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 L'Équilibre | Mission solo

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: L'Équilibre | Mission solo Mer 18 Avr - 1:03

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Il était impossible de percevoir les étoiles maintenant que la Porte des Condamnés était franchie. J’étais à présent à la merci de l’arène de sable, là où il n’existait, a priori, qu’une entrée et qu’une sortie. Prisonnière de ses murs qui s’étendaient à perte de vu, piéger au sein d’une chaleur fracassante dès les premiers rayons du soleil. J’avais pénétré l’antre dès que la lune avait fait son apparition, mais le sol était encore brûlant, semblant flouter l’environnement. Le territoire était un endroit dangereux, peu d’âme volontaire s’y aventurait sans une bonne raison. Il n’y avait absolument rien, seulement une étendu désertique qui absorbait lentement notre volonté à chaque pas.

Les minutes passèrent jusqu’à se transformer en heures. Je ne rencontrai aucune résistance, pas de Madrales ou de Shascors, rien pour me rendre ce voyage pénible. Le vent commençait à se lever, sans réellement balayer violemment les dunes, une simple caresse sur cet erg. Le froid commençait doucement à s’immiscer au travers de mes vêtements lorsque la poussière se leva au loin. Elle roulait littéralement sur le sol, semblable au vague se brisant sur les roches. Une course effrénée avec un but bien défini : voir ce qui venait de pénétrer sur leur terre. Mes pieds s’enfonçaient dans le sable, comme prisonnier. Il était impensable de courir, de fuir. Je détachai ma lance, si la Nature était encore avec moi, alors c’était ici que mon test débutait. « Voyons voir si je fais toujours partie de ton Tout. » Le bruit de la course retentissait, comme si les souffles se mélangeaient au pas des bêtes, comme si le vent les accompagnait dans leurs frénésies.  Les Talmenis firent leur apparition, montée par ce qui devait être d’ancien Fils d’ Ohibaan. Ma mâchoire se serra à la vue des armes qui frappait leurs cuisses. D’anciennes reliques d’un autre temps, ressemblant à ceux des Bunkers, des armes à feu qui, lui, ne crachait un feu bleu, mais faisait tout autant de dégâts. Je serrai un peu plus ma lance, le regard droit, essayant de suivre les hommes qui m’encerclaient. La poussière était toujours telle que je remerciai mon masque de m’en prémunir. L’un leva la main, cessant la course de ses guerriers. Un long silence s’en suit, nous jaugeant tous deux. Seuls ses yeux étaient visibles, le reste de son corps était couvert de vêtement. « Tu as un très beau matériel. » Lança-t-il alors, tandis que tous attendaient une réaction de ma part. « Il n’est pas à vendre. » Je le sentis sourire, sûr de lui. « Dans ce cas, je te le prendrai de force, mais je peux aussi te l’échanger contre ta vie, qu’en dis-tu ? » Un silence s’installa. Je décontractai mes muscles, lâchant un court soupir. « Tes hommes ont l’air apathiques et faibles. Prends-moi dans tes rangs, d’une certaine manière, mon matériel sera tout à toi. » Il se mit à rire, tandis que je l’observai entraîner ses soldats avec lui. « Crois-tu que je me moque de toi ? » Il se reconcentra sur moi. « Gamine, mes hommes ne sont pas armés de bout de bois. Ils te transperceront avant même que tu es fait un pas. » « Laisse-moi te prouver le contraire alors. Si je perds, tu pourras prendre mon matériel sur mon cadavre, si je suis victorieuse, je prendrai la place de ton guerrier. Dans tous les cas, tu es gagnant. »  Il sembla considérer la chose avant de sourire. « Non. Je pense que je vais prendre ton matériel de force. » Il appuya ses derniers mots. « Puis je te vendrai au repère en tant que… ce qu’ils veulent, je suis persuadé que tu t’accommoderas à tous les rôles qu’ils te trouveront. » Ces hommes rient, tandis que je les regardai un à un, piqué au vif. J’avais gagné du temps afin de trouver une ouverture, mais je n’en voyais aucune à l’heure actuelle. « Dépose tes armes au sol, une marchandise blessée perd de sa valeur. »  Je resserrai mes doigts contre ma lance. « Va te faire foutre. »  « Comme tu voudras. » Il saisit son arme et je levai le sable du pied, l’envoyant directement dans la tête de sa monture qui partit en arrière, essayant d’esquiver instinctivement. Son coup rata ma jambe, éclatant devant moi. Les armes se levèrent toutes d’un coup, tandis que leur chef se relevait, époussetant son armure. « Je n’ai vraiment pas le temps pour ce genre de connerie. » Il savait quelque chose que j’ignorai, il semblait tendu, regardant derrière lui avant de détacher le fouet sa cuisse. Rapidement, d’autres le suivirent. Ils étaient cinq, tous avec un Talmani qui semblait bien dressés et habitué aux bruits de leurs armes. Je pestai. J’aurai pu faire éclater une bombe afin de perturber leur monture, mais au vu de leur parfait dressage, c’était foutu. Le fouet claqua et je l’accueillis avec le bout de ma lame, l’envoyant bredouille dans le sable. « Par pitié… ne peux-tu pas nous faciliter la tâche ? » Un autre claqua, puis un autre, jusqu’à ce que l’homme attrape ma lance et la fit venir à ses pieds. Mes bras et l’une de ma jambe étaient tirés dans des directions différentes, me faisant un peu plus serrer des mâchoires. Je me débattais, furieusement, jusqu’à finir au sol, gesticulant afin de me libérer de mes liens. « Une vraie Varaza cette petite. » Lâcha-t-il en se rapprochant de moi. Il posa son genou entre ma poitrine, entravant un peu plus mes mouvements et m'ôta mon masque. Instinctivement, je claquai ma mâchoire près de celle-ci et il écrasa sa main in extremis sur mon front, plaquant ma tête sur le sable froid. Il sourit, ôtant cette fois le foulard qui barrait son visage. « Une Zoologiste, bien évidemment. Crois-moi, tu aurais sans aucun doute fini ici tôt ou tard. En attendant… » Il se débarrassa de son foulard avant d’essayer de me bâillonner. Voyant que je n’étais pas prête à me laisser faire, il saisit ma mâchoire de son pouce et de son index, appuyant furieusement afin que j’entre ouvre les lèvres. Il enfonça le tissu, avant de le sceller à l’arrière de ma tête. « Je vais faire en sorte que mes hommes ne soient pas blessés par une Zoologiste incontrôlable. » Il tourna ma main dans mon dos, écrasant ma joue sur le sol, avant de lier mes avant-bras. Un Talmani monté par quelqu’un qui n’était pas là avant, s’approcha. « Un autre groupe arrive. » Un éclaireur. Il me releva difficilement, semblant agacé. « On y va. » Je me débâtais encore, refusant d’avancer. Il grogna et me fit tomber au sol avant de lier mes jambes. Il me prit alors sur son épaule et me posa sur le Talmani, ventre contre le dos de celui-ci. Il donna l’ordre et tous se mirent à courir. Je vis au loin une poussière s’élever, mais le temps qu’ils arrivent, nous serions déjà loin.


