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 Le sursis des Survivants | Évent - Partie I

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Lun 4 Juin - 18:11




Les Annonciateurs


La sécheresse avait emporté avec elle la vie qui peuplait les plaines et les montagnes. Elle avait fait fondre la neige, fuir le plus petit des insectes, mourir les poissons qui se tortillaient encore dans les quelques flaques d’eau boueuse. Elle avait tarie les rivières à en tuer ses algues, reculer les Océans à en montrer ses carcasses de métal rouillé, souvenir d’une ancienne civilisation aujourd’hui révolue, mais surtout, elle avait révélé aux yeux du monde des souterrains qui firent déferler sur ces terres un torrent de catastrophes. Depuis quelque temps, des Hommes en armures déferlaient silencieusement en Dysnomie. Une civilisation qui détruisait ceux qui leur résistaient, épargnaient ceux qu’ils considéraient dignes de vivre et volait la technologie Tadryenne aux milices ou aux solitaires qui s’aventurait trop loin de leur logis. Nul pourparler n’avait été établi, aucune communication, rien que des cadavres et des témoins de leurs massacres. Beaucoup témoignaient de leur armure de métal, semblable à celle de Tadryon, mais tellement différente dans leur fonctionnalité. Leur arme était collée à leur poignet et sinon, inutilisable par les autres. Il semblait impossible pour un Tadryen de les faire fonctionner, impossible pour un Fils d’Ohibaan de se suicider en appuyant sur la gâchette, lorsque fait prisonnier. Ils avaient également une tout autre source d’énergie, celle-ci était mauve et semblait beaucoup plus concentrée que les pierres bleues. Tout venez des industries Tadryenne, mais modifier par la suite, rendant la nouvelle civilisation totalement singulière et dangereuse.

Les civilisations avaient d’abord pensé à une évolution de Tadryon, mais elles se trompaient. Tadryon fut le premier à connaître leur existence, ou peut-être Spectre le devança par un quelconque autre peuple… Dans tous les cas, les Tadryens furent les premiers attaqués, et pour cause, leur technologie était source de convoitise pour bon nombre de peuples. La Ville Azurée riposta autant qu’elle put, mais plus les intrus volaient leurs marchandises, plus ils devenaient puissants, améliorant chaque jour un peu plus leur technologie. Bientôt, ils se firent appeler : les Annonciateurs et si personne ne savait ce qu’ils avaient à nous dire,  certains décidèrent d’aller directement leur demander en employant la seule chose qu’ils semblaient comprendre : la force.

Le grésillement des communications fit ramper un mollusque jusque dans l’eau salée. La nuit était sèche et chaude, ne laissant aucun répit aux habitants de l’île. Les lumières des Tadyens montrèrent un immense tunnel rongé par les flots et s’enfonçant dans l’océan. Ils étaient tous en joue, prêt à tirer au besoin. Les Fils d’Ohibaan n’étaient pas très loin eux non plus, suivant les faisceaux de lumière, cachés dans l’obscurité et étouffant leur pas. Marasa pensait qu’il était préférable de ne pas se montrer pour l’instant, mais elle n’était pas dupe non plus : à un moment donné, il faudra se battre au côté de ceux qui les avaient mis à mort avant que les Annonciateurs ne décident de les viser eux aussi.

Les murs étaient emplis de rouille ocre, la poussière s’envolant à la moindre brise. Le sol était encore mouillé de l’eau salée qui s’infiltrait par les trous plus ou moins béants de la carcasse de fer. Ce qui était le plus étrange était qu’au sol se trouvaient des rails d’un temps oublié, et pourtant, on pouvait percevoir des traces d’usure toute fraiche, comme si elles avaient récemment été utilisées. Plus l’équipe avançait, suivit des Fils d’Ohibaan, plus la structure semblait raisonner, jusqu’à ce qu’elle se divise en plusieurs tuyaux. Ils prirent celui de gauche, avant qu’un bruit de métal se tordant se fasse entendre. L’avancée se stoppa lorsqu’une Fille d’Ohibaan leur intima de ne plus bouger, au risque de tous les tuer. Les armes se tournèrent toutes vers elle, mais le simple fait de se retourner brusquement fit crouler le sol sous leur pied.  


Déroulement

Vous faîtes partie du groupe choisis pour entrer en contact avec les Annonciateurs.
Les Tadryens sont plus nombreux, puisque leur objectif est d'anéantir les Annonciateurs, les Fils d'Ohibaan ont choisis d'entrer en contact avec eux donc sont relativement peu.

Peut importe que vous vous soyez évanouie suite à la chute, que vous vous soyez accroché quelques par ou êtes tombée sur un morceau de métal autre que le sol où beaucoup sont, vous avez forcément vécu l'effondrement et ne pouvez plus remonter. Vous devez soit former une alliance avec les Verts - en prenant en compte qu'au précédent Évent', les bleus doutent sur leur croyance sur les mutants, puisque les Fils d'Ohibaan n'ont, pour la plupart, pas hésités à les sauver de la noyade lors du tsunami - soit déclencher une énième guerre. Dans tout les cas, vous devez trouver une sortie et survivre à ce qui vous attend ici.

Les lieux: vous êtes toujours dans une sorte de souterrains sous les flots, actuellement vous êtes tombés dans un hangar où se trouve une multitude de trains. En prenant les tunnels, vous pouvez trouver des salles englouties, des fuites d'eau, mais surtout, vous trouverez d'ancien train anéantis par le temps. Il y a autours de vous de multiple tunnel et toujours ces rails.

/!\ Pour le moment, vous ne pouvez trouver que de rares Annonciateurs. pas de mini ville, pas d'habitant vivant les tunnels autre qu'eux. Vous vous devez de les tuer ou de les empêcher d'atteindre le reste du groupe, sinon l'alerte sera donné.


