonnant son arme qui tombe au sol pendant que ses mains essayent vainement de retenir ses entrailles en lui.

Jezebel posait les yeux sur sa main ensanglantée et tremblante, celle qui avait réussi à attraper la lame courbe et à dévier la course de la lame. Il vient ensuite la douleur au niveau de son rein droit. Elle baissait doucement les yeux pour voir le sang commencer à tâcher ses vêtements et à couler sur elle. D'une main fébrile, elle soulève les vêtements souillés pour y voir une bonne balafre, ou la peau est ouverte et laisse un aperçue de sa chair ensanglantée. Elle espère simplement qu'aucun organe important n’avait été touchée. Avec sa main déjà blessée, elle venait faire une pression sur la blessure et laisse une grimace déformée son visage de porcelaine. Son regard se porte sur l'homme qui tombait à genoux, visiblement au bout de sa route. Elle observait ses entrailles s'échapper par le trou béant de son estomac et enfin la vie quitte ses yeux pour laisser que des globes vides de sens. Malgré sa situation, elle sourit avant de chanceler sous la douleur. Son corps venait frapper une surface chaude et elle tournait la tête sur le côté pour voir le visage en larme de la femme. Elle la tenait contre elle dans le but de l'empêcher de tomber au sol. En moins d'eux, l'autre femme tirait sur les manches de son chandail pour en faire des bandages rudimentaires sur les blessures de Jez. ‘' Merci beaucoup… ‘' Murmurait entre deux sanglots la femme. ‘' Vous me remerciez quand nous sortirons d'ici, il faut vous mettre… Grr… ‘' Elle se tut sous la douleur, fermant les yeux un instant. ‘' Pardon… Il fallait que je serre. ‘' La blonde secouait la tête, avant de poser son regard bleu sur elle. ‘' Ça va… Vous croyez que vous allez pouvoir m'aider jusqu'à la sortie ? Je ne crois pas… ‘' Mais elle fut rapidement coupée par l'autre femme. ‘' Oui, c'est le moindre que je peux faire. ‘' Réplique-t-elle. ‘' Laissez-moi simplement prendre son arme… Une simple preuve. ‘' Déclare Jezebel en attrapant ladite arme.

Puis dans un accord commun, elles quittèrent le lieu du combat, remontant le chemin pour se mettre à l’abri des flammes. Elles avaient beaucoup à dire, beaucoup à faire pour expliquer ce qui venait de se produire, mais avant tout, Jezebel avait besoin de soin, mais elle se sentait mûrie de cette expérience qui aurait pu lui coûter la vie…


3173 Mots:
 


Note:
 
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Carmen Neutram
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Jeu 19 Oct - 20:21

♦️ Un monde qui bascule ♦️



Inventaire de mission:
 


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Une tête blonde arpentait les lieux visiblement pressée. Elle ne dormait pas lors des faits, bien trop occupée à préparer les schémas du lendemain. Nathaniel était d'un naturel distrait, pourtant la rigueur ne lui faisait pas défaut. Il était resté jusque tard dans la forge afin de ranger le matériel tout en se chargeant de diverses corvées qui n'avaient jusque là pas toute été complètement exécutée. De quoi rendre son maître forgeron fier et agréablement surpris au matin.
De la surprise il y en aurait, mais elle n'allait pas être aussi agréable c'en était certain. En plein milieu de ses exécutions des bruits avaient commencé à s'élever. Ce qui ressemblait d'abord à un simple remue ménage dans les habitations prenait de plus en plus l’apanage de la panique. Nathaniel s'était arrêté en plein mouvement quand il avait entendu un cri visiblement terrorisé traverser le hall des artisans. Le simulacre ne se doutait pas qu'il se trouvait précisément entre deux feux, et c'est le cas de le dire.

Sans plus attendre, Nath' quitta la forge laissant tomber ce qu'il avait entre les mains. Il n'avait sur lui que ses bottes, une chemise en lin et un pantalon en cuir ; « l'armure du soir ». Ses pas se pressaient vers la sortie, il choppa au passage sa paire de gant et son stylet de manche qui était posé sur l'enclume à droite de l'entrée. Personne ne l'utilisait, elle servait de porte manteau et autres, coincée entre un tonneau de morceaux de ferraille et des planches malhabilement entreposées. Ces dernières faisaient partie de la liste de tâches que Nath' s'était imposé cette nuit là mais il sentait qu'il devrait remettre ça à plus tard.

La sueur au front il scrutait le hall des artisans, visiblement désert à cette heure. D'où venait ce cri ?
Il cherchait des yeux une quelconque agitation tandis qu'il enfilait machinalement ses gants. L'endroit avait laissé place à un silence pesant, ses yeux se rabaissèrent sur le stylet qu'il était en train de remettre à travers les petits lacets internes de sa manche droite prévus à cet effet. Lorsqu'il les releva il fit un pas en avant vers le centre de la place. N'entendant plus rien il se ravisa et pensa qu'il s'était inquiété pour rien mais alors un autre cri tout aussi déchirant fit un chemin jusqu'à ses oreilles. C'en était trop, il fit encore demi tour avec trois enjambées de plus. Le bruit venait de son flanc droit. Trois fuyards courraient vers le centre de commandement visiblement terrifiés mais ayant eut le bon sens de tenter d'avertir les hautes sphères. C'est à cet instant seulement que Nathaniel remarqua la fumée qui commençait à monter du couloir voisin, celui qui amenait à une partie des habitations. Qu'il soit accidentel ou criminel, cela n'expliquait pas l'homme qui pourchassait les fuyards avec un longue hallebarde.
Nath' n'avait pas encore été aperçut, il en profita pour recourir à l'intérieur de la forge à fin de surprendre l'assaillant. Il ne pouvait résolument pas se faire charger par un tel ennemi. Le jeune forgeron espérait seulement que les pauvres cibles avaient encore assez d'énergie pour continuer à courir jusqu'à la forge, enlevant finalement son stylet de sa main gauche. L'angoisse commençait à prendre la gorge de Nath', c'était à n'y rien comprendre, du feu, des assaillants, des citoyens terrifiés … Que se passait il dans l'alcôve à une heure aussi tardive ?

Le citoyens terrorisés passèrent devant lui et ce fut l'alarme de départ de Nath' pour frapper. Comme pour se donner du courage il chargea l'assaillant en lui sautant littéralement dessus. Le choc fut brutal et fit valser le corps robuste de l'agresseur, Nathaniel l'accompagna dans sa chute et leur corps finirent par glisser sur soixante centimètres contre les dalles qui pavaient l'endroit. Durant la chute Nathaniel n'avait pas d'autres choix que d'en finir tout de suite, il avait levé sa main gauche et la fin de la glissade marqua aussi la fin de son ennemi. Son stylet s'était logé dans le creux du cou de sa cible, la jugulaire avait tâché sa manche. Il aurait voulu l'interroger ou encore identifier qui il était mais son visage n'avait rien de connu, et la situation faisait que s'il était resté a corps à corps avec lui qui plus est au sol il ne s'en serait pas sortit. Nathaniel respirait fortement tout en se relevant, il avait asséné un coup de pied dans la mâchoire de sa victime afin d'accélérer son agonie et s'assurer que, dans un sursaut, il ne se prennent pas une hallebarde dans les jambes.
Ceux qui le fuyaient avaient ralentis et présentaient des signes de soulagement autant que de crainte.

- Bon sang mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!

L'émotion l'avait emporté, il venait de tuer un homme et il ne savait même pas pourquoi. Protéger les autres avait été la priorité pour l'heure mais le faire sans raison avait quelque chose de frustrant. Le petit groupe s'était quelque peu apaisé, deux hommes et une femme le constituait. L'un d'entre eux prit la parole :

- Ce sont les fils d'Iscariotes ! Ils mettent tout à feu et à sang ! On part avertir le centre de commandement venez avec nous vite !

* Par là c'est la place forte et les habitations.*

Nathaniel fit un signe de désapprobation avant de dire à demie-voix un :  « Allez-y. » et de se diriger à grands pas dans la direction opposée. Carmen était de ce côté ci de l'alcôve, et il espérait que rien ne lui soit arrivé. Il y avait deux possibilités à cette heure où Carmen pouvait avoir échoué ; les chambres où le lit de son local.

Le temps filait aussi vite que ses jambes, le stress augmentait à chaque pas. Nathaniel avait un mauvais pressentiment, et ce dernier se fit plus clair lorsqu'il avançait de plus en plus vers le cœur des flammes. Il connaissait l'endroit par cœur grâce ou à cause de l'épreuve qui lui avait valu son premier tatouage. Il fila droit vers la chose qui lui paraissait le plus probable et prit donc la direction des chambres du plaisir. Plus ils s'enfonçaient dans l'alcôve plus il croisait d'hommes et de femmes tentant d'éteindre les flemmes ou encore de se défaire d'une encombrement. Il courrait à contre courant et avait bien du mal à ne pas tousser à cause de la fumée. Il arriva vers la place convoitée, beaucoup de personne s'agitaient tout en essayant d'éteindre les flammes des habitations voisines. Bousculant quelques personnes qui fuyaient à contre sens, Nathaniel parvint jusqu'à une petite esplanade où trois hommes tentaient d'en dégager un autre de sous une large poutre. Notre jeune ami se joint à l'effort. Les chambres étaient encore un peu plus loin, elles ne semblaient pas encore être touchée, mais c’était la débandade générale.

L'homme dégagé était devenu boiteux, alors qu'ils l'aidaient à se relever tout en s'éloignant de l'endroit en flamme une voix tout à fait reconnaissable s'éleva derrière l'épaule de Nathaniel.

- Nath' ! 

Faisant volte-face ; Néréïde ! ..As-tu vu Carmen ?

- Non elle n'est pas venue ce soir, elle est allée jouer aux dés avec les apprentis. Ils sont sensés être chez Daniel.