Tout le long du trajet, il dut contrôler mes jambes qui voulaient assainir des coups à la bête. Il finit par lever mes bras derrière mon dos, afin que le moindre mouvement me face atrocement mal et que, par instinct, je cesse de me débattre. Nous arrivâmes devant une roche  qui semblait tout à fait ordinaire. Il descendit et je tombai par terre, essayant maladroitement de desserrer mes liens. Il n’y fit pas attention et activa le mécanisme qui ouvrit le bunker. Le matin faisait son apparition et avec lui les premiers rayons mortels du désert. Lorsqu’il s’approcha, je lui assénais un coup de pied qu’il attrapa à la volée. « Cesse tes conneries, bordel. » Il me traîna près de l’échelle en métal et je m’attendis à ce qu’il me jette carrément, espérant que je ne me brise aucun os pour la vente. Il n’en fit rien. Il me détacha les jambes et je le regardai avec suspicion. Ces hommes passèrent avant, mais l’un resta et pointa son arme vers moi. « Tu vas descendre l’échelle sans essayer de fuir. » Je ris de par sa naïveté. « Dans le cas contraire, Shin’se te tirera une balle dans le pied. » Il me retira le bâillon. « Une balle ? » demandais-je simplement. « Une munition, tout comme les flèches pour vos arcs. » Je fronçai des sourcils. « C’est inutile. Tu ne sauras même pas où aller et, crois-moi, il y a bien pire que nous ici. » Je grognais, peu sûr de ses paroles. « Tu veux me vendre. » « Oui, seulement te vendre. Tu ne sais pas tous les sévices que l’ont peu faire endurer à quelqu’un avant de le vendre. Et tu ne sais pas le nombre de groupe qui s’y adonne. » Je restai muette. « Entre, le soleil va devenir écrasant. Tu ne tiendrais pas. » Je m’exécutai. Sous terre, l’air y était plus respirable, un peu humide et surtout, frais. « Où sommes-nous ? » Il attrapa mon bras afin de me faire avancer. « Chez moi. » Répondit-il simplement. Avant que nous passions le rideau de couleur qui semblait séparer deux pièces, il ouvrit une cage. « Entre là-dedans. » Je restai droite. Je sentis le canon d’une arme à l’arrière de mon crâne. « Entre. » Sa voie était plus jeune, mais aussi déterminée que son chef. « T’as oublié qu’il ne fallait pas abîmer la marchandise ? »  Il m’asséna un coup de talon dans l’arrière des genoux, ce qui me fit plier. Il me poussa à l’intérieur sans ménagement et je fus un peu sonné lorsque ma tête se fracassa contre les barreaux. Ils passèrent alors le rideau. « Papa ! » le cri d’un enfant se répercuta contre les parois de fer. « Tu as trouvé un errant ? » « Tout à fait. Une Fille d’Ohibaan. Nous allons pouvoir bien manger ce mois-ci. » « Super ! J’en avais marre de manger de la Madral, c’est tout visqueux ! » Je soufflais en me laissant choir contre les barreaux. Une femme tira le rideau, me regardant curieusement, avant de refermer celui-ci. « Elle a été bannie si jeune ? » « Elle ne semble pas avoir été bannie. » Dit-il simplement. Je l’entendis déposer son fils à terre. « On va manger ! On va manger ! » « Tu en tireras sûrement un bon prix… » Je perçus de la tristesse dans ses mots. « Tesa, tu sais que c’est comme ça que ça marche ici… » « Je sais… c’est juste que… elle est si jeune ! » « Justement… » Lança-t-il. « Tu ne peux pas dire ça aussi calmement, Sal’da » « Tu crois que je suis à l’aise avec ça ? Je suis un ancien Fils d’Ohibaan, c’est contraire à ce que l’on m’a enseigné, mais je suis contraint de le faire pour nourrir notre famille… » Les voix se firent de plus en plus lointaines, jusqu’à n’être que des murmures.              