Règles du jeu
 
♦️ Vous postez directement dans le sujet du RP, en vous servant du post introductif comme base d'intrigue. Un RP Multijoueurs, c'est comme un RP normal, sauf que vous êtes plus nombreux.
♦️ En découle donc la règle importante : vous jouez tous ensemble, personne ne doit être ignoré, vous ne vous séparez pas aux quatre coins du RP pour faire votre vie en solo ou avec votre partenaire favori. Vous devez lire les posts des autres pour éviter les incohérences.
♦️ Comme pour une mission, vos posts doivent faire 550 mots minimum, et un maximum 1050 mots. La limite maximum est mise en place pour que vos posts aillent à l'essentiel, avec autant de participants ça peut aller très vite, et c'est également pour permettre une lecture plus fluide de vos posts, autant pour les autres joueurs que pour nous. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, mettre un petit résumé en fin de post.
♦️ Il n'y a pas de limite de posts, cependant vous devez laisser d'autres joueurs répondre avant de poster à nouveau. Vous pouvez vous organiser entre vous via le Discord de faction ou les MPs. S'il y a un certain blocage, nous pouvons relancer avec un post admin.
♦️ A ce propos, nous vous laissons totalement libre de diriger le RP, n'attendez pas un post admin pour poster à nouveau, vous vous basez sur les posts des autres joueurs pour continuer l'intrigue. Bien évidemment, nous pourrons entamer un post admin pour apporter de nouveaux éléments (changement climatique, intervention de PNJs...) s'il y a besoin.
♦️ Les blessures de guerres comptes dans ce rp, ainsi que les conséquences entre ennemis/alliances. Tout vos choix seront prit en compte.

Note pour les gains : nous ne serons pas regardants sur la quantité. Ce n'est pas parce que vous aviez posté le plus de fois au RP que vous aurez des gains plus conséquents. L'implication est importante bien sûr, mais c'est surtout la pertinence de vos posts qui sera le facteur déterminant.  


Gains

♦️ 250 pierres bleues si vous postez minimum une fois ♦️
D'autres gains vous seront alloués à la fin du RP selon la pertinence de vos posts et votre implication.


La phrase de fin

N'oubliez pas, vous êtes libre de tout, mais tout choix comportes des risques

Dead line: 04/07/2018





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Caïn
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Mar 5 Juin - 13:32

Inventaire
Une faux ♦️ Un stylet de manche
Un masque d'os style Ohibaan ♦️ Des rations


Un éternel jeu de reconquête sociale. Voilà ce que voulait dire la guerre comme nous la connaissions aujourd'hui. Chaque jour des personnes inflitrées plus ou moins discrètement dans l'un ou l'autre des camps s'arrangeaient pour que les gens croient en eux, en fait tout était question de confiance et de subtilité. Les armes ne servaient à rien. Ce n'est pas vrai. Elles faisaient plaisir à celleux qui n'avaient pas vraiment envie de prendre le problème de la guerre à bras le corps, en fait elles étaient utiles comme outil de distraction des peuples. Lorsque je parle des armes, je parle de celles qui tuent sans avoir eu la possibilité de se saluer, de se jauger ou de se battre différemment. Il suffirait d'une petite lame entre les mains d'une poignée de personne par camp pour que la guerre soit à son plus efficace, et tout le monde vivait bien. C'était pour ça que j'étais là. Même si ce que je portais ne disait pas forcément la même chose que ce que j'étais en train d'articuler comme pensée.

J'étais arrivé là sur ordre de Spectre, car j'étais fait pour être ordonné par le groupe qui allait nous sauver. Un être armé au service de sa justice. Je n'avais pas d'ordre plus précis, je pouvais tuer, attiser les guerres entre les groupes, tenter des les éteindre, prendre des informations sur eux, rien ne m'était imposé si ce n'était de ramener quelques nouvelles pistes à propos de qui étaient les Annonciateurs.

Je ne m'étais pas attendu à la chute, je m'étais éraflé une partie de l'épaule, peut-être une de mes seules parties du corps qui n'était pas couverte de tissu et j'étais arrivé au sol sonné, heureusement amorti par quelqu'un sur qui j'étais tombé. Je n'avais pas encore la présence d'esprit de m'excuser, je me relevai en titubant, réajustant mon masque d'os qui pouvait me faire ressembler à un fils d'Ohibaan et vérifiant si mon stylet était toujours contre mon poignet, sous ma combinaison de mission serrée qui me donnait une apparence spectrale vu la maigreur que je présentais. Je regardai la personne qui avait amortie ma chute, elle ne semblait pas trop mal en point, plus résistante que moi apparemment. Je ne lui souris pas sous le masque, car elle n'avait que faire d'un sourire invisible, mais je pris les inflexions de voix de quelqu'un qui est chaleureux et maladroit.

- Oh, je suis vraiment désolé... Ça va ?


Je lui tendis ma main ? Si tout se passait bien mon premier allié était dans ma poche. Je regardai autour de moi, toujours la main dirigée vers la personne que je venais d'écraser. Des trains semblaient pouvoir nous emmener jusqu'au plus profond de la carte de nos terres, ce n'était évidemment pas rassurant, il y aurait évidemment des morts, je devais évidemment ne pas en faire partie. Le jeu commençait maintenant.

Je pris le temps de contempler autour de moi les gens qui se relevaient plus ou moins adroitement de leurs chutes. Des groupes semblaient déjà avoir été établis, mais la majorité des gens hésitaient. Je n'étais pas très inspirant comme garçon, mais peut-être était-ce de bon ton de dire quelque chose de fédérateur. Je pris la parole, assez fort pour que les gens remarquent que je ne parlais ni à la personne à qui j'avais proposé mon aide, ni tout seul, mais assez faiblement pour que je ne ressemble à un tribun martyr sur l'agora de la fraternité et de la sororité.

- Je crois que nous sommes toustes là pour les mêmes raisons... Je ne ferai pas de discours clichés sur ce qui nous rassemble ou nous éloigne, mais je n'en pense pas moins. Bonne chance...


C'était sobre. Je ne pensais pas que plus était nécessaire et je n'avais pas forcément plus à donner. Il fallait choisir un tunnel.

- Vous venez avec moi ? adressais-je à la personne qui m'avait peut-être un peu sauvé une partie de la vie.



