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 ♦ Adam Andrivon ♦

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Adam
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Message(#) Sujet: ♦ Adam Andrivon ♦ Lun 17 Oct - 12:43

♦️ ANDRIVON ADAM ♦️

IDENTITE

♦️ Nom: Andrivon.
♦️ Prénom: Adam.
♦️ Sexe:
♦️ Age: 26 ans.
♦️ Affiliation: Spectre.
ATTRIBUTS

♦️ Force: 28
♦️ Agilité: 32
♦️ Constitution: 12
♦️ Perception: 12
COMPETENCES

♦️ Arts Martiaux - ⚫️⚫️⚫️⚪️⚪️
♦️ Herboristerie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Médecine - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Armes Blanches - ⚫️⚫️⚫️⚫️⚫️
♦️ Charisme - ⚫️⚫️⚫️⚫️⚫️
♦️ Marchandage - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Survie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Le Mirage - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️


INVENTAIRE

Armes

♦️ Cimeterre.
♦️ Couteau à cran.
♦️ La Poigne de l'Ombre | Une arme unique dans un métal de jais. Elle est extrêmement résistante et aiguisée, sa lame ne s'émoussant jamais. Sa poignée est modelée sur votre main, empêchant quiconque d'autre de l'utiliser convenablement.

Equipements

♦️ Spalière en Cuir Lourd.

Autres

♦️ Elixir.
♦️ Poison.
♦️ Outre en Peau.
♦️ Sac de Voyage.


PHYSIONOMIE

Son cœur, autrefois exsangue, s'enhardissait sous la brûlure de cette fragrance capiteuse. Elle avait délaissé sa froide timidité, pour s'amouracher de ces traits, qu'elle esquissait fébrilement sous les soubresauts rauques de sa frivolité soudaine. Empoignant cette épaisse chevelure ébène, attirant à elle ces lèvres charnues qui dévoraient habillement son minois enfiévré. Sous les assauts de l'adonis, elle perdait le fil de ses pensées, agressant sa barbe fournie, de ses ongles délicats, caressant le beau en dessinant ses traits ciselés. Ses mains se réfugièrent sur sa peau lisse et glabre, arpentant les sillons de sa carnation burinée par l'astre solaire et le temps. Elle arracha sa chemise de jais, trompant le bourreau d'un chaste baiser sur le plexus. Elle n'osait défier le regard du tentateur. Elle n'osait affronter ses prunelles froides, qui sublimaient tant son paraître. Il avait pourtant agrippé son menton, la forçant à plonger dans l'océan céruléen de ses mires. Un souffle. Une exhalation passablement démystifiée, par son caractère si convenu. Ses phalanges étaient rugueuses, rompues par les armes, mais parcouraient savamment son être d'un effleurement extatique. Elle dut se mettre sur la pointe des pieds, pour venir quérir les lippes élégantes de l'éphèbe. Puis, déclarant son forfait, elle s'abandonna à la contemplation, parcourant son bras encré de sporadiques symboles, traçant le contour de ses muscles saillants, minaudant quelques mots suaves et provocants.

Cet indicible hère s'était emparé d'elle. Elle serait à lui. Le temps d'une vie. Le temps d'une nuit.


PSYCHOLOGIE

Il la fascinait. Autant qu'il l'effrayait. L'âme noire du tourmenteur captivait sa raison, l'entraînant inlassablement auprès de lui, comme un carrousel infini. Le cercle vicieux des vicissitudes d'une vie passée à cultiver l'art du verbe. Elle caressait le cuir de sa peau, songeant aux chimères de son passé, à tout ce qu'il lui avait murmuré. La litanie de ses mensonges heurtait son esprit, mais comme un aveugle refusant sa cécité, elle préférait se rassurer. Combien de femmes... Dix, cent ? Combien d'hommes... Compter était une futilité. Combien avaient succombé à ses palabres fallacieux, pour l'observer, alors endormi, et dériver une sempiternelle fois dans leurs pensées torturées? Cet ineffable mystère empreint d'une insatiable perversité concupiscente, le doux prince aux mille secrets insondables. Il lui avait à peine adressé la parole, se contentant d'écouter le récit morne de son existence insipide, hochant sporadiquement la tête pour démontrer son intérêt. Quelques compliments bien sentis et déjà elle était éprise. Une danse. Une caresse. Un baiser au creux de son cou. La belle avait mordu à l'hameçon de la bête, le suivant dans son antre, se laissant happer par ses mots. S'était-elle faite manipulée ? Était-elle sotte au point de croire chacune de ses phrases ? Elle qui plongeait jusqu'alors dans une douce ataraxie, elle s'éveillait au bal des naïfs. Les mires du noble s'ouvrirent au monde, toisant derechef la distraction qui l'observait dans la nuit. Ses lèvres s'étaient esquissées, d'un sardonique sourire.

