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 Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II

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Nasträlya
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Message(#) Sujet: Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II Sam 21 Juil - 19:02




De sang et de rouilles


« Dix » sa voix retentis tandis qu’elle jetait un Tadryon dans la fosse. Tous étaient dépouillés de leur armure et de leur arme. « Onze » Les os et le cuir censé protéger les Fils d’Ohibaan étaient brisés, lancé à terre, eux aussi devaient être dépouillés de leurs biens. « Douze » Elle ne cessait de compter, tandis que certains se débattaient encore. Elle perdit cependant son impatience lorsqu’un Tadryen s’empara d’une de leurs armes  pour faire feu sur un de ses frères. Elle empoigna sa mitraillette et le cribla de coup de laser, trouant tout son corps et éparpillant ci et ça sa chair. Son sang tapait rageusement l’extrémité de tous ses membres et elle regarda tour à tour les prisonniers, ses prunelles emplies d’une haine sans fond.  « Nous sommes bien au-dessus de vos factions, bien au-dessus de tout ce que vous pourrez construire pour nous arrêter. » Elle tenta de regagner son sang-froid, posant chacun de ses mots. « Nos ancêtres ont détruit nos terres, l’ont rendu inhabitable, inadapté pour énormément d’entre nous. Nous ne vous laisserons pas la tuer une seconde fois ! » Elle serra nerveusement la mâchoire. « Nous n’avons pas besoin d’autant d’entre vous dans notre entreprise. » Elle tira sur deux Tadryens. « Une rébellion d’un de vous est égale à deux morts. » L’équation était assez simple pour chacun d’eux. S’ils avaient encore le désir de vivre, alors ils feraient en sorte que personne ne tente de s’enfuir ou de blesser l’un des Anonciateurs, car qui sait pour qui sera les deux autres coups de laser.

Ceux qui n’étaient pas encore dans la fosse béante de métal, là où tous prisonniers semblaient être, étaient à genoux, en joue. Levés un par un, ils étaient alors arrachés de leur protection et devaient descendre dans la prison de rouille. Une prison semblant faire un étage entier, mais dans lequel on ne pouvait fuir. Alors qu’elle s’apprêtait à regagner son poste, une main vint se poser sur son épaule. Un homme, au visage fait de métal, s’approcha. Il n’avait pas de lèvre, pas d’orbite, pas de nez, simplement un visage plat et des lignes de couleurs dessinant sa mâchoire. Un peu à l’image des armures Tadryens, on discernait un corps fait de métal, de tuyaux, de liquide divers visant à le faire fonctionner. D’une apparence impassible, il jugea chacun d’entre nous, jusqu’à ce qu’un Tadryen ne crache au sol. « Abomination. »  Elle ne voyait rien, mais elle savait qu’au fond, Il souriait. Après tout, Il les avait fait entrer ici, Il les avait guidés afin que nous en arrivions là.  « Vous vous permettez d’avoir la prétention de repeupler une planète et vous me crachez au visage parce que je viens y mettre un terme ? » Il avait croisé ses mains gantées derrière son dos et se rapprocha de celui qui lui tenait tête. « Ne devriez-vous pas plutôt me remercier ? » À chaque parole, les couleurs sombres de son visage variaient. « Peut-être avez-vous besoin d’explication afin de comprendre ce qui nous pousse à agir. » Il donna un coup de pied dans le visage de l’homme qui tomba au sol. Ses mains vinrent alors saisir ce pied de métal qui écrasa sa pomme d’Adam. « Vous vous multipliez comme des nuisibles, des mauvaises herbes. Plus vous êtes, plus vous avez des chances de gagner cette petite guerre de pouvoir. N’est-ce pas ainsi que vous pensez ? » L’homme se débattit, mais ne fit pas bouger d’un pouce l’IA. « Et si vous commettiez l’erreur de nos prédécesseurs ? » Il finit par donner un coup sec, tuant sans attendre le Tadryen. « Je vous ai observé, étudié. Vous n’êtes qu’une suite de numéro, vous êtes des structures, des systèmes, dont certains ne sont que des usurpateurs, des virus très bien cachés. » Il tourna son visage sur chacun d’entre nous. « D’après mes calculs, si vous continuez sur cette lancée, alors vous serrez coupable d’une seconde extinction de l’humanité en 4221. Nous tentons simplement de vous arrêter avant que vous ne prolifériez et soyez hors de contrôle. »  Il revint près de sa subordonnée. « Nous nous devons d’anéantir votre population pour le bien de tous. »

Peu à peu, tous se retrouvèrent dans une prison de sang et de rouille, où déjà mainte personne y avait perdu la vie. Ici, tout était sombre, humide et froid. Ils étaient libres de leurs mouvements, mais sans cesse surveiller. Ils avaient quartier libre jusqu’à ce qu’on les force à bâtir la citée ou qu’on les emmène un par un pour ne plus réapparaître.      