660 mots
Je suis tombé, j'ai été amorti par quelqu'un à qui j'ai proposé mon aide et j'ai fait une ébauche de discours :)



Merci Adam pour le kit !
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Judas
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Ven 8 Juin - 12:36

Inventaire
Armes | Poignard de côté


Les Tadryens se pressaient en direction de la gueule de fer béante. Tandis qu'il s'enfonçait peu à peu dans cet antre de ténèbres, Judas lança à la dérobée une œillade à la Récupératrice Riley Weaver, et l'espace d'un instant, mima la détermination, tout en lui décochant un sourire confiant. Cette façade fallacieuse n'aurait pu être plus éloignée de la réalité. En vérité, tout son être tremblait d'une crainte double, le moindre pore de son épiderme exhalait une fragrance pusillanime. Celui qu'on appelait le Traître, celui qui, au fond, n'était qu'un couard … Cet homme-là n'avait pas sa place parmi les démystificateurs. Mystificateur parmi les mystificateurs, il était parvenu à jouer de son ancienne position à Varosha pour rejoindre l'expédition. Suite à son rapt par la main de Spectre, les badauds ne s'étaient pas tant pris à jacasser ; après tout, ils n'ignoraient pas son goût pour le nomadisme et les chasses au trésor impromptues. Tant et si bien que, lorsqu'il ressurgit au cœur de la cité fantôme, l'existence des miséreux semblait suivre son cours sans le moindre heurt. Alors que sa propre existence avait été ébranlée par la force d'un cataclysme impérieux, à Varosha, tout était familier, presque réconfortant. L'injonction de Spectre était une épreuve. Tout du moins, une occasion de faire ses preuves. Judas n'avait pas gagné la confiance de ses pairs ; son attitude rétive l'avait de trop nombreuses fois trahi. Ils savaient que l'incartade pouvait advenir à tout instant. L'animal en cage pouvait se sauver à la moindre chute d'attention. Au creux de son sanctuaire, le Monstre bouillonnait, et guettait, lui aussi, l'opportunité salvatrice. Sa conduite imprévisible et hostile avait sans doute constitué une raison suffisante pour dépêcher Judas dans les rangs de Tadryon. Plus qu'une occasion de faire ses preuves, c'était une manière de périr gracieusement.

Spectre avait pensé que sa situation passée lui permettrait de s'insinuer parmi les Tadryens commodément, et force était de constater qu'ils n'avaient pas eu tort. La Récupératrice Weaver, avec laquelle il avait commercé à plusieurs reprises en son temps, s'était fait une joie de mobiliser quelques Varocs pour l'occasion. Au même titre que lui au sein de sa propre faction, ceux-ci cherchaient à prouver leurs aptitudes, afin d'avoir, peut-être, l'insigne honneur de fouler un jour le sol béni de la ville azurée. S'ils n'avaient pas conscience de leur véritable vocation, Judas avait pu décrypter la réalité des faits dans le regard brillant de Weaver. Des sacrifices. De la chair à canon. Ils seraient les premiers dont on se débarrasserait si la situation tournait court. Il n'aurait pas été étonné d'apprendre qu'on avait implanté des explosifs au creux des entrailles de quelques Varocs, à l'instar de certains groupes rebelles. Tous les êtres humains, sans exception, étaient des monstres.

Bercé par les grincements du métal sous ses pieds, Judas fut pris au dépourvu lorsque les Tadryens braquèrent leurs armes sur une femme dont il n'avait pas même remarqué la présence. Il fut d'autant plus pris au dépourvu lorsque le sol se déroba sous leur masse, les abandonnant aux lois de la pesanteur. Il se laissa choir pendant un moment, puis son corps heurta le sol en contrebas, tandis qu'un autre corps, parfaitement inconnu, se réceptionnait sur le sien, faisant résonner une nouvelle fois la surface de métal. Judas, soumis aux affres de son côté endolori, réprima une plainte. L'individu qui avait profité du moelleux de son enveloppe articula des regrets, puis lui tendit une main réconfortante. Pour toute réponse, Judas émit un grognement, ignorant son geste alors qu'il se redressait avec peine. L'individu, méconnaissable, portait un masque qui semblait témoigner de son affiliation aux Fils d'Ohibaan. Le Traître se maudit de n'être pas parvenu à distinguer leur présence plus tôt ; désormais, il en avait pleinement conscience. Autour de lui, Tadryens et Fils d'Ohibaan, singulier agrégat, se jaugeaient en silence. Il sentait la tension grouiller sous sa peau, comme une nuée d'insectes. Un frisson germa au niveau de son échine pour rejoindre sa nuque. Une angoisse s'était frayée un chemin jusqu'à son cœur ; il était impossible que la cacophonie de métal n'ait alerté quelques-uns de leurs ennemis.

Judas prêta l'oreille aux paroles de l'inconnu masqué et acquiesça en silence, se gardant bien de renchérir. S'il souhaitait survivre à cette épreuve, il était convaincu qu'il lui fallait faire profil bas. Dans l'absolu, il n'avait aucunement l'intention d'attiser les flammes de la discorde qui opposaient Tadryens et Fils d'Ohibaan. S'il vouait aux premiers une haine sourde, il n'était pas suffisamment familier des seconds pour leur chercher querelle aussi ouvertement. A terme, en revanche, peut-être cela lui serait-il profitable. Ils avaient, après tout, un puissant ennemi commun.

Ayant emboîté le pas à l'inconnu masqué, le Traître progressait, aux côtés de ses compagnons d'infortune, à travers le dédale. Ils s'étaient extirpés de l'entrepôt, abandonnant les nombreux monstres de fer endormis. Des moyens de locomotion d'un autre temps, qu'il ne reconnaissait pas. L'eau lui parvenait aux genoux, et alors que sa foulée s'enhardissait, il ne put s'empêcher de noter quelque chose. Jusque-là, le groupe s'était hasardé au cœur des tunnels, sans réelle conscience de la direction à prendre. Il interrompit son allure, contempla l'eau consciencieusement, puis y glissa une main pour vérifier son hypothèse. Son œil anthracite trembla légèrement dans son orbite tandis que la réalisation se frayait un chemin jusque son esprit.

« Un flux », souffla-t-il à mi-voix. « L'eau s'écoule quelque part. C'est peut-être notre chance. »

Il leur suffisait de suivre ce flux, et peut-être que … Une volée de sons sourds se réverbéra contre le métal. Son flot de pensée mourut avec sa détermination. Cela n'aurait pu être qu'une insuffisance de la construction. Ou peut-être était-ce un prédateur, tapi dans l'ombre. Quoi qu'il en fût, la menace, en ces lieux, était plus que réelle.


