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 Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture)

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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture) Ven 5 Jan - 19:31




Briefing


Depuis plusieurs jours, Zacharias passait tout son temps à la salle de tir. Quand il avait été accepté dans l’escouade des légionnaires, son chef d’escouade avait été clair : il n’acceptait que les soldats se prenant en main et désireux d’atteindre leur plein potentiel. S’il avait l’air sévère et exigeant envers ses troupes, le sergent ne faisait pas peur à la nouvelle recrue qui y voyait une chance de devenir un homme meilleur. Ainsi, puisqu’il n’avait pas eu la chance de manier des armes lasers lors du début de sa vie dans les camps de réfugiés, il tentait maintenant de rattraper son manque d’expérience avec les armes d’épaules. Le E3-Wendigo était une arme qui offrait une stabilité rassurante puisqu’elle s’appuyait sur l’épaule, mais il fallait quand même compenser le recul lors des salves. Les gestes pour recharger son arme et régler les enrayages étaient également loin d’être instinctif pour l’adepte d’arts martiaux qu’il était. Se battre avec ses poings et ses pieds était très loin de ressembler aux manipulations pour retirer et remettre un chargeur de l’arme. En même temps, son sergent l’avait libéré de l’Académie pour qu’il puisse avoir le temps libre nécessaire pour s’entraîner, alors Zacharias n’avait aucune excuse pour ne pas se rendre au champ de tir jour après jours. Cela dit, il ne pouvait pas nier qu’il commençait de plus en plus à avoir hâte de rejoindre son escouade pour être envoyé dans de vraies opérations. Il avait déjà quelques petits exploits à son actif : avoir ramené un Varoc qui lançait des explosifs sur le mur, avoir retrouvé une académicienne en fugue, il avait pris part à la guerre contre les fils d’Ohibaan où il avait participé à la neutralisation d’un veilleur avec une petite équipe de conscrits, sans compter sa mission de mise à l’épreuve qui avait permis de mettre la main sur un trafiquant.

Après avoir laissé la poussière d'azuris se dégager de sa vue, ayant abaissé le canon de son arme, il regarda la cible au fond du champ de tir avec appréhension. Il fit un balayage visuel de l’endroit pour ancrer l’habitude de confirmer l’absence de menace après un échange de tir et il retira le chargeur de son arme pour le replacer dans la cartouchière en regardant le moins possible ses gestes. Il devait réussir à en faire des automatismes qui se faisait sans même qu’il regarde. Une fois fait, il retira la cartouche en attente dans la chambre et il confirma visuellement que la chambre était vide. Il enclencha la sécurité de l’arme et leva le poing pour indiquer qu’il avait complété la procédure de fin de tir. Un instructeur se rendit à lui pour vérifier que l’arme était sécurisée et il donna un petit coup sur l’épaule de la recrue pour lui signifier qu’il était libre de bouger dans le pas de tir. Zacharias remit l’arme en bandoulière et se dégagea sur le côté pour laisser de la place à l’instructeur sur le pas de tir. L’homme activa la cible qui revint vers eux et le soldat put prendre connaissance des trous sur le carton. Le tireur laissa filtrer un soupir de mécontentement et d’exaspération devant son résultat à peine meilleur que ceux des derniers jours.
« On a vu pire. » Une belle phrase d’encouragement manquant de conviction. « On sait aussi que tu ne seras jamais un tireur d’élite, faut voir les choses en face. » Le soldat haussa les épaules et quitta le pas de tir. Il n’avait aucune envie de devenir tireur d’élite, il voulait seulement pouvoir protéger ses frères et sœurs d’arme sur le terrain. Il ne pouvait pas se leurrer toutefois, les armes ne seraient jamais son domaine de prédilection.