Les yeux couleur érable de notre fin escrimeur de l'aube fixaient le vide et les flammes. Il fallait aider ici, mais les habitations étaient les premières cibles, s'ils étaient chez ce fameux Daniel il y avait de fortes chances que l'endroit soit touché. Reprenant sa respiration Nathaniel se saisi du bras de la jeune femme comme pour chercher du soutien autant qu'en donner, elle comprit en un regard ce qu'il comptait faire.

- Vas-y ! Je reste ici

Nathaniel est certes un homme endurant, mais ce dernier commençait à fatiguer. L'étage vers lequel il se dirigeait était lui aussi en flamme. La fumée remontait directement contre ses pas et il du plonger au sol afin de récupérer l'air qui subsistaient encore en ces lieux. Allongés au sol, les bras devant le en et la bouche, ses yeux le piquaient. Le simulacre fut rappelé à l'ordre quand il vit le corps devenu brasier d'un ancien dormeur sortir d'un local en criant son agonie. Il s'effondra après avoir trébuché sur le corps de Nath'. Ce dernier se releva bien vite et frappa rapidement les quelques endroits de sa chemise qui menaçaient de s’enflammer eux aussi. Il ne pouvait plus rien faire pour lui, avec horreur il poursuivit son chemin jusqu'à la porte de Daniel. Si sa mémoire était bonne, c'était celle ci !
Alors qu'il allait l'ouvrir, la porte vint se planter contre ses fossettes et son nez lui arrachant un étouffement de douleur. Lorsqu'il releva les yeux Carmen avait fait son apparition.

La couleuvre chancelait, visiblement réveillée depuis peu, avec un mauvais alcool sur les lèvres. Elle suffoquait et c'est ce qui l'avait réveillée en sursaut, elle était allée chercher de l'air en ouvrant la porte. Derrière elle Daniel qui tentait d'articuler un :

- woaa … Je grois que jjjai fait Dix mille les gars ~

Asaël quant à lui était échoué sur la table de jeu une bouteille d'un alcool de sa fabrication à la main, et elle était vide. Il s'agissait du seul des trois qui n'était pas « réveillé », si l'on peut qualifier les deux autres énergumènes de cet état. Les yeux dorés de Carmen étaient en train de réaliser trois choses : Nathaniel se tenait devant lui, la manche en sang. Elle avait perdu aux dés et ils s'étaient tous plus ou moins arrêtés de jouer quand Asaël avait commencé à parler de sa douce perdue. Il y avait le feu à l'étage.

- On a pas le temps Carmen ! Dit il en voyant que l'intéressée allait commencer à balbutier une interrogation.

Nath' se saisit de son bras et la tira au dehors. Carmen observait le spectacle alors qu'elle essayait de remettre ses idées en ordre. Ses cheveux étaient détachés et en pagaille, sa chemise et son pantalon en toile couvrait son corps fébrile, sa bourse à dés encore à la ceinture ainsi que son sac et son carnet. Elle voyait son ami visiblement pressé et concerné. Daniel avait été relevé un peu brutalement alors que celui ci réalisait lui aussi dans quelle situation ils se trouvaient. Il commença à paniquer et regardait successivement ses collègues. Le choc fut tel qu'il décuva presque instantanément, il se mit en tête d'assister Nath' qui tentait tant bien que mal de réveiller le dernier fêtard. Malgré la situation, Carmen esquissa un sourire alors qu'elle se tenait à la paroi du couloir car son ami avait eut la charmante idée de se saisir d'un seau et de le plonger dans ce qui servait de bassin dans tout appartement de ce type. Le reste est assez évident, le froid réveilla instantanément Asaël qui manifesta son choc par un grand hhhhyaaaaaaa- inspiré, il se mit à tousser bien vite tant l'air qu'il avait cherché était chargé de dioxyde.

Tous ressortirent, presque sains et saufs. Daniel aidait Carmen à avancer, tandis que Nath' se chargeait d'Asaël. Ils remontèrent le couloir tout en enfonçant les portes voisines, cherchant des survivants. Carmen avait du mal à rester en équilibre et elle se tenait à Daniel comme une ancre à son bateau. L'alcool n'avait jamais été son fort, mais elle ne se doutait pas que trois verres suffiraient à l'achever. L'ennui avec les recettes artisanales c'est qu'on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dedans. Asaël était soit un excellent, soit un très mauvais brasseur. Sa potion était efficace mais son goût était vraiment ignoble. Celui qui perdait aux dés devait boire un verre, mais il semble qu'arrivé à un certain stade même gagner était une raison suffisante pour s'en servir.

Malheureusement ils ne trouvèrent que peu de rescapés, Carmen et son groupe étaient chanceux d'être encore en vie. Le groupe s'activait si bien que ses rangs furent renfloués de cinq personnes supplémentaires. Carmen tenta de lutter contre son mal de tête afin d'articuler ses pensées auprès de Nathaniel :

- La place forte ... Le bassin ...

Il comprit l'essentiel et entreprit de convaincre leur partenaires de fortunes de les suivre. Il fallait retrouver Néréïde et les autres, puis tous se relayer ou créer une chaîne du bassin de la place forte jusqu'aux habitations à fin d'éteindre efficacement les flammes le temps que d'autres secours arrivent. Le chemin était long mais il y avait encore suffisamment de personne au dehors pour ce faire.

L'heure qui suivit fut rude, Carmen avait peu à peu regagné ses esprits et elle fut plus à même de coordonner les habitants. Ils étaient malheureusement trop peu pour créer une réelle chaîne, mais on se chargea de courir avec des seau d'eau de manière régulière, en équipe de quatre toutes les dix-huit secondes, afin d'éteindre le maximum de flammes. La place forte était animée, mais personne dans le groupe ne se doutait encore que des combats faisaient rage non loin de là, ou bien encore que les rescapés venu avertir le centre de commandement ne reviendraient jamais de leur aventure. Leur groupe était encore trop affairé à sauver ceux qui pouvaient l'être et minimiser les dégâts des flammes. La révolte des descendants avaient été soudaine et meurtrière.


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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mer 1 Nov - 20:27

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Il était tard, si bien que la demoiselle ne pourrait dire l’heure précise.
Le silence était de maître dans la tanière des Dionis ; seul Automne en proie à ses démons gardait les yeux grands ouverts, fixant le plafond de sa chambre comme pour y déceler un quelconque secret. Elle désespérait. Depuis sa Nuit des Roses Automne était en plein questionnement, que ce soit sur sa propre personne, Adam ou encore sa famille. L’acte qui faisait d’elle une femme aurait dû être libérateur si bien qu’au contraire, elle était prisonnière aussi bien de sa famille et de son propre esprit. Tant de questions et peu de réponses. Sa famille la maintenait au chaud, la poussant à fréquenter des gens de son envergure alors qu’elle souhaitait juste prendre le large, faire ses preuves. Ses précepteurs avaient été formels : il était temps que la demoiselle fasse ses preuves et se confronte au monde extérieur, aussi bien au sein de l’Alcôve qu’en dehors de ses murs. Automne trépignait d’impatience. A quoi bon tout ce savoir si c’était pour le cloisonner dans une prison de pierre ? Sa mère ne l’estimait-elle pas prête, ou bien était-ce pour préserver l’unique chance de survie des Dionis ? Faudrait-elle qu’elle enfante avant de pouvoir mettre ses talents au service de Spectre ? Tout semblait l’indiquer… Sa mère ne résumait la situation que par un mot qui n’en était pas un. Adam. Pas un jour se passait sans qu’elle ne cherche à pousser sa fille vers la descendance d’Andrivon. Automne n’en pouvait plus, elle avait besoin pour l’heure d’autre chose…

La demoiselle brisa le silence de mort dans un profond soupir. A l’aveugle, elle ferma le petit carnet qui était jusqu’à présent ouvert à ses côtés. Elle le poussa même d’un revers de main avant de se redresser lentement. Les bras partirent en l’air, la poitrine se gonfla et le tout se cambra dans un bâillement silencieux. « C’est la mort… » Souffla-t-elle avant de se lever. Elle chercha son paquet de cigarettes qui devait traîner aux pieds de son lit dans le but d’en passer une à ses lèvres. Elle ajusta ses cheveux dans un chignon précaire tout en dirigeant son corps élancé vers la fenêtre où elle s’y accouda. Une flamme lécha l’extrémité de la dite cigarette qui crépita sous l’inhalation de la Belle. Elle soupira un nuage de fumé blanchâtre. Toute sa famille désapprouvait cette pratique et Jezabel l’avait mis en garde… Ce qu’elle pouvait lui manquer, Jezabel. Depuis sa fleuraison son unique amie avait accepté une mission d’une grande importance, quelque part, là, dans ce vaste monde inconnu ! Dieu seul sait quand elles se reverraient et Automne rêvait de ce moment où elle serait alors à la tête d’une escouade de l’intervention venant secourir son amie… Elle souriait dans ces moments de divagations puériles.

Cependant l’heure n’était plus aux divagations enfantines ou non. C’est une cigarette à peine entamée qu’elle écrasa sur le rebord de sa fenêtre avant de s’affoler sagement. Vite. Son cœur s’accélérait alors qu’elle enfilait à la va-vite un simple poncho immaculé qu’elle resserra d’une ceinture en tissu, elle y passa son stylet de manche avant d’attraper son masque posé là, frappé de l’emblème des Dionis. Le renard s’empara de son épée avant de sortir précipitamment de sa chambre et de dévaler les escaliers.
« Automne, mon trésor, que… ?! » Sa mère réveillée par le bruit occasionné de sa fille se tenait là, près de la porte, interloquée de la voir dans une telle tenue, armes en main. « Le feu. Dans l’Alcôve. » « Mais ce n’est pas à toi d’intervenir, tu n’es pas encore prê… » Trop tard. Automne avait déjà franchi la porte qu’elle entendait la voix de sa mère disparaître au loin appelant l’aide de son frère, Anaël, sans doute pour la ramener saine et sauve. Elle s’occuperait de ça plus tard.