1043 mots


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I'M A PUNK EVERYTIME, GIVE ME A LITTLE ROOM AND I'LL SPIT IN YOUR EYE ♫
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Fran Superbia
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Sam 9 Juin - 0:01

Inventaire:
 

Varosha. Ville bâtie de sang, de larmes et de regrets. Ville bleue de misère, cité azure cendré. Il lui faut y retourner. Sur ordre du Spectre, pour ses prouesses -et son enthousiasme, surtout!- au combat. France se trouve ainsi au milieu d'un groupe hétéroclite, fait d'ennemis d'hier et d'aujourd'hui, d'individus se vouant, par leur éducation, leurs expériences, leurs pertes et leurs victoires, une haine sourde, déraisonnée. Tadryens, Fils d'Ohibaan et quelques rouges épars -celui des cheveux de Caïn n'a jamais été difficile à repérer pour Frannie-, s'allient pour faire face à une menace nouvelle. Nouvelle? Pfeuh. Derrière son regard attentif, sous les joues rosées, parsemées de taches brunes, au fond de son occiput tortueux, France ne voit pas de nouveauté. Elle ne voit que des Hommes, qui, comme tous les animaux, luttent. Pas pour leur survie, non! La survie n'est plus l'enjeu depuis que des murs se dressent au milieu du No Man's Land. Les Hommes luttent pour le pouvoir. Pour en avoir plus. Elle, Caïn, le Spectre, les Tadryens, les Fils d'Ohibaan, les Descendants, les Varocs, Eux. Tous luttent pour imposer leur volonté aux autres, garder jalousement pour eux et leurs alliés les richesses qu'apportent la domination.
Elle les envie, au fond. Pouvoir se battre par conviction, en ces temps torturés, est une bénédiction. France est ici, sur le chemin jusqu'au pouvoir -ou à la destruction-, car elle ne peut vivre que pour cela. Sinon, la vie n'est pas seulement dénuée de sens, mais aussi d'intérêt. L'ennui, l'entropie dans toute sa cruelle splendeur l'emportera, avec les dépouilles et les cendres laissées par les civilisations passées.
Pour donner écho à ses pensées, semble-t-il, le sol croule, s'ouvre, les gobe de sa bouche béante, métallique, déchiquetée. Hébétée, la jeune femme rouvre  les yeux, une cheville enflée, le bras éraflé. Ses armes n'ont, fort heureusement, blessé personne dans sa chute. Avant même que la rouquine ne puisse observer attentivement où elle se trouve, un homme prend la parole. La voix suave et puissante du simulacre se prête très bien au rôle d'un leader qui n'en est pas un. Un guerrier croyant à sa cause, et qui fédère les pauvres hères perdus dans les limbes d'un Monde sans foi. Le sourire amer que Fran affiche en suivant le groupe ne fait pas tourner de têtes. C'est la peur qui lie ce groupe.
L'eau coule, dit une autre voix. Oui, mais vers où? Dans les couloirs humides, entre les cadavres métalliques d'anciennes constructions, les combattants dépassent des monstres mécaniques d'un autre temps. Rouillés, affaissés, mouillés par des lustres d'infiltration. Leurs roues semblent soudées aux rails qui les portent. Les numéros qui les identifient, pourtant gravés profondément dans le métal, sont illisibles.
Coursives inondées et cavernes oubliées s'enchaînent sans sembler vouloir s'arrêter. Au loin, de funestes tambours résonnent dans les tunnels, atteignent bientôt les oreilles, puis le moral, de l'expédition.
Les dents serrées, la main sur sa hallebarde, France guette. Le son semble se perdre dans les tunnels, bondissant d'un mur à l'autre, ne laissant dans son passage que la peur sourde et les vibrations de poutres métalliques dérangées dans leur sommeil éternel. Parce que tout le monde était trop détendu, évidemment. France soupire, élève la voix. Son organe, malgré ses échos cristallins, ne laisse pas de place à la discussion.
"-Suivons le cours de l'eau. Nous déplacer au hasard ne nous mènera nulle part, de toutes façons."

Menant ainsi la marche, quelques mètres derrière Caïn et les récupérateurs qui lui emboitent le pas, la rouquine serre fort le métal argenté de son arme. A intervalles réguliers, le choc sourd, violent, terrifiant, même, dont le son est régurgité par les tunnels, a l'air de se rapprocher.
645 mots environ


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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Dim 17 Juin - 16:47

♦️ Armure : masque d'os - épaulière carapace
♦️ Armes : Lance d'os - Bombe à Impulsion - Bombe pluie acide
♦️ Objets (sac en peau: +2) : décuple sens - obstruction vitreuse - paralysant - l'ouvre boîte - indicateur d'air pur
♦️ Monture : /



Dès que les Zoologistes avaient quitté la forêt luminescente, ils avaient fait en sorte de cacher leurs tatouages étincelants. Les bêtes étaient sorties de leur territoire, répondant présentes à l’appel du danger et à une supposition d’affrontement.  Marasa dirigeait d’une main de fer ses guerriers, mais également ses volontaires qui pouvaient à tout moment mettre son opération en échec. Linäy, responsable des Cilämurans, était également présente. Nous étions peu, mais assez pour impressionner l’ennemi et permettre un pourparler.  Nous étions cependant insuffisants face aux Tadryens qui avançaient, prêts à tirer à la moindre alerte.  

Nous avancions prudemment, mais les petits pas frénétiques des Tadryens en formation firent grincer les larges tuyaux rouillés. Marasa s’empressa d’arrêter le groupe en fermant son poing, tandis que Linäy se mit à crier, tentant de stabiliser les fondations qui étaient prêtes à s’effondrer. Malheureusement, tout plia et un trou béant aspira tout le monde sans distinction.