Il regarda l’heure et réfléchit un moment. Il avait encore le temps de se brancher sur le simulateur pour continuer à s’exercer. Ces simulateurs qui avaient un niveau de réalisme surprenant permettaient également de limiter la dépense de cartouche d’azuris qui n’était pas une denrée inépuisable pour Tadryon. De temps à autre, Zacharias confirmait sur des cibles avec de vraies munitions pour se faire une idée de ses progrès. Le résultat était en général bien plus décourageant que motivant. Sans un mot avec son instructeur qui le suivit dans le local de simulation, il installa l’équipement sur son arme pour la relier au simulateur et se plaça dans le pas de tir virtuel en retirant la sécurité de son arme. Quand l’instructeur lui donna le signal, il chargea son arme avec un chargeur électronique ne contenant aucune munition, mais bien un système électronique complexe simulant les munitions. Il chargea l’arme, appuya la crosse sur son épaule solidement et installa son viseur devant son œil pour prendre sa mire. Avec le plus de naturel possible, il entreprit de prendre la respiration propice au tir, s’assura d’avoir une position stable et confortable, d’habituer son œil au focus sur la mire et d’avoir le doigt sur le pontet de l’arme puisqu’il n’était pas rendu au stade de faire feu. Quand la simulation commença, Zacharias descendit le doigt sur la détente et se plia de nouveau aux exercices imposés pour perfectionner son maniement de l’E3-Wendigo. La séance fut néanmoins interrompue par Eva qui manifesta à son porteur qu’elle avait un message urgent pour lui. Le soldat fit un signe à son instructeur et sécurisa son arme avant de quitter le pas de tir.


- Déost, c’est Genhi. J’ai besoin de toi tout de suite à l’adresse que je transmets à ton IA. Viens avec tout ton équipement.
- Reçu sergent. Je m’y rends dès que j’ai récupéré mes choses.


Rapidement, il retira l’équipement de branchement au simulateur de son arme et il remit le tout à l’instructeur en le remerciant de son aide. D’un pas rapide, désireux de ne pas faire attendre son supérieur inutilement, il retourna à sa chambre qu’il avait toujours à l’Académie. Sa nouvelle chambre lui avait été remise depuis peu, mais il n’avait pas encore eu le temps de transférer ses effets d’une à l’autre. Il avait encore un peu de temps pour le faire, alors il repoussait en sachant qu’il allait être à la course au moment de tout faire avant l’échéance. Dans sa chambre, il attrapa son P2-Nixe qu’il glissa dans son étui et le reste de son matériel pour repartir en direction de l’adresse fournie sous les directions d’Eva. Ses modules étaient déjà intégrés dans son exosquelette, alors il n’avait plus à toujours les récupérés quand il était déjà en exosquelette. Sans perdre de temps, il se rendit au lieu de rendez-vous, entrant sous le regard inquisiteur de Hian qui était déjà en compagnie de Shanz. Est-ce qu’il s’agissait de sa première mission avec l’escouade? Ne sachant pas trop comment s’installer en présence de son supérieur, il décida de rester debout dans la pièce en attendant la suite. Shanz était quant à lui assis à un cadre de fenêtre, faisant tournoyer une babiole entre ses doigts pour s’occuper dans son attente. Hian s’approcha d’eux pour leur annoncer la raison de leur convocation de dernière minute.

« Vous ne serez que tous les deux sur ce coup-là. Le commandement n’est pas au courant de l’opération et je tiens à régler ça à l’interne. Je refuse que mon escouade soit remise en question pour un de ses soldats. C’est clair? » Les deux soldats répondirent d’un mouvement affirmatif de la tête. « Parfait. Maintenant, écoutez bien. Vous êtes les deux derniers à avoir intégré l’escouade et j’avais mes soupçons avant votre arrivée. Un des légionnaires fait sortir de l’information des rangs. Je veux attraper ce salopard avant qu’il fasse couler l’escouade. Je n’arrive pas à trouver lequel et je ne peux pas faire plus de recherches sans éveiller de soupçons. Comme il est impossible que ce soit vous, alors je vous mets sur la tâche. » Le sergent braqua son regard dans les yeux de ses soldats avec gravité. « Dirajad, tu es responsable de la mission puisque tu es le plus ancien. Je veux être tenu au courant, compris? »