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: L'Équilibre | Mission solo Dim 3 Juin - 19:12


Il existe toujours des moments d’incertitude dans la vie d’un être humain. Nous repensons à des moments où nous aurions dû agir, ne rien faire ou peut-être simplement un peu plus réfléchir aux conséquences de nos actes, afin de faire autrement.  Le mieux faire est sur toutes les lèvres, que ce soit dans un camp d’entraînement qu’à travers le regard d’un parent. Nous pouvons toujours mieux faire, tout le monde le dit, mais nous n’arrivons pas à savoir comment. Comment réussir à tous les satisfaire en nous satisfaisant également ? Est-il possible que nous ne soyons jamais satisfaits de ce que nous entreprenons malgré toute l’énergie qui y est mise ?  L’air était encore plus frais la nuit. Je grelottais en enroulant mes bras autour de mes jambes, recroquevillé dans un coin de la cage.  Est-il possible de ne rien ressentir, puis, soudainement, de se sentir revivre et de tout percevoir d’un seul coup ? Je posais mon front sur mes genoux, mes cheveux tombant en cascade sur ceux-ci. Je savais ma foi ébranlée, je me savais craquelée par les épreuves, par tout ce que je percevais et que les autres ne comprenaient pas. Comment expliquer cette tête qui ne fait que penser, qui ne s’arrête jamais, qui m’empêche de dormir et qui ne cesse de ressasser les journées, les connaissances, à analyser tous les mots, mais également toutes les actions de tout le monde. Comment expliquer ces structures que je perçois à l’approche de quelqu’un, à ses palabres ou à ses gestes. Comment démontrer que je ne suis pas folle quand la civilisation ne s’intéresse qu’aux faits. Je passais mes mains dans mes cheveux. Comment expliquer ce sentiment de différence, mais également d’appartenance à mon peuple, que je ressens. Finalement, comment dire que je pense en forme, en couleur et en structure, et non avec des mots clairs et précis ?  Je savais que le soleil était là depuis quelques heures déjà, que le sommeil me faisait choir au sol, mais que mon corps refusait de réellement s’endormir. Je restai ainsi à somnoler, recroqueviller, la pensée en ébullition, jusqu’à ce que le rideau  et la lune se lèvent.