Déroulement


BONJOUR!  Kaos 13

Vous êtes ainsi dans une des prisons de la citée des Annonciateurs. C'est une ancienne gare de train au niveau inférieur. Pour le moment, vous n'avez rien d'autre à faire si ce n'est survivre au milieu. La prison est déjà bien habitée par des gens, des gangs, qui ont déjà quelques temps d'expérience. Ils font bouillir l'eau salé des fuites pour boire, chasses les nuisibles et les insectes pour se nourrir, mais ont également emménagés des wagons pour en faire des dortoirs. Selon les personnes, vous pouvez êtres les bienvenus ou pas.

Il y a ici deux gang: les Bursakers et les Kinjära. Le premier a une spécialité dans la force brute, ainsi, ils organisent fréquemment des combats afin de gagner de la nourriture, mais font également dans l’extorsion, si quelque chose leur plaît, ils le prennent. Ils sont dans la partie nord de la fosse. Les Kinjära ont une spécialité vol. Ils sont capable de voler quiconque et arrivent à faire entrer des denrées et des objets de la citée. Ils sont déloyale envers tout ceux ne faisant pas partie du gang et occupe la partie Sud. Si, pour les deux gangs, ils leur arrivent de s'aventurer en dehors de leurs frontières, vous serrez dans une relative sécurité si vous restez dans les zones neutres. Également, il y a des gardes un peu partout qui surveillent la fosse. Ils sont postés un peu plus haut afin que personne ne puisse les atteindre. Vous pourrez également voir des caméras et des projecteurs un peu partout.  

Bon jeu!  Kaos 16  





© Yamashita d'épicode


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Madii
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Message(#) Sujet: Re: Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II Mer 25 Juil - 21:15

Madii
Tout ceci était allé trop vite pour moi. À ce moment-là, plus rien autour de moi n'avait de sens, si bien que plus rien ne me venait aux oreilles et aux yeux, le monde autour de moi était à présent qu'un trou noir immense. Je suivais mes camarades sans rien pouvoir dire ni faire quoique ce soit, la gorge trop nouée, si ce n'est que de regarder et suivre. La peur me tiraillait les entrailles à chaque pas fait, limite à m'en faire vomir, mais je n'avais guère plus trop le choix que d'être là, à être considérée comme un moins-que-rien, forte sensation de n'être que du bétail.
Obligée d'être à genoux, à présent au milieu des autres, je retenais les larmes de tomber sur mes joues salies et un peu écorchées, par fierté, en me retenant de me relever et de partir en courant d'ici tel un animal chasser par un prédateur, pour sauver ma vie et celles de mes frères et sœurs, mais je ne pouvais pas. Tour à tour, les autres autour de moi se levaient, et furent chacun, minutieusement, dépouillés de tout ce qu'ils avaient sur eux, et ce fut ensuite mon tour. La haine m'empêchait de regarder cet être qui me semblait honteux, et de croiser le regard de ces bourreaux, les poings serrer pour ne pas lui en retourner une.
Mon cœur se déchirait en voyant mes armes se briser elles aussi sur le sol dans un bruit sec, ne ripostant même pas, je fermais les yeux, ayant trop dur à regarder tout ça. Puis, je me retrouvais dans cette prison.
D'abord, je restais là à regarder l'environnement qui se dressait devant moi sans trop savoir quoi faire ou aller, et mis mes mains sur mes bras pour me soutenir. À ce moment la, je voulais prier pour que tout ça ne soit qu'un rêve, et que demain je retrouverais la calme des forêt et la proximité de la nature, mais, ce n'étaient sans doute que des illusions, car on allait probablement rester ici pour un très long moment.
Doucement, je me mis à marchée avec prudence, les jambes tremblantes, en tentant de me rapprocher de mes frères et sœurs, d'être là, auprès d'eux pour les soutenir et les aider, de rester près de ma famille. J'espérais sincèrement que l'on puisse trouver une solution rapidement pour pouvoir s'évader de cet endroit ignoble, et de faire enversrer la situation. Mon regard se posait sur chacun que je croisais, ainsi que notre prison misérable en lâchant un long soupir de tristesse.
Mais le doute s'installa dans mon esprit ainsi que la peur au fond de mon être, et si au final, au lieu de vouloir nous vivre mieux ils n'avaient pas raison ? Et qu'on était justement en train de détruire à nouveau notre monde? Mon regard se levait vers le haut, scrutant chaque visage avec le Coeur battant à tout rompre. Et si au final, ce n'étais pas plutôt nous les monstres ?
Je pris une inspiration et allais chercher d'autres membres d'Ohibaan, car j'étais perdue face à la situation, et avais besoin de quelqu'un pour ne pas que je commence à m'imaginer trop de mauvaise chose.

