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 La Loi de la Nature | Niv II

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: La Loi de la Nature | Niv II Dim 15 Oct - 18:39






Les sons  environnants c’étaient tus lorsque la Nature avait revêtis son sombre manteau. Les prédateurs étaient de sortie afin de prendre, sans être vue, les progénitures encore accrochées à leur mère. Les fleurs s’étaient closes, tandis que les flocons de neige virevoltaient jusqu’à toucher le sol, s’évanouissant au sein de la terre. Les loupiotes vertes s’agitèrent au fur et à mesure qu’ils se rapprochèrent de moi. Assise près du Temple Naturel je patientais depuis maintenant plusieurs minutes, serrant mon poing machinalement, jusqu’à ce que la douleur soit insupportable, avant de le relâcher. La lumière verte éclaira alors mon visage, laissant entrevoir la souffrance de cette action. Ohibaan resta un instant sans dire un mot, avant qu’il ne décide d’entrer seul dans l’édifice, laissant là ses quelques fidèles Värshas. En cet instant, je savais que quelque chose n’allait pas, tout était beaucoup trop officieux, trop discret pour être honnête. Je me levai, arpentant un bref instant les visages de ceux qui soutenait Ohibaan dans cette entreprise, avant d’entrer à sa suite.

Le Temple était envahi d’innombrables fleurs, maintenant closes. Les flammes faisaient danser nos ombres sur les pierres grises, tandis que la neige remplissait peu à peu les rigoles en fondant. « Tu n’es pas sans savoir que chaque élément possède deux facettes. Beaucoup pensent qu’il est cruel de ne pas vouloir amplifier celle qu’ils pensent être du Bien. Ils voudraient vénérer une flamme parce que celle-ci nous réchauffe lors des longues nuits où il ne cesse de neiger. » Il passa sa main au-dessus du feu. « Ils aimeraient oublier qu’elle brûle et anéantis également. » Il se tourna vers moi, ne prenant pas la peine de descendre de l’estrade de pierre. « Ce n’est jamais une question de Bien ou de Mal, même si certains prennent plaisir à y choisir un camp. Tout est une question de justesse, d’équilibre. Être celui qui sauve et qui détruis, c’est ça endossé le rôle d’un chef. Deux facettes afin de garder l’équilibre de tout un peuple, dont chaque individu aura la liberté de penser ce qu’il souhaite sans devoir se confronter à ce dualisme. » Je restai sans bouger, avant de prendre à mon tour la parole. « Tu ne m’as pas fait venir pour ça, n’est-ce pas ? » « Effectivement. »  Son visage resta de marbre avant qu’il ne se rapproche de moi. « Je sais que tu faisais partie de cette Insurrection qui nous a menés à la guerre. » Je souris. « Je me suis pliée à Ohibaan au moment même où la Nature a décidé de l’épargner. » Il laissa un court silence. « Peu importe. L’Insurrection ne s’est jamais réellement tue depuis que nous sommes parties de Tadryon il y a de cela des années. Actuellement, elle se reconstitue en entraînant avec elle ceux qui ne comprennent pas que la mort fait également partie de la vie, que la Nature l’a décidé ainsi. La guerre ne prendra jamais fin si les détracteurs continuent à nourrir leur haine. Je souhaite n’entendre que des murmures, des douleurs qui se meurent, je ne veux pas que l’Insurrection ressurgisse et qu’elle me crie de mettre un terme à nos ennemis sur-le-champ. » Je restai interdite, comprenant le fin mot de l’histoire. « Fais taire cette monter d’extrémiste et je te récompenserai. » « Je fais partie du peuple, n’ai-je pas le droit d’avoir la liberté de penser qu’une flamme ne fait que nous sauver des nuits glaciales ? » Il sourit, penchant un bref instant la tête sur le côté. « N’as-tu déjà pas choisi l’équilibre en piégeant Ohibaan ou en laissant mourir Ayli ? » « Je… » « Tu as choisi il y a bien longtemps, Nasträlya. » « Tu me demandes de tuer des hommes et des femmes qui pourraient éventuellement se soulever contre toi, c’est contre les croyances de notre peuple ! » Lançais-je en reculant. Il plissa les yeux, incrédules. « Jamais ces mots ne sont sortis d’entre mes lèvres, en revanche, si tu prévois de tuer qui que ce soit, je serai contraint de demander à mes guerriers de te maîtriser afin que ton bannissement soit officialisé dès le lever du soleil. » L’assassinat prenait un tout autre sens lorsque c’était la Nature qui voulait bien s’en charger : c’était le destin. Je comprenais ses mots plus que quiconque et comprenais la justesse de ses propos. Pour sauver notre peuple meurtri, il fallait que les détracteurs soient mis à mal… non pas par la main de l’Homme, mais par la croyance même, la justice divine, celle qui rééquilibrait notre monde. Il me faisait également comprendre qu’une erreur de ma part et il ne serrait au courant de rien, qu’il me bannirait sans une once de remords. Il m’offrait une mission qui correspondait à mes désirs : anéantir ceux qui affaiblissait notre civilisation, et tout comme dans la nature, les faibles était ceux qui partaient les premiers. « Bien sûr que non, j’ai mal compris ce que tu souhaitais me dire. » Je me rapprochai de lui. « Dans les quelques jours qui viennent, les cris cesseront pour ne devenir que des murmures, avant qu’eux même ne deviennent silence. »