Elle n’avait pas réfléchi. La lueur orangée, les flammes qui balayaient le plafond de l’Alcôve… Une agitation qui l’avait appelée, une libération inespérée ; si bien qu’elle courait à vive allure en direction des flammes, attentive, lame en main et le visage perdu dans l’obscurité de son masque. Automne était bien loin d’imaginer ce qui l’attendait en bas. Plus elle se rapprochait, plus l’air devenait lourd et suffoquant, les cris de peur et de douleur commençait à se faire entendre si bien qu’elle déglutit avec difficulté le peu de salive encore empreint de nicotine qu’il lui restait.
Un chaos sans nom régnait en maître dans le quartier des habitations. Des gens fuyaient de toute part, à gauche, à droite si bien qu’elle manqua à plusieurs reprises de se faire piétiner. Elle reprit son souffle dans une petite ruelle et fut pour la première fois confronter à l’horreur… En face d’elle, cramponné au mur un corps gisait. Le visage de cette inconnue était marqué par une torpeur sans nom. Les yeux grands ouverts presque exorbités, au même titre que sa bouche d’où avait jailli son dernier souffle de vie dans un cri infini. L’espace était maculé de sang et à en juger par la plaie béante dans l’abdomen, cette jeune fille avaient été littéralement transpercé par une lame droite dentée ; morte sur le coup elle avait eu cependant le temps de voir le visage de son agresseur.
Le temps sembla se figer. Automne n’arrivait plus à bouger le moindre de ses muscles, perdue dans la contemplation de ce cadavre. Sa main droite porteuse de l’arme, se mit à trembler imperceptiblement alors que le reste de son corps était parcouru d’un frisson de répulsion. Un haut-le-cœur faillit avoir raison d’elle alors qu’elle fermait les yeux mais impossible, l’image de cette inconnue restait imprimée dans sa rétine. « Merde… merde… merde… » Le doute s’empara d’elle. Que faisait-elle là au juste ? Pour quelle raison ? N’était-il pas plus simple de rester au chaud à la maison ? A devenir ce que maman voulait d’elle ?

« Non… Je… Non… Au… Au secours… » Une voix, un cri. Un cri énorme, de peur, de douleur qui ramena Automne à la réalité. Comme sorti d’une apnée profonde elle émergea avec surprise et revint à la réalité. Un regard à gauche dans la rue principale où des dizaines et des dizaines d’inconnus fuyaient ou bien rarement, remontaient le courant pour aller prêter main forte là où il y en avait besoin. Puis un regard à droite, dans l’ombre opaque de cette ruelle d’où émanait l’appel à l’aide. « Quelqu’un… Par ici… S’il vous plait ?! » Automne demandait de l’aide complétement déboussolée par ce qu’elle venait de voir. Personne ne s’arrêta, personne ne l’écouta. Dans ce chaos elle était seule. Automne tourna le dos à la ruelle, le poing serré sur son arme, le regard bas. Instinctivement son corps lui disait de fuir, ce qu’elle fit… Remontant tant bien que mal l’artère principale, s’éloignant de l’épicentre de l’incendie.
A bout de souffle, paniquée, elle s’arrêta plus haut sur les devantures d’une maison en bois. Sa course folle l’avait entrainé dans le méandre des couloirs interminables des habitations. L’incendie était loin, les cris plus diffus mais l’atmosphère n’en était pas moins lourde. Désorientée elle redressa la tête quand elle sentit une vive pression s’enrouler autour de son cou.

Automne n’avait pas entendu cette porte s’ouvrir, ce sale type se glisser derrière elle pour l’immobiliser et la jeter avec force dans la bâtisse que ses occupants avaient dû fuir un peu plus tôt. Surprise, elle n’eut d’autre choix que de se laisser faire et de percuter violemment l’étagère qui était à l’autre bout de la pièce. Son dos craqua sous le choc alors qu’elle étouffait un léger cri. Une nouvelle fois prise de vertige et surtout surprise de cette rencontre fortuite, elle ne trouva rien de mieux à faire que de chanceler vers son arme qu’elle avait lâché quand son agresseur l’avait envoyé à l’autre bout de la pièce. A peine avait-il pris soin de verrouiller la porte que l’inconnu lui décocha un revers de main toisé de bagues en plein visage pour la remettre à sa place et l’empêcher de toute riposte. Son masque vola, le goût du sang passa ses lèvres fendues alors qu’elle se rattrapait à l’étagère, tombant sur ses genoux qui tremblaient à n’en plus pouvoir. « Voyez-vous ça… La noblesse de Spectre me fait honneur de sa présence. » Souffla-t-il tout en ramassant le masque. « Une Dionis, rien que ça… Toi ma petite, tu es ma porte de sortie ! » Le regard flou, Automne restait immobile, perdu dans un espace-temps qui ressemblait à un vilain rêve. Sous le choc, elle redressa tout de même son visage pour distinguer son agresseur : un visage ovale, des yeux verts, assez propre sur lui. Une carrure cependant imposante, aux muscles développés ; un homme à tout faire qui restait d’ailleurs non loin de la porte pour surveiller d’une oreille ce qui se passait à l’extérieur. Automne remarqua qu’il tenait à la main une lame droite, dentée. Elle commença à rire, nerveusement. « Quoi ? Arrête de rire ! Tais-toi ! » Il avança, leva sa main qui percuta une nouvelle fois le visage pâle de sa captive. La peau se fendit légèrement sur sa pommette droite, pas de doute ce coup laissera une trace. Automne tomba à la renverse, sur le dos où elle se recroquevilla sur elle-même. Elle respirait cependant calmement, comme si cette gifle l’avait sorti de sa léthargie. « Toi ma petite, tu vas me faire sortir mais avant ça… » L’homme semblait hésiter avant d’afficher un léger sourire après un court moment de réflexion. « … Quitte à mourir aujourd’hui… J’ai toujours voulu baiser la noblesse de Spectre. Toujours ! Et voilà que littéralement parlant… » Et il rit doucement tout en avançant vers elle. Il posa sa lame sur la table en chemin tout en prêtant une oreille attentive à l’extérieur : le coin semblait calme. Dehors bien que les cris étaient encore présent, ils semblaient plus lointain, diffus ; signe que Spectre commençait à s’organiser pour mettre fin à l’incendie et secourir son peuple. « Tu cris, je te tue. Tu te débats, je te cogne. Tu tentes quelque chose, je te cogne puis je te tue. C’est clair ? » Il avançait d’un pas lent vers sa proie, alors qu’elle rampait sur le sol vers un coin de la pièce. « Je… Non…je… »

C’est lorsqu’il posa sa première main sur elle, sur son sein qu’elle dégaina son stylet pour le lui planter dans l’oreille dans un cri monstrueux, de toutes ses forces. Bien que mort sur le coup, il s’affala sur elle, inerte, la bouche grand ouverte. Elle se dégagea de son emprise fictive à de coups de pied avant de hurler à nouveau tout en arrachant son stylet du crâne puis son esprit perdit le contrôle. Elle s’affala sur lui dans une pluie de coup, sa courte lame pénétrant le tissu, la chair, les organes à de multiples reprises. Sauvagement elle le poignarda jusqu’à n’en plus avoir d’énergie, jusqu’à ce que sa main baignant dans le sang de sa victime glissa de la fusée lors d’une énième perforation, sur la lame où elle se coupa elle-même. Abandonnant son arme, la douleur lui piquant les yeux, elle martela une dernière fois le visage ravagé de son agresseur avant de s’écrouler dessus, maculant ne serait-ce qu’un peu plus son corps de ce bain de sang…
Elle rit un long moment, allongée là avant de se mettre à pleurer. Elle finit par se redresser, tremblant de toute part. Elle ne regarda pas un seul moment en arrière, laissa ses armes, son masque ; il était l’heure de rentrer à la maison. Non, elle ne s’inquiéta pour Spectre. De ses cris lointains, des flammes encore visibles par endroit ; elle savait que tout irait bien maintenant et qu’égoïstement, elle avait fait sa part.

Qu’avait-elle fait au juste ? Était-ce bien ? Mal ? Elle n’en pensait rien si ce n’est que dans le plus grand des chaos, on se retrouve toujours seul face à l’horreur, maître de soi et de ses décisions. L’inexpérience avait porté ses fruits. L’heure n’était pas aux questions car présentement Automne était ailleurs, l’esprit léger et calme ; cette soirée n’était qu’un mauvais rêve…
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Fran Superbia
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Sam 4 Nov - 15:30