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Judas
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Message(#) Sujet: Re: Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II Jeu 2 Aoû - 22:10

« Need a spiritual shotgun to cover our souls
And to keep out the dark
We're a light without batteries
A match without spark »



Les mains de métal l'avaient empoigné, avaient ballotté son corps à travers le dédale grinçant. L'eau salée lui brûlait l'épiderme. Les objurgations de ses congénères, fatalement interrompues par le souffle sec et strident des lasers, se répercutaient contre les parois de fer. Engourdi par le marasme ambiant, Judas progressait à travers le brouillard opaque et suffocant comme un cauchemar. On les fit s'agenouiller en ligne, on les dépouilla de leurs dernières ressources. Leur vulnérabilité n'avait d'égale que la rudesse de leur ennemi. Absent à lui-même et au monde qui ne cessait de grouiller autour de lui, le Traître fut ramené à la réalité par une sensation familière. Les lasers cinglèrent les corps anonymes, le sang tiède macula la peau rocailleuse de ses joues. D'un geste incertain, son doigt vint éprouver la substance poisseuse pour la porter à ses lèvres. L'espace d'un instant, la saveur du fer sous sa langue aiguisa ses sens, et lorsqu'il leva brièvement les yeux, il fut ébahi par une vision infernale. Le faciès de métal jaugeait la foule, sa voix synthétique articulant des mots dont il peinait à suivre le cours. À mesure que son discours se déployait par-delà le silence, des stries de couleur illuminaient ses traits imperceptibles. Un frisson parcourut l'échine du Traître, et sembla se diffuser à travers le moindre pore de sa peau. Tandis que le gouffre de fer refermait sur eux sa gueule béante, une nausée insurmontable lui chatouilla la luette.

Le miasme lui assaillit les narines, remugle pestilentiel d'une civilisation déchue. La moindre molécule d'air paraissait en proie à la putréfaction. Les lieux étaient submergés par des effluves de mort ; à l'odeur du sang tari se mêlait celle du soufre et des selles. Çà et là sourdaient des cris et des borborygmes incongrus, des élans de voix si erratiques qu'ils semblaient inhumains. Judas embrassa du regard les quelques miséreux qui partageaient son sort, et une moue contrite vint tordre l'impassibilité de ses traits. Au creux des entrailles du monstre de métal, ils n'étaient plus guère des hommes. Des bêtes, dans le meilleur des cas. Des monstres, si leurs appétences venaient à prendre le pas sur leur conscience. Laissant ses pas le guider à travers le pandémonium, il considéra laconiquement les paroles du synthétique. Pour en parvenir, tout aussi laconiquement, à la conclusion que son ambition n'était que fadaises. Quiconque cherchait à dompter le chaos essentiel de ce monde courait à sa perte. Le désordre émergerait toujours parmi les rouages bien réglés de l'ordre. L'Homme serait toujours le récipient de sa propre destruction.

L'allure fuyante du Traître fut stoppée net par la pestilence devenue insoutenable. Face à lui, des corps pour la plupart démembrés, empilés les uns sur les autres en un agglomérat macabre. Autour de la montagne de charognes se pressait une nuée d'insectes innommables, créatures monstrueuses et affamées, dotées de milliers de paires d'yeux menaçants. À la fois tétanisé et fasciné par ce spectacle horrifique, Judas demeura un moment immobile, détaillant du regard les multiples raffinements de cette architecture complexe. Émergeant de la masse informe et suintante, il aperçut alors une silhouette famélique fondre sur lui telle un oiseau de proie. Le faciès de l'homme était sans âge, rongé par la gangrène et couvert de squames qui laissaient apparaître l'épiderme purulent. Ses yeux larmoyants, injectés de sang, fixaient le Traître avec une insistance teintée de désir. La plupart de ses membres étaient entaillés, et ses jambes, marquées de plaies savantes, ne lui permettaient de se mouvoir qu'avec maladresse. Il tenait du bout de ses doigts effilés le bras d'un macchabée, dont la chair cireuse trahissait la fraîcheur.