Shanz grogna son approbation. Taciturne lui aussi, Shanz ne parlait que peu et ne le faisait que de manière pertinente. Après quelques secondes pesantes, le chef d’escouade se retira de l’appartement où avait eu lieu le briefing et laissa les deux soldats à eux-mêmes. Toujours incertain de comment se tenir en présence de son confrère plus expérimenté, il resta debout en se tournant vers lui. C’était une assignation plutôt délicate, enquêté sur ses propres collègues. C’était une manière de pouvoir se faire détester si jamais les choses se passaient mal. En même temps, si un des membres de l’escouade trahissait le groupe, il fallait le faire dégagé au plus vite pour garder leur unité irréprochable. Silencieusement, il attendit que Shanz expose sa façon de faire ou qu’il se réfère à lui pour savoir ce que Zacharias pensait de la situation. Le regard que son confrère leva vers lui semblait blasé, peut-être plus irrité, il ne pouvait pas dire. Est-ce qu’il était déjà considéré comme un poids mort? Cela commencerait bien mal son parcours de soldat si c’était le cas. Sans se relever de la fenêtre, il rangea la babiole dans une poche de son armure assistée et soupira lourdement. Avec un effort, Zacharias masqua son agacement d’être ainsi mis sur la glace alors qu’il était en présence de son collègue. Finalement, son frère d’armes se décida à parler.

« Bon, on a vraiment frappé la meilleure mission de l’univers. J’espère que tu sais comment faire ton boulot, parce que j’ai pas envie de me faire retomber dessus par le reste de l’escouade à cause d’un bleu incompétent, compris? Je m’occupe de Lennro puisqu’il sera possiblement le plus ardu de lui cacher qu’on enquête sur lui. Toi, prend Kodira, c’est pas un type bien compliqué et cachotier. On va établir une ligne de communication sécurisée, mais ce serait bien si tu pouvais éviter de te faire prendre en déclenchant tous les scanneurs de la terre. Voici un dispositif pour pirater la porte du logement et l’ouvrir incognito. Quelque chose dont tu as besoin avant que je commence le travail? »

Zacharias resta un moment stupéfait devant son confrère d’arme. Il se disait que leur chef d’escouade était rustre et sans douceur parce qu’il était à leur tête et qu’il voulait avoir une escouade irréprochable. Est-ce que le reste de l’escouade était autant désagréable et peu tolérant? Est-ce que les soldats finissaient tous par prendre ce type de caractère au sein des Légionnaires?

« Non, ça va aller. »

Il avait répondu avec une voix à mi-chemin entre l’étonnement et l’irritation. Il n’osait pas confronter Shanz sur son attitude avec lui, mais il n’était pas prêt à se courber docilement comme si c’était normal. Il était en même temps tellement surpris, qu’il ne savait pas trop comment réagir. Comme s’il était enfin libéré, Shanz se releva de son cadre de fenêtre et pianota sur le clavier de son exosquelette pour instaurer la communication sécurisée. Zacharias laissa Eva gérer le tout et finir d’établir le lien entre les deux armures assistées. Une fois cela fait, Shanz quitta sans plus et se dirigea dans Tadryon pour commencer son investigation. Le dernier arrivé dans l’escouade quant à lui réfléchit un moment à la stratégie à adopter. « Eva, importe toutes les données que tu peux sur l’escouade. » Une fois le tout fait, il quitta l’appartement pour se diriger vers son objectif.

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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture) Lun 26 Fév - 19:54




Mission


Il n’avait pas fallu énormément d’effort pour trouver l’adresse de Jezol Kodira. Après tout, Zacharias était maintenant un membre à part euntntière de l’escouade, même si on tâchait de lui faire comprendre qu’il n’avait encore rien mérité du respect valorisé entre soldats. En marchant vers sa destination, il ruminait un peu intérieurement la manière dont Shanz l’avait traité. Il était son coéquipier, pas un subalterne attardé qui ne savait pas différencier sa gauche et sa droite. Il n’allait quand même pas aller pleurer sur son sort à Hian, il aurait l’air d’un pleurnicheur et deviendrait la risée de son escouade. Il devait pourtant trouver une façon de s’imposer auprès de son groupe et de faire comprendre qu’il n’allait pas se laisser faire. Il ne devait pas non plus se les mettre à dos et mourir en opération parce que son équipe ne voulait pas de lui et l’avait abandonné à son sort. Si Eva captait sa mauvaise humeur, elle avait la décence de ne pas le confronté sur le sujet et le miner encore plus. De toute façon, même s’il en touchait un mot ou deux à son IA, elle ne pourrait certainement pas l’aider. Aussi perfectionner pouvait être ces intelligences artificielles, elle n’en restait pas moins des machines et non des humains. Les dents serrées, il botta un déchet qui était sur le sol pour l’envoyer rebondir un peu plus loin. Peut-être que s’il menait cette mission avec brio, il pourrait faire ses preuves et montrer qu’il avait droit au même respect que les autres.