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C'est ironique, mais il est encore bel homme. Même tuméfié, défiguré par les coups portés sur son corps avec rage. Les bleus que son corps encore tiède arbore, parsemés dans le sang bruni qui s'accroche désespérément à sa dépouille ne réussissent pas à changer son expression sereine, figée dans le sourire ironique du guerrier qui accepte la mort. On dit de lui qu'il est -enfin, était- un bretteur exceptionnel. Les baudriers qui  tiennent ses armes semblent avoir fusionné avec ses habits maculés de sang, comme s'ils avaient été là depuis sa naissance, moulés dans sa chair. France n'aura jamais l'occasion de se mesurer à Aaron Chani. Levant la tête de la dépouille, la simulacre observe avec dégoût les flammes. A travers la fumée, on devine l'odeur âcre de la chair brûlée, le parfum si typique du bois qui s'abandonne au feu. Les crépitements des braises, ponctués de cris perçants et des craquements brusques des maisons qui s'affaissent, éjectent dans la purée de pois des lucioles orangées. Le feu fascine Fran. La destruction sous sa forme la plus simple, la cruelle et rapide progression de la mort, vêtue de sa flamboyante robe dansante, affublée du parfum entêtant du désespoir le plus douloureux qu'elle puisse imaginer.
Qui eût cru que la trahison pouvait réchauffer les cœurs et les corps. Lançant un vague signe au corps mutilé de feu l'Ombre de l'Intervention, la rouquine part. Elle a des ordres clairs. Ne pas poursuivre les parjures, et aider la population de l'Alcôve à échapper aux flammes, tout en neutralisant les éventuels rebelles encore présents pour assister au barbecue et attiser les braises.
«-Puissent les flammes de la discorde engloutir ta dépouille et la ramener à la poussière d'où elle naquit jadis.»
France met sa capuche, remonte son col et son écharpe jusqu'au nez, autant pour cacher ses traits que pour mieux supporter les flammes, l'odeur, les cris, la panique. Elle se fraie un chemin à travers la fumée à présent presque aussi épaisse que la foule qui la fuit. Les mutins, sous prétexte de se battre pour leurs droits, contre une société qui ne pardonne jamais les péchés commis par un autre, sont devenus juges et bourreaux d'innocents. Et si la jeune femme n'apprécie que très peu l'idée qu'un Iscariote puisse jeter l'opprobre sur toute sa lignée, elle sait que les civils ne demandent que protection et le droit de prospérer. Les massacrer pour un combat qu'ils ont choisi de ne pas mener, voire d'ignorer -même si cela est une faute en soi- n'arrange rien. Et la soif de sang ne se satisfait pas d'exactions commises envers la plèbe sans défense. Non, les mutins ne sont plus là pour leur combat, leurs idéaux. Ils sont de simples bandits, cachant leurs frustrations derrière une cause et un leader, frappant du sceau de la vengeance due toutes les horreurs que leurs cœurs déviants s'amusent à imaginer.
Alors que la chaleur se fait plus présente, France dégaine son épée. Elle en aura besoin pour libérer certaines personnes des décombres. Bientôt, la fournaise révèle son chaos lumineux aux yeux de la belle. Les hommes crient, courent, sautent au sol pour éteindre les flammes qui les dévorent dans un tumulte de crépitements joviaux. Les plus vieux n'ont aucune chance, même en les aidant au milieu de tout ce bordel, ils finiraient par succomber aux flammes et à la fumée, voire à emporter avec eux ceux qui leur tendent la main. Certains le savent, et attendent patiemment la mort, tentant de guider la fuite vers la survie de leurs congénères. Ils guident les jeunes vers l'avenir, puis se retournent pour accepter avec bravoure la mort. Ils enlacent la douleur de leurs bras frêles, n'essayent même pas de cacher leur peur, qu'ils emporteront avec eux dans leur tombeau de cendres et de braises. D'autres, fuyant la mort encore plus violemment maintenant qu'elle lèche la porte de leur habitation avec la passion destructrice des enfers, crient, hurlent, s'agitent, demandent désespérément l'aide des hères qui passent devant eux. Non contents de leur arracher encore un peu de leur âme en leur offrant cette vision de la mort qui rattrape ses enfants égarés, ils obligent, en un seul instant, de leur regard implorant la pitié, les hommes et femmes valides, les enfants naïfs, à poser leurs vies sur la balance cruelle de l'instinct de survie. Ceux-là sont les plus maudits parmi les damnés. Ils vivront à présent avec le sang carbonisé de leurs aînés sur les mains. Jamais ils n'oublieront le sentiment de sous-peser la valeur d'une vie humaine, puis, contemplant leur propre égoïsme, enfouissant tous leurs beaux principes et leurs paroles vertueuses dans la cendre encore chaude, jettent l'âme, l'espoir, le cœur, la vie de leurs grands-parents, oncles, frères et géniteurs. L'abandon est le pire des parricides. Car c'est le seul qui vous rappelle constamment tout ce qui aurait pu, -aurait du, même!- être fait pour sauver la chair de notre chair, le terreau sur lequel pousse fièrement notre arbre généalogique.
Le nihilisme misanthrope de ses pensées arrache à Frannie un sourire désabusé, plein d'une ironie dégoûtée, un sourire qui cristallise tout ce qu'elle aime de franchise dans le danger, tout ce qui la répugne d'hypocrisie humaine. Le fer, lui ne ment pas. L'acier de son arme brise les poutres à moitié affaissées, chasse les braises hautes comme un enfant, creuse les décombres d'où dépasse un bras s'agitant pour sa survie. Elle ne parle pas. Elle sort les gens de leur cercueil rougeoyant, leur donne une gorgée d'eau, les empêche de vider son outre dans leur avidité, puis les envoie courir vers la sécurité relative d'une ambiance moins... chaleureuse. Pfeuh. Même l'humour douteux de ses pensées ne peut enlever le goût acide et désagréable qu'un autodafé à grande échelle imprime sur son palais. Retournons à nos moutons.

La jeune femme ignore totalement les parias encore sur place. D'autres auront sûrement plus envie qu'elle de pourfendre des apprentis tailleurs, herboristes et forgerons libérant leurs années de honte sur la plèbe. On lui a demandé de sauver ce qui pouvait l'être, pas d'égorger ce qui respire encore. En parlant de respirer, ça devient de plus en plus difficile. Le tissu que France a mis devant ses voies respiratoires a sérieusement du mal à arrêter toute la poussière qui l'assaille, et des quintes de toux prennent parfois la jeune femme, recrachant des flaques de mucus séché par la cendre, d'un gris sombre, tirant légèrement vers le brun. La simulacre n'a aucun mal à imaginer le nombre de lambeaux de chair carbonisée qu'elle recrache entre deux gorgées d'eau. Son outre est bientôt vide, et les flammes ne semblent pas vouloir se calmer. Il faut de l'eau. Le système de canalisations rustiques de Spectre n'est pas prévu pour résister à autant de chaleur, et les quelques robinets assez froids pour être touchés avec un tissu ne sortiront sûrement que de la vapeur et des cendres légèrement humides. Dans la panique, la jeune femme essaie de trouver d'autres personnes envoyées pour maîtriser les flammes et aider la population. Si la fournaise ne risque pas d'attaquer la pierre, les fumées et les matériaux perdus sont un vrai problème. Il faut sauver ce qui peut l'être. Et les flammes éteintes, il sera bien plus facile de sauver les rescapés.

C'est ainsi que France s'insère dans une équipe d'une dizaine de spectres, certains allant chercher des sceaux d'eau -peu importe comment, il faut trouver de l'eau, merde!-, d'autres les versant sur les flammes, les portes encore debout, les décombres embrasés empêchant la progression. C'est une technique efficace, mais à bien trop petite échelle. Tout au plus, elle retardera l'effondrement de quelques maisons le temps de faire sortir les pauvres hères piégés à l'intérieur. Cela est loin de satisfaire la jeune femme, mais il faut faire ce qu'elle peut à son niveau. Le Phantasme est sûrement en train d'organiser une équipe pour arriver à éteindre les flammes durablement. Sinon, il risque d'avoir quelques dizaines de victimes et de proches mécontents prêts à le faire sauter de son trône dès demain. Et ce n'est pas les affaires de la simulacre, de toutes façons.

En entrant dans une des nombreuses habitations en proie aux flammes, alertée par des cris de femme, France se retrouve devant une jeune femme jadis blonde, au teint et aux cheveux rendus uniformément gris et granuleux par les cendres et la suie, qui se débat bec et ongles contre un rebelle. Ce dernier a le pantalon sur les chevilles, la moitié gauche du visage totalement brûlée et une main fermement ancrée sur la gorge de sa victime. Sans espoir de sortir de la bâtisse, l'idiot a décidé d'assouvir un dernier désir déplacé et futile, réaction désespérée de son instinct de procréer à l'approche d'une mort douloureuse et lente. Ce qu'il oublie, c'est que l'asphyxie l'emportera sûrement avant les flammes, et avant même qu'il ai pu planter son patrimoine de bandit de bas étage dans la pauvre fille. Entendant France écraser, écarter, briser le bois pour se frayer un passage, il se retourne. Et la reconnaît. Abel, celui qui lui avait permis d'infiltrer les enfants d'iscariotes. Dommage, il n'avait pas l'air si méchant que ça. Enfin, avant qu'il ait la moitié du visage brûlé et que ses cheveux se consument lentement pendant qu'il tentait de déflorer une jeune femme piégée dans une maison en flammes.
Avant même que ce dernier n'ouvre la bouche, France lance un couteau de lancer droit dans la gorge du jeune homme. Elle n'a peut-être pas beaucoup de force, mais elle vise bien. Très bien. Le couteau se plante dans la jugulaire du fis d'iscariote, qui s'affale sur sa victime et expire dans un gargouillis de sang chaud, sali par les cendres, son corps tressaillant alors que ses humeurs remplissent doucement ses poumons. Les craquements du bois en feu et la chaleur assourdissante des lieux semblent redoubler d'intensité alors que la fille pousse le hurlement le plus strident que ses cordes vocales sont encore capables de produire.
Frannie dégage la dépouille d'Abel, dont les yeux se vident peu à peu de la lueur de la vie. Et dire qu'il partage son nom avec ce gentil coiffeur, doux comme une brise des steppes... Enfin! Ce n'est ni l'heure ni l'endroit de penser des inepties de vieille dame. La simulacre soulève la fille par le bras, et réussit à sortir de la bâtisse avec la rescapée avant que les fumées et la chaleur ne fassent perdre conscience aux deux filles d'Eve.
Dehors, la fumée s'éclaircit. France ne perçoit plus les tintements et les râles rauques des parias combattant contre ceux venus aider les victimes. Les cris de la foule et la panique ambiante, encore bien audible, semble cependant s'être calmée, ou tout du moins éloignée. Épuisée, légèrement brûlée à la jambe droite et à l'épaule gauche, France tire le bras de la fille qui semble vouloir s'écrouler au sol et sangloter.
Ainsi, la rouquine avance, son fardeau au bout du bras, tendant toute sa volonté dans un dernier effort pour atteindre la sécurité que représentent ses compagnons loyaux au Phantasme. Alors même que ses couteaux de lancer et son épée, chauffés au rouge dans la fournaise, font roussir ses habits, brûlent sa peau à travers le cuir du baudrier, et semblent se planter dans sa chair comme des tisons rougeoyants à chacun de ses mouvements, alors que la fumée s'épaissit de nouveau à mesure que les flammes sont maîtrisées et que les deux jeunes femmes s'éloignent de la fournaise, alors même que tout son corps qui à France de se laisser tomber lourdement au sol et de ne plus bouger jusqu'à-ce que le plafond de l'Alcôve perde la coloration grasse de la suie et de la fumée, la rousse avance.
Il est désormais impossible de faire double-jeu. Les rebelles ont déclaré une guerre sans-merci, pas seulement au Phantasme, mais à toute l'Alcôve. Et si le conflit entre les Fils d'Ohibaan et les Tadryens a appris une chose à la simulacre, c'est que les foules ne se content que rarement d'une solution pacifique. Le Spectre va donc entrer en guerre sous peu. Et contre lui-même, semble-t-il.