La nuit avait été agitée par quelques prédateurs qui s’étaient aventurés dans le village, mais aucune victime n’avait été déplorée. Un air glacial balayait la neige qui avait pris possession de tout le territoire. Chacun sortait afin de nourrir les bouches de leur famille, tandis que de la fumée sortait des tuyaux de cuivre, chauffant les maisons afin que les enfants ne meurent pas de froid. Le calme ambiant fut soudainement bouleversé par une porte qui se fracassa contre un mur de pierre, faisant tomber un amas de neige logé sur le toit. Hidras portait ses mains sur sa gorge, sa respiration peinant à trouver de l’air. Ses yeux étaient écarquillés, semblant voir des choses que seul lui pouvait apercevoir. Son angoisse était visible et son corps réagissait comme tel, il tremblait et respirait difficilement. Les larmes coulaient en abondance sur ses joues et un amas de Fils d’Ohibaan se retrouvèrent autour, lui demandant ce qu’il se passait. « Ne les voyiez-vous pas ? » criait-il en pointant du doigt l’immensité blanche. « Laissez-moi ! »  Il poussa alors certains, les envoyant au sol, tandis qu’il se saisit d’une lame d’os qu’il planta sans réfléchir sans son abdomen. Le liquide encore chaud faisait fondre la neige acide, tandis que tout son corps s’était étalé, laissant là la population sans réponse. Dans la journée, on trouva une Arachni Terra que l’on pensa, à juste titre, responsable de son suicide. Très vite, il fut conseillé de vérifier chaque recoin de chaque maison, les insectes cherchant la chaleur des foyers. Le destin avait joué son rôle. La tête de l’Insurrection fut coupée sans difficulté, ne restait que celui qui pouvait la reprendre : Jïnka.

Jïnka étant un Sinahä solitaire, je décidais de me montrer moins prudente qu’avec son comparse. J’avais placé une Aracchni Merra dans l’une de ses sacoches, le piquant lorsqu’il y glissa la main au cœur des Gorges du Murzal. Le suivant de loin dès qu’il était sorti de chez lui, je me rapprochais lorsqu’il tomba inconscient, me saisissant des fleurs de Maao censé repousser les Jaguirs, le laissant en territoire inhospitalier. Je pensais que si la Nature souhaitait sa mort, alors les prédateurs iraient sans mal à sa rencontre. Dès que la nuit tomba, on s’inquiéta de sa disparition, jusqu’à le retrouver sans vie dans l’eau claire. Rien n’avait été dévoré cependant, mais un Mëasi avait sans mal broyé son crâne lorsque ses tentacules s’étaient posés sur lui.

Rapidement, la foi prit place au sein des Insurgés. Personne ne prit la place de celui, ou celle, qui voulait continuer la bataille contre Tadryon. Lentement, les voix cessèrent de s’élever, même si certains semblaient vouloir croire que tout était une mise en scène bien orchestrée et qu’on voulait les manipuler pour les faire taire, ils ne furent pas écoutés. On ne remettait pas le jugement de la Nature en doute.

Le Temple Naturel avait pris une toute nouvelle couleur. Immaculé de blanc, seul son sol était encore vert, protégé par son toit de bois. Ohibaan entra tandis que je me tenais assise sur l’estrade en pierre. Je me levais pour l’accueillir et il se rapprocha de moi, une arme en forme de patte de Jaguir entre les mains. « Je te remercie de t’être mise entre moi et ce prédateur alors que je me rendais prier au Temple. » D’un geste rapide, il lacéra ma poitrine, me faisant pratiquement tomber à terre. Je me remise droite, serrant la mâchoire. « Et je le referai si je devais sauver un autre membre de notre peuple. » Il sourit, posant sa main sur mon épaule. « Je n’en doute pas. » Il jeta larme aux flammes, les os craquant sous la chaleur. Après quelques jours et sous la bienveillance d’Ohibaan, on me jugea alors digne de rejoindre les Varsäls et de prendre en charge les Vararshärs qui croiseraient ma route.
1512


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