Finalement, il arriva à proximité du logement que s’était fait attribué Jezol. Avec discrétion, il s’installa dans une entrée qui le cachait en partie du champ visuel que pourrait avoir l’habitant du logement s’il regardait dans sa direction. Il devait se faire une idée de la configuration de l’endroit pour réussir à mener à bien son infiltration.
« Eva, on sait si Kodira vit seul. » Une série d’information défila sur son casque, dont son état matrimonial de célibataire. Rien ne portait à croire qu’il pouvait y avoir quelqu’un d’autre qui vivait avec lui sur place. Les lumières n’étaient pas ouvertes, mais c’était difficile de savoir s’il était sur place ou non. La patience était pourtant la plus grande alliée des agents d’infiltrations comme lui, alors il fit preuve de patience et observa. Il finirait bien par le voir passer si jamais il était sur place. Pendant plusieurs minutes, Zacharias flâna pour s’assurer que le logement était vide et quand il eut la certitude qu’il n’y avait personne, il passa à l’action. Avec le temps qui était passé, il avait réussi à se faire une idée sur la manière dont il allait s’y prendre. Une fois à l’intérieur, il devrait le plus rapidement possible trouver les preuves pour prouver ou disculper l’implication de Jezol dans la fuite et quitter sans laisser de traces.

Il ne devait pas se faire prendre non plus à rôder autour du logement. Si jamais Jezol remarquait quelque chose et qu’il en parlait avec ses voisins, il ne fallait pas que ceux-ci lui parlent d’un homme qui avait été vu dans les alentours et que Jezol  reconnaisse sa description, sinon l’opération risquait de capoter. Il put entrer dans le logement. Probablement que la porte n’avait pas bien fermé quand la personne précédente l’avait ouverte, ce qui lui épargna quelques maux de tête pour trouver une manière d’entrée. Par chance, les couloirs étaient déserts et il ne croisa pas âme qui vive. Il se rendit donc jusqu’à la porte voulue. Après avoir pris quelques secondes pour écouter dans le logement, il sortit le petit dispositif que lui avait remis Shanz plus tôt et l’apposa sur le clavier de commande de la porte. Le dispositif fit son travail et il déverrouilla la porte. Doucement, Zacharias entrouvrit la porte et jeta un coup d’œil furtif à l’intérieur. Il continua à ouvrir lentement et silencieusement la porte en poussant toujours plus loin son balayage visuel. Comme il n’y avait personne à l’intérieur, la recrue entra et referma derrière lui. Il devait maintenant faire au plus vite avant de se faire prendre sur le fait.

Il aurait aimé avoir des modules plus adapté à ce genre d’enquêtes, mais on devait tous commencer quelque part après tout. C’était juste dommage de ne pas pouvoir exploiter son IA pour faire certaines vérifications plus difficiles pour l’œil humain. Rapidement, la recrue se mit au travail et commença son inspection. Il avait bien sûr pris soin que les bottes de son exosquelette ne laissent pas de traces et il avait ensuite fait le tour du logement sans rien déplacé pour tenter de trouver où les preuves pouvaient bien être dissimulées, si elles étaient ici. Comme lui avait dit Shanz, Jezol n’était pas un type bien compliqué et il avait un mode de vie simple. Il donnait l’impression d’être un type franc et honnête, mais ce pouvait être trompeur. Du reste, Zacharias n’avait pas besoin de déplacer ou d’analyser les bibelots artistiques et excentriques de Jezol, qui avait visiblement un goût prononcé pour l’art. On lui avait aussi dit qu’il était assez créatif en opération pour réussir à faire son travail qui généralement consistait à bloquer la route à l’ennemi. Après avoir déterminé les endroits propices, Zacharias se mit à la recherche de quelque chose en lien avec une possible fuite ou double allégeance.