2130 mots environ
Gains: Un point en constit et un point en force, please ♥️
HRP/ADAM! Comment ça, tu tues Aaron?! J'ai même pas eu le temps de lui péter la gueule :'(
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Gamaliel Sodélé
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mar 7 Nov - 3:50

Inventaire
Arme ↂ Cimeterre

- Les gardes ont l’air nerveux …

- Je suis d’accord, j’espère que la situation va vite changer.

Gamaliel regarda ses parents échangeaient discuter quand au comportement des gardes. La famille se trouvait dans l’atelier de couture des parents et le fils du couple Sodélé les aidait depuis son retour dans l'Alcôve. Il ne faisait pas des travaux de grandes précisions, seulement de petites réparations sur des vêtements que les clients leur rapportaient. Bien évidemment, les rares retouches à faire sur les vêtements nobles étaient réservées à ses parents. Alors que justement il reprisait un pantalon, il écoutait d’une oreille discrète la conversation de ses parents. Suite à la remise des informations sur un possible coup d’état de la part des fils et filles des traîtres, la sécurité avait été renforcée de manière conséquente. Gamaliel avait mis du temps à le remarquer, mais il y avait de plus en plus de groupes gardes qui circulaient et les contrôles étaient plus fréquents. Cela arrivait à Gamaliel de maintenant se réveiller le soir à cause des discussions des patrouilles passant sous sa fenêtre le soir. Le grand manitou et la Voix, ainsi que le reste des têtes pensantes avaient rapidement mis en place des systèmes de sécurités. Les dissidents allaient voir leurs manoeuvres complexifiées.

- J’ai finis !

Gamaliel se releva tant bien que mal, s’appuyant sur sa jambe qui était en état. Il se dirigea vers sa mère qui lui demanda plier et de le mettre sur une pile dans l’atelier, elle se chargerait de le nettoyer pour le client, avant que celui-ci vienne le chercher.

- Vous en pensez quoi alors ?

- Hum ? De ?

- Des gardes.

Son père continua de regarder les allées et venues du sujet de conversation de la famille et répondit.

- C’est malsain, il y a une tension palpable. Ta mère m’a raconté la lettre de nos supérieurs, ça a un rapport ?

- Papa .. Tu sais que je peux rien dire. Peut-être qu’il y a un rapport ou peut-être pas.

Son père soupira. Même s’il n’était plus, au même titre que sa mère, des agents dans le groupe de l’intervention, il avait gardé des compétences propres au groupe : Analyse de l’environnement, repérage, anticipation. Si Gamaliel avait remarqué que seulement depuis une semaine que les gardes étaient plus nombreux, ses parents devaient l’avoir remarqué depuis bien plus longtemps.

- Bah ! Inutile de penser à ça, il se fait tard.

La famille ferma la boutique et après embrassades et conseils de santé, la famille se sépara. Une fois rentré chez lui, Gamaliel put enfin se reposer. Il se rendit dans sa chambre et après s’être mis dans une tenue plus légère, il chercha ce qui lui permettrait de pouvoir s’endormir en toute tranquillité. Il trouva dans une petite boite, le LC-441. Les petites pilules étincelaient d’une lueure bleutée et se reflétaient sur le visage de Gamaliel. Ce dernier en saisit une et l’avala avec l’aide d’un verre d’eau. Il attendit que l'effet fonctionne et cela ne se fit pas attendre. Une minute après l’avoir avalé, il ne ressentait plus la douleur. C’est un avec un sourire satisfait qu’il partit se coucher.

CLING

Gamaliel se réveilla en sursaut, quelque chose avait cassé la fenêtre de sa chambre. Aussitôt qu’il fut levé, ses yeux et sa gorge lui brûlèrent. Il toussa et se dirigea vers la fenêtre pour espérer un tant soit peu d’air. Il put apercevoir que dehors c’était pire. Des dizaines d'incendies s’étaient déclarés de partout, tout le monde criaient et couraient de partout. Gamaliel se retourna et se plaqua au sol. Au sol, la fumée était toujours moins présente. Il s’habilla tant bien que mal, car sa jambe lui faisait mal. Il prit ses armes et hésita un instant à prendre une pilule. Il en prenait déjà assez à son goût et il ne voulait pas en devenir dépendant, mais sa jambe lui faisait tellement mal ..

Gamaliel sortit de chez lui, la pilule glissant dans sa gorge. Il ne prit pas la peine d’éteindre le feu qui était chez lui, car son logements ayant été construit dans la roche, l’incendie ne risquerait pas de s’éteindre. Il bloqua, restant debout dans la rue, pour trouver quelque chose. Il vit un homme d’âge moyen courir avec un seau d’eau, Gamaliel le rejoignit et tenta d’avoir des informations sur la situation. L’homme lui raconta qu’un groupe armé avait apparemment tenté d’attaquer le centre de commandement, leur attaque avait été déjoué et le groupe s’était enfuie de l'alcôve en brûlant des maisons en bois et en attaquant au hasard des habitants. L’homme le lui indiqua qu’au niveau du Hall des Artisans, les gardes et quelques habitants étaient restés pour contenir les incendis à l’aide du point d’eau qui s’y trouvait.

Gamaliel souhaita bonne chance à l’homme et se retourna vers la destination qu’on lui avait indiqué. Une fois sur place, le jeune homme découvrit un chaos totale, effectivement, il y avait plusieurs personnes en train de lutter contre les flammes. Soudain, il pensa à l’atelier de couture de ses parents, ce qui l’amena à s'inquiéter sur la santé et la situation de ses parents. Mais il n’eut pas le loisir de réfléchir, il vit au loin une silhouette rentrer dans la boutique de ses parents une torche à la main. Le ciel soit loué, ses parents allaient bien, il se précipita pour rejoindre celui qu’il avait aperçu. A la carrure, il s’agissait d’un homme. Une fois à l'intérieur, il l’aperçut à l’entrée, derrière le comptoir mais c’était pas son père. L’intru ne semblait pas l’avoir remarqué. Gamaliel se cacha derrière une épaisse étoffe rouge, sa tête dépassant pour voir ce que faisait l’autre et l’autre était en train de répandre un liquide sur le sol, les étagères et tous les tissus.

- Hé ! Ma famille se tue à la tâche pour leur travail, va nous aider dehors !

L’homme prit la torche qu’il avait et l’a jeta sur le sol. Les zones qui avaient été imbibées par le liquide, qui devait être de l’alcool, s’embrasèrent et commencèrent à enflammer tout l’atelier de couture.

- Enfoiré ! Tu fais partie des traîtres !


Gamaliel et l’homme se jetèrent dessus, arme à la main. Lui avec son cimeterre et son opposant avec une hachette. L’homme décrivit un arc de cercle, mais le tranchant se bloqua  dans un pilier en bois. Gamaliel pensa qu’il serait dans la même dans la même situation, il jeta donc son arme et agrippa le traite par le col. Il tira le plus fort possible en forçant sur ses jambes. Le jeune Sodélé réveilla la douleur de sa jambe gauche se réveilla, mais il réussit à faire tomber son adversaire. Ce dernier s'étala par terre et Gamaliel se jeta sur lui, les poings volèrent dans chaque camp, un coup à la mâchoire déstabilisa, le jeune homme et les positions s'échangèrent. Soudain, une poutre tomba non loin d’eux et ils virent que les flammes avaient bien avancées et qu’ils allaient devoir partir s’ils ne voulaient pas que le plafond ne leur tombe dessus. Mais après, ils avaient un second problème : La fumée. La ça aller parce que les deux étaient au sol, mais Gamaliel et le traître ne comptaient pas rester gentiment par terre. L’adversaire roula sur le côté et avança vers la sortie en s’agenouillant, mais Gamaliel, toujours par terre, l’attrapa par la chaussures et le fit tomber. Cependant, quelque chose explosa à côté d’eux et ce fût le noir complet.

- Docteur ? Celui-là revient à lui.


- Prévenez sa famille pour qu’elle puisse le prendre et que nous puissions avoir un nouveau blessé à soigner.

- Oui monsieur.

Gamaliel se releva tant bien que mal et regarda autour de lui. Une femme en blouse blanche étaiet à coté de lui et regardait une feuille.

- Ou suis-je ? J’était dans l’atelier et là … Cet homme … Une explosion et ..

- Calmez-vous jeune homme. Par ou commencer … : Hier, dans la soirée, un groupe dissident s’est attaqué au centre de commandement, avec vraisemblablement pour ambition de tuer notre dirigeant. Cependant ils ont été stoppés par l’Ombre … Ou devrais-je dire l’ancien Ombre Aaron. Ils ont fait machine arrière et ils ont semé le plus de chaos possible. Toi on vous a retrouvé sous des décombres avec l’un d’eux.


Elle tourna la tête suite à des bruits.

- Ah ? Vos parents je crois. Eh bien, faite attention à vous, ne forcez pas trop surtout sur votre jambe. J’ai vu dans votre dossier que vous avez une vilaine blessure de guerre. Vous avez eu de la chance de ne pas mourir brûlé ou écrasé.

Ses parents arrivèrent et l'infirmière leur demanda de partir avec leur fils pour faire venir d’autres blessés. Une fois dehors, Gamaliel put voir l'étendu des dégâts. Il y avait encore beaucoup de fumée et beaucoup de bâtiments en bois avait été brûlés. Cela allait prendre du temps pour reconstruire, mais ce qui était le plus grave, c’était les traîtres. Un problème grave. Gamaliel ne comprenait pas les fils et filles d’iscariotes, même si maintenant ils pouvaient être appelé Iscariotes leur tour.