Et il laissa là sa soumise. Seule. Avec son désespoir et la lueur sépulcrale de celle qui se faisait abandonner par un amour inassouvi. Elle pressait les draps immaculés contre sa poitrine, déversant les flots de sa mièvrerie, en les entachant de perles salées et aigries. Elle s'était fourvoyée. Il ne pensait qu'à lui. Pour une nuit. Pour la vie.


HISTOIRE

« Tu es si naïve. » Chaque syllabe s’était décollée en milliers de pointes douloureuses au sein de sa poitrine. Cambrée sur le divan, elle l’observait, béate, ses lèvres pulpeuses entrouvertes en arborant le masque de sa stupeur. Dénudé, mais auréolé de sa prestance, l’hère arpentait la pièce en se désintéressant passablement d’elle. Ses palabres résonnaient en écho chimériques dans les méandres de son esprit. Ses incisives agrippèrent la chair de ses lippes, agressant leur écrin cinabre pour en faire jaillir quelques gouttes carmines. Elle, l’objet de ses fantasmes désormais assouvis, n’était plus qu’une carcasse déjà conquise qu’il ne désirait plus. Ses appétences étaient mortes au moment où il avait achevé son office. Dés l’instant où elle ne fut plus qu’une gêne dans sa couche.

Le fallacieux esthète se déroba au regard de la muse du passé, revêtant ses apparats pour quitter ce lieu qui le répugnait.

« Tu t’es de nouveau joint à tous ces traîne-misère ? » La tessiture inflexible de son aînée lui revenait de la pièce voisine. Il avait finalement retrouvé le chemin de la demeure familiale et arpentait ses couloirs pour rejoindre l’inflexion féminine qui l’avait apostrophé. « Je ne fais que me divertir. » Les lippes de sa sœur s’érigèrent doucement en un simulacre de sourire. Elle le connaissait si bien. « Quel était le nom de ta distraction ? Mère serait ravie d’apprendre que tu es au service du peuple. » Exhalant un soupir, Adam prit place près de la demoiselle allongée, posant ses jambes sur ses genoux. « J’y songerais. Ça l’inciterait peut être à sortir de sa chambre et à s’extirper de son mutisme. » Quelques notes cristallines échappèrent des lèvres de la jeune femme, qui rejeta en arrière ses longs filins flavescents. Elle se releva légèrement et enserra l’adonis de ses longs bras. « Il veut te voir. » ; « Moi qui pensais aller dormir, après cette longue nuit. Réchauffe ma place, ça prend toujours du temps avec ce type. » ; « C’est ton père Adam. » Le susnommé happa le faciès de sa sœur, y déposant un léger baiser, les lèvres passablement amusées. « Et alors ? » Puis il s’évada dans les limbes de l’habitat.

♦️

« Les gens te connaissent Adam. Ton nom, ton visage, et par extension ils me connaissent aussi. » Le timbre était froid, empreint d’une menace voilée tout juste perceptible. « Tu es un Andrivon, pas un de ces roturiers qui a glané le nom de Spectre en nous rejoignant par crainte. Tu es né comme descendant fondateur, j’escompte plus de considération de ta part vis-à-vis de cette condition. » Les prunelles céruléennes du géniteur vrillèrent leur miroir, qui les défiait sans ciller, ni laisser paraître la moindre émotion. « Tu te ballades sans ton masque, tu couches avec la classe inférieure et tu as l’audace de mépriser autant ces derniers que tes congénères. A quoi joues-tu ? Les familles nobles ne supportent pas ton comportement, et tu traites avec déférence les gens d’en bas. » Le patriarche marqua une pause, toisant son héritier qui ne bronchait pas. Le petit prince si gâté se moquait éperdument de chaque mot qu’il pouvait bien lui invectiver. « Mais, étrangement, personne ne s’accorde avec le choix que je fais aujourd’hui. A croire que, malgré leur féroce mépris pour toi, ils t’estiment malgré tout. Alors, si tu es si doué pour manipuler à ta guise tes congénères, va offrir tes talents à Spectre. Puisque t’envoyer en l’air, mentir et soudoyer sont tes domaines de prédilection, je t’ai offert au groupe. » Pour la première fois, Adam se troubla. Blême, les mâchoires serrées sous la surprise de cette félonie paternelle, il se permit sa première stance. « Vous plaisantez ? » ; « Aucunement. Tu quittes la demeure dés à présent, pour rejoindre l’alcôve. Ça ne te changera pas tant que ça après tout. Tu as l’habitude de côtoyer ce petit monde. Je te retire tes privilèges de noble. Tu ne saliras plus mon nom de ton manque à l’étiquette. Va rejoindre la fraternité des miséreux. Je t’ai assez vu. » Tournant le dos à son héritier déchu, la figure d’autorité s’évapora dans les ombres, laissant pantois cet adonis désavoué.