Après deux ou trois localisations infructueuses, Zacharias tomba sur ce qu’il cherchait. Ouvrant un noyau de stockage avec l’aide d’Eva pour en parcourir le contenu, il découvrit exactement ce qu’il cherchait. C’était presque trop parfait, comme si on avait laissé le tout là pour être trouvé. Zacharias savait se trouver compétent et intelligent, mais dans le présent cas ce semblait être beaucoup trop ‘juste parfait’ pour que la réussite soit liée à son talent. De biais, il parcourut les informations du document témoignant de nombreux échanges que Jezol aurait eus avec des gens du milieu interlope et d’informations protégées qu’il avait fait transiger auprès d’eux. Encore plus inquiétant, le document incriminait un autre membre de l’escouade qui travaillait de concert avec le petit réseau qui avait été mis en place. Il n’était pas encore très familier avec les membres des Légionnaires, mais le tout semblait désigner Lekkie Koa. Si deux membres de l’escouade étaient impliqués dans la fuite, alors ce serait un solide coup que recevraient les Légionnaires. Une voix le tira de ses recherches. Avait-il absorbé par sa lecture à ce point qu’il n’avait pas entendu la personne arrivée? Son corps accéléra et son sang se réchauffa instantanément. Tel un animal pris au piège, Zacharias entrait en mode défense.


« Tu as trouvé ce que tu voulais? »

La recrue se retourna pour tomber face à face avec Jezol qui l’observait, l’épaule contre le cadre de porte et le visage tout sauf amical.

« Qui tente de nous piéger avec toi? »

Zacharias n’était pas le genre à craquer sous la peur et tenter de sauver sa peau a tout prix. Il n’allait certainement pas vendre Shanz.

— J’opère seul.
— Et loyal en plus.


La nouvelle voix lui fit serrer les poings. Quand Shanz, alias Bricoleur, apparu dans le cadre de porte, Zacharias sentit une fureur sans égal monter en lui. Il avait été trahi par son coéquipier qui était visiblement impliqué dans la fuite que tentait d’enrayer le duo.

— Une bonne chose de t’avoir mis dans le secret Bricoleur.
— Dommage qu’on ne puisse pas falsifier l’enquête pour mettre le blâme sur le bleu et régler le problème sans nous compromettre.
— Peut-être qu’on peut le recruter dans notre petite équipe et mettre le chapeau sur Raxial ou Wonmel. Qu’est-ce que t’en dis gamin? Donne-moi le noyau de stockage et on te fait une place avec nous. Ça rapporte et ça nous évitera de devoir te faire disparaître.


Gamin… l’utilisation de cette appellation pour s’adresser à lui fit monter d’un nouveau cran sa colère déjà présente. Il n’allait certainement pas accepter de se joindre à ces traitres. Il ne savait pas s’il pouvait réussir à leur face seul, mais il n’était certainement pas le genre à se faire dessus de peur et trahir sa morale. Les poings serrés, il resta immobile un moment, le noyau de stockage dans la main gauche, analysant sa prochaine course d’action. Après avoir déterminé ce qui lui semblait le plus judicieux, il avança vers Jezol en tendant le bras gauche devant lui, la main tournée vers le bas comme pour lui remettre le noyau. Au moment où il aurait dû ouvrir la main pour laisser le noyau tombée dans la main de Jezol, Zacharias envoya un rapide et sournois coup de poing de la droite. Prenant son adversaire par surprise, il put enchaîner un coup de poing montant qui fit plier son opposant en deux. Ne désirant pas se retrouver coincé dans la pièce sans possibilité de fuite, il poussa violemment Jezol sur Shanz pour dégager la porte et sortit pour se diriger vers la porte du logement.