- Il faut croire que la traîtrise se transmet dans les gênes ...

- Qu’est-ce que tu dis Gama ?

- Rien Papa … Rien.


Mots : 1514.
Gains : 2 points en force s'il te plait.

Meric pour cette intrigue chef Kaos 1



J'ai eu 11.2 à mon bac héhé.
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Caïn
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mer 15 Nov - 23:33

Inventaire
Une faux ♦️ Un stylet de manche
Musique


Car pleurer était la seule chose que je n'avais jamais pu contrôler.

Pierre et moi avions réagi au même instant. Nous avions l'habitude des couleurs de cette pièce et les tentures ne donnaient jamais aux fenêtres opaques les teintes pourpres que nous voyions cette nuit-là. Le troisième homme qui était avec nous ne se le va qu'après, comprenant ce qui se passait alors que mon amant me suivait dans le couloir des chambres. Je donnai rapidement aux regards apeurés que je croisais des ordres simples, contenir le feu, l'éteindre si possible, sauver les gens avant les choses et avant d'en tuer. Car cet acte allait être nécessaire. Ce jour correspondait à celui que le groupe que j'avais identifié il y a quelques temps prévoyait pour attaquer le centre de commandement. Ils devaient avoir réussi.

Je pris le temps de faire un détour par ma chambre en courant. Je détachai ma faux du mur contre lequel elle était accroché et sortit de ma robe de chambre de la même teinte que mes cheveux fauves mon stylet que je passai autour de mon poignet droit. Je courus à l’extérieur.

Enfer.
Enfer.
Enfer.

Et ce mot qui se répétait en boucle. Enfer. Toute l’alcôve s’était mise à brûler, des Frères et des Sœurs implorait Qilin comme dernier espoir de survie face à un peuple qui avait vu grandir en son sein une tumeur trop grande. Pierre étant déjà parti s’occuper de contenir le feu, il fallait que j’agisse. Je restai bloqué. Envie de vomir. Migraine. Bruit battant de cœur contre les tempes qui manquent de rompre. Sinus pris par l’odeur âcre de la peau qui brûle. Larme qui roule sur ma joue. Quoi ?

Larme qui roule sur ma joue. Ce qui aurait pu devenir un fleuve torrentiel si je ne me repris pas à cet instant me rappeler à mes sensations. Je serrai ma main sur ma faux et sans réfléchir me précipitai à demi-nu, la soie couleur feu de ma robe flottant derrière moi dans l’enfer duquel je n’arrivais plus à décrocher les yeux.

Ma course sans but en trouva très vite un dans une habitation faite entièrement de bois qui était partiellement effondrée. Des cris de l’intérieur parvinrent à mes oreilles et sans réfléchir au fait que je n’avais pas la résistance nécessaire pour affronter cela, je me lançai dans ce qu’il restait de cette bâtisse.
La chaleur était plus qu’étouffante à l’intérieure. Je ne respirai plus et le Frère, de mon âge environ aux cheveux noirs et courts et au nez trop grand pour l’harmonie de son visage non plus. Je levai les yeux, attiré par un craquement, eus le temps d’apercevoir une poutre de la charpente de l’habitation faiblir un ultime instant, pris le temps de commenter le fait que cette scène était bien trop romanesque, entendis le cri qu’on pousse lorsqu’on souhaite se faire entendre avant de ne plus jamais pouvoir crier, pris mon Frère par un bras pour le tirer du lieu prévu de la chute et vis tomber la poutre sur l’autre de ses bras, resté en arrière. Le cri qu’il poussa fut tout autre. Un hurlement de douleur presque rassurant car convaincu dans son intensité qu’il était encore en vie. En revanche son bras était en train de mourir tranquillement sous la poutre incandescente, l’odeur des chairs détruites emplissait alors l’entier de la demeure. Je sortis l’épée que mon Frère avait à son épaule et lui donnait presque simultanément un coup de genoux dans le nez et lui tranchait l’avant-bras en train de mourir. L’effet escompté réussit. Il se concentra sur la douleur du nez avant de revenir subitement à celle du bras et de s’évanouir sous le coup de cette dernière. Je n’aurai pas fait mieux. Pas le temps de m’excuser. Je le traînai dehors, ma robe de chambre à moitié consumée mais encore sur mes épaules, le mit devant la bâtisse et lançai à un jeune Frère qui était en train de jeter des seaux d’eau proportionnellement inutile sur le feu d’un immeuble l’ordre d’amener celui-ci ailleurs. Je ne savais pas où, mais ailleurs. Personne ne devait voir ça, où le moins de monde possible.

L’enfer au dehors continuait mais l’âme organisée de mes Frères et Sœurs était en train de ressortir et avait pris le dessus. Des groupes s’étaient constitués, certains pour retenir voire arrêter le feu, d’autres pour organiser la sortie des gens blessés, tout le monde savait qu’il y avait des morts, personne ne prit le temps de le conscientiser pour le moment, et heureusement. Tout autour de moi quelque chose me surprit, plusieurs de mes frères et sœurs étaient en train de se battre entre eux. Des Iscariotes étaient restés là. C’était la seule explication. Je regardai autour de moi et mes déductions ne se confirmèrent que trop vite. En direction de la grand-place, une forme était en train de sortir son arme du corps d’un de mes Frères ou d’une de mes Sœurs qui voulait s’enfuir. Nos regards se croisèrent. La forme me sourit sans bouger, le corps de son ancien ennemi s’écroulant sur le sol. C’était une provocation, mais je n’avais d’autre choix que d’y répondre.

Ma course vers la forme prit des allures fantasques. Les cris qui déchiraient le temps et l’espace étaient en fait de trop de natures différentes. Il y avait les cris de morts, peut-être les plus banals du décor. Ceux de souffrance ultime, de crémation encore vivant, mais il y avait ceux que personne ne devrait entendre. Nous étions faits pour être des tueurs, la mort ne devait pas nous effrayer, ni la nôtre, ni ses manifestations physiques et humaines – les cris, le sang et son cortège d’insanités, mais il y a une chose à laquelle aucun humain n’est jamais préparé, ce sont les silences. Entre les cris que ne renvoyaient plus aucune paroi se trouvait des moments longs comme le monde où les choses étaient silencieuses. Ce silence était incarné par un Frère, un ancien combattant sûrement vu sa musculature sous sa tunique qui était pas loin des Chambres et qui regardait la scène, les muscles des mains étaient relâchés, les épaules détendues, le visage presque neutre et les yeux vides. Il regardait la scène, l’âme nue. J’aurai pu faire des phrases et dire ici qu’on lisait la détresse du monde dans ses yeux et que l’infinité du vide me faisait voir dans les fenêtres de son âme l’atrocité de la rébellion, mais si seulement j’y avais lu autant de choses. Il n’y avait dans ces fenêtres plus rien d’autre que le vide. Je ne le perçus qu’un instant et pourtant ce vide me glaça et me poussa tout à la fois.

Je ne laissai à mon adversaire que le temps de parer mon coup de faux, profitant de mon élan et de l’étrange souffle qui me poussait. Pourtant même si ce coup m’avait semblé puissant et potentiellement fatal s’il avait été encaissé, je sentis soudain le contrecoup de mon sauvetage de tout à l’heure et de ma course. Il me fallait clairement encore une dose d’adrénaline, mais je ne savais pas où la trouver. Mon adversaire le vit et comprit que vu le temps que je lui avais laissé pour réagir, il allait devoir se retenir de sa terrible envie de faire des phrases grandiloquentes sur le sort de la trahison pour me tuer et c’est exactement ce qu’il fit. Je parai plusieurs de ses coups d’épée dont certains qui me frôlèrent de bien trop proche, car je n’avais plus du tout le temps de les esquiver. Je m’épuisais.

Je fis un bond en arrière, sortis mon stylet de manche et le plantai deux fois dans ma cuisse sans réfléchir. Je fus saisi par une vague de douleur suivie d’une autre de l’adrénaline nécessaire et repartis sans hésiter contre celle qui m’avait fait reculer jusqu’alors, refusant de cesser mes assauts, pouvant paraître désespérés, sur celle qui ne méritait pas de voir son corps brûler. Mes coups de faux étaient de plus en plus durs à parer, car de plus en plus désorganisés, le hasard a ça de bon qu’il est imprévisible. Mon adversaire et moi arrivâmes à l’entrée de la place forte à force de la voir reculer et que je gagne du terrain sur elle. Même si je mourrai ici, cela aurait eu l’avantage de laisser s’enfuir certaines personnes de la prison de flammes. Je chassai cette pensée qui était la seule qui me parcourut de toute mon avancée et vis soudain une faille sur le flanc gauche de l’Iscariote qui soutenait mes attaques. Je m’y précipitai. Peut-être trop, le coup manqua. Les chocs de lames continuèrent puis autre faille, même flanc, une seconde de plus, celle qui manquait précédemment, les trois lames s’enfoncèrent en bruit sourd dans la tête, la poitrine et les jambes de l’Iscariote. Je m’assurai de sa mort en la plaquant au sol. A bout de souffle, mes jambes se mirent à trembler, l’adrénaline ne faisait plus effet.

Ma robe de chambre en soie ne flottait plus derrière moi, mais pendait en lambeau sur mon corps nu, le feu du loin accentuait ses couleurs chaleureuses. Au bout des trois lames vengeresses de ma compagnonne de fer se trouvait le corps enfin mort d’un coupable de trahison, Spectre l’avait tué. Je m’effondrai d’épuisement le manche de ma faux en main. Avant que mes yeux ne se ferment et que ma tête ne cogne le sol, je vis une larme faire écho à la mienne et rouler sur le visage du vieux Frère au regard vide de tout à l’heure.