Douce ironie que celle de la trahison. Douce attente que celle de la vengeance en devenir. Aujourd’hui le monde lui arrache sa maison, aujourd’hui il trace son avenir. Comptant les heures avant d’agir. Convoitant l’instant d’en finir. Tantôt ténèbres. Tantôt funèbre. L’écho d’une vendetta. Spectre.


HRP

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Adam
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Message(#) Sujet: ♦ Adam Andrivon ♦ Compagnons ♦ Lun 17 Oct - 12:45

♦️ COMPAGNONS ♦️


IDENTITE

♦️ Nom: Lussy.
♦️ Prénom: Cannelle.
♦️ Sexe:
♦️ Age: 19 ans.

♦️ Niveau: I
♦️ Affiliation: Spectre.

ATTRIBUTS

♦️ Force: 8
♦️ Agilité: 12
♦️ Constitution: 2
♦️ Perception: 10

COMPETENCES

♦️ Arts Martiaux - ⚫️⚫️⚪️⚪️⚪️
♦️ Herboristerie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Médecine - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Charisme - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Marchandage - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Survie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️

♦️ Armes Blanches - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Le Mirage - ⚫️⚫️⚫️⚪️⚪️

| + |

ↂ Carnet de Cannelle ↂ

Armes

♦️ Épée droite.
♦️ Stylet de manche.

Equipements

♦️ Rien.

Autres

♦️ Rien.

PHYSIONOMIE

Héritière de la noble famille Lussy, Cannelle a bénéficié des traits délicats de ses aînés. Un faciès fin et élégamment tracé, une bouche carmine savamment dessinée, la muse n'a rien à envier aux autres femmes. De longs filins cinabres auréolent ce visage harmonieux, se mariant à la teinte pâle et sulfureuse de ses prunelles rubis. Si sa couleur de prédilection demeure le rouge, la douce affectionne particulièrement la dentelle noire, dans l'intimité. Elle dispose d'un goût certain pour les assortiments et la couture, dû à son ascendance. Un tatouage de rose accroche sa peau au niveau de la hanche gauche, tandis qu'une mince estafilade cicatrisée parcourt l'une de ses épaules, souvenir d'un échec cuisant lors de ses entraînements. Gracile et mince, Cannelle ne peut hélas pas se vanter d'être plantureuse. Néanmoins, sa poitrine menue est un atout, lui évitant des désagréments lorsqu'elle se meut tel un chat. Elle apprécie les apparats près du corps, mettant ses maigres formes en valeur.

PSYCHOLOGIE

Froide créature aux nobles préceptes, Cannelle n'a pas son pareil pour remettre les hères de ce monde à leur juste place. Peu amène aux discours grandiloquents, elle préfère les réparties incisives et la lointaine observation. La jeune femme est discrète, légèrement timide, malgré son apparence sulfureuse. Elle se révèle bien plus douce et accessible dans l'intimité, tranchant avec l'austère image que sa noblesse renvoie. La muse est aussi une hautaine capricieuse, insatisfaite lorsque ses contemporains ne suivent pas son mode de pensée. Elle n'affectionne cependant que très peu les contacts humains. Rares sont les privilégiés pouvant arpenter sa peau, de leurs doigts.