« Ceux-ci sont morts de façon naturelle ! Plus ou moins … Ripaille se charge de récupérer les morceaux comestibles ! » L'homme au visage de rongeur joignit les mains, et sembla se concentrer un instant sur la physionomie de ses interlocuteurs. « Z'êtes nouveaux, oui ? Ripaille peut vous apprendre comment les choses fonctionnent ici. C'est pas bien compliqué. Ripaille est en charge du ravitaillement. Plus ou moins ... »

Tout en articulant péniblement de sa voix de fausset, Ripaille agitait sous le nez de Judas le bras fermement enserré entre ses doigts. D'un geste abrupt, le Traître repoussa l'importun qui vacilla un moment avant de retrouver son équilibre. Les lèvres craquelées de l'homme s'étirèrent avec émoi, tandis qu'il indiquait d'un geste vague un rassemblement d'hommes autour d'un feu, non loin de là.

« C'est comme ça qu'les patrons s'nourrissent. Y s'battent, et les perdants, s'ils n'ont rien à offrir, servent de dîner. C'est la loi de la nature. » Il gloussa comme un dément, passa une main dans sa chevelure éparse, et reprit : « Ripaille part chasser, et s'il revient les mains vides ... » Ses yeux parcoururent ses membres esquintés, dont la chair avait été habilement dépecée. « Ripaille porte bien son nom ... »

Le mode de vie des survivants n'étonna pas Judas outre mesure. Après tout, lui aussi avait vécu une expérience similaire par le passé, un souvenir qui, encore aujourd'hui, faisait s'agiter la Bête à l'intérieur de lui. Son œil valide passa de Ripaille à la structure qui les entourait. A priori, l'évasion n'était pas une réponse à leur situation, tout du moins pas dans l'immédiat … Leur priorité était la survie, et la survie ne s'embarrassait d'aucune forme d'éthique. Ripaille, sautillant d'excitation, lui tendit ce qui ressemblait à une brochette de viande, dont l'origine ne lui était que trop familière. Judas lança une brève œillade à ses camarades, et en huma le fumet. Sans plus hésiter, il mordit difficilement dans la chair ; la consistance coriace lui donna du fil à retordre. La viande était amère. Elle avait le goût du désespoir.

Dans les méandres de son esprit, le Monstre se pourléchait.

« DÉLICIEUX. »


~ 1021 mots


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Fran Superbia
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Message(#) Sujet: Re: Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II Mar 7 Aoû - 2:38

Attachée, France observe. Elle voit un idiot tenter de se défendre, et enlacer deux autres hères pour plonger vers les eaux sombres de la mort. A travers le labyrinthe de carcasses métalliques, quelques ténus rayons de soleil viennent mettre les détails du paysage en valeur. Les gouttelettes et autres poussières scintillent dans la lumière, fortifiant l'impression de pesanteur que l'air, chargé, impose aux chairs des capturés. Sa hallebarde lui manquera. N'écoutant qu'à demi le discours plein de prétention du personnage métallique, elle rit de sa philosophie. La belle ne pensait que seuls les humains savaient aussi bien allier mégalomanie et naïveté.
Hmpf. Cacher sa soif de pouvoir dans une grande cause? C'est bas.Les deux seules choses que les humains ne pourront jamais, ne voudront jamais et, donc, ne contrôleront jamais, restent leur capacités à se reproduire et à polluer. Que ne donnerait-elle pas pour un bon verre de brûlante, là tout de suite... Tandis qu'une femme en armure pousse dans la fosse grouillante les captifs, l'un après l'autre, les comptant avec un plaisir coupable, et peut-être même pas assumé, la rouquine laisse ses yeux se perdre. Quelque part, elle s'attarde sur des cheveux dépérissant au sommet d'un crâne bosselé. Plus intriguée que dégoûtée, la belle décortique les boursouflures, cicatrices tracées d'un sinistre crayon rosé, cratères creusés par le temps... C'est au tour de Fran de tomber, maintenant.

Quelle époque!