1600 mots
2 points de constitution
Merci <3


Merci Adam pour le kit !
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Phèdre
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mer 15 Nov - 23:44




De la courbure enfiévrée d’un corps dans la nuit ne naît pas toujours le plaisir. La jeune femme se tordait en tous sens entre ses draps, aux prises avec un cauchemar qui emplissait sa bouche d’un goût salé dont elle n’avait rien oublié et dont le souvenir seul provoquait les tourments de son sommeil. Haletante, sa respiration se déclinait en saccades sifflantes, rejetant l’illusoire pression de l’eau contre ses muscles fatigués. À l’abri des sinistres déferlantes, Phèdre voguait entre deux eaux, ne sachant s’il fallait lutter ou se laisser emporter. Soudain, un bruit sourd éclata à ses tympans, dissipant le mirage. Ses yeux s’ouvrirent brusquement. Déboussolée, elle se redressa d’un geste vif. Encore peu habituée au handicap que l’embryon de guerre auquel elle avait assisté lui avait laissé, elle fut déséquilibrée. Basculant sur le côté, le matelas ne fut en mesure de l’accueillir, et elle eut tout juste le temps d’apercevoir le sol se rapprocher. Sa tête heurta le mur. Un cri lui échappa. La brune voulut porter une main à sa tempe, sans succès. Quelqu’un d’autre venait de poser ses doigts sur elle. Surgie de l’obscurité, une voix résonna à ses oreilles. « Est-ce que ça va ? » Sans comprendre ce qui se passait, elle se dégagea de cette incompréhensible étreinte. « Daniel ? » Un soupir s’échappa de ses lèvres. Il lui semblait pourtant avoir été claire. Leur relation ne verrait jamais le jour, et elle avait naïvement imaginé qu’il avait fini par s’y résoudre. Pour être honnête, elle avait presque oublié son existence. « Dépêche-toi, il faut partir. Tout de suite ! » Le parfum âcre du bois brûlé flottait autour d’eux.

Quelques instants plus tard, non sans mal, Daniel traînait la jeune femme hors de son habitation. Peinant à reprendre ses esprits, elle avait à peine eu l’occasion de récupérer la veste où dormait son arme et de l’enfiler avant qu’il ne l’oblige à sortir. Chassant les embruns de ses rêves agités et néanmoins intriguée par la fumée qui s’élevait par endroits, elle le suivit tout d’abord sans poser de questions. Cela ne dura pas. Qu’il vienne la chercher à une heure improbable sans la moindre explication n’avait aucun sens, et elle ne lui faisait pas confiance. Sitôt qu’elle ouvrit la bouche pour le sommer de lui répondre, son congénère fut brusquement prié de toute parole. N’ayant pas la force de se dérober, elle n’en profita pas moins pour se débattre. « Arrête ça ! Il y a eu un incendie, il faut aller aider les autres ! » L’urgence devenait claire. Hochant la tête, elle se mit à courir à ses côtés. Voilà que l’ironie s’invitait une fois de plus dans sa vie. La noyade disparaissait face aux flammes. Inquiète pour ses semblables, elle fit de son mieux pour arriver le plus vite possible sur les lieux du drame. En chemin, ils croisèrent certains des leurs qui prenaient une toute autre direction. À mesure qu’ils progressaient, la chaleur semblait s’éteindre. Un groupe passa près d’eux. « Où allez-vous, tous les deux ? C’est par là ! » Quelque chose clochait. La brune s’arrêta. Les visages, en proie à la panique, se montraient étrangement hostiles dès lors qu’ils se posaient sur son camarade. Elle leur fit signe de ne pas bouger. « Un instant, s’il vous plaît. » Il fallait éclaircir la situation, et mieux valait avoir des témoins à portée de main en cas de problème.

D’un air accusateur, la brune exigea des explications. Visiblement mal à l’aise, Daniel évitait soigneusement de regarder les autres, refusant même de croiser le regard de celle qu’il avait tiré du lit d’une manière fort peu élégante. Le ventre noué face à cette attitude qui ne présageait que de funestes augures, elle passa les doigts dans l’une de ses poches, reculant de quelques pas par prudence. Les monstres ne se cachaient pas toujours au fond des placards. « C’est arrivé, cette nuit. Les autres sont déjà partis. Je suis resté pour venir te chercher. Je n’aurais pas supporté que tu succombes aux flammes. » Incrédule, la jeune femme battit des cils. De quoi diable parlait-il ? Au vu de leur dernier échange, il ne fallut pas longtemps avant que la lumière ne se fasse. Le temps n’était pas à la réflexion. Une rage noire s’empara d’elle. D’un geste vif, elle dégaina son arme. La seconde d’après, la lame se frayait un chemin sur la gorge de l’autre. Les yeux exorbités, il voulut lever la main vers elle pour l’arrêter. En vain. Sans la moindre pitié, elle enfonça le métal en ligne droite, de toutes ses forces. La chair craqua sous l’impact. Une gerbe de sang lui éclaboussa le visage. « Trahir Spectre, c'est déjà mourir. » Impassible, elle dégagea son couteau de ce qui n’était pour elle qu’un pantin sans cervelle. Comment avait-il osé ? Quelques secondes plus tard, Phèdre rejoignait les autres. « Désolée pour le retard. » Son œuvre macabre ne laissait que le cadavre d’un traître au milieu des pavés, et un éclatant désir de vengeance peser contre son coeur. Ils paieraient. Tous.

Finalement de retour vers le quartier des résidences, la jeune femme s’arrêta net. La voûte disparaissait sous un nuage impénétrable qui maintenait la chaleur sous la montagne. Où que se pose son regard, l’Alcôve rougeoyait. Il lui semblait contempler un tableau insaisissable, qui, figé et bourdonnant à la fois, se déclinait en nuances carmines et ténébreuses. D’infernales lueurs se projetaient sur les cendres en une danse chaleureuse que rien ne perturbait. Insensible aux hommes, le feu se propageait, et sa grandeur consumait tout ce qu’on lui offrait. Dans sa miséricorde, il n’épargnait rien ni personne. Obstacles inanimés et malheureux condamnés se fondaient en une même masse que sa grâce devait toucher, quel qu’en soit le prix. Chacun recevait son baiser avec une ardeur qui effaçait d’un souffle celle de tous les amants du monde. Une fascination étrange s’insufflait derrière les iris émerveillés de Phèdre. Ce fut un contact froid contre sa main qui la tira de sa rêverie. « Il faut tout éteindre ! Vite ! » Surprise, elle baissa les yeux. Un seau rempli d’eau venait de trouver place au creux de ses doigts. Qui allait faire du mal à son cher brasier ? Secouant la tête, elle fronça les sourcils. Contempler les flammes faisait partir ses pensées en fumée. Mettre un terme à l’incendie lui paraissait néanmoins impossible. Préoccupée, elle envisagea de s’occuper des éventuels blessés plutôt que de rester là à ne savoir quelle décision prendre. Elle avait suffisamment perdu de temps.

S’arrachant malgré elle à sa contemplation, la brune ne tarda pas à chercher du regard les victimes de la tragédie. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes avant qu’elle n’avise un groupe sensiblement mal en point. La jeune femme courut jusqu’à eux, toujours munie du précieux sésame, et leur désigna un morceau de la rue à l’abri de toute destruction. « Rassemblez-vous par ici ! Je vais vous soigner comme je peux. » Trop heureux que quelqu’un leur dise ce qu’il fallait faire, ses semblables s’exécutèrent sans poser de questions. Bien plus que la douleur, c’était l’inquiétude qui creusait les visages. La brune se mit au travail immédiatement. En l’absence de son mentor, une assurance insoupçonnée lui venait. Ses phalanges s’agitaient sans solliciter l’accord de ses neurones. D’une simplicité enfantine, le protocole lui semblait se répéter à l’infini, comme l’écho des avalanches qui ravageaient parfois la montagne. D’abord, elle s’efforçait d’apaiser la brûlure en dispersant le salvateur liquide dessus, économisant l’eau qu’on lui avait donné et sans laquelle elle ne pouvait rien, et vérifiait brièvement qu’aucun débris ne se glissait sous la chair calcinée. D’un geste vif, elle déchirait un pan de sa propre chemise sans la moindre hésitation. Cela n’était sans doute pas la meilleure solution, mais mieux valait couvrir les plaies que de risquer qu’un élément indésirable s’y dépose. Invalide d’un bras, le processus s’accompagnait quelquefois d’imprévisibles maladresses que personne ne songeait véritablement à lui reprocher. D’autres s’étaient joints à elle pour venir en aide aux brûlés. Soulagée de voir qu’elle n’était pas seule, elle porta la main à son front. Il lui semblait que quelque chose embrasait ses poumons. Essoufflée, elle s’appuya contre un mur quelques instants. Sans qu’elle ne sache comment la chose était possible, la chaleur étouffante qui régnait autour d’elle paraissait diminuer à mesure que les rescapés défilaient devant ses yeux. Quelque peu étourdie de réaliser la sinistre tournure des événements, elle poussa un profond soupir. Combien d’entre eux avaient survécu ? Une silhouette se glissa à ses côtés, lui jetant un regard désapprobateur. La peau de son visage, calcinée par endroits, lui arracha un hoquet de stupeur. Sa mentor avait été la proie des flammes. Horrifiée, l’élève s’approcha pour examiner la chair malmenée. « Il faut que je te... » « Non. Les autres ont besoin de moi. Je peux attendre. » Le ton catégorique de son instructrice ne supposait aucune protestation. Quelque chose en elle avait changé. La jeune femme s’exécuta et retourna à son office, le coeur lourd. Ce n’était pas seulement quelques centimètres de peau que la rousse perdait ce soir. Sa beauté s’en trouverait à jamais affectée. Quel crime que de réduire en cendres l’élégance d’une femme. Les poings serrés, la brune fulminait. Où diable était donc passé Cyrus ? Kéziah se tourna vers son élève, et, d'une voix d'outre-tombe, lui fit remarquer un désagréable détail. « Phèdre ? Tu as du sang sur la joue. »

Hop ♫:
 




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Adam
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mer 15 Nov - 23:54