HISTOIRE

Cannelle est une de ces jeunes filles à qui tout réussi. Ces beautés sculpturales qui traversent les épreuves de la vie sans embûche, disposant d’une notoriété relative et déclenchant une certaine fascination chez les pairs de leur âge. Naître au sein de la noblesse élitiste de Spectre possède bien des avantages. Appartenir à la famille des Lussy, en confère bien plus encore. Très jeune, elle fut remarquée pour son apparence si marquante et ses habilités à se mêler à tous les milieux avec une indicible aisance. Cannelle suit la vocation familiale, désirant rejoindre l’unité d’espionnage pour mettre à profit ses talents d’ombre et ses facilités relationnelles. Malgré tout, la muse a des difficultés sur le délicat sujet des rapports charnels, refusant jusqu’alors tout contact avec les hommes, ses uniques relations sont composées de femmes. Une lacune pouvant lui être préjudiciable pour son avenir hiérarchique au sein de Spectre. Née dans une famille presque essentiellement féminine, elle a eu la chance de vivre au sein des Lussy, réputés non seulement pour la beauté de ses membres, mais aussi pour leur goût des arts et leur empathie envers leurs contemporains. Cannelle est donc loin du stéréotype de l’enfant mesquin et prétentieux, que l’on peut voir chez les autres dynasties nobles. C’est une jeune femme talentueuse, qui prête attention à ses relations et qui s’affirme au quotidien, dans ses positions et ses appétences.

Elle connait Adam, les nobles se côtoyant tous lors des soirées mondaines. Selon certaines sources, ils pourraient partager le même père, mais l’information n’a jamais été vérifiée. Si elle l’apprécie de manière tout à fait relative, il a tendance à l’insupporter lorsqu’il se comporte de manière méprisable.




IDENTITE

♦️ Nom: Miller.
♦️ Prénom: Siham.
♦️ Sexe:
♦️ Age: 32 ans.

♦️ Niveau: I - Exp. 254
♦️ Affiliation: Tadryon.

ATTRIBUTS

♦️ Force: 8
♦️ Agilité: 5
♦️ Constitution: 4
♦️ Perception: 8

COMPETENCES

♦️ Arts Martiaux - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Herboristerie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Médecine - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Charisme - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Marchandage - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️
♦️ Survie - ⚪️⚪️⚪️⚪️⚪️

♦️ Armes Laser - ⚫️⚫️⚫️⚪️⚪️
♦️ Exosquelette - ⚫️⚫️⚪️⚪️⚪️

| + |

Armes

♦️ E-3 Wendigo.
♦️ P-2 Nixe.

Equipements

♦️ Rien.

Autres

♦️ Un coupon de réduction de 50% chez le Marchand (utilisable une seule fois et sur un unique article)

PHYSIONOMIE

Ses doigts parcoururent la mâchoire ciselée de sa moitié, traçant une ligne droite jusqu’à son menton glabre et diaphane. Elle rejeta une mèche de jais, dans la chevelure indomptable de l’homme, qui ouvrit un œil mordoré sous les assauts caressants de son aimée. Ses traits, empreints d’une indicible morosité, brouillaient la douceur de son visage, chassant les traces d’une beauté qu’il avait depuis longtemps refoulée. Ne subsistait que la mine triste et morne d’un adulte blessé. Sans un mot, il s’était levé, sans même un regard pour sa compagne. Dure réalité que celle d’un être délaissé.

PSYCHOLOGIE

« J’aimerais que nous abordions le cas de Siham Miller, si vous le voulez bien. » ; « Vous n’avez pas lu son dossier ? » Le quidam jeta la tête de gauche à droite, en signe de dénégation. D’un geste, il exhuma une cigarette de sa poche et l’alluma derechef, exhalant un nuage de fumée opaque au travers de ses lèvres. « Ce n’est qu’un homme blessé, qui lèche ses plaies comme une bête, en priant pour que la douleur s’estompe. Il a été mis à pied, suite à l’événement survenu avec sa compagne. » L’inquisiteur lui fit signe de poursuivre, braquant toute son attention sur le scientifique. « Il souffre de dépression post-traumatique, un schéma plutôt classique dans ce genre de cas. Il a cependant développé une paranoïa handicapante, qui a mené à ce choix drastique de le renvoyer à l’académie. Il se sent persécuté, persuadé que la ville ne le comprend pas. » Il marqua une pause, humectant ses lippes desséchées d’un breuvage à l’odeur insidieuse. « J’ai reçu sa femme à de multiples reprises également. Il semble s’être totalement détaché de leur union, la jugeant responsable de ce qui s’est produit et du fait qu’elle ait déjà fait son deuil. » ; « Son deuil ? » Le scientifique arqua un sourcil de surprise, se laissant choir dans son fauteuil, l’air grave. « Leur fille est morte. Elle avait à peine sept ans. »