« Bordel de… » Je secouai ma tête, mon masque s’était brisé en deux sur un pilier fendu. Mon front était égratigné, quelques gouttes de sang perlaient sur mon arcade, mais à part quelques bleus qui apparaitraient plus tard, rien n’avait été brisé. Je me relevai difficilement, les yeux rivés sur une fille d’Ohibaan empalée sur un reste de tuyaux. Je m’empressai de venir constater son état, mais elle glissa un peu plus sur la barre métallique, laissant une traînée rouge sur celle-ci. Une main se posa sur mon épaule, rassurante et m’intimant de me concentrer sur ceux qui avaient survécu. Lansä aidait déjà un Värsha à se relever, pensant son bras qui s’était ouvert sur le métal froid. Après un lourd silence où tout semblait à l’arrêt, un des nôtres prit la parole, s’aventurant sans plus de cérémonie dans les entrailles de la mer.  Je restai subjugué : « Comptent-ils abandonner les blessés ? » lançais-je en me retournant vers Marasa qui me devançait. « Ça m’en a tout l’air. » Lâcha-t-elle en prenant sous l’épaule un des nôtres, l’aidant à suivre le groupe qui les distançait.  Je jetai un coup d’œil à Lansä qui surplombait un Tadryen. En m’approchant, je constatai que l’homme était embroché, mais qu’il devait avoir tenu quelques minutes avant de mourir. Je m’emparai de son casque, le posant sur ma tête. J’avais déjà vu faire Calvin, je pouvais surement copier ses gestes afin de le faire fonctionner. « Ils sont vraiment stupides ces bleus… est-ce à nous de nous occuper de leurs blessés ? » je tapai sur le haut du casque. « Et ce fils d’Ohibaan…  on devrait punir les nôtres lorsqu’ils manquent autant de…. » Je sursautai, faisant disparaître la visière. Adossé à une caisse en bois, un Tadryen se tenait le ventre. Lansä suivit ma direction et nous nous précipitâmes vers lui. Après inspection, Lansä conclut que des côtes s’étaient brisées pendant la chute et que l’armure, pliée par endroit, aggravait cruellement ses blessures. Ainsi, certaines parties furent enlevées, ma lance s’immisçant dans les failles de celle-ci pour en faire sauter le métal, n’appuyant plus sur le ventre de l’homme. « Il faut les rattraper. » Lançais-je pendant que Lansä soutenait le Tadryen afin qu’il puisse se lever. « Pas d’à-coups. » Préconisa-t-il avant que nous pénétrions, à notre tour, les entrailles rouillées de l’endroit.  

« Suivons le cours d’eau, suivons le cours d’eau… » Répétais-je exaspéré. « Mais nous sommes sous la mer ! » lançais-je en chuchotant, regardant Lansä en traînant des pieds. « Il y a de l’eau partout… » Il sourit, amusé par l’enfant capricieux qu’il voyait en moi. « L’eau s’écoule bien quelque part, Nasträlya, un peu de patience. » Je pestai silencieusement, regardant tour à tour les individus qui nous accompagnaient. Je finis par poser l’oreille sur les rebords du tuyau, cherchant aussi la direction de l’eau. À la place, ce fut plusieurs cognements qui résonnèrent. Je sursautai en  saisissant ma lance, puis de maigres paroles se firent entendre. Des appels à l’aide qui ressemblait à des murmures. L’arrière du groupe s’était arrêté, mais l’avant continuait d’avancer. Je me rapprochai tandis que certains stoppaient l’ensemble de la horde. Un petit trou permettait à un enfant d’y glisser son œil, confirmant ainsi que nous n’étions pas l’ennemi qu’il cherchait à fuir. « Aidez-moi ! S’il vous plaît, aidez-moi ! »  Je sortis précipitamment mon ouvre-boîte, faisant jaillir l’acide de mon arme. Je fis un rond, tapant par la suite dessus afin de le faire tomber de l’autre côté, l’acide pur rongeant sans attendre le métal ocre. Un autre fils d’Ohibaan m’aida dans la démarche et nous nous enfonçâmes soudainement à travers, tombant dans un ruisseau d’eau salée qui, au passage, nettoya les rebords de l’acide. L’homme eu juste le temps de rabattre le métal sur nous et l’enfant de se jeter à terre pour se protéger, qu’un petit projectile s’enfonça dans le fer, sans la traverser. « Une balle. » Fis-je en regardant le fils d’Ohibaan. J’étais à peu près certaine des projectiles, ayant été moi-même sous le feu des armes dans le désert. Une seconde passa avant que d’autres projectiles ne nous soient lancés, faisant jaillir des étincelles à chaque impact. Nous serrâmes contre nous l’enfant en question, maintenant le rond en métal qui était prêt à nous glisser des doigts, espérant également que les balles ne traversent pas et que nos phalanges restent bien accrochées à nos mains. Notre survis ne tenait qu’à deux choses : soit ils seraient à court de munitions, auquel cas, nous pourrions tenter de sortir avant qu’ils ne rechargent, soit on nous y aidait, en espérant ne pas prendre une balle ou un coup de laser perdus.


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Résumé:
 
 


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Adam
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Mar 19 Juin - 0:18


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Il les voyait tous. Ces hères indicibles qui se mouvaient avec une élégance presque insolente, ces quidams qui arpentaient les reliquats d’un monde trop longtemps assoupi, dérogeant à la plus fondamentale des règles de Spectre, la discrétion. S’il les voyait, de ses mires océanes, d’autres remarqueraient leur charme indolent, leurs gestes maitrisés et le ton suave de leurs palabres. Adam suivait la masse de cette plèbe hétéroclite, constituée de personnages aussi discrets que fantasques, un groupe où se mêlaient l’indomptable peuple sylvain et les parangons de la technologie, engoncés dans leurs carcans de métal, leurs armes ineffables dressées devant eux comme un étendard sommant le début de la guerre. Le noble s’était vêtu sobrement, tout de sombre, sa chemise légèrement entrouverte, ses manches retroussées, laissant apparaître les arabesques des arts qui parcouraient sa peau. Une lanière de cuir capturait son épaule gauche, protégeant cette dernière d’un empiècement robuste. Dans son dos, deux lames reposaient sur sa clavicule droite, leurs gardes prêtent à être saisies par ses phalanges guerrières. Ezra marchait à ses côtés, sa chevelure cuivrée ramenée en arrière, afin de ne pas gêner ses mouvements. Leur présence ne tenait qu’à l’inflexible volonté de Gabriel, leur sommant de découvrir le fin mot de cette sordide conquête entreprise par les Annonciateurs.