Il fut néanmoins rattrapé par Shanz  sans grande surprise, se retournant pour dévier le coup qui arrivait sur lui. Se baissant comme s’il faisait la chaise pour éviter un nouveau coup, il se redressa en assénant un coup de genou au ventre de Shanz. Il déposa sa jambe derrière celles de Shanz et attrapa son cou pour le faucher en le poussant et l’envoyer au sol. Avant de pouvoir mettre hors de combat celui qu’il venait de projeter au sol, Zacharias dut recevoir l’autre adversaire qui avait récupéré de son coup en traître. Dans une danse agressive, les deux soldats frappèrent, parèrent et se déplacèrent. Finalement, Zacharias plaça un coup de poing au visage de Jezol qui recula sous la douleur, mais se fit rapidement saisir de dos par Shanz. Malgré sa lutte pour tenter de se défaire, Zacharias fut rapidement contrôlé et immobilisé par Shanz et Jezol revint lui asséner quelques coups ayant pour but de le tranquilliser. Une fois calme, quand ses forces pour lutter furent épuisées, Zacharias se fit retirer son casque et les deux soldats lui attachèrent les mains. Ce n’était pas tellement la douleur qui faisait mal à la recrue, il n’avait en fait pas vraiment de douleur physique, mais la blessure a son égo et son orgueil. Bravant les deux hommes en les affrontant du regard quand même, il fit le nécessaire pour rester sur ses pieds et garder sa dignité.


— On l’apporte?
— On n’a pas vraiment le choix. Il a une sacrée droite, je l’ai pas vu venir.
— T’inquiète, j’ai eu mon tour aussi.


Les deux hommes se saisirent de Zacharias pour le faire sortir du logement. Peut-être que Zacharias serait le soldat a la carrière la plus courte décidément. En même temps, il ne savait pas où on l’apportait ni ce qu’on comptait faire de lui, alors peut-être aurait-il une occasion pour fausser compagnie aux deux soldats. Il ne fallait pas perdre sa combativité et sa capacité d’analyse, même dans les situations qui semblaient sans issues, parce que de baisser les bras empêchait de prendre toutes alternatives à la situation. Il aurait bien voulu tenter de prévenir quelqu’un par le biais d’Eva, mais il était peu probable que les deux soldats qui l’avaient maîtrisé lui laissent l’opportunité de le faire sans intervenir. Ménageant son énergie pour en avoir le plus possible au moment opportun, Zacharias se laissa conduire par ses deux anciens collègues.

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Zacharias Deost
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Message(#) Sujet: Re: Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture) Lun 26 Fév - 20:11




Débriefing


Après une marche à travers la ville, Jezol et Shanz firent entrer la recrue dans un bâtiment que Zacharias n’avait encore jamais vu avant. C’était probablement un bâtiment qui servait de cache aux éléments traitres des Légionnaires. N’ayant pas eu d’opportunités pour se sauver, il avait eu à suivre les deux soldats dans l’espoir qu’une fois à destination, une occasion se présente à lui de sauver sa peau. Malgré tous ses efforts pour rester calme, le cœur de Zacharias battait à une vitesse hallucinante et son sang lui donnait des vertiges tellement il circulait rapidement dans son organisme. La sueur commençait à perler sur sa peau et des spasmes musculaires trahissaient les réflexes d’agression et de fuite que contenait au mieux le nouveau soldat en captivité. Il n’était pas croyant, ce n’était donc pas des prières qui lui montait à l’esprit, mais des réflexions et des souvenirs en lien avec sa famille et des amis proches. Au final, il trouvait assez pitoyable de terminer son parcours au sein de la Ville Azurée de cette façon. Quand ses deux gardiens l’immobilisèrent devant une porte, il inspira et soupira bruyamment, cherchant à maîtriser la peur qui lui grimpait des tripes de plus en plus intensément.

Un des deux traitres libéra les poignets de Zacharias, qui ramena instinctivement ses mains devant lui en se frictionnant les poignets pour y rétablir la circulation et estompé les picotements. Avant même qu’il ne puisse réagir, la porte s’ouvrit et on le poussa à l’intérieur.
« Regarder qui ont apporte! » Incapable de réagir, Zacharias se retrouva face aux autres membres des Légionnaires qui le dévisageaient en souriant et en riant. Ils n’étaient visiblement pas hostiles. Jezol et Shanz entrèrent derrière lui en fermant la porte et lui flanquèrent une solide claque dans le dos chacun en riant. Toujours hébété et dans l’incompréhension, Zacharias était encore méfiant, même s’il commençait à comprendre qu’on se payait sa tête depuis le début de cette affectation. Voyant qu’il ne savait plus comment se positionner parmi le groupe, Hian approcha en riant et lui serra la main avec force et fermeture. Le reste de l’escouade suivit et rapidement Zacharias se retrouva encerclé de toute part. Après cette séance de félicitations, on lui permit de s’asseoir et les autres soldats prirent place à leur aise dans la pièce.