Je jetai un coup d’œil afin de le voir apporter un bol rempli d’une substance gélatineuse. Je grommelai, peu sûr de ce qui se trouvait dans le récipient. « C’est ce qui nous nourrit par ici. » Lança-t-il en entrant la clef dans la serrure. C’était ma seule chance de sortir d’ici, ainsi, je tapai le plus fort possible dans les barreaux de ma cage. Son nez se tordit sur le fer rouillé et il tomba à la renverse, la nourriture se renversant sur le sol. Précipitamment, je me jetai sur lui, lui assénant un autre coup sur le nez avant de saisir mes affaires et de monter l’échelle en métal qui menait à la sortie. Je tapai de mon épaule sur cette large sortie balayée par le sable, jusqu’à ce qu’elle laisse entièrement le vent pénétrer le bunker. Je me hissais dehors, lançant en premier ma lance, puis ma besace, avant de pousser sur mes bras. Je jetai un œil au Talmëni qui claquait des mâchoires en me voyant, mais je n’avais pas le temps de les dresser pour aller plus vite. Cependant, je pris le temps de les détacher afin de les ralentir. Je regardais autour de moi, sans réellement savoir par où m’enfuir, avant de décider d’une direction au hasard et d’y courir sans réfléchir. Ma respiration était de plus en plus affolée, mes jambes de moins en moins portantes. J’avais peu dormi, pas manger et relativement peu bu. Je me trouvais dans un endroit inconnu avec l’impossibilité de me fondre dans le décor à moins de ressembler à une pierre. Je me hissai derrière un rocher lorsque j’entendis les hurlements du clan, surement ayant rattrapé toutes leurs bêtes. Mon dos était couvert de sueur, ma respiration était douloureuse et mon sang tapait dans mes tempes à en faire exploser ma boite crânienne. Je sentis soudainement remuer derrière moi, comme une vibration, une respiration qui balaya le haut de mon crâne. Lorsque je levai les yeux au ciel, je vis deux billes noires m’observer, son expiration faisant s’envoler les quelques cheveux qui n’étaient pas collés à mon visage. Je calmais ma respiration pour doucement me décoller de son corps fait de roche, mais son regard ne me lâcha pas. Les cavaliers étaient à présent derrière la bête, apeurée à l’idée qu’elle puisse attaquer. Je sentais leur peur, l’espoir que nos gestes ne l’effraient pas et qu’elle ne se sente pas obligée de se défendre. Mon regard croisa celui du chef de bande. Je lu sur ses lèvres la mise en garde, puis je pris une bouffée d’air. Je me précipitais sur la bête et lui assénai un coup, avant de rejoindre les hommes qui s’étaient brusquement mis à reculer. La bête regarda l’endroit que j’avais profané et sa respiration se fit plus violente. Le Calloum se retourna, se levant sur ses quatre pattes. Je souris, nerveusement. « Inconsciente. » Souffla Sal’da. « Audacieuse. » Rectifiais-je avant que la bête ne se précipite vers nous. Le Calloum avait cette spécificité de pouvoir décimer un groupe de par sa seule force, sans aucune blessure. Qui pouvait se vanter de briser la roche ? Quelques hommes furent piétinés par la bête, mais ils finirent par me suivre lorsque je quittais les lieux du carnage. A mon grand regret, Sal’da avait survécus, sûrement plus remonter que jamais face à mon insolence.