Le monde s’écroula, lorsque le sol se déroba sous leurs pieds. L’impromptue issue de leurs pérégrinations le prit au dépourvu et il tenta vainement de se saisir d’une prise, hélas inexistante. Dans un bruit mat, l’essence rencontra la pierre humide de l’alcôve qui accueillait les rescapés. Lâchant un flot d’insanités, il se releva, constatant les dégâts qui récompensaient sa chute. Une légère estafilade parcourait son avant-bras, ruisselant d’un liquide cinabre, dont il se désintéressa rapidement. Ses prunelles cherchèrent la silhouette familière de sa compagne, lorgnant au passage les survivants de l’incident. Ezra s’était assise, pressant son front balafré qui perlait sur le sol. « C’est rien. J’aurai un souvenir. » Le proscrit lui tendit la main, l’aidant à se relever, avant de porter son attention sur le singulier individu qui avait pris la parole. Les iris de son alter-ego croisèrent les siens. S’il était évident que le médiateur était des leurs, ses mots, aussi justes fussent-ils, n’avaient pas la portée des monarques. Loin de l’allocution d’un habile harangueur, il avait pourtant su motiver la plèbe, jusqu’alors occupée à lécher ses plaies. « Ne t’en mêle pas. Les nôtres te connaissent, pour la plupart. Les nobles passent rarement inaperçus. Ils pourraient trahir notre présence. » ; « Ta foi en nos compagnons d’infortune est diablement exquise. » Cependant, sa stance faisait sens. Adam et sa famille étaient au cœur des intrigues politiques de l’organisation, sa position était connue à bien des égards et certains faciès lui étaient familiers. L’heure n’était pas à l’égotisme dont il savait faire preuve, ni à sa volonté tout aussi narcissique d’être écouté. Rongeant ses appétences, il se mua en servile sujet, suivant le groupe qui avait pris la tête de l’expédition.

Comme un univers qui bascule, un timbre le tira de la torpeur qui s’était emparée de lui. Des octaves qu’il connaissait et un nom qui résonnait au creux de son âme. Ses prunelles détaillèrent alors la muse qu’il avait jadis côtoyée, lors d’un songe au cœur d’Hanaamu. Une rencontre fugace, un échange aussi immuable que la mort. Ses doigts caressèrent machinalement les perles qui enjolivaient son poignet, ravivant les fragments jusqu’alors éteints, de ce moment au sommet de la sylve. Ses lippes tressaillirent, tandis qu’il avançait vers elle, s’apprêtant à lui signifier sa présence. Il n’en eut pas l’occurrence. La scène parut invraisemblable, alors qu’elle déchirait l’acier à coup d’acide, formant une trappe circulaire sur la paroi du tuyau. Des cris erratiques se dégageaient de l’intérieur de la structure et Nasträlya s’engouffra en son sein, suivie d’un autre membre de son peuple. Figé, dans l’attente de la conclusion de cet instant, un bruit virulent déchira l’air. Une balle transcenda le métal, raisonnant en échos diffus dans les lieux. Adam s’élança alors, faisant fis d’être reconnu par ses semblables, Ezra près de lui, et traversa l’ouverture conçue par la sylvaine.

L’endroit était exigu, baignant dans une atmosphère pesante, où la lumière se faisait aussi rare que la chaleur. Le noble remarqua le chérubin, paniqué et prostré qui tenait fermement la main de Nasträlya et de son compagnon d’infortune. « Sauvez-vous. On s’occupe de les retenir. » L’eau leur arrivait aux genoux, handicapant leurs mouvements. L’essence était cependant aussi agile qu’un félin et ce sépulcral décor était bien loin de l’effrayer. Son regard croisa celui d’Ezra, qui hocha la tête derechef. Sans attendre d’approbation de la part de leurs protégés, les deux indicibles virtuoses s’élancèrent avec fébrilité. Dévoilant une danse funeste, se cambrant avec souplesse pour laisser à leurs opposants le moins de surfaces vulnérables, ils rejoignirent les embusqués, au fil de leurs enjambées. Deux quidams qui pointaient désormais leurs armes devant eux, visant conjointement Ezra, qui se laissa tomber dans les flots, afin d’échapper à leur courroux. Adam s’empara aussitôt de ses lames jumelles, sautant sur le premier assaillant en le percutant du plat de son pied. Dans un fracas métallique, l’individu s’effondra, lâchant un grognement interloqué. Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait confronté à pareils adversaires. Il avait eu tout le loisir d’étudier les faiblesses de leurs carcasses d’acier. Une pointe de jais s’engouffra dans la pliure du cou du soldat encore debout, mais ne trouva pas son point de rupture. Les fallacieux opposants avaient modifié les armures tadryennes, se les appropriant entièrement. Le poignet levé, le bourreau tenta de rendre sa sentence, mais Adam plongea sur le côté. D’un geste désespéré, il s’arma de son couteau et le planta avec virulence dans la jambe du fantassin. Une plainte gutturale déchira la tension du moment, confirmant que l’objet avait atteint sa cible. Abandonnant tout espoir de triompher des Annonciateurs, le Spectre se releva, courant vers Ezra pour l’aider à se relever et rebroussant chemin dans un élan motivé par une volonté viscérale de survivre à ce coup d’éclat. « On ne peut rien contre leurs carapaces. » S’ils avaient immobilisé, de manière éphémère, leurs opposants, ils ne doutaient pas qu’ils se lanceraient bientôt à leur poursuite. Ils regagnèrent alors la trappe, rejoignant la plèbe qu’ils avaient quittée plus tôt. « Ils arrivent. »

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Judas
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Mar 19 Juin - 20:52