HISTOIRE

L’habitude est une maîtresse capricieuse, éreintante de banalité, instigatrice d’un mal-être avilissant chez les plus sensibles à ses avances. Il s’éveillait de nouveau, au cœur de la nuit, bercé malgré lui par les battements erratiques de sa poitrine tirée d’un mauvais songe. Sa peau luit d’une pellicule enfiévrée, témoin de rêves éthérés. La respiration haletante, il chasse les draps de ses jambes, s’évadant de ce lit qu’il érige en prison. Ses phalanges trouvent la poignée de la fenêtre, laissant s’engouffrer un mistral rafraichissant et salvateur. Ses prunelles détaillent la nitescence de l’astre lunaire, dont la forme concentrique l’absorbe un long moment. L’homme prend place sur le rebord de son monde, plaçant un cylindre empli de tabac entre ses lippes encore tremblantes. Une flamme éclaire un univers paré de bleu et d’argent, dévoilant le faciès interdit de l’esthète maudit. Une chape de fumée, quelques braises désordonnées et un soupir long et las accueillent les premiers mots du quidam jadis endormi. « Je ne t’oublie pas… » Les palabres sonnent comme une plainte déstructurée, où chaque voyelle est plus douloureuse à prononcer que sa jumelle. Son poing s’écrase sur le mur immaculé, chassant de sa torpeur sa belle assoupie. « Siham ? Qu’est-ce que tu… » ; « Rendors-toi. » Son timbre brisé n’aurait su duper la muse étendue, qui se délivra du carcan de sa couverture, pour rejoindre son amant attristé. Ses bras encerclent le torse marmoréen du conscrit, qui la chasse d’un geste de mépris. « Dors, je t’en prie. » Comme giflée, la douce recule, retenant la diatribe acerbe qui brûle ses lèvres amères. Une perle traça un sillon sur sa peau de porcelaine, laissant derrière elle toute la rancœur qu’elle vouait à cet être qui la rejetait. « Pourquoi ? Pourquoi tu me traites comme une étrangère ? Comme si tu me détestais ? Pourquoi es-tu comme ça à longueur de journée ? » ; « Elle me manque. » Les mots s’étaient posés dans un murmure, comme une caresse brûlante et mélancolique, comme une litanie déchirante.

Elle l’observa longuement, étourdie par le flux de pensées qui tambourinait dans son esprit. Puis, elle déversa son fiel, comme on vide un verre depuis longtemps trop rempli. « Ta vie d’avant ? Ton groupe de fanatique ? Tes virées loin de la ville à prêcher ta bonne parole ? Tes semaines loin d’ici, loin ta fille et de moi ? C’est ça qui te manque ? Ton égoïsme, ton ignorance ou ton absence ? » Ses vociférations avaient pris une ampleur insoupçonnée, gravissant les octaves comme les barreaux d’une échelle, elle hurlait à présent, les yeux embuaient de larmes. « Effy… » ; « Non ! Fais ton deuil Siham, elle nous a quittés depuis trois ans maintenant. Lily ne reviendra pas. » ; « Ça parait si simple pour toi, pour tout le monde. Tu souris, tu vis. Comment peux-tu ? » Elle s’approcha de lui et ses phalanges s’écrasèrent dans un bruit mât sur sa joue blafarde. Aussitôt, la main de son jugement caressa sa mâchoire endolorie. Elle avait plongé ses prunelles dans les siennes, collant son front au sien. « Mon amour, crois-tu qu’elle aurait voulu que tu vives dans des souvenirs ? Il n’est jamais bon de ressasser le passé. » Une plainte déchira le silence de l’instant. Il avait abaissé ses défenses, s’écroulant en sanglots incontrôlables. Son monde était souffrance. « Tu lui avais promis de ne pas céder aux sirènes du chagrin. Reprends-toi. Ou tu perdras tout ce qui a un jour comptait à tes yeux. » Ses lèvres recueillirent celles, embrasées et humides, de son amant, avant qu’elle ne se détourne et reprenne place au creux de sa couche. Siham resta là, un bon moment. Ses doigts refermés sur une cigarette depuis longtemps éteinte, les prunelles douloureuses et le cœur en émoi. Vivre paraissait  impossible lorsqu’autour de vous, l’univers s’écroulait.




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♦ Adam Andrivon ♦
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