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Il tenait son doux visage entre ses doigts. Elle était belle dans la mort, malgré ses lèvres mauves et son regard égaré. Lentement, il scella ses paupières, l’offrant à son sommeil éternel qui jamais ne cesserait. Adam laissa là l’exuvie de la créature, observant le théâtre décharné des vilénies fomentées par des héritiers de traîtres du passé. Son front perlait, sous l’affront de la chaleur, quelques mèches dissidentes s’éprenant de la sueur qui sévissait sur sa peau. Le noble ne portait qu’un pantalon. Pressé par le temps et l’urgence, il n’avait pas eu le loisir de se vêtir, ne camouflant que les plus intimes parties de son anatomie. « Adam ! » Un cri avait retenti, presque viscéral. Un faciès indicible se dessina au loin, sous les traits magnifiés d’Esther, éprise de panique. Elle toisait un parjure qui brandissait une lame dentelée, le regard empli d’une fougue bestiale et carnassière. Les phalanges de l’Essence se refermèrent sur l’objet de sa justice et il s’élança vers l’honteux descendant. Parvenant à lui avec une agilité déconcertante, leurs armes se rencontrèrent dans un feulement sourd. La lame de jais de l’adonis rejeta celle de l’assaillant, marquant habilement son épaule d’une profonde balafre. Rageur, l’opposant revint à la charge, de l’écume jaillissant de ses lippes, déformées par son ire. L’esthète passa sous sa garde, se mouvant comme un félin, avant d’abattre le couperet de son jugement. Le coup sectionna les ligaments du bras de sa proie, qui s’effondra à genoux dans une plainte déchirante. D’un geste puissant, Adam envoya l’homme à terre, puis le retourna de la pointe du pied pour lui faire face. Sa lame agressa sa gorge, sans jamais mordre sa peau. « Où sont les autres ? » ; « Je ne sais pas… Pitié… » Les commissures du Spectre tressaillirent, tandis qu’il se plaçait à la hauteur de sa victime. « De la pitié ? Tu me répugnes. » Sans rien ajouter, il trancha l’aorte du supplicier d’un geste vif. Attendant, en se délectant des borborygmes qu’il émettait en se noyant dans son propre fluide. Douce litanie, que celle de la mort.

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Ses doigts serraient fermement le seau lançant des trombes d’eau sur les flammes qui léchaient l’alcôve. Entre les cris et les vociférations des plus affairés, tout n’était qu’un vacarme insipide qui lui donnait la migraine. Une femme lui prit le bras, désignant une demeure incandescente, d’où jaillissaient les suppliques d’enfants piégés. Jurant, à l’égard de son altruisme de façade, Adam rejoignit la ruine embrasée, conscient que ses menus atours ne le protègeraient pas des brûlures. Inspirant longuement, il s’engouffra dans l’enfer, abandonnant sa détresse pour rejoindre le purgatoire.

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Elle souriait avec douceur, parcourant sa peau du bout de ses doigts. Des longs filins cendrés masquaient son regard, tandis que les draps couvraient son corps. Il l’attira contre lui, s’emparant de ses lèvres enfiévrées. Bestialement, il chassa l’écrin qui retenait la pudeur des jeunes amants, la surplombant, les bras écartés. Il entendait son rire, les notes délicieuses de sa voix de velours, son gémissement laconique quand il répondait à ses plus inavouables désirs et la lueur ineffable de son asservissement lorsqu’il lui promettait le monde. Son visage était beau, déconcertant d’imperfections. Et, tout à coup, il se désagrégea en une fumée opaque. Le monde bascula, étreint par une parure de couleurs vives dont la palette oscillait du doré à l’écarlate. Un univers couvert de flammes et de cris. Le héros déchu s’était évanoui en ramenant deux chérubins qui s’égosillaient dans les bras de leur génitrice. Curieuse récompense, que celle d’un duo braillant sans remercier son sauveur. Son corps était endolori, noirci par la fumée et tuméfié par les langues enflammées qui l’avaient parcouru. Esther le rejoignit, le soutenant d’un bras salutaire. « Depuis quand tu voles au secours des enfants toi ? » Adam lui accorda un sourire léthargique, lorgnant les rescapés d’un iris dépourvu de la moindre chaleur. « Fais-toi aimer du peuple et il te le rendra. » Son timbre vacillait, à mesure qu’ils avançaient. La douleur s’érigea en carcan qui l’enserra, jusqu’à ce que chacun de ses pas irradie en salves déchirantes. « Tu peux me ramener chez moi ? » ; « Hors de question. On va à la maison. » ; « Je ne peux… » ; « Je m’en fous. Il l’acceptera ou il l’ignorera. Peu importe. » Abdiquant, le noble se laissa porter par la démarche de sa sœur. Maudissant son éphémère impuissance.

Ses prunelles s’éveillèrent, tandis que la muse se glissait contre lui. La douleur semblait plus diffuse, mais chaque geste ravivait sa virulence. Esther épousa son flanc, posant son faciès angélique sur son torse. « Ne me refais plus jamais un coup comme ça, Adam. » Levant les yeux au ciel, le noble conserva son mutisme, s’engouffrant avec inconscience dans les limbes que lui promettaient ses rêves.


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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Le Déclin de l'Ombre ♦ Intrigue Interne Mer 15 Nov - 23:59

Yaël

Inventaire
:
 


" Y aurait-il un banquet qui se prépare chez les tenanciers ? Le contour de son index fit en sorte de limiter l'irritation de ses narines, tandis que ses émeraudes papillonnèrent sur le voile bruni tapissant les plafonds rocailleux. Ou… Une réflexion plus cadrée, accompagnant un plissement des yeux et un reniflement chagriné. Flamberaient-ils ma part ? " Yaël était loin d'être quelqu'un qui atterrissait directement les pieds dans le plat, il lui fallait pas mal d'éléments sous le nez pour qu'elle finisse par filtrer les scénarii qui pouvaient se profiler et qu'elle tranche juste. Ce qui était en train de se tramer là-bas, en direction des habitats, n'allait dans tous les cas pas lui plaire.

Un brin insouciante, les pas de la jeune femme la firent s'égarer dans le feu de l'action. Littéralement, les langues narquoises s'amuseront à psalmodier.
" Palsambleu… " Le juron expiré bien trop bas fut englouti dans le tumulte de la confusion. Les résidents de l'Alcôve se bousculaient sans ménage, les flammes semblaient prendre vie et rongeaient tout combustible sous leur passage. Les fantaisies sur l'Extérieur laisseraient penser qu'une chimère insoupçonnée s'était infiltrée parmi eux, mais la vérité était sûrement plus complexe que les billevesées d'un enfant. Cet incendie n'a pas pu être provoqué par accident, les visages ravagés par l'effroi et le sang versé par endroits confirmaient amplement cette perspective. Au beau milieu de ce chahut, la Hespel ne regrettait aucunement de ne pas avoir son masque de noble sur la face, la venue d'une noble n'aurait qu'empirer la situation ; pour elle, en tout cas. Malgré tout – et là elle se mordait bel et bien le doigt – maintenant qu'elle était sur place, elle ne pouvait décemment pas fuir ses responsabilités, au risque d'aggraver son cas, qui était déjà bien assez entaché selon certains.

Que ce soit par pragmatisme ou par instinct de survie, Yaël dut rentrer le bidou, gonfler les abdominaux, et saisir ces récipients que les plus courageux quidams s'efforçaient d'user à bon escient. Combattre le feu de face n'était pas ce qu'il y avait de plus judicieux, il fallait le contenir, réduire son espace de chasse. Mais d'où tirait-il sa source ? Pour un incendie de cette importance, il y avait forcément plusieurs points de départ. Ce fut à ce moment-là que la noble eut cet éclair de lucidité : elle n'avait ni le loisir ni l'envie d'y réfléchir plus amplement.
" Allez-vous réfugier, jeune fille, c'est trop dangereux ici ! " Là aussi, la "jeune fille" n'était pas en forme pour faire claquer sa langue face à l'indiscrétion du vieux rabat-joie.

La sueur perlait son front sous l'effet calorifique. Ses intentions avaient beau être fixées sur le sauvetage de son chez-soi, son regard n'en fut pas moins épargné des horreurs de cette nuit cauchemardesque ; entre les corps brûlés au degré mortel et les décombres, les repères étaient noyés dans les méandres de l'incompréhension générale. Puis, quasiment tapis dans la rarissime pénombre, l'incarnation même de cette pagaille prit la forme d'une silhouette armée, manifestement hostile à leur présence. Sa lame gorgée de sang, avec ce cadavre frais à ses pieds, accentuaient la noirceur du portrait. Exposée aux premières lignes, Yaël n'eut point le besoin de se retourner pour se rendre compte qu'elle était livrée à elle-même : les gars derrière elle s'animaient pour chasser les flammes et allaient s'éloigner davantage, la laissant seule à la merci de ce… " FOIEMENTEOR ! " Sous le coup de l'adrénaline, elle agrippa des deux mains un fût à portée de main dans le but de le balancer sur le traître. Seulement, la demoiselle surestima sa force et son élan ne s'éternisa pas plus de deux pas avant qu'elle ne perde l'équilibre, ses pieds s'entremêlant malencontreusement. Sa charge se métamorphosa alors en une chute bourrine, le fût absorba le choc de l'arme adverse et Yaël se retrouva à mi-corps de l'ennemi. La bousculade fut suivie par un roulé-boulé étant donné que les escaliers adjacents les accueillirent à bras ouverts. Totalement étourdie par cette action somme toute absurde, Yaël ne tint pas le coup une fois la roulade terminée, s'évanouissant doucement sur ce sol fumant. L'Iscariote, quant à lui, n'en sortit pas non plus indemne de cette échauffourée et demeura un brin sonné avant de s'éloigner par prudence, se désintéressant alors complètement de cette supposée hystérique qu'il avait perdu de vue.

Il ne fallut pas plus d'une dizaine de secondes à la parente Hespel pour tomber sur sa progéniture qui venait, encore, de faire preuve d'un exploit sans nom. La mère de Yaël força sa fille à se relever pour l'emmener en sécurité, le temps que cet assaut soit contenu une bonne fois pour toute.
" Je n'en attendais pas moins de toi. " Souffla-t-elle sur un ton aussi consterné que sarcastique.


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