C'est face à un homme qu'elle ouvre les yeux. Encore? Son crâne mal rasé, ou presque complètement dégarni, elle ne saurait dire, alterne entre plaques blanchâtres, séquelles de combats bien trop nombreux à son goût, et touffes noires, qui semblent recouvertes d'une cendre grasse. La rouquine prend conscience de son torse dénudé lorsque l'inconnu infiltre une grosse langue râpeuse entre les lèvres de la simulacre. Frannie se prend au jeu. Elle l'enlace, et alors que ses doigts se perdent sur le buste sculpté de l'intrus, ses jambes se déplacent lentement, cherchant le contact d'une peau rugueuse.
L'homme relâche son étreinte, laissant sa langue avide pendre entre ses mâchoires. De son regard désemparé, ivre de désir, il n'avait jamais eu de réaction si enthousiaste auparavant. Lorsque, se refermant cruellement, ses dents sectionnent le muscle qui pendait, il a l'air perdu. N'ayant même pas la présence d'esprit de s'enrager, il se dégage, se couvre la bouche. Entre les doigts massifs coulent des fins ruisseaux d'écarlate, dont les gouttes s'écrasent bruyamment au sol.
Je suis encore sonnée. Ça ne doit pas faire longtemps. Pendant que ses pensées reprennent forme, France empoigne un éclat d'acier grossièrement affûté, d'où pendent les fibres blanc cassé de feu sa chemise.

La belle relâche ses muscles une fois que l'inconnu a fini de convulser. Les plantes des pieds rouge du sang de sa victime, la main droite tâchée de carmin, le pantalon sombre et poisseux, France sort calmement de la hutte en bouse qui servait de maison close. Devant elle, un homme, empoignant une gamine par les cheveux, laisse la litanie d'idées grasses qu'il lui réservait pour regarder la rousse d'un air bête. Amusée, France lui offre un sourire d'ange. C'est en refermant la bouche que le goût du sang lui arrive sur le palais. La simulacre crache, puis prend la parole.

«-Bonjour! J'aimerais gagner ma pitance. Où puis-je trouver à manger.»
Maintenant qu'elle a rompu le silence dans lequel elle s'était enfermée, elle entend. France entend le brouhaha de la foule, le marteau des pas contre les tunnels environnants, le clapotis des ruisseaux plus ou moins clairs qui tombent de quelques conduites éventrées. La ferveur de la foule. Elle connaît ces hurlements. Les vivas déchaînés qui lui parviennent aux oreilles ne masquent ni l'odeur du sang, ni l'excitation qui monte à mesure qu'elle comprend. Devant elle, monsieur bé-bête parvient -enfin!- à articuler pour être finalement royalement ignoré.

Arrivée à l'arène formée par un cercle de supporters avides de sang, la rouquine découvre un garçon chétif, mordant à pleine dents dans un morceau de viande séchée alors qu'on tire le corps du perdant. France sourit, entre dans le cercle sans même un regard autour d'elle, puis pointe l'éclat de métal devant elle. Son regard rivé sur les yeux marrons, pleins d'une folie qu'elle connaît bien, la simulacre lâche son arme. L'enfant se jette dessus, puis sur France. Enfant? Non, il doit à peu près avoir son âge, peut-être plus.
La simulacre fait un pas de côté. Il revient à la charge, prenant cette fois-ci le surin à deux mains. Quand, emporté par son élan, le forçat afflige l'air d'un coup d'estoc, son adversaire le désarme d'un coup de marteau donné du côté de la main, puis écrase son genou au sol. Lorsqu'il tombe et crie, elle s'agenouille, prenant soin de laisser son genou non pas dans la poussière fine et odorante qui jonche le sol d'acier, mais bien sur la gorge du jeune homme. Au milieu des hurlements ravis de la foule, bercée par le son des ongles qui grattent, se tordent et cassent sur la toile du pantalon, l'acier du sol, le cuir des bottes, France regarde les yeux de sa victime, porte de l'esprit, s'ouvrir en grand encore une dernière fois. Ce pauvre-là ne les refermera plus. D'un sourire carnassier, la belle invite un nouvel affamé.

Quinze minutes plus tard, devant un repas digne de ce nom -pour l'endroit, évidemment-, les cheveux de France sont attachés en un chignon serré par les tissus ensanglantés qui habillaient sa proie. Le lendemain, elle refera sa garde robe.
960 mots


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Message(#) Sujet: Re: Tous pour un et Dieu pour tous - Évent | Partie II

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