Un son sourd vrilla les tympans du Traître, qui ne parvint à contenir le sursaut de son corps. Autour de lui, ses comparses Varocs s'étaient mécaniquement tournés vers l'origine de la détonation, une inquiétude ostensible flottant sur leurs faciès. La Récupératrice Weaver, qui cultivait de coutume un flegme à toute épreuve, semblait elle-même en proie à la plus fourmillante agitation. Ses dents effleurèrent sa lippe, tandis que ses doigts effilés se pressaient contre la crosse de son arme. Judas croisa son regard ; son cœur sauta un battement. Cette concertation mentale le conduisit à rebrousser chemin, comme à la poursuite d'un songe pernicieux. Une nouvelle salve de tirs résonna au sein du boyau de métal et se répercuta dans les tréfonds de ses entrailles. Sa foulée gagna en ardeur. Ses membres se déployèrent, fendant la surface aqueuse comme des lames fendraient la chair. Lorsqu'il parvint à la source de l'offensive inopinée, son œil valide identifia deux Fils d'Ohibaan, pressant contre leurs flancs athlétiques un autre corps, frêle, infinitésimal. Étrange familiarité d'un enfant dans cet antre mortifère. Une grimace tordit les traits de son visage lorsque son regard se posa sur la trappe de fortune, de laquelle lui parvenaient les lointains chants de la joute. L'éventualité que les prédateurs tant redoutés pussent se terrer dans l'opacité de ces insondables ténèbres faisait frémir la moindre parcelle de son être. Alors qu'il ébauchait, à travers l'espace, un geste en direction de l'abîme, deux obscures silhouettes en émergèrent, toutes lames dehors. Les ennemis étaient proches, bien trop proches. La sueur perla sur le front du Traître. Son regard se mouvait erratiquement, guettant une faille dans la structure. Il leur fallait un moyen d'endiguer le mascaret qui s'apprêtait à déferler sur eux, inexorablement. En posant le pied sur le territoire des Annonciateurs, il avait espéré en son for intérieur pouvoir comprendre leurs aspirations. Or, un macchabée n'aurait guère le loisir d'explorer ces contrées perdues. La peur qui l'enserrait comme un étau revêtait finalement toute sa charnalité. A la naissance de sa nuque, les serres aiguisées effleuraient la surface de son épiderme. Le souffle assassin s'insinuait en lui comme une toxine, sclérosant le moindre de ses membres. Il était primordial de dompter cette crainte impérieuse, de l'assujettir à son inaltérable volonté. Après tout, qu'était la crainte, sinon le nerf de la survie ?

Judas scrutait plus avant la surface du dédale de fer. Certains pans lui semblaient plus fragiles que d'autres, tant et si bien qu'il pouvait percevoir un léger grincement à mesure que l'eau, au-dessus d'eux, se frayait un chemin à travers le tunnel. Il lui était mal aisé de déterminer l'agencement de la construction, mais son instinct lui soufflait que le dédale s'étendait autour d'eux de façon labyrinthique. Le fait que la trappe n'ait pas ouvert une porte sur l'immensité de l'océan le conforta quelque peu dans cette idée. S'armant d'un débris qu'il récolta sous le volume d'eau salée, il le lança sur la jointure du tunnel pour en éprouver la robustesse. La carcasse de métal produisit un branle qui s'accompagna d'échos rauques. A l'instar de la plateforme qui s'était plus tôt dérobée sous leurs pieds, peut-être était-il possible de provoquer un nouvel éboulement afin de ralentir, si ce n'était d'annihiler leurs ennemis ... Mais il leur fallait agir rapidement. Déjà, provenant du tunnel voisin, Judas distinguait de distants cliquetis. Fatalement, les Annonciateurs se rapprochaient. S'ils parvenaient à les rejoindre, bien qu'ils fussent en nombre restreint, les pertes seraient irrémédiables. Les Varocs seraient sans doute les premiers à tomber. De la chair canon. Des sacrifices commodes. La réflexion le fit fulminer intérieurement. Le Traître embrassa du regard ces pauvres kamikazes qui l'entouraient. Certains s'étaient vus attribuer du matériel – armes et exosquelette basiques – tandis que d'autres, comme lui, se trouvaient dépourvus de la moindre protection face à l'hostilité des lieux. Il n'ignorait pas qu'il pouvait facilement les convaincre d'agir selon son bon vouloir. La camaraderie en bas de l'échelle était particulièrement exemplaire. Malgré lui, il sentait l'attention de Weaver fixée sur lui. Éminent rapace observant sa maigre pitance avant de l'engloutir. Elle était  garante de leur valeur. Elle était le juge impitoyable de leur pathétique existence. Les lèvres de Judas s'étirèrent presque inconsciemment. Il lui adressa un sourire caustique tandis qu'il progressait en direction de l'un de ses rares camarades armés. Empruntant son arme, il visa la jointure au-dessus d'eux et tira. La carcasse trembla comme un ogre endormi. Après avoir partagé un regard entendu, quelques Varocs reproduisirent son geste, à mesure que les individus entreprenaient de s'écarter de la zone. D'autres tirs alliés résonnèrent, sans qu'il pût les identifier clairement. Dans le tunnel voisin, les pas des Annonciateurs se faisaient plus distincts. Lorsque la structure s'effondra, l'un d'entre eux disparut sous les débris, tandis que l'autre, ayant eu tout juste le temps de rejoindre le groupe d'intrus, s'écroula à quelques mètres d'eux, les jambes enfouies sous le métal. L'eau que contenait le tunnel supérieur immergea l'artère, avant de poursuivre son écoulement paisible. Sonné par le déferlement de la vague, Judas, qui s'était laissé choir, se releva douloureusement. Ses frusques suintantes lui collaient à la peau.

« Au vu du vacarme, d'autres ne devraient pas tarder à se manifester. Pour le moment, nous sommes saufs, mais rester statiques me paraît mal avisé ... » murmura-t-il, plus pour lui-même que pour quiconque.

S'accroupissant près du corps de l'Annonciateur inconscient, il l'observa avec une appréhension palpable.

« Que fait-on de celui-ci ? »

Son regard glissa de l'Annonciateur à l'enfant rescapé, sans qu'il parvienne à articuler l'esquisse d'une question le concernant. A mesure que les interrogations se frayaient un chemin dans son esprit, son faciès s'assombrissait. Il formulait silencieusement le fantasme que celui-ci fût l'un des leurs. Peut-être alors pourraient-ils obtenir quelques réponses aux mille et un mystères insolubles qui les avaient menés ici.


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Calvin
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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I Mar 19 Juin - 22:46

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Si les Océans se fondaient au bleu céleste, alors les routes seront toutes tracées vers de nouvelles destinations. Un avenir où ces autres Hommes qui les attendaient – les observaient peut-être même – croiseront leur regard pour finir par se méfier de leur clinquant attirail. Le premier contact était un passage que Calvin redoutait tant. L'inconnu l'attirait mais le cœur de la flamme le brûlerait. Pour un citoyen d'une ville en constante ébullition, il était difficile de s'accoutumer d'une nouvelle étincelle. Il jeta son ultime mégot dans les flots du fleuve Varoc, le déchet rejoignant rapidement les mécaniques purificatrices de la station Tadryenne. Voilà le seul lien qui unissait les élus de la Ville Azurée et les pauvres hères du monde extérieur : cette eau agonisante.