— Ne fait pas cette tête Deost, c’est la tradition de l’Armée de s’amuser un peu avec les recrues.
— Avoir su, je n’aurais pas frappé aussi fort.
— Bah, on s’y attendait un peu de se chamailler. J’ai pas vu souvent des gens se battre aussi bien avec leurs mains et leurs pieds par contre.
— Tu as appris ça dans les camps?
— Oui et non. J’avais un senseï… un maître… qui m’enseignait à me battre.
— Comme les guerriers des vieilles légendes dans les temples?
— Ce sont des moines si je me souviens bien Verosh.
— Comme les moines oui. Enfin, si ce qu’on en sait est bien vrai.
— Et bien le voilà son nom de Légionnaire! Moine!
— On voudra voir ça nous aussi. J’aurais donné cher pour voir Mur se prendre une raclée!


Le groupe se mit à rire. Plutôt réservé, Zacharias ne savait pas trop comment réagir à ce soudain changement de la part de ses collègues. Depuis son entrée dans l’Armée, on le traitait avec peu d’égard et même de manière un peu brusque. Soudainement, on faisait preuve de chaleur et d’attention à son égard. Pour une personne déjà solitaire et refermée comme lui, c’était une situation un peu difficile à gérer. Pour ne pas laisser un malaise s’instaurer, Jezol et Shanz racontèrent la scène du loyer et la correction qui les avait pris par surprise de la part de la recrue. S’enchaînèrent ensuite des anecdotes sur les divers membres de l’escouade et sur des opérations mener par les Légionnaires. Se détendant peu à peu, Zacharias finit par rire avec les autres et se montrer un peu plus bavard. Quand les autres remarquèrent qu’il était plus réceptif et ouvert à parler, ils en profitèrent pour questionné Zacharias et en apprendre un peu plus sur son passé et son parcours. Le tout se poursuivit jusqu’à ce que Hian se lève de manière un peu cérémonieuse, bientôt imité par tous les autres. Hian fit signe à la jeune recrue de se lever et les soldats du groupe se disposèrent en éventail autour de lui. Solennellement, le chef s’avança et prit dans ses mains les insignes de l’escouade. Une fois à une distance de bras, il s’arrêta et apposa fermement les insignes sur les épaules de Zacharias. Il s’agissait d’un casque arborant une longue crinière comme certains rares animaux restant dans ce monde dégénéré. C’était apparemment une parure portée par les soldats qu’on appelait légionnaires dans les vieilles légendes de l’Ancien Monde. Mais, comme toutes les légendes et les mythes de cet ancien temps, on ne saurait jamais le vrai du faux.

« Soldat Deost, te voilà maintenant un membre à part entière des Légionnaires. Tu es maintenant notre égal et notre frère d’armes et nous sommes heureux de t’accueillir parmi nous. Tes prouesses aux combats de l’Ancien Monde sont la source de ton nom au sein de l’escouade. Tu seras maintenant désigné comme Moine quand tu seras parmi nous. »

Le chef et la recrue échangèrent une poignée de main officielle et le tout fut scellé. Zacharias commençait officiellement son parcours dans l’Armée et il était enfin à sa place. Restait maintenant à voir ce qu’il pouvait accomplir avec ses nouvelles fonctions et comment il pourrait aider sa famille à sortir de la misère. Il savait qu’il n’allait pas refaire le monde, mais il pouvait être un élément contribuant à remettre l’humanité dans le chemin. La célébration de l’arrivée d’un nouveau membre de l’escouade se poursuivit un moment, jusqu’à ce que tous décident d’aller terminé le déménagement de Zacharias dans son nouveau logement pour qu’il quitte enfin l’Académie. Sans parvenir à faire changer d’idée ses confrères et consœurs d’armes, l’escouade termina de déménagé et d’installer leur nouveau frère dans son logement, permettant ainsi à la jeune recrue de profiter d’une nuit de sommeil dans son nouveau chez lui pour une première fois.

(1 034 mots)
(Total = 1908 + 1893 + 1034 = 4 835)

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Message(#) Sujet: Re: Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture)

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Initiation d'un Légionnaire - Solo (En écriture)
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