Le sable s’écroulait sous mes pieds à chaque pas. Je voyais au loin les murs qui se dressaient entre ce désert et ma liberté, preuve que j’avais pris la bonne direction. Je ris nerveusement. La Nature avait fait en sorte que je puisse voir au moins une dernière fois la Porte des Condamnés, peut-être ferait-elle en sorte que je puisse la traverser et rentrer en Hlodalana. Brusquement, mes pieds se rejoignirent et je fus renversé dans le sable dorénavant gelé.  Je tentais d’enlever cette corde robuste de mes chevilles, mais ils commencèrent à me traîner. « Je serai beaucoup moins bienveillant à ton égard, gamine. » « Lâche-moi ! » Mon dos surchauffa au frottement des grains de sable. Je sentis alors passer près de moi les pattes puissantes des Coutrël de mon peuple. Un bruit strident fendit la nuit et je vis le corps d’un de mes agresseurs se pencher en avant, ayant pris une flèche dans le bras. Le combat s’engagea, Gäben, Lansä et Lyny fonçant dans le petit groupe des cinq bannis. Je défis la corde sans attendre, ramassant la lance que j’avais perdue en tombant. J’étais à la fois heureuse et confuse.  J’assénai un coup à Sal’da, puis un deuxième. Mes jambes étaient molles, peu enclines à m’obéir, mais Lyny vint m’aider à mettre en déroute l’homme qui, contre toute attente, ne m’avait pas maltraité. Il allait mourir, mais il n’avait fait qu’essayer de survivre. Je me demandais s’il se battait pour son fils ou s’il le faisait pour continuer de vivre. L’arme de Lyny alla pour l’embrocher, mais je dévie son coup, préférant abattre mon poing sur le nez déjà cassé de l’homme. Il tomba à genoux, la vue floutée, la tête embrumée par la douleur. « Rejoins ton fils. » Lâchais-je à bout de souffle, tandis qu’il reprenait peu à peu conscience de ce qui l’entourait. « Trouve une autre façon de survivre, parcoure d’autres territoires. On vous a bannis ici par croyance, mais tu n’as plus la foi… alors, pourquoi y rester ? » Il rit nerveusement. « Je ne connais rien d’autre que ton peuple et le mien, ici. » « Tu ne connaissais pas ton peuple avant de venir ici, qu’est-ce qui a changé ? » Peut-être aurait-il voulu dire que son fils avait changé la donne, que sa femme aussi. Qu’il avait décidé d’être posé, de ne plus risquer sa vie lors d’un voyage ou pire, leur vie. Mais il se tut. De toute évidence, après avoir passé autant de temps au sein du désert, il ne lui restait que quelques années à vivre, alors, à quoi bon ? Il se releva, regardant son clan décimé et s’en retourna. Lentement, les larmes montèrent à mes joues et je me précipitais vers ma sœur, Gäben. J’oscillai entre la joie et le soulagement. « La Nature vous a guidé à moi, elle ne m’a pas abandonnée. » Lyny sourcilla. « Non, je t’ai v… » Elle se tut lorsque la Värsha leva la main. Elle la posa ensuite sur ma tête. « Oui, la Nature nous a guidés à toi, elle ne t’aurait jamais abandonnée, Nasträlya. » Lansä souffla, remontant sur sa Coutrël. Il savait ce qui me secouait, mais il ne comprenait pas pourquoi c’était si difficile. Je dormis tout le long du retour, ballotant dans les bras de Gaben qui s’évertuait de me faire tenir sur sa bête. Bizarrement, ma tête s’arrêta de penser durant cette période, comme si toutes les questions sur le monde s’étaient brusquement envolées. Elles recommenceront à jaillir dès mon réveil, mais la Nature décida de me laisser un bref instant de repos.

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