Une pellicule archaïque s'éleva en concert avec leur chute, le fracas des os et des protections pourrait alerter un Crastilis terré là-dessous. Mais dans les profondeurs du No Man's Land, même un Récupérateur ne savait à quoi se confronter. Cette salle vétuste signa l'un des nombreux tournants dans leur Histoire commune : une trêve quasiment entendue, palpable, souhaitée par certains, impensable pour d'autres. Sous terre, les autorités de leur camp respectif ne pourront les réprimander pour cette insubordination. Ils n'agissaient guère en tant que représentants de leur idéologie, mais clairement en tant que survivants : les Annonciateurs leur étaient entièrement hostiles, ils devinrent on ne peut plus indésirables pour tout le monde. Dans un sens, surtout pour Tadryon, victime de leur pillage bien plus invasif que n'importe quelle chimère des légendes Spectrales ou que des monstruosités Anarchiques. À peine remis de ses émotions et de cette réflexion toute jeune que Calvin assista à la mise en joue d'un Évolué blessé. Ce Tadryen répondait simplement à son instinct, son serment. " Si vous tirez, nous mourrons tous. " Releva aussitôt le médecin : le fol se ravisa après avoir pris conscience de la situation. Cela ne plaisait évidemment à personne mais ce brouhaha avait déjà dû alerter leur ennemi, davantage de vacarme ne leur permettrait même pas d'entrevoir une issue. " Sages paroles. Fut le commentaire qui accompagna cette main métallique caressant les courbures de son épaule. Gare aux patriotes, leur aveuglement nous portera préjudice. " Son camarade Tadryen ne s'attarda pas face à l'éloquence de Calvin, et il opéra judicieusement : tous étaient bien trop occupés à se remettre des dégâts plutôt qu'à en créer davantage. Ceux qui cherchaient la guerre avait déjà fui pour revenir sûrement plus forts, plus tard. Ce fameux camarade, l'incognito Rory Voigt, slaloma ainsi pour s'assurer de la bonne synergie de cette unité fraîchement créée.

Une brève analyse de Kimi lui permit de prendre en compte les dommages internes : si le porteur qu'il était fut épargné d'une quelconque lésion, ce n'était pas le cas de son exosquelette qui se retrouva avec une réserve d'énergie moins conséquente qu'à leur arrivée. Il allait devoir être aussi sage avec ses ressources qu'avec ses dires de tantôt. Les doigts rabattus sur le fusil d'assaut, il fixa silencieusement le regroupement de quelques Fils d'Ohibaan, méfiants. Ses compagnons de toujours, Anorra et Torme, le retrouvèrent et suivirent le mouvement de foule en direction des tunnels après avoir dépensé quelque peu son gel médical aux blessés, qu'ils soient accoutumés au métal ou au végétal.

L'entente n'était guère cordiale à mesure que leurs jambes chassèrent le cours d'eau. D'une minute à l'autre, cela pouvait exploser. " Il suffirait d'un seul de ces Annonciateurs pour se détendre. " Lâcha Torme comme s'il lisait en eux. En soi, ce n'était pas du tout faux : si leurs regards se rivaient dans la même direction, tout comme leurs armes, cela leur serait entièrement bénéfique. Ceci ne tarda guère avec le tumulte dans leur dos. Fidèle à son rôle de pilier, Calvin s'avança vers l'arrière du groupe pour s'occuper d'éventuelles affections. Ces personnes qu'il reconnaîtrait entre mille firent pousser en lui un élan d'initiative, bien que la situation ne soit pas propice aux émotions. " Notre défense doit être consolidée, on ne survivra pas à une énième emb— " La clameur des lasers mit fin à tout espoir de s'en tirer avec moins de casse que prévu. Des Récupérateurs se joignirent à ces rafales, les liens familiales brisées. En quelques secondes, et une nouvelle invasion du flot partiellement acide plus tard, les Annonciateurs qui les cernaient ne furent plus qu'un mauvais souvenir, pour l'instant. Au sujet de l'agonisant imitateur, Calvin n'attendit guère pour le pourvoir d'une dose de gel médical : il ne mourra pas durant ses cauchemars. Les Récupérateurs sous la charge d'Anorra s'occupèrent de son cas, tandis que celle-ci approuva silencieusement l'initiative de son subordonné. " Leurs armures sont définitivement comme les nôtres, ils sont allés jusqu'à s'inspirer de notre module de bras armé. " Pas plus d'information sur cette aubaine, le temps leur était de toute manière compter. Le Lovelace activa son drone Protecteur pour épargner ses compagnons d'infortune des futurs projectiles. " Ils connaissent nos faiblesses mais vous aussi. Adressa-t-il à quelques conciliants Fils d'Ohibaan avant de laisser son regard s'égarer sur Nasträlya et Adam. Ils ne s'attendront pas à vous trouver à nos côtés. " Plusieurs dômes technologiques et autres boucliers rudimentaires les suivirent le mouvement pour les élever au stade de solide carcan. L'idée était de conserver l'effet de surprise malgré ce très, très mauvais départ.

L'unité s'aventura au fil des flux aqueux, là où ceux-ci furent moins écarlates. Au sein de ce labyrinthe, les Annonciateurs pouvaient surgir de partout ; mais eux aussi. La priorité aurait été trouver une sortie avant de s'aventurer davantage sur leur territoire, cependant avec les Tadryens détachés de leur groupuscule qui pourraient les attaquer et ces fameux conquérants, il serait plus sage de sécuriser le périmètre. Fidèles à leur technologie, les Récupérateurs pourvus des drones dédiés à l'infiltration et la recherche les déployèrent pour trouver une issue à cette infernale joyeuseté. Au bout de quelques minutes, lorsque les premières connexions furent coupées – confirmant la destruction de quelques éclaireurs robotiques – ils surent que les Annonciateurs venaient clairement à eux, et qu'ils savaient par où passer pour les cueillir. Calvin lança un bref regard entendu à ceux qu'il accueillait sous son bouclier, prêt à riposter à la première balle.



1048 mots

La Cape Écarlate Rory Voigt est parmi le groupe mais vous ne pouvez pas la reconnaître.


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Message(#) Sujet: Re: Le sursis des Survivants | Évent - Partie I

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